Kamisama Mou Sukoshi Dake | 神様、もう少しだけ

Retour sur un j-drama qui fêtera cette année ses onze ans. Je ne pense pas que vous en verrez de beaucoup plus vieux sur Luminophore car cela risque d’être très dur à trouver. Enfin on ne sait jamais. Du coup, si ce j-drama est disponible, cela ne veut-il pas laisser supposer qu’il est de qualité ? Bonne question. Parlons donc de Kamisama Mou Sukoshi Dake.
Pour commencer, je pense qu’il vaut mieux s’attarder sur la signification du titre, Kamisama Mou Sukoshi Dake. A savoir : Dieu, donne-moi plus de temps. Au moins on peut dire que le ton est donné, ça ne va pas être la joie.
Kamisama Mou Sukoshi Dake est donc un drama japonais qui fut diffusé en 1998 sur Fuji TV. Il est composé de douze épisodes et comme vous devez maintenant le savoir, les premier et dernier épisode ont un quart d’heure de plus. Aucun spoiler.

Kamisama Mou Sukoshi Dake raconte l’histoire de Kanô Masaki, une jeune fille âgée de 17 ans, contaminée par le virus du SIDA. Au long de cette série, on suivra son histoire d’amour avec Keigo Ishikawa, un célèbre compositeur, ainsi que ses difficultés à s’intégrer dans une société japonaise, qui tend à exclure les gens « différents ». Plus qu’une simple histoire d’amour, Kamisama Mou Sukoshi Dake nous amène à réfléchir sur le sens de vie et la façon dont on utilise le temps qui nous est imparti.
Source : NewsAsia

Cela faisait un moment que j’avais envie de tester un j-drama ayant pour but de vous déprimer, ou tout du moins qui ne donne pas spécialement envie de rigoler toutes les deux minutes. Dans cette catégorie il y a donc les séries avec des maladies. J’en ai plusieurs en stock et je pense en regarder alternativement avec des plus légères, histoire de ne pas avoir envie de me jeter d’un pont ^^; En lisant le synopsis de Kamisama Mou Sukoshi Dake on sait de suite que le visionnage ne sera pas de tout repos. Il est évident que l’héroïne ne sera pas guérie du SIDA puisqu’à l’heure actuelle il n’y a malheureusement aucun traitement miracle. On se doute bien qu’elle va mourir.
Si je me suis aussi intéressée à ce j-drama c’est parce qu’il a très bonne réputation parmi les amateurs de séries japonaises. En plus, du côté du casting il y a une grosse pointure, à savoir le plus que charmant Kaneshiro Takeshi (Le Secret des Poignards Volants…). Je pense, mais peut-être que je me trompe, que s’il y a bien deux acteurs japonais actuels connus en France, c’est Watanabe Ken (Ikebukuro West Gate Park) et Kaneshiro Takeshi. Tous deux sont surtout réputés pour leurs films mais ils ont, comme vous le comprenez, déjà participé à des j-dramas. Autrement on retrouve Fukada Kyôko qui n’avait que 16 ans à l’époque, Yazawa Shin (Ikebukuro West Gate Park) et malheureusement Nakama Yukie (Gokusen), toujours aussi agaçante.

Un drama qui dans son générique utilise la sublime chanson I for You de Luna Sea ne peut déjà que me donner envie de continuer. En plus, on entend très régulièrement In the Sky de Kuda Shizuka (la femme de Kimura Takuya :P) qui elle aussi vaut son pesant de cacahuètes. A vrai dire, la bande originale est extrêmement réussie mais elle n’est malheureusement pas assez variée. Si au début on est tout content d’entendre de chouettes chansons, arrivé au trois quart du j-drama on commence à saturer. Ce qui est un comble. Ce n’est pas non plus un calvaire mais ces deux chansons reviennent trop souvent vers la fin. Même si c’est uniquement sous forme instrumentale, elles sont bel et bien là.

Kamisama Mou Sukoshi Dake est intéressant dans le sens où il traite de sujets tabous, surtout au Japon en 1998. On peut par exemple parler de l’enjo kôsai qui est cette pratique assez courante pour des jeunes filles de se « vendre ». Ce n’est pas nécessairement de la prostitution, cela peut tout simplement être un accompagnement d’hommes plus âgés afin de recevoir de l’argent ou des cadeaux. Étant donné que les filles sont consentantes, il n’y a pas de réelles poursuites envers ceux qui en profitent. L’enjo kôsai se pratique pour des raisons parfois totalement futiles. Les lycéennes n’ont pas un besoin d’argent immédiat afin de pouvoir se nourrir, c’est plus pour un sac de marque ou n’importe quoi de matériel. Dans le j-drama, ce sujet, assez difficile à comprendre (en tout cas pour moi) est traité en simplicité et cela sans tomber dans un cliché moralisateur.

Autrement, le SIDA est forcément à l’honneur durant toute la série. Toujours d’actualité, ce n’est pas parce que le drama commence à dater que cela veut dire qu’il est totalement hors de propos. Bien au contraire. Mais j’ai un gros problème à ce niveau-là. Kamisama Mou Sukoshi Dake est surtout une série qui prône le fait de vivre sa vie à 200%, de ne pas perdre son temps, sauf que traitant du SIDA, il était quand même nécessaire de faire un peu de prévention. Uniquement de l’information n’est pas suffisant. En fait, je ne crois même pas que le préservatif soit mentionné une fois. Ou alors si c’est le cas c’est juste en passant. Je trouve ça hallucinant. Je ne parle même pas de ce qu’il se passe plus loin dans la série qui est du délire pur et simple. Si au début du drama j’aimais beaucoup, plus ça allait plus ça m’énervait à cause de ça. Le SIDA tue mais on peut l’éviter en se protégeant. En parler est une évidence. Apparemment pas pour Kamisama Mou Sukoshi Dake. Ce qui est fou c’est que les Japonais aiment bien mettre une petite morale dans leurs séries mais ici, alors que justement elle aurait toute sa place, elle n’y est pas. Donc oui, ça m’agace.
Ceci étant dit, même si la maladie est le moteur du j-drama, on n’en parle pas tout du long. Heureusement d’ailleurs. Quelques questionnements intéressants sont mis en place comme la construction de son identité, d’un projet professionnel, du regard des autres, la routine de la vie… Le scénario est bien ficelé en somme.

Kamisama Mou Sukoshi Dake est aussi une histoire d’amour. Pas forcément ultra réaliste mais qui, après tout peut arriver. Qui n’a jamais rêvé de rencontrer sa star préférée et qu’elle tombe instantanément amoureuse de vous ? ^^ C’est ce qu’il se passe dans la série. Enfin, ce n’est pas le coup de foudre mais petit à petit une jolie histoire se construit. Elle est parasitée par les éléments typiques comme le triangle amoureux, la fille amoureuse du garçon et qui ne lâche pas prise voire qui fait des sales coups en douce. Rien de bien original à ce niveau mais ce n’est pas trop embêtant.

Kamisama Mou Sukoshi Dake est un j-drama assez intéressant mais j’avoue ne pas être du tout d’accord avec ce qu’on peut lire sur la toile. Pour moi il est clairement surestimé. En plus, j’espérais me transformer en fontaine et ce ne fut pas du tout le cas. J’étais beaucoup plus émue devant un drama comme Zettai Kareshi c’est pour dire ^^; Du coup oui, je suis déçue. L’inconscience des personnages, l’absence totale de prévention, les passages qui deviennent répétitifs et traînent trop en longueur ajoutés au côté un peu sirupeux ont fait que j’avais hâte que ça se termine. Pourtant durant les quatre-cinq premiers épisodes j’étais extrêmement charmée. Et même plus que ça, je pensais être en face d’une série exceptionnelle. Sauf que quelque chose s’est cassé en chemin et impossible de retrouver l’étincelle. A force de vouloir trop faire sérieux, la série perd en crédibilité et est finalement trop politiquement correcte.