Game of Thrones (saison 1)

Par , le 2 février 2012

Bien, bien, bien. Cela fait plusieurs mois que je repousse l’écriture de ce billet parce que je sais que j’aurai encore une fois du mal à mettre des mots sur ce que je pense. De toute manière, dès que j’apprécie un univers plus que de raison, je suis victime du syndrome de la page blanche. Je veux dire, encore plus que d’habitude. En outre, je suis persuadée que je vais m’étaler en superlatifs ne rimant à rien. Vous êtes prévenus. Vu que la saison deux approche, il est grand temps de me secouer les puces et de discuter de la première de Game of Thrones. Quiconque s’intéressant un minimum aux fictions télévisées en a forcément entendu parler. C’est une des séries de l’année 2011, tout simplement. Sous ce titre se cache l’adaptation du cycle A Song of Ice and Fire (Le Trône de Fer en VF) de George R.R. Martin. Game of Thrones est en réalité l’intitulé du premier volume de la saga. Actuellement composée de cinq romans, celle-ci est sortie sur le marché américain dès 1996. Elle devrait normalement comporter sept parties, mais tout ceci est susceptible d’évoluer et, surtout, il est impossible de dire quand elle sera entièrement publiée. L’édition française existe sous différents formats et je ne saurais que vous conseiller l’intégrale de J’ai Lu, même si le cinquième volet arrivera dans un petit moment. Si jamais vous désirez approfondir l’univers, le site La Garde de Nuit est une véritable pépite sur laquelle il convient de marcher toutefois sur la pointe des pieds. En effet, attention aux spoilers ! Pour information, notez que j’ai lu le premier volume en janvier 2011, soit avant la diffusion de la saison une. Je suis immédiatement tombée sous le charme et j’attendais la série de pied ferme. Depuis, j’ai dévoré les deux suivants, à mon grand désarroi, car j’espérais faire durer le plaisir un minimum. Je souhaite réussir à garder le quatrième intact jusqu’au moins le second semestre 2012. C’est déjà difficile, zut. Tout ceci pour vous dire que, oui, je suis complètement fascinée par A Song of Ice and Fire et je doute avoir envie d’être objective. Je vais quand même essayer d’être un petit peu réfléchie, mais je ne vous promets rien du tout. Je suis aussi vraiment désolée parce que je ne peux pas m’empêcher de parler des romans. Je sais que ça doit agacer certains, je prends donc le risque de vous énerver. Oups.

Game of Thrones est une série américaine dont la première saison, composée de dix épisodes de cinquante à soixante minutes chacun, fut diffusée entre avril et juin 2011 sur HBO. Le 1×08, The Pointy End, a été écrit par George R.R. Martin lui-même qui est très impliqué dans la production. La fiction a depuis reçu plusieurs récompenses. La saison deux est prévue sur la chaîne dès le 1er avril 2012. Aucun spoiler.

L’hiver vient. Après de longues années de printemps, la période du froid et de l’obscurité approche. Des murmures se font par ailleurs entendre. Il semblerait qu’au-delà du Mur, des créatures surnaturelles féroces, les Autres, aient été aperçues de nouveau. Cette muraille de glace est supposée protéger le reste du continent de ces menaces vieilles de milliers d’années. Toutefois, peu de personnes les prennent désormais au sérieux et chacun est davantage envahi par ses désirs propres et cette envie impérieuse que de s’asseoir sur le trône de fer. Parallèlement, à Westeros, le souverain Robert Baratheon règne sur les Sept Couronnes depuis plusieurs années, suite à la chute d’Aerys II Targaryen, dit, à juste titre, le Fol. Son conseiller principal, la fameuse Main du roi, Jon Arryn, étant décédé, il part avec une grande partie de sa cour dans le Nord, à Winterfell, là où vit son ami de toujours, Eddard Stark. Il l’exhorte alors gentiment à retourner avec lui à Port-Réal afin d’occuper la place de la défunte Main et l’aider à gouverner. Qu’il fasse preuve de méfiance, rois et reines, chevaliers et renégats, menteurs, seigneurs et honnêtes hommes… tous participeront au jeu du trône.

Dans le cadre d’une adaptation, il s’avère systématiquement ardu de satisfaire à la fois les connaisseurs du matériel original et les néophytes. Rares sont les productions étant parvenues à allier les deux avec une réussite presque parfaitement orchestrée. Avant 2011, les amateurs de fantasy pensaient sûrement uniquement aux films de Peter Jackson avec The Lord of The Rings (Le Seigneur des Anneaux). Depuis, à l’exception d’une minuscule minorité, il y a de fortes chances que la plupart y ajoutent la transposition télévisée d’A Song of Ice and Fire. La première saison de Game of Thrones illustre à la lettre le premier volume du cycle. Il est vrai qu’en lisant une œuvre littéraire, chacun s’imagine les choses à sa manière. C’est d’ailleurs en partie pour cela que l’on peut être rapidement déçu en découvrant l’adaptation liée. Quand bien même Game of Thrones ne se calque pas à 100 % sur l’image que l’on aurait pu s’en faire, elle se veut la plus proche possible du roman. Certains dialogues sont identiques, la méthode de narration présente quelques similitudes, les paysages paraissent directement surgir des livres et il en ressort, tout simplement, une impression étrange de voir ce que n’importe qui a pu concevoir. Ceux qui n’avaient jamais entendu parler du cycle papier ou qui n’avaient pas eu le temps/le courage/l’envie/que sais-je de se lancer ne sont pas exclus. Il est toutefois vrai que l’univers est très touffu, qu’il y a une incroyable galerie de personnages, que le scénario est extrêmement ambitieux et qu’il se révèle donc complexe de s’en imprégner de but en blanc. Honnêtement, je serais incapable de spécifier si la fiction est difficile d’accès pour le néophyte. Il est plausible que oui, mais une chose est certaine, c’est qu’au bout de quelques épisodes, les rouages doivent sûrement être perceptibles et une fois les clés bien en main, le plaisir est probablement présent, surtout si l’on a un faible pour la fantasy.

De la fantasy ? Pourtant il y a n’a pas de magie, de créatures surnaturelles ou tout autre élément propice au genre ! Game of Thrones est une série de fantasy médiévale. Les chevaliers ne sont pas sur leur beau destrier blanc, avec leur armure étincelante et le cheveu au vent. Non, ils sont généralement sales, peuvent être extrêmement cruels, de véritables meurtriers sans foi ni loi et n’ayant aucune morale. L’univers dépeint un monde sombre s’apparentant principalement à un jeu de chaises musicales, de nombreux personnages cherchant à s’installer sur l’inconfortable trône de fer. Les caractéristiques fantastiques et imaginaires sont au départ insidieuses et discrètes. Game of Thrones change ainsi la donne avec les productions de fantasy plus basiques qui reposent parfois un peu trop souvent sur le même schéma. Celle-ci est bien plus profonde et travaillée. C’est justement pour cela que l’adapter était un pari aussi risqué. Notons que si la fantasy est de prime abord légère, elle s’insère progressivement dans le récit. Le cadre de la série ne sort donc pas nécessairement de la norme, si ce n’est qu’il est particulièrement violent. D’ailleurs, les habitants eux-mêmes ne croient que peu à la magie et à toutes ces légendes anciennes qui seraient plutôt là pour faire peur aux enfants la nuit. Pour ces raisons, Game of Thrones peut être regardée – et évidemment appréciée – par ceux n’étant pas familiers ou réticents au genre. La fiction est avant tout une histoire de bataille pour le pouvoir se déroulant dans un environnement lointain ayant de fortes ressemblances avec notre propre Moyen Âge.

L’univers de la première saison se focalise essentiellement sur Westeros, le continent du royaume des Sept Couronnes où vivent de grandes et plus minoritaires familles comme les Stark, les Lannister, les Tyrell, les Tully, etc. Ces maisons sont plus ou moins puissantes et indépendantes. Cependant, elles sont toutes sous l’égide du roi juché sur le trône de fer, à Port-Réal. Sans surprise, il est donc question de complots, de manipulations et de lutte intestine. Plusieurs des clans souhaitent que l’un des leurs devienne souverain et pour cela, ils sont prêts à tout. Game of Thrones distille un climat oppressant de guerre froide ou bien plus franche. La société dispose de rouages politiques complexes et davantage subtils qu’ils ne pourraient l’être au premier abord. Une des forces de la saison, et a fortiori du cycle littéraire, est son aspect multidimensionnel. Les personnages ne sont pas manichéens et il se veut toujours difficile de savoir ce qui les motive réellement. Outre les Stark qui font office des plus gentils et des plus honnêtes, les membres d’autres familles sont loin d’être unilatéraux. Beaucoup d’entre eux donnent l’impression d’être pétris de vices et pourris jusqu’à la moelle, mais, oui, il y a un mais, ils sont tellement plus profonds qu’on ne peut les définir par un seul trait. Si les protagonistes provoquent le tournis tant ils s’avèrent nombreux – sans évoquer la quantité de décédés dont on nous parle –, ils sont tous travaillés. La série opte pour le même parti que l’auteur et leur offre les moyens d’être construits, compris et réalistes. C’est là où Game of Thrones fait fort, c’est que l’on finit rapidement par s’attacher à plusieurs d’entre eux. Et le moins que l’on peut dire, c’est qu’il est nécessaire de posséder un cœur bien accroché, car dans le jeu du trône de fer, personne n’est épargné. La saison le prouve à maintes reprises, n’hésitant pas à tuer plusieurs personnages, dont certains que l’on aurait pu penser partis pour rester un sacré bout de temps parmi nous. S’il est donc effectivement question de complots et de manigances, l’émotion transpire à travers l’écran. Certaines scènes éprouvantes lues dans le roman en deviennent ainsi presque insupportables tant on pressent ce qui va se dérouler sous nos yeux.

La maison des Stark, basée dans le Nord, à Winterfell, est celle que l’on peut aisément apprécier de prime abord. Dirigée avec honneur et bravoure par Eddard Stark, campé par Sean Bean que je vous ne ferai pas l’affront de présenter, son emblème est le loup. La famille n’est pas parfaite, tant s’en faut, mais elle fait figure de la plus intègre et de la moins calculatrice. Eddark est un homme droit, trop loyal pour certains, et qui semble impossible à corrompre. Il est marié à Catelyn, née Tully, incarnée par Michelle Fairley que l’on a pu voir dernièrement dans Misfits. Bien que l’actrice fasse vraiment âgée comparativement à ce qu’on aurait pu imaginer dans le livre, elle interprète tout à fait convenablement cette femme ayant dû s’acclimater à la rude météo nordique et aimant plus que tout les siens. Leurs enfants ne dépareillent aucunement et les comédiens sont tout aussi compétents que le reste de la distribution. Les plus jeunes étant omniprésents dans l’univers, il était extrêmement important d’assurer de ce côté-là et, heureusement, nos craintes ont rapidement pu se dissiper. Difficile par exemple d’être négatif en parlant de Maisie Williams, parfaite en Arya, cette petite fille qui souhaite davantage apprendre à manier l’épée que virevolter dans une robe qu’elle ne voudra jamais porter, au grand contraire de Sansa (Sophie Turner). Les enfants ont tous été vieillis de quelques années, ce qui peut tout à fait se comprendre pour des raisons de crédibilité, mais également par rapport à certaines lois évidentes. Parmi les plus âgés, Richard Madden est un Robb Stark convaincant. Jeune et fougueux, mais devant supporter le poids d’un lourd fardeau sur ses épaules, l’héritier de Winterfell est obligé de mûrir plus vite que prévu et de montrer de l’aplomb. N’occultons pas le bâtard de la famille, Jon Snow (Kit Harington), ayant choisi de se consacrer à la Garde de Nuit, celle qui veille nuit et jour, et cela, toute sa vie, sur le Mur.

Outre les Stark qui font quelque peu figure des héros de Game of Thrones, la saison s’attarde tout particulièrement sur les Lannister, dont l’emblème n’est autre que le lion et, accessoirement, leur blondeur. Tywin (Charles Dance) les dirige d’une main implacable du haut de Castral Roc. Ses trois enfants vivent quant à eux à Port-Réal. Cersei et Jaime sont les aînés, les jumeaux. La première est interprétée par Lena Headey qui propose le portrait d’une femme froide, rigide et sans aucune pitié pour ceux n’appartenant pas à sa progéniture ou à son frère adoré. Mariée à Robert Baratheon, elle est donc la reine, mais elle déteste son époux, la réciproque étant de mise. Au cours de la première année, à l’exception de l’exécrable et horripilant Joffrey (Jack Gleeson) que l’on a envie de voir souffrir les pires martyres, les deux plus jeunes enfants sont rapidement écartés. Leur mère manipulatrice hait du plus profond de son être son cadet, le nain Tyrion (Peter Dinklage – Nip/Tuck). Aussi intéressante que dans le roman, la personnalité de Tyrion est parfaitement valorisée. Intelligent, rusé, sarcastique et sachant se tourner en dérision pour mieux supporter les critiques acerbes dont il est victime, le Lutin, tel qu’il est surnommé, est un des atouts de la saison. Dernier membre du trio Lannister, impossible d’oublier Jaime, chevalier et faisant partie de la Garde Royale. Arrogant, sûr de lui et beau parleur, il est joué par Nikolaj Coster-Waldau qui lui offre toute la classe et le charisme nécessaires afin d’illustrer un individu assez ambivalent. Appelé le Régicide pour avoir assassiné son roi, Aerys II, il semble ne pas réussir à se défaire de cette image de traître que tout le monde souhaite lui coller. Sinon, à la cour de Port-Réal se côtoient de nombreuses figures importantes et intéressantes comme Petyr Baelish, dit, Littlefinger. Ambigu, amoureux de Catelyn Stark depuis toujours, il est vital de s’en méfier comme de la peste. Aidan Gillen (Queer as Folk UK) le dote à merveille d’un soupçon équivoque et fort douteux. L’eunuque Varys (Conleth Hill), maître en chuchotement et en murmures, Bronn (Jerome Flynn), le mercenaire assez caustique de Tyrion, Sandor Clegane (Rory McCann), l’effrayant chien de Joffrey ou encore son frère, la Montagne (Ian Whyte), forment une galerie de personnages secondaires ou tertiaires fascinants à leur propre manière. Un mot sur le roi, tout de même, qui est incarné par un parfait Mark Addy. Colérique, vorace, et ce, à tous points de vue, il s’est engraissé au fil des années et ne gouverne son territoire que d’un œil, laissant tout le travail à sa Main. Sinon, notons que Gendry, issu d’une certaine graine fort vigoureuse, porte les traits de Joe Dempsie (Skins).

La saison ne se déroule pas uniquement sur Westeros. La principale embûche, en découpant autant le scénario, est d’ennuyer le spectateur qui ne voit pas d’emblée le lien entre chacune de ces parties. Game of Thrones évite cet écueil et les points d’ancrage de l’histoire sont aussi intéressants les uns que les autres. En plus du déplacement de l’intrigue autour du Mur, avec Jon et son ami Sam (John Bradley), du passage aux Eyrié où la folie de Lysa Tully (Kate Dickie) et l’horreur de l’allaitement opèrent, ou bien des moments à Winterfell, l’ensemble part sur le continent est. S’y trouvent les derniers descendants de la famille Targaryen. N’étant plus que deux, leurs ascendants ayant été massacrés par le Régicide, l’Usurpateur et leurs armées, ils tentent de survivre dans cette contrée hostile et différente de Westeros. Harry Lloyd (Robin Hood) a parfaitement capté l’aliénation caractérisant Viserys Targaryen ; Emilia Clarke est une douce et craintive Daenerys qui se transforme au fil des épisodes en khaleesi ferme et se voulant parfois impitoyable. Ils sont notamment entourés de Khal Drogo (Jason Momoa – Stargate Atlantis), un guerrier incroyable à qui Viserys vend sa sœur comme épouse, ou encore de Jorah Mormont (Iain Glen), exilé dans cette région pour certaines actions répréhensibles. Les Targaryen sont quelque peu en marge de ce qui se déroule sur Westeros si ce n’est que leur destinée est étroitement liée avec ce qui s’y est déjà passé et ce qu’il adviendra dans le futur. Le continent oriental met en avant des paysages différents, plus exotiques, arides, mais aussi où les richesses peuvent couler à flots. L’ambiance y est électrique et la violence monnaie courante.

À vrai dire, on pourrait écrire des lignes et des lignes sur les personnages, surtout lorsqu’en plus on connaît un minimum la suite. La tentation de s’attarder sur plusieurs autres est grande, mais puisqu’il est question de la série et de sa première année, il est évident que nous n’en sommes pas encore là. La saison prend de l’avance concernant certains protagonistes, en appuyant par exemple davantage ses propos ou la caméra. C’est notamment le cas de Theon Greyjoy (Alfie Allen) ou encore de Renly Baratheon (Gethin Anthony) et de son chevalier fleuri, Loras Tyrell (Finn Jones). Par contre, ce qu’il y a d’un petit peu décevant, si tant est que l’on puisse dire les choses de cette manière, c’est que l’on ne sait pas forcément ce que ressentent et pensent les figures. A Song of Ice and Fire possède une méthode de narration particulière, chaque chapitre étant écrit selon le point de vue d’un personnage (le point of view, PoV, c’est ça). De ce fait, en découvrant le roman, on comprend sans mal ce qui se déroule dans la tête des héros. Difficile à l’écran de retransmettre ces impressions si l’on veut rester un minimum naturel. Cet aspect est possiblement celui m’ayant le plus embêtée et qui fera certainement que je préférerai toujours –  et sans aucune hésitation – la lecture du cycle. Certaines scènes ont été ajoutées afin de pallier ce manque, mais elles ne peuvent le compenser comme il se faut. Les Tully ont majoritairement été écartés, Brynden et Edmure sont ainsi totalement absents, bien qu’il s’agisse probablement là d’une volonté de ne pas perdre le téléspectateur novice ; ces personnages seront vraisemblablement intégrés au cours de l’arc principal de la future saison deux.

Le rythme de l’ensemble est rapide, peut-être trop. À peine un élément a-t-il l’opportunité d’être assimilé que l’on passe déjà au suivant. Les rebondissements sont légion et s’ils ne se montrent pas tous incroyables, plusieurs le sont et proviennent généralement de l’esprit fourbe des individus. Il s’avère clair que la complexité et la densité des intrigues ont dû donner du fil à retordre aux scénaristes. La production essayant de se calquer au plus proche du roman, elle tente de tout balayer et il ne paraît pas facile de condenser près de neuf cents pages en dix petits épisodes. En définitive, cela permet à la saison de se révéler très vive et jamais ennuyante, si tant est que l’on ne puisse trouver passionnant ce jeu d’échecs grandeur nature. Après, les premiers scripts doivent d’abord installer le récit et les nombreux personnages. Comme écrit plus haut, il se veut compliqué de se mettre dans la peau de quelqu’un n’y connaissant rien lorsque l’on sait déjà ce qui va advenir. Avant même de commencer la série, j’avoue que mon avis était biaisé et, dans ma tête, j’ai du mal à différencier la fiction télévisée du cycle littéraire tant j’associe désormais instinctivement toutes les qualités du second à la première. Sur une note moins positive, les scènes de sexe sont souvent assez dispensables. Il n’est pas nécessaire de les accentuer de cette manière, surtout quand elles semblent totalement gratuites. C’est malheureusement un défaut un peu trop fréquent dans les productions de cet acabit, mais cela ne signifie pas pour autant que l’on doive s’y faire.

Au-delà du fond de Game of Thrones, qu’en est-il de la forme ? Les œuvres de fantasy n’ont jamais été privilégiées au sein du petit écran. D’aucuns diraient que c’est en raison d’un public absent, d’autres parce qu’il n’existe pas d’histoires convaincantes. Bref. D’une manière plus terre-à-terre, on pourrait plutôt penser que ce sont les contraintes budgétaires qui ont toujours fait frémir d’avance les financiers. Comment transposer l’univers du cycle littéraire si les fonds ne sont pas derrière ? Il fallait une chaîne comme HBO, avec l’argent, mais aussi avec toutes les compétences requises pour rendre cette expérience unique. Esthétiquement, la saison s’avère léchée et profite des minutieux détails apportés par le récit original. Que ce soient les vêtements, les bannerets, la langue dothraki ou le physique des personnages, il transpire une volonté d’être le plus pointu possible. Les lieux contrastés de l’histoire sont magnifiques et ne donnent pas l’impression de sortir d’un ordinateur. Aisément identifiables, ils se différencient par une architecture, des couleurs et une atmosphère distinctes. La caméra n’hésitant pas à voyager, elle prouve déjà les moyens mis à sa disposition. Le résultat est alors à la limite de la fantasmagorie et la photographie lui permet d’en être que davantage sublime. Naturellement, le budget n’est pas sans fond, mais la réalisation s’en accommode fort bien, limitant certaines séquences comme la bataille entre loups et lions vers la fin. La frustration semble légitime, mais ce n’est que peu à payer afin d’obtenir une forme aussi aboutie sur du long terme. Les effets spéciaux sont au final moindres, l’ensemble privilégiant le réel et lui offrant dès lors une authenticité plus qu’appréciable. L’unique point sur lequel j’oserai chipoter est la quasi-absence des loups-garous (les direwolves en VO ; rien à voir avec les loups-garous du folklore habituel). Certes, on ne dirige pas des chiens – ce sont ici des huskies – comme des humains, mais la dimension fusionnelle attachant ces créatures à leur maître n’est, à mon goût, pas suffisamment mise en avant. Cela dit, nous sommes d’accord qu’il vaut mieux moins les découvrir que d’être entouré de laids animaux en synthèse. Autrement, le générique extrêmement travaillé est rien qu’à lui seul une preuve de la bonne volonté de HBO. Il change quelque peu en fonction du lieu principal de l’intrigue. Il en va de même de la musique de Ramin Djawadi (Prison Break) qui, si elle ne m’avait pas particulièrement convaincue lors du premier épisode, m’a définitivement conquise au fil du temps. Toujours subtile, elle n’en fait pas trop et accompagne de manière délicate le visuel.

Pour conclure, en souhaitant adapter fidèlement le premier volume d’A Song of Ice and Fire, les débuts de Game of Thrones ressemblent à un franc succès. La série se donne les moyens de ses ambitions en possédant une écriture solide, une ambiance particulière de fantasy adulte médiévale, une distribution persuasive, des personnages ciselés ainsi qu’une forme aussi soignée que le fond. Elle ne peut alors que se montrer exaltante, non manichéenne et stimulante. Mieux, elle réussit à mettre au diapason les néophytes avec les passionnés ayant attendu une transposition de cette qualité et de cette ampleur depuis des années. S’il est vrai que certains choix scénaristiques sont discutables, elle fait office de merveille télévisuelle comme on aimerait en voir davantage. Ambivalente, intense, terrible et tragique, la saison se veut par ailleurs tour à tour amusante, caustique, émouvante et effrayante. Une chose est sûre et certaine, c’est qu’elle ne laisse pas indifférent et qu’elle insuffle une dimension épique fascinante dans cette lutte de pouvoir aux multiples facettes semblant n’avoir aucune limite, mais gardant un réalisme régulièrement inconfortable. Si vous ne l’avez pas encore débuté, il va de soi que ce stupéfiant voyage vous appelle furieusement !

Clone Baby | クローンベイビー

Par , le 30 janvier 2012

Rapidement citée lors de ma petite sélection de l’automne 2010, Clone Baby s’est finalement retrouvée sur mes écrans en décembre 2011. Bien que son nom ne le laisse pas supposer, la série est japonaise. Composée de onze épisodes de vingt-deux minutes, elle fut diffusée sur TBS entre octobre et décembre 2010 dans un tout nouveau créneau horaire. C’était en effet la première fois que la chaîne passait une série le vendredi entre 0h20 et 0h50, créneau dorénavant appelé le Friday Break. Depuis on a pu y voir Heaven’s Flower, Ôran Kôkô Host Club ou dernièrement Kaitô Royale. La chaîne avait dit en octobre 2010 avoir pour ambition de proposer des programmes différents de ses habitudes. Aucun spoiler.

Des jeunes tous nés le 7 juillet de la même année meurent dans des circonstances étranges. Chacun est retrouvé avec un ou plusieurs organes en moins. Outre les circonstances de leur décès et leur date de naissance, ils possèdent un autre point commun, ils ont une tâche de naissance en forme d’astérisque. De l’autre côté de Tôkyô, Aoyagi Masamune souhaite se suicider et se retrouve poussé du haut d’un immeuble par un inconnu. Il se réveille toutefois quelques heures plus tard comme si de rien n’était. Au jeu des chaises musicales, il finit par ne rester plus qu’une seule chaise et tout le monde la veut…

Pardon ? Vous trouvez l’histoire brumeuse ? Je vous assure que je n’y suis pour pas grand-chose ! Clone Baby a un scénario à première vue très alambiqué. Attendez, il est question de manipulations génétiques, d’éthique, d’amour, d’amitié, de trahisons, de piratage informatique ou encore de rires démoniaques. Vous secouez le tout, ceci à prendre au sens le plus littéral s’il-vous-plaît, et vous obtenez un cocktail bizarroïde. Aoyagi Masamune est donc un jeune un peu perturbé qui a envie de se suicider pour des raisons qui nous paraissent tout de même assez légères. Oui bon, il est victime d’ijime mais il change tellement vite d’état d’esprit au fil des épisodes que l’on peut douter de son caractère. Bah, après tout, il fait ce qu’il veut de sa vie. Alors qu’il s’apprête à sauter du toit d’un immeuble, un mystérieux jeune homme vêtu tout de blanc l’approche. Il se moque de lui, lui raconte des choses bien étranges concernant des chaises et le pousse dans le vide. Certes, Masamune ne se suicide pas vraiment mais de toute manière, il voulait sauter donc le résultat est le même, n’est-ce pas ? Sauf que pas du tout ! Au lieu d’être une purée humaine, il se réveille dans un lit d’hôpital, veillé par son père et sa petite sœur. D’après eux, il aurait chuté dans des escaliers. Alors qu’il ne comprend plus rien, il revoit son supposé meurtrier qui le suit à la trace. Toujours aussi sarcastique, il lui propose d’échanger de place. Masamune accepte car il ne supporte plus sa vie qu’il juge insupportable. Très rapidement, il le regrette et réalise peu à peu ce qui est en train de lui arriver. Il est en fait un clone ! Lui aussi est né le 7 juillet, comme un tas de monde autour de lui. Pourquoi meurent-ils tous ? Ils seraient apparemment en train de s’entretuer car c’est bien connu, les clones soit ils s’attirent, soit ils se haïssent. Oui, les clones seraient semblables à des aimants. À ce qu’on sache, les clones humains n’existent pas. Il semblerait qu’en fait si. Une organisation japonaise travaille effectivement là-dessus et manigance on ne sait quoi dans son coin, favorisant les meurtres entre clones. Tout cela aurait un lien avec une fille bandée comme une momie dans un lit. Tadaa. Si cela vous semble toujours aussi confus, c’est encore une fois, normal.

Le personnage principal, Masamune, tente de comprendre ce qu’il se passe et découvre peu à peu que tous les clones sont voués à se massacrer afin qu’il n’en reste plus qu’un. Voilà pourquoi l’homme en blanc parle d’un jeu de chaises musicales. Clone Baby emploie de nombreux personnages mais aucun n’est franchement étudié. Même le héros, Masamune, est aussi vide qu’un ballon rempli d’air. Pas très futé, souffrant quelque peu de bravitude, crédule comme on voit rarement, il fait parfois un peu pitié. Personnellement, si on me dit que je suis un clone, je ne pense pas croire la personne immédiatement. Je pars plutôt du principe qu’elle a un grain. Enfin bon, ne jugeons pas. Masamune est donc un jeune sympathique mais pas intéressant pour un sou. Fou amoureux d’une fille née aussi le même jour que lui (oh, une autre clone ?), il passe son temps à la sauver des méchants qui les coursent jour après jour. Le supposé couple est fade et plat. Si Ichikawa Tomohiro est relativement correct et fait ce qu’il peut avec ce qu’on lui donne, Taki Yukari n’a aucune excuse et est juste mauvaise. Elle donne surtout l’impression de remplir le quota jolie fille de la série.

À côté d’eux gravite beaucoup de monde. Le jeune homme tout en blanc, Kikuchi Hiro, semble toujours savoir mieux que quiconque ce qu’il se passe, s’amuse de tout et aime bien partir en riant et se moquant de Masamune. Le fait qu’il soit interprété par le toujours très charmant Matsuzaka Tôri (Asukô March!, Death Game Park) à qui le blanc va très bien aide à être indulgent. Très indulgent même. S’il y a une réelle volonté de développer un minimum sa psychologie avec son ancien ami tueur, Mikumo Gôta joué par Kikuta Daisuke, cela reste très léger et insuffisant. Il est vrai que le format de la série n’est pas un atout car en si peu de temps, il paraît difficile d’être réellement poussé. Cependant, d’autres y arrivent bien mieux donc là aussi, on ne peut se satisfaire de cette excuse facile.

Clone Baby s’aventure également du côté d’une prof travaillant sur la manipulation génétique, sur le grand frère policier de Marika, sur un ancien joueur de baseball souffrant à l’épaule ou encore sur un crack en informatique peureux qui va se prendre d’affection pour la petite sœur de Masamune. Au rayon visage connu, on repérera très vite Matsushige Yutaka (Bloody Monday, Hagetaka et énormément de petits rôles) qui n’est autre que le chef de famille Aoyagi, Shiga Kôtarô (Tôkyô DOGS) en vieux fou scientifique et Kabe Amon (Good Life) dans la version Hiro enfant.

Clone Baby est donc l’histoire de clones qui ne ressemblent pas du tout mais il y a une raison scientifique derrière (si si). Ces clones pas si bébés que ça s’entretuent ou veulent vivre ensemble dans un monde parfait constitué de cœurs et de Télétubbies. Bien évidemment, lorsque l’on apprécie la science-fiction, on ne peut qu’être content lorsque l’on voit ce genre de sujet à la télévision japonaise. Malheureusement, le soufflet retombe très rapidement tant le scénario part dans tous les sens, n’est pas crédible pour un sou, est truffé d’incohérences, de raccourcis et de facilités scénaristiques. Les personnages doivent tous être doués de pouvoirs spéciaux pour pouvoir se retrouver toujours au bon endroit et au bon moment. Ne parlons même pas de la prévisibilité de l’intrigue. Le grand méchant loup ? Il est devinable dès le premier épisode et à vrai dire, en réfléchissant trente secondes, vous pourriez même le supposer en lisant cet article. Le choix du téléspectateur est alors binaire. Soit il s’énerve avec toutes ces idioties, soit il décide de regarder au second degré et immédiatement, la pilule passe mieux. Si en plus ledit téléspectateur a une appétence particulière pour les éphèbes, Clone Baby pourra presque faire office pour certains de guilty pleasure. Accessoirement parlant, Matsuzaka Tôri est un atout considérable.

Malgré toutes ses qualités hautement discutables, le début laisse quand même craindre le pire avec cette réalisation trop stylée. Oui c’est bien, il y a une prise de risque mais le résultat est beaucoup trop mal fichu. La caméra est forcément tenue par un Parkinsonien et le montage est probablement effectué par un monomaniaque sous LSD. Voir douze fois la même scène selon un plan différent avec la caméra qui bouge, non merci. Ça va, on avait déjà compris dès le début. Difficile de croire qu’un des réalisateurs, Kawashima Ryûtarô, s’est aussi occupé de JIN mais c’est pourtant vrai. Au fil du temps, la mise en scène est plus légère et c’est horrible à dire mais on s’habitue tout simplement à avoir le mal de mer. Il faut aussi noter que la musique de Nakanishi Kyô (Shiroi Haru, Kekkon Dekinai Otoko, Tiger & Dragon, Kisarazu Cat’s Eye) est agréable et les superbes chansons de HURTS que l’on entend très régulièrement mettent immédiatement dans l’ambiance.

Ce n’est pas parce que l’on apprécie un genre peu fréquent dans les j-dramas, autrement dit ici la science-fiction, que cela signifie qu’il faut tout accepter. Clone Baby le prouve bien. Mal écrite, mal réalisée, mal jouée et manquant totalement de crédibilité, elle semble cumuler tous les écueils possibles et inimaginables. Pourtant, elle n’est pas foncièrement désagréable à partir du moment où on la regarde comme un divertissement comique. Pour peu que l’on ait un grand faible pour les séries se voulant mystérieuses, avec de l’action, essayant de jouer dans la cour des thrillers et que l’on réussisse à mettre de côté ses connaissances scientifiques, le j-drama n’est aucunement source de malheur. Bien au contraire. Mais il est évident qu’il ne mérite pas de tout arrêter pour se mettre à le regarder. Ne pas le faire du tout ne devrait a priori pas non plus être une erreur monumentale. Et vous savez quoi ? Une saison deux serait apparemment prévue. De quoi prolonger le plaisir avec ces bishônen de clones… ou pas.

Footballers’ Wive$ | Femme$ de footballeurs (saisons 2 à 5)

Par , le 27 janvier 2012

Aussi incroyable que cela puisse paraître, j’ai décidé en 2011 de reprendre Footballers’ Wive$ là où je m’étais arrêtée en 2008, soit après la fin de la première saison. Ce n’est pas tant que j’avais vraiment envie de voir la suite, mais je me suis dit que pour quelques épisodes, autant aller jusqu’au bout. Rappelons un petit peu le contexte si vous le voulez bien. Footballers’ Wive$, Femme$ de footballeurs chez nous, est une série anglaise diffusée sur ITV entre 2002 et 2006. Elle fut annulée au terme de sa cinquième année en raison d’audiences peu satisfaisantes, et ne dispose pas de réelle fin. Il existe un mini-épisode d’un peu moins de dix minutes passé lors du Sport Relief – un téléthon anglais se basant sur le sport, – et qui conclut plus ou moins l’ensemble de manière explosive. Les saisons sont composées de huit-neuf épisodes d’une quarantaine de minutes en règle générale. Comme le titre du billet le laisse comprendre, il sera ici question du reste de la série, les débuts ayant déjà le leur. Aucun spoiler.

Footballers’ Wive$ est un pur soap opera avec tous les rebondissements de circonstance. La fiction est à regarder au minimum au second degré au risque de frôler l’apoplexie. Il y a des morts dans tous les sens, des revenants, de (faux) suicides, de la drogue, un hermaphrodite, des échanges d’enfants (pas un, des !), des viols sur des personnes dans le coma, un chien qui tue un bébé en l’étouffant, un protagoniste faisant exploser son appartement à cause d’un surplus en laque, de la magie noire, une cougar avant-gardiste et tant d’autres évènements incroyables et totalement sortis de nulle part. Tous les épisodes sont d’une stupidité affligeante mais, à l’exception de la dernière saison, demeurent visionnables en raison d’un manque total de sérieux de la part des Anglais. En plus, les saisons étant courtes, le rythme est effréné et ne laisse aucun répit. Les héros sont tellement caricaturaux que l’on ne peut que se moquer d’eux et en rire. Certes, j’ai regardé la série en accéléré parce qu’il ne faut quand même pas exagérer, mais ceux qui sont amateurs du genre devraient probablement y trouver leur compte. Il est uniquement dommage que la saison cinq soit aussi mauvaise.

Durant la fiction, seuls deux individus sont présents au long cours. Le symbole de Footballers’ Wive$ n’est autre que la vénéneuse Tanya qui, avec ses ongles de vingt centimètres de long, passe son temps à manigancer dans son coin afin d’avoir l’argent, le pouvoir et du sexe. Elle est horrible, sauf qu’en même temps, c’est elle le moteur des intrigues les plus décalées et les plus jouissives. C’est typiquement le genre de personnage méritant une bonne correction, mais qui se révèle le plus fascinant. Son interprète, Zöe Lucker, y est pour beaucoup, d’ailleurs, car elle dégage une certaine classe tout en réussissant à être kitsch. De toute manière, tous les individus sont superficiels et de vraies caricatures ambulantes. La série s’inspire du monde du foot anglais et sans y connaître quoi que ce soit à part les Beckham, on n’a aucun de mal à le croire. Cela dit, même si les paillettes, les histoires romantiques ou savoir qui mettra la nouvelle star du foot dans son lit s’avèrent nombreuses, la production ose aborder quelques thématiques et le fait avec pas mal de tact. On peut penser par exemple à l’homosexualité, tellement taboue dans le microcosme sportif et qui n’est ici pas que suggérée. Côté acteurs connus, il est facile d’y reconnaître dans des rôles importants Jamie Davis (Hex) ou encore Laila Rouass (Primeval).

En conclusion, Footballers’ Wive$ est une série totalement assumée n’hésitant pas une seule seconde à employer toutes les ficelles scénaristiques possibles et inimaginables afin de tenir en haleine le téléspectateur. Elle n’est jamais tendre avec ses personnages qu’elle utilise et jette comme de vulgaires chaussettes, en profitant pour les égratigner au passage. Il paraît assez évident qu’une telle liberté de ton n’aurait jamais été envisageable aux États-Unis. L’intrigue est inexistante, l’interprétation est extrêmement fluctuante, la musique insupportable, les vêtements atroces et tout cela sonne creux et ridicule. Mais bizarrement, la série possède un côté décalé ainsi qu’un aspect irrévérencieux qui font que l’on peut regarder quelques épisodes sans trop en souffrir. Par contre, de là à tout voir, c’est autre chose…