Plebs (saison 2)

Probablement parce que je suis masochiste sur les bords, psychorigide dans ma manière de visionner des séries et passionnée d’Antiquité, je n’ai pas pu m’empêcher de continuer la fiction britannique Plebs après des débuts compliqués. C’est donc ainsi que j’ai regardé dernièrement sa deuxième saison, constituée de huit épisodes diffusés sur ITV2 entre septembre et novembre 2014. Une suite est d’ores et déjà prévue pour l’année prochaine. Aucun spoiler.

En 2013, j’expliquais que la comédie Plebs n’était pas du tout faite pour moi malgré ma grande appétence pour son cadre historique. J’ai beau être férue de péplums, je suis très peu réceptive aux blagues graveleuses et, de toute manière, c’est un secret pour personne, le format des sitcoms ne me convient guère. Pour faire simple, je sais pertinemment ne pas me trouver dans la cible de cette production qui, en dépit de son univers, se révèle moyennement originale. Comme précisé dans le premier paragraphe, je n’ai pas pu m’empêcher de tester ces aventures inédites. Que voulez-vous, je suis également une éternelle optimiste en matière de télévision et je demeure persuadée qu’il est toujours possible d’être agréablement surpris. Eh bien, contre toute attente, mes propos d’aujourd’hui ne seront pas aussi péremptoires qu’il y a deux ans. Est-ce que cela signifie que la qualité de cette saison est supérieure à la précédente ? Ce n’est pas sûr. Craignant tellement le pire avant de commencer, je ne pouvais qu’en ressortir moins effarée. Ou alors, à force de côtoyer cette bande d’ahuris, j’ai fini par m’y attacher. Dans tous les cas, la formule de Plebs n’a aucunement changé et, ça, c’est certain !

Cette nouvelle salve d’épisodes repose sur la recette déjà employée jusqu’alors, mais elle dispose dorénavant d’un aspect feuilletonnant plus consistant en dehors des histoires accessoires habituelles. Naturellement, Marcus, Stylax et l’esclave Grumio sont toujours autant en marge de la société bien qu’ils fassent tout ce qu’ils peuvent pour s’y intégrer. Enfin, non, ce serait mensonger concernant le dernier, car lui semble se ficher un peu de tout tant il ne parvient pas à connecter simultanément plus de deux neurones ; il préfère essayer de recoller des phallus géants avec du foie gras. Marcus cherche encore une fois à séduire la voisine Cynthia qui, visiblement, ne répondra jamais à ses sollicitations peu subtiles, pendant que l’intraitable Metella, elle, se moque ouvertement du blondinet repoussé. Stylax choisit d’emprunter la voie des auriges puisqu’il est persuadé que conduire des chars attirera dans ses filets de jolies demoiselles. Pardon ? Il a peur des chevaux, vous dites ? Ce n’est pas ça qui l’arrêtera ! À leurs côtés, leur collègue Aurelius se ridiculise systématiquement devant la patronne condescendante qui n’en rate pas une pour tenter de se débarrasser de ses employés, le propriétaire de leur appartement n’oublie pas de contourner plus ou moins discrètement la loi, et quelques personnages récurrents s’ajoutent au passage pour constituer des péripéties assez rocambolesques. La recette est donc strictement identique à celle de la première saison, les principales figures n’évoluent pas d’un iota et la tonalité ne dépareille nullement.

Encore une fois, l’écriture favorise l’absurde, la caricature assumée, les gags régulièrement idiots et n’hésite pas à multiplier les anachronismes tout en adaptant des problèmes actuels aux situations que vivent les héros. Ceux-ci n’ont de cesse que de se lancer dans des mésaventures souvent méritées et induites par leur ignorance, en grands benêts obsédés par les femmes qu’ils sont. Leur amitié est communicative, avouons-le. C’est dès lors l’occasion de se frotter aux sans-papiers et à l’immigration, aux élections, aux difficultés d’élever un bébé, à l’irruption d’une prostituée campée par Lauren Socha (Misfits), à l’avancée du progrès qui finit parfois par enterrer des professions, et à plusieurs autres petits clins d’œil faisant plaisir. Plebs prouve par conséquent une certaine créativité et a pour elle de continuer d’utiliser les codes visuels des péplums et de posséder un ton plutôt irrévérencieux s’amusant des contrastes et du contre-pied. Qui plus est, la forme parvient à tirer profit de son budget anémique et divertit avec ses musiques connotées reggae. Il est dommage que l’humour demeure toutefois aussi poussif et sombre par moments dans des plaisanteries sexuelles ou scatophiles de très mauvais goût. Par chance, certains épisodes en sont davantage dépourvus et démontrent que la fiction pourrait très bien s’en affranchir afin de gagner en qualité.

Au final, la deuxième saison de Plebs s’appuie sur des ressorts scénaristiques analogues à ceux des aventures précédentes. Elle ne raconte donc pas grand-chose de palpitant bien qu’elle cherche, cette fois, à instaurer une sorte de fil conducteur. La finesse n’est clairement pas son moteur comme le prouvent des blagues trop régulièrement plus que douteuses, mais la sympathie relative de ses hurluberlus allumés, le rythme enlevé et le décalage ambiant s’amusant des anachronismes permettent de ne pas se montrer trop critique même si, comme moi, on ne se trouve assurément pas dans le public visé. Il paraît évident que pour peu que l’on ait grandement apprécié les débuts de la série, la suite a toutes les chances de satisfaire de la sorte.

Par |2017-05-01T13:58:29+02:00juin 16th, 2015|Plebs, Séries britanniques|0 commentaire

Plebs (saison 1)

Forcément, bien que je ne sois pas du tout friande de sitcoms, j’étais obligée de me pencher sur Plebs compte tenu de ma grande appréciation de la Rome antique. Derrière cette comédie se cache une très récente fiction britannique. Composée pour l’instant d’une unique saison de six petits épisodes de vingt minutes, celle-ci est passée sur ITV2 en mars et avril 2013. La chaîne a déjà confirmé qu’elle offrirait à ses téléspectateurs une suite aux aventures rocambolesques de ces personnages évoluant dans un environnement quelque peu atypique. Aucun spoiler.

Marcus, Stylax et l’esclave Grumio ont dernièrement quitté leur campagne assez morose pour venir profiter des bienfaits de la vaste cité qu’est Rome. Cherchant avant tout les plaisirs de la chair, ils espèrent malgré tout réussir à monter les échelons et se faire un nom ; bien qu’en réalité, tout le monde n’a cure d’eux.

Il faut avouer qu’utiliser l’Antiquité romaine dans une production de ce genre est plutôt original, voire osé. Rien que pour cette raison, Plebs pique la curiosité et donne envie d’y jeter un œil. Naturellement, ces épisodes n’ont aucunement l’ambition de dépeindre la situation sociopolitique de l’époque ou d’illustrer avec précision et véracité historique les questionnements de la plèbe. Non, leur but étant de divertir et de faire rire, le contexte n’est alors qu’un élément parmi d’autres pour alimenter les passages humoristiques. Que les personnages évoluent à une autre période, dans un pays radicalement différent, n’aurait probablement pas changé quoi que ce soit à l’ensemble – ce qui est dommage, d’ailleurs. Néanmoins, pour une production sans prétention de cet acabit, la forme est relativement soignée et dispose de décors réels appréciables apportant une plus-value au tout. Bien sûr, les détails, costumes et coiffures n’ont franchement rien à voir avec ce qui est attendu, si ce n’est que tout y paraît volontaire tant la série s’amuse avec les contrastes et les anachronismes. En fait, Plebs souhaite surtout prendre le téléspectateur à contrepied en jouant sur l’opposition entre son cadre somme tout figé, ancien et presque classieux, et ses thématiques et dialogues irrévérencieux et définitivement modernes.

En six petites aventures, Plebs n’a guère le temps de raconter grand-chose, d’autant plus qu’il ne se passe pas d’évènements particuliers au fil des épisodes. Chacune d’entre elles s’attarde sur une nouveauté, une fête ou un problème d’un personnage. Il est par exemple question des orgies, des gladiateurs, de l’importation de fruits exotiques comme la banane ou encore des Saturnales. Preuve que la fiction désire, mine de rien, sensiblement tirer parti de l’héritage romain en dépit d’une prédisposition à accumuler tous les stéréotypes. Cela dit, les scénarios n’essayent vraiment pas de suivre une quelconque logique ou une certaine fidélité vis-à-vis des connaissances actuelles sur cette époque. La série ne prend de ce fait que ce qui l’arrange pour le modeler selon ses goûts. Le constat est dès lors assez malheureux dans le sens où ce milieu historique est une source inénarrable de sujets. Quoi qu’il en soit, la caméra se focalise plus spécifiquement sur le trio que forment les jeunes Marcus (Tom Rosenthal), Stylax (Joel Fry) et Grumio (Ryan Sampson), et sur plusieurs tranches de leur vie. Le premier est naïf et tient à se préserver une ligne de conduite apparente ; tandis que seul, il n’hésite pas à s’adonner à des plaisirs coupables. Grumio est son esclave puisqu’il l’a acheté, si ce n’est que ce dernier ne fait que ce qui l’accommode. Pince-sans-rire, parlant avec un horrible accent et arborant une affreuse coupe au bol, il n’est pas particulièrement loquace. Enfin, Stylax est sans conteste le plus attachant malgré sa propension à agir comme un idiot. Ces colocataires vivent ainsi sous le même toit et partagent presque tout. Quand une nouvelle voisine emménage à côté de chez eux, l’aspirante actrice Cynthia (Sophie Colquhoun), ils sont rapidement attirés par elle. Sauf que sa propre esclave, la sympathique Metella (Lydia Rose Bewley), veille au grain et protège sa maîtresse fort blonde. Lorsqu’ils ne font pas les zouaves, Marcus et Stylax travaillent et sont chargés de recopier des manuscrits et autres courriers. Ajoutons à cette galerie des visages tout autant excentriques comme le propriétaire, la patronne libidineuse et leur collègue portant de l’eau. Du fait de leur manque d’expérience et des facultés limitées dont ils sont dotés, les compères se font systématiquement berner, sans réellement apprendre de leurs erreurs. Durant l’intégralité de sa première saison, l’écriture s’évertue par conséquent à mettre en avant leurs pérégrinations.

Honnêtement, il est possible que Plebs propose des débuts agréables et convaincants pour certains. Cependant, je dois avouer avoir trouvé ça extrêmement médiocre et pénible à regarder. La principale cause est sûrement toute simple, c’est que je ne figure assurément pas dans le public cible. Précisons que n’étant déjà pas du tout friande du format des sitcoms, je ne partais clairement pas en terrain conquis en dépit de l’Antiquité ambiante. Là où la saison m’a totalement perdue, c’est par son ton poussif et excessif. En outre, excepté quelques très rares scènes, je n’ai jamais esquissé ne serait-ce qu’un sourire. Plebs a beau tenter de s’amuser avec les contrastes, elle accumule les blagues lourdes, l’humour gras et des références scatophiles. Tout n’y tourne qu’autour du sexe et des excréments. En d’autres termes, le résultat se veut plus consternant qu’autre chose, surtout que les situations censées injecter de la surprise et distraire le téléspectateur sont prévisibles. Ajoutons-y des personnages figés dans la roche dont, au final, on se fiche royalement, une écriture inégale, et il s’avère alors compliqué de s’investir. L’interprétation est pourtant de qualité, rendant par conséquent le visionnage peut-être davantage frustrant.

En définitive, la première saison de Plebs est très peu enthousiasmante à partir du moment où l’on évite toujours les comédies vulgairement stupides usant de ressorts humoristiques faciles et très peu novateurs. Si ce n’est son cadre inédit, la fiction britannique n’apporte rien de neuf au genre, ne fait pas du tout rire, n’emploie que très partiellement le patrimoine antique et ne réussit en plus même pas à divertir un minimum. En revanche, elle a au moins le mérite d’utiliser des décors à contre-courant, seuls éléments l’empêchant de sombrer dans le rang des nombreuses séries interchangeables. Dans tous les cas, elle est probablement à réserver aux amateurs de sitcoms puériles et graveleuses, les autres pourront passer leur chemin sans aucun regret.
Bonus : la bande-annonce

Par |2017-05-01T13:59:17+02:00juillet 20th, 2013|Plebs, Séries britanniques|4 Commentaires