Hakusen Nagashi ~ Yume Miru Goro wo Sugitemo | 白線流し ~ 夢見る頃を過ぎても (SP5 – Épisode spécial)

Onze ans après avoir débuté sur Fuji TV, Hakusen Nagashi a tiré sa révérence avec son cinquième tanpatsu de 130 minutes, diffusé sur la chaîne le 7 octobre 2005. C’est via Yume Miru Goro wo Sugitemo, très approximativement traduit par même la période des rêves est arrivée à sa fin, que se termine donc cette longue aventure. Aucun spoiler.

Le temps s’écoule plus ou moins paisiblement pour les sept amis et chacun continue de mener sa propre vie. Sonoko a bel et bien embrassé sa voie d’enseignante et réside toujours chez sa mère qui, elle, cherche par tous les moyens à aller de l’avant et ne pas sombrer dans la morosité compte tenu de son veuvage ; d’ailleurs, elle semble plus dégourdie que sa fille pour se trouver un prince charmant. Il faut dire que Sonoko se laisse porter par les vagues et n’essaye aucunement de changer quoi que ce soit à sa solitude. Sa séparation avec Wataru l’a marquée bien plus qu’elle ne veut le croire et même ses amis constatent chez elle une différence flagrante de comportement. Justement, ce dernier vit avec Misato (Hara Sachie) et s’apprête à agrandir leur famille. Du côté des autres, Kayano se confronte à plusieurs aléas sur sa route de styliste, Fuyumi accumule les petits emplois, Yûsuke se plonge corps et âme dans sa profession d’avocat, et Madoka et Shinji peinent quelque peu à conjuguer vie personnelle et professionnelle. En d’autres termes, tous doivent faire des concessions parfois âpres. Depuis ses débuts, Hakusen Nagashi insuffle un vent nostalgique dans ses épisodes et sans grande surprise, cet ultime chapitre continue sur cette voie. Le côté doux-amer est peut-être d’ailleurs davantage marqué que précédemment et il en ressort une profonde tristesse. Comme son titre l’indique, il arrive un moment où il faut mettre de côté ses anciens rêves. Cela ne signifie pas que sa propre vie soit ratée, juste que les objectifs peuvent évoluer et qu’il convient de tout mettre en œuvre pour s’en créer de nouveaux. D’une certaine manière, malgré son atmosphère mélancolique, Yume Miru Goro wo Sugitemo se veut sensiblement optimiste car il prouve que ces personnages ont beau souffrir en chemin, ils sont toujours capables de retrouver un minimum de joie. Encore une fois, le rythme très lent et tranquille fait mouche bien qu’il soit indiscutable que le format long ne sied pas réellement à la fiction. Le milieu de l’ensemble se veut sensiblement languissant et aurait mérité un tant soit peu plus de densité. C’est d’autant plus vrai que les héros ne sont que rarement réunis et que le tanpatsu donne presque l’impression de s’apparenter à une succession de vignettes.

À l’instar des spéciaux précédents, celui-ci injecte une intrigue inédite en lien avec de nouveaux personnages. Ce sont les élèves de Sonoko qui en ont la primeur et, là aussi, le résultat final est mitigé. Il y est question de deux jeunes incarnés par Koide Keisuke (Nodame Cantabile, JIN, Byakuyakô, Gokusen 2, Party wa Owatta), et Nishihara Aki (Hana Yori Dango, Spring Story). Venant de milieux différents, aspirant à de grandes choses et profondément amoureux, ils ne parviennent pas à mener leur relation comme ils le voudraient. L’écriture est maladroite et avouons que l’on se fiche de ce couple, servant surtout de parallèle avec celui de Sonoko et Wataru. Car effectivement, c’est cette dynamique qui est la véritable star du tanpatsu. Sans pouvoir trop en dire au risque d’en dévoiler l’issue, son développement est assez décevant. Jusqu’à présent, Hakusen Nagashi avait privilégié un réalisme sobre criant de vérité. Certes, la série ne tombe pas subitement dans les travers inverses mais elle a recours à un rebondissement discutable concernant Misato. Heureusement, la conclusion évite habilement les écueils craints tels qu’un sentimentalisme et un optimisme trop éclatant. Ce qu’il y a d’intéressant est que le tanpatsu se termine sur les difficultés financières de l’observatoire, ce fameux élément ayant permis au couple d’en devenir un par le passé. Cet endroit, où exerce un homme joué par Ôsugi Ren (Umareru., My Boss, My Hero, Tajû Jinkaku Tantei Psycho), représente également le catalyseur et le ciment du petit groupe dont les liens sont solidement soudés, et encore une fois illustrés ici avec tendresse. Dommage que tous n’aient pas le droit à une véritable exploitation, même si nous sommes d’accord que les vrais héros sont Sonoko et Wataru. Dans tous les cas, Yume Miru Goro wo Sugitemo joue clairement sur la fibre nostalgique et le prouve ne serait-ce qu’avec la cérémonie de hakusen nagashi évoquée à plusieurs reprises et les nombreux flashbacks en fin d’épisode.

 

Au final, Yume Miru Goro wo Sugitemo n’est malheureusement pas une franche réussite en raison d’une certaine apathie et de quelques facilités scénaristiques qui auraient pu être aisément évitées. Cependant, cela ne l’empêche pas de se révéler relativement sympathique dans le sens où il illustre à merveille l’évolution sensible et réaliste de sept bons amis que l’on a côtoyés au long cours. Tous les ingrédients typiques de la fiction sont de retour et pour peu que l’on se soit senti précédemment concerné, il y a des chances que ce soit de nouveau le cas. En définitive, cette série atypique qu’est Hakusen Nagashi propose dans sa globalité un voyage reposant, fédérateur et faisant parfois chaud au cœur pour son amitié, bien qu’il soit parfois douloureux et désenchanté tant il dépeint avec finesse des maux universels.

By |2017-05-01T13:59:11+01:00septembre 21st, 2013|Hakusen Nagashi, Séries japonaises, Tanpatsu|0 Comments

Hakusen Nagashi ~ Nijûgosai | 白線流し ~ 二十五歳 (SP4 – Épisode spécial)

 

Plus qu’un épisode spécial et le temps de refermer le long chapitre Hakusen Nagashi sera déjà là. Avant ça, discutons auparavant de l’avant-dernier tanpatsu. Intitulé Nijûgosai, traduit approximativement en français par à 25 ans, il fut diffusé sur Fuji TV le 6 septembre 2003 et dure cent minutes. Aucun spoiler.

Deux ans se sont écoulés depuis Tabidachi no Uta. Chacun des amis a 25 ans et a bien amorcé sa vie. Comme l’indique Sonoko dès le départ, ils sont tous devenus adultes sans réellement le remarquer. Si certains de leurs rêves se sont exaucés, ce n’est pas le cas de la plupart et il arrive même que l’on ne sache plus qui était cet adolescent gouvernant autrefois nos choix. Le discours de la jeune femme est plutôt révélateur de l’ambiance de ce tanpatsu qui s’avère extrêmement mélancolique, parfois presque désabusé et toujours aussi sobre. Depuis son arrivée à la télévision en 1996, la fiction a privilégié la lenteur et le cheminement intérieur pudique aux grandes effusions et au rythme. Or, comme l’attestait le second spécial, 19 no Haru, il suffisait de peu pour que la recette ne fonctionne pas et que cette tranquillité se transforme en ennui. Malheureusement, c’est ce qui se passe avec Nijûgosai. Plat, fade et sans réelle saveur, il endort la majeure partie du temps et il est compliqué de s’investir dans ce que l’on voit. Toutefois, il prouve que la série ne choisit jamais la voie de la facilité et de la satisfaction de son public puisqu’elle n’hésite pas à aller à contre-courant de ce qui est attendu. Autrement, la musique, Spitz, la sérénité, la superbe amitié dans le groupe et la modération sont encore ici fort présents.

Wataru est de retour du Sri Lanka mais il n’a pas revu depuis Sonoko qui, de son côté, a enfin l’opportunité de travailler comme enseignante. Vivant à Matsumoto, elle essaye de prendre ses marques dans un univers complexe. Afin d’illustrer son évolution, le tanpatsu intègre à la distribution un de ses élèves incarné par le Johnny’s Yokoyama Yû. En roue libre, ce dernier se rebelle et ne laisse personne l’approcher. Naturellement, Sonoko tient à le voir emprunter le droit chemin et choisit de tenter de le secourir. Cette intrigue accumule tristement les clichés, la prévisibilité et devient ainsi plus que poussive. Le format de ces tanpatsu les oblige à injecter du matériel neuf de façon à tenir plus d’une heure et demie et, sans grande surprise, le résultat souffle alors le chaud et le froid. Le constat n’est pas davantage satisfaisant avec Yûsuke. Avocat, il est confronté à des choix de conscience et commence à réaliser les difficultés de sa profession ; contre toute attente, il retrouve le déclic grâce à un sans domicile fixe interprété par Kunimura Jun (Soratobu Tire). Les autres, à savoir Shinji, Madoka, Fuyumi ou, pire, Kayano, ont à peine la chance d’être un minimum exploré. Les deux premiers attendent avec une certaine inquiétude et impatience leur premier enfant, la seconde accumule les petits emplois tout en continuant de courir les castings et d’être charmée par un ouvrier joué par Nagai Masaru (Buzzer Beat, Yankee Bokô ni Kaeru), et la dernière se plaît en tant que styliste. Ces personnages ne servent en définitive que de faire-valoir tout au long de cet épisode et sont là pour illustrer la relation entre Wataru et Sonoko. Séparés depuis un certain temps, les deux ne se parlent donc plus et s’éloignent progressivement, voire définitivement. Leur dynamique n’a jamais été palpitante bien que joliment dépeinte. C’est donc naturel qu’elle perpétue de la même manière en favorisant un dépouillement presque inconfortable.

Pour conclure, ce quatrième et avant-dernier épisode spécial de Hakusen Nagashi est assez décevant en raison de l’ennui qui le compose. Sans être foncièrement mauvais, il peine à se montrer enthousiasmant en dépit de l’attachement que l’on peut ressentir pour ses personnages. Néanmoins, le tanpatsu comporte encore une fois toutes les qualités de l’ensemble si ce n’est qu’il s’empêtre dans des défauts bien trop prégnants. Demeure ce désir d’être réaliste ; c’est d’ailleurs pourquoi le visionnage est presque douloureux tant il prouve que dans la vie, tout ne peut toujours aller comme on le voudrait, mais qu’il faut malgré tout s’en accommoder.

By |2017-05-01T13:59:15+01:00août 16th, 2013|Hakusen Nagashi, Séries japonaises, Tanpatsu|2 Comments