Six Feet Under (série complète)

Par , le 10 décembre 2011

La fin de l’année approche et comme on peut le voir avec plusieurs des articles publiés dernièrement, j’essaye de liquider tout ce que j’ai en retard depuis très longtemps. C’est ainsi qu’il sera aujourd’hui question de Six Feet Under dans sa totalité. Si je ne me trompe pas, cela fait plus de trois ans que j’ai terminé la série. Comme écrire un billet à son sujet m’effrayait un peu (c’est toujours le cas en fait), j’ai encore une fois laissé traîner les choses.
Lorsque l’on demande à des sériephiles de citer quelques unes des productions télévisuelles de la première moitié des années 2000, beaucoup d’entre eux citent Six Feet Under, la création d’Alan Ball (True Blood). Composée de cinq saisons comportant chacune de douze à treize épisodes, la série fut diffusée sur HBO entre 2001 et 2005. Elle est partiellement passée en France sur France 2 tard dans la nuit et dans sa totalité sur France 4. C’est via cette chaîne que je l’ai regardée dès 2006 et ce, en VOSTF. Aucun spoiler.

Il est de bon ton que de dire que Six Feet Under est un petit bijou télévisuel. C’est vrai mais il n’en demeure pas moins que la série ne fera jamais partie de mes favorites. J’ai un rapport très compliqué avec elle en fait. Autant certains épisodes sont absolument fabuleux et montrent à quel point le média qu’est la série télévisée n’a pas à rougir, autant d’autres sont ennuyants au possible. Aucune saison dans sa totalité ne m’a réellement plu. J’ai en mémoire de longues et soporifiques intrigues comme celle en lien avec Lisa, la femme de Nate, vers le milieu de la série. Au risque de choquer tout le monde, du même créateur je préfère True Blood. Si cette dernière ne possède en rien la profondeur de Six Feet Under, j’en ressors bien plus charmée. On peut ainsi très bien trouver de nombreuses qualités à une série, être convaincu de son intelligence et de sa richesse sans pour autant y adhérer pleinement. C’est exactement ce que je ressens pour Six Feet Under. C’est à mes yeux une très bonne série atypique qu’il faut avoir vu au moins une fois mais elle ne rentre pas dans le petit quartier de celles qui font battre mon cœur. Honnêtement, je suis assez déçue de ne pas l’apprécier à sa juste valeur.

Quoiqu’il en soit, tout cela ne m’empêche absolument pas d’affirmer que Six Feet Under a marqué la décennie par son empreinte originale et impossible à copier. Si la famille que l’on suit au cours de ces cinq saisons travaille dans le monde de la mort, la série traite tout simplement de la vie. Une des grandes forces de Six Feet Under est qu’avec des thématiques simples et fondamentales, elle parvienne à toucher universellement. La série parle ainsi de la vie, la mort, l’amour, l’amitié, la famille et tant d’autres thèmes que n’importe quelle personne peut être amenée à expérimenter un jour ou l’autre, que cela soit positif ou non. Elle le fait toujours avec pudeur et sans écueil. Fait rare pour être noté, surtout à l’époque de sa diffusion, elle aborde l’homosexualité masculine de manière frontale. Plutôt que d’user de sous-entendus, elle met en avant un couple gay et n’hésite pas à filmer leurs ébats sexuels. À première vue, tout cela est quand même relativement banal mais c’est justement son traitement sans fioritures et magnifié par des personnages forts et nuancés qui offre toute sa dimension à la série. Elle use par ailleurs d’une liberté de ton assez incroyable, n’hésitant pas à être triste sans être pour autant macabre ou à être caustique sans pour autant tomber dans de la moquerie gratuite. L’ambiance est singulière et peut dérouter au premier abord. Une fois passée la saison une, le téléspectateur a normalement compris le mode de fonctionnement des épisodes. Chacun d’entre eux débute par un mort que les Fisher prendront en charge dans leurs pompes funèbres. La mort n’est donc pas ici un tabou mais le point de départ d’une histoire. Le rythme est lent et si la frontière entre le presque contemplatif et onirique avec le soporifique est parfois trop ténue, il est possible d’affirmer que globalement, les épisodes sont tout simplement fascinants. La série mélange le drame à la comédie, est souvent audacieuse et n’hésite pas à prendre certains risques. L’humour n’est pas perpétuel mais il est là pour désacraliser ce que l’on voit à l’écran et rendre ces histoires souvent difficiles moins pesantes. Ainsi, des scènes éprouvantes peuvent succéder à d’autres plus légères, presque délirantes pour certaines car la plupart des personnages possèdent une bonne dose de folie.

La série débute avec la mort du patriarche de la famille. Cela ne l’empêche pas de revenir de manière sporadique dans les rêves ou les hallucinations des protagonistes. À partir de là, Six Feet Under s’attarde sur l’organisation et la reconstruction de ceux qui viennent de perdre un époux, un père ou tout simplement, un patron. Les Fisher sont bien évidemment la figure de proue de la série mais ils ne sont pas les seuls. La famille, comme la majorité de celles vivant sur cette planète, est loin d’être parfaite. Dysfonctionnelle, elle souffre de non-dits et manque cruellement de chaleur. Mais après tout, comment se construire lorsque l’on a passé toute son enfance entouré de cadavres ? La maison respire la mort et celle-ci accompagne le moindre évènement de leur propre existence. Ses membres ont beau se côtoyer tous les jours, ils ne se connaissent pour autant que peu. L’absence de communication est un euphémisme chez eux. Ruth, incarnée par Frances Conroy, est une femme introvertie suivant ses principes moraux à la lettre. Issue de la vieille école, elle aime que les règles soient respectées mais au fil de la série, elle se libère quelque peu et en vient même à surprendre. Se sentant seule, elle tente de pallier ce vide grandissant par des moyens parfois très originaux pour une femme aussi droite qu’elle. L’aîné de la famille, Nate, joué quant à lui par Peter Krause, a plus ou moins coupé les ponts avec tout le monde, ne supportant plus cette ambiance rigide. Il se dit épicurien de nature. Suite à la mort de son père, il finit ainsi par reprendre l’affaire familiale avec son frère, David. Ce dernier porte les traits de Michael C. Hall (Dexter). Homosexuel, il ne s’assume pas, aimerait être « normal » si tant est que la normalité existe, manque de confiance en lui et intériorise beaucoup. Sa relation avec Keith est probablement la plus jolie de Six Feet Under. Elle passe par des hauts et de nombreux bas mais elle demeure particulièrement belle. Il faut avouer que David est, à mon goût, le personnage le plus sympathique de la série. Dernière des enfants, Claire, incarnée par Lauren Ambrose, est une jeune femme assez rebelle qui étouffe dans cette famille engoncée par les principes. Ces personnages sont ainsi amenés à interagir et au final, à se découvrir.

Outre les Fisher, la série fait la part belle à l’employé de l’entreprise, Rico, joué par Freddy Rodríguez (Ugly Betty) et à son épouse, Vanessa (Justina Machado | ER). Rico voyait en Nathaniel Fisher un mentor et sera en conséquence marqué par son décès. Indissociable de Nate, Brenda incarnée à l’écran par Rachel Griffiths, est une femme perturbée. Vivant une relation presque incestueuse avec son frère, Billy (Jeremy Sisto), elle tente de se construire une vie stable et en veut à ses parents psychanalystes qu’elle juge responsable de ses multiples tourments. Rachel et Billy sont plutôt fascinants et généralement surprenants. L’ensemble de cette galerie est majoritairement convaincante et il est donc tout à fait normal que la plupart de ces acteurs ont su rebondir après l’arrêt de Six Feet Under.
N’oublions pas de mentionner les personnages qui ne font que passer, qui restent parfois un petit peu longtemps ou qui sont juste là pour mourir. On pourrait ainsi parler des protagonistes interprétés par Eric Balfour (The O.C.) et Ben Foster (My Name is Earl) qui jouent des adolescents perturbés dont Claire n’arrive pas toujours à se séparer, de celui portant le visage de la géniale Kathy Bates qui permettra à Ruth de se libérer et de s’extravertir, du bizarre croque-mort mettant mal à l’aise incarné par Rainn Wilson (The Office), de Mena Suvari qui ouvrira notamment Claire sur sa sexualité… En vrac, les sériephiles peuvent reconnaître Michelle Trachtenberg (Buffy the Vampire Slayer), Justin Theroux, Peter Facinelli…

La réalisation est parfaitement maîtrisée, le générique est un des témoins du travail derrière la caméra et la photographie ne dépareille nullement. Petite originalité de la série, sauf exception très rare et symbolique, il n’y a pas de fondus au noir, que des fondus au blanc. Ce choix n’est évidemment pas anodin et peut être vu comme une libération ou encore l’apparition de la mort. La musique a également une place de choix, la chanson de son ultime épisode ayant par exemple marqué la majorité des spectateurs.

Ce qui a aussi rangé Six Feet Under au panthéon des séries est sa fin. Son series finale est tout simplement un des plus beaux ayant été réalisés. Ces cinq dernières minutes, accompagnées par Breath Me de Sia, sont à couper le souffle tant elles vous nouent la gorge et vous touchent jusqu’au plus profond de votre âme. Elles montrent qu’après cinq saisons à avoir suivi ces personnages, après les avoir détestés et aimés, après nous les avoir rendus attachants, ils continuent leur vie et s’éteignent. Elles rappellent que personne n’est oublié et que pour nous aussi, notre tour viendra. C’est d’ailleurs le propos de la série, la mort peut frapper n’importe qui et ce, n’importe quand. Avant que cela arrive, il faut vivre et tenter de profiter pleinement de son existence.

Six Feet Under est une série que je voulais adorer jusqu’à la moelle mais malheureusement, ça ne fonctionne pas toujours ainsi. Si elle parle de la mort, elle s’en sert comme d’un tremplin pour traiter de la vie et de toutes les thématiques qui composent notre existence. Si dans la culture occidentale, le sujet de la mort est tabou, Six Feet Under s’en affranchit et l’aborde sans demi-mesure. À fleur de peau, elle est souvent bouleversante et réaliste. Tout comme Alan Ball l’avait déjà effectué dans son excellent American Beauty, la série est noire, ironique et souvent cynique. Les épisodes traitent de faits de société ou encore de thèmes fédérateurs tout en instaurant une certaine dose de folie douce parfois hallucinatoire. Les personnages complexes que l’on côtoie durant ces cinq saisons font alors partie de notre famille. Il va de soi que la série mérite son statut de culte et doit être vue au moins une fois dans sa vie car elle ne peut laisser indifférent.

H2 ~ Kimi to Itahibi | 君といた日々

Par , le 7 décembre 2011

Lorsque je me suis lancée dans les séries japonaises il y a maintenant quelques années, j’avais noté sur ma liste interminable H2. Comme souvent, il y a à l’origine un manga. Dans ce cas précis, il s’agit du shônen manga du même nom d’Adachi Mitsuru que les amateurs connaissent forcément au moins de réputation. Débuté en 1992 et terminé sept ans plus tard, il est constitué de 34 tomes. Il est presque entièrement disponible en France chez Tonkam, le dernier tome sortant en janvier 2012. Il existe sinon un anime datant de 1995-1996. L’adaptation télévisée est composée quant à elle de onze épisodes diffusés entre janvier et mars 2005 sur TBS. Le premier épisode dure une heure au lieu des quarante-cinq minutes habituelles. Le titre vient du prénom des héros (H comme Hiro et Hideo / ou Haruka et Hikari ?). Aucun spoiler.

Hiro et Atsushi se sont volontairement inscrits dans un lycée sans équipe de baseball pour ne pas être tentés par le diable. Leur médecin ayant été catégorique, ils savent qu’ils ne peuvent plus continuer de jouer à moins d’y laisser leur santé. Ce qu’ils ne se doutent pas par contre, c’est que ce médecin n’en est pas vraiment un et qu’ils n’ont absolument aucun problème médical ! Une fois la supercherie éventée, ils se mettent alors en tête de réussir à créer une équipe digne de ce ce nom et de l’envoyer au Kôshien, le grand stade de baseball, afin de remporter la compétition inter-lycées.

   

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas regardé un j-drama sur le sport. Sans être une fan du genre, je peux facilement apprécier certains d’entre eux comme Pride qui est une petite perle. N’ayant jamais lu H2 et n’ayant même jamais testé un manga d’Adachi, je serai incapable de dire si l’adaptation est réussie. D’après ce que j’ai cru comprendre, elle reprend la totalité du manga. Que ce soit dans sa forme, dans ses thématiques abordées et dans son traitement, H2 se rapproche énormément du très moyen Regatta. À la place des courses d’aviron, on a cette fois du baseball. Il est clair qu’ici, il est préférable d’apprécier ce sport ou au moins de le connaître un minimum. J’avoue avoir trouvé la plupart des matchs rébarbatifs. Certains passages font monter l’adrénaline mais c’est très rare. Est-ce la faute à l’écriture du scénario ? C’est bien possible. Néanmoins, comme je ne comprends absolument rien aux règles, qu’elles ne furent jamais expliquées et que je n’avais pas spécialement envie de faire l’effort de les chercher et de les assimiler, eh bien je n’ai pas pu rentrer dans l’ambiance. Le baseball est totalement inconnu chez nous mais il faut savoir qu’au Japon, c’est le sport numéro 1. Kisarazu Cat’s Eye ou ROOKIES prouvent également cet attrait pour lui. Bien sûr, on peut deviner le but du jeu mais il y a beaucoup de subtilités et d’expressions particulières. Ici, les joueurs lancent la balle à vitesse grand V, le résultat s’approchant à l’écran sur certains points de Captain Tsubasa, tout en demeurant davantage crédible. Pour la petite anecdote, Adachi apparaît dans plusieurs épisodes et ses mangas sont souvent montrés à l’écran.

Kunimi Hiro est un adolescent de seize ans passionné de baseball. Excellent lanceur, il a mis son sport fétiche de côté car un médecin lui a diagnostiqué des problèmes de santé. Il en est de même pour son meilleur ami, Noda Atsushi. Tous deux viennent d’entrer au lycée et essayent d’autres clubs, sans grande motivation. Sauf qu’un jour, suite à un concours de circonstances tout cela change et ils se remettent au baseball. Hiro est un jeune comme tous ceux de son âge. Un peu pervers sur les bords, il mange des Chupa Chups à longueur de journée et voue un culte au baseball. Il ne demande pas la lune, il souhaite juste pouvoir jouer. Il est incarné par Yamada Takayuki (Yamikin Ushijima-kun, Byakuyakou, Churasan, Sekai no Chûshin de, Ai wo Sakebu, Water Boys…) qui est, comme presque toujours, plutôt bon. Hiro a passé toute sa vie collé à sa voisine, Amamiya Hikari, incarnée par la toujours aussi fade Ichikawa Yui (Muscle Girl!, Kurosagi). Du même âge, ils se connaissent très bien et s’embêtent régulièrement. Les parents de Hiro étant extrêmement farfelus, ne préparant jamais à manger par exemple, il passe plus de temps chez les Amamiya que chez lui. Hikari est dans le même lycée qu’un autre très bon ami de Hiro, Tachibana Hideo, joué par Tanaka Kôtarô (Sekai no Chûshin de, Ai wo Sakebu, Byakuyakô). Sérieux et assez réservé, il est également un très grand amateur de baseball et surtout, il est extrêmement connu en tant que batteur. Il fait donc partie d’une équipe différente de celle de Hiro. Partageant tous deux la même passion et étant extrêmement doués, ils espèrent pouvoir un jour s’affronter. Sauf qu’ils ne le savent pas encore mais ils batailleront aussi pour autre chose : le cœur de Hikari. Eh oui… H2 mélange le sport et la romance et c’est là où le bas blesse.

En caricaturant, il paraît que les mangas d’Adachi sont notamment réputés parce qu’ils parviennent à proposer des histoires pouvant toucher n’importe quel public. Autrement dit, dans le petit cerveau étriqué de certains, on comprend que les amours sont pour les filles et le sport pour les garçons. Ainsi, tout le monde est content. Cependant, cela ne fonctionne pas du tout aussi facilement en réalité. H2 instaure non pas un triangle amoureux mais un carré. Hiro est amoureux de Hikari depuis sa plus jeune enfance sans réussir à se l’avouer. Hikari a également des sentiments pour Hiro sauf qu’elle sort depuis de nombreux mois avec Hideo, le meilleur ami de Hiro. Vient s’ajouter une nouvelle jeune fille, Koga Haruka qui porte ici les traits de la très jolie Ishihara Satomi (Voice). Haruka est maladroite, gentille comme tout et ne demande qu’à plaire à Hiro. Manager de son équipe, elle passe donc une grande partie de son temps en sa compagnie. Dès le second épisode, la romance prend une part prépondérante et devient étouffante. Les personnages se tournent autour durant la totalité de la série, rien ne bouge et on en revient sempiternellement à la même chose. Le pire étant qu’il se déroule trois ans entre le début et la fin de H2. Si les personnages sont pour la plupart sympathiques, Hikari est usante, notamment parce que son actrice, Ichikawa Yui, ne connaît qu’une seule expression qui consiste à avoir un petit peu la bouche ouverte et les yeux écarquillés. Bref, s’il est question d’autres petites histoires d’amour entre d’autres protagonistes secondaires, celles-là ne sont pas trop agaçantes car transparentes ; c’est uniquement ce carré insipide qui fait soupirer tant il a une place bien trop importante.

Outre le quatuor pénible, les autres personnages sont très peu effleurés. À vrai dire, même parmi les quatre, Hideo est à peine développé. Le meilleur ami de Hiro, receveur de son état, Noda, est mignon comme tout et offre du dynamisme à la série. Dans l’équipe du héros, on retrouve plusieurs visages familiers comme Ishigaki Yûma (Hanazakari no Kimitachi e, Gokusen 1), insupportable et tout en surjeu dans un rôle d’hystérique, Hôjô Takahiro (LIFE) ou encore Yuge Tomohisa (Yume wo Kanaeru Zô). Toujours dans ce lycée, le proviseur (Ryû Raita) paraît bougon mais comme par hasard, s’avère être un marshmallow et une prof d’anglais est idiote et passe son temps à débiter des phrases débiles dans un anglais approximatif. Irritant. Quant à l’établissement adverse, en plus de Hideo et de Hikari, l’adolescente jouée par Kanjiya Shiori (Love Shuffle, Buzzer Beat) n’apporte rien de particulier si ce n’est des supposés moments comiques. Car oui, H2 se veut aussi drôle tout en mêlant des instants dramatiques.

Le ton de la série n’est pas clair. Bien sûr, il est toujours possible de mélanger les genres. Néanmoins, il y a beaucoup trop de tonalités différentes dans H2. Un coup, on voit un personnage foncer dans un mur avec la caméra qui tremble pour multiplier l’effet comique (ou le rendre stupide, au choix) et quelques secondes plus tard on aura un mort sur les bras. N’oublions pas les multiples blessures des joueurs, les blagues répétitives, les raccourcis et l’on a plus ou moins fait le tour de ce que la série a à offrir. Certes, la musique composée par Satô Naoki (Orange Days, Water Boys) n’est pas trop mal, la photographie sait également être plutôt jolie mais les multiples défauts font inéluctablement sombrer la série dans le néant.

Finalement, H2 se révèle être un j-drama peu convaincant, que ce soit dans sa tonalité sportive, lycéenne, dramatique, comique ou encore romantique. Tous les poncifs sont de la partie et la prévisibilité est à chaque fois de mise. S’il arrive à sortir la tête de l’eau à certains moments, c’est toujours pour mieux replonger. C’est vraiment dommage car le premier épisode est assez réussi. La série plaira peut-être aux plus jeunes mais si l’on recherche un tant soit peu de profondeur, de développement ou encore de maturité, ce n’est pas du tout vers celle-ci qu’il faut se diriger. Par contre, Pride… ;)
Note : Dans le même registre, je déconseille très fortement l’adaptation cinématographique de Rough, toujours d’Adachi, avec Hayami Mokomichi, Nagasawa Masami et plusieurs autres visages vus également dans H2.

Dead Like Me (série complète)

Par , le 4 décembre 2011

Ayant décidé de consacrer 2011 au rattrapage de toutes les séries que j’avais en cours, j’ai ainsi terminé assez récemment la série canado-américaine Dead Like Me. Il me semble l’avoir débutée vers 2005. Créée par Bryan Fuller (Pushing Daisies, Wonderfalls), elle est composée de deux saisons, la première comportant quatorze épisodes et la seconde quinze. Elle fut diffusée entre 2003 et 2004 sur Showtime. Ayant été annulée plusieurs mois après l’écriture du season series finale, elle n’a pas de fin réelle. Toutefois, un film est sorti directement en DVD en 2007 et sera traité sur Luminophore en 2012. Fuller a quitté la série au cours de la première saison. Aucun spoiler.

Comme je l’ai écrit dans le premier paragraphe, je pense avoir commencé Dead Like Me aux alentours de 2005. Possédant le coffret DVD, je sais avoir regardé la saison une au moins à deux reprises. Si j’ai attendu environ six ans pour terminer la série cela n’est absolument pas lié à l’appréciation que j’en avais / j’en ai. Je gardais en mémoire des épisodes sympathiques mais je n’étais pas si pressée que ça d’en venir à bout. J’aurais pu regarder à nouveau cette saison histoire de rafraîchir mes idées mais je ne l’ai pas fait. Par conséquent, je serai réellement incapable de parler d’elle et de ce qu’elle vaut. Tout ce que je peux dire, c’est qu’en débutant cette année la saison deux, je me suis immédiatement rappelée pourquoi j’avais autant apprécié l’univers de Dead Like Me jusque-là. Il paraît que la qualité de cette ultime saison est inférieure à la précédente, c’est bien possible mais cela ne l’empêche nullement d’être une petite pépite.

Dead Like Me débute par la mort tragique et en même temps comique de Georgia ‘George’ Lass. Venant d’avoir 18 ans, elle décide de plaquer ses études et met ainsi les pieds dans le monde du travail. Pas motivée pour un sou, sarcastique et insolente, elle n’est pas facile et le sait. Cela ne l’empêche pas de faire peu d’effort pour tenter de s’intégrer dans la société. Un jour, elle est percutée par une lunette de toilette de la station Mir et elle meurt. Généralement, lorsque le héros d’une série décède, on arrive à la fin, ici c’est justement le début de l’histoire. Si aux yeux de tous Georgia Lass est enterrée et commence une lente putréfaction, elle se balade toutefois toujours dans les rues de Seattle. Elle est juste devenue une de nombreuses faucheuses que comporte la planète. La chose étant bien faite, son visage a totalement changé. George est donc là sans être vraiment là. Elle découvre dès lors en même temps que nous le monde des faucheurs et plus particulièrement celui d’un petit groupe dirigé par Rube. Il paraît cependant évident que lorsque l’on vient de trépasser, on n’a pas spécialement envie de se réjouir et de passer à autre chose. George doit composer avec sa nouvelle situation et tout laisser en arrière. En théorie. Si Dead Like Me narre les aventures de George la faucheuse, elle n’oublie jamais la famille de l’héroïne. Si un des leurs les a quittés, leur vie ne s’est pas arrêtée et la série montre de quelle manière ils tentent de s’en sortir, chacun réagissant à sa propre façon.

Dans la série, les faucheurs ne tuent qui que ce soit, ils récoltent tout simplement l’âme de certaines personnes avant qu’elles ne meurent. Les faucheurs sont tous des personnes déjà mortes et qui naviguent donc entre les deux mondes, celui des vivants et celui des décédés. Ils n’appartiennent par conséquent à aucun d’entre eux et ne peuvent vivre une vie normale. Tous les matins, Rube distribue ainsi à sa petite équipe des post-it avec le nom du futur décédé, l’adresse où le trouver et l’heure fatidique. Le faucheur doit donc être présent à ce moment précis et le toucher afin de récupérer son âme. De cette manière, il pourra ensuite partir on ne sait où faire on ne sait quoi. Les petites saletés qui tuent indirectement, en enlevant une bouche d’égout par exemple, en déplaçant de quelques millimètres une planche, etc., sont les Gravelings, des espèces de bestioles bêtes et méchantes. Les faucheurs n’ont aucun contrôle sur eux et n’ont pas à se poser de questions. Qui dirige tout ça ? Comment Rube écrit-il ses post-it ? Malheureusement, la série demeure assez vague là-dessus. C’est comme ça, c’est tout. Cependant, notamment dans la saison deux, on découvre d’autres types de faucheurs comme un enfant interprété par Spencer Achtymichuk (The Dead Zone) qui se consacre aux animaux. Alors que beaucoup auraient intégré une certaine dose religieuse / métaphysique, la série ne le fait pas du tout et cela est franchement agréable de ce point de vue. Évidement, les croyances sont de temps en temps de la partie, ce qui est normal, mais elles ne sont jamais le principal moteur.

Un des points forts de Dead Like Me est sa galerie de personnages hauts en couleur et très attachants. Du fait de leur nature de faucheurs, ils ne peuvent réellement frayer avec les autres et sont donc unis, qu’ils le veuillent ou non. Au final, on se retrouve face à une petite famille atypique et sacrément dysfonctionnelle. La plus jeune en âge mais aussi la dernière à être morte, George, incarnée par l’excellente Ellen Muth -que l’on ne voit malheureusement plus-, est caustique, insolente et bornée. Elle officie en tant que narrateur mais ses discours ne sont jamais ennuyants ou faciles. Elle fait preuve de pas mal d’auto-dérision et en dépit de la situation, ne se laisse pas abattre. Si faucheur pourrait être associé à un métier, il ne paye toutefois pas. George doit donc trouver un boulot et retrouve son poste très fraichement acquis dans une société portant le doux nom de Happy Time. Elle s’y présente sous un faux nom, évidemment. Elle est ainsi devenue Millie. À Happy Time, George suit les ordres de la géniale Delores Herbig jouée par la toute aussi géniale Christine Willes (Smallville). Delores est pointilleuse, inflexible mais a un cœur gros comme ça. Elle se prend assez rapidement d’affection pour Millie et en fait sa confidente. Elle est aussi convaincue que son employée est une ex-alcoolique, ex-droguée et tout ce qui va avec. Eh oui, George doit bien inventer des excuses pour partir n’importe quand récolter des âmes ! Happy Time comporte quelques autres figures truculentes comme Crystal, la réceptionniste qui ne parle pas mais qui ne rate jamais rien.

Du côté des faucheurs, George rencontre d’abord Rube qui fait clairement office de père au fil des épisodes. Tout le monde se repose sur lui et suit ses ordres même s’il faut d’abord ronchonner avant. Interprété par Mandy Patinkin (Criminal Minds), toujours aussi excellent, Rube paraît presque acariâtre et ne sourit jamais. Cela n’est qu’une façade car s’il peut être méchant et froid par moment, il aime sa petite famille de plus vraiment morts et apprécie le travail bien fait. La moins intéressante est peut-être Roxy, cynique et autoritaire. Très proche de la loi, elle fait tout pour l’appliquer comme il faut. Avec Rube, elle est celle qui est la plus fiable du groupe. Elle est très sympathique elle aussi mais elle est moins développée que les autres. Toujours chez les femmes, Betty, jouée par Rebecca Gayheart n’est présente que lors de la première saison et j’avoue ne plus très bien me souvenir de son passé et de sa personnalité. La sylphide Daisy Adair, incarnée par Laura Harris (The Dead Zone), prend sa place et semble sûre d’elle, de sa beauté et de son charme mais montre à plusieurs reprises de nombreuses cassures. Et n’oublions évidemment pas l’incroyable et le charismatique Mason joué par Callum Blue (Smallville). Né avec un poil dans la main, drogué depuis toujours et peut-être encore plus depuis sa mort, amateur de rock, vulgaire et Anglais, Mason est le mouton noir du groupe. Jamais fichu de faire correctement ce qu’on lui demande, il se met souvent Rube à dos. Ils se détestent cordialement. Semblant presque amoral car volant les morts, Mason est drôle et adorable. Oui, c’est mon personnage favori. Bref, tout ce petit monde se marche parfois sur les pieds, se dispute souvent mais entre certains se développe une réelle amitié voire même davantage. Ils se retrouvent à chaque fois à Der Waffle Haus où Kiffany leur sert toujours à manger tout en écoutant de manière stoïque leurs discussions et les remarques souvent sorties de nulle part de Mason.

Comme écrit plus haut, la série s’attarde sur les morts, sur ceux qui le sont mais plus trop mais aussi sur les vivants. Elle montre effectivement la famille de George, composée de la mère psychorigide et névrosée, Joy, incarnée par Cynthia Stevenson, du père, Clancy, qui trompe sa femme avec une de ses étudiantes, de Reggie, la petite sœur et de JD, le golden retriever. Clancy est un peu moins visible que les deux femmes de la maison. La relation entre Joy et Reggie est tout particulièrement mise en valeur et est vraiment belle. Reggie est une jeune fille qui entre dans l’adolescence. Toujours ignorée par George de son vivant, elle vit mal la perte de sa sœur et tente de calquer ses habitudes sur les siennes. Persuadée qu’elle n’est pas réellement morte, Reggie se met à tenir des propos délirants pour ses parents. Assez renfermée, elle parle peu et laisse sa mère gigoter dans tous les sens. Si George est supposée aller de l’avant, elle ne peut toutefois s’empêcher de veiller sur eux à sa manière.
La série parvient à chaque fois à trouver le bon ton et un rythme convaincant entre la nouvelle vie de George et ce qu’il se passe dorénavant chez les Lass.

Comme souvent avec certaines séries qui commencent à dater, on peut reconnaître plusieurs acteurs dans des rôles plus ou moins conséquents. Notons par exemple la présence de Teryl Rothery (Stargate SG-1, Kyle XY), Eric McCormack (Will & Grace), Nicki Clyne (Battlestar Galactica), Tom McBeath (Stargate SG-1), Samantha Smith (Supernatural), Katie Stuart (The Crow : Stairway to Heaven) et de plein d’habitués des séries tournées à Vancouver.

Bien que le sujet principal de Dead Like Me soit la mort, la série n’est absolument pas morbide ou déprimante. Au contraire, elle est pleine de vie, d’entrain et d’une certaine malice. L’humour est décapant, parfois féroce et s’insère à merveille parmi des thématiques variées. La musique assez atypique réussit à amplifier le côté parfois presque burlesque de certaines situations. Cet aspect humoristique est sublimé par des répliques ciselées. Si la comédie est plus que présente, les épisodes ne sont jamais dénués d’émotion et de compassion. Ils trouvent généralement le bon angle d’approche, sont plus profonds qu’ils n’en ont l’air et ne manquent pas d’intérêt. Les deux saisons s’attardent essentiellement sur ses protagonistes et les développent à bon escient. Quelques épisodes sont moins réussis que d’autres, il est parfois dommage que des questions restent en suspens mais c’est bien peu de choses face au bonheur et au divertissement procurés. La série célèbre la vie et fait réfléchir sur la mort. En dépit d’un sujet incroyable, on peut se dire que pourquoi pas… ces faucheurs pourraient bien exister, non ?

Dead Like Me est l’histoire d’un groupe d’individus comme il en existe des milliers sur la planète. Ils se lèvent comme tout le monde, travaillent, composent avec leurs connaissances et rentrent chez eux. La seule différence est qu’ici, ils ont une occupation étrange : ils sont des faucheurs. Bien que tout ceci paraisse irréaliste et que les histoires soient résolument décalées, la série a tout de même sacrément les pieds sur terre et met en avant une mini société avec ses mœurs, ses habitudes et ses méthodes. Elle en devient presque perturbante. C’est ainsi leur quotidien que l’on suit au cours de ces deux petites saisons, accompagné d’une jeune femme qui vient de mourir. La série est brillamment écrite, interprétée par des acteurs investissant leurs rôles comme il faut et possédant une grande alchimie entre eux. Alors qu’elle parle de la mort, elle fait tout simplement honneur à la vie. Si le series finale n’en est pas vraiment un, il se termine correctement et le film doit sûrement apporter du neuf. Les personnages sont attachants, majoritairement blasés et possèdent un petit grain de folie très appréciable cachant une tristesse parfois profonde. Au final, Dead Like Me est une série cynique, caustique, satirique, à l’humour noir provocateur, souvent débridée et non dénuée de sentiments. Elle se place dès lors comme un petit délice à consommer sans modération.
Bonus : l’excellent générique