Ugly Betty (saison 2) – Betty… internet dating… must… mock !

Par , le 28 juin 2008

Finalement on arrive au bout des reviews des saisons de cette année, il ne m’en reste que deux en stock dont une où deux épisodes doivent encore être diffusés. Après une première saison très mignonne, fraîche et agréable, Ugly Betty a-t-elle su passer la seconde vitesse sans trop de casse ? Il n’est plus la peine à mon avis de présenter la série. Tout le monde -ou presque- sait qu’elle raconte l’histoire de Betty, une jeune fille moche et mal habillée, qui travaille dans un grand magazine, Mode. Comme la plupart des séries cette année, la saison d’Ugly Betty a été raccourcie ce qui fait qu’elle ne comporte que dix-huit épisodes. Aucun spoiler.

Le season finale de la première saison était un vrai feu d’artifice digne des plus grands soaps opera. Tous les personnages subissaient des rebondissements incroyables et un cliffhanger assez horrible clôturait le tout. La seconde saison reprend plus ou moins où on nous avait laissé. Le season premiere est probablement un des meilleurs épisodes de cette nouvelle saison d’ailleurs. Emouvant et drôle par certains points, il touche le téléspectateur comme la série sait si bien le faire tout en le faisant rire. A vrai dire, Ugly Betty reprend tous les ingrédients de la première saison cette année et ne change pas grand chose à ce qui a fait sa réussite. Les rebondissements sont toujours aussi invraisemblables mais très sympathiques, les personnages sont encore une fois attachants, le rythme est trépidant. Bref, durant l’été 2007 la série ne s’est pas perdue en cours de route. Mais, car oui il y a un mais, on peut émettre un bémol sur cette saison. La coupure due à la grève n’a pas été profitable. Les épisodes post-grève sont moins bons que les précédents et manquent d’homogénéité. Certains personnages manquent de traitement ou on s’en rappelle seulement le temps d’un épisode. Alexis en est le parfait exemple. Honnêtement, elle ne sert plus à grand chose et finit même par devenir antipathique. Il en est de même pour Henry ce qui est dingue tant il avait un capital sympathie apparemment illimité dans la saison une.

Cette baisse de régime est valable pour les interactions Marc / Amanda qui ne sont pas assez nombreuses d’autant plus qu’elles sont une part de l’identité de la série. Les love interests de Betty deviennent redondants car elle ne parvient pas à se décider. Et du coup c’est que cela en devient presque irritant. Ce qui est aussi dommage c’est que chacun de ses soupirants prend alors une dimension plus négative, à tel point que l’on espère que l’un d’entre eux disparaîtra vite. Malgré ces lacunes il reste quand même tous les points positifs comme cette capacité à traiter un nombre assez impressionnant de personnages à la fois, d’ajouter toujours du piment aux scènes, de nous attendrir et de nous faire rire en deux trois mouvements.

La saison deux est donc plus faible que la première. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’elle est mauvaise. Loin de là même. Certaines intrigues étaient trop bancales pour être intéressantes (celle de Renée par exemple) tandis que d’autres sont géniales. Les guest stars sont très nombreuses, peut-être un peu trop, mais cela n’empêche pas d’apprécier de voir des têtes que l’on aime bien dans une série agréable. Ugly Betty garde sa fraîcheur et son ton acidulé. Encore une fois elle trouve le parfait compromis entre la comédie, les scènes soapesques et ses personnages attachants et plutôt approfondis. Les secondaires sont davantage mis en avant pour notre plus grand plaisir. Il va de soi que la série ne tourne plus autant de Betty mais plus de son entourage pour lequel on trouve toujours quelqu’un à apprécier. Maintenant il ne reste plus qu’à espérer que le gamin de la fin saura parler correctement français si on le revoit dans la saison trois. Le pauvre.

Glory Days | L’île de l’étrange (série complète)

Par , le 27 juin 2008

Il y a de ces séries que l’on n’a pas prévu de regarder, dont on n’a peut-être jamais entendu parler, mais quand elles pointent le bout de leur nez en France, on se dit que l’on va les essayer. La tentation est d’autant plus grande lorsqu’elles s’avèrent très courtes et choient un registre sympathique. C’est ainsi que j’ai visionné il y a plusieurs mois de ça la production étasunienne Glory Days, connue dans nos vertes contrées en tant que L’île étrange. Chez nous, elle fut récemment diffusée sur NRJ 12, et initialement aux États-Unis sur feue The WB entre janvier et mars 2002. Du fait d’audiences très décevantes, la chaîne a décidé de ne pas poursuivre l’aventure et n’a même pas proposé tous les épisodes tournés en amont ; il semblerait effectivement qu’outre les neufs disponibles, quatre autres existent, mais demeureront certainement inédits pour le public. À noter qu’il s’agit là d’une création de Kevin Williamson à qui l’on doit déjà Dawson’s Creek et les scénarios des films Scream. Aucun spoiler.

Quatre ans se sont écoulés depuis que Mike Dolan a quitté Glory, l’île de sa jeunesse. Il a fui cette région après le meurtre de son père, car il ne supportait plus d’y vivre. Suite à une curieuse lettre anonyme lui étant destinée, il choisit de retourner sur ses pas et de retrouver son passé. Sauf que les habitants, eux, n’ont aucune envie de le revoir. Pour cela, Mike ne peut que blâmer son livre s’inspirant de la tragédie ayant frappé sa famille et croquant les autochtones d’une manière peu flatteuse. Entre son ancien ami de lycée dépeint en homosexuel refoulé et la serveuse et maîtresse de son père qu’il décrit comme étant la coupable dudit crime, il paraît évident qu’il n’y est pas allé de main morte. À peine a-t-il mis les pieds sur l’île que les évènements mystérieux se multiplient. Il ne lui en faut pas plus pour se transformer en détective et entraîner dans ses aventures une légiste et le shérif.

Sur le papier, Glory Days donne à première vue l’impression d’encourager le drame. La réalité est tout autre. En fait, cette série ne possède pas de ton prédéfini et il s’agit d’ailleurs là d’un de ses principaux défauts. Tantôt elle souhaite se montrer émotionnellement difficile avec un meurtre catalysant moult complications familiales et personnelles, sauf que quelques secondes plus tard, elle se fourvoie dans des velléités d’humour assez ridicules et peu drôles. L’ambiance cherche également à favoriser un aspect plus fantastique à travers des affaires aux effluves fort étranges, or la sauce ne prend jamais tant rien ne fait peur ou ne pique la curiosité. Les épisodes sont indépendants et reposent mécaniquement sur un même canevas. Mike se voit confronté à un cas n’ayant pas de réponse préétablie, décide d’enquêter à sa manière, se fait rouspéter par les insulaires et ses proches, embarque dans ses investigations deux amis non volontaires, se blesse et finit par avoir toujours raison. Cette écriture très redondante use surtout que les scénarios n’ont rien de trépidant ou d’inventif. Ceux espérant des relents surnaturels seront déçus, car l’explication se révèle à chaque fois rationnelle malgré de supposés vampires et des clowns tueurs ; le but semble être de montrer que les apparences sont souvent trompeuses. Le registre policier demeure clairement superficiel et la série essaye peut-être de favoriser une stratégie plus intimiste, sans que ce soit pour autant probant à l’écran.

À l’origine, Mike (Eddie Cahill – CSI: NY) est un journaliste. Son arrivée sur Glory ne plaît à personne à l’exception de sa petite sœur jouée par Emily Van Camp (Everwood), ravie de retrouver son paria de frère. Le protagoniste sûr de lui n’a pas grand-chose d’attachant et les épisodes ne le creusent pas suffisamment, bien qu’il soit mieux loti que ses comparses. En effet, si ce n’est son ancien meilleur ami devenu shérif, le peu dégourdi Rudy (Jay R. Ferguson), il est le seul à bénéficier d’un minimum d’exploration. Les autres personnages ne servent que de faire-valoir. Même la médecin légiste campée par Poppy Montgomery (Without a Trace) doit se contenter de la place de la future dulcinée du héros. La série injecte effectivement quelques moments plus romantiques, mais voir chaque semaine le supposé couple faire un pas en avant pour deux en arrière finit par rapidement agacer. Qui plus est, l’alchimie entre les deux acteurs manque un peu à l’appel. Avec ce type de fiction, ce qui plaît parfois le plus est de retrouver dans des rôles tertiaires des visages désormais connus. Notons par exemple la présence d’Adam Scott, Tahmoh Penikett, Julie Benz, Teryl Rothery, Noel Fisher, Meghan Ory, Justin Chatwin…

Au final, il n’est guère étonnant que Glory Days n’ait pas réussi à trouver son public au cours de sa diffusion à la télévision. Peu inventive, fade et répétant à l’usure un schéma redondant où un trio enquête sur des cas normalement mystérieux, elle souffre de son absence de véritable d’enjeu et de son aspect patchwork. À croire que les producteurs ne savaient pas quelle approche choisir et ont ainsi décidé de multiplier les genres, quitte à s’amputer d’une réelle identité. Les épisodes indépendants les uns des autres s’avèrent alors peu heureux avec ce mélange pour le coup étrange entre drames, affaires policières, romance, moments plus adolescents et un soupçon de fantastique. Rien n’est fait pour donner envie de se jeter sur la suite tant tout s’y ressemble et laisse indifférent, sans non plus se révéler hautement médiocre. Au moins à ce niveau, l’homogénéité est de mise. L’unique élément que je garderai en mémoire est la chouette chanson du générique, Excess du génial Tricky.
Bonus : le générique français en vidéo