Robin Hood (saison 3)

Par , le 19 mars 2011

Il y a déjà plus de trois ans, Luminophore accueillait Robin Hood. Nous voilà en mars 2011 et nous venons enfin à bout de cette série. Ce qu’il y a de délirant est que je ne peux même pas dire être passionnée par son héros capuchonné. Non, du tout. Si à l’époque j’avais bien apprécié les deux premières saisons, j’ai eu énormément de difficulté à les revisionner. Il faut aussi dire ce qu’il en est, au fil des années, les goûts peuvent changer, parfois se préciser et l’on est certainement plus exigeant. Quoiqu’il en soit, en 2008, souhaitant faire vivre le blog, j’avais proposé d’écrire des reviews pour une série et c’est Robin Hood qui remporta les sondages. J’ai du mal à réaliser que j’ai critiqué tous les épisodes alors que je ne suis pas du tout fan de cette pratique. Il m’aura fallu du temps mais j’en suis venue à bout. Je m’excuse d’avoir été aussi lente. C’est donc avec une certaine joie que je tourne la page Robin Hood !
Diffusée sur BBC One entre mars et juin 2009, la saison trois est composée de treize épisodes. Le devenir de la série fut longtemps incertain, plusieurs acteurs principaux comme Jonas Armstrong (Robin) et Keith Allen (le Shérif) annonçant en plus qu’ils ne seraient pas de la partie si suite il y avait. Le fait est que Robin Hood fut annulée en juillet 2009, après la fin de la série donc. Néanmoins, que cela n’empêche pas de regarder la production anglaise, l’ultime épisode clôture correctement l’ensemble. Aucun spoiler.

La première saison est classique et ne sort pas des sentiers battus alors que la seconde approfondit légèrement certaines intrigues et propose quelque chose de plus fouillé. Néanmoins, le traitement reste toutefois assez superficiel et de nombreux points sont à déplorer comme un manque de consistance du côté des personnages secondaires, des raccourcis incroyables, des incohérences parfois monstres et surtout, une fin incroyable et ce, dans le mauvais sens du terme. La mort de Marianne est effectivement assez extravagante tant elle change totalement la donne, modifiant donc le canon. Certes, Lucy Griffiths désirait quitter le navire mais ce n’était pas une raison pour la faire embrocher par Guy of Gisborne. Même les acteurs ont été assez atterrés par ce choix des scénaristes, Richard Armitage l’ayant par exemple exprimé à plusieurs reprises en interview. C’est donc avec une certaine appréhension que l’on débute la troisième saison, plusieurs téléspectateurs n’ayant quant à eux plus aucune envie de voir la suite ; ce qui est on ne peut plus légitime. Au final, l’absence de Marianne ne se fera pas trop ressentir au cours de ces treize épisodes. A contrario, deux autres personnages ayant été aussi écartés en fin de saison deux, Djaq et Will, manquent bien davantage. Pour combler ce vide béant, trois nouveaux protagonistes principaux font leur apparition. Si injecter du sang neuf est généralement une bonne idée, les lacunes de la série sont ici davantage exacerbées avec cette pratique. Allan, John et Much n’avaient jusque là que peu de temps d’antenne, cette fois c’est encore pire. On les voit régulièrement mais ils n’ont jamais le temps de parole et ne servent strictement à rien. Difficile de ne pas être quelque peu frustré lorsque lors de la seconde saison, certains comme Allan ont prouvé à plusieurs reprises leur potentiel. Ce n’est donc pas avec la saison trois que la série résout son problème de ne pas fouiller ses protagonistes secondaires.

A la rigueur, les nouveaux arrivants auraient pu tout simplement voler la vedette aux plus anciens mais là aussi, ce n’est pas le cas. Deux hors-la-loi intègrent l’équipe de Robin, dont un attendu depuis longtemps, Frère Tuck. Si son apparition est au départ intéressante, il n’y a aucun approfondissement. Tuck demeure celui qui prend des décisions, manipule quelque peu et dont on ne sait rien. Point. Ne parlons même pas de la blonde probablement supposée remplacer Marianne, Kate. Elle est insupportable car les scénaristes en font trop pour la rendre extraordinaire. Par ailleurs, lui offrir une certaine romance avec un des personnages est particulièrement mal exploité et surtout, très mal amené.
Autre figure importante de la saison, Isabella, portant les traits de Lara Pulver (True Blood), rappelle le passé de Guy et intègre les rangs à Nottingham. Si son personnage est au départ fort agréable car affirmé, son revirement est bien trop théâtral pour ne pas irriter par moment. Il demeure de plus de nombreux questionnements qui marquent encore une fois les incohérences du scénario. Du côté du château, la saison permet enfin de voir le fameux Prince John et de ce point de vue, c’est une franche réussite car il est ambigu, drôle, tout en étant assez effrayant dans son genre. L’interprétation sans faille d’un Toby Stephens en grande forme y est probablement pour beaucoup.

En dépit de tous ces défauts, la saison trois parvient à trouver un rythme et un développement plus que convenables dès sa seconde moitié. Le début est assez lent et bien trop répétitif pour tenir en haleine mais une fois la machine lancée, on ne s’ennuie guère. Les scenarii sont dès lors mieux construits et semblent diriger vers un nouveau bouleversement dans l’univers de Robin Hood. Les complots et les manipulations sont le maître mot et s’il en ressort encore une fois des facilités déconcertantes, on les laisse plus aisément de côté. La saison prépare en fait le départ de son personnage principal et trouve un moyen assez sorti de nulle part mais qui se tient. Cela ne veut tout de même aucunement signifier que la quatrième saison n’aurait pas eu l’air ridicule. En outre, l’affrontement éternel entre Robin et Guy est évidemment remis sur le devant de la scène et le traitement, assez fin pour une fois, est plutôt agréable et le dénouement tragique est parfaitement maîtrisé. Ainsi, les deux derniers épisodes sont très bons car dynamiques, riches en émotion et clôturent la série sur une bonne note. La série se densifie quelque peu et n’hésite pas à aller un peu plus loin que la série familiale qu’elle est / qu’elle fut.

Si cette troisième saison est loin d’être parfaite car la série n’arrive pas à se départir de certaines histoires répétitives, d’un manque d’approfondissement de ses personnages ou de ces raccourcis facilement évitables, elle parvient à surprendre vers son milieu. Elle se révèle en effet un peu plus aboutie que les précédentes saisons, plusieurs épisodes sortant du registre habituel. L’ambiance est aux manipulations en tous genres, certains protagonistes étant ambigus, et le ton est globalement plus noir que d’habitude. Par ailleurs, quelques développements sont particulièrement bien traités, même si encore une fois, la subtilité fait défaut. Les derniers moments permettent à Robin Hood de tirer sa révérence d’une manière plus que correcte et il existe une fin digne de ce nom. Au vu des éléments, il est plus que salvateur que la série se soit arrêtée là, il était temps, et il est bien préférable de partir la tête plus ou moins haute.
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Gaewa Neukdaeui Sigan | 개와 늑대의 시간 (Time Between Dog and Wolf)

Par , le 17 mars 2011

Fin 2009, lorsque je me suis enfin lancée dans le monde des séries coréennes, j’avais hésité entre deux dramas. Je savais que je voulais débuter avec Lee Jun Ki car je le connaissais déjà depuis quelques années. Finalement, mon choix s’est porté sur Iljimae car j’ai une affection particulière pour les séries historiques, choix que je ne regrette absolument pas tellement je suis rapidement tombée sous le charme. L’autre k-drama en compétition était donc Gaewa Neukdaeui Sigan, que j’ai enfin pris le temps de visionner en ce début d’année. Les photographes en herbe connaissent forcément l’expression française l’heure entre chien et loup, que l’on appelle aussi parfois heure bleue. Il s’agit du court moment entre le jour et la nuit où le ciel se pare d’un bleu plus foncé que le bleu du jour. La lumière est ainsi particulière et le rendu sur les photos est souvent plus qu’admirable. Gaewa Neukdaeui Sigan n’est pas une série sur la photo mais fait référence à cette période à plusieurs reprises et notamment, dans les toutes dernières secondes. Les ennemis ne sont effectivement guère distinguables des amis, en raison du flou ambiant. Composée de seize épisodes de 70 minutes, elle fut diffusée sur MBC entre juillet et septembre 2007. Aucun spoiler.

Petit, Soo Hyun vivait avec sa mère en Thaïlande, où il rencontra Ji Woo. Les deux enfants tombent amoureux mais doivent se séparer lorsque la mère de Soo Hyun est assassinée par une organisation criminelle. Soo Hyun est alors adopté par un agent du NIS (National Intelligence Service, les services secrets coréens). Il grandit avec Min Gi, le fils de son père adoptif, et deviennent tous les deux des agents du NIS. Soo Hyun rencontre de nouveau Ji Woo au cours d’une mission mais doivent se séparer lorsque Soo-Hyun décide d’infiltrer l’organisation impliquée dans le meurtre de sa mère. Pour venger la mort de sa famille, il devient une taupe au sein de cette organisation et prend le nom de Kay…
Source : Mangas-Arigatou

Les Sud-Coréens ont un faible pour les histoires de vengeance. Ça tombe bien, moi aussi. Après avoir adoré Story of a Man, j’avais vraiment envie de regarder un autre thriller, d’autant plus que Gaewa Neukdaeui Sigan était sur ma liste depuis toujours. La série est ainsi un condensé d’action, de suspense, de vendetta, de manipulations et l’ensemble est saupoudré d’un peu de romance. Les seize épisodes sont menés tambour battant, le rythme ne s’arrêtant jamais réellement. A vrai dire, une fois commencé, il est très difficile de ralentir la cadence, même si l’on souffre pour ses personnages et leur devenir incertain. Afin de garder cette densité, la série use et abuse des rebondissements en tous genres. En soit, c’est très bien de ne pas hésiter à bousculer le téléspectateur, de chambouler le cadre et d’injecter à chaque fois de nouveaux tenants et aboutissants mais attention à ne pas tomber dans la surenchère. Gaewa Neukdaeui Sigan est ainsi à deux doigts de se brûler les ailes. Le k-drama exagère beaucoup trop sur certains points. Ce n’est pas tant que ce ne soit pas crédible mais les ficelles sont bien trop usitées pour ne pas ennuyer par moment. Le point culminant n’est autre que le gros retournement de situation en milieu de série. J’avoue avoir été assez agacée et il m’a fallu au minimum deux épisodes pour vraiment réussir à laisser ça de côté. C’est le ressort facile qui change la donne mais qui laisse, dans la majorité des cas, un sentiment amer. Il est fort dommage que Gaewa Neukdaeui Sigan se soit dirigée dans ce sens. Toutefois, il est bon de préciser que cet accident de parcours offre à la série un ton bien plus dramatique, ce qui est évidemment l’effet recherché. Substantiellement, ce n’est donc pas mauvais mais ce point bien précis fait pencher la production dans le « aurait pu mieux faire » et non pas dans le haut du panier. Quand bien même tous les poncifs du genre soient donc de la partie, Gaewa Neukdaeui Sigan est une série haletante et réussie. Elle parvient sans aucun souci à émouvoir et à tenir en haleine.

La série se déroule la majeure partie du temps en Corée du Sud mais la Thaïlande est à plusieurs reprises au cours des discussions, le premier épisode y est d’ailleurs entièrement dédié. Lee Soo Hyun et sa mère y vivaient jusqu’à ce que cette dernière ne se fasse assassiner sous ses yeux lorsqu’il était enfant. Il est dès lors adopté par un collègue et ami de sa mère, Kang Joong Ho, déjà marié et père de Ming Gi. Résidant désormais en Corée du Sud, les deux enfants grandissent ensemble et développent de véritables sentiments fraternels. Ils sont inséparables et suivent le chemin tracé de leurs parents puisqu’ils intègrent les rangs des services secrets coréens. Si Ming Gi est peu mature, assez fanfaron et peu appliqué au travail, Soo Hyun est tout l’inverse. Quoiqu’il en soit, les deux s’aiment et même si tout le monde vante à chaque fois les exploits de Soo Hyun, Min Gi n’est jamais jaloux et ne ressent aucune rancœur. En fait, Min Gi est un personnage extrêmement positif et il le prouvera au fil des épisodes. Quand bien même il passe toujours en second, devant à chaque fois rivaliser avec son frère adoptif, il ne se laisse pas abattre, même si par moment, il a du mal à relever la tête. C’est un personnage extrêmement attachant et son interprète, Jung Kyung Ho, lui donne ses lettres de noblesse. Il est dommage pour lui que le héros soit Soo Hyun car il ne pourra jamais se départir de sa place d’éternel second.

Ce qui fait la force du drama, en plus de son rythme et de son intrigue assez recherchée, est sa galerie de personnages. Ils sont tous peints avec grande justesse et ne sont jamais manichéens. La frontière entre le bien et le mal est fine et la complexité est le maître mot. Justement, qu’en est-il de Soo Hyun ? Lee Jun Ki (Iljimae, My Girl) porte ses traits et si l’acteur n’est pas toujours parfait, il n’en demeure pas moins bon et parvient à mettre en avant l’ambivalence du personnage au cours de la série. Sur une note plus superficielle, je suis obligée d’ajouter que Lee Jun Ki n’a jamais été aussi séduisant que dans Gaewa Neukdaeui Sigan :D Il reste encore un an sans lui vu qu’il suit toujours son service militaire ;__; En plus, en raison de nombreuses scènes d’action, Lee Jun Ki est parfait car il maîtrise à merveille les arts martiaux. Soo Hyun est un homme torturé, partagé entre sa vie qui se déroule plus que correctement et son obsession de vengeance. Il ne peut tirer un trait sur son passé. Ce désir de faire payer l’homme qui a assassiné sa mère est viscéral et ça, certains personnages comme le chef du NIS vont en profiter, utilisant Soo Hyun jusqu’à la moelle. Au fil des épisodes, il lui arrive maintes choses et son raisonnement, sa manière de voir les choses se modifient et sa personnalité en subit les conséquences. Si tous les protagonistes évoluent, Soo Hyu est assurément celui qui sera le plus marqué et ce, parfois littéralement. Il est fondamentalement brisé et en dépit de tout son bon vouloir, il ne pourra jamais remonter la pente. Ce qu’il y a d’intéressant est qu’il rencontre quasi immédiatement le meurtrier, Mao. Il intègre ainsi l’organisation criminelle dont ce dernier fait partie, Cheongbang, et de là, devient un agent infiltré portant le nom de Kay. La relation entre Mao et Kay est fine et bien écrite. Entre eux s’instaurent un climat assez étouffant, mêlant la fascination au respect ou encore la haine au besoin filial. Mao est un homme complexe, partagé entre son ambition et l’amour qu’il porte à sa fille. Quand bien même ses actions soient condamnables, il n’en demeure pas moins humain et l’on en vient presque à le prendre en pitié. Son destin est tout aussi tragique que celui de Soo Hyun et leur futur n’en est que davantage lié.

Le personnage féminin important de Gaewa Neukdaeui Sigan est le premier amour de Soo Hyun, Soo Ji Woo / Ari. Ils se sont rencontrés lorsqu’ils étaient enfants, en Thaïlande. En raison d’évènements tragiques d’un côté comme de l’autre, ils se séparent mais finissent par se retrouver, par le plus grand des hasards, en Corée du Sud. Leur amour est intact mais la véritable famille de Ji Woo, le désir inarrêtable de vengeance personnelle de Soo Hyun ne peuvent que les séparer. Par ailleurs, Ming Gi est lui aussi charmée par la jolie et dynamique Ji Woo. Fort heureusement, quand bien même un triangle amoureux soit présent, il est léger et jamais, le couple phare n’est détrôné. Il faut aussi dire ce qu’il en est, les deux dégagent énormément d’alchimie ensemble. Ji Woo, jouée par Nam Sang Mi, est une femme fraîche, passionnée d’arts et qui a un côté assez pétillant.
Comme souvent dans les k-dramas, on retrouve une belle brochette de personnages secondaires intéressants. La palme du plus sympathique revient sans aucun doute au patron du restaurant thaïlandais qui cache bien son jeu et qui nage en eaux troubles. Néanmoins, d’autres tirent leur épingle du jeu comme Giraffe, le garde-du-corps de Mao qui ne pipe mot mais qui dégage une de ces présences, Ah Hwa, un membre de Cheongbang qui n’y a vraiment pas sa place ou encore l’affreux Sang Shik, éternel salaud que l’on désire voir souffrir.

Gaewa Neukdaeui Sigan est une série riche en suspense, en action et en situations cornéliennes. Les personnages, globalement complexes, sont régulièrement confrontés à leur conscience et à leurs propres démons ce qui fait qu’ils ne s’en sortent pas indemnes. Certains se perdent effectivement en cours de route et sont dès lors marqués au fer rouge. Si le k-drama souffre de ficelles scénaristiques convenues et parfois trop exagérées, il n’en demeure pas moins que la réalisation dynamique, les nombreux rebondissements et cliffhangers, les manipulations, l’absence de temps morts et l’atmosphère noire et tendue font que l’on ne voit pas une seule seconde le temps passer. La musique est tour à tour envoûtante et énergique. En outre, le suspense est insoutenable et les surprises s’amoncellent. Cette histoire de vengeance est passionnante et parfaitement maîtrisée, elle se permet par ailleurs de proposer de nombreux moments dignes d’une tragédie shakespearienne. Si la romance est légère, le couple phare est irrésistible car dysfonctionnel, épique et presque impossible. En soit, la série est malheureusement un peu trop convenue pour que l’on puisse parler de succès sans faille mais elle permet de passer de nombreuses heures intenses, sombres, et plus que stimulantes.

Kyle XY (saison 3)

Par , le 15 mars 2011

Comme annoncé en début d’année, nous sommes partis pour des retours sur de nombreuses séries traitées partiellement sur Luminophore alors qu’elles sont déjà terminées. C’est ainsi qu’en janvier dernier, Kyle XY et sa troisième saison se sont retrouvés sur mes écrans, pour le meilleur ou pour le pire ? Diffusée sur ABC Family entre janvier et mars 2009, la saison est composée de dix épisodes. En France, après un passage sur W9, M6 s’en est aussi occupée très récemment. A noter que la série a été annulée de la pire manière qu’il soit puisque l’annonce est tombée après l’écriture du season finale, qui fait donc office de series finale. Il n’y a pas de fin, de nombreuses questions restent en suspens et les dernières minutes proposent un cliffhanger. Si vous êtes frustrés par ce genre de choses, réfléchissez bien avant d’y mettre les pieds. Aucun spoiler.

Rappelez-vous, en 2009, j’écrivais ne pas avoir été convaincue par la série. Si la première saison était somme toute sympathique, la seconde se perdait dans la niaiserie de bas étage et dans des intrigues convenues et maladroites. Contre toute attente, c’est avec une certaine pointe d’amusement que j’ai décidé de reprendre Kyle XY. Il y a fort à parier que de savoir que seuls dix épisodes m’attendaient en fut le principal vecteur.
En débutant cette saison, j’ai trouvé qu’il y avait un fort problème de cohérence car même si mes souvenirs étaient extrêmement flous, j’avais vraiment l’impression d’avoir un Alzheimer débutant. Ce n’est qu’au bout d’un moment que je me suis rendue compte que je ne regardais pas le 3×01 mais le 3×03. Avec une autre série, j’aurais tout arrêté, m’arrachant les cheveux. Avec Kyle XY, non. J’ai donc visionné les trois premiers épisodes dans un ordre anarchique. Je pense que cela est fort révélateur des qualités intrinsèques, non ? Au-delà d’être ravie de voir Hal Ozsan (Fallen), bien trop discret dans le monde des séries tv, il est difficile de ne pas trouver la mythologie ridicule et superficielle. Certes, il y a une réelle volonté d’intensifier la teneur dramatique mais cela ne tient pas la route. Tout ce qui est en lien avec Latnok ennuie la majeure partie du temps car les quelques révélations sont prévisibles et manquent cruellement de relief.

Les émois des adolescents sont encore une fois de la partie. Nous sommes donc confrontés au pauvre Kyle, toujours aussi niais et naïf, qui se retrouve partagé entre son amour sans faille pour l’insignifiante Amanda, et celle qui partage désormais son toit, tout en le dévorant des yeux, Jessi. A ce propos, son interprète, Jamie Alexander, montre de nets progrès, ce qui est franchement salvateur. D’ailleurs, c’est véritablement Jessi qui permet de ne pas s’endormir devant ces nouveaux épisodes. Elle apporte un certain vent de fraîcheur en venant vivre chez les Trigger. S’en suivent effectivement des scènes assez piquantes comme toutes celles entre les enfants, Josh d’un côté mais surtout Lorie. Malheureusement, les épisodes ne peuvent se départir des scènes insipides à la « je t’aime moi non plus », des quiproquos à fusion et la lourdeur s’installe petit à petit. En outre, des personnages pourtant importants jusque là comme Declan, disparaissent de l’écran et n’apparaissent que fugacement. Les épisodes se concentrent uniquement sur le triangle Kyle / Amanda / Jessi qui est d’une pauvreté et d’une lourdeur abyssales.

La troisième saison de Kyle XY est dans la même veine que la seconde. En d’autres termes, elle n’est pas foncièrement mauvaise mais elle reste bien trop ancrée dans son statut de série familiale consensuelle. Étant donné que l’on sait qu’il n’existe pas de suite et que donc, l’issue est proche, on est probablement moins agacé par tant de bons sentiments, d’histoires d’amour sirupeuses et d’aspects moralisateurs. Quand bien même les qualités de la série soient largement discutables, sa fin est déplorable. Cette fois, ce ne sont pas les scénaristes qui sont blâmables, même si le contenu est lui aussi léger et presque ridicule concernant la révélation de fin, mais la chaîne. Kyle XY n’est ni la première, ni la dernière, a être traitée avec aussi peu de respect. C’est tout simplement honteux. Néanmoins, c’est sans aucun regret que je dis adieu à la série.