L’hiver 2017 des j-dramas

Par , le 18 janvier 2017

Qui dit nouvelle année signifie comme d’habitude renouvellement de la grille des programmes japonais. En revanche, comme je l’avais déjà évoqué il y a plusieurs saisons, j’ai décidé de changer un peu ces récapitulatifs qui, depuis le temps, ont fini par m’aliéner. C’est pourquoi, après avoir failli les arrêter totalement, j’ai choisi de reprendre le concept initial de ces billets, celui que j’utilisais vers 2009, et de l’améliorer sensiblement. Vous n’aurez donc plus une liste exhaustive des nouveautés, seulement celles que je juge les plus pertinentes à présenter. On verra si ce principe me plaît et s’il faut je l’adapterai en conséquence. Les productions m’intéressant le plus – pour des raisons parfois hautement discutables – disposent d’une petite étoile (★) à la fin de leur description. Comme d’habitude, seuls les renzoku sont abordés, les tanpatsu étant volontairement mis de côté.

(Si l’affiche, le lien vers le site officiel ou la page Drama Wiki ne sont pas indiqués ici, c’est qu’ils ne sont pas encore disponibles ; je les ajouterai dès que possible. Il en va de même en ce qui concerne le synopsis de certaines séries.)

A LIFE

Chaîne : TBS
Début : 15 janvier 2017
Site officielFiche Drama Wiki

Après dix ans vécus aux États-Unis, un excellent chirurgien retourne au pays sur la demande de son mentor. Il y rejoint son ancienne petite-amie, désormais mariée à un homme qu’il a toujours tenu en haute estime, mais qui, en réalité, l’aurait poignardé dans le dos par le passé. Alors qu’il essaye d’effectuer correctement son travail, il se voit confronté à maintes manipulations. Kimura Takuya arrive dans son armure étincelante ! Le synopsis n’a rien d’affriolant, mais j’ai un faible pour les histoires médicales et les retrouvailles du dieu des audiences avec Takeuchi Yûko me tentent bien, j’avoue. Asano Tadanobu, Matsuyama Kenichi, Kimura Fumino et Oikawa Mitsuhiro répondent aussi présents. (★)

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Awkward. (saison 5)

Par , le 11 janvier 2017

À l’instar des sitcoms, je regarde désormais très peu de séries étasuniennes à destination des adolescents. Je crois qu’Awkward. était la dernière du genre à se trouver sur mes tablettes et en plus, je ne l’ai jamais commencée de moi-même, mais suite à une demande pour l’animation de Noël du blog. C’était en 2011 et un bon petit nombre d’années plus tard, voilà que cette production se termine avec sa cinquième saison. Celle-ci se compose de vingt-quatre épisodes diffusés sur MTV en deux temps : la première moitié est passée entre août et novembre 2015 et la seconde entre mars et mai 2016. À noter que par chance, il s’agit d’une conclusion prévue en amont et pas d’une annulation sauvage. Aucun spoiler.

Au début, Awkward. proposait des histoires rigolotes où la jeune héroïne et ses camarades s’amusaient des lieux communs pour mieux se les approprier. Avec un ton rafraîchissant, une certaine authenticité et une absence totale d’orgueil, cette série se révélait sympathique comme tout. Malheureusement, elle a fini par se prendre les pieds dans le tapis pour ne jamais réussir à redécoller. Et sans aucune surprise, cette ultime année ne change pas la donne, voire ne fait que clouer définitivement le cercueil. Les showrunners actuels espéreraient que la chaîne commande une suite, mais croisons les doigts pour que la porte de ce microcosme devenu une véritable autoparodie ne se rouvre pas. Autant la première moitié de la saison demeure encore tolérable malgré un déplaisant sentiment de redondance, autant la seconde s’avère imbuvable pour cette succession de clichés et d’inepties en tous genres. Le public n’escompte pas forcément de la fiction une grande inventivité, mais au bout de cinq ans, il est en droit de souhaiter un vrai impact émotionnel et pas ce récit interminable et répétitif ne menant à rien de concret. L’épilogue ne donne même pas l’impression d’en être un et la série s’en va dans l’indifférence la plus totale. Alors que MTV a annoncé suffisamment tôt la fin aux producteurs, ceux-ci ne semblent pas avoir désiré remercier les téléspectateurs en délivrant une sorte de célébration. Non, ces péripéties laissent surtout un désagréable arrière-goût en bouche.

Les épisodes diffusés en 2015 démarrent quarante-huit jours avant que les personnages quittent le lycée. Ils s’apprêtent pour la majorité à entrer en fac, attendent quelques résultats d’admission, imaginent leur futur et font parfois des plans sur la comète. Jenna, de son côté, se remémore ses bons souvenirs estivaux avec le Marine Bryan, mais retombe dans ses travers en apprenant par mégarde que Jake a eu une aventure avec la petite amie actuelle de Matty, Gaby. La série a déjà trop souvent utilisé la carte de ces marivaudages et persévère de la sorte, quitte à écœurer tout le monde. Bien sûr, l’écriture n’en rate pas une pour tenter d’en remettre une couche sur l’héroïne et son amour de jeunesse. Ils s’aiment, essayent de se protéger mutuellement, le timing n’est jamais optimal, etc. Awkward. n’injecte pas un seul soupçon de nouveauté dans cette intrigue courant depuis ses premiers pas à l’antenne. Matty a beau se révéler adorable, il ne peut pas faire des miracles. À côté de ça, les autres personnages manquent singulièrement de charisme et se perdent dans des développements abscons. Tamara se prépare à se marier avec le garçon rencontré sur la plage au Mexique, les atermoiements de Jake endorment et Sadie continue d’asséner des méchancetés malgré le soutien incroyable de Sergio. Bref, on se fiche de tout ça. Les épisodes défilent, n’approfondissent rien, ne possèdent pas d’enjeux, ne provoquent pas un quelconque rire et réussissent seulement à ne pas assommer grâce à leur courte durée. De nouveau, la production ne se montre pas mauvaise, mais trop prévisible et superficielle. La suite, en revanche, mérite les tomates et transforme définitivement Jenna en une femme indécise dépendante des hommes.

Les séries adolescentes s’installant dans le temps finissent à chaque fois par se retrouver confrontées à un même problème. Que faire quand les protagonistes quittent l’école ? Awkward. choisit la solution de facilité en s’octroyant une ellipse temporelle. Entre le douzième et le treizième épisode, un an s’est écoulé et les héros sont tous de retour à Palos Hills, après leur année scolaire, dans le but de profiter des vacances d’été. Et là, encore une fois, la relation unissant Jenna à Matty prend le pas sur tout le reste. Les deux s’aiment, se disputent et répètent leur jeu ad nauseam. Outre cette redondance narrative définitivement irritante, cette partie se dote surtout d’un registre caricatural poussif et consternant. La jeune femme se plaît à la fac, croit avoir grandi et commence un stage à IdeaBin où exercent des clichés ambulants. Elle arbore un piercing au nez, se dit végétarienne, a changé de style vestimentaire et n’a pas vraiment communiqué avec Tamara ou les autres au cours des mois passés. Les scripts s’évertuent à clamer qu’elle est snob et condescendante si ce n’est qu’elle n’a pas vraiment évolué et est uniquement illustrée à travers ses ruptures sentimentales. En vérité, les personnages font du surplace depuis plusieurs années. Luke est de retour, le bébé des parents de Jenna est né, Lacey n’échange plus avec sa fille, Jake se morfond de son futur moribond et, étonnamment, le seul rayon de lumière est la supposée lunaire Lissa injectant un peu d’énergie. Quoi qu’il en soit, ces ultimes épisodes se perdent dans des vignettes insipides ou agaçantes. Le public est en droit de se demander s’il s’agit bien de la fiction jadis amusante et décomplexée parce que là, elle ressemble à un condensé de stéréotypes et de poncifs du genre.

Pour résumer, la cinquième et dernière saison d’Awkward. poursuit la chute qualitative amorcée précédemment. Au lieu d’essayer d’apporter un minimum de renouveau et d’originalité, elle use avec la valse des hésitations de ses héros. D’ailleurs, en dehors de Jenna et Matty passant toutes leurs journées à répéter inlassablement un discours romantique déjà sérieusement éprouvé, les autres ne disposent d’aucune exploration digne de ce nom. Arrivée à ce stade, seul l’attachement envers cet univers semble capable de le sauver du naufrage, mais même ici, la série botte en touche tant elle n’a plus rien à voir avec son identité du début. L’humour et le divertissement ont eux aussi déserté les rangs depuis longtemps. C’est donc un peu amer, mais surtout soulagé, que l’on referme ce chapitre en souhaitant très fort que cela soit bel et bien définitif.

Galileo | ガリレオ (saison 2)

Par , le 4 janvier 2017

Sans aucune surprise, le succès de la première saison de Galileo adaptant les histoires du brillant physicien inventé par le romancier Higashino Keigo a donné suite à une seconde. Celle-ci se compose de onze épisodes qui furent diffusés sur Fuji TV entre avril et juin 2013 ; le premier et le dernier durent trente minutes de plus que la quarantaine habituelle ; le septième et le huitième disposent aussi de vingts minutes additionnelles. À noter l’existence d’un tanpatsu intitulé Galileo XX et d’un deuxième long-métrage, Manatsu no Hôteishiki, qui seront traités sur Luminophore dans les semaines à venir. Pour vous repérer dans cette sorte de franchise, n’hésitez pas à consulter ce billet récapitulatif. Aucun spoiler.

Utsumi Kaoru se prépare à déménager pour un an aux États-Unis dans le but de parfaire ses compétences d’inspectrice de police. Avant de quitter le sol nippon, elle prend le temps de présenter sa remplaçante au fameux Yukawa Manabu. C’est maintenant au tour de Kishitani Misa de composer avec les manies du cartésien scientifique adorant avoir raison et démontrer que toute situation extravagante détient une explication rationnelle.

Les débuts de Galileo souffraient de leur aspect schématique malgré une certaine inventivité du côté des crimes. Derrière ces développements convenus, l’atmosphère un brin mystérieuse apportait d’ailleurs un soupçon bienvenu d’originalité. Malheureusement, ces épisodes inédits ne sortent pas de ce carcan déjà étriqué et ne font que répéter à l’infini une formule ayant auparavant montré ses faiblesses. L’inspectrice doit élucider un meurtre, elle demande l’aide du héros qui refuse de prime abord, elle se moque gentiment de l’éternel assistant et le prof se lance dans l’affaire en la résolvant en deux coups de cuillère à pot. Bref, il n’y a rien de neuf à ce niveau. Sauf que même en connaissant les limites de cette série, cette saison réussit à décevoir. Et pour cause, elle amplifie ses lacunes initiales et fait preuve d’une telle paresse scénaristique qu’elle a de quoi agacer. La science se réduit comme une peau de chagrin, la dimension plus ou moins ésotérique et mystique se voyant remplacée par un registre humoristique bancal et poussif. Plus que jamais, les enquêtes manquent de crédibilité, souffrent d’une grande prévisibilité et n’ont parfois ni queue ni tête. La police répond aux abonnées absentes et Yukawa se contente de parader avant de sortir une solution inepte de son chapeau, avec des déductions farfelues plutôt que des théories savantes. Le professeur organise lui-même du début à la fin les investigations et se révèle davantage infaillible que dans le temps. Il paraît en outre avoir changé quelque peu de tempérament au passage, accentuant une fois de plus les maladresses de la production. Certes, ces aventures ont la bonne idée de limiter les scènes de pur fantasme sur les supposées qualités viriles de cet homme moyennement attachant, mais cela n’atténue guère ces écueils dispensables. Ajoutons-y un fort sentiment de redite avec des récits déjà vus dans d’autres fictions apparentées ainsi que dans les affaires diffusées courant 2007. En somme, Galileo sonne encore plus classique que jadis et ce n’est pas l’arrivée de Kishitani Misa qui favorise l’appréciation générale.

Pour une obscure raison, Utsumi Kaoru est poussée sur le côté, mais elle a au moins l’occasion de s’en aller la tête haute et de passer le flambeau à une nouvelle recrue. Cette dernière, campée par la jolie Yoshitaka Yuriko (Love Shuffle), est jeune, pimpante, instinctive et fraîchement sortie de l’université Teitô où exerce justement Yukawa. En dépit de son absence totale d’expérience en la matière, l’inspectrice se révèle hautement arrogante, malpolie, prête à tout pour faire justice et n’hésite jamais à asséner le fond de sa pensée. Le personnage en lui-même ne dégage pas grand-chose d’attachant et se veut surtout énervant. En plus des carences de sa caractérisation, Misa n’a jamais l’opportunité de montrer l’étendue de ses apparents talents et se contente de perpétuellement quérir l’aide du scientifique, tout en se limitant à alimenter à foison de supposés ressorts humoristiques. Pour résumer, elle ne sert à rien sur le terrain comme dans la série en tant que telle. L’alchimie du nouveau duo phare n’est également qu’une donnée fort abstraite. Les principales figures ne paraissent de toute manière détenir aucune vie en dehors de l’écran et se bornent à des stéréotypes caricaturaux. Encore une fois, seul Kuribayashi, l’assistant, pimente les épisodes par ses jérémiades amusantes. Sinon, reconnaître et découvrir autant de visages familiers se révèle toujours aussi plaisant même si, avouons-le, ce procédé accentue la prévisibilité des intrigues. Privilégier les mystères aurait induit un minimum de suspense, car là, les coupables sont connus dès le départ et le déroulement de l’enquête manque de substance. Notons par exemple la présence d’Ôsawa Takao, Tanabe Seiichi, Kiritani Kenta, Kiritani Mirei, Kashii Yû, Aoi Yû, Namase Katsuhisa, Amami Yûki et beaucoup d’autres. Au programme des réjouissances : gourou poussant au suicide l’un de ses adeptes, meurtre en chambre close, empoisonnement, télépathie entre des jumelles, comédienne profitant de ses propres talents, etc.

Finalement, si la deuxième saison de Galileo poursuit la route amorcée par la première avec des histoires policières redondantes et très classiques, elle laisse sur le côté le seul élément encore relativement original. Effectivement, l’ambiance énigmatique nourrissant les théories scientifiques a quasiment disparu. Uniquement son protagoniste phare, véritable et exclusif héros, détient l’opportunité de rayonner et plutôt que de choyer ses capacités intellectuelles, il joue régulièrement la carte de la banale déduction. Un comble quand on y pense ! Le visionnage demeure assez tolérable à dose très homéopathique du fait de l’impressionnante galerie d’invités, mais l’ensemble ne possède aucun argument satisfaisant pour être recommandé, quand bien même on serait amateur du genre. Entre les incohérences scénaristiques, le laxisme honteux de l’écriture et l’interprétation tantôt excessive, les défauts sautent aux yeux.