Sex and the City 2 (film)

Par , le 2 mai 2011

Par cet article, refermons la porte du bling-bling et des paillettes new-yorkaises si vous le voulez bien. Récemment j’ai donc regardé le second film de Sex and the City, sorti au cinéma aux États-Unis le 27 mai 2010 et en France le le 2 juin 2010. Il a été réalisé par Michael Patrick King qui s’était déjà occupé du premier opus et qui a officié sur la série sur HBO. Aucun spoiler.

Que passe-t-il après avoir dit « Oui » ? La vie est telle que ces dames l’ont toujours rêvée, mais ce ne serait pas “Sex and the City” si elle ne leur réservait pas quelques surprises… cette fois, sous la forme d’une aventure glamour, baignée de soleil, les entraînant loin de New York dans l’un des endroits les plus luxuriants, exotiques et vivifiants de la planète ; là où les fêtes ne s’arrêtent jamais et où le mystère est omniprésent. C’est une escapade qui arrive à point nommé pour les quatre amies, qui se retrouvent dans – et s’insurgent contre – leur rôles traditionnels d’épouse et de mère.
Source : Allociné

Quel ramassis de clichés, de placement de produits, de superficialité et de grossièreté. Ce film est tout simplement une horreur. Sans n’avoir jamais été une aficionado de la série, je ne nie pas qu’elle possédait certaines qualités comme un petit côté impertinent et libéré. Le premier film était loin d’être une réussite mais en dépit de sa longueur, il n’était pas à jeter. Celui-ci ne mérite clairement pas que l’on s’y attarde. Les filles ne sont plus que des caricatures d’elles-même et font plus pitié qu’autre chose. En outre, la caméra se focalise quasi exclusivement sur Carrie, ce qui en soit peut se comprendre mais il aurait été sympathique de montrer d’autres facettes de ses amies. Miranda par exemple ne sert strictement à rien à part balancer quelques informations, apparemment inconnues, sur le monde du Moyen-Orient. Il est vrai que personne ne sait ce qu’un niquab.

Sex and the City 2 peut être divisé en deux temps. La première partie se déroule à New York et se laisse à peu près regarder, même si le mariage gay auquel nous assistons est édifiant tant tous les clichés possibles et inimaginables sont présents. La cerise sur le gâteau est la prestation de Liza Minnelli. On y voit sinon des caméos insipides de Pénélope Cruz, de Miley Cyrus (!) et de Michael T. Weiss (The Pretender), qui a d’ailleurs pris un sacré coup de vieux. Si l’âme de la série n’est plus réellement là, quelques scènes sont bien trouvées et certaines répliques rappellent l’époque HBO.

A contrario, dès que le groupe part à Abou Dabi, le film plonge dans le consternant. Ne parlons même pas de l’argent qui coule à flot, de ces vêtements plaqués devant notre figure, de ces marques citées à tort et à travers, de ces décors dignes des Mille et Une Nuits. Non, faisons référence à cette vision du Moyen-Orient qui est à vomir. Il faut peut-être prendre ce voyage au second degré et y voir une critique sociétale. Peut-être… ou peut-être pas. Le summum du ridicule et de l’affligeant est le moment où les femmes arabes dévoilent leurs tenues. S’il ne restait pas seulement quelques minutes, je crois même que j’aurais éteint ma télévision. Je n’irais pas jusqu’à dire que le film est raciste mais on n’en est tout de même pas très loin… Il propose une vision dégradante et surfaite du Moyen-Orient, quand bien même il est évident que la condition des femmes, notamment, est loin d’y être rose.

Sex and the City 2 n’a plus grand chose de ce qui faisait le sel de la série éponyme. La verve, le piquant, les réparties cinglantes et l’ambiance new-yorkaise ont disparu pour laisser place à un manque de naturel, à de la superficialité et à des personnages creux, stéréotypés et manquant profondément d’intérêt. Il n’y a plus rien à raconter, on sent que l’on a fait le tour des protagonistes. Histoire d’enfoncer le clou, le film dure bien trop longtemps, soit 145 minutes. Quant au scénario, il ne tient que sur du vent et tout est fait de manière à montrer toujours davantage de marques et d’argent qui dégouline jusqu’à vous donner la nausée.

Malcolm in the Middle | Malcolm (série complète)

Par , le 30 avril 2011

Et voilà, je suis venue à bout de toutes les sitcoms que j’avais commencées il y a plusieurs années. À vrai dire, sans la demande de Miyuse (cf. l’article de la semaine de Noël) concernant Community, je n’en regarderais plus aucune. Je pense que c’est une question de préférence, je trouve en effet que les séries qui ne sont pas des comédies m’apportent bien plus que celles-ci. Bref. C’est ainsi qu’il y a peu, j’ai terminé Malcolm in the Middle, sobrement intitulée Malcolm en France. Presque tout le monde la connaît tellement elle est rediffusée sur M6 depuis des années, et ce, à toutes heures de la journée. J’aurais très bien pu passer à côté, mais mon petit frère, grand fan de la fiction, m’a plus ou moins contaminée. Chose rare, j’ai visionné les épisodes dans un ordre totalement anarchique. Début 2011, j’ai décidé de combler les trous en regardant ce que je n’avais jamais vu jusque-là. Ce fut assez étrange parce que j’avais quelques aventures de la saison une, une poignée de la deuxième, une ou deux de la troisième, idem pour les saisons quatre et cinq, et la totalité de la septième. En quelques semaines, je suis passée d’un Malcolm entrant dans sa classe de surdoués et haut comme trois pommes, à un futur étudiant à l’université haut comme trois pommes et demie. Pour information, je n’ai testé cette production qu’en VF, comme la plupart des sitcoms qui sont arrivées sur mon écran, d’ailleurs.

Malcolm in the Middle est une série américaine diffusée entre 2000 et 2006 sur Fox. Elle comporte sept saisons, soit 151 épisodes de vingt-deux minutes. Au départ, les audiences furent très importantes et plus les années passèrent, plus elles périclitèrent. Sans forcément faire référence aux qualités intrinsèques, il est bon de prendre en compte la politique peu pertinente de la chaîne. Chez nous, sans avoir de chiffres, il me semble qu’elle a toujours bien fonctionné. Malheureusement, pour le moment seule la première saison est disponible en DVD aux États-Unis. Le reste est gelé en raison des droits musicaux. Espérons que cette situation finira par se débloquer, car la série mérite de posséder une jolie intégrale en DVD. Aucun spoiler.

Malcolm a dix ans et vient d’être diagnostiqué enfant intellectuellement précoce. Afin de mieux optimiser ses talents, il se retrouve dans une classe spéciale et doit s’adapter à sa nouvelle vie tout en continuant de faire les quatre cents coups avec ses frères. Forcément, les parents sont quelque peu débordés face à ces monstres en puissance, mais bizarrement, ils ne réagissent pas toujours comme on pourrait s’y attendre…

La série ne serait rien sans son héroïne de famille. Elle débute par l’arrivée de Malcolm, le petit prodige, dans une classe d’enfants précoces, les fameuses têtes d’ampoule en version française (krelboyne en VO). Incarné par Frankie Muniz, Malcolm est un garçon égocentrique se plaignant tout le temps, sûr de lui, et son intelligence lui donne la possibilité de mettre au point des bêtises souvent incroyables. Il peut être insupportable, mais il n’en demeure pas moins sympathique. Lui, tout ce qu’il veut, c’est être comme tous les jeunes de son âge et ne pas sortir des rangs. Or ses facultés intellectuelles le rendent un petit peu différent. En intégrant la classe spéciale, il découvre un monde assez hors normes et la série offre alors plusieurs génies aussi cocasses les uns que les autres. Ils reviennent régulièrement au cours des sept saisons ; celui bénéficiant le plus de temps d’antenne est Stevie, le meilleur ami de Malcolm coincé dans un fauteuil roulant, asthmatique et parlant à deux à l’heure en raison de son manque de souffle. Malcolm a, au début, trois frères. Le plus grand, Francis (Christopher Kennedy Masterson), est envoyé dans une école militaire puisqu’il ne fait rien de probant, si ce n’est enchaîner les bêtises et désespérer ses parents. Il se moque sempiternellement de ses petits frères, mais comme si de rien n’était, il les protège et prend son rôle plutôt à cœur. Francis est un peu à part dans la série, car il n’habite que de manière ponctuelle avec la famille. Le deuxième garçon, Reese (Justin Berfield), est la tête brûlée qui frappe avant de réfléchir. Pas futé pour un sou, il laisse libre cours à ses instincts les plus bas et se fait toutefois rouler à chaque fois. Le petit dernier, Dewey (Erik Per Sullivan), est innocent, très mignon de prime abord et cachant admirablement sa nature manipulatrice. Et, enfin, il reste les parents, Lois et Hal. Possédant des caractères fondamentalement opposés, ils s’aiment à la folie et connaissent leurs enfants sur les bouts des doigts. Sachant qu’ils élèvent des monstres, ils n’hésitent pas à user de tous les coups, même les plus mauvais, afin d’obtenir la paix. Lois (Jane Kaczmarek) est un vrai tyran. Personne dans le quartier ne l’apprécie et tout le monde la craint, car elle se révèle constamment prête à exploser. Elle mène à la baguette son faible mari, Hal (Bryan Cranston – Breaking Bad), lui qui se laisse perpétuellement marcher sur les pieds. En réalité, il est autant fantasque que ses fils – et totalement immature, avouons-le. Il s’agit donc d’une famille atypique, dynamique, haute en couleur, diaboliquement attachante et attendrissante. Il est facile de se retrouver dans certains de ses membres et les situations qu’ils vivent font aisément écho à notre propre quotidien, même s’il est – espérons-le – un peu moins rocambolesque. Leur nom ne sera jamais révélé, ce qui s’explique par la volonté du créateur de ne pas associer une quelconque identité sociale ou culturelle à cette tribu animée.

Autour d’eux gravitent de nombreux personnages secondaires qui sont, eux aussi, truculents. On peut citer le collègue de travail de Lois fou amoureux d’elle condamné à demeurer frustré, la mère de Lois psychologiquement perturbée et cruelle, le père de Stevie et grand ami de Hal, le prof de Malcolm poussant les élèves dans leurs retranchements et se montrant narcissique au possible, etc. La série sait toujours croquer ses protagonistes avec pertinence et une certaine délicieuse satire. Durant ses sept saisons, elle s’octroie par ailleurs la présence de quelques acteurs/personnalités plus ou moins connus dans des rôles parfois importants : Merrin Dungey (Alias), Hayden Panetierre (Heroes), Tania Raymonde (Lost), Dakota Fanning, Magic Johnson, Susan Sarandon, Christina Ricci, Tim DeKay (Carnivàle), Rosanna Arquette (What about Brian), Emma Stone (Drive) ou encore George Takei. L’interprétation est de très haute volée et quand bien même la plupart des comédiens sont, à l’époque, des enfants, le résultat se veut plus que solide. Qui plus est, la franche alchimie entre tous permet à l’ensemble de se transcender et de prolonger l’esprit chaleureux s’en dégageant. Beaucoup des téléspectateurs ont sûrement l’impression de faire partie intégrante de ce microcosme bigarré férocement addictif.

Ce n’est pas trop se mouiller que d’écrire que Malcolm in the Middle est une sitcom inventive, originale et possédant un ton bien à elle. Même des années après son arrivée sur le petit écran, elle continue d’être une source d’inspiration. Pourtant, son schéma est basique et les épisodes se ressemblent assez sur leur principe. Cela ne l’empêche nullement d’être bien menée et de proposer un univers bon enfant, irrévérencieux et plutôt critique. Notons également le fameux quatrième mur, utilisé ici efficacement et ajoutant une dose de piquant à la série. Si les sept années ne sont pas d’une qualité constante, l’ensemble est globalement homogène. Le plus gros creux se trouve probablement au cours des saisons cinq et six, essentiellement quand le frère aîné, Francis, réside au ranch. Cet arc avec l’Allemand pénible – incarné par Kenneth Mars récemment décédé – n’est pas heureux et plutôt ennuyant. Par ailleurs, les épisodes sont alors moins enlevés et divertissants. À part cela, le niveau est relativement bon et si un chapitre est plus faible que le précédent il est rapidement contrebalancé par un plus réussi. La première saison est certainement la meilleure, car il n’y a que de très rares moments où l’on ne rit pas franchement. Ayant regardé la fiction sur un laps de temps tellement long, il me paraît difficile de citer un épisode plus qu’un autre, mais sachez que sur les 151 que Malcolm in the Middle contient, plus de la moitié mérite vraiment que l’on s’y attarde, que l’on soit un amateur de sitcoms ou non.

Le registre se révèle ainsi relativement particulier et inhabituel pour l’époque puisqu’au lieu de prôner la bonne humeur constante, l’entente parfaite entre les membres de la famille ou le respect d’autrui, la série se moque de la société et tout le monde se tape dessus. C’est pourquoi elle a toutes les chances de déculpabiliser les parents souvent dépassés par leur progéniture. Imaginez la scène, Dewey a fait une bêtise quelconque, Lois est furieuse et pour le punir, elle lui demande de rester dans le coin. Sauf qu’elle l’oublie et le retrouve toujours au même endroit, le lendemain matin, endormi. Va-t-elle se confondre en excuses et être horrifiée de son attitude ? Diable, non ! Et encore, il ne s’agit là que d’une petite erreur… La famille pousse le bouchon bien plus loin que ça, sans pour autant abuser et tomber dans la surenchère. Il faut aussi dire que les enfants sont atroces, car ils sont montés sur ressort. Ils ne s’arrêtent jamais et il n’y en a pas un pour sauver l’autre. Leurs bêtises sont généralement créatives et drôles. Ajoutez un Hal choyant plus que de raison son esprit d’antan et c’est la cerise sur le gâteau pour des explosions dans tous les sens. Ce n’est donc pas étonnant qu’avec une ambiance survoltée, des dialogues incisifs et des attitudes régulièrement inconvenantes – mais drôlement jouissives – que l’on s’amuse énormément en regardant Malcolm in the Middle. Compte tenu des moult qualités déjà existantes, il s’avère tout naturel que l’humour en devienne presque constant et fasse facilement mouche grâce à des répliques acérées et des situations par moments hors du commun, bien que terriblement crédibles.

Finalement, sous couvert de ses perpétuelles chamailleries et bêtises délirantes, Malcolm in the Middle brosse avec tendresse le portrait d’une famille soudée et attachante. Plutôt que d’opter pour ce qu’attend la supposée déontologie en vigueur, la fiction choisit le contresens et propose des épisodes impertinents, satiriques, parfois vulgaires et possédant une bonne dose d’absurde. L’air de rien, elle se moque de la société et amène le téléspectateur vers de jolies idées, sans pour autant l’abreuver de morales consensuelles et tellement faciles. Somme toute, si les sept saisons sont loin d’être parfaites, la série est un délice à consommer goulûment ou pas. En prime, pour ne rien gâcher, le revisionnage ne devient jamais désagréable.

Mise à jour de 2013 ~ Notre patience est récompensée ! La série commence enfin à sortir en DVD en France, chouette !

Girltrash! (épisodes 10 & 11) | web-série

Par , le 28 avril 2011

En 2007, Girltrash!, la web-série sur des lesbiennes criminelles, apparaissait sur le net. Neuf épisodes plus tard et silence radio. Il a fallu attendre 2009 pour qu’Angela Robinson, la créatrice, puisse se remettre au travail. Enfin, façon de parler vu que les nouveaux épisodes n’en sont pas vraiment puisqu’ils datent également de 2007. Il s’agit davantage de scènes inédites. Depuis cette date, il n’y a plus aucune nouveauté. La faute à qui ? Principalement à un manque d’argent. Si la web-série emploie des bénévoles, il est toutefois nécessaire qu’il y ait des moyens. Cependant, deux films seraient en préparation et le premier semble sur de bonnes voies de sortir en novembre 2011 aux États-Unis. Intitulé Girltrash: All Night Long, il s’agira d’une préquelle musicale.

En 2009, les épisodes 10 et 11 furent ainsi diffusés. Oui, ce n’est que maintenant que je l’aperçois.

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