Psych | Enquêteur Malgré Lui (saison 1)

Psych arrivant en France cet après-midi sur TF1, il est plus que temps d’en parler sur Luminophore. Si vous cherchez Psych dans votre programme télé, vous ne trouverez qu’une série nommée Enquêteur malgré lui. Ne vous inquiétez pas, c’est la même chose. Il était tout à fait normal de changer l’appellation originale, car elle est imprononçable pour les non-anglophiles. Pour autant, ce nouvel intitulé est extrêmement mal choisi et ne représente en rien la fiction. Le héros n’est pas un enquêteur malgré lui, au contraire, il adore enquêter et se fait passer pour un médium de manière à pouvoir mettre en pratique ses talents. Médium malgré lui aurait été, par exemple, plus judicieux. Cette première saison, composée de quinze épisodes, fut diffusée aux États-Unis sur USA Network en deux parties – à savoir en juillet et août 2006, puis entre janvier et mars 2007. Il paraît que la série est dans la veine de Monk, chose que je ne pourrai pas confirmer, ou infirmer, étant donné que je n’ai jamais regardé cette dernière. Aucun spoiler.

Dès son enfance, Shawn Spencer a été forcé par son père à faire attention à chaque détail qui l’entourait. Étant désormais adulte, rien ne semble lui échapper tant il est doté d’un extraordinaire sens de l’observation. Suite à certaines circonstances rocambolesques, il est embauché par la police de Santa Barbara à qui il vient de faire croire qu’il est médium. Avec son meilleur ami, Gus, ils tentent alors de résoudre des affaires grâce à ses supposés dons surnaturels.

Sans conteste, Psych est une parodie décalée jouant avec les stéréotypes des productions policières et n’hésitant pas à user – et parfois abuser – de tous les codes du genre. Elle ne se prend absolument pas au sérieux et les dialogues sont souvent mordants et extrêmement drôles. Honnêtement, je pense n’avoir jamais autant ri devant une série de ma vie. Par ailleurs, Psych parvient à allier enquête et humour en trouvant un solide équilibre. Les investigations sont systématiquement traitées avec légèreté et ne plombent généralement pas l’ambiance survoltée qui règne entre les personnages. La qualité des épisodes va crescendo et les thèmes abordés arrivent toujours à se renouveler.

Les affaires illustrées ne sont en réalité que des prétextes pour mettre en avant la dynamique existant entre les divers protagonistes de la fiction. La relation entre Shawn (James Roday) et son meilleur ami, Gus (Dulé Hill), est débordante d’énergie et de bonne humeur. Tous les deux ne se ressemblent pas vraiment, mais s’accordent à merveille. Aussi gamins l’un que l’autre, mais de manière différente, il ne se passe pas un épisode sans qu’ils ne se lancent des piques sans aucune animosité sous-jacente. Il s’agit là d’un vrai duo de comiques. J’avoue adorer le personnage de Gus qui, sans s’en rendre compte, est hilarant. Le père de Shawn (Corbin Bernsen), ancien policier, représente l’une des figures importantes de la série. Même si le héros dit ne pas apprécier son sarcastique géniteur, il n’en est rien et ne réalise pas qu’il quémande sempiternellement son aide. La relation les unissant est assez compliquée, mais encore une fois, il n’y a jamais d’ombre véritable au tableau tant la bonne humeur prime. Les aventures débutent toujours par un retour plusieurs années en arrière qui montre le père, Shawn et Gus dans une situation particulière tournant rarement à l’avantage des deux amis ; ce cadre au demeurant trivial a parfois un lien avec la future enquête, d’ailleurs. Les acteurs incarnant Shawn et Gus jeunes collent parfaitement à leur version adulte et leur dynamique est déjà du même acabit. Shawn et Gus collaborent régulièrement avec la police composée, entre autres, de la chef (Kirsten Nelson), de Carlton Lassiter (Timothy Omundson) un détective psychorigide qui se moque à tout va du duo, et de Juliet O’Hara (Maggie Lawson), sa ravissante collègue.

Au final, la première saison de Psych est très agréable à suivre, extrêmement divertissante par l’excentricité de ses protagonistes et le juste milieu entre des investigations cocasses et un humour décalé. Si, dans les premiers épisodes, James Roday en fait un peu trop dans les moments où il est soi-disant assailli par une vision, ce défaut s’atténue avec le temps. Les relations entre les personnages sont véritablement le point fort de cette série et les scénaristes n’hésitent pas une seule seconde, à juste titre, à les mettre en avant. Ne se prenant pas du tout au sérieux, Psych offre des aventures rafraîchissantes et rarement ennuyeuses. Les dialogues très vifs et jouant sur les mots sont aussi un atout non négligeable. Espérons que la qualité du doublage français soit au rendez-vous sur TF1 et que les petites scènes hilarantes dans le générique de fin demeurent. Ces saynètes style bêtisier – mais qui ; en réalité, ne le sont en aucun cas – montrent souvent les acteurs en train de chanter, faire les idiots, etc., et c’est un vrai délice pour les zygomatiques.