My Name is Earl | Earl (série complète)

Continuons avec une autre sitcom que j’ai décidé de liquider à la fin de l’année 2010. Au risque de me répéter, je ne suis pas particulièrement friande des comédies car elles m’apportent moins que les autres genres. Si au début de mes pérégrinations de sériephile, j’ai débuté beaucoup de séries parce que justement, il s’agissait de séries et que je n’en demandais pas plus, je n’agis plus du tout de cette manière. Je suis heureusement devenue plus sélective. C’est ainsi que My Name is Earl est passée par mes écrans. Remplaçant Scrubs dans la case horaire du vendredi soir de M6, je me suis dit à l’époque que j’allais lui donner sa chance. Il y a de fortes probabilités que si elle avait débuté à l’heure actuelle, je ne l’aurais jamais testée. Créée en 2005 par Gregory Thomas Garcia (Raising Hope), elle fut annulée en 2009 au terme de sa quatrième saison. Elle comporte ainsi 96 épisodes d’une vingtaine de minutes diffusés sur NBC. À noter que le titre français est Earl. Aucun spoiler.

Earl J. Hickey est un petit malfrat sans grande envergure qui, après avoir gagné une grande somme à la loterie, la perd et se fait renverser par une voiture. Y voyant un signe du karma, il décide de réparer tout le mal qu’il a fait depuis sa naissance. Pour cela, il créé sa propre liste et tente avec son frère de réparer ses erreurs.

My Name is Earl se déroule chez les white trash qui comme son nom -très insultant au demeurant- le laisse supposer, fait référence aux pauvres bouseux blancs. La galerie de protagonistes de la série ne comporte pas de lumières, bien au contraire. Ils sont tous assez limités et/ou ont souvent affaire à la justice, en plus de vivre dans des conditions peu souhaitables. Pourtant, malgré leurs difficultés, la série prend le parti d’en rire et est plutôt noire. Les thématiques abordées sont variées mais dépeignent généralement la société et ses problèmes. Puisqu’il s’agit d’une comédie, le but est de faire rire et la série s’y emploie en utilisant à tour de bras le comique de situation et le burlesque. Elle parvient à détourner tout et n’importe quoi, offrant un ton particulier et fort agréable. De plus, les personnages sont tous colorés et ont chacun un ou plusieurs grains de folie. Si My Name is Earl met tout particulièrement à l’honneur un petit groupe, elle possède aussi ses figures de pilier de comptoir que l’on se plaît à revoir au fil des saisons. On peut citer le gay de service, la prostituée, le facteur borgne, la femme unijambiste, le policier incompétent obèse, etc. On ne se souvient pas souvent de leur nom, si tant est qu’il soit dit à l’antenne, mais leur visage est définitivement connu. Bien sûr, ce sont des clichés ambulants mais la série en joue et parvient à trouver le bon ton pour amuser. La sitcom peut alors se targuer d’avoir son propre univers truculent et bigarré.
Il y a de fortes chances que la série soit un vrai délice en VO avec un probable accent à couper au couteau / plouc mais, comme la plupart des sitcoms que j’ai commencées il y a quelques années, je l’ai vue en VF ! Eh oui. Et côté doublage, ça va.

Beaucoup de sériephiles auront reconnu sans difficulté certains acteurs en tant qu’invité ou dans des rôles récurrents. Citons par exemple Alyssa Milano (Charmed), Beau Bridges (Stargate SG-1), Ben Foster (Six Feet Under), Michael Rapaport (Prison Break), David Arquette, John Leguizamo (ER), Erik Estrada (CHiPs), Sean Astin (The Colour of Magic), Seth Green (Buffy the Vampire Slayer), Timothy Oliphant (Justified), Jane Seymour (Dr. Quinn Medicine Woman) ou encore Christian Slater.

Earl, incarné avec brio par Jason Lee, est un loser. Il a la trentaine, vit avec son frère très limité, Randy (Ethan Suplee), dans un motel et ne fait rien de ses journées. Il fut autrefois marié à Joy, jouée par la fabuleuse Jaime Pressly, femme vulgaire qui ne mâche pas ses mots et diaboliquement attachante. Bien qu’ils soient divorcés, ils se voient tous les jours et s’ils se critiquent quasi systématiquement, ils s’entendent plutôt bien. Que l’on se rassure de suite, la série ne rendra jamais cette situation romantique. Earl et Joy s’aimeront toujours à leur manière tordue mais ça s’arrêtera là. My Name is Earl n’est pas une romance et si les sentiments sont de temps en temps de la partie, c’est plus pour servir l’intrigue.
Earl gagne un jour à la loterie et décide dès lors de changer de vie, pensant que c’est Karma, qu’il voit comme une entité un peu comme Dieu, qui lui offre la possibilité de se racheter. Earl était effectivement jusque-là un truand de bas étage, alternant entre les coups foireux et la case prison. Il note ainsi sur une liste toutes ses mauvaises actions et décide de les rayer une par une. C’est pourquoi chaque épisode est dédié à une action, généralement fort cocasse. Il est aidé dans sa quête par son frère, Randy. Ce dernier n’est pas futé et est très innocent.
Tout le monde va boire un verre et manger du crabe dans le restaurant de Darnell qui semble toujours planer sur son nuage et qui, se révèlera être le plus intelligent du groupe. La série, en plus de parler des bas-fonds de la société américaine fait aussi régulièrement un tour du côté des immigrés clandestins. On retrouve par exemple Catalina, la stripteaseuse mexicaine.

Si la série est assez répétitive car elle repose sur le même système, elle se laisse agréablement regarder lors des deux premières saisons. Malheureusement, la deuxième partie de la troisième saison et plus particulièrement la quatrième, sont nettement inférieures. Il y a une volonté d’innovation, comme cet arc dans le monde des séries tv des années 1960 – 1970, mais la sauce prend difficilement. On rit moins et on trouve tout simplement le temps long. Certains épisodes parviennent à sortir My Name is Earl de sa torpeur mais le mal est fait. Son annulation n’est donc pas à déplorer car il était temps de raccrocher mais elle aurait mérité une véritable fin car elle n’y a pas eu le droit.
Autrement, impossible de ne pas parler de la musique qui est parfaitement adaptée à cette ambiance white trash. Earl est un fan de rock et parle régulièrement de groupes comme AC/DC et Lynyrd Skynyrd.

Au final, My Name is Earl est une sitcom burlesque, bien interprétée, et n’hésitant pas à oser tout et n’importe quoi. Généralement, le résultat fut payant mais malheureusement, la série se perd un peu dans sa dernière saison. Néanmoins, il s’agit d’une série sympathique car attachante et possédant son propre univers. Elle permet par ailleurs de montrer plusieurs couches de la population qui n’intéressent que peu le petit écran, ce qui est bien dommage.