Puzzle (2007) | パズル

Par , le 27 août 2012

   

Des fois on se laisse tenter par un format atypique plutôt que par une histoire. Ce fut le cas avec Puzzle qui ne comporte que quatre épisodes de vingt minutes diffusés entre janvier et février 2007 sur TV Asahi. Malgré la présence commune de Yamamoto Yûsuke, la série n’a absolument rien à voir avec celle du même nom datant de 2008 avec Ishihara Satomi dans le rôle principal. Ici, Puzzle est une adaptation du roman homonyme écrit par Yamada Yûsuke. Il existe également un jeu vidéo ainsi qu’un manga en deux tomes ; attention, ce n’est pas le Puzzle (Kiyoku Yawaku en VO) d’Ikuemi Ryô disponible en France chez Delcourt. Aucun spoiler.

Le lycée Tokumen est un établissement d’élite n’acceptant que les élèves à haut potentiel. Pendant les vacances, alors que la classe A subit un entraînement spécial afin de se transcender, un groupe de terroristes prend en otage un élève ayant démissionné de l’école ainsi qu’un professeur. Ils exigent que les lycéens retrouvent les 2000 pièces d’un puzzle qu’ils ont éparpillées partout dans l’établissement et cela, avant que 24 heures ne s’écoulent. Sinon… ils n’hésiteront pas à tuer leurs prisonniers.

L’idée de base est plutôt intéressante et fait penser à tous ces thrillers à huis clos où le temps et la manipulation comptent. En outre, on imagine critique de la société japonaise avec mise en avant de la pression sur les élèves menant parfois au suicide, etc. Les épisodes essayent d’instaurer un climat de paranoïa ambiante et de mystères puisqu’ils sont constitués de nombreux flashbacks, les élèves subissant un interrogatoire après la prise d’otage. Comme son titre l’indique, il s’agit d’une intrigue puzzle, les éléments s’imbriquant les uns dans les autres afin d’y découvrir la finalité. Avec un budget assez faible et un format particulier ne permettant pas de réel développement, on se doute que la série ne pourra pas révolutionner le monde télévisuel mais cela ne veut pas dire que l’on doive tout accepter. Puzzle est effectivement plus que mauvaise et tout particulièrement pathétique. Tout y est creux et sonne faux. Les lycéens sont donc enfermés dans leur établissement et des grands méchants les menacent s’ils ne cherchent pas les pièces d’un puzzle. Au départ, les jeunes croient à une vaste blague mais réalisent qu’en fait non, ce n’en est pas une. Changent-ils de comportement ? Pas vraiment car ils donnent l’impression d’en avoir rien à faire malgré ce qu’ils disent. Sont-ils des complices jouant mal leur double rôle ? Après tout hein… Essayent-ils de faire croire qu’ils ne sont pas stressés alors qu’ils sont paniqués ? Non, non. Les acteurs sont juste mauvais au possible et ne font absolument aucun effort pour s’investir dans leur rôle. Le résultat est ahurissant et pour être honnête, on en vient à se demander si on a déjà vu une interprétation aussi désastreuse pour la totalité de la distribution. Il faut le faire quand même. Ce n’est pas moyen, c’est plat et totalement à côté de la plaque. Le supposé personnage principal, Yuasa Shigeo, joué par Yanagi Kôtaro, parle comme s’il était sous l’emprise de stupéfiants, d’un ton monocorde. Apprendre par la suite que l’interprète a eu de graves ennuis de santé ayant laissé des séquelles n’excuse rien. Si on voulait vraiment cet acteur, il fallait soit adapter le rôle, soit lui donner un autre moins conséquent. Cela dit, il est loin d’être le seul aussi insupportable. Certes Mori Ren (H2) est dans le haut du panier mais Nakamura Yûichi (Kamen Rider Den-Ô), Yamamoto Yûsuke (Tumbling, Atashinchi no Danshi, Hanazakari no Kimitachi e) et ceux incarnant les autres lycéens sont ridicules. Il faut aussi avouer que leurs personnages n’ont rien de correct tant ils sont écrits à la truelle et grotesques. Oui parce que figurez-vous qu’à l’origine tout ce petit monde était ami. Mais en intégrant le lycée, un cruel professeur leur a mis une pression d’enfer et ils ont tous fini par travailler seul, dans leur coin, en oubliant tous les autres. Certains ont craqué et ont été plus ou moins obligés de changer d’école car ils étaient trop mauvais parmi ces petits génies. La fin se révèle quant à elle tout particulièrement niaise. Fondamentalement, il y a de l’idée comme une certaine critique du système éducatif japonais mais la mise en scène et l’écriture sont tellement caricaturales que rien n’est pris au sérieux. L’histoire est en plus si prévisible que l’on finit par avoir envie de s’endormir. Ajoutons-y des filtres jaunes et verts immondes et on décroche le pompon. Il aurait été bien plus judicieux de diminuer le nombre d’interrogatoires car ici, ils coupent totalement l’action et le suspense que les scénaristes essayent de mettre vainement en place. La caméra passe effectivement plus de temps dans la petit pièce où les élèves sont interrogés les uns à la suite des autres plutôt que du côté de la recherche des pièces.

 

En d’autres termes, malgré un intéressant concept, ce Puzzle est affligeant car extrêmement mal joué, prévisible à souhait, ennuyant, sans aucune identité et sans aucune tension ce qui est un comble pour un thriller. Au final, on n’a même pas envie de l’infliger à son pire ennemi.

Supernatural (saison 7)

Par , le 24 août 2012

En dépit de la volonté d’Eric Kripke de développer sa série, Supernatural, sur cinq ans, celle-ci dure, dure, dure et dure encore. La septième, composée de vingt-trois épisodes – soit un de plus que d’habitude –, fut diffusée sur The CW entre septembre 2011 et mai 2012. La fiction revient dès la saison prochaine ; Sera Gamble quitte son poste de co-showrunner pour être remplacée par Jeremy Carver, Robert Singer complétant toujours le duo. Aucun spoiler.

Malheureusement, la saison six fut franchement ratée. Tout n’y était pas mauvais, mais en plus d’accumuler un scénario sporadiquement poussif, elle réussissait à ne plus nous faire croire aux frères Winchester, les rendant parfois presque antipathiques. La fin était d’ailleurs assez mal gérée, car Castiel, après être passé par une multitude de changements, devenait… Dieu. Face à tout ça, il était assez difficile d’être pleinement emballé par le retour de Supernatural, surtout lorsqu’on se répétait que la série aurait définitivement dû s’arrêter au moment décidé par Kripke. Et c’est souvent quand on part à reculons que l’on est agréablement surpris. Contre toute attente, cette saison inédite retrouve donc une partie non négligeable de sa verve d’antan et cela plaît. La première bonne nouvelle est que la nouvelle fonction de Castiel, supposé prendre le costume de Dieu, est expédiée dès le season premiere. Ce choix est plus que judicieux et permet de lancer les grands ennemis à abattre qui feront office de fil rouge : les léviathans. Supernatural continue ainsi l’exploration de la religion chrétienne ; après les anges et le Purgatoire, elle s’attaque à ces monstres plus à l’aise dans l’eau que sur terre qui seraient annonciateurs de l’Apocalypse. Histoire de leur offrir une consistance, les épisodes les présentent comme des entités multiples en mesure de se loger dans le corps d’un humain, tout en ayant la capacité de se métamorphoser en n’importe qui, à condition de l’avoir touché. Forcément, ces dons laissent supposer une multitude de retournements de situation, surtout que ces léviathans semblent impossibles à tuer. On a beau leur infliger toutes les tortures inimaginables ou les découper en tranches qu’ils parviennent à retrouver un réceptacle digne de ce nom. N’importe qui peut être un léviathan, même Gwyneth Paltrow ! Ces créatures n’ont en aucun cas peur de Sam et Dean et décident de régner sur le monde, à leur manière, tout en profitant de la superbe nourriture que sont les humains. Comme ils se trouvent en haut de la chaîne alimentaire, ils se fichent royalement des démons, des vampires et autres êtres apparentés. De cette manière, ces monstres sont sans aucun doute le nouveau chemin de croix des Winchester. Un des points forts de la saison, c’est qu’elle réussit à régulièrement intégrer quelques éléments faisant avancer la mythologie dans des épisodes qui donnent parfois l’impression de n’être que des loners. Les léviathans sont organisés, méthodiques et dirigés par Dick, aussi charismatique qu’effrayant à force de sembler tellement parfait avec son côté piranha des affaires. La tension tente d’atteindre progressivement son but, bien que l’on ne la ressente malheureusement pas toujours, la faute à un second degré devenant trop présent. En tout cas, l’issue ne paraît pas si évidente que ce que l’on pourrait imaginer ; ou tout du moins, elle risque de ne pas se conclure en merveille pour tous les personnages… Il s’avère également amusant de constater une certaine critique satirique de la population étasunienne, et plus particulièrement de cette fameuse société de consommation. Si l’ensemble demeure globalement maîtrisé et plus que sympathique à suivre, il est en revanche dommage que le season finale soit si peu dynamique et presque banal alors que la thématique léviathan aurait dû se terminer en apothéose. Quoi qu’il en soit, après l’année précédente où une véritable menace manquait, cette année enraye cet écueil en y intégrant de nouveaux protagonistes supposés dangereux et intelligents. Il faudra que les frères se serrent les coudes et qu’ils comptent sur la totalité des forces de ceux voulant terrasser les léviathans.

La saison six avait déjà en très grande partie amorcé le cas Sam et continue sans surprise sur sa lancée. Le cadet des Winchester a certes récupéré son âme, mais Castiel a détruit les murs mis en place par Death censés contenir ses réminiscences de l’Enfer. De manière on ne peut plus logique, le benjamin est perturbé et ne sait plus distinguer ce qui est faux de ce qui est vrai. Histoire de symboliser ses craintes et parce qu’il est le principal acteur de ses tourments, Sam voit Lucifer (Mark Pellegrino) et doit constamment vivre avec sa présence qu’il tente de nier. Cela en tout cas jusqu’à un certain point. Depuis la création de la série, Sam a systématiquement été montré comme le petit frère plus faible, celui à problèmes et qui est différent d’un humain supposément normal. Au fil des années, les scénaristes l’ont fait passer par une multitude d’états, le rendant généralement moins attachant que Dean. Cette année, cette impression se tasse – et heureusement. L’évolution du protagoniste est plutôt réussie et malgré ses propres démons, il prend sur lui et chemine progressivement vers un parfait équilibre. En revanche, Dean finit quelque peu par agacer au fil de ces épisodes. Déprimé et ne désirant pas le reconnaître, il tourne en rond et se révèle légèrement ennuyant. Ses blagues sont régulièrement présentes, mais frisent parfois la lourdeur avec tous ces jeux de mots en lien avec Dick, le léviathan. Tout cela se veut relatif puisqu’il reste encore à Dean moult moments et une personnalité plus qu’agréable. Toutefois, il semblerait judicieux de faire attention à ne pas diminuer l’amour que l’on peut ressentir pour l’individu. À vrai dire, le principal souci est de ne pas suffisamment exploiter la relation entre les frères, ou plutôt d’en revenir sempiternellement à la même chose. Elle mériterait que l’on s’y attarde de manière plus fréquente et que l’on change de la routine d’autant plus que les nombreuses figures secondaires peinent à s’imposer.

Misha Collins n’apparaissant plus qu’en tant qu’invité dans le rôle de Castiel, il devient nécessaire d’ajouter d’autres visages, ou d’en ramener afin de ne pas toujours tout faire tourner autour des Winchester. Évidemment, Bobby est de la partie et égal à lui-même. Supernatural a vraiment eu la bonne idée de développer ce vieux de la vieille assez bourru, mais diablement attachant. Le 7×10, Death’s Door, nous brise alors le cœur en mille morceaux et n’hésite pas en plus à piétiner ces morceaux par la suite. Cela dit, la saison ne va pas encore une fois au bout de ses enjeux, ou tout du moins, ne tire pas correctement bénéfice de la situation, car le dénouement de l’intrigue liée à Bobby est assez décevant. Il aurait été préférable de partir en beauté comme ce que l’on pouvait imaginer au début. Au vu du cliffhanger de Dean dans le season finale, on peut néanmoins se douter que cet arc n’est pas terminé et qu’il devrait profiter d’un nouveau rebondissement dans le futur. La dynamique entre Bobby et ceux qu’il considère comme ses fils est très joliment mise en scène, sinon. Pour en revenir à Castiel, il n’y a pas grand-chose à dire si ce n’est que placer en retrait le personnage est une approche pertinente étant donné que l’on commençait à friser le ridicule. De cette manière, son rôle est réactualisé et assez novateur par rapport à ce que l’on avait déjà vu de lui. À part ces protagonistes, le chapitre illustre le retour de Crowley, toujours aussi retors et diabolique, de Meg ne sachant plus que faire pour sauver sa peau de démone, du shérif Jody Mills, ou encore de Rufus le chasseur et ancien grand ami de Bobby. Elle en profite pour ajouter donc beaucoup d’autres visages. Si l’idée est bonne, elle en devient presque superficielle parce que les aventures ne prennent pas le temps de les développer comme il faut ; ou plutôt, les personnages n’ont pas réellement la possibilité de marquer plus que ça. Il y a pourtant des éléments intéressants comme avec Garth, le chasseur un peu simplet et drôlement sympathique joué par DJ Qualls, ou avec le paranoïaque Frank Deveraux incarné par Kevin MacNally (Pirates of the Caribbean), mais tout cela manque vraiment d’ampleur.

Dans l’ensemble, la saison se regarde par conséquent sans déplaisir parce qu’elle parvient à multiplier les histoires indépendantes au demeurant non désagréables, tout en n’oubliant jamais l’arc principal. Certains épisodes sont moins solides que d’autres et l’ambiance est peut-être moins horrifique qu’auparavant, bien que l’atmosphère assez cool permette toujours à la série de garder son identité. Parmi les réussites assez légères, on peut penser au 7×05, Shut Up, Dr. Phil, qui devrait sans aucun doute amuser les amateurs de Buffy The Vampire Slayer/Angel puisqu’il réunit James Marsters et Charisma Carpenter, tous deux faisant preuve d’une alchimie plus que palpable. Le 7×08, Season Seven, Time for a Wedding!, avec la fan numéro 1 de Supernatural, Becky, est plutôt pas mal dans le genre non plus. Tout comme le 7×20, The Girl With The Dungeons and Dragons Tattoo, avec Felicia Day dans le rôle de Charlie, une geek douée en informatique passionnée d’imaginaire, même si les scénaristes ont légèrement trop poussé les références à la pop culture. En y réfléchissant, on réalise assez rapidement que si les épisodes se laissent facilement regarder, ils ne sont pas marquants, et c’est peut-être le point le plus triste, car on se sent moyennement concerné par ce que l’on voit. Supernatural a certes sept années au compteur, mais on ressent parfois de plein fouet son côté mécanique bien huilé et il semble important de donner un grand coup de frais avant de finir par ennuyer. Ce constat est autant valable pour les loners que pour les pérégrinations plus ancrées dans l’arc principal. La bande-son tend aussi à être en retrait et les chansons hard rock habituelles sont trop rares. Comme souvent, la saison accumule les invités. Outre ceux déjà cités on peut y reconnaître Michael Hogan (Battlestar Galactica), Jewel Staite (Firefly, Stargate Atlantis) en Amy Pond (et une référence à Doctor Who !), Dmitry Chepovetsky (ReGenesis), Gary Jones (Stargate SG-1), l’habitué des seconds rôles Ian Tracey, Jason Dohring (Veronica Mars, Moonlight), Nicholas Lea (The X-Files, Whistler), le maire de Sunnydale (Buffy the Vampire Slayer) Harry Groener, Brendan Penny (Whistler) ou encore Sara Canning (The Vampire Diaries).

Au final, la septième année se veut rassurante après les déboires de l’année passée. Si elle manque de consistance et qu’elle ne convainc pas systématiquement comme elle le devrait, elle a au moins le mérite de développer la mythologie sur le long cours de manière relativement satisfaisante et de la relancer sur de nouvelles thématiques. Malgré une bonne volonté, un duo toujours aussi efficace bien que moyennement densifié et une ambiance sympathique, les épisodes souffrent d’une absence de prise de risque et d’une certaine répétition du côté de la psychologie des frères. De même, l’atmosphère fantastico-horrifique est moins prégnante qu’auparavant et ne répond pas suffisamment à l’appel. Il est vraiment nécessaire que la fiction retourne à ses anciennes valeurs tout en réussissant justement à approfondir des intrigues sur la durée. Que l’on ne se trompe pas, cette saison sept est donc décente, car plutôt solide, mais on ne peut s’empêcher d’en vouloir un peu plus quand on sait que la série a tout pour être davantage ambitieuse.

Sengoku Jieitai ~ Sekigahara no Tatakai (2006) | 戦国自衛隊 ~ 関ヶ原の戦い

Par , le 21 août 2012

Minakata Jin ne fut pas le premier homme du XXIè siècle à se rendre dans le passé japonais. Avant lui il y a eu Iba Akiyoshi et son unité armée dont le voyage particulier a été raconté dans Sengoku Jieitai. En fait, à la base il y a le roman de Hanmura Ryô qui fut d’abord adapté dans un film en 1979 par Saitô Kôsei et où Chiba Shinichi avait le rôle-titre. Il est disponible en DVD en France sous le titre Les Guerriers de l’Apocalypse. Ce film fut suivi en 2005 par un remake, Sengoku Jieitai 1549, avec notamment Eguchi Yôsuke et Ayase Haruka, mais aussi par un manga de deux tomes dessiné par Ark Performance et écrit par Fukui Harutoshi. Et c’est en 2006 qu’est apparue la série télévisée comportant un sous-titre, Sekigara no Tatakai soit la bataille de Sekigahara, pour mieux la différencier. C’est d’elle dont nous allons parler aujourd’hui. Sengoku Jieitai est donc ici un tanpatsu de deux épisodes diffusés les 31 janvier et 7 février 2006 sur NTV. Ils durent une heure chacun. Il n’est pas nécessaire d’avoir vu auparavant les deux autres films ou lu le manga car il s’agit tout simplement d’une autre adaptation plus ou moins libre du roman. Aucun spoiler.

Alors qu’elle est en train d’effectuer quelques entraînements, une unité de forces japonaises d’autodéfense menée par Iba Akioshi se retrouve propulsée dans le passé. Munis de jeeps, de motos, de tanks, d’un hélicoptère et de multiples armes, ces soldats arrivent dans le Japon du XVIè siècle alors qu’une bataille décisive pour l’avenir de leur pays s’annonce.

 

Sengoku Jieitai est en fait une sorte de jeu de mots puisque cette faction armée atterrit dans le sengoku jidai, autrement dit l’âge des provinces en guerre, et jieitai signifie quant à lui forces d’autodéfense. La série ne se perd pas dans les explications car elle envoie immédiatement tous ses personnages à la période Sengoku, à l’aube de la période Edo. On ne sait pas pourquoi et on ne l’apprendra jamais au cours des épisodes. On voit juste une faille spatio-temporelle les aspirer et les transporter à plusieurs kilomètres de là. Alors qu’ils avaient en face d’eux le mont Fuji, ils ne sont plus très loin d’Ôsaka, aux alentours du lac Biwa. Au départ, ces militaires sont perdus et ne comprennent pas ce qui leur arrive, croyant à une drôle de farce. Ce n’est que lorsqu’ils survolent les environs et que leurs ancêtres, en pleine guerre civile, se mettent à les tuer qu’ils réalisent la triste situation. Ils ne pensent guère à leur retour et attendent comme de bons petits soldats qu’ils sont. L’unité est dirigée par Iba Akioshi, incarné par Sorimachi Takashi (Good Life). Il décide de ne pas prendre part à la période trouble dans laquelle ils viennent de pénétrer et de laisser les principaux acteurs agir comme ils sont supposés le faire. Toutefois, ces autochtones, bien curieux de voir des oiseaux de fer et des chars étranges, désirent tirer parti de cette situation particulière et essayent par tous les moyens d’attirer leurs descendants dans leurs filets. En fait, Iba et ses hommes sont à quelques jours près de la fameuse bataille de Sekigahara, celle-là même qui a vu Tokugawa Ieyasu remporter la victoire et débuter le long shogunat qui porte son nom. Pour peu que l’on connaisse un minimum l’histoire japonaise, on a forcément au moins entendu parler de sa chute, d’ailleurs en partie racontée dans JIN, autre série sur le voyage dans le temps. Ici, ce sont donc ses débuts vacillants qui sont le centre du propos. À ce moment, les seigneurs de différents rangs se font continuellement la guerre et la vie est loin d’être reposante. L’unité arrive par conséquent en plein évènement décisif de l’histoire du Japon. Dans ce genre de production, les personnages craignent généralement de changer le cours du temps et n’osent plus faire grand-chose. Ici, pas du tout. Si quelques soldats évoquent la possibilité de voir leur existence ou celle de leur entourage disparaître, la caméra ne se focalise pas là-dessus. C’est même tout le contraire car Shimamura Takuya, joué par Watabe Atsuro (Byakuyakô), ne reste pas passif et souhaite réécrire l’histoire. Pourquoi ? Bonne question. Il veut apparemment marquer sa présence et inscrire son nom dans les livres. Probablement jugé comme charismatique par certains de ses congénères, la bonne moitié de l’unité armée lui reste fidèle et se lance dans la guerre. Oui, tout cela est foncièrement idiot. On ne comprend pas du tout les motivations de ce Shimamura qui passe juste pour un fou. Il pense assassiner Tokugawa Ieyasu et évincer son principal ennemi, Mitsunari Ishida, porté par Takenaka Naoto (Nodame Cantabile, Water Boys, H2), en se faisant passer pour lui. En y réfléchissant, il est difficile de savoir ce que les scénaristes ont voulu inspirer car personne n’a tort dans cette série, même pas Shimamura. Et surtout, que retenir de cette fin particulièrement ubuesque ? Elle a au moins le mérite de laisser circonspect. On pourrait au final y retenir un antimilitarisme ambiant mais ce serait probablement vouloir trop intellectualiser la série. Quoi qu’il en soit, si le premier épisode est plus la période d’une exposition très sommaire du cadre et fait preuve de nombreuses libertés avec l’Histoire, le second est celui des combats. Bien que les soldats parlent des minutions qui pourraient leur manquer, elles semblent pourtant être présentes en abondance puisque l’armée parcoure les environs, mitraille à tout va et ne paraît nullement angoissée quant à son futur.

   

Comment dire… l’idée de base est vraiment originale et attirante. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai eu envie de regarder ce tanpatsu. Malheureusement, l’ensemble est tellement simpliste, mal écrit, bourré d’incohérences et fondamentalement stupide que l’on finit par s’agacer sérieusement devant ces deux épisodes. Le format est peu judicieux car comme souvent dans ce genre de situation, il aurait été préférable de diviser en quatre parties d’une heure et non pas deux de deux heures. Le rythme est effectivement plus que vacillant et si en plus les multiples défauts viennent parasiter tout le reste, on ne s’en sort plus. Le premier problème est le scénario très confus où rien n’est expliqué et où tous les personnages contemporains se ressemblent. L’unité est effectivement composée de nombreux soldats qui n’enlèvent que rarement leur casque. Il est très difficile de les reconnaître d’autant plus qu’ils ne possèdent pas de caractérisation propre. Une fois qu’une bonne partie a été tuée, c’est plus aisé car l’histoire s’attarde un tant soit peu sur eux, en leur ajoutant des interactions niaises et caricaturales avec les habitants des environs. On pourra notamment y reconnaître Ikeuchi Hiroyuki et Nakamura Shunsuke (Zettai Kareshi) en tant que soldats et Iwasa Mayuko (TROUBLEMAN, Hanazakari no Kimitachi e) comme une des habitantes. Le point positif est d’avoir inclus deux femmes dans les militaires mais elles n’ont évidemment pas une teneur plus dense que leurs congénères. Seul le personnage d’Iba est un tout petit peu plus poussé. Il se lie d’amitié avec celui qui est jugé comme traître et lâche dans l’histoire japonaise, Kobayakawa Hideaki (Fujiwara Tatsuya – Kimi ga Oshiete Kureta Koto), car il a changé de camp au cours de la bataille, offrant dès lors la victoire à Tokugawa. Montré comme assez jeune et fidèle à ses principes, il veille sur sa sœur jouée par Shiraishi Miho (Densha Otoko, Shiroi Haru, Asukô March!) et sa petite nièce, portrait craché de la fille d’Iba. Vous l’aurez compris, celui-ci se prend d’affection pour le sosie de celle qu’il a quittée au XXIè siècle et s’y ajoutent pas mal de pathos et des bons sentiments à en vomir.
Du côté des figures historiques, à part Tokugawa Ieyasu et sa personnalité très particulière qui sont un tant soit peu mis en avant, ce n’est pas le cas des autres daimyô, les gouverneurs féodaux, et rien n’est explicité. Cette superficialité pourrait déranger mais ce n’est pas le cas car Sengoku Jieitai est tellement approximative que l’on finit par ne plus être surpris ou ennuyé par quoi que ce soit. On a juste envie d’en finir. Vite. Si l’on souhaite découvrir un peu mieux cette bataille, autant s’aventurer sur le net ou dans un bon ouvrage spécifique. De toute manière, le but de ce tanpatsu semble surtout être de tirer partout dans tous les sens sans chercher à crédibiliser un minimum ses propos.

 

La mise en scène est particulièrement théâtrale et le fait que les acteurs soient tous moyens n’aide en rien. Côté réalisation, les scènes d’action sont très mal filmées et le reste n’est pas non plus particulièrement réussi. Quant à la musique composée par Senju Akira (Suna no Utsuwa, Kimi Ga Oshiete Kureta, Koto, Kôkô Kyôshi 2003), elle possède un côté orchestral très dérangeant et extrêmement pompeux. Les deux chansons de fin chantées par Satomi, Love to Stay et Yesterday, ne s’intègrent pas du tout dans l’univers de cette série en plus d’être assez médiocres. Le résultat est ainsi vraiment curieux car tout y frise le ridicule. On pourrait en fait prendre ce Sengoku Jieitai comme un véritable navet tant il multiplie les maladresses et tout ce qu’il convient d’éviter dans une série. Peut-être que les amateurs d’armes seront contents car on en voit un certain nombre mais n’y connaissant absolument rien, je serai incapable de dire si c’est réaliste ou intéressant de ce point de vue-là.

En bref, ce n’est pas la peine de s’attarder davantage sur Sengoku Jieitai au risque de finir par s’énerver car le tanpatsu est mauvais. Mal écrit, mal monté, mal joué, il accumule les incohérences, les approximations et maximise son aspect caricatural et grandiloquent. Tout simplement consternant.