Prison Break (saison 3, partie 1) – Bang & Burn

Par , le 22 novembre 2007

Profitons de la pause de deux mois de Prison Break pour parler de ce début de saison 3. Je saute la phase de présentation parce que je me doute bien que tout le monde connaît plus ou moins maintenant l’univers de la série. Comme d’habitude l’article sera sans spoiler sur la saison 3 (par contre sur la saison 2 un peu).
Personnellement j’ai adoré la saison 1. Il est clair qu’il y avait des trucs qui clochaient pas mal comme tout le côté manipulation du gouvernement mais je m’en fichais quelque peu. Par contre la saison 2 était moyenne. Pas ou peu de suspense, des rebondissements un peu (beaucoup ?) trop gros et des personnages de plus en plus boulet. Certains reprochaient le manque de réalisme, certes c’est mérité. Cependant je ne crois pas qu’il faille attendre cela de Prison Break. Une série bourrée de testostérone avec du suspense à gogo, oui. Une série ultra crédible et qui amène le téléspectateur à réfléchir, clairement non. Du coup, je ne cache pas du tout que je regarde Michael et les prisonniers en mettant un petit peu mon cerveau de côté. Ça fait du bien parfois et puis il faut avouer que la série est souvent correctement ficelée.

Qu’en est-il de ce début de saison 3 ? Eh bien, je dois dire que j’aime beaucoup ♥. Je ne m’y attendais pas du tout au vu de la saison 2 mais Prison Break revient à ce qu’elle sait mieux faire c’est-à-dire faire trembler le spectateur. Je n’avais pas autant stressé devant la série depuis le dernier épisode de la saison 1. Comme quoi ça date ! Bref, énormément de suspense, des cliffhangers maîtrisés et qui font espérer que la semaine passera plus vite. Les épisodes ont un rythme soutenu et ne laissent aucune once de répit.

Néanmoins, tout n’est pas rose évidemment… Cette saison 3 ressemble forcément un petit peu à la saison 1 puisque retour à la case de départ. Le cadre a changé, il ne s’agit plus de l’univers bleu / gris et très froid de Fox River mais ocre, sale et chaud de Sona. D’ailleurs à ce propos, comme d’habitude la photographie est très belle et ce nouveau décor a bien mis en valeur le travail côté réalisation. Mais même si Michael est dorénavant au Panama, les rebondissements donnent parfois un air de déjà vu. Pas bien désagréable mais ça peut lasser certains. Cela dit, les derniers épisodes résolvent davantage ce souci que les premiers de la saison.
Bien que les scénaristes aient donné un cerveau à Lincoln il est toujours aussi chiant. Et… sa chemise n’a toujours qu’un seul bouton. Ok il fait chaud au Panama mais quand même ^^;; Michael lui n’a qu’un unique t-shirt à manches longues qui ne sèche jamais, hum. Certains nouveaux personnages apportent un petit peu plus à l’histoire comme Lechero ou encore Whistler mais d’autres comme Sofia ne sont pas passionnants.

En conclusion, bilan positif pour ma part. Prison Break reprend ses vieilles habitudes et redevient presque aussi efficace que lors de la saison 1. Elle ose même prendre des risques (plus ou moins forcés apparemment) quant au scénario et à ses personnages et c’est extrêmement appréciable. Par contre, il n’est pas nécessaire d’y chercher une série à très haut niveau intellectuel. Les huit premiers épisodes de la saison 3 constituent un excellent divertissement et c’est déjà pas mal.

Skins (saison 1)

Par , le 15 novembre 2007

Puisque la série arrive très bientôt sur Canal+ – si je ne me trompe pas, au début du mois de décembre –, il est temps d’en parler. Skins est une production anglaise comportant, pour le moment, une unique saison de neuf épisodes de quarante-cinq minutes passés entre janvier et mars 2007. La seconde devrait commencer sur E4 dès 2008. Au cours de sa diffusion, et même un petit peu avant, elle a défrayé la chronique en Angleterre pour la simple et bonne raison qu’elle montre des adolescents, et cela sans a priori aucune concession. Est-elle est aussi sulfureuse que ce qu’écrit la presse ? Je serais tentée de dire que non, mais il est indiscutable qu’elle donne un sacré coup dans la fourmilière et ne repose pas sur des valeurs propres aux fictions étasuniennes. Les Camden feraient une attaque si leurs enfants étaient comme cela ! Aucun spoiler.

Skins suit la vie d’un groupe d’individus proches de la majorité alors qu’ils sont scolarisés dans une sorte d’école entre le lycée et la fac – je crois, ce n’est pas très clair dans la série et je ne connais pas le système éducatif britannique. Cette bande se compose de huit personnages principaux : Tony, Sid, Cassie, Chris, Michelle, Maxxie, Anwar et Jal. Étant la figure de proue des épisodes, il est préférable de s’attarder rapidement sur chacun d’entre eux. Tout d’abord, il y a Tony, le parfait représentant du jeune à qui tout réussi et que tout parent rêve d’avoir. Sauf qu’il est un fieffé manipulateur et prend un malin plaisir à se moquer, mentir et tricher. Inversement, son meilleur ami, Sid, n’est pas du tout sûr de lui et vit quelque peu dans son ombre. Il est justement fou amoureux de Michelle, la petite amie de Tony. La blonde et lunaire Cassie est de son côté une fille perturbée ayant de gros problèmes alimentaires. Souvent déconnectée de la réalité, elle n’en reste pas moins lucide sur ce qui se passe autour d’elle. Le dynamique Maxxie est un excellent dessinateur et danseur de claquettes ; gay, il ne cache aucunement sa sexualité et tente d’en profiter au maximum. Toujours chez les garçons, Chris, lui, est la plupart du temps défoncé – et ce à n’importe quoi comme au Viagra –, et est attiré par sa prof de psychologie qui ne paraît en plus pas insensible aux charmes de son élève. Compte tenu de sa nationalité pakistanaise et de sa religion musulmane, Anwar est régulièrement partagé entre ce qu’il aime faire et ce que sa foi lui inculque, surtout que sa famille ne voit pas d’un bon œil ses fréquentations. Enfin, Jal, la meilleure amie de Michelle, est sans aucun doute la figure la plus terre-à-terre de la bande. La première saison de Skins croque dès lors ses huit personnages. Au programme : fêtes, alcool, sexe, drogues. Heureusement, toutes les intrigues ne tournent pas uniquement autour de ces divertissements souvent débridés. La caméra illustre ses héros au quotidien, qu’ils se trouvent à l’école, en voyage scolaire, etc. À vrai dire, les rebondissements sont plus ou moins similaires à n’importe quelle fiction de cet acabit, si ce n’est que le traitement est différent, plus réaliste – sans pour autant l’être non plus totalement –, et définitivement à fleur de peau pour sa propension à capter les angoisses d’une génération perdue.

Si les débuts donnent l’impression d’accumuler tous les clichés propres au genre, la suite rassure très rapidement. Effectivement, en dépit de caractérisations à première vue stéréotypées et de relations tout aussi classiques, Skins possède une authenticité et une sincérité appréciables, ne cherchant jamais à sublimer ou à dramatiser les affres de cette période confuse. Tour à tour pudique et excessive, elle s’arme d’une justesse troublante dans ce tableau des tourments de l’adolescence, notamment grâce à une écriture plutôt fine et une réalisation soignée. Les choix musicaux, le cadrage et la photographie symbolisent plusieurs de ses forces. Sa forme est d’ailleurs atypique dans le sens où, à l’exception du dernier, chaque épisode suit spécifiquement un personnage. Ce parti pris est une qualité comme un défaut. En effet, la caméra montre les évènements se déroulant dans la vie dudit adolescent, les autres étant par conséquent parfois nettement mis de côté. Si cette immersion permet de creuser la psychologie du héros de la semaine, elle ne donne qu’une vision lacunaire du reste de la distribution. Pour l’instant, ce procédé n’est pas dérangeant, mais il est possible qu’il prouve ses faiblesses par la suite. Dans tous les cas, les protagonistes ont la chance d’être interprétés par des acteurs quasi inconnus et ne s’apparentant en rien à des gravures de mode. Enfin une série ressemblant plus que sensiblement au public qu’elle vise ! Nous sommes loin des fictions d’outre-Atlantique où les comédiens ont dix ans de plus que ceux qu’ils incarnent. Grâce à cette proximité, il est tout naturel que le processus d’identification se fasse plus aisément, quand bien même notre propre jeunesse fût davantage sage et posée. Pour la petite anecdote, Tony est joué par Nicholas Hoult que plusieurs doivent connaître depuis le film About a Boy avec Hugh Grant. Je dois dire que je suis tombée des nues lorsque j’ai vu sa métamorphose !

Skins a fait autant parler d’elle en Angleterre en raison de sa liberté et de son illustration d’adolescents sans fard, une fois que les parents ne sont pas là. Fait assez étrange pour être noté, les rares adultes sont dépeints de manière quelque peu particulière et ne paraissent guère responsables, voire névrosés et psychologiquement instables. Il est ainsi tout naturel que devenir grand fasse peur, ne donne pas envie et soit vu comme une étape terrible, surtout qu’elle est tristement inéluctable. Quoi qu’il en soit, cette progéniture fume, boit, se drogue, couche et invente tout et n’importe quoi afin d’expérimenter et aller jusqu’au bout de ses désirs. Bien que le ton favorise une certaine surenchère, cette peinture n’est pas pour autant racoleuse et facile. En prime, il est tellement rare que les séries se permettent de franchir ce pas qu’il convient de saluer cet effort assez audacieux. Ne nions malgré tout pas que si Skins a la réputation d’être extrême, elle ne l’est pas non plus vraiment et ne devrait pas choquer grand monde. Personnellement, je retiendrais surtout le côté vulgaire des dialogues m’ayant parfois posé problème tant je ne comprenais rien à toutes ces expressions typiquement anglaises. Urban Dictionnary fut d’une grande aide !

Au final, ces neuf épisodes constituant la première saison se révèlent solides et plus qu’efficaces. Bien sûr, la production possède quelques défauts, comme le fait que les protagonistes aient presque tous une vie familiale sacrément perturbée, mais ils sont aisément contrebalancés par les points forts du tout. En cette fin d’année, il s’agit pour moi d’un coup de cœur télévisuel et je ne regrette pas de lui avoir donné sa chance. Encore une fois, les Anglais frappent fort et n’hésitent pas à bouleverser un petit peu ce qu’on a l’habitude de voir. Skins est une série sonnant plutôt juste, avec des personnages attachants dont la carapace se craquelle et qui, donc, imitent n’importe quel ado de notre époque. En revanche, j’ai un peu de mal avec Tony ; ses agissements finissent toutefois par être compréhensibles et il prouve qu’il n’est pas aussi retors que ce qu’il laisse paraître. A contrario, j’aime beaucoup Maxxie, Cassie, Chris et Sid. Malgré leurs faiblesses, il n’empêche que par certains aspects, ils sont émouvants. En tout cas, avec un cliffhangher déroutant et énervant, je ne peux qu’attendre avec une très grande impatience la saison deux. En résumé, Skins s’annonce vraisemblablement comme une série crédible brossant le portait de jeunes Anglais alors qu’ils tentent tout simplement de se construire une identité. Par sa mélancolie, sa tendresse parfois cruelle, l’isolement de ses héros et sa tonalité souvent douce-amère, elle est bien plus qu’une énième fiction outrancière et mérite un visionnage en bonne et due forme.

Californication (saison 1) – Wine is fine, but whisky’s quicker.

Par , le 13 novembre 2007

Terminée depuis un peu plus d’une semaine, Californication sera de retour l’année prochaine pour une seconde saison. Etant donné que j’en ai déjà parlé un petit peu dans un précédent post, je vous passe toute la phase de présentation de la série. Composée de douze épisodes d’une durée de 25 minutes environ, elle fut diffusée sur Showtime, « la chaîne qui ose tout ». Aucun spoiler.

On nous annonçait la série comme sulfureuse et un buzz s’est très vite créé autour d’autant plus que le personnage principal est interprété par David Duchovny. Le pilote était plutôt osé en effet mais finalement Californication n’est pas si trash que ça. Oui il y a pas mal de « fuck-pussy-dick-etc ». (un peu trop peut-être), des personnages qui couchent à droite et à gauche mais ce n’est pas du tout le moteur de la série. C’est même dommage de la réduire à uniquement des parties de jambes en l’air. Hank est un coureur de jupons mais je ne crois pas qu’il dépasse la dizaine de filles dans toute la saison. Bon, je viens de me rendre compte que c’est quand même énorme (pour moi en tout cas ^^;;) mais je pense que vous avez compris que pour une série qui est soi-disant osée c’est assez peu. Alors que FX s’évertue à faire du n’importe quoi avec Nip/Tuck et ses transexuels-découpeurs sans sexe et pire encore, quitte à en devenir ridicule, Showtime est plus sobre et donc moins pathétique.

Mon avis est assez mitigé concernant la série, je dois avouer avoir du mal à me décider si ça me plaît ou pas. J’ai comme l’impression que la présence de David Duchovny me fait regarder la série, je doute fort que je l’aurais commencée sans lui… Du coup, heureusement qu’il est à la hauteur et la porte bien sur ses épaules.
Californication souffre de nombreux défauts dont son manque de fil conducteur correctement mis en place. Les épisodes se suivent, il y a un certain lien logique mais à part ça il ne se passe rien de spécial. La vie des personnages défilent devant nos yeux et point barre. Le fait que la série oscille entre comédie et drama n’est pas forcément un atout non plus. Dur de savoir de quel pied danser, peut-on alors parler de dramédie ? Pas qu’il faille absolument tout classer dans des petites boîtes mais il est toujours bon de savoir à quoi on a affaire. Là il s’agit d’un mélange de genres qui parfois fonctionne, parfois moins. Le début de saison est plutôt bon du coup, il y a un flottement au milieu et les trois derniers épisodes remontent le tout. Quand bien même les deux dernières minutes du season finale soient à jeter à la poubelle. Elles ruinent l’esprit de la série, du moins de mon point de vue. Il faut voir ce que ça va donner dans la saison 2 mais j’ai trouvé cette fin limite ridicule.

Toutefois, la série à des qualités majeures tel que le développement des relations entre les personnages. Le lien entre Hank et Karen est vraiment bien raconté et évite plutôt habilement les clichés, même si on en retrouve d’autres ailleurs. L’amitié entre Hank toujours et son manager est une vraie amitié, très réaliste. Globalement tous les personnages sont développés et évoluent au cours des épisodes. C’est d’autant plus visible chez Hank, cela dit il ne devient pas un ange mais grandit et gagne en maturité. Il est souvent pathétique cependant on l’apprécie parce qu’il sonne vrai et cherche réellement à comprendre les personnes qui l’entourent. Les dialogues, souvent incisifs, aident beaucoup et ajoutent à la série un piquant non négligeable.

En bref, le moteur de Californication se trouve être les relations humaines dans ces moments les plus positifs comme les plus négatifs. Les scènes sulfureuses ne sont pas là pour faire in ou choquer le téléspectateur. La plupart du temps elles servent l’histoire. Le bilan est donc globalement positif, je serais probablement au rendez-vous l’année prochaine mais avec quelques réserves. Il est toujours bon de suivre une série quelque peu subversive, cynique et un brin trash. A condition qu’elle ne tourne pas en rond et choque pour faire du buzz.