Kamen Rider Den-Ô ~ Films | 仮面ライダー電王

Après avoir discuté du j-drama Kamen Rider Den-Ô au cours de l’automne 2011, il était plus que temps d’en refermer la porte avec ses trois films. Effectivement, à l’instar de la plupart des tokusatsu, ce Kamen Rider dispose de plusieurs bonus, dont trois longs-métrages précédés d’un court animé dépeignant les aventures truculentes du génial Momotaros. Il existe encore d’autres à-côtés, mais ils sont apparemment bien plus anecdotiques et je n’envisage pas une seule seconde de les visionner et, donc, je serais incapable d’en parler.

Kamen Rider Den-Ô peut se vanter d’être l’une des fictions de la franchise les plus prolifiques à l’écran, profitant grandement de son succès. Ajoutons-y aussi l’univers dérivé Chô-Den-Ô illustrant le récit romantique d’un couple phare du tokusatsu ; Ryôtarô y est visible, mais il est alors jeune et Satô Takeru ne reprend par conséquent pas son rôle. D’après les quelques critiques lues de-ci de-là, ces films sont franchement dispensables.

La présentation de ces productions suit l’ordre chronologique de sortie. Il est plus que préférable d’avoir regardé la série télévisée avant de les lancer.

(suite…)

By |2017-05-01T13:58:57+01:00septembre 16th, 2014|Films, Kamen Rider Den-Ô, Séries japonaises|0 Comments

Kamen Rider Den-Ô | 仮面ライダー電王

Après avoir mis les pieds dans les tokusatsu – les productions utilisant moult effets spéciaux – avec GARO, j’ai eu envie de continuer ma découverte de ce genre souvent décrié. Plusieurs franchises se partagent le devant de la scène au Japon ; il y a notamment les Super Sentai tels que Chôdenshi Bioman où les personnages possèdent des costumes colorés, mais n’oublions pas celle dédiée au monde sans fin des Kamen Riders. Son origine n’est autre qu’un manga écrit par Ishinomori Shôtarô. Kamen Rider est un véritable succès au Japon et, sans surprise, une locomotive financière. Il existe un nombre incroyable de séries, la première ayant été diffusée en 1971. Chaque année, une nouvelle apparaît. Ne parlons même pas des objets dérivés, des films ou encore des épisodes spéciaux qui en découlent. En résumé, il s’agit là d’une industrie et d’un élément phare de la culture télévisuelle japonaise, quoi qu’en disent certains. C’est en partie pour cela que je souhaitais vraiment me faire une idée. De plus, ayant réellement apprécié GARO malgré mes a priori, j’ai pensé qu’un phénomène similaire allait peut-être se reproduire. Le principal problème fut de savoir quelle fiction regarder. Il y en a tellement et je n’ai pas réellement pu trouver d’avis concret suggérant une manière d’approcher cet univers. J’ai failli tester Kamen Rider Kabuto avec Mizushima Hiro en héros, mais aussi Kamen Rider 555 parce qu’on y voit Fujita Ray. Au final, j’ai opté pour le dix-septième Kamen Rider, Kamen Rider Den-Ô, pour une raison inconnue. Composé de quarante-neuf épisodes de vingt-trois minutes environ, ce j-drama fut diffusé sur TV Asahi entre janvier 2007 et janvier 2008. De nombreux films dérivés ont été produits, la série étant celle qui fut le plus développée de la franchise ; ils seront normalement tous traités sur Luminophore. Aucun spoiler.

Le principe des Kamen Riders repose en grande partie sur les armures en forme d’insecte des héros. Les histoires de chacun de ces individus atypiques sont indépendantes, mais il existe évidemment des incursions mêlant les différents univers.

Kamen Rider Den-Ô raconte les aventures de Nogami Ryôtarô, un jeune homme de dix-neuf ans très malchanceux, honnête et gentil. Assez mou, il n’a pas beaucoup de force et se laisse facilement marcher sur les pieds. Un jour, après s’être encore fait racketter, il rencontre une créature en sable coupée en deux qui lui demande ce qu’il désire. Cependant, rien ne se passe comme ledit monstre le souhaite et s’enchaînent des évènements bizarres. Suite à un concours de circonstances, Ryôtarô tombe sur Hana, une femme voyageant sur la courbe du temps grâce au DenLiner, un train ne partageant que peu de similarités avec ceux parcourant habituellement le Japon. Elle explique à Ryôtarô qu’il possède un pouvoir particulier puisqu’il est effectivement ce qu’on appelle un point de singularité. Cette caractéristique lui permet, entre autres choses, de s’inscrire à travers le temps. Il peut, par exemple, retourner maintes années en arrière sans changer sa propre existence. En acceptant d’aider Hana, il devient ainsi Kamen Rider Den-Ô. Une question subsiste toutefois. Pourquoi devrait-il plonger dans le passé ? En fait, le monstre que Ryôtarô a rencontré est un Imagin, une créature dont les congénères sont présents par milliers et ont pour but de modifier ce qui s’est déroulé jadis. Ils viennent du futur et aimeraient le modeler à leurs goûts. Pour les empêcher de bouleverser l’univers, il faut que quelqu’un les arrête et, tout naturellement, seuls les Kamen Riders sont en mesure de les contrer en bonne et due forme. Pour cela, grâce à ses pouvoirs fraîchement acquis, Ryôtarô détient la possibilité de se transformer et de revêtir une armure en forme d’insecte. Il existe tout de même une nuance de taille puisque ce costume particulier ne lui offre pas de puissance ou d’habileté spécifique à proprement parler. Non, il doit compter sur l’aide de quatre Imagins marginaux acceptant de posséder momentanément son corps et de lui prêter renfort. Le jeune héros est par conséquent l’élu susceptible d’être investi par des Imagins au demeurant sympathiques, celui supposé combattre les êtres maléfiques avides de pervertir le passé.

Si toute cette histoire peut paraître compliquée au premier abord, elle ne l’est pas spécialement malgré des propos parfois confus. Il faut savoir que Kamen Rider est une franchise pour enfants. Approximativement, les vingt premiers épisodes se ressemblent tant ils sont schématiques. Un Imagin signe un contrat avec un humain en lui demandant d’exaucer un vœu, il tente de transformer le passé, Ryôtarô surgit et en vient à bout. Quand un nouveau personnage très mystérieux, Sakurai Yûto, apparaît, la série prend une tout autre tournure et se densifie. Il est alors question de ligne temporelle, de changements de futur, et les protagonistes bataillent pour la survie de leur univers. Quelques réflexions intéressantes sur la mémoire et sur les souvenirs sont disséminées de-ci de-là et même si elles demeurent ténues, elles font plaisir. L’ultime arc constituant globalement les quinze derniers épisodes est le meilleur, car les enjeux sont importants et les héros ont évolué, devenant réellement attachants. Il est en revanche dommage que le grand méchant, campé par un Ishiguro Hideo (Gokusen 3) en faisant beaucoup trop, soit aussi caricatural. Dans tous les cas, impossible de nier que Kamen Rider Den-Ô abuse de la morale et ce n’est pas l’audience qu’elle cible qui excuse quoi que ce soit. Ce défaut n’est pas foncièrement rédhibitoire, mais par moments, le manque de subtilité agace assez ; il s’avère impératif de mettre beaucoup de volonté pour adhérer à cette production légèrement simpliste, d’autant plus que le sentimentalisme est de la partie et résonne à travers l’intégralité des épisodes. Il n’empêche que le message terminal – représentant au bout du compte celui de la série – est joli et particulièrement véridique. Ce qui sauve l’ensemble est son ton et le fait qu’il sache pertinemment dans quelle cour il joue. La comédie est présente grâce à moult blagues et un certain nombre de gimmicks, en dépit d’une approche parfois plutôt lourde, voire kitsch et ridicule. De surcroît, l’aspect très répétitif de ces moments humoristiques n’aide pas toujours à digérer cette formule plus que mécanique. Finalement, Kamen Rider Den-Ô dispose d’une identité palpable susceptible de faire mouche à condition d’accepter ses maints écueils.

Ryôtarô est incarné par le sympathique Satô Takeru que j’avais déjà eu l’occasion de voir dans le très médiocre tanpatsu MW (pas le film, le SP). Manquant cruellement d’assurance, ce héros en gagne au fil des épisodes et la série s’apparente alors à une sorte de récit initiatique. L’acteur est assez bon dans ce rôle demandant de savoir rapidement opter pour un autre registre. Ce qu’on pourrait lui reprocher, c’est de prendre une voix trop doucereuse quand il est Ryôtarô. Il s’agit sûrement d’une manière de symboliser l’absence de confiance en lui du jeune homme puisque ce souci s’atténue au fur et à mesure, mais au début, l’irritation n’est jamais très loin. Le garçon a une sœur, Airi, et tous deux vivent ensemble tout en travaillant dans leur propre café. Airi a tout de la Japonaise rêvée parce qu’elle est calme, angélique et, justement, horripilante. Elle est au départ limite niaise et la voir préparer sa mixture a de quoi rendre fou. En raison de sa tâche de Kamen Rider, Ryôtarô est ainsi régulièrement possédé par quatre Imagins bien particuliers. Ces derniers sont gentils dans le sens où ils ne cherchent absolument pas à transformer le passé. Ils aident le jeune adulte pour diverses raisons. On pourrait alors penser que le héros souffre de trouble dissociatif de la personnalité, car selon la créature qui l’investit, son caractère change brutalement. Il adapte effectivement la psychologie de l’Imagin en question. Physiquement, il est également quelque peu différent. Sa coupe de cheveux ou la teinte de ses yeux se modifient, par exemple. En cela, Satô Takeru effectue un travail plus que correct étant donné qu’il peut incarner plusieurs protagonistes de manière convaincante. Si ces êtres possèdent de temps en temps Ryôtarô, il ont aussi une apparence propre très colorée. Le plus attachant des quatre est Momotaros, le rouge qui est une pile électrique adorant la bagarre. Mais n’oublions pas Urataros, le bleu dragueur pouvant séduire n’importe qui grâce à ses paroles, Kintaros le jaune détenant une force incroyable, ou encore Ryûtaros, le mauve excellent danseur très jeune dans sa tête. Ces Imagins n’ont pas de visage humain et sont donc doublés par les fameux seiyû, les géniaux comédiens de doublage japonais. D’ailleurs, c’est Seki Toshihiko (Tamahome dans les CD dramas de Fushigi Yûgi) qui offre sa voix à Momotaros. À côté de ces quatre asticots qui passent leur temps à se taper dessus, mais qui, évidemment, s’aiment bien, d’autres tirent leur épingle du jeu. Deneb est sûrement celui que je préfère, et Sieg est le plus beau avec son costume blanc.

Les Imagins disposent d’un visuel bien particulier et l’on peut noter l’originalité et la créativité dont la série fait preuve. C’est toujours agréable de voir qu’avec deux trois bouts de ficelle, d’aucuns parviennent à réaliser quelque chose tenant à peu près la route. Oui, c’est vrai, parfois le résultat est esthétiquement très moche, les effets spéciaux ne ressemblent pas à grand-chose, certains monstres donnent l’impression de sortir de Final Fantasy II, mais on finit par y prendre goût. Tout est tellement kitsch et décalé que le second degré est probablement plus qu’instinctif, en plus d’être salvateur pour ne pas souffrir le martyre devant les épisodes. Ryôtarô, dans son armure, a fière allure surtout qu’elle change au gré des Imagins et de l’intrigue. Il met au point de nombreuses attaques et l’on se surprend à fredonner au rythme de la musique. C’est compréhensible que ça plaise autant aux Japonais, car il y a de la recherche et un réel univers. D’ailleurs, concernant le plaisir auditif, la bande-son est dynamique. La chanson du chouette générique et régulièrement remixée au cours des aventures est Climax Jump de AAA.

En dehors de ces personnages, Kamen Rider Den-Ô possède quelques autres importantes figures. Une des plus notables est la jolie Hana ne se laissant pas marcher sur les pieds. Amie avec Ryôtarô, elle l’aide dans sa quête et prend soin à ce qu’il ne souffre pas trop à force de combattre. Son passé est trouble et vecteur de plusieurs éléments intéressants. Sa version enfant est mignonne comme tout. L’équipe du DenLiner est sinon composée du propriétaire dont on ne connaît pas le nom et qui aime parler par énigmes, ainsi que de la pétillante Naomi s’occupant de la nourriture. Sakurai Yûto (Nakamura Yûichi – Futatsu no Spica, Puzzle 2007) est celui qui, par son arrivée, améliore la fiction parce qu’il apporte des histoires plus développées et moins linéaires. Lui aussi est un Kamen Rider, mais sa véritable nature est un mystère qu’il faudra peut-être éclaircir… Deneb est l’Imagin veillant sur lui. Les deux possèdent une jolie dynamique mêlant amitié et liens familiaux. Ajoutons à toute cette clique les deux larrons gravitant autour d’Airi, et l’on a fait le tour principal. Globalement, les protagonistes ne sont pas déplaisants et l’interprétation peut être largement perfectible, mais demeure relativement convenable.

En définitive, bien que de prime abord Kamen Rider Den-Ô donne l’impression d’être une série peu réfléchie, elle surprend finalement par son intrigue centrale. Évidemment, tout cela manque d’ampleur, il y a des raccourcis et de nombreuses facilités, mais l’ensemble se laisse aisément visionner. Avec une morale et de bons sentiments davantage transparents ou un humour plus léger, le tokusatsu aurait pu s’approcher d’un sympathique divertissement pour les petits comme pour les plus grands. Les personnages sont effectivement agréables et plutôt bien travaillés, les effets spéciaux se veulent relativement corrects, et l’univers du j-drama se montre créatif. Dans tous les cas, il convient de regarder cette production au minimum au second degré, sinon la douche peut s’avérer très froide. Contre toute attente, je compte probablement tenter un autre Kamen Rider (si vous avez des conseils…), mais auparavant, j’irai tester un Super Sentai !
Bonus 1 : Si vous souhaitez en savoir plus sur Kamen Rider, je vous suggère de faire un tour du côté du Wikipédia anglais qui est une vraie mine d’or. Pensez évidemment à cliquer de lien en lien.
Bonus 2 : le chouette générique en vidéo

http://www.youtube.com/watch?v=tUQMwjFlEp0

By |2018-07-06T17:48:24+01:00octobre 11th, 2011|Kamen Rider Den-Ô, Séries japonaises|6 Comments