Kôkôsei Restaurant | 高校生レストラン

Comme annoncé il y a quelque temps, j’ai visionné l’intégralité des j-dramas de ce printemps disponibles. Kôkôsei Restaurant aurait dû être traité en même temps que tous les autres mais le sous-titrage du dernier épisode a quelque peu traîné en longueur. La série s’inspire de faits réels vécus par Murabayashi Shingo. Composée de neuf épisodes de 46 minutes, elle fut diffusée entre mai et juin 2011. On peut la trouver sous diverses écritures mais seules Kôkôsei Restaurant et Koukousei Restaurant sont correctes, ce qui signifie grosso modo le restaurant-lycée. Les sous-titres en anglais sont très moyens pour ceux qui sont disponibles à l’heure actuelle. Il est vrai qu’il s’agit du premier projet de la sous-titreuse qui travaille seule. Il n’empêche que ce n’est pas tant la traduction qui est agaçante mais les très, très nombreuses coquilles qui parasitent totalement le visionnage. Aucun spoiler.

Muraki Shingo était un excellent chef apprécié de ses collègues et supérieurs. Suite à un concours de circonstances, il décide de quitter son emploi et de repartir dans sa ville natale, dans un coin reculé du Japon. Là-bas, il tente de donner des cours de cuisine dans une école assez particulière dont le but est d’ouvrir un restaurant maintenu par les élèves. Bien qu’il soit motivé, il n’a aucune idée de l’étendue du travail qui l’attend d’autant plus qu’il n’est aucunement patient et pédagogue.

   

Ne l’ayant même pas remarquée parmi les nouveautés du printemps, je ne peux pas dire que je mourrais d’envie de regarder Kôkôsei Restaurant. Mais après tout, ce fut l’occasion de tester pour la première fois un j-drama culinaire. Eh oui. Cependant, si la plupart des intrigues se déroulent dans le monde de la cuisine, celui des lycéens est très proche et les deux sont d’ailleurs indissociables. Il est ainsi question de Muraki Shingo qui semble n’avoir qu’une expression dans sa poche et qui se retrouve à devoir donner des cours de cuisine à des élèves. Ces derniers n’aspirent d’ailleurs pas nécessairement à travailler dans ce monde impitoyable un jour. Suite à une altercation avec un client, il quitte le monde huppé de la ville pour retourner dans son village natal. Un bon point de la série est de montrer cette campagne japonaise que l’on voit au final peu à la télévision. N’y ayant jamais mis les pieds et n’y connaissant quasiment rien je ne peux affirmer si cette peinture est réaliste ou pas. On peut tout de même se douter qu’il y a une très grande part de crédibilité. Là-bas, la population vieillit et les jeunes quittent leur région pour aller dans les grandes villes. La campagne se vide, perd en dynamisme et peu à peu, il n’y a plus beaucoup de services de disponibles et l’économie s’effondre. Il devient ainsi difficile pour ces petits villages de subsister. C’est pour cela que la commune de Shingo propose de lancer un restaurant qui sera maintenu par des lycéens. L’idée est tout de même étrange car on se doute que ce n’est pas lui qui va relancer subitement la consommation mais elle est basée sur des faits réels. Murabayashi Shingo a, en réalité donc, travaillé dans le premier restaurant ouvert par un lycée. On peut y manger tous les week-ends.
Ce qu’il y a d’autant plus bizarre dans Kôkôsei Restaurant est que lorsque Shingo débarque, il faut obligatoirement que le restaurant soit lancé quelques semaines plus tard, que les élèves proposent plusieurs plats préparés comme des chefs, etc. C’est un petit peu idiot, surtout lorsque l’on se doute que ce n’est pas reculer la date d’ouverture de plusieurs semaines qui va faire sombrer la ville dans le gouffre. S’il y a donc quelques bonnes idées comme le fait de montrer la campagne et ses difficultés, l’histoire du restaurant est vraiment mal amenée.

Les personnages se retrouvent ainsi confrontés à de nombreux obstacles qu’il faudra franchir pour évoluer, devenir quelqu’un de bien et réussir à monter un restaurant digne de ce nom. Il n’y a rien d’original là-dessous, c’est du vu et du revu et ce n’est pas l’écriture du scénario ou des dialogues qui changera quoi que ce soit. Le fait que les élèves ne soient pas des élèves de cuisine mais des banals lycéens n’aide en rien car là encore, les défauts inhérents au school drama sont présents. Par exemple, le prof semble bourru au premier abord, se montre presque méchant, les élèves baissent alors les bras mais comme par hasard, ils comprennent que le prof est formidable et se transforment en bons petits Japonais avides d’apprendre et d’obéir.

Que ce soit du côté des adultes ou des adolescents, les protagonistes ne sont absolument pas intéressants. Creux, ils sonnent faux et manquent cruellement de relief. Aucun ne sort du lot et pour être honnête, je serais même en peine de donner leur nom en totalité tellement ils ne m’ont pas marquée. Le héros, Shingo, est incarné par le Johnny’s Matsuoka Masahiro (Kaibutsu-kun) qui garde la même expression tout au long de la série. Il a ici autant de charisme qu’une huître et ne fait passer aucune émotion. Son meilleur ami, Kishino Hiroshi, est joué par Itô Hideaki (Buzzer Beat) et sans être renversant, l’acteur est bien meilleur et le personnage est vecteur de bons moments. Quant aux autres adultes, il ne mérite vraiment pas que l’on s’attarde sur eux tant ils n’ont aucune personnalité. Mentionnons toutefois la présence de Hirata Mitsuru (Kamisama Mô Sukoshi Dake, Byakuyakô) en tant que proviseur du lycée, de Harada Yoshio (Yankee Bokô ni Kaeru, Engine) dans le rôle du père du héros et .

Chez les adolescents, c’est encore pire. Si le chef de file, Sakamoto Yôsuke, passionné de cuisine qui aura du fil à retordre car il est gaucher, est sympathique, les autres sont soit transparents, soit irritants. Yôsuke est joué par Kamiki Ryûnosuke et se révèle plutôt correct. La palme de l’horreur revient sans hésitation à la meilleure amie de Yôsuke, Mai. Kawashima Umika qui porte ses traits avait déjà montré dans Kaibutsu-kun que son jeu était limité. Elle le prouve encore une fois car elle est ici extrêmement mauvaise et chacune de ses apparitions est un véritable calvaire. Le pire étant que son personnage est donneur de leçon et n’en rate pas une pour l’ouvrir. À vrai dire, la plupart du temps la série manque de naturel. Par exemple, à chaque nouvelle étape à franchir, les personnages trouvent toujours le moyen de tous déclamer quelque chose, chacun son tour, et le tout, assaisonné de très bons sentiments. Évidemment. À la longue ça use.

Au final, Kôkôsei Restaurant a le principal défaut d’être convenue et de ne rien apporter de particulier. Plutôt que d’être une vraie série sur la cuisine, elle injecte une partie bien trop importante de thématiques écolières. Ses épisodes se regardent sans trop de difficulté mais ils sont prévisibles, banals et n’ont pas de saveur. En plus, les quelques plats que l’on aperçoit à l’écran ne donnent pas particulièrement envie puisque l’on ne voit pas grand-chose. Quelle ironie. En d’autres termes, la série ne mérite pas que l’on s’y attarde et une fois vue, elle est très rapidement oubliée.