Don Quixote | ドン★キホーテ

Par , le 28 juillet 2012

Mon petit cœur de fangirl m’a annoncé en ce début d’été qu’il fallait aller passer du temps avec Matsuda Shôta donc vous pensez bien que je lui ai obéi. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, j’arrive au bout de l’exploration de sa filmographie (séries et films confondus, hum) donc je n’ai plus beaucoup de choix. Puisque Tsuki no Koibito me motive toujours aussi peu et quand bien même je sais que je m’y mettrai un jour, j’ai préféré opter pour Don Quixote. Composée de onze épisodes dont le premier possède quinze minutes de plus que les quarante-cinq habituelles, la série fut diffusée entre juillet et septembre 2011 sur NTV. Du côté des scénaristes, on retrouve Oishi Tetsuya (Meitantei no Okite) mais aussi Nemoto Nonji (Yume wo Kanaeru Zô). À la réalisation, Nakajima Satoru (Kaibutsu-kun) prouve encore une fois qu’il sait parfaitement maîtriser l’utilisation des couleurs. Aucun spoiler.

Shirota Masataka est un jeune homme réservé et pleutre ayant de grosses difficultés à s’affirmer. Malgré sa nature, il travaille dans un centre de protection de l’enfance et doit perpétuellement composer avec ceux qui sont parfois laissés sur le bord de la route mais aussi avec leur entourage incertain. Un jour, alors qu’il tente d’entrer en contact avec la famille d’un enfant dont il s’occupe, il se retrouve propulsé dans le corps de Sabashima Jin, un yakuza assez brut parlant toujours très fort et réfléchissant après avoir foncé dans le tas. Si tant est qu’il se mette à réfléchir d’ailleurs. Quoi qu’il en soit, les deux ont à peine le temps de comprendre ce qui leur arrive qu’ils se mettent d’accord de ne parler à personne de cette situation irréelle et de continuer la vie de l’autre, en attendant que la situation se rétablisse d’elle-même.

   

Pour une raison obscure, et alors que j’avais déjà noté la série sur mon calepin virtuel, j’étais persuadée qu’elle était assez médiocre. J’adore lorsque je peux ranger au placard mes avis préfabriqués. Déjà, au départ je ne savais pas que le scénariste de Meitantei no Okite était de la partie mais plus j’avançais dans le premier épisode et plus j’étais sûre d’y retrouver sa touche. Bingo ! Et savoir que Nemoto Nonji était dans le coup ne m’a pas surprise plus que ça tant l’humour qu’il a injecté dans Yume wo Kanaeru Zô transparaît de la même manière ici. Histoire de ne pas faire durer ce faux suspense, je peux immédiatement écrire que j’ai beaucoup apprécié ce Don Quixote imparfait.

Don Quixote c’est évidemment le titre original du fameux Don Quichotte, le héros de Michel de Cervantes que tout le monde connaît au moins de nom. D’ailleurs, les obsédés de Farscape comme moi pensent peut-être systématiquement à John Quixote dès qu’il est question de ce roman. Accompagné de son fidèle ami assez stupide, Sancho Panza, Don Quixote parcourt l’Espagne tout en se prenant pour un chevalier dont la destinée est d’aider les opprimés. Idéaliste convaincu, il ne peut être raisonné lorsqu’il a une idée en tête. Le j-drama n’est pas réellement une énième adaptation de cette œuvre satirique car il utilise uniquement quelques éléments tout en y multipliant les clins d’œil. Le plus flagrant est la pièce de théâtre vue dans l’épisode 10 mais il y a aussi l’éolienne remplaçant le fameux moulin à vent -l’ennemi de Don Quixote-, le joli générique en dessin, les analogies entre Shirota / Sabashima et Sancho Panza / Don Quixote ou bien évidemment, le fait que Sachiko, une des jeunes du centre, soit une grande admiratrice de cette histoire espagnole. Et finalement, qui est Don Quixote ? Sabashima ou Shirota ? Plutôt les deux, non ? La dimension socio-critique n’est pas franchement présente mais la tonalité absurde, si. En tout état de cause, il ne faut pas commencer Don Quixote en imaginant y voir une peinture sociologique du Japon actuel car c’est tout simplement un divertissement totalement assumé et prônant la bonne humeur. Malgré tout, la série utilise son héritage hispanique sous différents angles. La bande-originale composée par Kaneko Takahiro (Zeni Geba) comporte par exemple de nombreuses sonorités espagnoles et se montre extrêmement rafraîchissante voire dépaysante. De même, Sabashima et sa femme sont de grands amateurs de flamenco (?) et ne se lassent pas de répéter les mêmes pas de danse à coups de « Anata ! Ayumi ! ». Et cerise sur le gâteau, à chaque début d’épisode, lorsqu’il y a un rappel de la situation, la voix-off est en… espagnol ! Outre cette approche très latine du côté de la forme, le fond tend tout de même à distiller un certain climat propre au supposé chevalier car Sabashima, dans le corps de Shirota, a tout du héros fier, idéaliste, irraisonné et adorant se proclamer comme sauveur des plus faibles, en occurrence ici les enfants maltraités ou dans des situations peu enviables. Comme quoi, mine de rien la série réussit à insuffler un petit souffle du récit de de Cervantes bien que cela demeure relativement superficiel.

Lorsque la série débute, Shirota Masataka est donc un jeune employé d’un centre de protection de l’enfance. Toujours tiré à quatre épingles et cultivant un look de premier de la classe, il suit à la lettre ce que lui dictent ses ouvrages sur le sujet et évite les difficultés autant que possible. Il aime son travail, là n’est pas le problème. Il est juste beaucoup trop froussard et ne peut s’empêcher d’éviter les conflits. Par conséquent, sa manière d’exercer laisse à désirer. Du fait de sa personnalité, il n’a pas de vie sociale et son meilleur ami, Alex, est un gecko. Tout à l’opposé de lui vit un yakuza, Sabashima Jin, cultivant jour après jour son caractère entier, s’exprimant à coup de « bang pow thwak » et pensant surtout à taper avant de réfléchir. Alors que les deux hommes se trouvent dans le même immeuble mais à des étages différents, leur esprit sont inversés et voilà que Shirota intègre le corps d’un boss de la mafia japonaise et Sabashima celui d’un grand gringalet essayant d’aider les enfants. Don Quixote opte pour la solution de ne pas expliquer le comment et le pourquoi de cette transmutation. Tout ce que l’on sait c’est que des nuages d’où transpirent des rires d’enfants les surplombent et voilà, c’est fait. On pourrait lui reprocher de céder à la facilité mais à vrai dire, le but du j-drama n’est en aucun cas de proposer de multiples théories à ce sujet. C’est comme ça, c’est tout, et honnêtement, on s’en fiche royalement. L’angle d’approche de Don Quixote n’est donc en aucun cas le fantastique mais la comédie de situation où deux personnes n’ayant rien en commun finissent par interagir, évoluer, et réaliser qu’elles ont tout pour tirer parti l’une de l’autre. Les clichés sont là pour profiter au maximum du potentiel comique.

Durant tous les épisodes, Shirota et Sabashima existent donc dans le corps de l’autre et suite à un accord mutuel, décident de ne dire à personne ce qu’il se passe et de mener leur vie supposée. Tout est bon pour jouer avec les contrastes et pousser quelque peu à la caricature car évidemment, Sabashima est un rustre roulant les R, parlant n’importe comment et n’hésitant pas à hausser la voix ou à vouloir casser la figure à quiconque se mettant en travers de son chemin. Petit hic, il est désormais maigrichon et ne peut plus boire une bière sans tomber dans un sommeil léthargique. De l’autre côté, Shirota doit faire face à des gangs rivaux armés jusqu’aux dents, mener ses propres fidèles et composer avec sa « femme » tout en essayant de devenir le chef des chefs. Inévitablement, on se doute que Shirota va être amené à gagner de l’assurance en lui, à ne plus se laisser marcher sur les pieds à et devenir plus viril tandis que Sabashima lui, devrait se montrer plus posé et un peu plus réfléchi. Tout ça, nous le savons très bien dès le départ, Don Quixote ne sort pas des sentiers battus à ce niveau-là et n’est pas du tout prétentieuse car elle sait exactement dans quelle registre elle se situe. De cette manière, grâce à cette humilité la série devient extrêmement agréable car elle possède un ton très léger et un humour quasi absurde. Le postulat de base est déjà assez idiot au demeurant et l’image que l’on a des personnages est dans cette veine. La crédibilité n’est clairement pas maîtresse des lieux dans ce j-drama. Il ne se passe pas un épisode sans que l’on ne sourie voire que l’on n’éclate pas de rire face à ces multiples situations abracadabrantes. Plus haut il était question de Meitantei no Okite et ce n’est pas un hasard car outre la présence de Matsuda Shôta, on y retrouve une certaine similarité au niveau de l’ambiance décalée.

S’il est clair que le duo est au centre de tous propos, c’est bel et bien Matsuda Shôta qui tire la couverture sur lui. Je tiens à préciser qu’il est sans mon conteste mon acteur japonais favori mais j’espère toutefois être un minimum objective en disant qu’il y est absolument génial. Avec Meitantei no Okite il avait justement montré qu’il maîtrisait à merveille le registre humoristique et il est ici dans le même ton, jouant habilement la différence de caractère des deux personnages qu’il interprète, à savoir Shirota et Sabashima dans le corps de Shirota. Il faut vraiment le voir avec ces costumes de yakuza ou encore sa manière de jouer les gros durs. Oui bon, ça va, je sais rester neutre. Bref, c’était la première fois qu’il avait le premier rôle dans une série de la golden hour. Cela dit, s’il est omniprésent, son double incarné par un Takahashi Katsumi (Sekai no Chûshin de, Ai wo Sakebu, Nobuta wo Produce) tout aussi chouette n’est pas en reste. Lui aussi est extra en tant que jeune homme froussard propulsé au milieu des yakuzas. Une chose est sûre, c’est que cette dynamique est sincèrement attachante et l’amitié qui finit par se lier entre eux est certes prévisible mais rudement bien écrite et sympathique. Au contact de l’autre, ils finissent par se comprendre et s’entraider.

À côté de ces deux figures principales, Don Quixote n’oublie pas les personnages secondaires et fait très fort pour certains. Les employés du centre de protection de l’enfance sont plutôt agréables même si peu sont réellement développés. Ils sont surtout là pour taquiner et remettre Shirota (enfin Sabashima, vous avez compris ?) dans le droit chemin. Mention spéciale au fameux Nishi-yan, joué par Miyake Hiroko (le policier de Kaibutsu-kun) qui adore Shirota!Sabashima malgré ses dires. Mineko (Kobayashi Satomi), celle qui s’occupe du centre, est également attachante, elle qui pense avant tout aux enfants et qui accepte les frasques de sa jeune recrue changeant de personnalité du tout au tout. Elle veille depuis de nombreuses années sur Sachiko incarnée par Narumi Riko (Hachimitsu to Clover, BOSS 2, Ichi Rittoru no Namida). Cette jeune fille est ici une sorte de narrateur et c’est elle qui met en avant le parallèle avec le livre de Don Quixote. Elle file au départ du mauvais coton et souffre d’abandon. À vrai dire, c’est surtout elle qui fait le lien entre Shirota!Sabashima et les enfants se trouvant au centre. Parce que oui, le yakuza se trouve donc dans le corps du travailleur social et tente de faire son travail. Ses méthodes tranchent totalement avec les habituelles mais elles réussissent souvent à avoir l’effet obtenu tant le personnage agit comme un électrochoc. Si les premiers épisodes tendent à montrer à chaque fois le cas d’un enfant en difficulté, la suite se sépare de ce côté plus schématique. L’accent n’est de toute manière pas mis sur le pathos ou sur la nécessité de sauver ces petits enfants. La série a le mérite de traiter de sujets difficiles comme la violence infantile, l’alcoolisation des parents, le phénomène de hikikomori ou de manière plus terre-à-terre du veuvage qui amène un père à se retrouver seul à élever sa fille. Au Japon, les pères célibataires n’ont effectivement le droit à aucune aide (c’est fou !). Plutôt que de sombrer dans le misérabilisme ou les bons sentiments, Don Quixote opte toujours pour une tonalité légère. Il en ressort une naïveté bienheureuse qui n’irrite pas du tout mais qui au contraire, transmet sa joie et sa bonne humeur. En revanche, les enfants sont généralement très mal joués mais on se plaît à ne pas trop leur en vouloir car ils sont peu présents et ne sont justement que des enfants. Comme toujours, ces situations permettent aussi de voir quelques guest stars comme Ishigaki Yûma (Hanazakari no Kimitachi e, H2, Water Boys, Gokusen), Iwasa Mayuko (TROUBLEMAN, Hanazakari no Kimitachi e) ou Kashiwabara Shûji (Yume wo Kanaeru Zô, Yasha, Guilty). Dans le même registre, les yakuzas sont aussi plutôt drôles et absolument pas réalistes pour un sou. Rappelons-le, le but est d’amuser.

Pour en revenir aux personnages secondaires, il est important de parler de ceux du mondes des yakuzas. Shibashima gère donc son petit trafic dans son coin et a sa propre famille, au sens yakuza du terme. Il peut compter sur sa femme, Ayumi, jouée par la pétillante Uchida Yuki (Big Wing, Hana Yori Dango 1995) qui est toujours un vrai régal à voir à l’écran. Forte et sincèrement amoureuse de son mari, Ayumi sait se montrer indomptable quand il le faut. Les deux mini yakuzas en herbe sont mignons comme tout à se la jouer grosses brutes. Mais celui qui est fantastique n’est autre que Hyôdo, incarné par le toujours aussi génial Matsushige Yutaka (Bloody Monday, Clone Baby, Natsu no Koi wa Nijiiro ni Kagayaku). Ah, quelle prestance et quel charisme ! Il peut faire peur comme faire mourir de rire en deux secondes. Il ne lésine pas à nous proposer des faciès inimitables dont il a le secret. Non vraiment, il a certes un rôle secondaire mais il crève l’écran dès qu’il apparaît. C’est incroyable que cet acteur n’ait pas davantage la cote. C’est même honteux !

Enfin, outre la bande-son hispanisante et une jolie chanson de fin, BEAUTIFUL DAYS de SPYAIR, Don Quixote soigne sa forme par sa réalisation. Il y a un joli travail derrière la caméra afin de proposer des plans et cadrages assez originaux pour la télévision japonaise. La photographie subit également un traitement particulier et la série n’hésite pas à baigner ses personnages dans une lumière souvent irradiante et dans des couleurs très chaudes. Associée à l’humour un tant soit peu absurde, au ton décalé et aux thématiques traitées avec légèreté, l’atmosphère gagne immédiatement en bonne humeur.

En définitive, Don Quixote est une jolie série assez naïve utilisant quelques éléments de l’œuvre de Michel de Cervantes afin de proposer un angle d’approche légèrement original quant à la thématique du changement de corps. Si le renzoku demeure assez classique et propre sous tous rapports, il se montre presque absurde, enjoué, attendrissant, extrêmement drôle et met immédiatement de bonne humeur. Bien que les clichés soient régulièrement présents, ils sont surtout là pour accentuer un certain comique de situation et ne se révèlent en aucun cas fastidieux. Il en va de même concernant les cas des enfants maltraités qui ne sont pas traités avec lourdeur ou misérabilisme. Avec une forme particulièrement soignée, ce j-drama met dès lors en avant deux hommes qui n’auraient jamais dû se rencontrer mais qui, associés, forment un duo atypique et diablement attachant, notamment grâce à l’interprétation enlevée de leurs interprètes. En d’autres termes, Don Quixote est un petit concentré d’énergie plus que plaisant à suivre qui devrait plaire aux amateurs de ce genre de divertissement.

Braquo (saison 2)

Par , le 25 juillet 2012

Cela fait presque vingt-quatre mois que l’on parlait sur ces pages de Braquo, la série française. À l’époque j’écrivais justement que j’espérais ne pas devoir attendre deux ans avant de pouvoir regarder la suite. Eh bien, il aura fallu patienter. C’est quand même assez fou de voir de tels délais entre deux saisons en France, quand bien même d’autres éléments entrent parfois en compte. Après des premiers pas en 2009, une deuxième saison, de huit épisodes toujours, est arrivée sur Canal+ entre novembre et décembre 2011. Contrairement à la précédente, Olivier Marchal s’est détaché de la production et c’est Abdel Raouf Dafri (La Commune) qui s’est occupé du scénario. Une troisième salve est déjà en cours de préparation. Aucun spoiler.

Le premier épisode de cette continuation reprend immédiatement là où la caméra s’était éteinte. Autrement dit, Eddy Caplan, Théo Vachewski, Walter Morlighem et Roxane Delgado sont poursuivis par l’IGS qui finit par les capturer. Le début est si mauvais, sans aucune crédibilité et mal joué que l’on se demande s’il ne s’agit pas du rêve d’un des héros. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce départ impose d’emblée le ton. S’en suivent sans surprise la rétrogradation, la radiation et la mise au placard de la totalité de cette équipe de bras cassés. Puisque l’on se doute que l’ensemble ne se déroulera pas chez les pompistes ou en prison, ce n’est pas dévoiler l’intrigue que de révéler qu’en effet, les personnages retrouvent rapidement leur statut, ou tout du moins, un semblant de statut. Le commandant Marceau, toujours incarné par Samuel Le Bihan, charge Caplan de déjouer un gang ayant abattu plusieurs civils en pleine journée. Il doit alors réussir à l’infiltrer afin de le stopper. Pour cela, il a la possibilité de travailler main dans la main avec ses anciens collègues si ce  n’est que tout cela se fait sous les radars. Personne à part Marceau et un grand ponte de cet acabit n’est au courant de la situation ; de toute manière, tous ne voient en Caplan et son équipe qu’une bande de pourris bons à jeter au fond du trou.

Il faut attendre un certain temps avant de comprendre où la saison veut en venir parce qu’au départ, on n’assiste qu’à des fusillades toutes les minutes et l’on n’entend qu’un langage fleuri entre deux tirs de coups de feu. N’oublions évidemment pas non plus les cigarettes fumées les unes à la suite des autres. Pas de quoi passionner, donc. Une fois le cadre posé, la série réussit alors à s’affirmer sans pour autant en devenir maîtrisée. Le principal fil rouge est le gang que Caplan doit mettre à jour. Si l’on croit qu’il ne s’agit que d’un groupuscule aux idéaux radicaux ayant volé une cargaison de lingots d’or, Braquo choisit cette fois de brouiller les frontières et de jouer la corde de la multidimensionnalité. En somme, cela est très bien, car éviter le manichéisme est toujours préférable. Les criminels sont d’anciens militaires ayant été abandonnés par l’armée française au cours d’une mission en Angola. Ils y ont vécu des choses qui ne laissent pas indemne et sont bien décidés à faire payer le prix fort aux meneurs ayant orchestré cette affaire datant d’il y a plusieurs années. Parmi ce gang et ceux qui y sont liés, on y trouve des personnages campés par Sophie Broustal, François Levantal ou encore par Hubert Koundé qui ressemble étrangement à Djimon Hounsou. L’interprétation est assez fluctuante, mais au lieu de remettre en compte les qualités des acteurs, il paraît sûrement plus judicieux de reprocher leur direction et les dialogues. Quoi qu’il en soit, techniquement le sujet est par conséquent assez intéressant, mais ce qui dessert la saison est qu’elle sombre dans la caricature. En y injectant cette histoire de groupe de mercenaires prêts à se venger, le scénario y mêle inévitablement une intrigue politique vraiment très faible et manquant de subtilité. On ne peut nier l’effort et cela se veut vraiment agréable, d’autant plus qu’il y a une volonté d’épaissir l’ensemble avec la mafia juive, mais tout le récit flirte parfois avec le grand-guignolesque, surtout lorsque des armes futuristes – et n’ayant donc vraiment plus rien à voir avec la première année – surgissent de nulle part. Le rythme est là, c’est évident, puisque l’ennui est absent au cours de ces huit nouveaux épisodes, mais une curieuse impression que l’identité de Braquo s’est perdue en cours de route s’installe. L’aspect spectaculaire est indubitable si ce n’est qu’il n’est pas suffisant pour permettre de tempérer les situations poussives.

Outre le scénario frisant le ridicule, le plus gros reproche de cette saison est peut-être la disparition de l’atmosphère lourde et pessimiste. Non, elle ne s’est pas légèrement atténuée – ce qui n’aurait pas été un mal –, elle n’est seulement plus du tout présente. Caplan se trouve désormais au centre de tout et quand bien même Jean-Hugues Anglade effectue un travail difficilement critiquable, les autres principales figures devraient avoir le droit d’exister. Roxane ou Walter ne servent strictement à rien et Théo finit par vraiment irriter à passer son temps à hurler, à cracher des vulgarités ou à se défoncer à la cocaïne. Ce n’est certainement pas maintenant que l’on appréciera ces moutons noirs. L’écriture des personnages laisse vraiment à désirer au fur et à mesure de l’avancement de l’histoire. Il en va de même pour les plus secondaires comme Vogel qui devient plus que caricatural. D’ailleurs, son intrigue semble totalement hors propos tout au long du chemin et il faut attendre le dernier épisode avant de comprendre où il souhaite en venir. Nous sommes d’accord, ce sera probablement lui le fil rouge de la future troisième saison, mais il aurait été judicieux de relier toute cette partie avec ce que Caplan et les autres vivent. Ne parlons pas non plus de Lemoine qui disposait jadis d’une prestance et d’un charisme magnétique, et qui est écarté ici en deux-trois mouvements. Quel dommage. L’ensemble opère des choix hautement discutables et, malheureusement, le résultat est loin d’être à la hauteur de nos espérances.

En définitive, cette deuxième année de Braquo se révèle très nettement inférieure à la précédente. En 2009, on pouvait y voir une série dure, amère et certes imparfaite, mais avec une véritable âme ; avec ces récits inédits, tout ce qui faisait son sel a disparu. Le pessimisme ambiant n’est plus là et les personnages principaux sont quasiment tous laissés sur le bord de la route. Le scénario comporte en plus beaucoup trop de parasites et cumule les maladresses, outre les rebondissements abracadabrants et non crédibles. Pour autant, malgré tous ses écueils, la saison se regarde sans difficulté, car elle ne manque pas de rythme, possède une réalisation efficace et un sens du spectacle assumé. Difficile d’être par contre pleinement enchanté pour la suite, mais le dernier épisode a la bonne idée de remettre le cadre à plat donc il ne reste plus qu’à espérer que les prochaines aventures sauront tirer parti de ces erreurs.

Spring Story | スプリング・ストーリー

Par , le 22 juillet 2012

Comme vous avez pu le voir, dernièrement j’étais surtout plongée dans les vieux renzoku pour diverses raisons. Avant de revenir à des plus actuels, j’ai eu envie de regarder un tanpatsu assez ancien d’autant plus que j’en ai un certain nombre en stock. C’est ainsi que mon choix s’est porté sur Spring Story. Je dois quand même avouer qu’il ne me tentait que très moyennement. Les informations concernant ce tanpatsu sont assez contradictoires et il est difficile de savoir s’il date de 2003 ou de 2004. Il semble qu’il ait été diffusé sur NHK. Quoi qu’il en soit, il ne comporte qu’un seul épisode de 60 minutes. Aucun spoiler.

À Kagoshima, sur Kyûshû, Araki Kei et Kawase Akane sont amoureux l’un de l’autre mais ne savent pas de quelle manière s’avouer leurs sentiments. Ils se disputent continuellement et laissent alors passer leur chance que de faire le premier pas. Les années passent, ils quittent le lycée et se rencontrent parfois au détour d’une rue avant de finir par se déchirer pour se recroiser encore. Vont-ils un jour oser ouvrir leur cœur ?

 

À première vue, difficile d’être franchement emballé par cette histoire assez convenue mais comme souvent dans ce genre de situation, ce sont les personnages ou la manière de raconter cette romance qui peuvent rendre l’ensemble globalement sympathique. Malheureusement, ce n’est pas du tout le cas ici tant il n’y a presque rien de potable. L’écriture du scénario est probablement la première à blâmer car elle manque cruellement de consistance. En soixante minutes, il s’écoule au moins cinq ans. Certes, cela pourrait ne pas être dérangeant si ce n’est que l’on a ici l’impression que personne ne vieillit et qu’il ne s’agit que d’une succession de plans sans réel liant. Les dialogues sont creux et la réalisation peu enthousiasmante. Il ne suffit pas de proposer quelques séquences musicales pour rendre le tout original, surtout lorsqu’il ne s’agit que de flashbacks dans un épisode aussi court.

L’autre point négatif est le supposé couple. Ils s’aiment, nous l’avons compris, mais ils ne se le disent pas. On a déjà vu ce genre de problématique, on peut la comprendre sur certains points mais là, les héros ne font vraiment aucun effort. Lorsque l’un d’entre eux essaye de faire le premier pas, l’autre ne lui laisse même pas la possibilité d’en placer une. On ne ressent aucune alchimie et aucun intérêt pour ces deux jeunes adultes. On peut reprocher leur caractérisation qui n’a aucun développement mais également l’interprétation de leurs acteurs. Si Oguri Shun portant les traits de Kei, l’apprenti basketteur, est meilleur que Nishihara Aki qui est ici mauvaise au possible, il est quand même loin d’être bon. Pour la petite anecdote, les deux se sont ensuite retrouvés dans Hana Yori Dango. Bref, il ne ressort vraiment rien de ce duo supposé inspirer des soupirs de frustration parce qu’ils sont soi-disant faits l’un pour l’autre alors qu’ils passent leur temps à se disputer. On pousse surtout des soupirs parce que l’on trouve ça barbant et vraiment mal fichu. Heureusement, les chansons de Sacra que l’on entend sont sympathiques et Tanaka Kei (Byakuyakô, Taiyô no Uta, Water Boys) incarne, le seul personnage attachant. Il est Ryû, le meilleur ami de Kei qui en pince pour Akane alors qu’il sait qu’il n’a aucune chance.

En définitive, Spring Story est un tanpatsu à jeter au fond des tiroirs et à ne jamais sortir. Quand bien même on apprécie Oguri Shun, cela ne sert à rien de le regarder car ce n’est pas là qu’il prouve qu’il a du talent. Bien au contraire. Cet épisode se révèle donc insipide, mal écrit, très mal monté, et d’une fadeur à faire peur.