Inu wo Kau to Iu Koto | 犬を飼うということ

Toujours suite à la demande de Carole de Critictoo, j’ai donc regardé la totalité des j-dramas du printemps 2011, à condition qu’ils comportent des sous-titres. C’est ainsi que je me suis retrouvée devant des séries qui ne m’intéressaient pas du tout à l’origine. Inu wo Kau to Iu Koto en fait partie. Rappelez-vous, à l’époque j’allais même jusqu’à écrire que ça me faisait penser à un Beethoven larmoyant et moralisateur. Inu wo Kau to Iu Koto fut diffusée sur TV Asahi entre avril et juin 2011 et est composée de neuf épisodes de 46 minutes. Si je ne me trompe pas trop, le titre peut être traduit approximativement en ce que signifie s’occuper d’un chien. Aucun spoiler.

Alors que Hongô Yûji ne supporte plus son travail qui consiste à licencier les employés, il est lui-même libéré de ses fonctions. Épuisé et usé de mener une existence professionnelle qui ne lui convient pas, il est d’autant plus dos au mur qu’il tend à se disputer régulièrement avec son épouse. Tandis que tout semble donc aller au plus mal, ses enfants recueillent un petit chien qui, contre toute attente, va aider à ressouder la famille.

   

Comme écrit plus haut, la série ne me disait rien qui vaille. Finalement, c’est peut-être lorsque l’on attend absolument rien que l’on arrive à être agréablement surpris. Inu wo Kau to Iu Koto est un j-drama dans la même lignée qu’Oh! My Girl!!. Il est effectivement question de la famille, de ses valeurs, de son petit train-train habituel ou encore de ses hauts et de ses bas. Il ne s’y passe rien de particulier, le rythme est lent et les rebondissements sont quasi inexistants. Le but n’est pas d’estomaquer le téléspectateur mais plutôt de lui rappeler sa propre existence. La série raconte la vie, la vraie, et n’en fait donc pas des tonnes. Quand bien même ce réalisme est agréable, il paraît évident qu’il ne plaira pas à tout le monde tant tout y est très calme. A contrario, si l’on apprécie les histoires tranquilles qui suivent leur cours sans faire de vague, Inu wo Kau to Iu Koto peut être une bien jolie balade. Le format de neuf épisodes permet de ne pas s’ennuyer et de ne pas tirer l’ensemble en longueur. Si globalement, le j-drama est plutôt agréable, le début se met peut-être difficilement en place. Il est nécessaire d’attendre au moins le troisième épisode avant de rentrer dans l’histoire. Jusque-là, ce n’est pas désagréable mais assez anecdotique. Il est d’ailleurs fort probable que c’est davantage l’attachement que l’on ressent pour ses personnages qui fait que l’on apprécie davantage la série.
Sinon, la musique de Sawada Kan accompagne plus que correctement l’ambiance très calme de la série car elle est apaisante. Quant à la chanson phare, My Home, elle est franchement sympathique et est à 100% Johnny’s puisqu’elle est jouée par les Kanjani∞.

Inu wo Kau to Iu Koto raconte donc la vie de famille des Hongô. Le père, Yûji, incarné par le Johnny’s Nishikido Ryô, est un homme assez faible et se laissant facilement marcher sur les pieds. Dans son mariage, il ne porte clairement pas la culotte mais il ne s’en plaint pas. Le couple s’étant marié presque à la sortie du lycée, aucun d’un des deux n’a pu réaliser ses rêves. La série brosse ainsi le portrait de jeunes adultes s’étant fait catapulter dans le monde des parents en moins de temps qu’il n’en faut pour dire ouf. Ils sont pauvres, n’ont pas de réelle formation et ont du mal à joindre les deux bouts. Si leurs rêves premiers restent a priori inaccessibles, la série ne les montre aucunement blasés. Les deux se posent des questions du style « et si je n’avais pas eu des enfants », ils doutent et se reprochent parfois mutuellement certaines choses mais ce n’est pas lourd ou prépondérant. Yûji est un personnage franchement intéressant qui évolue au fil des épisodes. Il a des défauts mais s’en sort au final plutôt bien. Il s’affirme, sans non plus devenir l’exact opposé de ce qu’il était. Jusqu’ici, je n’avais vu Nishikido Ryô que dans Last Friends où il était très bien. Le constat est encore une fois le même. Il est vrai que physiquement, il fait un peu jeune pour être un père responsable mais il est dans l’ensemble crédible.

Sa femme, Sachiko, est interprétée par Mizukawa Asami (Last Friends, Nodame Cantabile). À noter d’ailleurs que les deux acteurs ont joué ensemble dans plusieurs dramas dont celui-ci. Forte, plutôt autoritaire et à cheval sur certains principes, Sachiko est celle qui maintient la famille à flot. Elle ne se laisse pas abattre et est le véritable pilier. Ce qui peut paraître assez étrange est que l’on ne voit jamais de marques d’affection directes entre les deux mariés, à l’exception d’une des dernières secondes du renzoku où il y a une scène très mignonne. Il est probable qu’il faille y comprendre ici une des nombreuses facettes de la pudeur japonaise. Toutefois, le couple est marié depuis environ sept ans, ils se connaissent depuis encore plus longtemps et la possible fièvre des débuts a laissé place à de l’affection plus platonique. Quoi qu’il en soit, les Hongô ont deux enfants, Mako et Masaru. Malheureusement, si de nombreuses séries japonaises parviennent à sélectionner des enfants sachant jouer, ce ne fut pas ici le cas. Ils est vrai qu’ils sont jeunes (neuf et sept ans) mais ils ne sont quand même pas bons et lorsqu’on les voit avec leurs parents, la différence est flagrante.

Et enfin, n’oublions pas le chien, Sky Tree. Son nom étrange provient du fait que la famille habite à côté de la future tour Tôkyô Sky Tree qui verra sa construction être terminée en 2012. Sky est un tout petit chien tout poilu et affreux, un Pomeranien. Alors qu’il vagabonde dans les rues, Mako décide de le garder avec elle et de l’emmener à l’appartement. Suite à un concours de circonstances, la famille l’adopte et s’attache énormément à lui. Quand bien même on déteste ces chiens minuscules, on finit également par le trouver mignon et attendrissant. Les Hongô comprennent qu’il est désormais un membre à part entière de leur famille et décident de tout faire lorsqu’ils se rendent compte qu’avoir un chien demande certains sacrifices. La série met les animaux à l’honneur, sans toutefois faire une apologie à la Brigitte Bardot. Pour peu que l’on apprécie les bêtes à poils, on ne peut s’empêcher d’être un minimum intéressé par ce qu’il s’y dit, d’autant plus que les bons sentiments, inévitables dans ce genre de séries, sont largement tolérables.

Gravitant autour des Hongô, on retrouve autrement quelques personnages secondaires. Il y a ainsi le vétérinaire aux abords un peu bourru qui est en fait une vraie crème joué par Sugimoto Tetta (Water Boys) ou encore le vieil homme se prenant d’affection pour les Hongô incarné par Izumiya Shigeru (Voice, Hachimitsu to Clover, Jotei). Le Johnny’s Taguchi Junnosuke porte les traits d’un médecin, ancien camarade de classe de Sachiko. Junno est bien sympathique mais pas crédible pour un sou en tant que médecin. Dommage. Dans le rayon dispensable, on peut y ranger l’élève de la classe de Mako et sa mère qui sont assez insupportables car stéréotypées.

Inu wo Kau to Iu Koto est au final une petite série tranquille et réaliste parlant d’une famille banale comme il y en a probablement des milliers au Japon. Grâce à un chien, elle s’unifie et parvient à sortir grandie de certaines embûches de la vie quotidienne. Les histoires y sont simples sans que cela ne veuille dire qu’elles sont simplistes. Elles sont juste réalistes. Si Inu wo Kau to Iu Koto n’est clairement pas la série de l’année ou même de la saison, cela ne l’empêche pas de mettre un peu de baume au cœur et d’être touchante malgré un certain sentimentalisme. Le rythme est paisible et parfois un peu monotone. En soit, elle est un peu comme la vie, non ?