Earthsea | Terremer : La Prophétie du sorcier (mini-série)

Entre la fin des années 1990 et le début du XXIè siècle, les productions de la société Hallmark Entertainment, depuis devenue Sonar Entertainment, passaient très régulièrement à la télévision française. C’est ainsi que j’en ai regardé un bon paquet ; plusieurs comme Merlin, Dinotopia et Cleopatra ont déjà eu leur quart d’heure de gloire ici. J’ai pour projet probablement un peu idiot de revisionner tout ça au fur et à mesure. Pour l’heure, place à Legend of Earthsea, plus tard raccourcie en Earthsea, et connue dans nos vertes contrées sous l’intitulé Terremer : La Propéthie du sorcier. Cette mini-série de deux épisodes de quatre-vingt-dix minutes chacun fut diffusée les 13 et 14 décembre 2004 sur Syfy. Elle adapte à sa manière les premiers romans A Wizard of Earthsea et The Tombs of Atuan du cycle de fantasy Earthsea (Terremer en version française) créé par Ursula K. Le Guin. Aucun spoiler.

Le jeune Ged vit dans un petit village avec son père travaillant comme forgeron. La logique voudrait qu’il embrasse cette profession et s’en satisfasse, mais ce n’est pas du tout le cas. En son for intérieur, il est convaincu d’être destiné à de grandes choses. Alors qu’il commence à découvrir de mystérieux pouvoirs magiques et être envahi par une même vision tournant en boucle, le roi Tygath cherche de son côté à conquérir Earthsea dans son intégralité. Pour cela, ce vil individu cupide tente de libérer les Innommables, des démons susceptibles de lui apporter le don d’immortalité. Le monde entier s’apprête à plonger dans le chaos le plus total, à moins que Ged ne soit le sorcier dont parle une certaine prophétie et réussisse à freiner les ambitions démesurées de ce souverain perfide. Pour l’heure, il doit dans tous les cas se lancer dans un long et fastidieux apprentissage…

Aussi curieux que cela puisse paraître pour quelqu’un se disant amateur de médiéval fantastique, j’accuse de grandes lacunes culturelles. J’admets donc ne jamais avoir testé les œuvres littéraires d’Ursula K. Le Guin, mais je compte bien y remédier un jour ou l’autre. Mes seules maigres connaissances se rapportent à l’adaptation cinématographique de 2006 du studio Ghibli, Gendo Senki (Les Contes de Terremer) qui, de surcroît, semble prendre d’importantes libertés avec le matériel d’origine. En l’occurrence, je ne peux préciser si cette mini-série se veut fidèle et je me contenterai d’évoquer ses qualités propres. Pour savoir ce qu’il en est de cette transposition, je crois que l’idéal est de se diriger vers l’auteure puisqu’elle en a discuté sur Internet à plusieurs reprises et, d’ailleurs, ses critiques ne s’avèrent pas du tout positives. Les producteurs n’ont apparemment pas souhaité se rapprocher d’elle et, outre un whitewashing patent, ont totalement occulté l’esprit de cet univers souvent vanté pour sa richesse. En tant que novice, le visionnage de cette fiction télévisée ne laisse pas du tout penser qu’elle abrite un tel potentiel, car elle se limite à un récit manichéen dénué de toute finesse ou originalité. La forme ne tranche pas avec le reste et tend plutôt à accentuer la médiocrité ambiante. Certes, les effets spéciaux affreusement visibles peuvent, à la rigueur, demeurer acceptables compte tenu de l’âge désormais avancé et du budget restreint. Ce qui n’est pas le cas de la musique convenue de Jeff Rona, de la réalisation basique ou encore du manque d’imagination concernant la mise en scène. Aucun effort ne transpire dans Earthsea et cette paresse esthétique se ressent davantage dans le fond se bornant à tous les poncifs du genre et à des répliques souvent navrantes.

Arrogant et sûr de lui, Ged a une haute estime de lui-même et prend de haut son père, modeste forgeron. Il n’a pas connu sa mère et vit sur une petite île reculée au milieu de nulle part. Il passe ses journées à s’amuser avec une amie et à se faire houspiller par son unique parent, car il ne montre aucune motivation pour quoi que ce soit. Depuis quelque temps, une vision fort étrange tourne en boucle dans sa tête où il aperçoit une jeune femme errant dans des couloirs. Il ne sait qu’en penser, mais cela le convainc une fois de plus de sa destinée qu’il juge incroyable. Contre toute attente, ses envies rejoignent la réalité et le voilà placé sous l’égide du sorcier Ogion, joué par Danny Glover. Sauf que Ged, encore une fois, ne réussit pas à se satisfaire de l’apprentissage de son nouveau mentor. Rien ne va jamais suffisamment vite pour lui. C’est pourquoi il se dirige vers une école spéciale, à Roke, susceptible d’accélérer le processus. La première partie d’Earthsea dépeint ainsi les débuts du protagoniste essayant de devenir un grand mage, mais se retrouvant à chaque fois entravé par ses défauts. Le héros (Shawn Ashmore – The Following) représente l’archétype le plus basique qui soit de ce genre de récit. Son parcours initiatique lui apporte une certaine maturité pourtant guère retranscrite à l’écran, son évolution et sa caractérisation se suffisant de vagues esquisses. Difficile alors de s’attacher à cet individu binaire détenant, comme par hasard, d’immenses capacités. Pour l’humaniser et injecter une impression d’humour, quelques faire-valoir lui sont associés tels que Vetch (Chris Gauthier – Eureka), son fidèle acolyte porté sur la nourriture, et le roublard Skiorch (Alessandro Juliani – Battlestar Galactica) devant se contenter de miettes scénaristiques. Au sein du premier épisode, Ged semble par conséquent étudier la sorcellerie, bien que cela ne soit pas visible, obtient aisément le soutien du directeur émérite de son établissement, méprise un camarade de classe forcément très caricatural, et libère par mégarde un gebbeth, une sorte d’ombre cherchant maintenant à le posséder pour régner sur Earthsea en toute impunité. Dans un second temps, le récit veille à dépeindre la fuite du héros toujours très falot, mais également les ambitions démesurées du roi Tygath.

Malgré la simplicité extrême de sa trame narrative et les rebondissements éculés, cette mini-série prévisible multiplie les personnages et points de vue. Elle aurait clairement gagné à s’étaler dans la durée ou à ne pas s’éparpiller de la sorte, car tout s’y déroule mécaniquement et précipitamment. Les relations entre les principales figures ne sont jamais creusées, évoluent pour plusieurs de façon totalement improbable, voire ridicule, et l’alchimie inexistante ne vient que favoriser l’absence d’impact émotionnel. Pendant que Ged s’affaire à devenir un mage, le souverain mégalomaniaque Tygath tente d’étendre sa toile. Il rêve de posséder l’immortalité et pour cela, il doit convaincre Thar (Isabella Rossellini – Alias), la grande prêtresse des tombeaux d’Atuan, de libérer les Innommables, mais naturellement, cette dernière refuse. Ces créatures démoniaques s’apparentent à une menace très abstraite et il paraît compliqué d’en prendre peur ou de saisir de quoi il en retourne précisément, comme s’il manquait des clés pour tout comprendre. Bref, Tygath choisi d’opter pour un moyen détourné, charge sa maîtresse Kossil (Jennifer Calvert), officiant aussi en tant que religieuse dans ce temple, d’empoisonner progressivement sa supérieure et de se faire élire à ce haut rang. Sauf que Thar nomine à la place la jeune et fidèle Tenar (Kristin Kreuk – Smallville). Avec cette deuxième partie, la caméra se lance dans une course contre la montre dépourvue de souffle épique, mais gonflée en caricature. Les méchants le sont totalement, à l’instar d’un ridicule Tygath (Sébastien Roché – The Originals), et les gentils bataillent un peu pour préserver la paix. Les émotions sont oubliées alors que dans les faits, de tragiques évènements ponctuent ce scénario désincarné. S’y entremêlent une prophétie, un dragon, une amulette scindée nécessitant d’être reformée, un parcours dans un labyrinthe, une lutte contre ses démons intérieurs, des jeux de dupe, des relents romantiques ineptes sortis de nulle part et quelques autres éléments incapables de surprendre ceux ayant déjà regardé ou lu des récits de cette trempe. Notons l’apparition furtive d’Amanda Tapping (Stargate SG-1) dont l’inutile rôle est de traiter Ged d’inconscient après qu’il ait stupidement commis une erreur dramatique.

Pour conclure, la mini-série Earthsea ressemble à un condensé indigent et poussif de tous les ingrédients les plus clichés possible pullulant dans les histoires de fantasy. Avec le chemin initiatique d’un jeune homme imbu de lui-même, impatient et condescendant, elle ne réussit jamais à proposer un divertissement digne de ce nom. Les personnages manquent de charisme et se perdent dans des dialogues maladroits tandis que les péripéties se succèdent allègrement et ne bénéficient d’aucun développement. Contre toute attente, les maigres tentatives de densifier l’univers restent à l’état embryonnaire et induisent presque une certaine confusion. Par son côté générique, son registre familial et son absence de coloration, cette insipide production formatée ne mérite pas un quelconque visionnage. Pire, elle ne donne pas du tout envie de lire le cycle littéraire alors que d’après les échos résonnant de-ci de-là depuis la fin des années 1960, il figure parmi les classiques du genre.

Par |2017-05-01T13:57:59+02:00novembre 16th, 2016|Earthsea, Mini-séries, Séries canadiennes, Séries étasuniennes|0 commentaire

Tut | Toutânkhamon : Le Pharaon maudit (mini-série)

Qui dit production se déroulant dans l’Antiquité signifie que je vais m’y intéresser à un moment donné. Alors si en plus elle pose ses décors en Égypte, je ne cours pas, je vole. C’est donc sans aucune surprise que j’ai regardé la mini-série canadienne Tut, plus connue en France sous l’appellation Toutânkhamon : Le Pharaon mauditTut comme Tutankhamun en anglais. Constituée de trois épisodes d’une heure et demie chacun, elle fut diffusée sur Spike TV les 19, 20 et 21 juillet 2015. Aucun spoiler.

Thèbes, 1332 avant J.-C. Le pharaon Akhenaton se meurt, empoisonné par l’un de ses plus fidèles serviteurs. Avant de décéder, il s’accorde le temps d’assurer sa succession en plaçant sur le trône son fils, Toutânkhamon, alors seulement âgé de neuf ans. Tout en composant avec les complots et autres luttes de pouvoir nourrissant le palais dont il ne sort guère, le petit garçon doit ainsi apprendre à rapidement grandir afin de mener l’Égypte vers la gloire et la prospérité.

Sûrement échaudée par la médiocre Cleopatra et l’horrible The Cleopatras, je ne partais pas du tout en terrain conquis, m’attendant à soupirer devant un probable ramassis de bêtises et maintes prises de liberté. Rien que le postulat de base tendrait à me hérisser les poils. Entre l’écorchement du nom de naissance du protagoniste qui, rappelons-le, est Toutânkhaton, ou les erreurs concernant la capitale d’Akhenaton et son véritable héritier, les passionnés d’Histoire ont déjà des raisons de s’irriter. Par un miracle totalement invraisemblable, j’ai réussi dès le début à me détacher de mes connaissances, ce qui m’a permis de regarder Tut comme s’il s’agissait d’une banale fiction s’inspirant très vaguement de l’Égypte antique. Autrement, je pense que la télécommande aurait fini encastrée dans ma télévision. Après ce paragraphe, ce billet se bornera à discuter des qualités intrinsèques de la mini-série, en occultant totalement sa supposée véracité factuelle et ethnique. Bien sûr, que l’intrigue gagne en simplicité se comprend aisément surtout que l’arbre généalogique égyptien laisse souvent perplexe et que le temps imparti est restreint. Dans l’ensemble, les très grosses lignes du parcours du pharaon conservant encore beaucoup de ses mystères sont esquissées. Dommage toutefois que ces trois parties préfèrent favoriser un aspect mélodramatique au lieu d’évoquer les bouleversements internes de cette période fort troublée. Akhenaton, le surnommé hérétique, a beau laisser à son enfant un riche territoire, celui-ci souffre d’un grand morcellement qu’il a lui-même induit avec sa volonté de profonds changements. Tout ce pan pourtant prépondérant et susceptible de façonner le tempérament de Toutânkhamon se limite à quelques répliques lancées à la sauvette dans le premier épisode. Le retour du culte d’Amon et des fêtes traditionnelles, le déplacement de la capitale à Thèbes, tout est oublié. Malgré une ambition affichée d’emblée, le fond se veut presque superficiel, à l’instar de la sphère politique se contentant de jeux de dupe dérisoires ou du registre culturel ouvertement absent. Tut choie plutôt une approche émotionnelle à souhait, quitte à verser dans une emphase sentimentaliste. Forcément, la reconstitution de l’époque n’est pas non plus dépourvue de défauts et le budget peu extensible ne vient qu’accentuer les écueils. En sus du manque flagrant de figurants, les décors peinent à créer une vraie ambiance bien qu’ils se montrent, finalement, assez honorables compte tenu du contexte. La photographie reste également soignée. Par facilité, cette production préfère opter pour des séquences en intérieur ou en pleine nature, au milieu de nulle part. À condition de ne pas être trop impitoyable, les costumes et autres bijoux demeurent jolis à admirer. Si le résultat global n’irrite donc pas la cornée, la platitude de la mise en scène dessert cette mini-série ne détenant aucun souffle alors que, dans les faits, elle devrait provoquer un grand enthousiasme. Même la musique peu inspirée de Jeff Russo (Fargo) ne véhicule pas des sentiments suffisamment puissants pour émouvoir le public. Et les scènes de sexe racoleuses affreusement filmées ne changent clairement pas la donne ! Des batailles dignes de ce nom auraient pu, par contre, injecter un minimum de rythme à des épisodes falots.

Avant de mourir, le père de Toutânkhamon, Akhenaton, lui impose de se marier avec Ânkhésenamon, l’une de ses filles qu’il a eues avec Néfertiti. Le frère, accompagné de sa sœur, commence dès lors son règne sur la Haute et Basse-Égypte. Son jeune âge et sa faible condition l’empêchent de gouverner comme il se doit, mais il peut compter sur le soutien intéressé de plusieurs conseillers, dont l’illustre Aÿ et le général Horemheb. La première partie de Tut dépeint sommairement l’accession sur le trône de son héros et de comment il réussit à s’affranchir de ses deux mentors désirant préserver une grande assise sur leur protégé. La production évacue immédiatement l’enfance et l’adolescence du pharaon pour se focaliser sur le début de sa vie d’adulte. S’il n’a pas été épargné par des malheurs, Toutânkhamon s’avère au départ plutôt candide. Enfermé dans la prison dorée que représente son palais, il n’a aucune véritable idée de ce qui se trame dehors. Il passe ses journées à étudier, se divertir et apprendre à manier l’épée avec le fils de l’empoisonneur de son propre père, Ka (Peter Gadiot), qu’il a sauvé d’une mort certaine dix ans auparavant. Blessé dans son orgueil et voulant prendre son envol, le jeune homme décide de se rebeller et de recouvrer le pouvoir administratif et militaire. Ses proches le laissent croire qu’il dirige, mais n’écoutent jamais ses suggestions et requêtes. La situation géopolitique pose problème depuis une décennie et les relations diplomatiques avec les royaumes environnants en pâtissent. Pour l’heure, tous les regards sont tournés vers le Mitanni, territoire symbolisant ici curieusement l’ennemi le plus frontal, alors qu’en réalité, les menaces viennent de l’intérieur. Tut tente effectivement d’instaurer un climat paranoïaque et une tension létale, car la majorité arbore un masque et ourdit des complots dans l’ombre. À l’écran, Toutânkhamon est régulièrement représenté tel un individu affable, généreux, intelligent et n’aspirant qu’au bien-être des autres. Malheureusement pour lui, son entourage ne pense qu’à ses propres intérêts. L’interprétation du superbe Avan Jogia (Twisted) se révèle honorable et permet au pharaon de se montrer assez sympathique malgré un portrait bien trop idéalisé. En effet, le protagoniste a clairement tout pour plaire et, probablement pour offrir une tonalité moderne à l’ensemble, le script le dote d’une grande tolérance et d’un goût pour l’égalité. Les caractérisations souffrent d’une dimension manichéenne irritante même si de rares personnages réussissent à tirer leur épingle du jeu. L’idée de la série semble être d’illustrer les tristes tragédies du pauvre gentil Toutânkhamon et de quelle manière il est tombé dans l’oubli, se rappelant au monde sous des montagnes de richesse des millénaires après sa mort.

Le fil conducteur de Tut est symbolisé par la lutte contre le Mitanni, un royaume gouverné par des arrogants souhaitant envahir et piller l’Égypte. Le général Horemheb (Nonso Anozie – Dracula) les méprise ouvertement et désire guerroyer. Jusqu’alors, il était en mesure de s’y adonner, mais le réveil du pharaon lui lie désormais les mains. N’ayant aucune envie d’être commandé par un garçonnet, il décide de comploter, avec l’aide de la quasi-intégralité du palais. Tut se contente de répéter à l’infini les manipulations, manigances et traîtrises. Les enjeux répondent aux abonnés absents. En dehors du charmant fidèle soldat Lagus (Iddo Goldberg – Salem), Toutânkhamon est bien le seul à ne jamais dévier du droit chemin. Quoi qu’il en soit, Horemheb fomente dans son coin et compte sur le soutien du grandiloquent prêtre Amun (Alexander Siddig – Star Trek: Deep Space Nine) et d’Aÿ ne supportant plus de devoir se cantonner au costume de sous-fifre, lui qui rêve de s’approcher du divin et d’offrir à son fils adoptif un bel héritage. Ben Kingsley campant le haut fonctionnaire effectue un travail correct au vu du matériel lui étant proposé, car les dialogues presque indigents ne lui permettent pas de déplacer des montagnes. Ce trio symbolise l’antagoniste le plus coriace du pharaon, mais du fait d’un approfondissement mis au placard, la menace paraît bien risible. Les personnages se contentent de parader, tels de véritables clichés. Cela étant, ils ne sont pas les plus mal lotis puisque la représentation de la femme se révèle encore plus caricaturale, voire limite misogyne. Toutânkhamon est mariée à sa demi-sœur, Ânkhésenamon, envers qui il ressent un amour purement platonique. Pour assurer sa descendance, il doit toutefois produire un héritier, mais le couple peine à la tâche pour diverses raisons. La reine, en plus d’une interprétation en roue libre de Sibylla Deen (Tyrant), cumule les tares. Jalouse, cupide et vindicative, elle ne cesse d’agir selon son propre agenda. L’irruption de Suhad (Kylie Bunbury) au sang en partie mitanni provoque l’ire de l’épouse du souverain et la pousse dans ses retranchements. Entre crêpages de chignon, fausses couches, incendie et coups de couteau, les rebondissements ne manquent pas à l’appel. Malheureusement, ces drames préfabriqués faussent l’ensemble s’apparentant à une succession de moments disparates où s’agitent dans tous les sens des personnages souvent peu compréhensibles. De toute manière, le script ne cherche pas à densifier ses héros ou à développer ses histoires secondaires, voire le contexte général.

Pour conclure, à travers Tut, la courte existence du pharaon Toutânkhamon aurait pu être joliment retranscrite à l’écran en mêlant une tonalité factuelle à une plus intime et fédératrice. Or, cette mini-série délivre un récit prévisible et ouvertement mélodramatique en se limitant à des intrigues de palais éculées perpétrées par des individus insipides et unidimensionnels. Que ceux souhaitant en savoir plus sur l’Égypte antique ou sur ce protagoniste changent de route puisque, outre les maintes prises de liberté, la superficialité excessive y rayonne. Le visionnage laisse un sentiment de gâchis tant cette production disposait sur le papier d’un incroyable potentiel. À la rigueur, qu’elle ne veuille pas favoriser son registre historique ou le simplifie reste encore tolérable, mais il importe alors de soigner l’écriture afin de se montrer crédible et divertissant. Sauf que ce n’est pas le cas en raison d’un scénario poussif, d’une atmosphère inexistante, de répliques ineptes et d’un manque total de rythme ou de bouleversement émotionnel. Ce mélange de diverses idées lancées abstraitement se regarde sans trop de peine et ne s’avère pas aussi infâme que ça, mais donne surtout l’impression de passer totalement à côté de son sujet initial.

Par |2017-05-01T13:58:02+02:00août 24th, 2016|Mini-séries, Séries canadiennes, Tut|0 commentaire