V: The Final Battle | La bataille finale (mini-série)

Comme souvent, le temps passe trop vite et les bilans de ce que je regarde n’arrivent pas au moment où ils sont supposés être mis en ligne. Quoi qu’il en soit, pour l’heure il est question de retourner du côté de V et de discuter de sa seconde mini-série. Non, non, ce n’est pas le reboot de 2009 en cours de diffusion qui sera évoqué ; celui-ci devrait malgré tout être traité un jour ou l’autre sur Luminophore. Rappelons rapidement que V intègre un ensemble de séries. En ce qui concerne la version originale, la plus âgée, elle comporte deux mini-séries et une série de 19 épisodes. Après s’être attardé sur The Original Miniseries narrant l’arrivée des reptiles humanoïdes, il convient de continuer avec The Final Battle, également connue en France sous sa traduction la bataille finale. Cette seconde mini-série, constituée de trois épisodes de 90 minutes chacun, fut diffusée durant trois soirées consécutives sur NBC, à savoir les 6, 7 et 8 mai 1984. À noter qu’en raison de désaccords avec la chaîne, le créateur de cet univers, Kenneth Johnson, a claqué la porte au cours de la production. S’il a tout de même écrit l’histoire de cette suite, il n’a donc pas travaillé directement sur sa transposition à la télévision. Aucun spoiler.

Son titre l’indique clairement, The Final Battle devait conclure le récit de ces visiteurs venus de leur lointaine planète dans le but de dilapider la Terre de ses richesses, à commencer par la vie de ses habitants. Pourtant, afin de profiter au maximum de V, NBC décida à l’époque de poursuivre à travers une série hebdomadaire. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il n’est pas du tout nécessaire de regarder cette dernière tant la deuxième mini-série répond à toutes les interrogations et termine l’histoire en apothéose. Plusieurs mois se sont écoulés depuis la fin de The Original Miniseries. Les visiteurs contrôlent désormais la grande majorité du monde, empêchant les humains de vivre comme ils le faisaient auparavant et de jouir de leurs libertés. La résistance s’organise, mais elle subit évidemment des contrecoups parfois terribles. Certains de ses membres sont tués, torturés, emprisonnés, et voient leur cerveau totalement lavé par les expériences scientifiques de Diana. Constatant leur faiblesse et la diminution de leur effectif, Julie et Mike cherchent envers et contre tout un moyen de contrer les oppresseurs se montrant de plus en plus virulents. Pour cela, ils espèrent compter sur la Cinquième Colonne, cette entité pacifique existant au sein des extraterrestres, mais ces derniers sont davantage frileux parce qu’ils se savent constamment surveillés par les leurs. En d’autres termes, la situation semble inextricable et, sans grande surprise, ce sont dans ces moments d’abattement que surgissent les idées et tentatives les plus folles. Une petite victoire permet de rallier les foules, voire de rafraîchir une résistance progressivement moribonde. Ces trois épisodes en profitent dès lors pour intégrer à leur distribution de nouveaux personnages. Sans conteste, le plus marquant est Ham Tyler, le mercenaire aux méthodes coriaces et discutables interprété par Michael Ironside. Il injecte un humour très noir agréable et allégeant sensiblement l’atmosphère lourde de sens. Tandis que les lézards continuent leurs machinations, les humains réalisent que la solution miracle se trouve peut-être du côté de Robin et de la progéniture qu’elle porte en son sein…

Si la première mini-série effectuait un parallèle efficace entre l’arrivée de ces visiteurs et la Seconde Guerre mondiale, c’est beaucoup moins le cas de The Final Battle en dépit d’une ambiance délétère et de thématiques fortes. Certes, des éléments pertinents sont de nouveau retrouvés, avec notamment la critique de la propagande et du totalitarisme, mais les épisodes favorisent plutôt l’action à la réflexion. Les deux productions s’avèrent peut-être complémentaires. Or, en étant moins subtil, le récit perd sensiblement de son intensité, d’autant plus que la forme désuète ne réussit par conséquent pas toujours à se faire oublier. En effet, l’atmosphère des années 1980 est trop palpable et le côté kitsch des trucages se veut parfois un tantinet omniprésent. La fin, bien que tout à fait correcte, aurait mérité d’être moins précipitée et davantage approfondie. Il est également dommage qu’à l’exception du trio que forment Julie, Mike et Diana, les personnages ne soient guère explorés. Les autres passent effectivement à la trappe et ne servent généralement que de faire-valoir. Même Robin, alors qu’elle détient un rôle majeur en étant le premier individu à attendre un bébé métissant les deux races, demeure particulièrement transparente. Sinon, la nuance des protagonistes, les solides relations de la trempe de celle liant Martin à Mike, et Julie à Diana, font mouche. Avouons enfin que suivre la charismatique et toxique meneuse des lézards est réjouissant et exaltant. Diana dégage un tel magnétisme qu’elle fascine comme elle inquiète. D’ailleurs, espérons que la version de 2009, avec Morena Baccarin, soit à la hauteur. À vrai dire, les femmes sont toujours autant mises en avant qu’autrefois ; leurs caractérisations sonnent encore une fois moderne, ce qui fait évidemment plaisir.

Pour conclure, cette seconde mini-série se révèle malheureusement plus classique et de qualité inférieure à la précédente, bien que cela ne signifie pas qu’elle soit décevante. Avec son ambiance sombre et la gravité de ses situations, elle s’attarde sur la vie durant l’occupation, tout en n’oubliant pas d’injecter une certaine once humoristique afin de laisser souffler le téléspectateur. Évidemment, les effets spéciaux sont plus qu’approximatifs et l’âge avancé de la fiction transpire régulièrement à travers l’écran. Toutefois, malgré une allégorie fort discrète, la prise de position et l’antitotalitarisme gardent un semblant de force et se veulent toujours des thématiques contemporaines plus que fédératrices ; les trois parties continuent ainsi de parler au public et de l’interpeller. De même, si The Final Battle soigne moins ses personnages, l’écueil du manichéisme et des stéréotypes est plutôt bien écarté. En tout cas, avec une telle action et un rythme enlevé, les amateurs du genre devraient être ravis. En définitive, la mini-série s’avère clairement à regarder pour peu que l’on ait apprécié la première du nom. Les deux se suffisant à elles-mêmes, il est tout à fait possible de s’arrêter là, surtout que la suite s’annonce vraisemblablement artificielle et sans intérêt.

Par |2017-05-01T14:01:49+02:00février 25th, 2010|Mini-séries, Séries étasuniennes, V|0 commentaire

Dead Set (mini-série)

Il est assez curieux de constater que malgré ma grande appétence pour tout ce qui a trait à l’horreur et au gore, je n’ai jamais pris le temps de réellement en parler ici. Cela étant, en y réfléchissant, les séries s’y attelant ne sont pas très nombreuses. Par chance, les Anglais ont décidé de récemment choyer ce genre à travers une mini-série intitulée Dead Set. Elle se constitue de cinq épisodes qui furent diffusés sur E4 en octobre 2008, à l’époque d’Halloween ; tandis que le premier dure une petite quarantaine de minutes, les autres n’en comportent que vingt. Aucun spoiler.

Les participants de l’émission de téléréalité Big Brother s’affairent tout particulièrement, car ce soir, l’un des leurs sera évincé de la maison. En coulisses, la tension est également à son paroxysme tant la production met la pression sur ses employés. Sauf que tout bascule quand, subitement, des zombies attaquent la planète entière et se propagent à vitesse supersonique. Coupés du reste du monde, les concurrents enfermés sont loin de se douter de ce qui se trame.

La découverte du synopsis a immédiatement piqué ma curiosité, je l’admets. En grande amatrice des films de George A. Romero, j’espérais bien y retrouver ici quelques similarités. D’ailleurs, les épisodes n’hésitent pas à insérer des références et clins d’œil aux travaux du cinéaste. Associer le concept de la téléréalité aux morts-vivants infectés se révèle plutôt original. Certes, l’approche est nullement crédible, mais là n’est de toute manière pas du tout la question. Ce type d’histoire horrifique a beau se doter d’un potentiel évident, il est aussi devenu tristement éculé et ne parvient dorénavant que rarement à surprendre. Parfois, quelques productions réussissent à renouveler le genre, mais la majeure partie du temps, les clichés s’entassent et le résultat paraît profondément poussif en plus de se montrer ennuyant. D’une certaine façon, Dead Set injecte de l’inédit en inversant les tendances. Effectivement, les protagonistes de cette mini-série ne découvrent pour la plupart qu’à retardement ce qui se trame. En règle générale, les héros sont d’abord confrontés au danger et cherchent à s’enfermer pour tenter tant bien que mal de survivre. Ici, ils sont cloîtrés dès le départ dans une maison aux multiples caméras. Ce changement se veut plutôt novateur d’autant plus que les décors et plateaux sont ceux de l’émission britannique, offrant dès lors une caution réaliste à l’ensemble. D’ailleurs, Davina McCall, la présentatrice, est bel et bien celle du divertissement original. Elle a accepté de se faire transformer en zombie et courir après tout ce qui ressemble à de la chair fraîche, tout en poussant des grognements. Essayez d’imaginer Benjamin Castaldi dans ce rôle ! Pour autant, une fois les bases posées, le concept de la mini-série finit par rapidement s’étioler.

Malgré ses cinq courts épisodes, Dead Set devient vite répétitive et s’empêtre dans tous les poncifs et lieux communs possibles. L’action n’est pas inexistante et la mise en scène dynamique, bien que tremblotante, veille à injecter une tension sous-jacente ; mais le résultat reste fort classique, voire par moments irritant. Pour cela, il convient sûrement de blâmer les héros. Qui dit téléréalité, signifie personnalités superficielles, ridicules et proprement insupportables. Les colocataires détiennent une caractérisation très limitée se bornant à des clichés et autres stéréotypes. Entre l’idiotie de la blonde, le vieux pervers ou l’homophobe refoulé, l’intelligence n’est pas maîtresse de la situation. En se montrant aussi peu charmants et hystériques en dépit d’une interprétation de qualité, ils peinent à fédérer ou à se rendre attachants. Que les zombies les dévorent tout cru ne marque donc pas. Outre les participants, la jeune employée Kelly (Jaime Winstone) n’est pas franchement charismatique et son vulgaire patron, vrai égoïste odieux est dégoûtant et désagréable. Ces principales figures ne font pas grand-chose avant la fin, alignent les répliques moyennement inspirées, et se contentent surtout de tergiverser. Derrière notre écran, nous nous doutons tous qu’ils devront passer à la casserole, un à un. La question est de savoir quand et comment. Bien qu’elle s’arme d’un potentiel évident, cette œuvre se limite presque exclusivement à sa course contre les infectés dangereux, avec des moments racoleurs n’hésitant pas à illustrer des boyaux et autres déchiquetages. Certes, la fiction dresse un certain parallèle avec l’image que les concurrents sont la nourriture du téléspectateur, à l’instar des humains pour les morts-vivants, sauf que les propos s’arrêtent là. Une critique sociétale ou une satire corrosive de la télépoubelle y sont totalement absentes, par exemple. Cela ne serait pas trop gênant si le divertissement ne souffrait pas autant de son étirement et de son scénario assez malingre.

Pour conclure, la mini-série horrifique Dead Set dispose de quelques atouts pour plaire aux grands amateurs de zombies d’autant plus que ses créatures détiennent des maquillages très réussis. Toutefois, les épisodes se veulent vite redondants, finalement peu inventifs, et le manque de franche tension nuit à l’ensemble trop prévisible et convenu pour convaincre de bout en bout. L’idée est bonne, mais reste assez mal exploitée surtout que les personnages caricaturaux s’avèrent dès le départ agaçants.

Par |2017-05-01T14:02:26+02:00mars 31st, 2009|Dead Set, Mini-séries, Séries britanniques|9 Commentaires