Hanazakari no Kimitachi e | 花ざかりの君たちへ (Épisode Spécial)

Les Japonais aimant bien faire revenir leurs héros le temps d’un épisode spécial (SP), Hanazakari no Kimitachi e n’a pas échappé à cette tradition marquant les renzoku à succès. C’est ainsi que le 12 octobre 2008, toujours sur Fuji TV, fut diffusé ce SP. D’une durée d’approximativement deux heures, il n’est pas la suite de la série. Son intrigue se déroule effectivement entre les épisodes sept et huit. C’est pour cette raison que l’on peut aussi trouver l’appellation épisode 7.5. Aucun spoiler sur le SP.

 

Si le début de cet épisode donne l’impression qu’il se situe six mois après la fin des aventures de Mizuki au Japon, ce n’est pas du tout le cas. En fait, Nakatsu se remémore les évènements ayant eu lieu entre les épisodes sept et huit, soit leur dernière semaine de vacances tous ensemble. Néanmoins, il y a bien quelques passages aux États-Unis et au Japon après que Mizuki ait quitté ce pays, mais ils sont de l’ordre de quelques minutes seulement. Ce n’est donc pas étonnant si cette histoire a déçu nombre de téléspectateurs. La plupart espérait certainement voir Sano aller aux États-Unis et vivre une magnifique histoire d’amour au grand jour avec Mizuki. Hum. Eh bien, non, Mizuki se travestit toujours, elle croit que Sano ne sait rien, Nakatsu pense qu’il est gay et les dortoirs du pensionnat sont toujours aussi timbrés. En soit, l’utilité de ce SP est proche du néant. Il n’apporte pas grand-chose à l’histoire puisque tout est déjà plus ou moins connu. Impossible de trembler pour le secret de Mizuki, d’espérer qu’il se passe quelque chose entre elle et Nakatsu ou de croiser les doigts pour que Sano se déride un peu. L’épisode est surtout axé sur le développement des sentiments de Sano car Nakatsu souhaite savoir à partir de quand il est tombé amoureux de la jeune héroïne. En bref, on a vu mieux mais Hanazakari no Kimitachi e n’a jamais brillé par son scénario.

Tous les ingrédients phares de la série sont présents. Ça hurle dans tous les sens, ça surjoue à mort, il y a de bons sentiments, des ikemen partout, un petit peu d’émotion, des animations fantasques comme sait faire preuve la direction de l’établissement, les Hibari Four, etc. Tous les acteurs d’origine sont donc évidemment là et Nakatsu est encore une fois, absolument adorable. L’unique petite nouvelle, Julia, la meilleure amie de Mizuki vient exceptionnellement la voir. À noter que son interprète, Minami, est à moitié française.

En conclusion, avez-vous adoré le renzoku ? Si oui, il y a fort à parier que vous passerez du bon temps devant ce SP. Vous l’avez détesté ? Vous pouvez passer votre tour, sans aucun regret. L’histoire n’est pas passionnante mais elle divertit correctement. Il est toutefois déplorable que l’intrigue se déroule à un moment aussi peu intéressant. Tout me monde voulait la suite directe des épisodes précédents. L’ambiance est donc là, les délires sont autant incroyables et il règne une hystérie quasi perpétuelle. La durée est peut-être un peu longue mais le plaisir de retrouver la bande de timbrés est assez agréable.

By |2017-05-01T14:01:22+01:00janvier 6th, 2011|Hanazakari no Kimitachi e, Séries japonaises, Tanpatsu|5 Comments

Hanazakari no Kimitachi e | 花ざかりの君たちへ

On approche de la fin de la semaine spéciale Noël et pour cet avant-dernier billet, il est à destination de Miyuse qui a demandé Hanazakari no Kimitachi e.

À l’instar d’hier avec Zhan Shen, nous abordons aujourd’hui une adaptation d’un manga que j’ai lu et beaucoup aimé. Effectivement, Hanazakari no Kimitachi e, que tout le monde abrège par HanaKimi pour des raisons évidentes, est un shôjo manga en 23 volumes de Nakajô Hisaya publié entre 1996 et 2004 au Japon – il est disponible en France chez Tonkam sous le titre Parmi Eux. Le succès du manga étant tel, il a déjà eu le droit à plusieurs adaptations, à savoir une taïwanaise en 2006, Hua Yang Shao Nian Shao Nu, mais aussi une japonaise dont nous allons parler tout de suite. Composé de douze épisodes, le j-drama fut diffusé sur Fuji TV entre juillet et septembre 2007. Le premier épisode dure un peu plus de cinquante minutes, le dernier 1h30 et tous les autres possèdent le format habituel d’une quarantaine de minutes. À noter qu’il existe également un épisode spécial (un SP), passé en 2008 sur la chaîne et qui sera traité courant 2010 sur Luminophore. (Mise à jour de 2011 ~ Contre toute attente, Fuji TV a remis le couvert puisque la chaîne a créé en 2011 un reboot total de l’univers avec de nouveaux acteurs. Si peu de temps après la version de 2007, c’est fou !) Aucun spoiler.

Ashiya Mizuki est amoureuse du sportif de haut niveau Sano Izumi, découragé depuis quelque temps. Prête à tout pour l’aider et l’encourager, elle décide d’intégrer le lycée dans lequel il est inscrit. Petit problème, cet établissement n’est pas mixte et n’accepte que les garçons… Ayant de la suite dans les idées, elle quitte alors les États-Unis où elle vivait et tente de se faire passer pour un adolescent !

   

Comme écrit dans le premier paragraphe, j’ai lu le manga au fur et à mesure de sa publication en France et j’ai un passé un excellent moment. Ne le nions pas, il s’agit d’un shôjo on ne peut plus classique reprenant tous les codes du concept du travestissement et de la romance adolescente. Cela dit, les dessins sont jolis, il y a de l’humour et les personnages sont globalement attachants. La recette est donc toute simple mais fonctionne parfaitement dans ce cas-là. Il n’est jamais évident de se lancer dans une adaptation dont on connaît le matériel. Entre ce que l’on imagine et ce que l’on aimerait voir transposé, il y a souvent un monde. C’est entre autres pour ces raisons que je ne m’étais pas encore lancée dans cette version télévisée de Hanazakari no Kimitachi e. Mais surtout, ce sont principalement les critiques très négatives de plusieurs des lecteurs de Luminophore qui me rebutaient, à tel point que j’imaginais ce j-drama telle une atrocité sans nom. Compte tenu des contraintes de la semaine de Noël où je ne choisis pas les thèmes des billets, j’ai de toute manière bien été obligée de me lancer. Alors, quid du verdict ? Si je n’avais pas été préparée, il y a de grandes chances que mon impression aurait été totalement différente. Le premier épisode fut assez laborieux car il faut se faire à l’univers mais ensuite, et cela jusqu’à la fin, j’ai passé de chouettes moments. Que les choses soient claires dès le départ, la série n’a strictement rien à voir avec la version papier. Certes, l’histoire est identique et les grosses ficelles sont reprises mais tout est mélangé. À la rigueur, tout cela ne serait pas choquant s’il n’y avait pas ce ton radicalement opposé au manga. C’est bien simple, ici, tout transpire le loufoque et l’excentricité. C’est le concours de celui qui sera le plus dans la folie furieuse. Le manga a beau être drôle, il n’est pas spécialement déluré. En bref, le renzoku est un festival de cirque quasi constant. Les personnages sont presque tous hallucinants et carrément déjantés. Soyons franc, l’humour est poussif et débile. Bizarrement, alors que je peux facilement soupirer et être consternée, ce ne fut pas réellement le cas ici parce que personne ne se prend au sérieux et que les délires sont vraiment poussés à l’extrême. En revanche, ceux ayant du mal avec le surjeu japonais et les bêtises décérébrées doivent vraiment passer leur chemin. L’histoire n’est qu’un prétexte pour mettre en scène des stupidités, des concours de ceci-cela aussi ridicules les uns que les autres et le simple but de Hanazakari no Kimitachi e est de faire travailler les zygomatiques. À l’exception de Sano et de Mizuki, aucun personnage n’est réellement développé et le scénario pourrait être résumé sur un timbre-poste. D’une certaine manière, c’est vraiment dommage parce que la galerie de protagonistes est très nombreuse et dans le manga, plusieurs comme Nakatsu, Umeda ou Nakao voient leur personnalité un minimum exploitée. Là, il y a les héros et puis tous les autres qui s’agitent dans tous les sens comme de vrais malades mentaux.

L’histoire est farfelue à la base. Une fille se travestissant pour entrer dans un lycée de garçons n’est pas quelque chose de très réaliste. Dans la série, tout est bon pour partir en délires. En plus du surjeu continuel et des grimaces, il y a des petits ajouts comme des cœurs autour d’une personne, des flammes qui sortent du shinai (je pense que c’est le bon terme, c’est l’arme d’entraînement du kendo si je ne me trompe pas), des yeux qui brillent, etc. Le style fait très manga dans la réalisation. Pas la peine de vous faire un dessin, ce n’est pas avec HanaKimi que vous aurez de la subtilité. Tout y est lourd et dingue. En fait, il n’y a pas grand-chose à ressortir de cette série puisque la majorité des intrigues est dédiée à la folie ambiante. Quelques scènes essayent de faire passer une certaine romance mais elles ne fonctionnent que moyennement tant le sportif dont Mizuki est amoureuse n’est pas passionnant. Il passe son temps à faire la tête et à rester dans son coin. Bien sûr, Oguri Shun y est magnifique comme à son habitude mais cela ne suffit pas. Mizuki est le prototype de l’héroïne gentille, mignonne, altruiste et positive. Elle cherche par tous les moyens à redonner goût au sport à Sano qui a arrêté de sauter en hauteur depuis un moment. C’est Horikita Maki qui offre ses traits à la jeune fille et, si elle n’est pas une seule seconde crédible en garçon, elle n’est pas trop mauvaise. En résumé, les quiproquos sont monnaie courante entre les deux héros, ils se tournent autour, se cherchent et naturellement, finissent par se trouver comme toute comédie romantique qui se respecte. À la longue, le couple qui n’en est pas vraiment un finit en outre par perdre en rythme. Difficile d’avoir de réel papillon dans le ventre en les regardant et l’espèce de profondeur donnée à la personnalité de Sano n’arrange rien. Son affrontement avec son père ou sa compétition avec son frère, joué par le charmant Daitô Shunsuke, ne sont pas finement amenés et peu engageants.

En réalité, le vrai héros de Hanazakari no Kimitachi e n’est autre que Nakatsu Shûichi. C’est déjà lui le plus attachant dans le manga et là, il surpasse littéralement tout le monde grâce à l’interprétation enlevée d’Ikuta Tôma. Adorable, il a tout pour faire fondre en dépit d’un cruel manque d’exploitation. Autrement, la série est un vrai nid à ikemen, c’est-à-dire des beaux gosses à profusion sachant se mettre en valeur et attirer la fan aux hormones en ébullition. Pour cela, la production a recruté de très nombreux visages plutôt connus et tous les répertorier serait fastidieux mais on peut en nommer les plus importants. Le chef du dortoir de Mizuki et Sano porte ainsi les traits de Mizushima Hiro qui est, parfait dans ce rôle de dragueur irrésistible. Le personnage aura le droit à un semblant de développement avec une amie revenue le voir (Harada Natsuki – Hachimitsu to Clover). Toujours dans ce dortoir, Yamamoto Yûsuke (Atashinchi no Danshi, Tumbling, Ôran Kôkô Host Club, Puzzle 2007) est plus que mignon en Kayashima, le lycéen en contact direct avec les esprits. Chez les sportifs, Ishigami Yûma (Water Boys, Gokusen, H2) est le musclé Tennôji. Himejima (Kyô Nobuo) – fut probablement la plus grande déception tant il n’a rien à voir avec celui du manga. Fantasque et ressemblant plus à un pervers qu’autre chose, il finit par se montrer assez sympathique mais difficile de ne pas avoir un goût de trop peu. Le constat est aussi plutôt amer pour le médecin, Umeda (Kamikawa Takaya – Kimi ga Oshiete Kureta Koto, Arakawa Under the Bridge) qui aurait mérité plus de temps d’antenne. D’autres reconnaîtront également Kimura Ryô, Okada Masaki, Mizobata Junpei… À côté de tout ça, il ne faut pas non plus oublier les Hibari Four, les lycéennes surexcitées de l’établissement féminin, le rival de Sano (Shirota Yû), la journaliste qui suit tout ce petit monde comme s’ils étaient tous des stars, etc.
Tous ces lycéens cohabitent ensemble, vont parfois en cours, se lancent dans des compétitions à tout bout de champ, sont de très bons amis, se déchirent de temps en temps et il en ressort des bons sentiments, de la candeur et pas mal de niaiserie. En d’autres termes, il s’agit là d’un univers à paillettes totalement illuminé. La musique de Kôno Shin et Takami Yû en rajoute d’ailleurs une couche côté énergie si ce n’est qu’heureusement, elle se révèle plutôt sympa et entraînante. En revanche, la chanson du générique de fin, Peach d’Ôtsuka Ai, est une horreur pour les oreilles, ce que n’est pas Ikenai Taiyô d’Orange Range rapidement entendue dans celui du début.

Finalement, l’abomination attendue ne fut pas là. D’un postulat de base mettant en avant une fille se travestissant en garçon, Hanazakari no Kimitachi e en retient surtout le côté loufoque et multiplie les scènes délirantes dès qu’elle en a l’occasion. En dépit d’un humour idiot, de scènes parfois très poussives, d’un couple phare fade et d’un certain étiolement de l’intrigue principale vers la fin, l’ensemble se tient relativement bien grâce à une bonne humeur constante et une ambiance survoltée. Le personnage de Nakatsu est d’ailleurs un des gros points forts du j-drama et sans lui, celui-ci aurait été probablement difficile à digérer. Si le manga est passé auparavant entre ses mains, il faut bien faire attention à ne pas trop attendre de cette adaptation car elle n’a vraiment plus rien à voir. En définitive, Hanazakari no Kimitachi e est à réserver aux fans purs et durs de comédies japonaises utilisant tous les ressorts possibles et inimaginables pour en faire des tonnes et amuser la galerie. Il va de soi que certaines adolescentes en fleur devraient aussi être ravies tant la distribution s’apparente à un véritable harem…