Orange Days | オレンジデイズ

Continuons donc avec les séries japonaises non humoristiques et penchons-nous aujourd’hui sur Orange Days. Diffusé sur TBS en 2004, le j-drama est composé de onze épisodes. Comme presque toujours, le premier et le dernier épisode sont plus longs que les autres (une heure pour quarante-cinq minutes). A noter qu’Orange Days a reçu un certain nombre de prix lors de sa diffusion mais cela n’est toujours pas synonyme de qualité. Alors, est-ce mérité ou non ?
Du côté du casting, on retrouve encore une fois des têtes connues. A mon grand bonheur, Ueno Juri (Nodame Cantabile), plutôt jeune à ce moment-là, a un petit rôle. Je promets que je ne savais pas, c’est elle qui me suit, c’est obligé ^^;; Les personnages principaux sont interprétés par des acteurs que je ne connais pas comme Tsumabuki Satoshi, Shibasaki Kou ou encore Narimiya Hiroki. Sinon on retrouve Eita (Nodame Cantabile), en brun cette fois-ci, Shiraishi Miho et Yamada Yû (Nodame Cantabile toujours !!).

Yûki Kai est un étudiant en dernière année qui s’apprête à rentrer dans la vie active. Il démarche les grandes compagnies dans l’espoir de trouver un emploi stable de salaryman même si cela s’éloigne de son ambition de travailler à la réhabilitation de personnes handicapées. Alors qu’il revient d’un entretien d’embauche, il rencontre sur son campus une belle mais étrange violoniste, Hagio Sae, sourde et muette depuis quatre ans. S’engage alors une histoire d’amour et d’amitié difficile dans laquelle chacun va influencer la vie de l’autre. En toile de fond de cette histoire d’amour se dessinent les aventures de la Orange Society, la bande d’amis dont vont faire partie Kai et Sae et au sein de laquelle chacun essaie de préparer son futur à sa manière.
Source : Nautiljon

Orange Days est un drama assez déroutant par certains aspects. Ce qui m’a probablement le plus marquée au début c’est le fait que les acteurs ne surjouent pas. Presque aucun. Ça change de ce que l’on voit d’habitude dans les séries japonaises. Par conséquent, peut-être que rien que pour cette raison, il pourrait être conseillé si l’on veut commencer les j-dramas, cela permet une incursion tout en douceur. A propos de l’interprétation, elle est plus que correcte. Il n’y a pas de fausse note et pourtant cela aurait pu se dérouler ainsi. En effet, les personnages utilisent régulièrement le langage des signes ce qui fait que beaucoup se passe au niveau des gestes. Et ça marche à merveille, sans que personne n’en fasse des tonnes. D’ailleurs, Shibasaki Kou qui incarne l’héroïne est fantastique. Je ne connais pas du tout le langage des signes mais elle paraît le maîtriser à merveille alors qu’elle n’est ni sourde, ni muette. Bref, on ressent beaucoup de justesse de la part des acteurs et il est difficile de ne pas s’attacher à leurs personnages. Par ailleurs, même les plus secondaires ont une personnalité et une histoire travaillées. Il n’y en a pas que pour les deux héros, même si forcément ils sont davantage mis en avant car après tout, ce sont eux les héros.
Autre chose qui est assez différente par rapport aux autres j-dramas (pour ceux que j’ai regardés en tout cas), c’est qu’il y a des démonstrations d’affection. Voir des personnages s’embrasser dans série japonaise, mais vraiment hein, pas juste un petit bisou, c’est assez rare je crois. Avant Orange Days je ne l’avais jamais vu. Ce n’est donc pas la même chose ici, loin de là même et c’est chouette.

Les thèmes abordés sont ceux qui touchent les jeunes adultes qui sont à deux doigts d’entrer dans la vie active, tout du moins au Japon. Par exemple, beaucoup ont peur de devenir des salarymen, de ne faire que travailler puis boire plus que de raison par obligation envers l’entreprise et de ne rien faire de sa vie si ce n’est devenir un « vieux con » (dixit Shôhei). Forcément, en tant qu’Occidental, on se sent moins concerné par cela puisque nous, on ne le vit pas, mais on peut retrouver des points communs. Personnellement, appartenant à leur tranche d’âge, je n’ai eu aucun problème à m’identifier à eux et à leurs problèmes.
Les handicaps sont mis en avant, notamment la surdité. Cependant, plutôt que de sombrer dans le pathos ou dans des morales beaucoup trop présentes, Orange Days reste sobre, en partie grâce à Sae qui est une héroïne au fort caractère. Elle ne se laisse pas marcher sur les pieds et manque souvent de tact. Oui elle est sourde mais cela ne veut pas dire qu’elle doit se morfondre. Ceci dit, sa carapace qu’elle s’est forgée finit par se craqueler.
Étant quand même un drama sentimental, il y a les ressorts habituels du genre ce qui fait que l’on pourrait reprocher un petit manque d’originalité comme l’apparition d’un ou d’une rival(e), etc. Sauf que cela ne dérange pas du tout. L’histoire est tellement prenante que l’on ne s’y attarde guère.

Orange Days fut pour ma part une très belle découverte. Apparemment, la surdité est utilisée assez régulièrement dans les dramas mais une chose est sûre, c’est qu’ici, il n’y a pas de volonté de dramatisation. La série est d’ailleurs souvent drôle et extrêmement rafraîchissante. La musique a une part importante, sans être envahissante. En fait, la bande-son est très reposante. Il y a beaucoup de passages calmes, sans aucune musique si ce n’est les gazouillis des oiseaux et ça fait un bien fou. On se sent reposé en regardant Orange Days, limite envoûté par moment. Intense, émouvant, sympathique, juste, les qualifications peuvent être nombreux, le mieux est de regarder la série pour se forger sa propre opinion car elle le vaut bien.
Bonus : vidéo d’un chouette passage, sans spoiler, où l’on entend Shanghai Honey d’Orange Range.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=i0xnhnqYdyA