Kisarazu Cat’s Eye : World Series | 木更津キャッツアイ : ワールドシリーズ (film)


Et voilà, c’est encore l’univers d’une série à l’univers fort atypique qui referme ses portes sur Luminophore. Après avoir parlé du renzoku puis de son premier film intitulé Nihon Series, il est temps de faire place au second et dernier film de Kisarazu Cat’s Eye, le World Series. Eh oui, soyons fou, après le Japon il faut bien viser le monde entier ! Ce film est sorti dans les salles japonaises le 28 octobre 2006 et dure 131 minutes. L’équipe créative est évidemment la même et c’est toujours Kudô Kankurô au scénario. Aucun spoiler.

Cela fait déjà trois ans que Bussan est mort. Depuis, plus rien n’est pareil à Kisarazu. Le jour d’anniversaire du décès de Bussan, Bambi désormais devenu politicien croit entendre la voix de son ami. Il semblerait qu’il lui dise de construire quelque chose pour qu’il puisse revenir d’entre les morts. Pour cela, Bambi n’a pas d’autre choix que de reformer la bande.

Lorsque le film débute, on a du mal à réaliser que Bussan est effectivement mort. Avec lui qui paradait jusque là, on en venait presque à penser qu’il ne finirait jamais par réellement mourir. Eh bien si. En cela, le film est empreint d’une atmosphère particulièrement nostalgique. Les blagues et délires en tous genres ont beau être de la partie, on sent son cœur se tordre car on sait que Bussan lui, n’est plus là. Si le personnage est toujours visible via une pirouette scénaristique digne de Kisarazu Cat’s Eye, on ne peut être dupe. À un moment donné, les autres personnages et nous, nous devrons lui dire définitivement adieu. C’est là où la touche de Kudô Kankurô marque toujours juste car il réussit à faire valser les émotions les plus simples en deux-trois mouvements. On rit et on est touché. On est touché et on rit. En bref, on ne sait plus trop où on en est si ce n’est que l’on est sacrément impliqué dans l’histoire. La disparition de Bussan est forcément l’évènement qui émeut le plus mais il n’y a pas que ça. Un des bons points du film est de débuter l’histoire alors qu’il est déjà mort. Nous n’assistons pas en direct aux funérailles, au moment fatidique ou à des passages très connotés. On les voit après qu’ils ont eu lieu. Ce sont ainsi des petits détails et des brefs instants qui distillent un climat quelque peu amer et mélancolique. Ce qui est important dans ce World Series est la nécessité pour les personnages d’aller de l’avant. Si cela fait déjà trois ans que Bussan s’en est allé, son entourage ne fait que vivoter. Il a besoin de s’en affranchir et d’en faire définitivement le deuil. Depuis, rien ne tourne effectivement rond à Kisarazu. Master et Ani se font la tête et ont en plus quitté la ville. Ils ne se parlent plus et ne se plaisent même pas où ils sont. Bambi est certes toujours à Kisarazu mais arbore continuellement une triste mine d’autant plus que Môko l’a laissé tomber et va se marier. Avec qui ? La surprise est de taille ! Quant à Uchi, il a bel et bien disparu si ce n’est que nos sources nous indiquent qu’il doit gérer une terrible femme jouée par Kuriyama Chiaki (Ashita no Kita Yoshio, Hagetaka) tandis que Kiritani Kenta (Tiger & Dragon, JIN, Waraeru Koi wa Shitakunai) profite de son caméo pour faire l’idiot muet.


Que l’on ne se leurre pas, si la tonalité est au final plus dramatique que lors du précédent film, l’humour est toujours omniprésent. De nombreuses blagues sont très drôles et certaines situations sont farfelues et mises en scène de manière plus que rigolote. Difficile de ne pas éclater de rire en voyant l’adaptation sud-coréenne de la vie de Bussan avec tous les tics et manies du pays du Matin Calme. Néanmoins, à l’instar du Nihon Series, ce World Series souffre d’une certaine exagération. Les joueurs de baseball américains en sont un exemple et le retour pas vraiment retour de Bussan un autre. La série avait toujours su rester crédible malgré la folie ambiante et ce film perd le réalisme relatif d’autrefois. Fondamentalement, ce n’est pas grave mais davantage de mesure n’aurait pas été regrettée. De plus, si l’on retrouve les fameux rembobinages, le rythme est vacillant. Un film de plus de deux heures pour Kisarazu Cat’s Eye est trop long. L’univers s’apprécie sur de courtes périodes tant il est dynamique. En diluant autant l’intrigue, on perd en vivacité. Restent évidemment toutes les figures de la série, la bonne humeur, la chouette musique de Nakanishi Kyô et toutes les petites choses qui forment un ensemble toujours aussi créatif et gentiment aliéné.


Si ce World Series n’est pas exceptionnel, il n’en demeure pas moins que c’est le cœur gros comme ça que l’on en vient à bout. Kisarazu Cat’s Eye donne l’impression au téléspectateur de faire partie de cette petite famille et tout comme Ani, Master, Bambi et Uchi, il est pourtant nécessaire de dire au revoir à un moment donné afin de continuer sa vie. Ne le nions pas, le film aurait gagné à être plus court, moins exagéré et mieux géré du côté de l’humour mais il a au moins le mérite de clôturer l’histoire d’une manière à la fois douce et amère. Allez, comme on dit, ce n’est qu’un au revoir mes frères, on se reverra dans d’autres séries. Et même si vous ne serez pas la bande à Kisarazu, on se rappellera probablement à chaque fois cet esprit vivant et déjanté sacrément inimitable.

By |2017-05-01T14:00:08+01:00mai 5th, 2012|Films, Kisarazu Cat's Eye, Séries japonaises|4 Comments

Kisarazu Cat’s Eye : Nihon Series | 木更津キャッツアイ : 日本シリーズ (film)

Histoire de mettre de l’ordre dans tout ce qui traîne dans mes dossiers, j’ai enfin décidé de clôturer l’aventure Kisarazu Cat’s Eye ; ou tout du moins, de commencer à la terminer. Après le renzoku diffusé durant l’hiver 2002, deux films ont été réalisés à plusieurs années d’intervalle. Aujourd’hui, il ne sera question que de Kisarazu Cat’s Eye : Nihon Series, le suivant sera traité plus tard en 2012. Sorti en salles au Japon en novembre 2003, il a bien évidemment été écrit par Kudô Kankurô et dure un peu plus de deux heures. Aucun spoiler.

Si l’on se fie au diagnostic des médecins, Bussan devrait être mort. Sauf qu’il est toujours bel et bien en vie et il aurait apparemment le droit à six mois supplémentaires ! Avec ses amis il décide donc de continuer à profiter de la vie et s’emploie à organiser un Fuji(mi) Rock Festival avec les Kishidan tout en cherchant le grand amour. Forcément, on se doute bien que ce n’est pas gagné et que les bêtises risquent de s’accumuler.

C’est avec un immense plaisir que je me suis replongée dans l’univers déjanté, très haut en couleur et totalement débridé de Kisarazu Cat’s Eye. C’est fou comme cette bande de copains m’avait manqué. Il est évident qu’il faut visionner ce film après la série, d’autant plus qu’il la suit directement. Bussan, toujours sous les traits du génial Okada Junichi (Tiger & Dragon), a un sursis. Pas encore mort, il a le droit à six mois supplémentaires et cela ne le réjouit pas. Du tout. Attendez, comment peut-on se préparer à sa mort si elle est à chaque fois repoussée ? Et puis franchement, plus personne ne le prend au sérieux. Il est vraiment mourant au fait ? Le ton du film est toujours plus ou moins similaire à celui emprunté par le renzoku. Bien que l’on parle de cancer, de phase terminale et de décès, l’humour est toujours omniprésent et si de tristes émotions réussissent généralement à se frayer un chemin, elles sont à chaque fois contrebalancées par les blagues et les délires en tous genres. Le souci est que justement, les aspects désaxé et survolté sont poussés un peu trop loin. On s’amuse certes mais plusieurs intrigues sont un poil poussives ce qui empêche de pleinement profiter de cette expérience cinématographique.

Le film débute en 2033 avec les copains qui sont toujours réunis chez Master (Satô Ryûta – Ikebukuro West Gate Park, JIN 2, Pride…), attendant une pizza livrée par le sosie de Bussan avant qu’il ne meure trente ans plus tôt. Les acteurs choisis pour incarner les vieux potes sont bien trouvés et parviennent à imiter parfaitement leurs jeunes homologues. On y reconnaît notamment Watanabe Ikkei, habitué des seconds rôles qui interprétait le père d’Uchi dans la série, ou encore Watanabe Tetsu. Bref, rien n’a changé de leurs côtés si ce n’est qu’ils ont désormais mal partout, que certains ont grossi et ont des rides. Suite à un concours de circonstances, on retourne dans le passé et nous revoilà face aux visages connus. La totalité du film suit le même mode de fonctionnement que celui de la série. En d’autres termes, l’intrigue n’est absolument pas linéaire et les fameux rembobinages sont plus que présents. Cette marque de fabrique de Kisarazu Cat’s Eye fonctionne toujours correctement bien qu’elle soit parfois frustrante.

Globalement, Nihon Series suit deux fils rouges distincts qui finissent par se rejoindre. Le long-métrage est marqué par le retour d’un mort pas vraiment mort ou peut-être pas finalement qui se met à fabriquer des faux billets. Évidemment, les amis s’y retrouvent mêlés et ont du mal à se dépêtrer de cette situation. Entre temps, ils organisent un festival de rock avec les Kishidan de retour pour l’occasion. Aikawa Shô (Kurosagi) est de la partie pour se montrer en tant qu’acteur / yakuza super cool qui fait toujours rêver Bussan. Le père de ce dernier fricote encore avec Rose, Nekota fait sa souris et plonge dans l’exotisme offerts par les Sud-Coréennes, etc. Kisarazu et ses habitants n’ont donc absolument pas changé et si l’on navigue désormais en terrain connu, les rebondissements sont tellement ahurissants que l’on ne peut les prédire. Ajoutons la musique entraînante, la bonne humeur et le surjeu parfaitement dosé des acteurs toujours aussi sympathiques ainsi que les gimmicks et nous voilà face à un sympathique moment. Cependant, que l’on ne se leurre pas. Si on s’amuse, la recette ne fonctionne plus aussi bien qu’autrefois. Le film souffre de longueurs et de surenchère. Quoi qu’on puisse dire, la série est une succession de n’importe quoi mais parfaitement écrite et dirigée. Pour faire simple, c’est une pagaille organisée. Ici, c’est malheureusement moins le cas. En cela, on ne peut qu’être un peu déçu.

Bien sûr que l’on est extrêmement heureux de retrouver Kisarazu Cat’s Eye. La bande d’amis est tellement vivifiante, unie et adorable que l’on ne peut que fondre. De même, tous les autres personnages secondaires contribuent à rendre ces deux heures plutôt agréables. Si l’humour déjanté et la dingue ambiance forment une formule intéressante, la recette prend moins bien dans ce Nihon Series. Passer d’un épisode d’une quarantaine de minutes à un film de deux heures n’est pas chose évidente, le rythme en pâtit ainsi ici. Le délire est également poussé un peu trop à son extrême, ce qui est un comble lorsque l’on sait à quelle série on a à faire. Au final, comme souvent, ce long-métrage n’est pas dispensable, il sert juste à prolonger l’expérience du renzoku et se veut être un divertissement honnête mais d’un niveau inférieur. Prochaine étape, le World Series !

By |2017-05-01T14:00:24+01:00janvier 18th, 2012|Films, Kisarazu Cat's Eye, Séries japonaises|6 Comments