Tôkyô Tower (2007) | 東京タワー

Par , le 26 octobre 2016

Si, si, je vais bien finir par terminer le tri par le vide de mes dossiers. En tout cas, je m’y emploie sérieusement et avec ce billet, je prouve m’atteler à des vieilleries y traînant depuis trop longtemps. Bien qu’en France, Lily Franky ne soit pas du tout connu, sa popularité se veut plutôt flagrante dans son propre pays. D’ailleurs, s’il multiplie les casquettes, il s’invite assez régulièrement au sein du petit écran. L’artiste aux divers talents ne joue pas dans la production du jour, mais a écrit l’histoire qui, apparemment, s’avère autobiographique. Tôkyô Tower est à l’origine un roman, un best-seller même, ayant déjà été utilisé dans un tanpatsu en 2006 et dans un film avec Odagiri Joe datant de 2007. Ce long-métrage est sorti peu après la conclusion de la série télé puisqu’elle dut diffusée entre janvier et mars 2007 sur Fuji TV pendant onze épisodes. Seul le premier dispose de quinze minutes additionnelles. Aucun spoiler.

Janvier 1989, dans la région de Chikuhô, à Fukuoka. L’adolescent Nakagawa Masaya vit avec sa mère dans un ancien hôpital de campagne. Malgré leur absence de grande richesse, il ne manque de rien tant il est couvé par sa maman quelque peu étouffante, mais très altruiste et extravertie. Elle l’aime plus que tout et sans aucune surprise, à force de s’occuper de tout à sa place, il ne sait pas faire grand-chose de ses dix doigts. Le jeune garçon n’a pas encore osé lui révéler qu’il souhaite partir pour Tôkyô dès la fin du lycée pour y commencer une nouvelle vie, loin d’elle. Mais même s’il cherche toujours à mettre de la distance entre eux, il finit systématiquement par retourner vers elle. Car après tout, une maman, on en a qu’une et il importe d’en profiter avant qu’elle ne disparaisse.

Pour être honnête, Tôkyô Tower ne me donnait pas du tout envie. Je n’avais aucune idée de son sujet et je crois l’avoir uniquement récupérée pour son acteur principal qui, depuis maintenant longtemps, me laisse indifférente. Je serai bien incapable de préciser la fidélité de cette adaptation ou de comparer avec les autres déjà existantes. C’est donc moyennement enchantée que j’ai lancé les épisodes et sans renier les qualités d’ensemble, rien ne m’a ici surprise. Cette fiction sait appuyer sur les bons boutons et ne nécessite pas d’être fustigée, mais elle ne s’écarte pas des sentiers battus et répond scolairement au cahier des charges habituel des séries télévisées nippones. Ceux attendant plus qu’une énième production calibrée n’auront pas suffisamment de matière pour en ressortir convaincus. En revanche, pour peu que l’on apprécie les récits légèrement mélodramatiques prônant les valeurs familiales, celui-ci mérite peut-être un certain investissement. Malgré une narration parfois éclatée nourrie par divers flashbacks, la majorité de la forme se révèle tout aussi basique que le reste et ne marque pas plus que de raison. Seule la musique un peu trop envahissante de Sawano Hiroyuki (Marumo no Okite) demeure en mémoire tant, justement, elle force les émotions avec ses envolées de violons et son emphase perpétuelle. C’est d’ailleurs cette absence de réelle subtilité qui entrave Tôkyô Tower parce qu’en dépit de ses défauts, elle propose de jolis moments et un message fédérateur ne laissant pas indifférent.

Dès l’âge de huit ans, Masaya est obligé de perdre ses habitudes d’enfant pour déménager avec sa mère, Eiko, à la campagne dans la préfecture de Fukuoka. Ses parents n’ont pas vraiment divorcé, mais ils ne vivent plus ensemble pour des raisons au demeurant obscures. Il semblerait toutefois que l’alcoolisme paternel (Izumiya Shigeru – Sanbiki no Ossan) soit le principal moteur de ce départ presque précipité. Le petit garçon peine à se faire à sa nouvelle vie, s’accroche littéralement à sa maman et souffre de sa timidité quasiment maladive. Les années défilent et il finit enfin par se faire deux amis, dont Yamada Kôhei (Emoto Tasuku – Osozaki no Himawari) qui voit en lui un modèle. Le surnommé Ma-kun est maintenant un adolescent et commence à se sentir asphyxié par sa mère qu’il appelle Okan – un diminutif pour okâ-san, maman en japonais. La série suit le parcours de cet adulte en devenir essayant tant bien que mal de se créer une identité, un futur. Entre le début et la fin du programme se déroulent plus de dix longues années où survient naturellement tout un tas d’évènements, mais où persiste envers et contre tout une grande simplicité. Le protagoniste termine l’école, part à Tôkyô étudier, multiplie les erreurs, ne se sépare jamais de sa maman et entretient avec elle une riche relation non dénuée d’accrocs, mais toujours bienveillante et pétrie d’amour. Les téléspectateurs attendant des rebondissements extraordinaires peuvent passer leur tour, car le scénario promeut la tranquillité et le calme, quitte à sombrer parfois dans une certaine torpeur. La production aurait mérité un bon raccourcissement et se perd dans des redondances dispensables. Avec ce sentiment de redite, les émotions finissent alors par se tarir légèrement surtout que plusieurs scènes normalement dramatiques s’étirent aussi à l’extrême. Dommage également que le héros s’avère si peu attachant même s’il est contrebalancé par son adorable mère.

Comme tout enfant, Ma-kun a besoin de se détacher d’Okan qui tend à le surprotéger. Cette femme s’apparente à un vrai rayon de lumière. Boute-en-train, solaire, énergique et dévouée, elle se plie en quatre pour les autres, quitte à devoir s’échiner tous les jours au travail. L’interprétation enjouée de Baishô Mitsuko offre ses lettres de noblesse à ce personnage apportant beaucoup de dynamisme à la série. Elle n’en rate jamais une pour se grimer, amuser la galerie et se mettre en avant, ce qui embarrasse et gêne considérablement son fils. De son côté, il se montre insouciant, assez ingrat et se complaît dans l’oisiveté. Son égoïsme et ses caprices se comprennent quelque peu compte tenu de la situation, mais ce protagoniste peine à provoquer une franche sympathie, le jeu limité de Hayami Mokomichi n’atténuant en plus pas les écueils du fond. Cet illustrateur en devenir est en définitive jaloux de sa propre mère qui attire tous les regards, mais avouons qu’il fait bien pâle figure à côté d’elle. Au fil des années, il gagne en expérience, se prend d’affection pour une étudiante incarnée par Kashii Yû (Meitantei no Okite) et mûrit par la force des choses, car la tendance se retourne. En effet, plusieurs drames s’abattent sur ses proches et il doit veiller sur sa maman, les rôles finissant enfin presque par s’inverser. Le défilement du temps n’est pas toujours perceptible alors qu’apparemment, une décennie s’écoule entre le début et la fin. Bien que Tôkyô Tower s’attarde sur plusieurs personnages se bornant à des archétypes avec les voisins marginaux aux divers problèmes, elle tourne systématiquement ses propos autour de l’importance de la famille et plus particulièrement de la mère. Les bons sentiments pullulent et l’approche souffre d’un ton larmoyant amplifié par la redite narrative, mais la grande majorité de l’audience réussit forcément à se sentir concerné devant cette relation phare rondement croquée où l’humour s’offre aussi une place notable. La fiction en profite en prime pour présenter quelques réflexions sur la maladie et les capacités de résilience.

Au final, à travers ses onze épisodes non dénués d’un léger soupçon amusant, Tôkyô Tower délivre une belle ode à l’amour maternel. Si la série ne manque pas de défauts avec son classique registre gentillet, sa lenteur légèrement ennuyante, son scénario presque répétitif, sa musique forçant les émotions et son protagoniste moyennement engageant, elle reste susceptible de plaire par son aspect fédérateur et sa dynamique maîtresse mêlant tendrement empathie et irritation. Son absence d’idéalisation parvient à globalement compenser la mièvrerie d’ensemble d’autant plus que le script veille à choyer la simplicité et la sincérité malgré des ressorts parfois stéréotypés et des éléments annexes peu concluants. En d’autres termes, la production ne s’apparente absolument pas à un indispensable du petit écran, notamment car elle se contente d’utiliser consciencieusement la méthode la plus à même de satisfaire le public japonais en oubliant toute vraie personnalité, mais elle s’y applique suffisamment correctement pour dépeindre un honnête récit.

Game of Thrones (saison 6)

Par , le 19 octobre 2016

Beaucoup doivent certainement ronger leur frein puisque pour une fois, Game of Thrones ne revient pas au printemps, mais seulement au cours de l’été prochain. En attendant la septième et vraisemblablement avant-dernière saison, discutons donc de la sixième. Celle-ci se compose de dix épisodes diffusés sur HBO entre avril et juin 2016. Aucun spoiler, sauf si l’on considère le sort prévisible de Jon Snow comme tel.

Jusqu’à présent, les lecteurs du cycle littéraire de George R. R. Martin pouvaient se targuer de ne pas craindre les spoilers puisqu’ils connaissaient justement en amont les principaux traits de l’intrigue. La série s’est certes progressivement dissociée des livres, mais l’ossature restait la même. Cette fois, la roue tourne bien que des éléments du futur sixième volume, The Winds of Winter, ont dû être utilisés. Je l’avoue, j’espérais énormément de ce cru. J’ai eu l’occasion de le répéter, cet univers me passionne et je demeure une inconditionnelle de la version papier. Les premiers pas de l’adaptation télévisée m’ont beaucoup plu sauf qu’au fur et à mesure, je me suis détachée de la suite. La faute à un récit éclaté peu homogène, une surenchère de violence contrastant avec la finesse de naguère et à un émoussement émotionnel. Je ne parvenais pas à savoir si le problème venait de la production en tant que telle, de mes expectatives assez hautes ou du fait que les rebondissements m’étaient familiers. Après le visionnage de cette saison inédite, je n’ai toujours pas de réponse claire, mais tout ce dont je suis certaine, c’est qu’elle a réussi à me réconcilier avec Game of Thrones, cela malgré plusieurs écueils dispensables. Étant donné que le matériel de l’auteur a été en grande partie transposé à l’écran lors des cinq années précédentes, celle-ci est bien obligée de s’affranchir des romans, ce qui s’avère simultanément positif et négatif. Les scénaristes ne possèdent effectivement pas la qualité de la plume originale, mais pour le non-profane, la comparaison n’existe plus et rien que pour ça, j’avoue avoir l’impression de respirer un grand bol d’air frais. Dans le meilleur des mondes, j’aurais préféré lire en intégralité l’histoire et non pas regarder une adaptation, qui plus est différente de celle sûrement escomptée initialement, sauf qu’au vu du rythme de publication actuel, ce serait ridicule de laisser de côté la série. Bref, comme d’habitude je ne peux m’empêcher d’évoquer mes pensées tourbillonnantes, car je me suis vraiment retourné la tête. Pour une fois, j’ai visionné l’ensemble au fur et à mesure de sa diffusion à l’antenne, terrorisée à l’idée que quelqu’un me gâche la surprise.

La saison cinq s’attelait enfin à concentrer ses intrigues et celle-ci poursuit cette route. Mieux, elle prend la peine de faire rencontrer de nombreux personnages principaux et n’hésite pas en fin de parcours à effectuer ce qui s’apparente à un ironique ménage de printemps. Les points de vue sont resserrés et les véritables enjeux du récit commencent à se concrétiser. Après des années passées à tourner autour, à s’éparpiller dans des détours dispensables et à multiplier le racolage, ce mode de fonctionnement provoque un certain enthousiasme. D’ailleurs, excellente nouvelle, les scènes de sexe et de violence gratuites demeurent en arrière-plan. Un à un, les pions se mettent donc en place et chaque individu s’approche de son chemin final, tous devant probablement finir par converger pour lutter contre les Marcheurs blancs. Ces derniers se contentent une fois de plus de rares séquences, mais elles suffisent pour insuffler une atmosphère suffocante magnifiée par la prépondérance de la glace et du froid électrisant. Bran, de retour après une absence peu remarquée, est le principal contact avec ces créatures vindicatives et subit durement les leçons parfois sibyllines de la Corneille à trois yeux. Difficile de saisir exactement ce qui se trame autour du jeune Stark, mais ses dons particuliers, dont de vivides visions traumatisantes, permettent d’en apprendre davantage sur le passé, le présent et le futur. Son arc délivre aussi deux des moments les plus mémorables ; le premier au souffle émotionnel ravageur se déroule derrière une porte à retenir ; et le second divulgue à demi-mot l’origine d’un garçon méritant de la découvrir et d’embrasser son potentiel. Le retour d’un personnage espéré et attendu prouve que dans Game of Thrones, rien ni personne n’est jamais oublié. Pour l’instant, Bran n’a donc pas forcément l’occasion de briller pleinement et son rôle ne saute pas aux yeux, mais force est de constater que la suite s’annonce plus concrète. La situation s’avère similaire en ce qui concerne sa sœur, Arya. Désormais aveugle, elle poursuit son entraînement à Braavos avec Jaqen H’ghar. L’intérêt pour le téléspectateur est moindre en raison d’une redondance et d’incohérences diverses. Heureusement, la jeune fille reprend du poil de la bête vers la fin, mais ce n’est pas encore avec cette saison qu’elle soulève les foules. Les autres Stark toujours en vie, en revanche, impressionnent davantage.

Au Nord, Sansa et Theon tentent d’échapper aux griffes du vicieux Ramsay Bolton. Stannis Baratheon ayant été vaincu aux portes de Winterfell, la voie semble toute tracée pour le psychopathe obsédé par ses chiens n’hésitant de toute manière jamais à forcer le destin. Ce personnage se veut presque caricatural et risible, mais la solide interprétation d’Iwan Rheon lui sauve la mise. L’intrigue se déroulant dans les environs occupe une grande partie de l’ensemble et représente l’un de ses atouts les plus remarquables. Pour cela, remercions un souffle épique vertigineux, des séances de bravoure, une leçon d’humilité et de courage assénée par la fabuleuse et féroce enfant Lyanna Mormont (Bella Ramsey), un massacre canin jouissif ou bien une scène de retrouvailles émouvante. Sansa embrasse son nouveau costume et la découvrir si déterminée, ardente et presque amère laisse parfois pantois. À force de subir des atrocités innommables, l’écervelée de naguère a été tuée dans l’œuf. L’éprouvé et brisé Theon bénéficie également d’un joli cheminement psychologique. Au sujet de sa famille, les Greyjoy, ils ne sont pas oubliés et bien qu’ils donnent légèrement l’impression de se borner à des pièces rapportées, l’écriture veille à les associer aux enjeux plus généraux. C’est d’ailleurs l’occasion d’y revoir la toujours aussi sympathique Asha Yara et d’y rencontrer son oncle, le cruel Euron (Pilou Asbæk – 1864). Sansa et Winterfell se rapprochent vite de Châteaunoir où règne désormais Alliser Thorne puisque Jon Snow est mort. Pendant que Sam s’envole pour Villevieille et en profite pour s’arrêter chez lui, à Corcolline, son grand ami se fait assassiner par les membres de la Garde de nuit. Feu le commandant est-il condamné à perdre définitivement toute chaleur ? La réponse à cette interrogation ne laisse aucun doute et si la manœuvre n’induit pas une quelconque surprise, ses conséquences plaisent tant elles poussent le personnage vers une direction moins timorée. Jon Snow s’affranchit partiellement de ses démons avec le soutien de plusieurs camarades, dont l’exceptionnel et fidèle Ser Davos, mais également le fougueux et flamboyant chef du peuple libre, Tormund. Ce dernier provoque quelques scènes drolatiques avec ses regards en coin pour Brienne se trouvant dans les parages. La situation bouge donc au nord de Westeros, les batailles s’y multiplient, les têtes tombent et derrière sa télévision, l’audience retient son souffle, subjuguée par la force dramatique et l’esthétique soignée à l’extrême. Bien sûr, plus au sud, à Port-Réal, le contexte se révèle tout autant tendu, voire littéralement explosif.

Dans cet univers misogyne et hyperviolent, les femmes prennent progressivement le pouvoir. Des changements s’annoncent et prouvent que le meilleur ou le pire restent encore à venir. Daenerys est portée disparue après s’être envolée à dos de dragon, laissant Tyrion, Varys, Missandei et Ver Gris gérer Mereen et ses guerres intestines. Là-bas, la conjoncture se montre toujours aussi fade et voir le cadet Lannister se borner à des répliques humoristiques attriste sensiblement. Sa cote de sympathie permet de ne pas lui en tenir rigueur surtout que le dernier épisode lui offre de jolies scènes, mais le nain a connu des moments plus pertinents. Varys se limite également à une sorte de faire-valoir capable de traverser les quatre coins du monde à vitesse supersonique, ce qui se révèle ridicule. De toute manière, cette saison de Game of Thrones ne se soucie pas d’une véritable crédibilité et multiplie les ficelles assez grossières, comme tout ce passage insipide à Dorne. Décidément, cette région ne bénéficie jamais d’une exploration satisfaisante. Quoi qu’il en soit, Tyrion et les autres bataillent pour préserver la paix en attendant le retour de leur meneuse devant dans un premier temps frayer avec les Dothrakis. Cet arc se suit non désagréablement, mais comme souvent avec cette héroïne, il laisse surtout un sourire poli sur le visage. À vrai dire, c’est surtout l’épilogue qui, comme pour beaucoup de personnages, induit un vent rafraîchissant et proprement exaltant. Cersei Lannister ne viendra pas le démentir avec ses manigances et ses ambitions démesurées susceptibles de lui faire perdre le peu d’humanité lui restant. Humiliée par la Marche de la honte, secouée par l’assassinat de sa fille, elle ne peut compter que sur le mestre Qyburn et ce qui subsiste de la Montagne. Là également, le développement autour du Grand Moineau finit par user quelque peu en raison d’une certaine répétition, de délires fanatiques et d’une constante impression de faire du surplace. Les Tyrell essayent de s’en sortir en enfonçant davantage Cersei, Tommen ne sait plus où donner de la tête et finalement, rien ne change. Les moments s’y consacrant n’en deviennent absolument pas désagréables si ce n’est qu’ils manquent de vigueur et de subtilité. Sans surprise une fois de plus, le dernier épisode lance les hostilités et fascine par sa parfaite mise en scène. D’ailleurs, la musique de Ramin Djawadi, en mesure de se taire pour contraster avec ce qui se déroule devant nos yeux, n’a peut-être jamais été aussi envoûtante que cette année ; pensons à la magnifique Light of the Seven ! Ces aventures inédites ne sont pas avares en rebondissements et points de vue, car en sus de tous ces personnages, d’autres disposent de séquences à eux presque déconnectées du reste. Le retour du Limier s’avère justement assez anecdotique, bien que très appréciable surtout qu’il offre un petit rôle à Ian McShane (Kings, Deadwood). En tout cas, malgré un sentiment aléatoire de surplace, l’histoire avance rapidement et ne laisse guère le temps de s’ennuyer. Le pouvoir se ressert autour des trois maisons maîtresses que sont les Stark, les Lannister et les Targaryen, les familles voisines cherchant à se rapprocher de celle répondant le plus à leurs besoins. Si les révélations se multiplient dans la première moitié, la seconde possède moins d’éléments surprenants et veille plutôt à suivre une logique implacable n’en devenant pas pour autant soporifique.

Pour résumer, la sixième saison de Game of Thrones parvient enfin à enrayer quelques-uns des défauts handicapant les précédentes et donne l’impression de souhaiter aller de l’avant en concluant les récits annexes. En resserrant son action sur plusieurs points chauds où se rejoignent des protagonistes, elle atténue grandement son absence autrefois criante de liant. De même, ses enjeux commencent à se dessiner concrètement et sa toute fin de parcours laisse augurer des périodes majeures définitivement riches. Si elle ne manque pas de facilités, de développements discutables, d’intrigues à l’intérêt variable selon les personnages et d’incohérences narratives, son souffle émotionnel et épique lui permet de passer outre et de taire brièvement son esprit critique. Plus intenses et intimistes, moins sensationnels et toujours visuellement extraordinaires, ces derniers épisodes mettent en branle la suite avec talent et délivrent un spectacle galvanisant. Leurs qualités d’ensemble plaisent, mais avouons que c’est aussi tout ce qui s’annonce qui crée un tel enthousiasme tant l’imprévisibilité caractérise cette sanglante partie d’échecs.

L’automne 2016 des j-dramas

Par , le 12 octobre 2016

Vous devez dorénavant connaître le principe de ces billets, à savoir que les productions m’intéressant le plus – pour des raisons parfois hautement discutables – disposent d’une petite étoile (★) à la fin de leur description. Comme d’habitude, seuls les renzoku sont abordés, les tanpatsu étant volontairement mis de côté.

(Si l’affiche, le lien vers le site officiel ou la page Drama Wiki ne sont pas indiqués ici, c’est qu’ils ne sont pas encore disponibles ; je les ajouterai dès que possible. Il en va de même en ce qui concerne le synopsis de certaines séries.)

Aibô (saison 15)

Chaîne : TV Asahi
Début : 12 octobre 2016
Site officielFiche Drama Wiki

Comme tous les ans à cette même période, cette fameuse série japonaise revient sur le devant de la scène. Naturellement, les enquêtes policières s’y enchaînent, menées par un duo vraisemblablement efficace. Il n’y a donc rien de nouveau sous le soleil. La saison est toutefois rallongée puisqu’elle s’installera aussi au courant de l’hiver 2017.

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