Puzzle (2007) | パズル

   

Des fois on se laisse tenter par un format atypique plutôt que par une histoire. Ce fut le cas avec Puzzle qui ne comporte que quatre épisodes de vingt minutes diffusés entre janvier et février 2007 sur TV Asahi. Malgré la présence commune de Yamamoto Yûsuke, la série n’a absolument rien à voir avec celle du même nom datant de 2008 avec Ishihara Satomi dans le rôle principal. Ici, Puzzle est une adaptation du roman homonyme écrit par Yamada Yûsuke. Il existe également un jeu vidéo ainsi qu’un manga en deux tomes ; attention, ce n’est pas le Puzzle (Kiyoku Yawaku en VO) d’Ikuemi Ryô disponible en France chez Delcourt. Aucun spoiler.

Le lycée Tokumen est un établissement d’élite n’acceptant que les élèves à haut potentiel. Pendant les vacances, alors que la classe A subit un entraînement spécial afin de se transcender, un groupe de terroristes prend en otage un élève ayant démissionné de l’école ainsi qu’un professeur. Ils exigent que les lycéens retrouvent les 2000 pièces d’un puzzle qu’ils ont éparpillées partout dans l’établissement et cela, avant que 24 heures ne s’écoulent. Sinon… ils n’hésiteront pas à tuer leurs prisonniers.

L’idée de base est plutôt intéressante et fait penser à tous ces thrillers à huis clos où le temps et la manipulation comptent. En outre, on imagine critique de la société japonaise avec mise en avant de la pression sur les élèves menant parfois au suicide, etc. Les épisodes essayent d’instaurer un climat de paranoïa ambiante et de mystères puisqu’ils sont constitués de nombreux flashbacks, les élèves subissant un interrogatoire après la prise d’otage. Comme son titre l’indique, il s’agit d’une intrigue puzzle, les éléments s’imbriquant les uns dans les autres afin d’y découvrir la finalité. Avec un budget assez faible et un format particulier ne permettant pas de réel développement, on se doute que la série ne pourra pas révolutionner le monde télévisuel mais cela ne veut pas dire que l’on doive tout accepter. Puzzle est effectivement plus que mauvaise et tout particulièrement pathétique. Tout y est creux et sonne faux. Les lycéens sont donc enfermés dans leur établissement et des grands méchants les menacent s’ils ne cherchent pas les pièces d’un puzzle. Au départ, les jeunes croient à une vaste blague mais réalisent qu’en fait non, ce n’en est pas une. Changent-ils de comportement ? Pas vraiment car ils donnent l’impression d’en avoir rien à faire malgré ce qu’ils disent. Sont-ils des complices jouant mal leur double rôle ? Après tout hein… Essayent-ils de faire croire qu’ils ne sont pas stressés alors qu’ils sont paniqués ? Non, non. Les acteurs sont juste mauvais au possible et ne font absolument aucun effort pour s’investir dans leur rôle. Le résultat est ahurissant et pour être honnête, on en vient à se demander si on a déjà vu une interprétation aussi désastreuse pour la totalité de la distribution. Il faut le faire quand même. Ce n’est pas moyen, c’est plat et totalement à côté de la plaque. Le supposé personnage principal, Yuasa Shigeo, joué par Yanagi Kôtaro, parle comme s’il était sous l’emprise de stupéfiants, d’un ton monocorde. Apprendre par la suite que l’interprète a eu de graves ennuis de santé ayant laissé des séquelles n’excuse rien. Si on voulait vraiment cet acteur, il fallait soit adapter le rôle, soit lui donner un autre moins conséquent. Cela dit, il est loin d’être le seul aussi insupportable. Certes Mori Ren (H2) est dans le haut du panier mais Nakamura Yûichi (Kamen Rider Den-Ô), Yamamoto Yûsuke (Tumbling, Atashinchi no Danshi, Hanazakari no Kimitachi e) et ceux incarnant les autres lycéens sont ridicules. Il faut aussi avouer que leurs personnages n’ont rien de correct tant ils sont écrits à la truelle et grotesques. Oui parce que figurez-vous qu’à l’origine tout ce petit monde était ami. Mais en intégrant le lycée, un cruel professeur leur a mis une pression d’enfer et ils ont tous fini par travailler seul, dans leur coin, en oubliant tous les autres. Certains ont craqué et ont été plus ou moins obligés de changer d’école car ils étaient trop mauvais parmi ces petits génies. La fin se révèle quant à elle tout particulièrement niaise. Fondamentalement, il y a de l’idée comme une certaine critique du système éducatif japonais mais la mise en scène et l’écriture sont tellement caricaturales que rien n’est pris au sérieux. L’histoire est en plus si prévisible que l’on finit par avoir envie de s’endormir. Ajoutons-y des filtres jaunes et verts immondes et on décroche le pompon. Il aurait été bien plus judicieux de diminuer le nombre d’interrogatoires car ici, ils coupent totalement l’action et le suspense que les scénaristes essayent de mettre vainement en place. La caméra passe effectivement plus de temps dans la petit pièce où les élèves sont interrogés les uns à la suite des autres plutôt que du côté de la recherche des pièces.

 

En d’autres termes, malgré un intéressant concept, ce Puzzle est affligeant car extrêmement mal joué, prévisible à souhait, ennuyant, sans aucune identité et sans aucune tension ce qui est un comble pour un thriller. Au final, on n’a même pas envie de l’infliger à son pire ennemi.