Gotaisetsu | ゴタイセツ

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas regardé de tanpatsu indépendants, autrement dit qui ne soient pas en lien avec un renzoku ; et dernièrement, j’ai eu envie de me plonger dans quelques uns d’entre ceux. Si vous ne le savez pas encore, au Japon, un tanpatsu est une sorte de téléfilm, d’épisode spécial ou encore de mini-série. Ils peuvent être coupés en plusieurs épisodes lors de la diffusion et parfois réunis lors de la sortie du DVD. Luminophore étant un blog sur les séries tv, normalement tous les tanpatsu ne devraient pas passer ici mais on va dire que comme c’est de la télé, eh bien ça rentre dans ce cadre ^^. C’est donc dans ce contexte que Gotaisetsu s’est retrouvé sur mon écran. Il s’agit d’un tanpatsu qui ne comporte qu’un seul épisode. Il fut diffusé sur NHK le 16 février 2008 et dure un peu moins de quarante minutes. L’histoire a été écrite (et non pas scénarisée apparemment) par Mizuhashi Fumie, scénariste notamment à l’origine de Hotaru no Hikari ou encore de TriangleAucun spoiler.

Alors qu’il était encore enfant, Akagi Kaede fut abandonné par sa mère après la mort de son père. Il fut alors élevé par sa grand-mère, au sein d’une communauté religieuse, à Yamaguchi. Il revient dans sa ville natale plusieurs années après l’avoir quittée et est désormais sur le point de devenir prêtre. Il y retrouve l’homme de foi qui était à l’époque son instituteur, le père Kitano (Hiraizumi Sei | Magerarenai Onna). En retournant à Yamaguchi, Kaede, qui se fait désormais appeler Shu, est alors confronté à ses souvenirs. En dépit de ce qu’il pense, l’abandon de sa mère est toujours une plaie béante.

   

Gotaisetsu, dont le titre signifie grosso modo quelque chose de précieux, que l’on veut chérir, est un tanpatsu très court. Malgré sa durée, il instaure immédiatement un climat particulier, baigné dans de la nostalgie voire de la mélancolie, du respect et des évènements douloureux. En quarante minutes, il ne se passe presque rien. Le rythme est lent, tranquille et plutôt reposant. La musique est d’ailleurs très discrète et est utilisée à bon escient. Son point culminant n’est autre que la scène de la confrontation entre deux personnages, avec cet Ave Maria en fond sonore. Gotaisetsu se déroulant effectivement parmi des religieux, les musiques sont majoritairement dans le ton. La réalisation est relativement classique en dépit de plans légèrement tremblotants et de gros plans sur le visage des personnages.

L’histoire est simple, ce qui se comprend en raison du temps imparti. Néanmoins, cela ne veut pas dire qu’elle est simpliste. Le héros, Akagi Kaede, incarné par Kashiwabara Takashi (Itazura na Kiss, Byakuyakô, Hachimitsu to Clover) que je vois partout en ce moment -et ce n’est peut-être pas innocent ^^-, a du travail à faire sur lui avant de pouvoir pleinement embrasser sa destinée de prêtre. Quand bien même il pense avoir fait le deuil de certains sujets, ce n’est pas le cas et c’est le père Kitano qui lui permet au fil de l’épisode de panser sa blessure. Kaede découvre effectivement le pourquoi de cet abandon. Sa mère est interprétée par Matsuda Miyuki, la mère de Ryûhei et de Shôta, que je n’avais jamais eu l’occasion de voir jouer. Les deux acteurs sont dans la retenue et subliment leurs rôles. La scène finale, qui est sans aucune hésitation le point culminant du tanpatsu, est tout simplement parfaite et si l’écriture n’en fait pas trop, c’est l’interprétation qui lui donne ses lettres de noblesse.

Gotaitestu est un tanpatsu intéressant utilisant plus que correctement le temps qui lui est imparti pour parler du pardon et de la nécessité d’aller de l’avant afin de mener une existence tranquille. La durée, bien qu’un poil trop courte, permet justement de ne pas trop en faire et d’aller droit à l’essentiel. Il est ainsi question d’un petit garçon qui n’a pas compris pourquoi sa maman le laissait seul ainsi que d’une mère qui s’en veut d’avoir agi ainsi. Les bons sentiments ne sont pas de la partie et la fin évite le convenu et la facilité. Cet unique épisode n’est en soit pas extraordinaire ;  il instaure tout simplement un climat d’ambiance plutôt reposant et peu à peu, on se sent touché par ce que vivent les deux personnages, la scène dans le confessionnal étant fortement chargée en émotions et magnifiée par le jeu des acteurs. Comme quoi, des fois il suffit de peu pour réaliser une jolie histoire touchante.