H2 ~ Kimi to Itahibi | 君といた日々

Lorsque je me suis lancée dans les séries japonaises il y a maintenant quelques années, j’avais noté sur ma liste interminable H2. Comme souvent, il y a à l’origine un manga. Dans ce cas précis, il s’agit du shônen manga du même nom d’Adachi Mitsuru que les amateurs connaissent forcément au moins de réputation. Débuté en 1992 et terminé sept ans plus tard, il est constitué de 34 tomes. Il est presque entièrement disponible en France chez Tonkam, le dernier tome sortant en janvier 2012. Il existe sinon un anime datant de 1995-1996. L’adaptation télévisée est composée quant à elle de onze épisodes diffusés entre janvier et mars 2005 sur TBS. Le premier épisode dure une heure au lieu des quarante-cinq minutes habituelles. Le titre vient du prénom des héros (H comme Hiro et Hideo / ou Haruka et Hikari ?). Aucun spoiler.

Hiro et Atsushi se sont volontairement inscrits dans un lycée sans équipe de baseball pour ne pas être tentés par le diable. Leur médecin ayant été catégorique, ils savent qu’ils ne peuvent plus continuer de jouer à moins d’y laisser leur santé. Ce qu’ils ne se doutent pas par contre, c’est que ce médecin n’en est pas vraiment un et qu’ils n’ont absolument aucun problème médical ! Une fois la supercherie éventée, ils se mettent alors en tête de réussir à créer une équipe digne de ce ce nom et de l’envoyer au Kôshien, le grand stade de baseball, afin de remporter la compétition inter-lycées.

   

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas regardé un j-drama sur le sport. Sans être une fan du genre, je peux facilement apprécier certains d’entre eux comme Pride qui est une petite perle. N’ayant jamais lu H2 et n’ayant même jamais testé un manga d’Adachi, je serai incapable de dire si l’adaptation est réussie. D’après ce que j’ai cru comprendre, elle reprend la totalité du manga. Que ce soit dans sa forme, dans ses thématiques abordées et dans son traitement, H2 se rapproche énormément du très moyen Regatta. À la place des courses d’aviron, on a cette fois du baseball. Il est clair qu’ici, il est préférable d’apprécier ce sport ou au moins de le connaître un minimum. J’avoue avoir trouvé la plupart des matchs rébarbatifs. Certains passages font monter l’adrénaline mais c’est très rare. Est-ce la faute à l’écriture du scénario ? C’est bien possible. Néanmoins, comme je ne comprends absolument rien aux règles, qu’elles ne furent jamais expliquées et que je n’avais pas spécialement envie de faire l’effort de les chercher et de les assimiler, eh bien je n’ai pas pu rentrer dans l’ambiance. Le baseball est totalement inconnu chez nous mais il faut savoir qu’au Japon, c’est le sport numéro 1. Kisarazu Cat’s Eye ou ROOKIES prouvent également cet attrait pour lui. Bien sûr, on peut deviner le but du jeu mais il y a beaucoup de subtilités et d’expressions particulières. Ici, les joueurs lancent la balle à vitesse grand V, le résultat s’approchant à l’écran sur certains points de Captain Tsubasa, tout en demeurant davantage crédible. Pour la petite anecdote, Adachi apparaît dans plusieurs épisodes et ses mangas sont souvent montrés à l’écran.

Kunimi Hiro est un adolescent de seize ans passionné de baseball. Excellent lanceur, il a mis son sport fétiche de côté car un médecin lui a diagnostiqué des problèmes de santé. Il en est de même pour son meilleur ami, Noda Atsushi. Tous deux viennent d’entrer au lycée et essayent d’autres clubs, sans grande motivation. Sauf qu’un jour, suite à un concours de circonstances tout cela change et ils se remettent au baseball. Hiro est un jeune comme tous ceux de son âge. Un peu pervers sur les bords, il mange des Chupa Chups à longueur de journée et voue un culte au baseball. Il ne demande pas la lune, il souhaite juste pouvoir jouer. Il est incarné par Yamada Takayuki (Yamikin Ushijima-kun, Byakuyakou, Churasan, Sekai no Chûshin de, Ai wo Sakebu, Water Boys…) qui est, comme presque toujours, plutôt bon. Hiro a passé toute sa vie collé à sa voisine, Amamiya Hikari, incarnée par la toujours aussi fade Ichikawa Yui (Muscle Girl!, Kurosagi). Du même âge, ils se connaissent très bien et s’embêtent régulièrement. Les parents de Hiro étant extrêmement farfelus, ne préparant jamais à manger par exemple, il passe plus de temps chez les Amamiya que chez lui. Hikari est dans le même lycée qu’un autre très bon ami de Hiro, Tachibana Hideo, joué par Tanaka Kôtarô (Sekai no Chûshin de, Ai wo Sakebu, Byakuyakô). Sérieux et assez réservé, il est également un très grand amateur de baseball et surtout, il est extrêmement connu en tant que batteur. Il fait donc partie d’une équipe différente de celle de Hiro. Partageant tous deux la même passion et étant extrêmement doués, ils espèrent pouvoir un jour s’affronter. Sauf qu’ils ne le savent pas encore mais ils batailleront aussi pour autre chose : le cœur de Hikari. Eh oui… H2 mélange le sport et la romance et c’est là où le bas blesse.

En caricaturant, il paraît que les mangas d’Adachi sont notamment réputés parce qu’ils parviennent à proposer des histoires pouvant toucher n’importe quel public. Autrement dit, dans le petit cerveau étriqué de certains, on comprend que les amours sont pour les filles et le sport pour les garçons. Ainsi, tout le monde est content. Cependant, cela ne fonctionne pas du tout aussi facilement en réalité. H2 instaure non pas un triangle amoureux mais un carré. Hiro est amoureux de Hikari depuis sa plus jeune enfance sans réussir à se l’avouer. Hikari a également des sentiments pour Hiro sauf qu’elle sort depuis de nombreux mois avec Hideo, le meilleur ami de Hiro. Vient s’ajouter une nouvelle jeune fille, Koga Haruka qui porte ici les traits de la très jolie Ishihara Satomi (Voice). Haruka est maladroite, gentille comme tout et ne demande qu’à plaire à Hiro. Manager de son équipe, elle passe donc une grande partie de son temps en sa compagnie. Dès le second épisode, la romance prend une part prépondérante et devient étouffante. Les personnages se tournent autour durant la totalité de la série, rien ne bouge et on en revient sempiternellement à la même chose. Le pire étant qu’il se déroule trois ans entre le début et la fin de H2. Si les personnages sont pour la plupart sympathiques, Hikari est usante, notamment parce que son actrice, Ichikawa Yui, ne connaît qu’une seule expression qui consiste à avoir un petit peu la bouche ouverte et les yeux écarquillés. Bref, s’il est question d’autres petites histoires d’amour entre d’autres protagonistes secondaires, celles-là ne sont pas trop agaçantes car transparentes ; c’est uniquement ce carré insipide qui fait soupirer tant il a une place bien trop importante.

Outre le quatuor pénible, les autres personnages sont très peu effleurés. À vrai dire, même parmi les quatre, Hideo est à peine développé. Le meilleur ami de Hiro, receveur de son état, Noda, est mignon comme tout et offre du dynamisme à la série. Dans l’équipe du héros, on retrouve plusieurs visages familiers comme Ishigaki Yûma (Hanazakari no Kimitachi e, Gokusen 1), insupportable et tout en surjeu dans un rôle d’hystérique, Hôjô Takahiro (LIFE) ou encore Yuge Tomohisa (Yume wo Kanaeru Zô). Toujours dans ce lycée, le proviseur (Ryû Raita) paraît bougon mais comme par hasard, s’avère être un marshmallow et une prof d’anglais est idiote et passe son temps à débiter des phrases débiles dans un anglais approximatif. Irritant. Quant à l’établissement adverse, en plus de Hideo et de Hikari, l’adolescente jouée par Kanjiya Shiori (Love Shuffle, Buzzer Beat) n’apporte rien de particulier si ce n’est des supposés moments comiques. Car oui, H2 se veut aussi drôle tout en mêlant des instants dramatiques.

Le ton de la série n’est pas clair. Bien sûr, il est toujours possible de mélanger les genres. Néanmoins, il y a beaucoup trop de tonalités différentes dans H2. Un coup, on voit un personnage foncer dans un mur avec la caméra qui tremble pour multiplier l’effet comique (ou le rendre stupide, au choix) et quelques secondes plus tard on aura un mort sur les bras. N’oublions pas les multiples blessures des joueurs, les blagues répétitives, les raccourcis et l’on a plus ou moins fait le tour de ce que la série a à offrir. Certes, la musique composée par Satô Naoki (Orange Days, Water Boys) n’est pas trop mal, la photographie sait également être plutôt jolie mais les multiples défauts font inéluctablement sombrer la série dans le néant.

Finalement, H2 se révèle être un j-drama peu convaincant, que ce soit dans sa tonalité sportive, lycéenne, dramatique, comique ou encore romantique. Tous les poncifs sont de la partie et la prévisibilité est à chaque fois de mise. S’il arrive à sortir la tête de l’eau à certains moments, c’est toujours pour mieux replonger. C’est vraiment dommage car le premier épisode est assez réussi. La série plaira peut-être aux plus jeunes mais si l’on recherche un tant soit peu de profondeur, de développement ou encore de maturité, ce n’est pas du tout vers celle-ci qu’il faut se diriger. Par contre, Pride… ;)
Note : Dans le même registre, je déconseille très fortement l’adaptation cinématographique de Rough, toujours d’Adachi, avec Hayami Mokomichi, Nagasawa Masami et plusieurs autres visages vus également dans H2.