Pushing Daisies (saison 2)

Par , le 16 avril 2011

Plus de deux ans après avoir terminé la première saison de Pushing Daisies, la seconde et dernière s’est enfin retrouvée sur mon petit écran. Diffusée sur ABC, elle est composée de treize épisodes. Il faut savoir que les dix premiers épisodes sont passés entre octobre et décembre 2008 et il a fallu attendre six mois pour que les trois derniers soient à l’antenne américaine. Respect des téléspectateurs, des scénaristes et du créateur ? Voyons, ce n’est que du superflu tout ça, tout le monde le sait. La série peut se targuer d’avoir un noyau assez important de fans, noyau s’étant mobilisé pour la faire revenir parmi nous, mais cela n’a pas suffi. Il n’y a donc pas de fin à proprement parler. Des idées de suite circulent, sans que rien n’ait été concrétisé à l’heure actuelle. Aucun spoiler.

Fin 2008, je regarde ainsi la première saison de Pushing Daisies. C’est assez à contre-cœur que je n’apprécie pas particulièrement l’univers, les personnages et les couleurs radioactives. Autant l’ambiance a tout pour me plaire, autant la recette ne fonctionne pas du tout sur moi. Il y a de ces séries que l’on a envie d’aimer, on y met même beaucoup de volonté, mais non… le visionnage se fait sans étincelle. Ce n’est donc pas particulièrement motivée que j’ai débuté la saison deux. En fait, je me lance uniquement parce que comme je l’ai déjà écrit, 2011 sera l’année où je termine toutes mes séries commencées. Si si, j’y crois. Eh bien… des fois, il suffit peut-être de revoir son jugement à la baisse, de ne plus rien attendre de quelque chose pour l’apprécier à sa juste valeur. Sans avoir été enchantée de bout en bout par cette seconde saison de Pushing Daisies, il est clair qu’elle me fut vraiment plus agréable à regarder que la précédente. Pourtant, je ne suis pas persuadée qu’il y ait eu entre temps des changements notables. Ces épisodes ne sont pas mieux construits, il y a toujours cet aspect répétitif et on peut déplorer ce côté un peu « bonbon » et gentillet. Pushing Daisies est assurément une série acidulée et qui est là pour faire du bien et calmer nos envies de mignon.

Grosso modo, la qualité des épisodes se tient durant cette saison. Toutefois, si certains comportent tous les ingrédients faisant le sel de la série, d’autres la tirent vers le bas et rappelle justement, ce que l’on pouvait reprocher jusque là. Il est dommage que toute l’intrigue sur le meurtrier de Chuck soit tout bonnement mise au placard, comme si de rien n’était. A vrai dire, la saison n’a pas de véritable fil rouge mais cela ne gêne pas outre mesure. Les épisodes sont assez indépendants, chacun étant dédié à la résolution d’un crime. Parmi les plus réussis, on retrouve le 2×08, Comfort Food, ou encore le 2×11, Window Dressed to Kill.
Que l’on se rassure de suite, la fin, sans en être réellement une, est plus que potable. La série se termine en apothéose et cette conclusion est plus que cohérente par rapport à l’ensemble.

Si la recherche du criminel est parfois stimulante, ce sont plutôt les relations entre les différents personnages qui intéressent. Je crois avoir réussi à mettre le doigt sur ce qui me dérangeait jusque là : Chuck. C’est bien simple, je ne l’aime pas. Je la trouve fade. Bien sûr que sa relation avec Ned est touchante et jolie comme tout mais là aussi… bof. Par contre, le pâtissier est adorable et Lee Pace est fabuleux dans ce rôle de grand dégingandé pas très à l’aise avec le monde. Les autres protagonistes ne dépareillent pas, même si Olive est clairement le rayon de soleil car lumineuse, attachante et touchante. Son interprète, Kristin Chenoweth, est par ailleurs extraordinaire et chante à merveille.

Pushing Daisies a réussi à brosser le portrait d’humains complètement loufoques et pour lesquels il est assez facile de ressentir de la tendresse. C’est justement ça que je n’arrivais pas à ressentir lors de la première saison et s’il m’a fallu du temps, je suis vraiment ravie d’avoir continué l’aventure. Si les personnages principaux sont effectivement hauts en couleurs, c’est également le cas des secondaires et de ceux apparaissant tout simplement le temps d’un épisode.
Du côté des acteurs plus ou moins connus dans le monde du petit écran (ou grand), on peut noter la présence de David Arquette, Wilson Cruz (My So-Called Life), Gina Torres (Firefly), Debra Mooney (Everwood), Willie Garson (Sex and the City), Wayne Wilderson (énormément de rôles mineurs dans un tas de séries), Josh Hopkins (Vanished, Private Practice), Joey Slotnick (Nip/Tuck), Robert Picardo (Stargate SG-1) ou encore de Beth Grant (Jericho).

La saison deux de Pushing Daisies n’a rien d’exceptionnel mais elle offre treize épisodes originaux, inventifs et incomparables. La série a très rapidement réussi à proposer un univers poétique assez hors du commun mais qui justement, avait toutes les raisons de ne pas trouver son public. Elle s’apprécie à petite dose car on a l’impression durant quarante-cinq minutes d’être dans une bulle rose bonbon où le taux de sucre ferait trembler un diabétique. Cela permet dès lors de se sentir bien mais attention tout de même à l’écœurement qui pourrait se faire vite sentir. La saison est dans la continuité de la précédente ; autrement dit, il est question d’enquêtes résolues de manière souvent rocambolesque par des personnages farfelus et sympathiques, le tout entouré de tartes certainement succulentes et de décors et paysages absolument magnifiques. Pushing Daisies ne me manquera pas car parfois trop caricaturale, naïve et pas assez approfondie mais cette saison m’aura clairement réconciliée avec elle et ça, ça me fait plaisir.

Churasan | ちゅらさん

Par , le 14 avril 2011

C’est avec une très grande joie et une certaine fierté que le premier asadora arrive aujourd’hui sur Luminophore. Un asa quoi ? Comme cela a déjà été écrit, le terme asadora signifie tout simplement les séries du matin diffusées uniquement sur NHK. Elles comportent dans les cent cinquante épisodes et passent entre 8 h 15 et 8 h 30 du lundi au samedi. Comme on peut s’en douter, leur cible principale est la fameuse ménagère. Cela faisait plusieurs années que je souhaitais en tester une, mais en raison de la longueur, j’hésitais un petit peu. La nouvelle année aidant, je me suis enfin lancée et je l’ai terminée à la mi-mars. Cela ne m’aura donc même pas pris trois mois, ce qui est tout à fait raisonnable. Ne connaissant pas du tout cet univers, mon choix fut du pur hasard et c’est ainsi que Churasan est passée par mes écrans. Pourquoi cette série ? Parce que je l’avais vue chez mes fournisseurs et qu’elle était disponible dans son intégralité. Aussi simple que ça. Composée de cent cinquante-six épisodes d’une douzaine de minutes, Churasan fut diffusée sur NHK entre avril et septembre 2001. C’est le soixante-quatrième asadora. Son succès étant important, elle a bénéficié par la suite de trois autres saisons – si l’on peut appeler ça comme ça – sous forme de renzoku passant cette fois dans la soirée. Tout cela sera traité sur Luminophore à un moment donné. Le titre du j-drama signifie magnifique en okinawaïen. Aucun spoiler.

Kohagura Eri est née sur l’île de Kohamajima, le jour même où les États-Unis quittaient définitivement Okinawa. Elle vit toujours sur l’archipel avec ses parents, sa grand-mère et ses deux frères. Alors qu’elle n’est âgée que d’une dizaine d’années, elle rencontre et tombe amoureuse d’Uemura Fumiya qui lui promet qu’ils se marieront un jour. Mais Fumiya doit retourner habiter à Tôkyô et Eri, elle, reste du côté d’Okinawa. Les années passant, elle décide de se rendre dans la capitale ; qui sait, peut-elle qu’elle retrouvera celui pour qui son cœur bat depuis tout ce temps ?

Cent cinquante-six épisodes, nous sommes d’accord, cela fait peur quand bien même leur durée est très courte. Pourtant, si l’on calcule comme il faut, cela donne approximativement une série de trente-et-un épisodes d’une heure ou vingt de quatre-vingt-dix minutes. De suite, cela passe mieux, non ? De plus, il est évident que caser une douzaine de minutes dans son programme habituel est une tâche aisée. C’est pour cette raison qu’il faut essayer de ne pas trop se formaliser sur ce nombre effrayant, surtout qu’une fois lancé, on ne voit plus le temps défiler. Sur une autre donnée technique, je tiens à ajouter qu’il existe une traduction française réalisée par Ai Movie. C’est d’ailleurs pour elle que j’ai opté et je ne le regrette pas du tout alors que je tends à préférer la VOSTA. J’ai vraiment envie de saluer leur travail, car les équipes de fansub ne sont pas multiples à dénicher des j-dramas méconnus et sortants de l’ordinaire – et veillant à mettre un point final à l’ensemble ! Par ailleurs, la qualité de la traduction semble fiable et ce fut un vrai plaisir de découvrir Churasan en leur compagnie. Il ne reste plus qu’à espérer que la suite arrive bientôt chez eux.

   

Il ne faut pas se fier aux cinq, six premiers épisodes qui s’avèrent assez lents à s’installer tandis qu’ils illustrent l’héroïne, Kohagura Eri, lorsqu’elle est enfant. Si ce passage est obligatoire puisqu’il s’agit du ciment de l’histoire, il n’est pas des plus révélateurs quant à l’ensemble. Le début n’est pas mauvais, mais il fait très vieillot. Il convient également de préciser que la série date de 2001 ; dix ans se sont donc déjà écoulés et le poids des années se fait ressentir, même si l’on s’y habitue normalement plutôt rapidement. En fait, Churasan s’organise en petits arcs d’environ cinq épisodes à chaque fois, soit globalement un par semaine de diffusion, et tous traitent des moments de l’existence d’Eri. Si certains d’entre eux peuvent être triviaux, ils sont aussi en mesure d’être plus marquants, voire sortant quelque peu de l’ordinaire anecdotique, bien que régulièrement mis en scène de manière truculente. Dans tous les cas, Churasan est une série tranquille prenant son temps et narrant des choses toutes simples et plus que crédibles. Il n’y aucune volonté de dramatisation, de surenchère ou de faire fantasmer. Non, ce sont des tranches de vie banales si ce n’est qu’elles sont filmées avec une telle tendresse que l’on se plaît à suivre les aventures de la joviale Eri et des personnages qui l’entourent. Il semble d’ailleurs évident en regardant la série qu’elle est à destination des femmes. Ce sont effectivement elles qui mènent ici la danse et tout tourne autour d’elles. Les hommes, bien que présents, sont quelque peu relégués au second plan, mais n’en demeurent pas moins indispensables. Il va de soi qu’avec cette formule, la ménagère se sent bien plus investie et, surtout, peut plus facilement s’identifier au quotidien des protagonistes.

Eri, l’héroïne, est au départ une lycéenne sur le point de passer dans le fameux monde des adultes. Incarnée par la dynamique Kuninaka Ryôko (Kekkon Dekinai Otoko, Madonna Verde, Tumbling), elle a le cœur sur la main, est très naturelle et se dirige toujours vers les autres. Il est vrai, sa perpétuelle pêche et son éternel optimisme, voire son incroyable naïveté, peuvent quelque peu irriter par moments. Toutefois, c’est justement ce qui fait son caractère et il s’agit à la fois de ses qualités et de ses défauts. La série en joue bien et en tire correctement parti. Ce qui marque en premier lieu dans Churasan est incontestablement l’évolution de ses personnages. Aucun n’est figé dans la roche et ils suivent tous un chemin propre, crédible et cohérent avec ce que l’on sait et ce que l’on apprend sur eux. Eri en est la figure de proue et elle est loin d’être la seule à avoir cet honneur. Un peu perdue, elle n’a aucune idée de l’orientation à donner à sa vie et espère avoir un jour un déclic. Elle prend des risques, se trompe parfois et tente de concilier au mieux ses rêves avec la réalité. Elle mûrit au fil des épisodes et devient une femme épanouie. La série se déroule effectivement sur plusieurs années, ce qui peut amuser un tant soit peu, car les acteurs, eux, ne changent pas du tout, même si par exemple, la coiffure d’Eri évolue au fil du temps. Au début de la fiction, tandis qu’elle n’est qu’une enfant, elle rencontre un jeune garçon, Fumiya. Suite à certaines circonstances, les deux jurent de s’épouser une fois adultes. Mais la vie fait qu’ils se séparent. Peut-on vraiment se retrouver des années après ? Que vaut une promesse faite lorsque l’on a une dizaine d’années ? Le fil rouge de l’histoire est assez irréaliste, mais après tout, plausible. Il met du baume au cœur en tout cas.

Churasan ne serait rien sans la famille d’Eri, les Kohagura. Les membres la constituant sont tout simplement fabuleux. Les caractérisations sont écrites avec finesse et richesse et, en plus, les acteurs sont sincèrement épatants. Ils sont vraiment attachants et l’on se plaît à rêver d’être un composant de cette cellule haute en couleur et plutôt extraordinaire. Keibun (Sakai Masaaki), le père, est un homme assez paresseux qui adore jouer du sanshin (un instrument traditionnel d’Okinawa proche du shamisen) et qui passe son temps à profiter du soleil d’Okinawa. Un peu niais sur les bords, il aime sa famille jusqu’à la folie et est l’élément boute-en-train du groupe. Malgré ses bougonnements, il suit toujours ce que disent sa femme, Katsuko, et sa mère (Taira Tomi) qui vit avec eux. Les deux sont délicieuses. Katsuko, campée par Tanaka Yoshiko (la mère du personnage d’Oguri Shun dans Tôkyô DOGS), est celle qui porte la culotte. Ayant la tête sur les épaules, elle laisse son époux faire ce qu’il veut et est contente si, lui, il est heureux, même s’il ne rapporte jamais d’argent et en dépense un peu trop pour des futilités. Sa belle-mère, la fameuse obâ-san, est la narratrice de l’histoire. Possédant une voix charismatique, elle distille toujours ses petits commentaires truculents et franchement vivifiants. Elle aussi est adorable. Quant aux enfants des Kohagura, se trouve naturellement Eri, la cadette. Sinon, l’aîné, Keishô, est fantasque et met en place des projets ahurissants, mais créatifs (ah, Goyaman !) et il y a également Keitatsu, incarné par un jeune Yamada Takayuki (Byakuyakô, Water Boys, Yamikin Ushijima-kun, H2, Taiyô no Uta) en forme, qui est celui le plus terre à terre de ce groupe. Il aimerait devenir rockeur et décide de tout faire pour y parvenir.

À côté de cela, Eri ne restant pas indéfiniment chez ses parents, intègre la résidence Ippukan à Tôkyô où, là aussi, les habitants sont bigarrés et si l’on ne se sentait pas déjà appartenir à une grande famille, il est clair qu’à partir de ce moment-là, c’est plus que le cas ! Entre la propriétaire douce, l’acariâtre amateur de musique classique, le vieux garçon gentil comme tout, la femme d’affaires farfelue (Yo Kimiko – Yankee Bokô ni Kaeru) et l’auteure de contes de fées sarcastique et cynique, on est plus que comblé. Impossible de ne pas s’attarder un petit peu sur eux tout de même. Celle qui a mes faveurs est sans aucune hésitation l’écrivaine, Maria, jouée par Kanno Miho (Magerarenai Onna, Guilty), car elle est piquante à souhait et en dépit de ce qu’elle souhaite montrer, elle s’attache plus que de raison à Eri. Tous les personnages, bien que nombreux, sont reliés ensemble et il en ressort une véritable logique et une amitié sincère. Ce qui prime en regardant Churasan est son ton assez déjanté et enlevé. On rit beaucoup et l’on s’amuse tout autant. À vrai dire, partout où l’héroïne passe, elle égaye le monde par sa fraîcheur. Eri finit généralement par rassembler les gens et si tout n’est pas toujours rose, elle délie les cœurs. Bien que cela puisse sonner très niais ou Bisounours, ce n’est pas du tout le cas. On retrouve ainsi le gérant du restaurant okinawaïen, les collègues d’Eri lorsqu’elle choisit sa carrière professionnelle (chut !) ou d’autres personnages ne pouvant être spécifiés au risque de dévoiler de trop l’intrigue. Plusieurs acteurs assez connus sont de la partie dans des rôles plus ou moins secondaires comme Konishi Manami (Ashita no Kita Yoshio), Becky (Nodame Cantabile, H2), Endô Yûya (Voice, Shiroi Haru, Yasha) ou encore Kabira Jay (Xmas Nante Daikirai).

Du côté des sujets abordés, ils sont principalement en lien avec Eri et touchent donc l’arrivée dans le monde adulte, la découverte parfois difficile de la réalité, les émois romantiques, les premiers pas dans la vie active… Toutefois, cela ne s’arrête pas à ce niveau, car avec les autres figures, il est question du célibat, de la demande de la société de se plier aux règles, de l’amour entre deux personnes âgées, de l’argent, etc. Il y en a pour tous les goûts. Si la série garde une certaine dose d’optimisme et de bons sentiments, elle n’en demeure pas moins raisonnable de ce côté-là. Par ailleurs, une chose appréciable, c’est que la femme n’est pas vue à travers le prisme masculin. Elle détient sa propre condition et vit sa vie de la manière qu’elle le souhaite. Ainsi, deux des résidentes de l’ippukan sont dans leur trentaine ou dans les environs, et il n’y aucune pression de mariage ressentie ou d’obligation de faire comme ce que la société dicte. À noter que le scénariste n’est autre qu’Okada Yoshikazu qui a écrit une pépite comme Zeni Geba (bon, Shôkôjo Seira aussi) et son nouvel asadora, Ohisama, avec principalement Inoue Mao, débute prochainement.

Au niveau du cadre, l’intrigue se déroule à la fois à Kohamajima, à Naha et à Tôkyô. Ah, quel plaisir ! Les séries japonaises se passant à la capitale sont très nombreuses, mais celles mettant à l’honneur Okinawa le sont beaucoup moins. C’est un vrai délice de voir des paysages de là-bas et, surtout, d’avoir un aperçu important de leur culture particulière et très contrastée par rapport au reste du pays. Il y a les évènements traditionnels, leur langue, la musique, la vision de ces repas apparemment succulents dont on sentirait presque les effluves, etc. En fait, on ressent surtout une ambiance bien palpable et si tant est que ce n’était pas déjà le cas, on note sur son calepin qu’il faudra impérativement faire un tour du côté de la préfecture lors de son voyage au Japon ! C’est un peu comme si la vie se déroulait là-bas à un rythme différent et bien plus paisible. La musique composée par Maruyama Kazunori participe d’ailleurs à cette atmosphère particulière et définitivement pittoresque.

Au final, regarder Churasan c’est comme avoir l’impression de faire partie d’une famille, un peu étrange certes, mais terriblement attachante. On visionne les épisodes avec un sourire plaqué sur le visage et l’on se sent bien. Il est indubitable que l’asadora ne plaira pas à tout le monde, car il ne s’y passe rien sortant de l’ordinaire et certains arcs sont un peu longuets, mais ceux qui apprécient les tranches de vie et les personnages charmants et évolutifs devraient y trouver leur compte. La distribution est solide, il y a une bonne dose d’humour, les musiques sont un vrai régal et les paysages, surtout ceux en lien avec Okinawa, font rêver. En d’autres termes, on sent une immense tendresse pour ce petit univers coloré et adorable que l’on quitte avec les yeux quelque peu humides. Vite, la suite !

My Name is Earl | Earl (série complète)

Par , le 12 avril 2011

Continuons avec une autre sitcom que j’ai décidé de liquider à la fin de l’année 2010. Au risque de me répéter, je ne suis pas particulièrement friande des comédies car elles m’apportent moins que les autres genres. Si au début de mes pérégrinations de sériephile, j’ai débuté beaucoup de séries parce que justement, il s’agissait de séries et que je n’en demandais pas plus, je n’agis plus du tout de cette manière. Je suis heureusement devenue plus sélective. C’est ainsi que My Name is Earl est passée par mes écrans. Remplaçant Scrubs dans la case horaire du vendredi soir de M6, je me suis dit à l’époque que j’allais lui donner sa chance. Il y a de fortes probabilités que si elle avait débuté à l’heure actuelle, je ne l’aurais jamais testée. Créée en 2005 par Gregory Thomas Garcia (Raising Hope), elle fut annulée en 2009 au terme de sa quatrième saison. Elle comporte ainsi 96 épisodes d’une vingtaine de minutes diffusés sur NBC. À noter que le titre français est Earl. Aucun spoiler.

Earl J. Hickey est un petit malfrat sans grande envergure qui, après avoir gagné une grande somme à la loterie, la perd et se fait renverser par une voiture. Y voyant un signe du karma, il décide de réparer tout le mal qu’il a fait depuis sa naissance. Pour cela, il créé sa propre liste et tente avec son frère de réparer ses erreurs.

My Name is Earl se déroule chez les white trash qui comme son nom -très insultant au demeurant- le laisse supposer, fait référence aux pauvres bouseux blancs. La galerie de protagonistes de la série ne comporte pas de lumières, bien au contraire. Ils sont tous assez limités et/ou ont souvent affaire à la justice, en plus de vivre dans des conditions peu souhaitables. Pourtant, malgré leurs difficultés, la série prend le parti d’en rire et est plutôt noire. Les thématiques abordées sont variées mais dépeignent généralement la société et ses problèmes. Puisqu’il s’agit d’une comédie, le but est de faire rire et la série s’y emploie en utilisant à tour de bras le comique de situation et le burlesque. Elle parvient à détourner tout et n’importe quoi, offrant un ton particulier et fort agréable. De plus, les personnages sont tous colorés et ont chacun un ou plusieurs grains de folie. Si My Name is Earl met tout particulièrement à l’honneur un petit groupe, elle possède aussi ses figures de pilier de comptoir que l’on se plaît à revoir au fil des saisons. On peut citer le gay de service, la prostituée, le facteur borgne, la femme unijambiste, le policier incompétent obèse, etc. On ne se souvient pas souvent de leur nom, si tant est qu’il soit dit à l’antenne, mais leur visage est définitivement connu. Bien sûr, ce sont des clichés ambulants mais la série en joue et parvient à trouver le bon ton pour amuser. La sitcom peut alors se targuer d’avoir son propre univers truculent et bigarré.
Il y a de fortes chances que la série soit un vrai délice en VO avec un probable accent à couper au couteau / plouc mais, comme la plupart des sitcoms que j’ai commencées il y a quelques années, je l’ai vue en VF ! Eh oui. Et côté doublage, ça va.

Beaucoup de sériephiles auront reconnu sans difficulté certains acteurs en tant qu’invité ou dans des rôles récurrents. Citons par exemple Alyssa Milano (Charmed), Beau Bridges (Stargate SG-1), Ben Foster (Six Feet Under), Michael Rapaport (Prison Break), David Arquette, John Leguizamo (ER), Erik Estrada (CHiPs), Sean Astin (The Colour of Magic), Seth Green (Buffy the Vampire Slayer), Timothy Oliphant (Justified), Jane Seymour (Dr. Quinn Medicine Woman) ou encore Christian Slater.

Earl, incarné avec brio par Jason Lee, est un loser. Il a la trentaine, vit avec son frère très limité, Randy (Ethan Suplee), dans un motel et ne fait rien de ses journées. Il fut autrefois marié à Joy, jouée par la fabuleuse Jaime Pressly, femme vulgaire qui ne mâche pas ses mots et diaboliquement attachante. Bien qu’ils soient divorcés, ils se voient tous les jours et s’ils se critiquent quasi systématiquement, ils s’entendent plutôt bien. Que l’on se rassure de suite, la série ne rendra jamais cette situation romantique. Earl et Joy s’aimeront toujours à leur manière tordue mais ça s’arrêtera là. My Name is Earl n’est pas une romance et si les sentiments sont de temps en temps de la partie, c’est plus pour servir l’intrigue.
Earl gagne un jour à la loterie et décide dès lors de changer de vie, pensant que c’est Karma, qu’il voit comme une entité un peu comme Dieu, qui lui offre la possibilité de se racheter. Earl était effectivement jusque-là un truand de bas étage, alternant entre les coups foireux et la case prison. Il note ainsi sur une liste toutes ses mauvaises actions et décide de les rayer une par une. C’est pourquoi chaque épisode est dédié à une action, généralement fort cocasse. Il est aidé dans sa quête par son frère, Randy. Ce dernier n’est pas futé et est très innocent.
Tout le monde va boire un verre et manger du crabe dans le restaurant de Darnell qui semble toujours planer sur son nuage et qui, se révèlera être le plus intelligent du groupe. La série, en plus de parler des bas-fonds de la société américaine fait aussi régulièrement un tour du côté des immigrés clandestins. On retrouve par exemple Catalina, la stripteaseuse mexicaine.

Si la série est assez répétitive car elle repose sur le même système, elle se laisse agréablement regarder lors des deux premières saisons. Malheureusement, la deuxième partie de la troisième saison et plus particulièrement la quatrième, sont nettement inférieures. Il y a une volonté d’innovation, comme cet arc dans le monde des séries tv des années 1960 – 1970, mais la sauce prend difficilement. On rit moins et on trouve tout simplement le temps long. Certains épisodes parviennent à sortir My Name is Earl de sa torpeur mais le mal est fait. Son annulation n’est donc pas à déplorer car il était temps de raccrocher mais elle aurait mérité une véritable fin car elle n’y a pas eu le droit.
Autrement, impossible de ne pas parler de la musique qui est parfaitement adaptée à cette ambiance white trash. Earl est un fan de rock et parle régulièrement de groupes comme AC/DC et Lynyrd Skynyrd.

Au final, My Name is Earl est une sitcom burlesque, bien interprétée, et n’hésitant pas à oser tout et n’importe quoi. Généralement, le résultat fut payant mais malheureusement, la série se perd un peu dans sa dernière saison. Néanmoins, il s’agit d’une série sympathique car attachante et possédant son propre univers. Elle permet par ailleurs de montrer plusieurs couches de la population qui n’intéressent que peu le petit écran, ce qui est bien dommage.