L’automne 2017 des j-dramas

Par , le 11 octobre 2017

Comme je l’ai déjà évoqué en début d’année, ces billets trimestriels ne me convainquent que peu. Je passe beaucoup de temps dessus, sans aucun plaisir, et ils ne me plaisent au final guère, si ce n’est qu’ils me permettent de réfléchir davantage sur les nouveautés japonaises. C’est pourquoi, après une tentative de reformulation du système tout au long de 2017 et maintes tergiversations, j’ai décidé d’arrêter les frais avec celui de ce jour. J’ai commencé cette rubrique il y a plus de huit ans et j’estime qu’elle a correctement vécu sa vie. Bien sûr, étant une éternelle hésitante, je suis capable de changer d’avis d’ici là, mais j’en doute.

À l’instar des précédents récapitulatifs, j’ai choisi de ne proposer qu’une sélection très succincte. Les productions m’intéressant le plus – pour des raisons parfois hautement discutables – disposent d’une petite étoile (★) à la fin de leur description. Comme d’habitude, seuls les renzoku sont abordés, les tanpatsu étant volontairement mis de côté.

(Si l’affiche, le lien vers le site officiel ou la page Drama Wiki ne sont pas indiqués ici, c’est qu’ils ne sont pas encore disponibles ; je les ajouterai dès que possible. Il en va de même en ce qui concerne le synopsis de certaines séries.)

Ame ga Furu to Kimi wa Yasashî

Chaîne : Hulu
Début : 16 septembre 2017
Site officiel – Fiche Drama Wiki

Les nombreux amateurs du scénariste Nojima Shinji seront ravis de retrouver sa plume dans ce qui s’annonce comme une romance assez peu commune, surtout à la télévision japonaise. Quand un mari découvre que sa femme le trompe ouvertement depuis des années, non pas parce qu’elle ne l’aime plus, mais parce qu’elle est accro au sexe, il ne sait de quelle manière réagir. Tamayama Tetsuji et Sasaki Nozomi interprètent ces héros tentant de recoller les pots cassés et de panser leurs blessures. L’attrait de l’auteur pour les thématiques un peu subversives transpire dès la lecture de ce postulat ; espérons qu’il aille jusqu’au bout de ses idées. (★)

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12 Monkeys (saison 2)

Par , le 4 octobre 2017

Nous savons déjà depuis plusieurs mois que 12 Monkeys s’arrêtera au terme de sa quatrième saison, prévue courant 2018. Mais avant ça, il est l’heure de parler de la deuxième, constituée de treize épisodes diffusés sur Syfy entre avril et juillet 2016. Aucun spoiler.

La série se terminait l’an passé sur une situation explosive où Cassie, après avoir tiré sur Ramse devant un Cole effaré, quittait 2015 pour arriver en 2043. Sauf que les ennuis persistaient sérieusement puisque les fameux douze Messagers avaient pris le contrôle de la base dans le but d’utiliser la machine. L’histoire ne recommence pas tout à fait là où elle nous avait laissés et, comme à son habitude, elle n’hésite ensuite pas à multiplier les ellipses et maints sauts temporels. Elle gère toutefois désormais mieux ses différentes périodes parallèles et ne crée plus de sentiment de frustration à bondir d’une époque à une autre. Il faut dire que cette saison bénéficie d’une écriture bien plus homogène et donne l’impression que les scénaristes savent exactement où ils se dirigent. Et il se pourrait bien que ce soit le cas, car beaucoup de questions finissent par obtenir une réponse, mais aussi parce que des éléments paraissant triviaux disséminés de-ci de-là revêtent par la suite une importance parfois capitale. Malgré le caractère insaisissable du récit, il en ressort non pas un brouillard cachant une vacuité agaçante, mais bel et bien une logique implacable. L’arrêt programmé de 12 Monkeys tend d’ailleurs à confirmer que tout a été pensé en amont. Voir une fiction ne pas dévier de son chemin et monter en puissance plaît, voire favorise un franc enthousiasme. D’autant qu’elle prouve ses ambitions qu’elle tient sur la longueur, sans jamais choisir la facilité ou se moquer de ses téléspectateurs. Les fondements reposent toujours sur les mêmes que ceux du film de Terry Gilliam, ce qu’elle ne nie pas avec quelques savoureux clins d’œil touchant autant la musique que la distribution ou les répliques, mais en dehors de ça, la comparaison n’a plus vraiment lieu d’être. Effectivement, cette saison les enjeux mutent très vite et induisent une surprise fort agréable.

Si l’ombre de l’Armée des douze singes laisse une trace indélébile, cette fois, c’est plutôt le Témoin qui inquiète, lui qui semble avoir dix coups d’avance et dont l’identité reste inconnue. Les personnages bataillent encore pour modifier le cours de l’Histoire alors que personne n’a la certitude que cela est possible. Empêcher un évènement n’est-il pas seulement le remettre à plus tard ? Est-ce que le futur n’a pas déjà été écrit dans le passé ? Le temps devient un vrai composant sur lequel compter et revêt ainsi une place majeure, qu’il s’agisse du voyage sur sa courbe ou de sa nature à proprement parler. Les protagonistes se croisent à diverses périodes chronologiques et de leur propre ligne temporelle ; tout se trouble, se remodèle, les paradoxes doivent être évités à tout prix et progressivement, le récit ressemble à un gigantesque puzzle diaboliquement addictif où le nombre des pièces demeure en constante évolution. L’audience ne sait jamais ce qui l’attend avec cette redistribution des cartes perpétuelle, maline et malicieuse. La chape de plomb reposant sur l’univers tout entier ne fait nul doute et l’apocalypse paraît quasiment inéluctable. L’ensemble se transforme alors en une véritable course contre la montre, contre le vent. Jusqu’à présent, Cole essayait de stopper la terrible épidémie ayant ravagé la planète avant qu’elle ne survienne. Contre toute attente, cette fois, l’histoire apporte plus ou moins une solution à ce problème et pousse la direction vers une voie plus insidieuse et complexe à enrayer, celle du Témoin. Katarina maîtrise maintenant suffisamment sa machine pour transporter ses explorateurs à différents moments et points du globe. Cette liberté de mouvement permet à la fois aux personnages de posséder une arme capable dans leur guerre et aux scénaristes de jouer avec les codes. Rien n’est jamais stable dans 12 Monkeys et ce qui-vive permanent soutient cette tension indicible où la culpabilité s’en donne souvent à cœur joie, car tout semble pouvoir arriver, favorisant au sein d’un groupe aux buts pourtant communs des querelles, des luttes intestines, des fractures patentes.

Les voyages ont beau se suivre, les protagonistes n’en voient pas le bout et à peine pensent-ils avoir réglé un obstacle qu’un autre surgit, les obligeant à retourner dans le passé, tout en n’ayant aucune idée si ce qu’ils envisagent de faire sauvera l’humanité ou, au contraire, appuiera sa chute. Et rien ne fonctionne durablement… Cette épée de Damoclès conditionne grandement l’état psychologique de ces héros sur la brèche et devenant pour la plupart incapables d’avoir une réelle existence. Ils ne vivent plus que pour leurs objectifs, oublient le reste et se perdent parfois eux-mêmes au passage. S’insinue presque une dimension paranoïaque alimentée par les doutes, déconvenues et potentielles hallucinations entourant leur éprouvant périple. 12 Monkeys ne se limite pas à de banals sauts dans le temps et se construit un univers stimulant semblant tentaculaire. La forêt rouge, notamment, permet aux téléspectateurs d’élaborer une multitude de théories. Qui tire donc les manettes de tout ce qui arrive ? Que fabriquent l’homme pâle et Olivia ? Qui sont-ils ? Et quelles sont les motivations de ce Témoin ? Anéantir le monde ? Pourquoi ?! L’horloge tourne et déraille, en tout cas. Au-delà du fil définitivement très rouge, ces épisodes nuancent grandement les caractérisations des personnages qui demeuraient encore légèrement lisses. Les dynamiques sont également en mouvement, avec des associations inédites et d’autres, telle que celle liant Cassie à Cole, passent en arrière-plan. Bien que leurs sentiments crèvent l’écran, en dehors de scènes en fin de parcours délivrant une de ces atmosphères tragiquement magnifiques dont la série a le secret, le romantisme sous-jacent de l’an dernier n’est qu’un vague souvenir. Et pour cause, l’heure est au combat et Cassie n’est plus la virologiste ne comprenant pas trop ce qui se déroule. Elle se trouve maintenant en 2043, a tiré sur un homme et se sent trahie par celui en qui elle avait donné toute sa confiance. Cette héroïne représente sans aucun doute l’un des points forts de la production et l’interprétation habitée d’Amanda Schull n’y est probablement pas étrangère. En vérité, tout au long de cette saison, les femmes détiennent une place de choix.

Pendant que Cassie rayonne, charme et progresse, une autre prend un ascendant considérable : Jennifer Goines. Jadis elle était un peu insupportable et incontrôlable. La série a l’excellente idée d’offrir à ses troubles psychopathologiques une explication rationnelle, crédible et définitivement séduisante. Son comportement erratique n’est pas uniquement dû à une quelconque folie, mais plutôt à un lien particulier qu’elle entretient avec le temps, cet élément constant de la fiction. L’écriture tire parti de ce personnage sur lequel tablent finalement toutes ses fondations, qu’il s’agisse de sa version plus jeune évoluant en 2016 ou de la plus âgée de 2044. Les deux s’équilibrent à merveille et permettent de mieux la comprendre et de finir par l’apprécier en dépit de son caractère hautement instable. Qui plus est, ses discours souvent ponctués de maintes références à la culture populaire amusent autant qu’ils fascinent. Outre sa relation avec Cole, elle surprend aussi positivement avec celle qu’elle nourrit avec Cassie qui, elle, étonne pareillement avec ses scènes communes avec Ramse ayant pour toile de fond une grande jalousie réciproque. Clairement, la saison n’hésite pas à bousculer ses précédentes habitudes et ne se repose donc nullement sur ses acquis, bien que cela ne l’empêche heureusement pas de capitaliser sur ses réussites, comme l’indéfectible amitié entre Ramse et Cole. Justement, ce dernier, malgré son statut de protagoniste incontestable, doit attendre les ultimes épisodes pour monter en force, ce qui n’est pas une tare, la production s’appuyant sur toute une galerie de figures dénuées de manichéisme, chacun ayant ses zones d’ombre plus ou moins évidentes. Deacon gagne également en dimension, mérite sa place et injecte à la fois du rythme, de la brutalité et de l’humour, élément faisant défaut à la série jusque-là et s’avérant maintenant parfaitement dosé, ne serait-ce qu’avec Jennifer. Les émotions se pressent et font passer du rire aux larmes tout en n’oubliant pas d’attendrir à travers les adorables scènes entre une Katarina bien plus humaine et l’individu apparaissant subitement dans sa vie campé par Michael Hogan (Battlestar Galactica).

Pour résumer, après une première saison déjà satisfaisante, la deuxième entame la vitesse supérieure. Loin de se contenter de ses acquis, 12 Monkeys prend d’emblée un chemin assez imprévu avant d’offrir au temps un rôle non négligeable, à l’instar d’un personnage parmi d’autres. Le riche suspense parfois étouffant et l’ambiance d’une rare noirceur transforment le visionnage en un délicieux périple angoissant, car tout, dans ce jeu létal où les règles comme l’ensemble des participants sont inconnus, semble possible. En plus de travailler son concept, de constamment le renouveler et de répondre pas à pas à ses mystères stimulants, elle soigne grandement ses protagonistes, dont principalement les féminins. Ils n’ont pourtant jamais été autant poussés dans leurs retranchements, eux qui naviguent à vue vers un futur apocalyptique et essayent de garder espoir. Tout au long de ces nouveaux épisodes haletants et vibrants, cette course contre une montre détraquée émeut, amuse, étonne, intrigue et ne laisse définitivement pas indifférent. Il s’agit sans aucun doute là d’une des meilleures productions de science-fiction en cours de diffusion et, pour ma part, le coup de cœur est plus que confirmé.

Taiyô to Umi no Kyôshitsu | 太陽と海の教室

Par , le 27 septembre 2017

Visiblement, tous les scénaristes japonais doivent passer au moins une fois dans leur carrière par la case du genre scolaire. Même si cela lui a pris quelques années, Sakamoto Yûji (Mother) n’y a pas échappé comme le prouve Taiyô to Umi no Kyôshitsu. Cette série, dont le titre peut être approximativement traduit par le soleil et la mer de la salle de classe, se compose de dix épisodes diffusés sur Fuji TV entre juillet et septembre 2008 ; le premier et le dernier ont respectivement été allongés de vingt-cinq et quinze minutes. Aucun spoiler.

La direction du lycée Shônan fait tout pour entretenir sa prestigieuse réputation et veille à ce que ses élèves réussissent haut la main les concours d’entrée dans de tout aussi élitaires universités. L’arrivée d’un nouveau professeur, Sakurai Sakutarô, risque toutefois de bousculer les sacrosaintes habitudes tant celui-ci se montre subversif et n’hésite pas à remettre en question l’éducation nippone.

La télévision japonaise est envahie de productions se déroulant à l’école et dans la plupart des cas, elles se ressemblent toutes et utilisent à chaque fois un même canevas narratif. Il paraît donc vite difficile d’y trouver son compte, surtout lorsque l’on a quitté ce monde depuis fort longtemps. C’est en partie pour ça que j’évite maintenant ces travaux très codifiés, mais sachant que je tiens à explorer en bonne et due forme la filmographie de Sakamoto Yûji, je me suis attelée à la tâche – avec peu d’entrain, je l’avoue. Les premiers épisodes de Taiyô to Umi no Kyôshitsu ne viennent absolument pas contredire les craintes initiales. Cette série commence effectivement comme la plupart de ses congénères. Un professeur fort altruiste, au bagage un peu atypique, surgit sur le devant de la scène, prodigue ses conseils à grand renfort de discours emphatiques ; personne ne l’écoute, mais petit à petit, les cœurs s’ouvrent et poussent les personnages à évoluer pour devenir meilleurs. Bref, il n’y a rien de nouveau sous le soleil malgré quelques passages et dialogues un peu plus éclairés que la normale. La réalisation reste tout aussi classique, avec une musique générique de Hattori Takayuki (Nodame Cantabile) et cette reprise peu inspirée de Can’t Take My Eyes Off You par l’acteur principal, Oda Yûji. Sans surprise, la forme narrative se limite également chaque semaine à un récit quasiment indépendant ponctué d’un problème à régler au moyen de grands sentiments. Tout respire donc le réchauffé et l’absence d’identité en dehors d’une atmosphère moins citadine et plus légère qu’à l’accoutumée puisque l’établissement se trouve près d’une plage, que l’été est là et que le protagoniste se montre dynamique et enjoué. Mais tout de même, les histoires n’ont rien de palpitant et se contentent d’employer une formule sérieusement éprouvée, avec des personnages stéréotypés finissant par vanter les nobles valeurs chères au pays. Entraide, dépassement de soi, combativité et sens du groupe figurent ainsi au programme des réjouissances. Alors que l’ennui a déjà pris ses quartiers, la fiction opère en milieu de parcours une transformation radicale de registre qui, à la réflexion, semblait se tramer en coulisses.

Le professeur de japonais Sakurai Sakutarô arrive en plein milieu de l’année scolaire et à peine a-t-il mis les pieds en ville qu’il détonne. Son attitude décontractée et sa manière d’alpaguer les fort studieux élèves changent radicalement du comportement très collet monté de ses comparses. Cet archétype de l’enseignant cool sombrant dans les excès ridicules laisse franchement perplexe. Oda Yûji (Mahiru no Tsuki) s’amuse à jouer cet homme en faisant des tonnes pour s’attirer la sympathie de sa classe qui, elle, n’a cure de lui. Afin de le densifier, le récit lui apporte un passé trouble, difficile, voire dramatique, accentuant par la même occasion la caricature ambiante. Sakurai se prend parfois tel un héros, connaît tout de la vie et résout n’importe quelle situation. Il n’a pas de chance, en plus, puisque l’équipe dirigeante reste campée sur ses positions très strictes et conformistes. Contre toute attente, Taiyô to Umi no Kyôshitsu conteste en filigrane l’éducation japonaise ne comptant que sur les matières scientifiques et sur les études acharnées pour obtenir une place dans une grande université, celle vilipendant tout esprit critique. Le nouveau prof essaye d’éveiller les consciences de ses élèves n’ayant absolument aucun problème dans leur scolarité, mais se révélant formatés. Ils ne pensent qu’à travailler encore et encore. Parce qu’il n’y a pas d’autre choix, parce que la société le requiert. Mais là-dedans, où se situe le libre arbitre ? À quoi cela sert-il de passer ses jours et ses nuits devant ces cours assommants pour décrocher des notes vertigineuses, tandis que toute sa jeunesse défile à vitesse maximale ? Ne faut-il pas opter pour un juste-milieu ? N’oublions jamais la pratique dans cette théorie ! Qui a dit que les arts, l’histoire et les langues nécessitaient d’être méprisées ? Il ne devrait pas exister d’échelle de valeurs entre ces domaines, tout comme entre les filles et les garçons. Sakurai incarne ce mode de pensée libertaire choyant la poursuite des rêves et le président du conseil, joué par Kohinata Fumiyo (Ashita no Kita Yoshio), la version rigide. En dépit de son traitement très approximatif et mièvre, avec notamment des antagonistes manichéens caricaturaux, la série surprend par ses prises de position assez inédites et atypiques dans un pays où la collectivité prévaut. Et en cours de route, elle trouve définitivement l’identité qui lui faisait cruellement défaut jusque-là.

Les premiers épisodes se bornent par conséquent à des situations non dépourvues d’intérêt, mais déjà vues ailleurs. La caméra se focalise sur un petit groupe d’amis se serrant les coudes, se disputant et agissant comme les adolescents qu’ils sont. C’est l’occasion d’y retrouver de nombreux visages connus comme les camarades d’enfance interprétés par Kitano Kii (LIFE) et Okada Masaki (Otomen), les très sérieux et intelligents lycéens n’osant pas s’avouer leurs sentiments (Tomiura Satoshi – Hana Yori Dango ; Tanimura Mitsuki – Cat Street), le grand frère en proie à des difficultés familiales (Yamamoto Yûsuke – Tumbling) et plusieurs autres dans des rôles plus secondaires. Ces figures demeurent cependant cantonnées à des évènements plutôt traditionnels pour le genre et, bien que sympathiques à leurs manières, ne marquent pas plus que ça. Les autres enseignants tels que la fade assistante Enokido Wakaba (Kitagawa Keiko – Mop Girl), l’ombre du chef du conseil (Kichise Michiko – Môsô Shimai) et la directrice bienveillante (Toda Keiko – Umareru.) ne tirent jamais leur épingle du jeu. En revanche, la série sort davantage du lot avec Yashima Akari (Yoshitaka Yuriko – Hanako to Anne) et Tabata Hachirô (Hamada Gaku – Piece Vote). Le second est fou amoureux de la première, mais pense n’avoir aucune chance d’autant qu’elle papillonne avec des hommes. En raison d’une voix off par moments mélancolique, l’audience constate assez rapidement qu’une tragédie s’apprête à s’abattre sur ces élèves encore innocents. Et quand elle arrive, elle choque par son dur réalisme, sa pudeur parfaitement mesurée et son souffle émotionnel. La deuxième moitié de Taiyô to Umi no Kyôshitsu en devient ainsi bien plus naturelle, humaine et touchante. Les défauts ne disparaissent pas tous comme par enchantement, tant s’en faut, mais la balance pèse alors plutôt du côté positif. Le professeur reste en retrait, les lycéens occupent les devants et parlent, se confient, cheminent, sous fond de superbes chansons de Simon and Garfunkel.

En conclusion, la série scolaire Taiyô to Umi no Kyôshitsu prouve que de temps en temps, il n’est pas inutile de s’accrocher, car sa seconde partie relève le niveau et lui permet de s’affranchir de ses maints poncifs pourtant prépondérants. Pour la énième fois, un vaillant enseignant aux méthodes peu orthodoxes souhaite inculquer à ses élèves de grandes leçons de vie. Mais derrière ces maladresses d’écriture, ces situations convenues et ce sentimentaliste un peu étouffant se cache un message prônant l’anticonformisme et la liberté de penser par soi-même. Rien que pour ça, la fiction se détache de cette masse informe et insipide. Alors si en plus ses derniers épisodes favorisent les émotions, des thématiques plus dures et réalistes, elle finit par définitivement étonner et laisser sur une curieuse bonne impression.