Scrubs (saisons 1 à 8)

Par , le 24 janvier 2011

Comme je l’ai écrit dans le bilan de 2010, cette dernière année a symbolisé chez moi la fin de moult fictions, parfois débutées il y a très longtemps. Scrubs est l’une d’entre elles. D’ailleurs, elle s’est conclue aux États-Unis en 2010 ; de mon côté, en septembre, j’étais toujours bloquée à sa cinquième saison et j’ai donc décidé de tout rattraper assez rapidement, histoire de classer l’affaire. J’ajouterai que je l’ai regardée uniquement en version française ; l’ayant commencée sur M6, je n’ai pas souhaité changer de fusil d’épaule, d’autant plus que le doublage est à mes yeux fabuleux. Scrubs est une production américaine composée de neuf saisons, créée par Bill Lawrence, notamment déjà à l’origine de Spin City. Elle fut diffusée sur NBC durant sept années avant de s’achever sur ABC. En fait, la neuvième est plus considérée comme étant une série dérivée que comme une vraie suite aux aventures précédentes. Effectivement, une bonne partie de la distribution originale est absente et de nouveaux personnages, des étudiants en médecine, intègrent l’ensemble. C’est pour cette raison que j’ai décidé de rédiger deux billets distincts concernant Scrubs. Le premier, s’attardant sur les huit premières saisons, est celui que vous lisez actuellement, et le second traitera plus tard du reste. Les saisons une à six ont généralement comporté entre vingt-deux et vingt-cinq épisodes, la septième en a eu onze, et la huit dix-huit. Elles furent donc diffusées sur NBC et ABC, entre octobre 2001 et mai 2009. La série étant une sitcom, chaque épisode dure approximativement vingt minutes. Aucun spoiler.

Scrubs, comme son nom l’indique, se rapporte à un univers médical. Vous le savez certainement tous, car vous êtes des as en anglais, scrubs est le mot anglais donné aux vêtements hospitaliers. En langage familier, il fait aussi référence à des personnes inexpérimentées. La série débute ainsi avec l’arrivée du doux rêveur J.D. et de son acolyte Turk à l’hôpital du Sacré-Cœur. Ils commencent effectivement leur internat en médecine. Copains comme cochons, ils ne se quittent jamais, se racontent tout et entretiennent une relation extrêmement fusionnelle. Les intrigues jouent souvent sur cette ambiguïté, d’ailleurs, n’hésitant pas à faire de gros sous-entendus assez jouissifs et drôles. Il faut avouer, si l’on ne savait pas que des femmes partageaient leur vie intime, qu’il serait légitime de penser qu’ils sont amants ! Non, en réalité, ils sont seulement amis pour la vie, et c’est déjà beaucoup. La camaraderie matérialise l’une des thématiques choyées et récurrentes de Scrubs ; bien sûr, J.D. et Turk représentent la figure de proue, mais ils sont loin d’être les seuls à en profiter. Quand ils intègrent le Sacré-Cœur, ils font immédiatement la connaissance d’Elliot Reid, une nouvelle interne totalement névrosée, de l’infirmière en chef Carla Espinosa, du médecin Perry Cox, du directeur de l’hôpital Bob Kelso et du fameux concierge dont on n’apprendra jamais le nom au cours des neuf saisons. Ces sept individus forment le liant de la production, mais, malheureusement, en dépit de 169 épisodes, ils évoluent assez peu. Bien que cet aspect figé ne pose pas réellement de problème lors des premières années d’antenne, le constat est sans appel une fois passée la saison cinq. Les histoires en reviennent toujours à la même chose : J.D. et ses soucis d’engagement, Elliot et ses troubles en tous genres, la méchanceté du concierge, etc. Les scénarios en deviennent redondants, mécaniques et peu inspirés. À la rigueur, si l’humour et le divertissement demeurent constants, le public est en mesure de se montrer davantage conciliant. Or, c’est là que le bât blesse. Scrubs est excellente jusqu’à la moitié de sa longue existence, mais comme une trop grande majorité de fictions s’installant dans le paysage télévisuel, elle s’essouffle et dégringole dans le cœur de ses téléspectateurs. Les intrigues sont tirées jusqu’à la corde, le sentimentalisme ou une lourdeur incroyable prévalent régulièrement, de nombreux arcs s’avèrent insipides, voire extrêmement mauvais – le bébé pas prévu, bon sang. De plus, les blagues tombent quasi systématiquement à plat et font lever des sourcils au lieu de rendre les zygomatiques douloureux. Le mélange entre le comédie et drame, si savamment dosé jadis, ne prend plus, car il se retrouve phagocyté par des histoires dignes d’un soap opera. Certes, ne le nions pas, subsistent quelques sursauts, qualitativement parlant, mais ils sont sporadiques. C’est pourquoi arrivé à la fin de la huitième saison, il devient complexe de faire objectivement la part des choses. Les épisodes extrêmement ennuyants et pas drôles du tout persistent dans l’esprit alors qu’autrefois, l’appréciation pouvait être immense. Le pompon revient sûrement au musical, le 6×06, My Musical, qui, en version française en tout cas, est une horreur sans nom. Dire qu’à une époque, le public riait à s’écrouler par terre devant Scrubs. Il aurait peut-être fallu injecter du sang neuf à un moment donné, car se focaliser sur ces personnages a fini par les rendre par moments agaçants.

En en détail, que donnent ces protagonistes hauts en couleur ? J.D., le héros, est incarné par Zach Braff. Presque tous les épisodes le mettent à l’honneur avec sa voix intérieure. Cela offre un certain charme à la série, sauf qu’au bout d’un moment, on n’en peut plus de cette narration. Puéril, rêveur, assez efféminé, c’est à se demander de quelle manière il est devenu un excellent médecin, car il l’est, il n’y aucun doute à ce sujet. J.D. est donc ami avec Turk, son ours brun comme il l’appelle, et vit une relation ambiguë avec Elliot. La fiction est rapidement caractérisée par son imagination fertile parce qu’il passe toutes ses journées à se faire des films, la plupart du temps complètement et totalement délirants. Turk est lui aussi quelque peu immature, mais il a bien plus la tête sur les épaules que son compère. Interprété par Donald Faison (Clueless), il est celui se prenant le mieux en main au fil des saisons. Toujours chez les hommes, impossible d’oublier l’acariâtre cynique Perry Cox (John C. McGinley), systématiquement en train de râler, de parler très vite, de hurler, d’appeler J.D. par tous les prénoms féminins qui lui viennent à l’esprit, de critiquer Kelso, de se moquer de son ex-femme qu’il aime à la folie et qui est autant caustique que lui. En bref, c’est un vrai tyran. Forcément, derrière ce côté grincheux et volcanique se trouve un cœur un petit mou et chaleureux, mais il préfère éviter de le montrer, surtout à J.D. Ils entretiennent tous les deux une relation particulière mêlant de nombreux sentiments. L’un voit en l’autre un mentor alors que l’autre essaye perpétuellement de s’en débarrasser, mais l’apprécie tout de même. Ils s’amusent vraiment au jeu du chat et de la souris et sont à l’origine de séquences absolument édifiantes. À la tête de l’hôpital se situe Bob Kelso (Ken Jenkins) ; il a deux pouces et il s’en fout (sic). Égoïste et avare, il fait tout pour économiser et profiter de ce qu’il peut retirer de son établissement. Perry et lui se détestent cordialement et se le font sentir. Le dernier homme du cortège est le fameux concierge (Neil Flynn). Psychologiquement instable, il adore empailler des écureuils, utiliser différentes identités, manigancer dans son coin et, surtout, embêter J.D. à tort et à travers. Chez les femmes, seules deux sont majoritaires. Elliot Reid (Sarah Chalke) est névrosée, n’a aucune confiance en elle, se veut un brin trop bourgeoise et possède également un côté rêveur, ce qui ne l’empêche nullement de se révéler autoritaire. Sa nouvelle meilleure amie est l’infirmière Carla Espinosa (Judy Reyes), représentant sans aucun doute celle ayant le plus la tête sur les épaules de la série. Vous me direz, ce n’est pas difficile tant tous semblent disposer d’un grain, voire bien davantage, de folie. Ces personnages sont accompagnés d’autres secondaires ou récurrents comme Ted (Sam Lloyd), l’avocat chauve suant perpétuellement et effrayé rien qu’à l’idée d’évoquer Kelso, Toddd (Robert Maschio), le chirurgien macho obsédé par le sexe, ou encore Jordan (Christa Miller), l’ex-femme de Perry qui adore être méchante avec tout le monde. La liste pourrait s’allonger, car il y en a beaucoup que l’on aperçoit, mais dont on ne se souvient pas du nom : le sosie de Snoop Dogg, celui à la barbe blanche, le livreur fan de métal, etc. Scrubs forme un microcosme bigarré, coloré et prouve par la même occasion sa créativité.

Si le registre principal des épisodes est essentiellement voué à la comédie, la série sait, surtout lors de ses premières années, amener plusieurs soupçons de drame en évitant toute surenchère grâce à une tendresse communicative. Le mélange, pertinent, fait régulièrement mouche et c’est ainsi que plusieurs de ces aventures hospitalières sont extrêmement enthousiasmantes. Sous couvert d’excentricité et d’humour légèrement naïf, les scénarios abordent maints sujets fédérateurs avec simplicité et beaucoup de naturel, n’hésitant pas non plus à explorer plutôt efficacement le monde médical et ses limites. La morale de chaque épisode reste bon enfant et, à part au terme de son parcours, n’est guère poussive. Sinon, la musique, généralement pop-rock, accompagne à merveille les intrigues et habille de façon satisfaisante les images. Fait rare pour être noté, les rires enregistrés sont heureusement absents. Comme écrit plus haut, la fin de la production ne parvient malheureusement pas à conserver les ingrédients de cette recette savamment orchestrée, ce qui n’annule en rien les qualités alors disparues. Ce qui marque Scrubs, ce sont donc avant toute chose les délires, ces sortes de fantasmes et de rêves éveillés. Ils proviennent à 98 % de l’imagination fertile de l’hypersensible J.D. En tout cas, la série détient un ton inimitable et une identité propre, offrant des séquences comiques absolument délicieuses ponctuées de dialogues aux petits oignons. Dans mes moments favoris, il y a, par exemple, celui du scooter sous l’eau. Sinon, il est amusant de noter que les titres des épisodes commencent par my quelque chose. Ils font évidemment référence à J.D. qui est le héros et la voix off. Quand il se voit exceptionnellement remplacé à la narration par l’un de ses compères, un his, her ou their est employé. En huit années, la série se permet d’inviter énormément de comédiens dans des rôles plus ou moins importants. Notons essentiellement la présence de Brendan Fraser, Courteney Cox (Friends), Michael J.Fox, Masi Oka (Heroes), Heather Locklear (Melrose Place), Scott Foley (Felicity), Tara Reid, Freddy Rodríguez (Six Feet Under), Colin Farrell, Keri Russel (Felicity) ; et la liste pourrait encore s’allonger de nombreux autres noms.

Pour conclure, ces huit premières saisons de Scrubs demeurent correctes dans leur globalité. Tristement, une différence de qualité notable dès l’amorce de la sixième se fait ressentir. C’est un peu comme si la série s’était cassée en cours de route. À partir de cette date, l’étincelle ne se révèle que rare et gâche une impression finale qui aurait pu s’avérer éminemment positive. En effet, les débuts de Scrubs forment une sitcom fraîche, créative, drôle, multipliant les références à la culture populaire, déjantée sur les bords, mais parvenant souvent à émouvoir et à parler de choses toutes simples d’une jolie manière. En huit ans, ces personnages contrastés sont parfois insupportables, car assez caricaturaux, et leurs relations se veulent sensiblement superficielles si ce n’est que l’audience s’attache à eux pour le pire comme pour le meilleur. Scrubs propose ainsi cinq années réussies, et trois autres presque pénibles et irritantes. Si le ton de ce billet sonne quelque peu désabusé, c’est normal. J’ai adoré, puis souffert en silence. Ne nions pas que visionner les saisons six à huit en quelques mois n’était sûrement pas l’idée du siècle, mais au moins, le mal a duré moins longtemps. Toujours est-il que malgré ses faiblesses, cette production somme toute candide garde une place particulière à mes yeux. Scrubs est conseillée à ceux affectionnant les sitcoms originales et même à ceux qui, comme moi, ne sont pas amateurs du genre. Cependant, il est probablement légitime de s’arrêter à la fin de la cinquième année afin de préserver une bonne opinion. La neuvième étant un petit peu à part, c’est pour cela que l’on parlera d’elle prochainement. Sait-on jamais, elle a peut-être redonné un coup de frais à l’ensemble ?

[TV Meme] Jour 27 ~ Meilleur épisode pilote

Par , le 23 janvier 2011

Ah, le fameux pilote… La première approche avec une série est toujours particulière. En une quarantaine de minutes, il n’est pas évident de trouver le ton reflétant au mieux la série, de présenter à la fois les personnages, le cadre et les enjeux et de donner envie au spectateur de revenir pour le second épisode. Certains accordent énormément d’importance à cet épisode. Moi pas. Je suis assez tolérante car, à moins d’une immense catastrophe, je suis toujours partante pour laisser à la série le soin de prendre ses marques. Écumer les séries à l’aide du pilote n’est pas du tout ma pratique, mais vous devez probablement déjà le savoir. Toutefois, il s’agit là d’un exercice de style et certains s’en tirent bien mieux que d’autres. Heureusement, ou malheureusement, cela n’est pas forcément révélateur des futures qualités de ladite série.

Beaucoup ont cité pour ce jour les pilotes d’Alias et de Lost. Pour la première, je crois vaguement me rappeler des qualités de ce premier épisode. J’en garde un souvenir tellement flou que je serais incapable de dire si c’est justifié. Par contre, pour Lost, je sais que je n’ai pas du tout apprécié la première saison, et ses débuts ne m’ont pas du tout marquée. Ou alors, dans le mauvais sens du terme. En fait, j’ai un peu de mal à répondre à cette question parce que je n’accorde que peu d’importance à ce pilote. Je crois avoir trouvé celui de Veronica Mars intéressant à l’époque et plutôt bien fichu. En conséquent, je ne peux que me baser sur les pilotes que j’ai regardés ces dernières années et qui sont encore présents dans ma mémoire de poisson rouge. Sans aucune hésitation, je cite alors celui de Misfits. Il est par-fait. Il présente les cinq zigotos, sans toutefois trop en dire et en évitant les clichés, place le contexte et nous électrifie sur place. Il donne plus qu’envie de voir la suite, la preuve, j’ai enchaîné aussi sec avec les épisodes suivants !

Robin Hood – 3×06 | Do You Love Me ?

Par , le 22 janvier 2011

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