GRΣΣK (saison 4)

Et voilà, après Friday Night Lights, ce fut au tour de GRΣΣK de tirer sa révérence en 2011. La série d’ABC Family s’en est ainsi allée au terme de sa quatrième saison, sacrément raccourcie pour l’occasion puisqu’elle ne comporte que dix épisodes. Elle fut diffusé entre janvier et mars 2011. Aucun spoiler.

Depuis ses tous débuts sur la chaîne, GRΣΣK s’est révélée être fraîche, dynamique et bien écrite. Contre toute attente, elle est justement sortie de ce cadre strictement familial, souvent agaçant sur ABC Family. Les deux premières saisons furent d’un niveau constant mais la troisième montra quelques petits moments plus faibles car presque paresseux et parfois peu inspirés. Si, en tant que fidèle téléspectateur de GRΣΣK, on ne peut s’empêcher d’être un brin triste de n’avoir que dix épisodes pour clôturer la série, le fait est qu’au moins, la fin fut prévue de nombreux mois à l’avance. Les scénaristes ont donc largement eu le temps de voir venir les choses. C’est dans ce contexte que se présentent ainsi ces dix nouveaux épisodes. Peu de nouvelles intrigues sont mises en avant, il s’agit surtout de terminer celles déjà en place et de tenter de finir en beauté. La saison précédente se terminait essentiellement sur la fin du cursus universitaire de Casey, Ashleigh et Evan. Lorsqu’une série se déroule à l’école, le souci majeur est que l’on n’y reste pas indéfiniment. Même Cappie. GRΣΣK n’aura pas trop eu à s’occuper de ce problème car la série s’arrête justement à temps mais aussi parce que certains de ses personnages ne rentrent pas immédiatement dans la vie active, se spécialisant par exemple dans un autre domaine tel que le droit. Sans trop en faire, cette nouvelle saison pose dès lors certaines questions que l’on peut avoir en sortant de la fac et fournit globalement des réponses. A-t-on été dans la bonne spécialité ou au contraire, n’a-t-on pas fait fausse route ? Est-ce que l’on apprécie ce que l’on fait ? Décrochera-t-on un travail où l’on pourra s’épanouir ? Ou tout simplement, trouvera-t-on du travail avec ce diplôme qui, au final, ne vaut rien ?  Depuis le premier épisode de la série, la plupart des protagonistes ont réellement évolué. Ils sont toujours eux, évidemment, mais au contact de leurs compères et notamment grâce aux fraternités, ils ne sont pas restés figés dans la roche. Un des exemples le plus parlant est Rusty qui n’avait pas de réel ami, passait son temps libre à regarder Joan of Arcadia avec ses parents, ne s’entendait pas avec sa sœur et ne dépassait vraiment pas le statut du nerd. Durant cette saison, il se transcende littéralement. Il se rend compte que Kappa Tau l’a transformé et il craint de retourner à ses vieux démons. Si Cappie a beau être l’âme de la fraternité, il paraît évident que Rusty est son futur. D’ailleurs, la relation entre les deux amis est bien développée et propose quelques très jolis moments. A vrai dire, la saison prend vraiment le temps de travailler les diverses dynamiques entre les personnages.

La saison manque probablement un tant soit peu de relief car il est évident qu’il y a une volonté de boucler la boucle et de faire partir tous les personnages sur une bonne note. De ce fait, certaines idées sont assez convenues mais elles sont aisément contrebalancées par l’attachement et la tendresse que l’on peut ressentir pour cette bande d’étudiants de Cyprus-Rhodes. Il est par ailleurs assez dommage qu’au final, certains protagonistes, pourtant riches et particulièrement intéressants comme Rebecca, soient aussi peu utilisés mais il n’y a que dix épisodes et il faut faire des choix. Toutefois, le 4×04, All about Beav, est comme son nom l’indique consacré au mythique Beaver. Voilà une excellente idée ! Sans conteste, il s’agit d’un des meilleurs épisodes de la saison avec le 4×06, Fumble, qui parle de sexe sans morale bien pensante et qui prouve qu’ABC Family n’est peut-être pas si consensuelle qu’on pourrait le croire. On peut également déplorer le fait que certains développements soient aussi prévisibles comme l’histoire avec Dale ou qu’Evan redevienne abominable alors qu’il était vraiment agréable lors de la saison précédente.

Quand bien même la saison n’est pas parfaite, il n’en demeure pas moins que tous les ingrédients propres à GRΣΣK sont de la partie. Des références à la pop culture fusent de partout, les répliques sont majoritairement drôles et bien trouvées, l’ambiance est pétillante et le rythme est assez enlevé. De plus, les intrigues, sans être particulièrement originales, sont toujours aussi subtiles et bien amenées. En bref, ce n’est que du bonheur car la série a su créer sa propre identité et s’y tenir.
Le series finale est dans la lignée des épisodes précédents. Il aurait pu être plus spectaculaire.  Il joue la carte nostalgique et s’en sort relativement bien. On dit difficilement adieu à ces personnages car ils vont vraiment manquer mais tout l’épisode durant, on est comme dans une bulle de bonne humeur de temps en temps obscurcie par un évènement qui ne nous serait probablement jamais venu à l’esprit en débutant GRΣΣK. C’est aussi l’occasion de revoir Tom Lenk (Buffy the Vampire Slayer). A ce propos, la saison est marquée par quelques guest stars comme Charisma Carpenter (Buffy the Vampire Slayer) ou Fake!Justin Bieber. A noter que l’on entend Calamitous, une chanson du chouette groupe de Scott Michael Foster, Siren’s Eye dans le 4×09, Agents for Change.

La saison quatre de GRΣΣK remplit parfaitement le cahier des charges. Si le dynamisme ambiant est un peu moins prégnant que jusque là, la série se permet tout simplement de s’assagir quelque peu, à l’image de ses personnages qui murissent. Cela ne veut d’ailleurs aucunement dire qu’elle devient subitement raisonnable. Bien au contraire. Il y a toujours cette folie douce plus qu’attachante. De plus, les épisodes ne se départissent pas de cet humour assez fin, de ces multi-références et de cette galerie de protagonistes principaux comme secondaires souvent extraordinaires. On peut citer le fabuleux Cappie mais aussi Rebecca, Dale, Beaver, Rusty, Ashleigh et tellement d’autres… Au final, GRΣΣK aura proposé quatre années durant une qualité relativement constante et qui fit énormément de bien dans le paysage télévisuel américain. Il est vraiment dommage que cette sympathique série n’ait pas réussi à trouver son public et qu’elle soit autant passée inaperçue. En tout cas, pour ma part, j’espère que les DVD finiront par sortir en France !

Par |2020-04-03T18:43:24+02:00mars 27th, 2011|Greek, Séries étasuniennes|2 Commentaires

GRΣΣK (saison 3)

Les deux premières saisons de GRΣΣK étaient bonnes, elles avaient réussies à utiliser tous les clichés et les stéréotypes de la vie des étudiants des fraternités tout en gardant une bonne dose d’humour, d’auto-dérision et pas mal de sarcasme. La troisième saison fut toujours diffusée sur ABC Family en deux parties. Les dix premiers épisodes sont passés de fin août à novembre 2009 et les dix derniers de de janvier à fin mars 2010. Une quatrième saison a été annoncée par la chaîne mais elle ne comporterait que dix épisodes, de quoi permettre à la série de tirer sa révérence. Un peu dommage car GRΣΣK est assurément une des rares séries d’ABC Family à être un peu plus qu’une immense farce niaise et bien sous tout rapport. Aucun spoiler.

La première partie de la saison est du même niveau que précédemment. C’en est même incroyable tant la qualité de GRΣΣK est régulière. Les fausses notes sont absentes et chaque épisode est toujours un vrai plaisir car drôle et sympathique. Par contre, pour la première fois, c’est durant la seconde partie que la série souffre de quelques faiblesses. GRΣΣK a tellement été bien écrite jusque là que ça choque un peu. Évidemment que la série n’est pas une révolution ou parfaite. Elle a des défauts mais l’ensemble est suffisamment bien fichu pour divertir et c’est son but non caché. Sauf que là, certains passages étaient assez ennuyants. Ca manquait clairement d’enjeux et de tension. A tel point que j’ai pensé qu’en effet, il est temps que la série s’arrête plutôt que de faire dépérir ses personnages. De toute manière, on ne reste pas toute sa vie à la fac et GRΣΣK sans Cappie et les autres, c’est juste impossible. Ceci dit, ce n’est pas mauvais, c’est juste un cran au-dessous et ça se sent. Les derniers épisodes remontent néanmoins la pente.

Toutefois, la troisième saison est globalement bonne. Les scénaristes parviennent toujours aussi bien à développer leurs personnages. Cappie et Casey sont davantage mis en avant que les autres, comme les années passées. Le duo qu’ils forment perd un peu de son peps en seconde partie de saison, malheureusement, mais vu le season finale ça devrait repartir sur de bons rails. La vie avance et il faut donc faire des plans sur son orientation future. Comme on peut s’en douter, pour Cappie ça pose problème. La saison est aussi l’occasion de découvrir enfin ses parents. On comprend mieux pourquoi il est tel qu’il est ! Et non, désolée de vous décevoir mais nous n’apprenons toujours pas son vrai prénom. Casey commence à se prendre en main, fait bouger les choses et même si elle se rend compte qu’elle est loin d’être extrêmement brillante, pose les bases de sa future vie professionnelle. C’est un personnage que j’ai toujours moyennement apprécié, je la trouve assez peu intéressante. La saison met par ailleurs en avant quelques disputes entre elle et Ashleigh. Il était temps car rien n’est jamais tout rose. A ce sujet, la jolie Ashleigh n’a décidément pas beaucoup de chance côté personnel, espérons que ça s’améliorera. Toujours chez les ZBZ, Rebecca n’a pas changé et a toujours son caractère bien trempé. Malgré ce côté bravache, elle peut aussi se laisser attendrir et c’est ainsi un autre aspect de sa personne que l’on verra surtout en fin de saison.

Chez les Omega Chi, Evan devient extrêmement agréable ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, il en prend plein la figure et commence à changer. Sa relation avec Cappie évolue, passe par des hauts et des bas et ça fait du bien. Calvin est toujours la valeur sûre et mature de la série. Il essayera de vivre quelque chose avec un homosexuel qui n’est pas encore sorti du placard joué Gregory Michel (Dante’s Cove). Forcément, il y a toujours cette lutte entre les Kappa Tau et les Omega Chi. Et cette année, ça tourne très mal pour certains d’entre eux. La saison a quelques moments plutôt sérieux à ce sujet mais ça passe très bien. Rusty va se rendre compte à ses dépends qu’il est difficile de jongler entre sa vie de frat-boy et celle d’étudiant en sciences polymères. Et puis Dale, l’électron-libre, continue à jongler entre ses principes religieux et la vie mouvementée qu’il mène en fréquentant assez régulièrement Kappa Tau. On le voit de plus en plus avec Cappie et l’association des deux est extra.

Au final, il se passe beaucoup de choses et en même temps pas tant que ça dans cette saison trois de GRΣΣK. De nouveaux personnages font leur apparition ou tout du moins prennent du galon. C’est par exemple le cas de Katherine, le glaçon coincé qui se révèle plus fine et intéressante qu’elle n’en a l’air. Globalement, les protagonistes, même secondaires tels Beaver et tous les asticots de Kappa Tau, ont leur instant de gloire. La série a toujours su brosser une belle galerie d’étudiants et elle continue sur sa lancée. Évidemment les fêtes sont toujours de la partie mais d’autres thèmes viennent sur le devant de la scène, des sujets plus ou moins originaux jusque là. Si le rythme est soutenu, parfois endiablé, la saison souffre d’une baisse de régime notable en milieu de saison. Néanmoins, on peut toujours compter sur les dialogues enlevés, les personnages savoureux, l’humour rafraîchissant et les multiples références à la culture populaire. Il ne reste plus qu’à espérer que la probable dernière saison sera bien gérée.

Par |2020-04-03T18:47:55+02:00juin 17th, 2010|Greek, Séries étasuniennes|0 commentaire