(Bilan) Mon année sériephile 2017

Par , le 1 janvier 2018

Comme d’habitude, je ne résiste pas à l’envie de proposer mon petit bilan de l’année venant de s’écouler même si, à la réflexion, je n’ai pas grand-chose à dire. Avant tout, j’en profite pour vous souhaiter à toutes et à tous une excellente année 2018. Je rappelle que ces billets récapitulatifs n’ont aucune vocation à se montrer représentatifs des douze derniers mois et sont uniquement dédiés à mes propres visionnages. Les fidèles de Luminophore savent que de toute manière, cela fait maintenant un moment que je n’ai plus beaucoup de contact avec l’actualité !

À l’instar de 2016 – et de 2015, d’ailleurs –, je n’ai pas trop regardé ce qui survenait en dehors de chez moi. Certes, je suis au courant de ces séries dont beaucoup parlent sur l’instant, comme s’il fallait les avoir vues au risque sinon de passer pour un démodé, mais je ne m’en préoccupe pas encore. Je continue de suivre mon petit programme, tout doucement, au gré de mes envies. L’année en tant que telle fut plutôt sympathique, à défaut de m’avoir estomaquée. Je ne crois pas avoir eu de grands coups de cœur, de franches révélations. Cela ne signifie pas du tout que la qualité n’était pas au rendez-vous, tant s’en faut. En dehors de rares médiocrités, je trouve que le niveau était globalement homogène et satisfaisant. Bon, je suis encore une fois frustrée de réaliser que les journées sont si courtes et que je n’ai pas la capacité de visionner tout ce que je voudrais, mais ça, c’est propre à tout passionné, de toute façon.

Dans le rayon petite victoire personnelle n’intéressant que moi, mais que je me plais à consigner, je suis extrêmement contente d’avoir plus ou moins contaminé mon papa qui, tous les soirs, apprécie dorénavant regarder deux, voire trois épisodes. Oh, il n’a jamais été contre la télévision, mais il n’est pas très familier, préférant vaquer à d’autres occupations. Par le passé j’avais déjà réussi à l’accrocher avec Rome et The Tudors. Et là, en 2017, quelque chose s’est visiblement décoincé puisque, après Vikings qu’il a engloutie en moins de deux, il a testé et approuvé Black Sails, The Borgias, John Adams et North & South. (Il est même plus avancé que moi, donc je l’ai prévenu qu’en cas de spoilers, ça allait barder – non, mais.) Cerise sur le gâteau, j’ai osé lui apporter dernièrement Game of Thrones, en demeurant très évasive sur l’histoire afin qu’il ne se braque pas d’entrée. Il n’aime effectivement pas du tout ce qui a trait à l’imaginaire. Comme je m’en doutais, car je savais un peu ce que je faisais, il n’en décroche plus et me réclame la suite encore et encore. Bref, je suis devenue sa fournisseuse officielle et quand je vais le voir, je n’ai pas intérêt d’oublier de lui envoyer une clé USB. Remplie à craquer, bien sûr ! Eh oui, le prosélytisme doit fonctionner à toutes les échelles !

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Gotham (saison 3)

Par , le 27 décembre 2017

Le milieu du crime ne connaissant pas de vacances, il peut alimenter encore des décennies toute production. Ce n’est pas Gotham qui s’en plaindra, elle qui continue tranquillement sa route sur FOX. Sa troisième saison, constituée de vingt-deux épisodes, fut diffusée entre septembre 2016 et juin 2017. Aucun spoiler.

Voilà six mois que maintes créatures se sont échappées d’Indian Hill et évoluent dans la ville. Les policiers sont sur la brèche, essayant vainement de les attraper, mais face à leurs pouvoirs souvent dangereux, la situation s’annonce compliquée. Seul leur ex-collègue, Jim Gordon, réussit plus ou moins à atteindre son but. Maintenant qu’il a quitté ses fonctions d’inspecteur, il travaille à son compte et se fait payer ses captures. L’ambiance à Gotham est donc électrique et les récentes déclarations du Pingouin attisent les braises déjà brûlantes, lui qui révèle au grand public que la supposée morte Fish Mooney dirige dans l’ombre ces monstres. Ces nouvelles aventures se découpent en trois parties assez distinctes où un antagoniste majeur prend à chaque fois ses aises, mais un fil rouge surplombe l’ensemble avant de dévoiler ses cartes en fin de parcours. Amorcée précédemment, la fameuse et mystérieuse Cour des hiboux occupe plusieurs personnages principaux. Entre ceux souhaitant l’utiliser, la décimer ou l’intégrer, elle se trouve clairement au centre de toutes les attentions alors que justement, elle cherche à demeurer tapie dans l’ombre, manœuvrant à sa guise ce petit monde. Cette menace insidieuse allant crescendo permet sans conteste à la saison d’élever le niveau, car le reste s’avère malheureusement assez bancal et hétérogène. Au lieu de jeter d’emblée toutes les pièces du puzzle sur la table, l’écriture veille à distiller au long cours les indices et créer une ambiance presque conspirationniste, paranoïaque, voire létale. Qui se cache derrière cette organisation tentaculaire ? Qui diable est cette inflexible Kathryn Monroe (Leslie Hendrix – Law & Order) ? Que désirent-ils tous réellement ? L’un d’entre eux ne tire-t-il pas les ficelles du haut de sa tour d’ivoire ? Les questions foisonnent et le scénario finit par y répondre pour la plupart même si les développements sont parfois trop précipités et les conséquences rapidement expédiées. Effectivement, la résolution de cet arc narratif surprend quelque peu pour son caractère définitif. La fiction aurait pu davantage l’approfondir et prendre plus son temps, bien que l’apparition d’une figure emblématique de l’univers de Batman, campée par le sympathique Alexander Siddig (Star Trek: Deep Space Nine), pique la curiosité. Les derniers instants ne manquent pas de panache, Gotham n’hésitant jamais à mettre son cadre à feu et à sang et à favoriser une atmosphère de pur chaos, là où tous les coups semblent permis. Si ces oiseaux finissent ainsi par impacter durablement la totalité de la population en raison de leur idéologie extrémiste, Bruce Wayne est l’un de ceux devant les combattre plus frontalement. Et pour cause, ils ont pour lui un agenda fort rempli.

Depuis qu’il est de retour à Gotham, le jeune héritier entend forcer ceux ayant commandité l’assassinat de ses parents et initié Indian Hill à se démasquer. Sans surprise compte tenu de la mainmise de ses ennemis et de ses propres limites, il peine et plonge en plein jeu dangereux. Bruce continue doucement son ascension, apprend à vivre avec ses dilemmes moraux, doit prendre de cruelles décisions et chemine par à-coups pour mieux terrasser le tourbillon de ses émotions. Contrairement à ce que l’audience pourrait penser, il n’est qu’un héros parmi d’autres et se place physiquement en retrait. Sa destinée est parfois un peu trop appuyée, avec une absence de subtilité légèrement troublante d’autant que contre toute attente, la toute conclusion laisse imaginer que la chauve-souris s’envolera plus vite que prévu. Quoi qu’il en soit, si Bruce semble souvent calme et pondéré, il cache de vives blessures que la Cour des hiboux tourne à son avantage. L’irruption de son clone déjà entraperçu en fin de saison précédente ne fait qu’amplifier tout ce qui ne fonctionne pas dans son existence et cristalliser certaines rancœurs, dont celles parasitant sa relation avec Selina. Tous deux sont adorables ensemble si ce n’est que plusieurs scènes souffrent de maladresses et d’une touche trop adolescente, bien que logique au vu de leur âge. Dommage que la jeune fille ne bénéficie pas d’une exploration en bonne et due forme, l’arrivée de l’un de ses proches perdu de vue ne changeant guère la donne pour tant de prévisibilité. Le toujours plaisant Alfred mériterait aussi un traitement plus dense, preuve que quand il apparaît, il illumine la plupart des histoires, même quand elles patinent. L’importance de la galerie impose de toute manière des choix et ne permet pas de placer tous les personnages sur un pied d’égalité. Il n’empêche qu’en majorité, tous profitent à l’occasion d’un éclairage plus particulier. Jim Gordon demeure sûrement le pion le plus faible et toute l’intrigue gravitant autour de la femme de son cœur, Lee Thompkins, ne le favorise pas beaucoup plus. Ce n’est pas tant que l’ex-inspecteur soit désagréable surtout que sa caractérisation s’affine, se trouble et se régale de ses zones d’ombre, mais il laisse un peu indifférent. Le triangle amoureux avec l’arrivée de Mario (James Carpinello) aux origines pourtant enthousiasmantes appuie l’aspect conventionnel et presque cliché de toute cette partie. De toute manière, ne le nions pas, dans Gotham, ce sont ses méchants qui attirent les regards !

Année après année, la série poursuit l’exploration de son univers phare. Les références aux comics foisonnent, sans jamais trop ressembler à un catalogue ou à du pur racolage dans le but de conserver les fans dans ses filets. Quant aux néophytes, ils ne se sentent nullement perdus puisque tout y est rondement mené. La longueur de la saison n’est en soi pas un frein grâce à son découpage et à la succession d’ennemis à contrecarrer. Certes, plusieurs épisodes n’apportent pas grand-chose et se contentent de retarder les évènements, avec des rebondissements tombant à l’eau et des montées en pression s’effondrant aussi vite. Jervis Tetch (Benedict Samuel), le Chapelier fou, laisse par exemple un léger arrière-goût d’inachevé. Son attrait pour le récit de Lewis Carroll n’est guère exploité, tout comme ses compétences en magie et en manipulation. Son intelligence aurait dû le rendre plus redoutable et moins burlesque, quand bien même il amuse et fascine à sa façon. C’est d’ailleurs lui et ses actions qui conditionnent l’arc principal, avec ce fameux virus capable de réveiller le pire chez les plus chevaleresques. La frontière entre le bien et le mal n’a jamais été aussi ténue comme le prouve l’Exécuteur, au grand dam de Jim Gordon qui se voit forcé de prendre des mesures radicales pour en venir à bout. Une fois de plus, Gotham balaye d’un revers toute cette partie et le potentiel de cet individu aux motivations se voulant nobles. Au lieu de ça, elle propose un portrait quasiment binaire, brutal et dénué de charisme. Heureusement, malgré une Fish Mooney également sous-exploitée, elle se rattrape avec l’inattendu retour d’un savoureux psychopathe se délectant visiblement beaucoup alors qu’il n’a plus toute sa tête. Au sens propre comme au figuré. Au-delà de ces ennemis majeurs, la production ne lésine pas sur les plus secondaires, chacun apportant sa pierre à l’édifice, s’insérant au reste au moment opportun et jouant tantôt la carte angoissante, drolatique ou touchante. Ivy plaît pour sa naïveté, Victor Zsasz distrait par sa froide désinvolture, Hugo Strange détonne avec sa couardise, et d’autres encore prolongent l’expérience à l’atmosphère soignée, sublimée par ce sens de l’esthétique. Deux sortent toutefois du lot. Et pour cause, ils s’aiment, se déchirent et n’ont de cesse que d’enthousiasmer les téléspectateurs.

Le Pingouin et Edward Nygma sont certainement les personnages les plus intéressants de la série. Maintenant qu’ils se sont rencontrés l’an passé et qu’ils se sont mutuellement aidés, ils entretiennent une relation au demeurant plutôt amicale. Or, leur tempérament les pousse dans leurs retranchements et tout au long de la saison, ils se lancent dans des projets grandiloquents, fantasques et meurtriers. Les dommages collatéraux n’importent pas, comme le constate amèrement Butch. La traque de Fish Mooney, la course à la mairie, les désirs de renaissance ainsi que les manipulations des ambitieux et des opportunistes tels que Barbara mettent parfois le feu aux poudres. Démêler la passion amoureuse de la haine tenace s’apparente à une tâche ardue, qui plus est quand la santé mentale des principaux concernés n’est pas équilibrée. En règle générale, toutes les séquences ayant pour centre ces deux étonnants camarades méritent leur place. L’humour et le cynisme côtoient le respect, la jalousie et les ressentiments. Si cette mécanique explosive apporte effectivement son lot de rebondissements enlevés et d’énergie, elle risque l’épuisement. La production devra clairement trouver un moyen de ne pas employer systématiquement des ficelles analogues pour illustrer le lien unissant Oswald à Ed, peut-être en osant alors aller jusqu’au bout des idées esquissées au cours du premier tiers de sa saison, avec une touche, espérons-le, moins grotesque. Le fait qu’elle ressuscite volontiers ses personnages se comprend parfois vu l’univers et le parti pris, cocasse et noir, mais à la longue, cela compromet le suspense et l’impact émotionnel. Savoir pertinemment que beaucoup reviendront, sous une autre forme ou non, laisse un peu indifférent, ce qui s’avère gênant et contreproductif. Que l’équilibre de Gotham ne tienne qu’à un fil n’est pas nouveau, mais cela ne signifie pas que cela soit une fatalité et qu’elle puisse se permettre à l’infini de compter là-dessus.

En résumé, bien que cette troisième saison ne réitère pas totalement le succès de la précédente, elle propose un divertissement tout à fait honnête et exploite à bon escient plusieurs de ses figures évolutives. En dépit de facilités et de quelques baisses de régime dues à des intrigues moins inspirées et conventionnelles, elle a la chance de pouvoir se fier à un arc narratif assez captivant, à savoir celui de la Cour des hiboux, vénéneuse, mystérieuse et définitivement ambiguë. Pendant que cette menace se déploie subrepticement et étend sa toile pour mieux contrôler la ville tout entière et ses habitants, d’autres luttent dans l’espoir d’un jour meilleur pour leurs congénères ou leur propre personne. Les sympathiques idées ne manquent pas et s’entremêlent à la mythologie en constante ébullition, sauf que nombre d’entre elles finissent plutôt par être adaptées en fonction du bon vouloir des aléas du scénario. L’anarchie ambiante et la tonalité excentrique colorant à merveille Gotham depuis ses débuts ou encore la solide dynamique revancharde entre deux de ses grands super-vilains permettent de ne pas se montrer trop critique, mais au regard de son potentiel, la fiction nécessite d’opérer des réajustements pour pleinement convaincre.

Gakkô ja Oshierarenai! | 学校じゃ教えられない!

Par , le 20 décembre 2017

Malgré toute la qualité de la plupart des travaux du scénariste Sakamoto Yûji, je me suis dit que ce ne serait pas un mal que de changer temporairement de fusil d’épaule. C’est pourquoi je me suis dernièrement consacrée à un autre ayant tout pour mon intérêt : Yukawa Kazuhiko (Magerarenai Onna, Mahiru no Tsuki). Attaquons-nous à la série Gakkô ja Oshierarenai!, constituée de dix épisodes diffusés sur NTV entre juillet et septembre 2008 ; le premier détient quinze minutes additionnelles. Aucun spoiler.

Le lycée Tôai était encore jusqu’à peu uniquement dédié aux filles. Parce qu’il commence à battre de l’aile, son équipe administrative accepte d’ouvrir les portes aux garçons. Seuls cinq d’entre eux intègrent les rangs de l’établissement dès la nouvelle rentrée. S’ils croient dans un premier temps arriver dans un harem, ils réalisent qu’il va peut-être plutôt leur falloir survivre dans cet environnement parfois presque hostile. Heureusement, leur jeune et fraîche professeure principale est là pour les aider et les mener vers le succès.

   

Impossible de le cacher, Gakkô ja Oshierarenai! ne me disait rien qui vaille sur le papier. Comme je l’ai déjà répété à maintes reprises, le cadre scolaire ne m’attire guère et j’estime avoir fait le tour de la question. Les débuts de la série ne m’ont d’ailleurs pas du tout rassurée et je me suis mise à penser que le visionnage s’annonçait compliqué. Mais je suis quelqu’un de persévérant et d’obstiné, donc je n’ai pas lâché le morceau. Contre toute attente, la suite s’améliore progressivement, mais ne le nions pas, tout reste ici profondément classique, souvent ridicule et très redondant d’autant que les protagonistes se résument pour la plupart à une unique caractéristique et peinent à intéresser. Alors, émouvoir l’audience… Tous les poncifs habituels sont de sortie et aucun élément ne surprend. Enfin, non, pas tout à fait. La touche de Yukawa Kazuhiko transpire à plusieurs reprises et permet d’élever un peu le niveau. Effectivement, le scénariste ne peut s’empêcher une fois de plus de jouer la carte de l’anticonformisme et de l’importance de ne pas se focaliser sur les attentes de la société. Le récit aborde plusieurs thématiques universelles et coutumières du genre, mais s’il s’y emploie de manière parfois pataude et grossière, il plaît pour son message de tolérance et de bienveillance. Cela se voit surtout avec l’un des principaux personnages s’interrogeant sur sa sexualité. Il aime son ami depuis des années et ne sait que faire. Sans lourdeur ou caricature trop appuyée, la série évoque les préférences de ce garçon et développe ce fil rouge de façon plutôt naturelle et simple. Chaque épisode commence par une question, qu’il s’agisse de la grossesse, de la masturbation, du but à donner à sa vie, du pouvoir de l’amour, etc. Tout y reste gentillet, superficiel et cliché, mais l’air de rien, Gakkô ja Oshierarenai! se montre un peu plus fine et ouverte que la moyenne. En revanche, sa réalisation s’avère anecdotique, tout comme sa musique.

Les cinq personnages venant d’intégrer le lycée Tôai ne l’ont pas tous choisi. Mizuki Kazuki (Nakamura Aoi – Hanazakari no Kimitachi e (2011)) a suivi son grand ami d’enfance immature Nishikawa Tomu (Morisaki Win), tandis que les autres sont là sur pression familiale ou pour des raisons financières. Sans surprise, l’écriture travaille ces garçons les uns à la suite des autres en veillant bien à les associer à une des filles de l’établissement, dont une interprétée par Naka Riisa (Lucky Seven). La prof principale, Aida Mai, est le catalyseur de ces rencontres. Elle impose à ses nouveaux étudiants d’incorporer fissa un club et pas n’importe lequel, le sien dédié à la danse de salon. Certes, pour l’instant il n’a aucun membre et le conseil des élèves réfute son existence, mais elle a plus d’un tour dans son sac. Kazuki et ses comparses passent alors plus de temps à apprendre à danser qu’à se trouver en classe, sans que des scènes de danse apparaissent beaucoup à l’écran. Au fait, où diable sont les enseignants ?! Afin de pimenter la situation et créer facticement des embûches, s’y ajoutent un trio de filles infernales et mesquines ainsi qu’une vice-principale revêche et guindée. Mai essaye d’inculquer à son petit groupe l’importance de l’amitié, de l’entraide et de toutes ces valeurs relationnelles sur lesquelles elle compte beaucoup. Cette prof a pour défaut notable d’être jouée par Fukada Kyôko (Mirai Kôshi Meguru) bien qu’à la réflexion, ce rôle lui va à la perfection. Effectivement, Mai est une femme un peu simplette, toujours guillerette, se voulant mignonne, vêtue à la mode et s’exprimant d’un ton enjôleur. Elle croit au pouvoir de l’amour avec un grand A et, outre l’ouverture de chaque épisode digne d’un conte, elle ponctue toutes ses remarques d’une multitude de références aux princesses de Disney. Cela saute aux yeux, il n’y en a que pour ça, soit de façon très directe, soit à travers des métaphores filées. Or, si elle se place tel un cupidon excentrique, elle s’oublie et cache sa solitude… Forcément ! Sinon, le principal (Tanihara Shôsuke – Tsugunai) veille sur ce petit monde dans sa tour d’ivoire et n’ose sortir de son bureau pour de curieuses raisons. Bref, la production ne lésine pas sur les stéréotypes, avec une interprétation régulièrement bancale, des rebondissements préfabriqués et un humour assez lourd.

Au final, Gakkô ja Oshierarenai! fait partie de ce catalogue sans fond des séries japonaises se déroulant en milieu scolaire. Tout y sonne déjà-vu et souffre d’un sentiment diffus de redite, amplifié par un jeu souvent en roue libre et des traits comiques poussifs. Malgré tout, le visionnage demeure assez supportable à condition de procéder à un rythme homéopathique, cela grâce à un message de tolérance toujours bienvenu, une ambiance légère et une absence de réelle prétention. La fiction n’a pas pour objectif de révolutionner le genre, seulement de propager, certes très naïvement et superficiellement, de belles valeurs et de mettre un peu de baume au cœur et des étoiles dans les yeux. Les plus cléments en la matière apprécieront ainsi peut-être ce gros bonbon sucré, les autres passeront sans regret leur tour.