Itazura na Kiss | イタズラなKiss

Il existe quelques séries taïwanaises dites incontournables et E Zuo Ju Zhi Wen en fait partie. Cela faisait donc un petit moment qu’elle se trouvait sur ma liste à rallonge des séries à regarder. Dernièrement, je suis tombée un peu par hasard sur un j-drama qui porte également le mot kiss dans son titre, à savoir Itazura na Kiss. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai immédiatement fait le rapprochement entre les deux. J’avais peut-être lu quelque chose à l’époque là-dessus ? Bref. Itazura na Kiss est l’adaptation du manga du même nom de Tada Kaoru. Débuté en 1991 et composé de 23 volumes, il n’a jamais eu l’occasion d’être terminé comme la mangaka est décédée avant de le conclure. Cela ne l’a donc pas empêché d’être adapté à la télévision japonaise via une série de neuf épisodes de quarante-cinq minutes. Elle fut diffusée entre octobre et décembre 1996 sur TV Asahi. À noter qu’un anime a aussi été réalisé mais il est bien plus moderne puisqu’il date de 2008. Outre le j-drama, il existe donc une version taïwanaise mais également une plus récente, une sud-coréenne nommée Playful Kiss. Ayant décidé de tester un jour le tw-drama, j’ai préféré débuter par la plus ancienne adaptation, histoire de faire les choses dans l’ordre. Aucun spoiler.

Après avoir malencontreusement embrassé Irie Naoki, le garçon le plus populaire du lycée, Aihara Kotoko réalise qu’elle est amoureuse de lui. Malheureusement pour elle, il semblerait que son amour soit voué à l’échec tant lui se fiche d’elle. Il faut dire qu’il est charmant, intelligent et semble avoir tout pour lui alors qu’elle, elle n’est clairement pas une lumière. Mais la situation pourrait changer quand, suite à certaines circonstances, elle et son père sont hébergés chez Naoki !

   

Nous sommes d’accord, les Japonais ne sont pas les champions pour produire des séries féministes. Je serais capable de vous citer des séries qui mettent la femme à l’honneur mais elles sont assez peu nombreuses, malheureusement. Eh bien, figurez-vous qu’en plus de cinquante renzoku vus, je peux vous assurer qu’Itazura na Kiss est le plus rétrograde et le plus misogyne d’entre tous. Bravo ! Dire que c’est une femme qui a écrit cette horreur. Ça m’en rend malade.
Kotoko est une jeune fille approchant de la fin de ses études. Elle est amoureuse de Naoki qui n’est qu’un arrogant puissance dix digne des shôjo les plus basiques. Évidemment, Kotoko est stupide, n’arrive rien au lycée et peine même à lire convenablement des kanjis. A contrario, Naoki, en plus d’être beau, est intelligent et tout lui sourit. Pourquoi s’intéresserait-il à cette pauvre idiote ? Mais c’est qu’elle insiste ! Elle hurle dans tous les sens, elle gesticule, elle s’époumone encore plus fort, elle lui déclare sa flamme toutes les dix secondes et elle met un épisode à réaliser ce que l’on comprend avant même que cela n’arrive. Kotoko ne vit que pour Naoki. Attendez, elle l’aime ; pourquoi aurait-elle d’autres centres d’intérêt ? Elle n’évolue pas. Jamais. Que souhaite-elle faire plus tard ? Épouser Naoki. Autrement ? Eh bien, tout dépend de la future profession de ce goujat. Il veut être médecin, elle sera infirmière. Il a plutôt envie de devenir pilote d’avion, dans ce cas elle sera hôtesse de l’air. Kotoko n’est vue qu’à travers celui qu’elle aime. D’ailleurs, pourquoi est-elle amoureuse de lui ? Aucune idée. Continuons davantage le délire, Naoki finit par ressentir quelque chose pour cet écervelée. Elle lui a probablement abîmé le cerveau à s’égosiller ainsi. Il n’y a pas d’autres explication. Certes, l’histoire date de 1991 mais quand même !

Le couple est peut-être supposé être romantique, extraordinaire et faisant rêver mais à moi, il me donne juste envie de hurler. Kotoko est le véritable problème du drama car en plus d’être surjouée à outrance par Satô Aiko (Churasan), elle n’a aucune profondeur et passe son temps à littéralement hurler et grimacer. Elle est juste débile. Sans rire. Heureusement, Naoki, qui est incarné par Kashiwabara Takashi (Big Wing, Hakusen Nagashi, Gotaisetsu, Shukumei, Shikei Kijun, Onnatachi wa Nido Asobu, Hachimitsu to Clover, Byakuyakô), est bien plus sobre et presque attachant. À force d’avoir des compétences dans tous les domaines, il ne prend plus aucun plaisir car tout l’ennuie. Il cherche tout simplement l’étincelle. Son petit frère haut comme trois pommes, Yûki, est mignon et sarcastique à souhait. Il se moque tout le temps de Kotoko et cela procure un bien fou. Le pire n’empêche est que le délire de cette histoire est poussé au maximum puisque la mère de Naoki veut qu’il épouse Kotoko. Elle est prête à tout pour ça et lui en parle directement, n’ayant aucune peur de l’embarrasser. Elle est par chance jouée correctement par Asada Miyoko et propose quelques moments plus naturels.

Itazura na Kiss est un vieux j-drama et cela se ressent. La réalisation est typique des années 1990 et en rajoute une couche pour le côté décalé. Ne parlons même pas de la musique insupportable avec ce synthétiseur ou de la chanson de fin, Steady de SPEED, sonnant très j-pop de cette époque. Pour combler le tout, tous les personnages ou presque sont caricaturaux. Les profs sont insupportables et les élèves sont tout simplement des abominations. On en revient inlassablement à la guerre entre la classe des élèves studieux de Naoki et celle des cancres de Kotoko. De plus, il y a les retournements de situation archi-classiques comme la rivale, l’éternel amoureux qui n’aura jamais ce qu’il veut, les quiproquos… Et cerise sur le gâteau, n’oublions pas de mentionner la présence de Nakama Yukie (Gokusen, Tempest) en tant qu’élève agaçante.

En définitive, Itazura na Kiss ne dure que neuf épisodes et heureusement ! Le scénario est convenu en plus d’être terriblement misogyne. L’héroïne reste semblable à elle-même du début à la fin et ne prend jamais conscience qu’elle peut être quelqu’un, être indépendante et non pas le parasite d’un autre. Non, elle préfère hurler, hurler et encore hurler. Les épisodes sont répétitifs, l’humour est lourd, la réalisation bien trop vieillotte et plus on avance, plus on souffre. Vais-je tenter l’adaptation taïwanaise ou la sud-coréenne ? Ah ça non !
Bonus : le générique de fin

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