Farscape (saison 3) – Cross my heart, smack me dead, stick a lobster on my head !

Par , le 13 septembre 2007

Alors que je vais terminer la saison 4 de Farscape ce soir (plus que deux petits épisodes ;__;), il est temps de revenir sur l’excellente saison 3. Etant donné que j’ai déjà réalisé un petit topo sur la série, je vais être assez concise. Aucun spoiler.

Cette saison vaut-elle le coup d’oeil ? Oh que oui. A la fin de la saison 2 j’étais assez sceptique lorsque l’on me disait que la saison 3 lui était largement supérieure. Il est vrai qu’il y a toujours moyen de faire mieux mais j’étais déjà plus que conquise. Cette saison 3 est la saison du plus loin, plus fort et du plus torturé. Le héros humain, John Crichton, en voit de toutes les couleurs. Il lui arrive quelque chose d’assez inhabituel et qui bouleverse la série. Littéralement. Au départ je me disais que les scénaristes allaient remédier au problème en quelques épisodes car beaucoup trop casse-gueule mais du tout, ils s’en sortent d’une main de maître et prouvent leur talent. Cela paraît certainement assez obscur pour ceux qui n’ont pas vu cette saison, j’en suis désolée…
Sinon, pas mal de changements du côté des personnages. Certains arrivent (Jool ou Noranti) et d’autres disparaissent. On peut noter la mort de trois personnages importants (enfin quatre si on veut… ^^;;;). Ce qui est fou c’est que le personnage qui meurt à la fin de la saison en même temps que son compagnon m’a vraiment ému. Je n’aurais jamais cru ça possible en le voyant lors du premier épisode de la série. Il a profondément évolué, et en bien. Cela dit, ce changement est valable pour toute l’équipe. Pas toujours en bien par contre. C’est le cas de John qui devient plus froid, moins humain. Il tue beaucoup plus facilement. Certes il est très loin de Scorpius mais il est davantage blasé. Ce qui est tout à fait normal lorsque l’on sait ce qu’il endure.

Il est tout à fait possible d’écrire un article uniquement sur John tant le personnage est complexe et intéressant. On peut être fier d’avoir ce représentant de la Terre dans l’univers de la série ^.^ Il est loin d’être parfait mais ce sont justement ses défauts qui le rendent attachant et humain. Le season finale est déchirant pour lui et laisse augurer un très mauvais passage à vide…

Un point très positif est l’intégration d’Harvey qui est diabolique :D Il est la représentation d’un autre personnage mais je n’en dis pas plus parce que c’est du spoiler. Néanmoins sa relation avec John marche du tonnerre. Elle offre des situations cocasses et ces scènes méritent de s’y pencher un peu plus longuement car elles sont souvent pleine d’indices pour la suite.

Quant aux épisodes, comme d’habitude certains sortent du lot. Eat Me (3.06) est terrifiant et la fin change totalement la série, en bien comme je l’ai dit précédemment. Tout au long, je me disais qu’ils n’oseraient pas. Les risques des scenarii sont souvent appréciés à condition qu’ils tiennent en haleine et restent crédibles. Etant presque à la fin de la saison 4, je peux dire que le pari est plus que réussi. Un de mes épisodes préférés n’est autre qu’Incubator (3.11). On apprend enfin le passé de Scorpius. Je l’attendais depuis très longtemps cet épisode car je me doutais que ce personnage cachait un certain nombre de choses très intéressantes. Je ne me trompais pas du tout… Que ceux qui aiment les gros vilains pas beaux et cruels pour le plaisir passent leur chemin. Scorpius est-il réellement un méchant ? Hmm… pas si sûr. Certes il a des méthodes qui laissent à désirer mais son but est honorable. J’aime ce personnage, il est fascinant ♥.
Scratch ‘n Sniff (3.13) est l’épisode très drôle de la saison avec Revenging Angel (3.16). De plus, celui-ci a la particularité d’être à moitié cartoon. Ca change et le design est réussi. Ce qui est intéressant c’est de voir la différence entre le John dans Moya qui rumine sa frustration et commence sérieusement à perdre les pédales à cause d’Harvey, et le John dans le cartoon qui débite des blagues plus vite que son ombre. John est réellement un humain plein de paradoxes.
Infinite Possibilities (2): Icarus Abides (3.15) est déchirant. Quelqu’un y passe sans vraiment y passer (c’est compliqué je l’ai dit ^^). La scène de fin m’a transformée en fontaine ;__;.
Quant à l’épisode double de la fin de la saison, Into the Lion’s Den, il est le véritable feu d’artifices. Le season finale est plus sobre mais encore une fois déchirant…

Je voulais faire court, zut. Farscape est rentrée dans la cour des grands avec cette saison. Elle montre une parfaite capacité à maîtriser son scénario et ses personnages tout en offrant une intrigue complexe et plus que digne d’intérêt. Encore une fois le casting est à la hauteur du travail demandé. Mention particulière à Ben Browder et Claudia Black qui interprètent les fameux John Crichton et Aeryn Sun.Dire qu’il ne me reste plus que deux épisodes plus la mini-série. Noooonnn !!!

CSI | Les Experts (saison 6)

Par , le 11 septembre 2007

Comme j’ai déjà pu le dire, je ne suis pas une grande fan des séries policières que je trouve souvent trop redondantes. Par ailleurs, les personnages sont rarement réellement étudiés et c’est justement quelque chose que je recherche dans une fiction. Toutefois, j’apprécie assez CSI. Je parle de l’originale, pas des dérivées qui ne m’intéressent absolument pas. Je n’ai pas vu l’intégralité de ses aventures puisqu’avec TF1, c’est mission impossible, mais je suis convaincue d’avoir regardé les saisons quatre et cinq entièrement. Récemment, j’ai lancé la sixième datant de 2005/2006. Je me doute, j’ai du retard par rapport à la masse si ce n’est que je l’avais enregistrée l’année dernière de manière à la tester dans un ordre correct. À ce propos, je n’ai aucune idée si j’ai oublié une semaine de diffusion française, mais il me manquait trois épisodes. Aucun spoiler.

Sans me dire passionnée, j’ai un certain faible pour CSI, sûrement car elle délivre des affaires scientifiques plutôt claires. Suivre le cheminement des enquêteurs et réfléchir avec eux est un processus qui me plaît. Du côté de la réalisation, c’est impeccable, mais je ne vous apprends probablement rien. Ce savoir-faire représente réellement la marque de fabrique de la franchise. Là où, parfois, la qualité est à la traîne, c’est avec les personnages. Autant certains sont bien développés tels que Grissom, autant pour d’autres, ce n’est pas du tout le cas. Après six années, il paraît légitime de s’attendre à plusieurs détails et éléments intéressants. Celle nous concernant aujourd’hui y pallie un petit peu comme l’atteste notamment le traitement offert à Brass. Accessoirement parlant, le double épisode lui étant consacré ainsi qu’à Sofia s’avère globalement solide. J’ai toujours autant de mal avec Catherine, mais j’avoue, je crois avoir surtout un gros problème avec l’actrice (tous ces liftings et injections de botox me donnent envie de vomir x.x). Mon chouchou n’est autre que Grissom qui est fidèle à lui-même dans cette saison. Sans spoiler, je tiens quand même à écrire que la dernière séquence du season finale est assez ridicule. J’aime bien ces deux illustres figures, les voir ensemble ne me dérange pas du tout sauf qu’en l’occurrence, c’était… nul ?

Certains épisodes sont mieux réussis que d’autres comme Rashomama (6×21) qui innove en partant dans un truc plutôt délirant. Changer sensiblement de registre le temps d’une semaine se révèle agréable, voire rafraîchissant, d’autant plus que des personnages de la trempe de Grissom disposent d’un potentiel comique assez important. Plusieurs affaires touchent davantage par leur thème, à l’instar de Werewolves (6×11) ; quelques-unes effraient légèrement tel The Unusual Suspect (6×18) mettant en scène une fillette très maline et manipulatrice. J’apprécie lorsque la série nous prend à contre-pied et aborde des sujets assez tabous.

En définitive, pour une production comme CSI, il devient sûrement difficile au bout de six saisons – enfin, sept maintenant, bientôt huit – de se montrer encore imaginative et d’attirer l’attention des téléspectateurs. Pour ma part, le pari demeure cette fois réussi. Certes, les scénarios reposent souvent sur le même système, mais le traitement apporté aux enquêtes offre un intérêt suffisant. Par ailleurs, certains épisodes sortent du lot et se veulent rudement convaincants.

Fallen (mini-série)

Par , le 10 septembre 2007

En attendant la rentrée des séries courant septembre/octobre, la pause estivale me paraît toujours la bonne période pour regarder quelques mini-séries et autres fictions plus éphémères. C’est d’ailleurs en partie pourquoi je me suis dernièrement penchée sur Fallen, constituée de trois épisodes d’un peu moins d’une heure et demie chacun. L’ensemble fut diffusé sur ABC Family entre juillet août 2007 et adapte vraisemblablement assez librement le cycle littéraire en quatre romans The Fallen de Thomas Sniegoski – livres que je n’ai jamais lus. Aucun spoiler.

Aaron Corbett s’apprête à fêter ses dix-huit ans et, pour une fois, sa vie semble vouloir retrouver un cours relativement normal. Son bonheur est malheureusement de courte durée, car il découvre bien malgré lui qu’il est mi-ange mi-humain et que les Puissances, une entité regroupant les créatures célestes les plus influentes, cherchent activement à le tuer. En raison de sa nature, ses pourchasseurs le considèrent comme une abomination, mais il serait en réalité le Rédempteur, celui capable d’absoudre les anges déchus de leurs crimes.

Ayant de toujours un faible pour les mythologies en tous genres, Fallen me donnait vraiment envie. Je n’espérais pas forcément une fiction extraordinaire, mais suffisamment bien ficelée et dense afin d’offrir un divertissement digne de ce nom disposant d’une trame scénaristique aux riches références. Malgré un joli générique plutôt stylisé, le premier épisode laisse vite comprendre qu’il convient de revoir à la baisse ses attentes. Déjà, la réalisation se révèle assez misérable et souffre certainement d’un manque de budget rédhibitoire. La musique composée par David C. Williams ainsi que les chansons – dont Breathe Me de Sia – s’avèrent surtout intrusives en cherchant à manipuler les émotions des téléspectateurs. Quant aux effets spéciaux et autres trucages, ils se montrent la majeure partie du temps ridicules et accentuent une impression de kitsch presque navrante. Il est alors compliqué de prendre au sérieux les combats illustrés à l’écran où les personnages semblent coincés dans leur costume d’ange. Encore pire, plusieurs s’adonnent aux arts martiaux, mais la chorégraphie aléatoire et les illisibles plans rapprochés rompent toute fluidité ou appréciation. Les épées enflammées desservent tout autant cette mini-série qui, à travers une tragédie familiale, n’hésite pas à multiplier poussivement les similarités avec Star Wars.

Fruit de l’union d’un ange déchu et d’une femme mortelle, Aaron Corbett croit au départ n’être qu’un orphelin ayant mené une enfance douloureuse. Le jour de son dix-huitième anniversaire a tout pour être joyeux, ne serait-ce que parce que ceux l’ayant adopté l’aiment profondément. Sa scolarité se déroule à merveille et il s’apprête même à bénéficier d’une bourse universitaire. Pour une raison qu’il ne s’explique pas, il souffre toutefois de violents maux de tête et pense être victime d’hallucinations auditives. C’est qu’il entend les animaux et, plus particulièrement Gabe, son chien ! Il n’a pas le temps de se poser trop de questions sur sa santé mentale qu’un sans domicile fixe (Tom Skerritt – Picket Fences) l’approche, lui révélant qu’il est le nephilim d’une ancienne prophétie. Avec ses pouvoirs fraîchement acquis en devenant majeur, il est en mesure de renvoyer les anges déchus au paradis. Évidemment, Aaron prend cet homme pour un fou, mais il est rapidement rattrapé par les Puissants, bien décidés à l’annihiler. Avec l’aide d’un être céleste peu affable, Camael (Rick Worthy), il s’enfuit et se lance dans un voyage initiatique fort dangereux. Pourchassé par tous, il doute fortement de son don, de sa mission, de la frontière entre le bien et le mal, et découvre progressivement ses origines.

En dépit d’une mythologie vraisemblablement riche, Fallen fait preuve d’une incroyable pauvreté scénaristique. En effet, le récit avance de façon linéaire et oublie d’injecter un souffle épique digne de ce nom. Pourtant, avec ces factions d’anges fanatiques et un univers de cette trempe, tout était là pour instaurer un climat héroïque. Quoi qu’il en soit, le personnage principal, Aaron, est une coquille vide insipide et le voir subir mécaniquement autant d’embûches n’arrange clairement pas la situation. L’écriture occulte la subtilité pour apporter artificiellement énormément d’adversités et de rebondissements prévisibles. Ainsi, le nephilim débute son parcours à reculons, rencontre les bons individus à l’instant idéal, et suit un destin qui semble être tracé depuis la nuit des temps. Tout est cousu de fil blanc, à commencer par la grossière romance lycéenne en filigrane faisant plus lever les yeux au ciel que mettre des papillons dans le ventre. Eh oui, le béguin du héros a, comme par hasard, un rôle non anodin dans ses choix et sa nouvelle identité de Rédempteur. Les figures les plus notables ne sont de toute manière jamais développées, la psychologie se voulant soit inexistante, soit bancale, voire incohérente. Le rythme assez moribond est d’autant plus paradoxal que les évènements se succèdent rapidement, ne cherchant jamais à installer une tension ou une atmosphère sous-jacente. Or, Fallen se donne de grands airs et ne manque pas d’ambition.

L’absence d’épaisseur du scénario n’est tristement pas l’unique tare de cette fiction peu aboutie choyant une approche trop classique. Probablement à cause de l’audience que la chaîne ABC Family vise, le ton reste franchement convenu et lisse. Les méchants sont très méchants, les gentils très gentils et tout y demeure unilatéral. Certes, le récit désire vainement instaurer une dualité chez Aaron, mais le résultat n’est en aucun probant. L’interprétation peu réjouissante de son acteur, Paul Wesley (The Vampire Diaries), n’est d’ailleurs pas d’un quelconque recours. Le comédien n’est pas le seul à blâmer puisque ses congénères ne paraissent pas beaucoup plus investis dans leur propre rôle. Les dialogues verbeux et ineptes parachèvent la médiocrité ambiante. Ivana Miličević (Banshee) en l’ange déchu Ariel et le sympathique Hal Ozsan (Dawson’s Creek) en l’ambivalent Azazel réussissent peut-être à tirer leur épingle du jeu. Autrement, notons la présence de Bryan Cranston (Malcolm in the Middle) en figure notable au développement stupidement prévisible et Will Yun Lee comme ange borné.

Pour conclure, Fallen a beau s’inspirer de l’enthousiasmante lutte entre les créatures célestes et essayer d’offrir une histoire tragique aux relents shakespeariens, elle se contente surtout d’une avancée très plate et sans saveurs. Au lieu de profiter de son contexte, elle illustre le parcours initiatique d’un jeune homme semblant finalement peu concerné par la situation et pour lequel le public peine à s’attacher ou à s’intéresser. Les maladresses narratives, les incohérences, les ressorts éculés, le kitsch prédominant ou encore le registre romantico-familier propice à moult poncifs du genre ne représentent que quelques-uns des ingrédients de cette mini-série dispensable ayant en plus le culot de se révéler vaniteuse.