CSI | Les Experts (saison 6)

Par , le 11 septembre 2007

Comme j’ai déjà pu le dire, je ne suis pas une grande fan des séries policières que je trouve souvent trop redondantes. Par ailleurs, les personnages sont rarement réellement étudiés et c’est justement quelque chose que je recherche dans une fiction. Toutefois, j’apprécie assez CSI. Je parle de l’originale, pas des dérivées qui ne m’intéressent absolument pas. Je n’ai pas vu l’intégralité de ses aventures puisqu’avec TF1, c’est mission impossible, mais je suis convaincue d’avoir regardé les saisons quatre et cinq entièrement. Récemment, j’ai lancé la sixième datant de 2005/2006. Je me doute, j’ai du retard par rapport à la masse si ce n’est que je l’avais enregistrée l’année dernière de manière à la tester dans un ordre correct. À ce propos, je n’ai aucune idée si j’ai oublié une semaine de diffusion française, mais il me manquait trois épisodes. Aucun spoiler.

Sans me dire passionnée, j’ai un certain faible pour CSI, sûrement car elle délivre des affaires scientifiques plutôt claires. Suivre le cheminement des enquêteurs et réfléchir avec eux est un processus qui me plaît. Du côté de la réalisation, c’est impeccable, mais je ne vous apprends probablement rien. Ce savoir-faire représente réellement la marque de fabrique de la franchise. Là où, parfois, la qualité est à la traîne, c’est avec les personnages. Autant certains sont bien développés tels que Grissom, autant pour d’autres, ce n’est pas du tout le cas. Après six années, il paraît légitime de s’attendre à plusieurs détails et éléments intéressants. Celle nous concernant aujourd’hui y pallie un petit peu comme l’atteste notamment le traitement offert à Brass. Accessoirement parlant, le double épisode lui étant consacré ainsi qu’à Sofia s’avère globalement solide. J’ai toujours autant de mal avec Catherine, mais j’avoue, je crois avoir surtout un gros problème avec l’actrice (tous ces liftings et injections de botox me donnent envie de vomir x.x). Mon chouchou n’est autre que Grissom qui est fidèle à lui-même dans cette saison. Sans spoiler, je tiens quand même à écrire que la dernière séquence du season finale est assez ridicule. J’aime bien ces deux illustres figures, les voir ensemble ne me dérange pas du tout sauf qu’en l’occurrence, c’était… nul ?

Certains épisodes sont mieux réussis que d’autres comme Rashomama (6×21) qui innove en partant dans un truc plutôt délirant. Changer sensiblement de registre le temps d’une semaine se révèle agréable, voire rafraîchissant, d’autant plus que des personnages de la trempe de Grissom disposent d’un potentiel comique assez important. Plusieurs affaires touchent davantage par leur thème, à l’instar de Werewolves (6×11) ; quelques-unes effraient légèrement tel The Unusual Suspect (6×18) mettant en scène une fillette très maline et manipulatrice. J’apprécie lorsque la série nous prend à contre-pied et aborde des sujets assez tabous.

En définitive, pour une production comme CSI, il devient sûrement difficile au bout de six saisons – enfin, sept maintenant, bientôt huit – de se montrer encore imaginative et d’attirer l’attention des téléspectateurs. Pour ma part, le pari demeure cette fois réussi. Certes, les scénarios reposent souvent sur le même système, mais le traitement apporté aux enquêtes offre un intérêt suffisant. Par ailleurs, certains épisodes sortent du lot et se veulent rudement convaincants.

Fallen (mini-série)

Par , le 10 septembre 2007

En attendant la rentrée des séries courant septembre/octobre, la pause estivale me paraît toujours la bonne période pour regarder quelques mini-séries et autres fictions plus éphémères. C’est d’ailleurs en partie pourquoi je me suis dernièrement penchée sur Fallen, constituée de trois épisodes d’un peu moins d’une heure et demie chacun. L’ensemble fut diffusé sur ABC Family entre juillet août 2007 et adapte vraisemblablement assez librement le cycle littéraire en quatre romans The Fallen de Thomas Sniegoski – livres que je n’ai jamais lus. Aucun spoiler.

Aaron Corbett s’apprête à fêter ses dix-huit ans et, pour une fois, sa vie semble vouloir retrouver un cours relativement normal. Son bonheur est malheureusement de courte durée, car il découvre bien malgré lui qu’il est mi-ange mi-humain et que les Puissances, une entité regroupant les créatures célestes les plus influentes, cherchent activement à le tuer. En raison de sa nature, ses pourchasseurs le considèrent comme une abomination, mais il serait en réalité le Rédempteur, celui capable d’absoudre les anges déchus de leurs crimes.

Ayant de toujours un faible pour les mythologies en tous genres, Fallen me donnait vraiment envie. Je n’espérais pas forcément une fiction extraordinaire, mais suffisamment bien ficelée et dense afin d’offrir un divertissement digne de ce nom disposant d’une trame scénaristique aux riches références. Malgré un joli générique plutôt stylisé, le premier épisode laisse vite comprendre qu’il convient de revoir à la baisse ses attentes. Déjà, la réalisation se révèle assez misérable et souffre certainement d’un manque de budget rédhibitoire. La musique composée par David C. Williams ainsi que les chansons – dont Breathe Me de Sia – s’avèrent surtout intrusives en cherchant à manipuler les émotions des téléspectateurs. Quant aux effets spéciaux et autres trucages, ils se montrent la majeure partie du temps ridicules et accentuent une impression de kitsch presque navrante. Il est alors compliqué de prendre au sérieux les combats illustrés à l’écran où les personnages semblent coincés dans leur costume d’ange. Encore pire, plusieurs s’adonnent aux arts martiaux, mais la chorégraphie aléatoire et les illisibles plans rapprochés rompent toute fluidité ou appréciation. Les épées enflammées desservent tout autant cette mini-série qui, à travers une tragédie familiale, n’hésite pas à multiplier poussivement les similarités avec Star Wars.

Fruit de l’union d’un ange déchu et d’une femme mortelle, Aaron Corbett croit au départ n’être qu’un orphelin ayant mené une enfance douloureuse. Le jour de son dix-huitième anniversaire a tout pour être joyeux, ne serait-ce que parce que ceux l’ayant adopté l’aiment profondément. Sa scolarité se déroule à merveille et il s’apprête même à bénéficier d’une bourse universitaire. Pour une raison qu’il ne s’explique pas, il souffre toutefois de violents maux de tête et pense être victime d’hallucinations auditives. C’est qu’il entend les animaux et, plus particulièrement Gabe, son chien ! Il n’a pas le temps de se poser trop de questions sur sa santé mentale qu’un sans domicile fixe (Tom Skerritt – Picket Fences) l’approche, lui révélant qu’il est le nephilim d’une ancienne prophétie. Avec ses pouvoirs fraîchement acquis en devenant majeur, il est en mesure de renvoyer les anges déchus au paradis. Évidemment, Aaron prend cet homme pour un fou, mais il est rapidement rattrapé par les Puissants, bien décidés à l’annihiler. Avec l’aide d’un être céleste peu affable, Camael (Rick Worthy), il s’enfuit et se lance dans un voyage initiatique fort dangereux. Pourchassé par tous, il doute fortement de son don, de sa mission, de la frontière entre le bien et le mal, et découvre progressivement ses origines.

En dépit d’une mythologie vraisemblablement riche, Fallen fait preuve d’une incroyable pauvreté scénaristique. En effet, le récit avance de façon linéaire et oublie d’injecter un souffle épique digne de ce nom. Pourtant, avec ces factions d’anges fanatiques et un univers de cette trempe, tout était là pour instaurer un climat héroïque. Quoi qu’il en soit, le personnage principal, Aaron, est une coquille vide insipide et le voir subir mécaniquement autant d’embûches n’arrange clairement pas la situation. L’écriture occulte la subtilité pour apporter artificiellement énormément d’adversités et de rebondissements prévisibles. Ainsi, le nephilim débute son parcours à reculons, rencontre les bons individus à l’instant idéal, et suit un destin qui semble être tracé depuis la nuit des temps. Tout est cousu de fil blanc, à commencer par la grossière romance lycéenne en filigrane faisant plus lever les yeux au ciel que mettre des papillons dans le ventre. Eh oui, le béguin du héros a, comme par hasard, un rôle non anodin dans ses choix et sa nouvelle identité de Rédempteur. Les figures les plus notables ne sont de toute manière jamais développées, la psychologie se voulant soit inexistante, soit bancale, voire incohérente. Le rythme assez moribond est d’autant plus paradoxal que les évènements se succèdent rapidement, ne cherchant jamais à installer une tension ou une atmosphère sous-jacente. Or, Fallen se donne de grands airs et ne manque pas d’ambition.

L’absence d’épaisseur du scénario n’est tristement pas l’unique tare de cette fiction peu aboutie choyant une approche trop classique. Probablement à cause de l’audience que la chaîne ABC Family vise, le ton reste franchement convenu et lisse. Les méchants sont très méchants, les gentils très gentils et tout y demeure unilatéral. Certes, le récit désire vainement instaurer une dualité chez Aaron, mais le résultat n’est en aucun probant. L’interprétation peu réjouissante de son acteur, Paul Wesley (The Vampire Diaries), n’est d’ailleurs pas d’un quelconque recours. Le comédien n’est pas le seul à blâmer puisque ses congénères ne paraissent pas beaucoup plus investis dans leur propre rôle. Les dialogues verbeux et ineptes parachèvent la médiocrité ambiante. Ivana Miličević (Banshee) en l’ange déchu Ariel et le sympathique Hal Ozsan (Dawson’s Creek) en l’ambivalent Azazel réussissent peut-être à tirer leur épingle du jeu. Autrement, notons la présence de Bryan Cranston (Malcolm in the Middle) en figure notable au développement stupidement prévisible et Will Yun Lee comme ange borné.

Pour conclure, Fallen a beau s’inspirer de l’enthousiasmante lutte entre les créatures célestes et essayer d’offrir une histoire tragique aux relents shakespeariens, elle se contente surtout d’une avancée très plate et sans saveurs. Au lieu de profiter de son contexte, elle illustre le parcours initiatique d’un jeune homme semblant finalement peu concerné par la situation et pour lequel le public peine à s’attacher ou à s’intéresser. Les maladresses narratives, les incohérences, les ressorts éculés, le kitsch prédominant ou encore le registre romantico-familier propice à moult poncifs du genre ne représentent que quelques-uns des ingrédients de cette mini-série dispensable ayant en plus le culot de se révéler vaniteuse.

Carnivàle | La Caravane de l’Etrange (série complète) – All right children, let’s shake some dust !

Par , le 1 septembre 2007

La semaine dernière j’ai terminé Carnivàle. Je voulais faire un post sur la saison 1 puis un autre sur la saison 2 mais j’ai eu mon attelle au bras entre temps ce qui fait que j’ai commencé la saison 2. Bref voici une entrée sur la série dans sa totalité. Aucun spoiler.
Cela faisait un an que la série traînait dans mes dossiers mais je n’avais pas le temps de la regarder. De plus, comme je savais qu’elle n’avait pas de fin véritable car annulée, je ne me pressais pas. Heureusement que je ne l’ai pas laissée tomber ! Quel chef d’oeuvre. Tout à fait le genre de séries que je compte acheter en DVD et re-regarder. Parce que je l’ai adorée mais aussi parce qu’il faut plusieurs visionnages pour tout comprendre.

Avant le Commencement, après la grande guerre entre le Paradis et l’Enfer, Dieu créa la Terre et la donna au singe habile appelé homme. A chaque génération, naissaient une créature de lumière et une créature de l’ombre. De grandes armées rejouaient alors le conflit ancestral entre le bien et le mal. C’était une époque de magie, de noblesse et d’une cruauté inimaginable. Ainsi était le monde. Jusqu’au jour où un faux soleil explosa sur Trinity et où l’homme troqua à jamais l’émerveillement contre la raison.
Source : SériesLive

Le synopsis vous paraît obscur ? C’est normal. Vous ne comprendrez sa signification qu’au terme de la série, et encore… La série se déroule aux Etats-Unis entre les deux guerres mondiales. On y suit deux personnages : Ben Hawkins qui vient juste d’être recueilli par un cirque (le Carnivàle) et Justin Crowe, un prêtre aidé par sa soeur Iris. Tous deux sont liés par quelque chose qu’ils n’imaginent même pas, et nous non plus d’ailleurs.

La série fut diffusée entre 2001 et 2003 sur HBO et fut donc annulée. Je comprends tout à fait pourquoi. Elle est vraiment étrange et donc difficilement accessible, surtout si l’on regarde des séries pour ne pas réfléchir. Pourtant il s’agit là d’un petit bijou télévisuel comme on en fait peu. Elle est exceptionnelle du côté du scénario, des personnages, du casting, des dialogues, de la musique, de la réalisation, de l’ambiance… 24 épisodes (2 saisons x 12 épisodes) de pur bonheur.Ce qui était drôle c’est que plus j’avançais dans la série moins je comprenais quoique ce soit. Pourtant je ne pouvais pas m’en détacher, comme hypnotisée. Les épisodes durent en moyenne 50 minutes et je ne voyais pas le temps passer. Carnivàle est intense, très intense. C’est comme si on était happé dans ce monde si bizarre et que l’on nous envoûtait. J’ai rarement eu ce ressenti avec quoique ce soit. En un mot je dirai qu’elle est fascinante.
Beaucoup d’indices sont donnés au fil des épisodes donc il faut suivre mais je ne dirai pas qu’il s’agit là d’un casse-tête. On ne nous prend simplement pas pour des idiots et c’est agréable.

Visuellement, la série est tout aussi hypnotique. Les couleurs sont l’ocre et le marron puisqu’ils baignent tous dans de la poussière et le sable du désert. Les personnages, à commencer par Ben, sont souvent très sales mais il en ressort une beauté sans nom. La photographie est tellement bien mise en place qu’on en reste émerveillé.

Les thèmes sont durs : prostitution, viols, pédophilie, folie furieuse… Sans y intégrer une once de positif ou d’espoir. Pourtant on en redemande. On ne nous montre pas de jolies choses mais cela n’empêche pas que c’est beau. Oui c’est contradictoire mais la série est une véritable antithèse, il y a le bien, le mal. Mais qu’est-ce que sont ces notions de toute manière ? Qui est le bon ? Ben ? Qui est le mauvais ? Justin ? Pourtant Justin est le prêtre… Ben n’est pas du tout un ange… On se rendra évidemment compte au fil des épisodes de qui est le monstre mais ce n’est pas un monde manichéen.

Venons en aux personnages et au casting. Les deux acteurs principaux sont fantastiques. Ben Hawkins est interprété par le jeune Nick Stahl et il l’incarne avec délice. On ne peut pas imaginer mieux. Clancy Brown est effrayant dans tous les sens du terme. Magistral serait le bon terme. Plusieurs fois j’étais à deux doigts de partir en courant tellement il m’impressionnait dans son personnage. Les sériephiles avertis auront aussi reconnu Clea Duvall (la flic dans Heroes), Robert Knepper (T. Bag dans Prison Break) ou encore Patrick Bauchau (The Pretender). Mon petit bonheur personnel se trouve dans le personnage de Samson. Au début il est dur à cerner mais peu à peu on le comprend et il exprimait plutôt bien ce que je pouvais ressentir au fur et à mesure de la série. J’ai une grande tendresse pour Jonesy aussi… Bref une très belle galerie de personnages, parfois très bizarres.

La musique est tout aussi envoûtante que le reste. Composée par Jeff Beal qui a aussi réalisé la merveilleuse BO de Rome, elle sublime la série. Le générique est tout aussi magnifique. Les fans de Battlestar Galactica auront aussi remarqué que Ron D. Moore a réalisé quelques épisodes.

Une série qui en 24 épisodes est rentrée directement dans mes indispensables. Une ambiance hypnotique, étrange, magique, assez glauque ; un univers sans précédent, une réalisation maîtrisée. Carnivàle m’a fait quelque peu penser à du David Lynch et ce n’est pas pour me déplaire.
Quel dommage qu’une série de cette envergure ait été annulée ! Quant à la fin qui n’en est pas vraiment une, ça passe. Il y a un cliffhanger mais il est supportable. Une vraie poésie cette série.