Le printemps 2012 des j-dramas

Par , le 11 avril 2012

Comme toujours à cette époque, il est grand temps de parler des renzoku qui nous tendent leurs petits bras, en espérant que plusieurs d’entre eux se révéleront passionnants, intéressants et tout ce qu’il faut pour combler notre appétit. Les fleurs, les bourgeons et l’insupportable pollen vous le disent, c’est le printemps qui pointe le bout de son nez. Cette fois-ci, j’ai un petit peu changé mes habitudes puisque j’ai décidé de parler de tous les renzoku sortant durant cette saison, ou tout du moins ceux dont des informations ont commencé à être diffusées. Ça ne me prend pas plus de temps vu que je passe de toute manière en revue tout ce qui doit arriver prochainement, donc autant vous en faire profiter. Toutefois, seuls ceux que j’envisage vraiment de visionner ont le droit à un peu plus de bla-bla.

Tsumi to Batsu | 罪と罰

Chaîne : WOWOW
Début : 29 avril 2012
Site officielFiche Drama Wiki

Synopsis : Tachi Miroku qui a arrêté ses études et qui vit comme un hikikomori est quelqu’un qui a un grand complexe d’infériorité. Il n’a qu’un souhait en tête, celui d’assassiner Baba Hikaru, une lycéenne qui contrôle un groupe de prostitution. Partant du principe qu’elle ne fait que le mal, il ne voit pas en quoi sa disparition serait malheureuse.

Pourquoi diable le regarder ? Kôra Kengo et Mizukawa Asami jouent encore ensemble pour mon plus grand plaisir. En plus c’est sur WOWOW, ça semble vouloir parler d’un hikikomori et de l’enjo kôsai, soit des thématiques plutôt difficiles donc moi je ne dis clairement pas non.

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Medium | Médium (série complète)

Par , le 8 avril 2012

Mine de rien, je commence à venir sérieusement à bout de toutes les fictions que j’ai amorcées il y a plusieurs années. Après avoir failli la laisser tomber, j’ai terminé récemment Medium qui est tout simplement devenu Médium en français. Derrière ce titre se cache une série américaine de sept saisons totalisant 130 épisodes, et passée aux États-Unis entre janvier 2005 et janvier 2011. Les cinq premières furent diffusées sur NBC et les deux dernières sur CBS. Ce changement de chaîne est dû à l’annulation de la production par NBC. CBS étant alors intéressée, elle a racheté les droits avant de finir par y mettre définitivement un terme. L’ultime épisode est un véritable épisode de fin, donc il n’y a pas de souci à avoir à ce sujet. En France, la série fut entièrement visible sur M6 et il se trouve justement qu’une fois n’est pas coutume, je l’ai regardée en VF. Le doublage est d’ailleurs de qualité et certaines voix françaises sont extrêmement agréables. Aucun spoiler.

Allison Dubois a depuis son enfance le pouvoir de communiquer avec les morts et de voir certains évènements avant qu’ils n’arrivent. Elle n’en a jamais parlé à son mari et essaye généralement de mettre de côté ce qu’elle pressent. Or, tout commence à changer le jour où elle se rend compte qu’elle a des informations importantes concernant un meurtre. Travaillant alors pour le procureur Manuel Devalos, elle tente de le convaincre du bien-fondé de ses propos. Forcément, tous sont perplexes et personne ne veut réellement croire qu’elle possède des pouvoirs psychiques. À force de persuasion et de preuves indubitables, Allison finit par devenir indispensable dans son service tout en continuant plus ou moins tranquillement sa vie de famille.

Si je ne me trompe pas, j’ai commencé la fiction dès son arrivée sur M6. À ce moment-là, la diffusion était plutôt correcte, mais comme tout le monde est au courant, plus les années défilent et plus les séries sont traitées n’importe comment sur les chaînes françaises. Entre les pauses de plusieurs mois en pleine saison ou les soirées de quatre à cinq épisodes avec de multiples rediffusions, on ne peut pas dire que l’on soit gâtés. Je ne sais plus trop ce qui s’est passé, mais j’ai stoppé Medium arrivée à la fin de la saison cinq. Je commençais à saturer et je n’avais pas envie de la suivre encore des années. Sauf qu’elle fut annulée très peu de temps après et j’ai pensé que c’était bête de s’arrêter si près du but. Et c’est ainsi que début 2012, j’ai décidé de retourner du côté de chez les Dubois. Dès les premiers pas de la sixième saison, je me suis demandé comment diable avais-je pu imaginer tout avorter. C’est dans ce genre de situation que je réalise que le fait de ne pas réussir à interrompre des productions est parfois appréciable.

À première vue, on pourrait penser que Medium est une série policière banale comme il y en a à foison sur de trop nombreuses chaînes. Pour autant, ce n’est pas tout à fait le cas, car avant toute chose, il s’agit d’un récit sur une famille comme il en existe des milliers aux États-Unis. Forcément, c’est pour cela que beaucoup n’y prêtent pas attention, s’attendant à y découvrir une production ronflante, barbante et prônant les valeurs de l’american way of life. Il est vrai que le schéma des épisodes est globalement le même, chacun d’entre eux se focalisant sur une affaire se déroulant à Phoenix et qui sera résolue ou non notamment grâce à l’aide d’Allison. Cependant, là aussi, ne voir en Medium qu’un formula show serait plutôt mensonger. Outre l’aspect familial, la série injecte quelques éléments fantastiques avec les dons de son héroïne. Il faut savoir qu’il existe une véritable Allison DuBois dont la fiction s’est inspirée. Elle dit être médium, mais elle n’aurait toutefois jamais aidé des autorités compétentes. Son mari s’appelle également Joe et ils ont tous les deux trois enfants. Dans la série, Allison est incarnée par la très sympathique Patricia Arquette qui effectue un travail assez remarquable. Les capacités hors du commun de la médium sont utilisées à bon escient au fil des épisodes, Medium n’hésitant pas à faire preuve d’ingéniosité et de créativité. Effectivement, Allison, en plus de voir les morts et d’interagir avec eux, doit parfois composer avec quelques aléas de ses pouvoirs. Il lui est par exemple arrivé de ne plus comprendre un seul mot d’anglais et de ne parler qu’un dialecte navajo, ou encore de se retrouver catapultée dans le corps d’une de ses filles – et réciproquement. Les épisodes ont beau se suivre, ils ne se ressemblent pas forcément et la production montre qu’elle détient toutes les capacités pour se renouveler tout en insufflant une certaine dose d’humour et de légèreté. Bien sûr, il y a des pots cassés sur le passage, des idées bien moins brillantes que d’autres, mais en globalité, la qualité des intrigues est tout à fait correcte et la série se veut bien moins consensuelle ou ennuyante que ce que l’on pourrait croire. Le seul véritable reproche serait le ton très pro-peine de mort qui dérange de temps en temps tant il est par moments prégnant. En outre, la résolution des scénarios est également parfois trop rapide. Le générique très particulier avec ces images inspirées du test de Rorschach est assez affreux dans son genre sinon. J’avoue ne plus me souvenir des saisons avant la sixième. Sachant que j’ai envisagé d’arrêter, preuve que je n’étais plus satisfaite, j’ai plutôt tendance à voir ce détachement comme un effet retors de la diffusion en paquet de M6. Medium n’est pas une série que l’on consomme en masse, elle s’apprécie davantage à petite dose afin de ne pas être ennuyé par le côté un tant soit peu répétitif des intrigues, quand bien même il y a un effort créatif par-derrière. Concernant le series finale, il est malheureusement assez moyen bien que les cinq superbes dernières minutes le sauvent du désastre. Difficile de trop en dire sans en dévoiler le dénouement, il faut juste savoir que l’on pense tout du long qu’il ne s’agit que d’un rêve, qu’on croit donc peu ce que l’on découvre tant cela s’avère amer, alors qu’en fait, tout est vrai. C’est un petit peu dommage, mais au moins, on quitte Medium sur une jolie note, surtout que la dernière minute montre quelques images plaisantes du tournage.

Pour en revenir aux dons de l’héroïne, ils sont évidemment le principal moteur de la série. S’ils ne cheminent pas réellement en tant que tels au cours des années, ils sont vus de manière totalement différente. Au départ, Allison cache ses facultés qu’elle juge encombrantes et elle aimerait bien s’en débarrasser. Même si son employeur finit par lui faire confiance, elle doit toujours demeurer dans l’ombre. Au fur et à mesure, cette place évolue totalement et suit son cours, faisant parfois passer les Dubois par de difficiles moments. De même qu’Allison, ses filles sont aussi marquées par cet héritage et les dernières saisons leur offrent un rayonnement de plus en plus important dans les intrigues, avec un résultat plus qu’à la hauteur. D’aucuns pourraient dire qu’en définitive, le personnage qui a un véritable don est plutôt Joe parce qu’il doit supporter beaucoup d’excentricités venant de sa femme, puis de ses enfants. Patient, attentif à sa petite famille, drôle et extrêmement sympathique, il a de quoi être l’époux rêvé. Le couple Dubois représente certainement l’un des plus jolis de la télévision américaine. Leurs deux interprètes, Patricia Arquette et Jake Weber, y sont aussi pour beaucoup tant ils semblent partager une grande complicité à l’écran. Allison et Joe ne sont pas des gravures de mode, sont loin d’être parfaits, se disputent, se réconcilient, doivent parfois faire des concessions qui leur coûtent, mais ils demeurent soudés et amoureux. Il s’agit sans conteste d’une très jolie relation, simple et on ne peut plus crédible. Leurs scènes au lit ou dans leur salle de bain n’ont au final rien de bien palpitant, mais c’est la chaleur et la tendresse qui en ressortent qui en font leur force.

Leurs enfants, Ariel, Bridget et Marie, grandissent au fil des saisons et elles aussi finissent très rapidement par devenir attachantes. Pour l’anecdote, ce sont des jumelles qui incarnent Marie. Les trois filles possèdent des caractères différents et malgré leurs fréquentes disputes, s’aiment et sont susceptibles de se serrer les coudes. Mention spéciale à la petite friponne Bridget qui n’en rate pas une pour parvenir à ses fins. En dehors des Dubois, Medium s’attarde sinon plus spécifiquement sur deux autres personnages, à savoir Manuel Devalos joué par Miguel Sandoval et Lee Scanlon. Tous les deux travaillent avec Allison et finissent progressivement par être plus que de simples collègues. Les intrigues ne les oublient pas non plus, car chaque saison propose généralement au moins un épisode centré sur eux. Tous comme les Dubois, ils possèdent un fort capitale sympathie et font partie intégrante de la série. D’autres personnages tertiaires gravitent autour de ce monde, certains venant de manière régulière, d’autres plus sporadiquement. Medium peut se vanter d’avoir reçu la visite de plusieurs jolis invités comme Angelica Huston, Jason Priestley, Neve Campbell, Mark Sheppard, Kathy Baker, Kurtwood Smith ou encore quasiment tous les frères et sœurs de Patricia Arquette.

Pour conclure, il est vrai que Medium n’est pas une série trépidante, mais là n’est de toute manière pas du tout son but. En dépit de sa longue durée, elle a globalement su se renouveler et proposer des épisodes imaginatifs, voire plutôt délurés. Ce ne sont pas les résolutions des affaires policières qui sont importantes ; non, c’est de voir une famille ordinaire être parfois dépassée par les évènements en partie dus aux pouvoirs d’Allison. Les saisons se suivent et la simplicité prime sans qu’elle n’en soit pour autant désagréable. C’est même généralement le contraire, car les personnages finissent par donner l’impression de faire partie de ses vieilles connaissances pour qui l’on ressent beaucoup d’attachement. Au final, Medium est surtout une série familiale plaisante qui n’aura rien révolutionné, mais qui aura su tirer parti de ce qu’elle avait à offrir, et cela, sans aucune prétention.

1 Litre no Namida: Tokubetsu-Hen ~Tsuioku~ | 1リットルの涙: 特別編 ~追憶~ (Épisode spécial)

Par , le 5 avril 2012

En raison du succès que fut l’adaptation télévisée du journal de Kitô Aya, 1 Litre no Namida, il ne fut pas étonnant qu’un épisode spécial ait été mis en chantier. C’est ainsi qu’un peu moins de deux ans après la fin du renzoku, est arrivé 1 Litre no Namida: Tokubetsu-Hen ~Tsuioku~. Il se traduit approximativement par Un litre de larmes : Souvenirs ~Édition spéciale~. Diffusé le 5 avril 2007 sur Fuji TV, il dure cent quarante minutes et se déroule plusieurs années après le décès de la jeune fille. Il peut être lancé sans avoir visionné au préalable le j-drama, mais cela semblerait un peu idiot. Aucun spoiler.

Si cet épisode spécial est effectivement très long, il est surtout une redite de la production de 2005. Il doit posséder au maximum trente minutes de séquences inédites, le reste étant dédié à un rapide résumé de ce à quoi l’on a déjà assisté. De ce fait, son intérêt réel se veut assez limité. Certes, il s’avère probablement judicieux de le regarder bien après avoir testé les onze épisodes précédents puisqu’avec des souvenirs assez flous, l’impact doit sûrement être tout autre. Toutefois, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit tout bonnement d’une répétition. J’avoue avoir passé en accéléré toutes les scènes connues. Je pense que j’aurais pu les revoir sans être ennuyée, mais je n’avais pas envie de me transformer encore une fois en fontaine. Ne soyons tout de même pas trop critiques, car ce SP comporte quelques moments plutôt sympathiques.

Aya est décédée depuis plusieurs années et l’existence de chacun suit son cours. Ako est devenue infirmière et commence son travail dans l’hôpital du Dr Mizuno. Elle y rencontre Asô Haruto qui est, comme il se l’était promis, désormais neurologue. La petite sœur de l’héroïne est déçue en retrouvant le jeune homme. Renfermé sur lui-même, faisant preuve de peu d’empathie et ne communiquant pas avec ses malades, il semble filer du mauvais coton. Les parents d’Aya, eux aussi inquiets de constater qu’Asô se laisse vivoter, décident d’essayer de l’aider, mais de manière très subtile. C’est une patiente, Mizuki (Okamoto Anri), souffrant du même mal qu’Aya, qui pousse le médecin novice à s’ouvrir sur les autres. Il lui raconte l’histoire de celle qu’il a aimée et qu’il aime toujours, et cela lui permet plus ou moins de faire le deuil de ses souvenirs et du fait qu’il n’aura jamais réussi à la sauver. Malheureusement, en plus d’être conduit artificiellement, tout ce récit va très vite, manque de nuances et d’approfondissement, mais le but de ce spécial est certainement de remémorer quelques moments marquants du renzoku. Il a pour lui de ramener sur le devant de la scène la famille Ikeuchi et de se terminer sur une superbe séquence où Nishikido Ryô est parfait.

Au final, 1 Litre no Namida: Tokubetsu-Hen ~Tsuioku~ s’apparente à un épisode spécial dispensable, mais non désagréable. Il aurait gagné à être plus court et à posséder davantage de passages inédits, car il se révèle surtout être un résumé condensé de ce qui a déjà été montré auparavant. Malgré tout, les émotions répondent encore une fois à l’appel et le courage et la leçon de vie d’Aya se veulent toujours aussi prégnants, mais cela ne suffit pas pour placer cet unitaire au même niveau que la série.