Marumo no Okite | マルモのおきて

Par , le 26 août 2011

Vous commencez à comprendre le principe, suite à la demande de Carole de Critictoo, j’ai regardé tous les j-dramas du printemps 2011 qui étaient sous-titrés durant cette période. Et c’est de cette manière que je me suis retrouvée devant des séries qui ne me donnaient pas envie comme Marumo no Okite. Composé de onze épisodes, le renzoku fut diffusé entre avril et juillet 2011 sur Fuji TV. Les épisodes ont une durée assez variable car le premier dure une heure, le septième cinquante-cinq minutes, le dernier soixante-dix minutes et tous les autres quarante-six minutes. Sinon, un épisode spécial (un SP – tanpatsu) de deux heures est en préparation. La série fut la surprise de la saison puisque ses taux d’audience furent très bons alors qu’elle se trouvait sur la même case horaire que la saison deux de JIN (sur TBS). Le titre signifie tout simplement les règles de Marumo. Aucun spoiler.

Takagi Mamoru est un homme vivant seul dans un petit appartement au-dessus d’un restaurant. Il n’est pas marié et n’a aucune femme dans sa vie. Il passe tout son temps libre à fabriquer des petites maquettes et son mini-studio est un vrai capharnaüm. Tout ceci n’est pas forcément un problème si ce n’est qu’il n’est pas heureux. Il croit peut-être l’être mais sa vie est vide. Un soir, il revoit un très vieil ami d’enfance, Sasakura Junichirô. Père divorcé de deux jumeaux, Kaoru et Tomoki, il est émerveillé par ses enfants bien qu’il avoue que la vie ne soit pas toujours tendre. Mamoru ne l’envie pas une seule seconde. Sauf que Junichiro décède et suite à un concours de circonstances en disant long sur le caractère de Mamoru, ce dernier décide de prendre en charge les jumeaux. Un chien, Mook, vient se greffer et la vie en solo fait place à la vie à quatre.

   

Si Marumo no Okite ne m’intéressait pas particulièrement c’était parce que le rôle principal est interprété par Abe Sadao. Que l’on ne me fasse pas dire ce que je ne pense pas, j’aime beaucoup cet acteur que je trouve drôle, décalé et n’ayant apparemment honte de rien. Après l’avoir vu dans Kisarazu Cat’s Eye, Tiger & Dragon ou encore dans Ikebukuro West Gate Park, je peux écrire qu’il est très bon dans la registre de la comédie déjantée. Le problème est qu’il surjoue à mort, qu’il brasse beaucoup d’air et peut donc vite fatiguer. En rôle secondaire, on rigole, mais de là à l’avoir toujours à l’écran… Eh bien, figurez-vous qu’il sait naviguer à merveille entre les différents registres car il prouve dans Marumo no Okite qu’il est capable incarner d’autres personnages que des excentriques en puissance.

Marumo no Okite est ainsi l’histoire de jumeaux ayant perdu leur père des suites d’un cancer. Comment vont-ils s’en sortir ? Leur mère n’étant plus dans les parages, vont-ils être séparés ? Si Mamoru propose une solution temporaire, que va-t-il se passer par la suite ? En plus, leurs oncles et tantes ne peuvent les héberger ensemble, l’un devrait aller alors chez la tante et l’autre chez l’oncle. Si la série sonne triste en lisant ces lignes, ce n’est pas le cas. Elle est bien sûr émouvante et lors du premier épisode essentiellement, on a les yeux très humides, mais elle est surtout attachante et très drôle. C’est une comédie avec quelques éléments de réflexion plutôt fins et une immense dose de tendresse. L’humour est plus que présent et fait généralement mouche. C’est typiquement le genre de série qui met du baume au cœur et qui fait que l’on se sent admirablement vivant. En soit, Marumo no Okite n’est pas foncièrement extraordinaire mais l’histoire n’a pas besoin d’être plus qu’originale afin de toucher et dépasser le simple cadre de divertissement pur et dur. Le j-drama met en avant un petit groupe de personnages qui apprennent à se connaître et qui se rendent compte que la famille ne se limite pas exclusivement aux liens du sang. Ce n’est pas parce que l’on n’a aucun lien de parenté avec quelqu’un que l’on ne peut pas se sentir proche. De même, on peut être une famille tout en étant éloignés. Marumo no Okite met donc tout particulièrement en avant la famille au sens le plus large du terme. Comme dans toutes celles qui existent, il y a des hauts et des bas mais les membres qui la composent sont toujours là, quoi qu’il se passe. Le titre vient justement de là, Marumo no Okite signifie effectivement les règles de Marumo. Marumo est le nom que les jumeaux donnent à Mamoru suite à un méli-mélo de Tomoki. Mamoru, en accueillant les enfants, décide d’instaurer quelques règles qu’il note dans un cahier. Ces commandements ne sont pas là pour brider qui que ce soit mais pour permettre à ces deux petits protégés de s’épanouir. On peut craindre à juste titre la morale et les bons sentiments, or la série s’en sort très bien et évite les écueils du genre et cela, en grand partie grâce à ces personnages et au ton plutôt enlevé.

Le héros, Takagi Mamoru, est un homme ayant le cœur sur la main. Il n’a pas d’arrière-pensées et même s’il est parfois un peu niais, il se donne à fond lorsqu’il faut faire une activité. Il comprend au contact des enfants que quelque chose manquait à sa vie et se prend immédiatement d’affection pour ces deux inséparables. Abe Sadao est parvenu à parfaitement trouver le juste-milieu entre l’aspect plus sérieux et adulte de son personnage avec le côté plus déjanté et original, rendant dès lors son Mamoru irrésistible. L’acteur est plutôt exceptionnel car il n’hésite pas à donner de sa personne, y aller vraiment et pratiquer l’auto-dérision quitte à en devenir ridicule. Contre toute attente, il est donc largement supportable voire même adorable. L’alchimie qu’il a avec les deux enfants est également incroyable et c’est elle qui permet à Marumo no Okite de littéralement décoller. Les trois sont drôles, touchants et leur histoire sonne plus que crédible.
Justement, quid des jumeaux ? Ce ne sont pas de vrais jumeaux puisqu’il y a une fille, Kaoru, et un garçon, Tomoki. Âgés de six ans au début de la série, ils ont beau être des jumeaux, ils ne ressemblent ni physiquement, ni mentalement. Ceci dit, ils ont au moins un point commun car ils ont de bonnes bouilles adorables et leurs interprètes sont excellents en dépit de leur âge. Kaoru est une petite fille mignonne comme tout et qui est bien trop sérieuse et réfléchie pour son âge. Mature, elle comprend rapidement ce qu’il se passe et oublie parfois qu’elle n’est qu’une enfant et qu’elle n’a pas à s’inquiéter des problèmes d’adultes. Elle doit simplement se préoccuper des choses triviales d’une fille de son âge. C’est Ashida Mana qui l’incarne et certains d’entre vous sont certainement déjà tombés sous son charme dans Mother. Elle a tout pour devenir une actrice exceptionnelle tant elle est déjà incroyable. Son frère, Tomoki, est tout l’inverse de Kaoru. Assez bébé, il est naïf, souvent à côté de la plaque, a peur de beaucoup de choses et se repose sur Kaoru. Les deux sont comme les doigts de la main et ne peuvent vivre l’un sans l’autre. Ils s’entraident et leurs discussions sont généralement jolies comme tout. L’interprète de Tomoki, Suzuki Fuku, est plutôt bon et surtout, extrêmement mignon. Il est évident que ce duo a été bien choisi tant les jumeaux sont adorables. Il ne se passe pas un seul épisode sans que l’on se dise qu’ils sont attendrissants et on a vraiment envie de leur faire un gros câlin ou de s’amuser avec eux. Même lorsque l’on n’aime pas du tout les enfants à la base !
Dernier membre de la famille, Mook, est un chien errant que Tomoki ramène avec lui. Pour ceux qui se posent la question, il s’agit d’un schnauzer. Le hic ici est que cet animal… parle ! Comment cela diable est-il possible ? Mamoru et les jumeaux n’hallucinent-ils pas ? Au départ, c’est un petit peu bizarre de voir Mook discuter mais à la longue, à l’instar de Mamoru qui hurle à chaque fois, on s’y fait et on ne s’en rend même plus compte. Mook ne parle pas pour ne rien dire néanmoins, il y a toujours une raison sous-jacente… Et puis il adore se moquer de Mamoru.

À côté de cette nouvelle famille, on retrouve d’autres personnages secondaires. Par exemple, il y a les collègues de travail de Mamoru. Ce dernier exerce dans une entreprise de fabrication de matériel de bureau (papier, crayons, gommes, etc.). Son emploi est tout de même très particulier car il est dans le service après-vente, là où les gens n’étant pas contents de ce qu’ils ont acheté téléphonent pour se plaindre. Mamoru passe ainsi ses journées à s’excuser. On sent bien le côté différent du Japon de chez nous d’ailleurs. En France, qui irait présenter ses excuses à quelqu’un ayant utilisé le capuchon d’un stylo comme coton-tige et s’étant donc abîmé l’oreille ?! Marumo no Okite ayant de nombreux ressorts comiques, ses collègues sont assez hauts en couleur. On y retrouve comme acteurs la toujours aussi belle Takizawa Saori (Hachimitsu to Clover), Konagi Yû (Onnatachi wa Nido Asobu) en employé plus intéressé par une certaine femme ou encore Ibu Masato (Nodame Cantabile) en patron bienveillant.
Mamoru et les enfants habitent au-dessus d’un restaurant géré par un père et sa fille qui revient après avoir divorcé. Les deux se chamaillent assez souvent mais même s’ils ne le disent pas, ils s’aiment énormément. Les deux se prendront immédiatement d’affection pour les jumeaux et ils tenteront d’aider au mieux leur voisin, et ce, dans tous les domaines possibles et inimaginables. Pour en revenir à l’établissement en tant que tel, le dernier épisode y montre un cameo du probable trio (Mizuki, Sano et Nakatsu) du reboot de Hanazakari no Kimitachi e.

Pour terminer, impossible de ne pas mentionner la musique composée par Sawano Hiroyuki (BOSS, Binbo Danshi, Taiyô no Uta) et Yamada Yutaka. La piste instrumentale que l’on entend dans chaque épisode est magnifique et transcende généralement l’émotion. Elle force peut-être parfois un peu les sentiments mais elle est tellement belle que l’on se laisse plus facilement avoir. Surtout, la chanson du générique de fin, Maru Maru Mori Mori!, interprétée par les deux acteurs des jumeaux avec le chien, est délicieuse car mignonne et entraînante. Allez avouez, vous aussi vous étiez en train de vous trémousser en la regardant, tout en baragouinant ce que vous pouviez. Ce n’est pas du tout étonnant que cette chanson ait fait un tabac au Japon.

Marumo no Okite est au final une série familiale mêlant habilement la comédie et le drame. Il ne se passe pas un seul épisode sans que l’on ne rit aux éclats et on est également facilement ému par ce qu’il s’y passe. Par ailleurs, si le j-drama paraît assez léger, il est finalement plus profond qu’il n’en a l’air et amène quelques éléments de réflexion pertinents concernant la cellule familiale. Quoi qu’il en soit, ce qui importe réellement ici est que si Marumo no Okite n’est pas en soit un j-drama exceptionnel au sens strict du terme car parfois un peu facile ou étirant une certaine intrigue trop en longueur, il demeure mignon comme tout et sincèrement attachant. La petite nouvelle famille est attendrissante, la distribution est impeccable alors qu’il y a de jeunes enfants, et on ressort de ces onze épisodes charmé et en mode Bisounours. La série pourrait ainsi être comparée à un excellent bonbon faisant du bien à l’humeur, sucré mais pas trop et surtout, très acidulé. Vivement le SP~

Muscle Girl! | マッスルガール!

Par , le 25 août 2011

Muscle, muscle, muscle girl ! À prononcer avec l’accent japonais, évidemment. Ah je vous jure, que ne ferait-on pas pour ne pas bâcler son travail ? J’ai donc regardé dernièrement Muscle Girl! dans le cadre de l’article prévu sur Critictoo. Diffusée sur TBS au Japon entre avril et juin 2011, la série est composée de dix épisodes d’une vingtaine de minutes. Aucun spoiler.

À la mort de son père, Shiratori Azusa hérite du club de catch féminin qu’il dirigeait jusque-là mais elle reçoit en même temps les difficultés financières. Alors qu’elle bataille pour continuer de maintenir à flot son club malgré des concurrents déloyaux, elle doit aussi subir la perte de son arbitre. Lorsqu’elle rencontre un jeune homme disant s’appeler Kimu, elle ne lui laisse pas le temps de réfléchir et l’emploie comme arbitre ! Sauf que ce dernier est en réalité une pop star sud-coréenne…

   

Muscle Girl! est une co-production entre le Japon et la Corée du Sud. Le pays du Matin Calme ne semble pas avoir fait grand-chose si ce n’est fournir une de leur star : Lee Hong Gi. À vrai dire, la série résonne davantage comme une pub géante pour son groupe, F.T. Island qui, comme par hasard, s’exporte au Japon et vient de sortir quelques singles. Oh, étrange. Un ancien membre, O Won Bin, se permet par ailleurs de faire un petit coucou durant un épisode. Et vous savez quoi ? Lui aussi a sorti récemment un mini-album au Japon. Nan, sans rire.

Imaginez quelques secondes une série avec un budget anémique réalisée n’importe comment, très mal jouée, encore plus mal écrite et avec un scénario débile. C’est bon, vous voyez le genre ? Eh bien, vous n’y êtes pas encore. Muscle Girl! est pire que ça. Si, si. On peut toujours vouloir faire du prosélytisme envers les j-dramas mais face à ce type de série, ce n’est juste pas possible. Muscle Girl! est affreusement mauvaise. Il est question d’une jeune femme, Azusa, interprétée par la toujours aussi médiocre Ichikawa Yui (Kurosagi, H2, Yankee Bokô ni Kaeru), qui doit reprendre l’affaire familiale. Elle se retrouve ainsi à la tête d’un club de catch féminin composé de quelques membres. Pauvre d’elle, elle subit les attaques cruelles du méchant de service unilatéral incarné par Mikami Kensei (Tôkyô DOGS). Azusa ne sait quoi faire pour se sortir de ce mauvais pas mais elle va pouvoir compter sur l’arrivée inopinée d’un chanteur à minettes sud-coréen, Yu Ji Ho. Lee Hong Gi (You’re Beautiful) lui offre donc ses traits. Si l’entendre parler japonais est assez amusant, il n’est pas particulièrement bon mais il faut avouer que le matériel donné n’aide pas. Ji Ho est poursuivi par son manager stupide parce qu’il a tout plaqué pour chercher sa mère, l’ayant abandonné pour on ne sait quelle raison il y a quelques mois. Forcément, il faut ajouter une certaine dose de pathos, sinon ça marche moins bien. N’oublions pas les trop longues scènes sur les autres membres du club qui ont toutes un problème à régler et dont on se fiche royalement.

Muscle Girl! est en conclusion une série à jeter à la poubelle car elle n’est ni drôle, ni émouvante, ni attachante, ni sympathique. Elle est juste insipide et ridicule. Les combats de catch font plus rire qu’autre chose et sont à la limite du consternant. Ne parlons même pas de la morale, des clichés et des bons sentiments que l’on nous assomme durant chaque épisode. Au final, elle est vraiment à déconseiller, que l’on soit fan de Hong Gi ou pas. Restent les deux chansons de F.T. Island que l’on entend, Haruka et Itsuka, qui sont très sympathiques.

JIN | JIN-仁- (saison 2)

Par , le 25 août 2011

Après être tombée amoureuse de la première saison de JIN, il était évident que la seconde allait passer par mes écrans. C’est bien simple, il fallait que je la regarde sans plus tarder. Remettons quelque peu en place le contexte. JIN est l’adaptation du seinen manga de Motoka Murakami, disponible chez Tonkam. Je ne l’ai pas lu donc je ne pourrai comparer mais c’est prévu. Après onze épisodes diffusés en 2009, la série aurait pu s’arrêter là mais il a fallu compter sur la demande très importante du public. C’est ainsi qu’une seconde saison fut commandée. Toujours constituée de onze épisodes, elle est passée sur TBS entre avril et juin 2011 et fut un vrai succès d’audience. Les épisodes sont de durée assez variable, le premier, l’avant-dernier et le dernier étant très rallongés. Aucun spoiler.

Ce qui est un petit peu gênant est que je pourrais redire exactement la même chose que la dernière fois, associant les superlatifs les uns avec les autres. Ce n’est effectivement pas aujourd’hui que l’on dira du mal de JIN. La première saison est une perle et mérite amplement le concert de louanges que l’on peut lire et entendre. Émouvante, naturelle et riche, elle brosse le portrait d’une période charnière du Japon et de ses habitants, tout en insérant quelques éléments modernes, médicaux et de science-fiction. Que l’on soit allergique ou pas aux jidaigeki, la question ne se pose aucunement pas : cette saison est à voir car elle peut tout toucher n’importe qui. Ces onze nouveaux épisodes, constituant donc la seconde saison, sont différents. Si en 2009 la série était véritablement axée sur ses protagonistes et sur l’aventure humaine que vivait Jin, 2011 est principalement marquée par la dimension socio-politique. En cela, il paraît évident qu’elle ne plaira pas à tout le monde car elle dépeint les enjeux de l’époque. Il vaut mieux être bien alerte au risque de passer à côté de nombreux éléments importants. C’est évidemment Sakamoto Ryôma mais également Katsu Kaishû qui sont les instigateurs de ces moments historiquement majeurs.

Deux ans se sont déroulés à Edo depuis la fin de la première saison. Jin continue de travailler d’arrache-pied avec ses collègues et amis. Saki, par son refus de se marier, a mis sa famille au ban de la société et vit désormais à Jinyu-do. Nokaze tente quant à elle de se créer une nouvelle vie après avoir passé toute son existence telle un oiseau en cage. Les personnages vivent donc tranquillement et parfois difficilement leur existence. Cela fait ainsi quatre ans que Jin est à Edo. La photo de Miki a bel et bien disparu et il s’est plus ou moins fait une raison à son arrivée à cette époque. Si le héros se pose toujours des questions sur sa présence et sur la manière dont il peut influer sur l’Histoire, il a légèrement changé. Il prend en effet quelques importantes décisions grâce aux paroles d’une certaine personne possédant un vécu similaire au sien. Ses interrogations sont par conséquent toujours autant prégnantes mais elles ne sont pas explicitement montrées ou évoquées via ses monologues. Cela est une bonne idée car la répétition est dès lors mise de côté, sans que les problèmes inhérents à ce voyage dans le temps soient oubliés. Les choix de Jin sont parfois discutables bien que compréhensibles. Il remuera par exemple ciel et terre afin d’empêcher l’assassinat de Ryôma. Parviendra-t-il à changer le cours du temps ? Et si oui, que se passera-t-il ? Et s’il rencontrait un de ses ascendants, ne pourrait-il pas menacer sa propre existence ? La saison une se terminait sur une note assez frustrante, ne donnant en effet que peu de réponses quant à ce retour dans le passé. Ne serait-ce que pour cette raison, il est donc aisé de comprendre pourquoi les Japonais souhaitaient une suite. A contrario, ces nouveaux épisodes apportent quelques explications et la série se termine à ce sujet de manière satisfaisante. Il est clair que ce choix du mangaka (?) / de la scénariste, Morishita Yoshiko (Byakuyakou, Sekai no Chuushin de, Ai wo Sakebu), ne plaira pas à tous les spectateurs, notamment à ceux avides de romance. Le pourquoi de l’irruption de Jin à Edo n’est pas limpide, il en va de même pour tout ce qui l’implique sans que cela ne soit gênant. JIN n’est pas une série sur le voyage dans le temps mais une série sur des personnages. Cet aspect davantage axé sur la science-fiction n’est qu’un moyen parmi tant d’autres pour traiter de certains sujets.

La médecine est quelque peu en retrait au cours de la saison, ce qui est presque dommage lorsque l’on a apprécié cela jusque là. Il faut peut-être le voir d’une autre manière. Quand bien même Jin possède les connaissances scientifiques actuelles, il arrive à un stade où son savoir ne suffit plus. Il faut du matériel qu’il ne peut créer de ses mains. Mais cela n’explique tout de même pas tout. Il n’est pas nécessaire de montrer des opérations hors du commun pour l’époque afin de satisfaire le spectateur. Néanmoins, que l’on ne s’inquiète pas, il y a encore des cas médicaux, ils sont juste moins importants qu’auparavant. Les derniers épisodes retrouvent tout de même l’essor médical de ceux de 2009, le neurochirurgien inculquant ses connaissances aux médecins qui l’entourent ainsi qu’à Saki, toujours avide d’apprendre. L’opération chirurgicale de l’épisode huit est particulièrement intense et rappelle pourquoi la série est aussi réussie lorsqu’il est question de médecine. Si jusque là, la médecine orientale était un petit peu mise de côté, elle est bien plus présente et ses utilisateurs sont encore une fois de retour et sont dirigés par le charismatique Taki Hajime. Les deux médecines, à savoir la traditionnelle et la plus novatrice telle qu’on la connaît, se tiennent par la main et travaillent ensemble. En découlent alors des moments de complicité et d’entente cordiale qui font chaud au cœur. L’ombre d’Ogata est toujours présente et sa présence nous manque ainsi qu’à l’ensemble de Jinyu-do.

Pour en revenir encore une fois à la dimension politique, elle était déjà présente jusque là mais se faisait assez discrète. Jin arrive à Edo lors d’une époque charnière. Le shogunat perd de son ampleur, la révolte gronde et petit à petit, l’ère Meiji pointe le bout de son nez. Plus les années passent à Edo et et plus le héros se rend compte qu’il va vivre en direct ces évènements japonais majeurs. De très nombreux épisodes y sont dédiés et les enjeux critiques de l’époque sont traités de manière claire mais sont parfois un peu difficiles à suivre pour qui ne connait pas forcément grand-chose. Il y a par ailleurs de nombreuses nouvelles figures dont certaines apparemment connues. En cela, si l’on n’apprécie guère l’histoire et les thématiques socio-politiques, cet arc risque d’ennuyer et de se révéler fastidieux. À l’inverse, si comme moi vous êtes friands des fictions historiques au sens strict du terme, cette montée en puissance vous ravira et vous fera passer d’excellents moments, suivis généralement de lecture intensive de sites web sur le sujet. Ryôma est évidemment au centre de ces thématiques. Personnage ambivalent et visionnaire, il se montre sous un jour assez peu flatteur au cours de certains épisodes, étant imprévisible et presque antipathique. La relation qui le lie à Jin est limite tendancieuse et donne parfois l’impression qu’elle dépasse le simple cadre de l’amitié. Il en ressort en tout cas une excellente dynamique, tour à tour drôle, fraîche, émouvante et particulièrement sincère.
Qui dit bouleversements politiques implique généralement des batailles et la saison en fait la part belle. Les soldats se combattent, les samouraïs sortent de leur vie tranquille et certains massacres ont lieu, notamment en raison de l’arrivée des armes à feux. La guerre civile éclate, le Japon est à feu et à sang et on assiste, impuissant comme les protagonistes, à cette époque trouble. On souffre pour le Japon et pour ses habitants mais on ressent leur force de caractère, leur inflexibilité et leur fierté. JIN insuffle une dimension épique incroyable, nous donnant presque l’impression de vivre ce que l’on voit et d’être japonais. On est éprouvé avec eux et on est littéralement transcendé par la volonté de certains personnages de vivre et de changer les choses pour un monde meilleur.

En raison des perturbations de l’époque et pour d’autres raisons plus triviales, les personnages sont amenés à bouger. C’est ainsi que l’on découvre Nagasaki ou encore Kyôto, l’ancienne capitale impériale. D’ailleurs, la réalisation est toujours autant soignée et certains plans ou paysages sont magnifiques et sont baignés par une lumière parfois presque surnaturelle. La seconde saison de JIN met en avant de nouveaux cadres ce qui lui permet de se renouveler mais aussi d’intégrer de nouvelles figures emblématiques comme la famille du quatorzième shogun et de l’Empereur. On y reconnaîtra notamment Kurokawa Tomoka (Shôkôjo Seira). Quelques épisodes mettent un personnage en particulier dans une posture délicate le forçant à visiter la prison qui, comme on s’en doute, n’était pas une mince affaire à ce moment-là. Jinyu-do doit faire face à de nombreuses attaques menées par un visage pas si inconnu que cela et certains protagonistes vont directement en souffrir. Il n’est donc plus uniquement question d’Edo même, la série n’hésitant pas à faire voyager. La saison est véritablement tragique mais réussit toujours à trouver le juste-milieu et ne pas trop en faire. La musique, composée encore une fois par Takami Yû est aussi magistrale et associée à ce que l’on voit à l’écran, les larmes peuvent s’écouler sans que l’on ne s’en rende compte. Le point culminant à ce sujet est assurément lors des deux derniers épisodes où l’on peut se mettre en boule en gémissant dans son coin tant on est touché par ce qu’il se passe à l’écran. Aitakute Ima, la chanson de MISIA laisse sa place à Itoshiki Hibiyo de Hirai Ken qui est plutôt jolie en dépit de la voix particulière du chanteur.

Quand bien même les faits historiques prennent le pas sur de nombreuses intrigues, les évènements de plus petite échelle ne sont pas oubliés et JIN demeure une immersion dans l’âme humaine. Ce sont ses personnages qui la font vivre car ils sont parfaitement interprétés par une excellente distribution et se révèlent encore une fois extrêmement fouillés et nuancés. Jin reste le même, c’est-à-dire qu’il s’effondre un peu trop vite en pleurant toutes les larmes de son corps mais fait toutefois du chemin. À ses côtés, Saki, toujours aussi belle sous les traits d’Ayase Haruka, ne faillit jamais. Résolument moderne, elle ne choisit pas la facilité et reste fidèle à ses convictions. Intelligente, elle a tout pour (me) plaire et continue sur sa lancée. Son évolution est magnifique et crédible. La lettre de l’ultime épisode nous rend certes un brin amer mais fait tout de même plaisir. Son frère, Kyôtarô, prend son envol au cours de cette saison. Ses cas de conscience et le fait qu’il soit partagé entre sa famille et ce que le sens du devoir lui ordonne de réaliser permettent de démontrer qu’il est un des protagonistes les plus intéressants de ces nouveaux épisodes. Nokaze est davantage en retrait et manque parfois un peu lorsqu’on l’a tant appréciée jusque là mais son développement est également maîtrisé et elle permet d’entendre parler français. Eh oui ! Du côté des nouveaux personnages, on peut noter le samouraï nageant en eaux troubles incarné par Satô Ryûta (Ikebukuro West Gate Park, Pride). Ce dernier montre qu’il sait aussi interpréter des hommes sortant de son registre habituel. Concernant la relation romantique entre Saki et Jin, elle est telle que je l’espérais, autrement dit tout en pudeur et en réserve. Toutefois, ce ne sera assurément pas le cas de tout le monde.
À vrai dire, les mêmes constatations que lors de la première saison peuvent être réitérées. Les dynamiques entre les protagonistes sont toujours naturelles, ces derniers sont attachants et malgré la galerie assez impressionnante, on ne se perd pas en chemin et chacun a le moyen de s’exprimer.

Pour conclure, la seconde saison de JIN est différente de la première par son traitement. Les faits historiques et les enjeux socio-politiques sont désormais la figure de proue et de nombreux épisodes y sont consacrés. Cependant, que l’on ne s’y trompe pas, le cœur même du j-drama demeure et est encore et toujours le même. Il s’agit d’une série profondément humaine. Ces onze épisodes sont une excellente immersion dans Edo durant ces années charnières de la fin du shogunat. Il est en outre agréable d’y entendre parler japonais sans les mots issus de l’anglais qui ont légèrement tendance à parasiter la langue depuis quelques années… Quoi qu’il en soit, l’ensemble des qualités de la saison une est de retour. JIN est donc encore une fois marqué par la richesse et la solidité de ses intrigues, par l’évolution de ses personnages et des relations qui se sont tissées entre eux ou encore par les questionnements sur ce fameux voyage dans le temps mais également sur la vie et sa valeur en général. La fin est douce-amère et est plus que satisfaisante. On en revient au final toujours à la même chose, JIN est tout simplement une brillante et délicate plongée dans l’homme parvenant à toucher la corde sensible et trouvant toujours les bons mots pour ne pas laisser indifférent. Ajoutons sa réalisation soignée, ses genres multiples abordés avec justesse et intelligence, sa bande-son enlevée et sa distribution et on peut écrire que oui, JIN, est sans conteste une des séries japonaises les plus abouties et réussies qu’il soit.