Hana Yori Dango (1995) | 花より男子 (1995) (film)

Par , le 24 mars 2012

Aujourd’hui je fais une petite entorse à la ligne éditoriale de Luminophore. Il n’est jamais ici question de films sauf s’ils sont la suite (ou le début) d’une série télévisée. J’aurais pu par exemple écrire un jour un billet sur les films de Sekai no Chuushin de, Ai wo Sakebu, de Taiyou no Uta ou d’Ichi Rittoru no Namida. Ayant dernièrement regardé Hana Yori Dango, la toute première version, je ne résiste pas à l’envie de vous en parler ici bien que cela sorte donc un peu du cadre de ce blog. Rappelez-vous, à l’origine il y a le shôjo manga de Kamio Yôkô écrit entre 1992 et 2003 et s’étalant sur 37 tomes. Comme il y a de quoi s’emmêler les pinceaux, faisons un petit récapitulatif des adaptations télévisées :

  • au Japon ~ Hana Yori Dango : deux saisons, une de neuf épisodes en 2005 et une de onze épisodes en 2007 + un film, Hana Yori Dango Final, en 2009
  • à Taïwan ~ Meteor Garden (Liu Xing Hua Yuan) : deux saisons, une de 20 épisodes en 2001 et une autre de 31 épisodes en 2002
  • en Corée du Sud ~ Boys Over Flowers (Kkotboda Namja) : une série de 25 épisodes en 2009
  • en Chine ~ Meteor Shower (Liu Xing Yu) : deux saisons, une de 36 épisodes en 2009 et une de 36 épisodes en 2010

À cela s’ajoutent les animes et la première version japonaise avec de vrais acteurs, le film de 1995. C’est de lui dont nous allons parler aujourd’hui. Il n’a rien à voir avec le j-drama. C’est pour cela que normalement je ne devrais pas en parler mais bon, les règles sont toujours faites pour être brisées. Intitulé Hana Yori Dango, il est sorti en salles le 19 août 1995 et dure 78 minutes. Comme vous pouvez vous en rendre compte, il a donc été réalisé bien avant la fin du manga. Aucun spoiler.

L’histoire de Hana Yori Dango est suffisamment connue pour ne pas s’y attarder trop longuement. Makino Tsukushi est une lycéenne étudiant dans un établissement huppé parmi des jeunes de la haute société japonaise. Là-bas, un groupe de quatre garçons fait la loi. Imbus d’eux-mêmes, orgueilleux et superficiels, ils sont dirigés par Dômyôji Tsukasa, le plus riche et le plus arrogant d’entre eux. Makino a la mauvaise idée de se le mettre à dos et les ennuis ne font alors que commencer. Le film date de 1995 et ça se sent. Si certains d’entre vous trouvent la série japonaise kitsch, ce n’est rien par rapport à ce long-métrage. Mais alors rien du tout ! Il est fondamentalement impossible de prendre ce film au sérieux tant il est surjoué à l’extrême, caricatural et que les personnages semblent tout droit sortis des années 1990. Ah mais oui, c’est le cas en plus. Les looks sont abominables mais hilarants. Imaginez Dômyôji avec un gilet sans manches rouge et noir brillant et un pantalon en cuir. Oh non, mieux ! Imaginez -le maintenant en mini slip de bain ! C’est bon, l’image s’est bien incrustée dans votre rétine ? Oui, il y a du lourd là-dedans. Hana Yori Dango c’est donc ça et bien, bien plus encore.

En raison du rythme effréné, l’histoire avance très vite et on n’a pas le temps de s’ennuyer malgré l’absence de profondeur des intrigues et des protagonistes. Il paraît assez difficile de concevoir que l’on puisse réellement apprécier ce film à l’heure actuelle si l’on ne connaît pas un minimum l’univers et plus particulièrement le j-drama. Ce qui est surtout amusant est de faire la comparaison et de reconnaître des acteurs désormais connus mais bien plus jeunes. Dômyôji est ici joué par Tanihara Shôsuke (Magerarenai Onna, Tempest, Love Shuffle) et c’est un si ce n’est son premier rôle en tant qu’acteur. Il en est de même pour Fujiki Naohito (Koukou Kyoushi 2003, Shiawase ni Narou yo, Ichi Rittoru no Namida) incarnant Hanazawa Rui. Les deux personnages masculins sont loin d’être développés donc on ne peut pas dire qu’ils soient particulièrement attachants. Leurs principales caractéristiques sont toutefois bien mises en avant comme les difficultés langagières de Dômyôji ou la solitude de Rui et son amour sans retour pour Shizuka. Quid de Tsukushi ? Elle porte ici les traits de la jolie et pétillante Uchida Yuki (Innocent Love) à qui le rôle va comme un gant. D’ailleurs, le jeu d’Inoue Mao est assez proche de celui de sa prédécesseur. Les autres membres du F4 ou les personnes gravitant autour de tout ce joli monde ne sont pas exploités une seule seconde. En bref, le scénario est creux et de toute manière, en un tout petit peu plus d’une heure il n’est pas possible d’être aussi exhaustif que dans les versions télévisées. Rappelons aussi qu’au moment de la sortie du film le manga était loin d’être avancé.

Il ne faut clairement pas débuter Hana Yori Dango par ce film qui donne juste envie de fuir. Terminez plutôt votre longue aventure par celui-ci et prenez-le comme une sorte de bonus parodique qui ne se prend pas une seule seconde au sérieux. Oui, il vaut mieux partir dans ce genre d’état d’esprit sinon le choc risque d’être important. La réalisation, les vêtements, la musique et le jeu des acteurs sont tellement marqués par les années 1990 que l’on a mal aux yeux. Cependant, il en ressort un certain amusement tant les situations et les personnages manquent de crédibilité. On se met alors à penser que heureusement, en quelques années il y a eu de l’amélioration et que cette histoire a fini par être à l’origine de séries un peu moins honteuses !

Friends with Benefits (série complète)

Par , le 21 mars 2012

Oh, une sitcom sur Luminophore. C’est rare ça. Oui des fois je ne sais pas trop ce qui me prend et j’ai envie d’essayer des séries qui ne m’attirent pas des masses à la base. En l’occurrence ici, je me suis dit que vu que celle dont nous allons parler était déjà annulée et qu’il y avait un acteur que j’aime beaucoup, ce serait l’occasion de changer un peu de mes habitudes. C’est donc ainsi qu’en janvier dernier j’ai testé Friends with Benefits. Attention, il n’est pas du tout question du film de 2011 avec Justin Timberlake et Mila Kunis. Friends with Benefits ne comporte qu’une seule saison de treize épisodes d’une vingtaine de minutes. Elle fut diffusée entre août et septembre 2011 sur NBC. À vrai dire, le dernier épisode n’est même pas passé sur la chaîne, il est uniquement disponible sur quelques plateformes de téléchargement légal. Avant même que la série n’arrive à l’antenne, il fut décidé qu’il n’y aurait pas de suite. La chaîne a repoussé, repoussé et encore repoussé la diffusion à tel point que l’on se demandait si elle passerait par notre petit écran un de ces jours. Cette attitude très frileuse était-elle méritée ? Aucun spoiler.

Friends with Benefits raconte les aventures d’un groupe d’amis vivant à Chicago. Tous célibataires, ils n’ont pourtant pas les mêmes aspirations amoureuses et essayent non sans mal de trouver ce qu’ils recherchent. En attendant, certains d’entre eux décident de se faire plaisir par des moyens assez peu usuels. Le concept de sex friends est à l’heure actuelle loin d’être original tant on doit le supporter un peu partout. Ce n’est certainement pas ici que l’on retrouvera de l’originalité. Deux des personnages poussent effectivement les limites de leur amitié jusqu’à leur lit et comme on peut s’en douter, ils sont certainement faits l’un pour l’autre. Le but de la série était probablement de les amener jusqu’à cette prise de conscience. Le douzième épisode y travaille d’ailleurs un petit peu mais tout est remis à zéro lors du dernier, le résultat est par conséquent très bizarre à ce niveau. De ce côté-là, rien de nouveau donc. La thématique de friends with benefits n’est pas particulièrement mise en avant ni exploitée. Et il en de même pour les sentiments qui ne sont pas développés une seule seconde.

Là où Friends with Benefits est parfois douloureuse à regarder est qu’en plus d’être superficielle, elle est aussi insipide. Ses épisodes se suivent et se ressemblent tous. On voit les protagonistes courir après l’amour ou le sexe, ne pas réussir, se plaindre et puis… bah, c’est tout. Certes, cela pourrait évidemment ne pas être dérangeant si d’autres éléments venaient contrebalancer la tiédeur des intrigues mais même pas. Qui dit sitcom dit normalement humour, ou tout en cas des situations assez drôles. Ici, non. On ne peut pas dire que les supposées blagues soient réussies. Pire, elles sont parfois lourdes et très limites. L’ambiance est du même genre, c’est-à-dire, morne. Encore une fois, on pourrait espérer que la lueur vienne d’autre chose, à savoir les personnages ! Eh bien, non, là aussi c’est raté. C’est peut-être ça le plus désagréable. Ils ne sont pas attachants. Au contraire, ils sont par moment irritants voire consternants. À la rigueur, seul Fitz, le pote passe-partout super relax est potable. Ils sont tous des stéréotypes en puissance et semblent entrer dans le cahier des charges pile poil comme il faut. Ce n’est pas la sympathie que l’on peut ressentir pour certains acteurs comme Ryan Hansen (Veronica Mars, Party Down) et la pétillante Danneel Harris (la femme de Jensen Ackles, oui), qui va changer quoi que ce soit, malheureusement. Jessica Lucas (Life as we know it) est ici assez mauvaise sinon ce qui, comme on peut s’en douter, n’aide pas. Aaron est sûrement le plus antipathique d’entre eux tant on se fiche royalement de ce qu’il se passe dans sa vie de riche. À l’origine il devait être joué par Fran Kranz (Dollhouse), ce qui n’aurait pas été plus mal. En fait, si ces personnes sont ensemble, il est difficile de savoir pourquoi elles sont amies. On ne ressent pas vraiment d’alchimie entre elles et on ne comprend pas les raisons qui les poussent à se réunir. Côté guests, il y a du joli monde de Greek comme Scott Michael Foster, Amber Stevens mais aussi Johanna Braddy. Autrement on retrouve Kaylee DeFer (Gossip Girl), Camille Guaty (Prison Break), Travis Schuldt (Scrubs), Paula Marshall (Californication), Rebecca Mader (Lost) ou encore Pete Wentz (du groupe Fall Out Boy).

Diffusée en catimini durant l’été, Friends with Benefits a eu le traitement qu’elle méritait. En dépit de son titre et de son envie d’utiliser le concept désormais éculé de sex friends, elle n’en tire jamais réellement parti. Pour être honnête, on peut se poser la question qui est de savoir ce que les scénaristes ont voulu inspirer. Est-ce une comédie romantique ? Non, elle n’est pas assez drôle pour ça et les sentiments amoureux ne sont jamais effleurés. Ce n’est pas non plus une comédie, c’est juste une succession de scènes laborieuses fades et sans intérêt. La série se laisse regarder mais elle donne toutefois la désagréable impression de perdre son temps.

Jûnen Saki mo Kimi ni Koishite | 10年先も君に恋して

Par , le 18 mars 2012

C’est totalement par hasard qu’en début d’année je suis tombée sur Jûnen Saki mo Kimi ni Koishite. Jusque là je n’en avais jamais entendu parler et donc, je ne l’avais même pas sélectionné au cours de l’été 2010. C’est en voyant sa distribution ainsi que son équipe créative que j’ai eu envie de le tester. Derrière ce titre à rallonge se cache un renzoku de six épisodes de 45 minutés diffusés entre août et octobre 2010 sur NHK. Jûnen Saki mo Kimi ni Koishite signifie approximativement je t’aimerai toujours dans dix ans. Sa scénariste n’est autre qu’Ômori Mika, celle à l’origine de Long Love Letter, Buzzer Beat, Natsu no Koi wa Nijiiro ni Kagayaku, My Boss, My Hero, etc. Aucun spoiler.

Onozawa Rika est une jeune éditrice de 26 ans espérant trouver le grand amour. Malheureusement pour elle, toutes ses tentatives se révèlent infructueuses. Un jour, elle remarque qu’un homme au comportement étrange l’épie sans cesse. Caché derrière des lunettes de soleil et un imper, il semble être un harceleur. Alors qu’elle décide de l’aborder pour lui dire de ficher le camp, celui-ci lui avoue qu’en fait, il est son futur mari. Il vient de dix ans dans le futur et souhaite qu’elle ne se marie jamais avec l’homme qu’elle va rencontrer d’ici peu de temps, à savoir son lui plus jeune de dix ans !

Jûnen Saki mo Kimi ni Koishite est une comédie romantique atypique utilisant le principe du voyage dans le temps. Que l’on ne se trompe pas, ce ressort scénaristique est surtout là pour proposer une approche quelque peu originale et non pas pour injecter de la science-fiction pure et dure. De ce fait, il est nécessaire de ne pas être trop tatillon et de se douter que le scénario, de ce côté-là tout du moins, souffrira de plusieurs inconsistances et approximations. La ligne temporelle n’est pas particulièrement respectée par exemple. On ne saura pas non plus exactement de quelle manière le voyage s’opère. Il y a toutefois plusieurs références à la physique, le personnage principal étant un passionné et travaillant dans ce domaine. Il espère réussir à créer un jour un ascenseur vers l’espace (Petit aparté : le sujet est justement d’actualité comme le prouve cet article). La Tôkyô Sky Tree que l’on commence désormais à voir dans de nombreux j-dramas est de la partie car elle s’insère plutôt bien dans le futur monde des télécommunications. L’écrivain Arthur C. Clarke est aussi régulièrement cité. À vrai dire, la série multiplie les références, notamment celles liées au monde du livre, l’héroïne exerçant dans le métier de l’édition. Jûnen Saki mo Kimi ni Koishite se déroule en 2010 mais aussi en 2020. Les scènes se passant dans le futur sont par contre limitées puisqu’on ne sort pas de l’appartement du couple. De toute manière, ce qui importe ici n’est pas ce qui est à venir mais ce qui arrive dans le présent.

Onozawa Rika est une jeune femme dynamique et vivant pour son travail. Cherchant l’amour depuis plusieurs années, elle commence à désespérer et se demander si elle finira un jour par le trouver. C’est la jolie Ueto Aya (Kôkô Kyôshi 2003) qui lui offre ses traits. Si son interprétation a quelques périodes de flottement, l’actrice se débrouille relativement bien, sa bonne humeur et son côté pétillant permettant de passer outre ses défauts. Avouons-le, la Rika du futur est légèrement risible car ce n’est pas en lui faisant porter une perruque, très moche au demeurant, que l’on paraît dix ans de plus mais ce n’est pas grave. On voit peu la Rika de 2020 de toute manière. En 2010, Rika se démène au travail et croit rêver lorsqu’elle doit s’occuper de l’auteure qu’elle aime depuis qu’elle est petite, Hamada Azuzsa. Alors que sa vie professionnelle semble prendre une bonne voie, celle dédiée à ses amours, non. Sa rencontre avec un homme donnant l’impression d’être Philip Marlowe va changer la donne. Du tout au tout. Grimé comme le personnage de Raymond Chandler, il observe Rika et s’enfuit dès qu’elle l’aperçoit. Ce dernier est incarné par Uchino Masaaki (Fûrin Kazan). Depuis JIN où il y est très bon, je me demandais ce qu’il valait en tant qu’acteur en règle générale et sans accent à couper au couteau. Dans Jûnen Saki mo Kimi ni Koishite, il propose deux portraits intéressants. Il interprète effectivement les deux faces de son personnage, Maruyama Hiroshi, que l’on voit en version jeune mais aussi en version âgée. Tour à tour réservé et charmeur, l’acteur est parfait dans les deux registres. Vieux!Hiroshi est arrivé en 2010 afin d’empêcher que Rika, son épouse en 2020, ne rencontre Jeune!Hiroshi. Il avait au départ prévu de se parler à lui-même mais il ne peut s’approcher de sa version jeune sans subir un terrible mal de tête et des nausées. C’est pourquoi il souhaite décider Rika de ne pas s’approcher de Jeune!Hiroshi. Forcément, on se doute bien que si un homme vous dit qu’il vient du futur et qu’il va se marier avec vous, vous n’êtes pas particulièrement tenté de le croire. Qui plus est, si Vieux!Hiroshi ressemble à Jeune!Hiroshi, leur caractère est radicalement différent. Alors que le second est assez timide, doux et bienveillant, le premier n’a aucun problème pour s’exprimer, parler très fort et n’hésite pas à bousculer ceux qu’il côtoie. En dix ans, il a eu le temps de changer et ne peut désormais se départir d’un côté assez railleur et presque blasé. Ayant au final peu besoin d’être convaincue, Rika comprend que Vieux!Hiroshi est bel et bien la version future de celui qu’elle vient de rencontrer. Il lui révèle qu’ils vont se marier dans un an, que les premières années de leur mariage seront sympathiques mais que par la suite, ils se détesteront. Difficile de trop en dire sans dévoiler le sel de cette intrigue amoureuse qui a mal tourné. Ce qu’il faut retenir est que Rika se retrouve dans une situation délicate. On lui apprend qu’elle finira malheureuse mais là, sur le moment, elle apprécie beaucoup cet Hiroshi. Pourquoi voudrait-elle détruire quelque chose qui n’a même pas encore commencé ? Et qui sait, peut-être que son futur n’est pas autant écrit dans les lignes que ce qu’on semble vouloir lui faire comprendre ? De nature optimiste et enjouée, la jeune femme ne se laisse pas abattre et compte bien essayer de vaincre ce supposé destin. Elle continue donc de découvrir Jeune!Hiroshi, d’être émoustillée et de voir des étoiles et des petits cœurs dans le ciel. Cette romance est mignonne, le duo est très attachant et possède une certaine alchimie.

Si Jûnen Saki mo Kimi ni Koishite raconte les débuts de la jolie histoire entre Rika et Jeune!Hiroshi, elle met surtout en avant la dynamique liant Rika et Vieux!Hiroshi. Ce dernier est revenu dans le passé non pas parce qu’il a l’impression d’avoir fichu en l’air sa vie mais parce qu’il sait ne pas avoir rendu sa femme heureuse. C’est un des points très intéressants de la série car elle résonne assez moderne et féministe. Le rôle de la femme ici n’est assurément pas de s’occuper de son petit mari et d’en retirer sa joie de vivre. C’est même tout le contraire. Vieux!Hiroshi sait pertinemment pourquoi son mariage n’a pas fonctionné et que c’est en partie de sa faute, lui qui a brisé les ailes de celle qu’il aimait. En retrouvant la jeune Rika, il réalise certaines choses et au final, il voudrait certainement rester dans son passé plutôt que de retourner dans son futur amer. Rika quant à elle fulmine contre ce Vieux!Hiroshi qui n’en rate pas une pour lui mettre des bâtons dans les roues mais peu à peu, elle se prend d’affection pour lui. Il ressort de cette relation atypique des étincelles, de l’humour mais aussi une sacrée dose de romantisme un peu vache. En voyageant dans le temps, Hiroshi réussira-t-il à changer le futur ? La fin est assez ouverte, elle devrait en conséquence ne pas plaire à tout le monde mais se montre tout de même plus que satisfaisante et suffisamment réaliste.

Malgré cette romance qui s’annonce certes sur une très mauvaise pente, l’ambiance de Jûnen Saki mo Kimi ni Koishite est chaleureuse. Il y a beaucoup d’humour et de bonne humeur. Le mélodrame qui aurait pu s’installer n’est pas là et l’amour n’y est jamais sirupeux ou écœurant. Que les allergiques à cette thématique se rassurent donc, la niaiserie n’est pas de rigueur. Chaque épisode se termine par des photos de couples de tout âges et ce procédé est plus touchant qu’irritant. En somme, la série distille une grande dose de fraîcheur et met du baume au cœur. En cela, les six épisodes font office de cure de vitamines et le fait que le renzoku soit aussi court lui permet d’aller à l’essentiel. Et comme toujours ou presque, la bande-son de Kono Shin (Byakuyakô, Hachimitsu to Clover) est réussie et sublime les émotions développées par la série. Outre le duo phare, d’autres personnages sont mis en avant comme l’écrivain à l’origine de multiples romances récompensées qui pourtant n’est pas comblé de ce point de vue-là, le petit frère de Rika un peu simplet mais altruiste, le mentor de Hiroshi extrêmement touchant, la patronne et la collègue de Rika qui espèrent un jour retrouver l’amour ou encore celle qui a donné envie à Rika de devenir éditrice. Tous ces protagonistes savent à un moment donné que Vieux!Hiroshi vient du futur, n’en font pas des tonnes et parfois essayent même d’en tirer parti. Comme on peut s’y attendre, on retrouve des visages plus ou moins connus tels que Gekidan Hitori (Densha Otoko), Watanabe Ikkei (Kisarazu Cat’s Eye, LIAR GAME), Kinami Haruka (Zeni Geba) et la géniale Takashima Reiko (Atashinchi no Danshi, Engine).

Si le scénario de Jûnen Saki mo Kimi ni Koishite est simple malgré une petite touche de science-fiction avec ce voyage dans le temps, cela n’empêche pas que la série fasse office de petite bulle de bonheur. Bien sûr, tout n’y est pas parfait, on aurait par exemple apprécié un approfondissement de certains personnages et relations mais ici, le but principal est de raconter une jolie histoire d’amour qui a fini par mal tourner. Si l’on savait qu’une relation supposée durer toute une vie finissait mal, ne voudrions-nous tout de même pas profiter de l’instant présent ? Qu’est-ce qui est au final le plus important ? Le présent ou le supposé futur ? Impossible d’y répondre, non ? Après tout, le futur n’est probablement pas immuable. Les six épisodes sont donc au final assez réfléchis et se permettent en plus de se montrer drôles, modernes, touchants et jolis comme tout. Ils forment une comédie romantique originale et chaleureuse qui devrait plaire aux amateurs du genre et peut-être même à ceux qui n’en sont normalement pas particulièrement friands.