Regatta | レガッタ

Toujours dans l’optique de visionner une grande partie des j-dramas dans lesquels mon chouchou, Matsuda Shôta, a joué, j’ai regardé dernièrement Regatta. Comme son nom ne l’indique pas, cette série met en avant les avirons et non pas les régates. Eh oui, encore une fiction sportive, preuve que les Japonais adorent ce genre fédérateur. Diffusée entre juillet et septembre 2006 sur TV Asahi, elle est composée de neuf épisodes. À l’exception du premier durant une heure, les autres disposent des quarante-cinq minutes habituelles. Comme souvent, il s’agit d’une adaptation du seinen manga de Hidenori Hara ; les six tomes le constituant publiés entre 2002 et 2004 au Japon sont disponibles en France chez KurokawaAucun spoiler.

Ôsawa Makoto et Kurata Kenji étaient autrefois deux rameurs de la même équipe d’aviron. Malheureusement, lorsque Kenji fut victime d’un tragique accident lui coûtant la vie, Makoto décida de tout arrêter tant il se sentait coupable. Un an plus tard, poussé par les encouragements d’Odagiri Misao et de plusieurs de ses anciens camarades, il décide de retourner à sa passion et de poursuivre le rêve qu’il avait avec Kenji : celui d’aller aux Jeux olympiques. Pour cela, il va devoir alors faire la paix avec lui-même et réussir à mettre de l’ordre dans sa vie.

   

N’ayant pas lu le manga, je serai incapable de comparer quoi que ce soit. Comme écrit dans le premier paragraphe, j’ai voulu essayer cette série en raison de la présence de Matsuda Shôta. Cela dit, le fait que le héros, Ôsawa Makoto, soit incarné par Hayami Mokomichi ne me laissait pas non plus réellement indifférente. En d’autres termes, avant de me lancer, j’étais dans de bonnes dispositions car j’ai un grand capital sympathie pour ces deux acteurs ainsi que pour d’autres apparaissant dans ces neuf épisodes. Tristement, mon enthousiasme est très rapidement retombé et pas une seule fois, le renzoku n’a réussi à être vibrant et intense comme peuvent parfois l’être les j-dramas sportifs. En réalité, Regatta est tout ce qu’il y a de plus banal. Les courses d’aviron ne sont qu’un prétexte afin de mettre en avant des romances attendues et sans émotions. Mélanger les deux genres pourrait se révéler agréable, Pride l’a déjà prouvé par exemple, mais ici, ce n’est pas du tout le cas. À la rigueur, les premiers épisodes sont globalement corrects si ce n’est que plus la série avance, plus elle tombe dans tous les pièges et la prévisibilité. Du point de vue des relations sentimentales des personnages, c’est tout simplement le néant. Entre les réactions et rebondissements dignes d’un parfait soap opera et le cruel manque d’originalité, l’alchimie n’a aucunement sa place et on ne ressent strictement rien pour les atermoiements de ces sportifs. Pourtant, ils ne sont pas foncièrement désagréables en tant que tels mais peinent à convaincre et à faire adhérer à cette histoire à l’eau de rose sous fond d’aviron. Il en va de même concernant la compétition qui tourne à la répétition et ne sort pas du schéma habituel où il faut s’extasier sur le dépassement de soi, le travail en équipe, la compétition entre deux sportifs finissant par devenir de grands amis pour la vie et, dans ce cas précis, l’absolue nécessité de se rendre aux Jeux olympiques. L’ensemble se révèle tristement plat et sans aucune saveur avec ces difficultés comme des blessures, des rivalités, des personnes mettant des bâtons dans les roues, etc. En bref, il y a des bons sentiments à perte de vue, des lapalissades et aucune surprise. Comble de l’horreur, outre une réalisation classique, la chanson du générique de fin est l’abominable Bad Day de Daniel Powter. La musique composée par Oshima Michiru (Gokusen, Byakkotai) compense quelque peu ce mauvais choix car elle n’est pas du tout désagréable.

Lorsque la série démarre, il s’est déroulé un an depuis la mort de Kenji (Kubozuka Shunsuke, le petit frère de Yôsuke), le meilleur ami et équipier de Makoto. La cause de son décès ne sera connue que plus tard et on comprend quelque peu pour quelle raison Makoto se rend responsable de cet accident. Ne supportant plus de ramer, il fait par conséquent une petite pause dans sa carrière sportive en ascension. Il faudra attendre que Misao lui redonne envie d’essayer sa passion. Misao, jouée par la jolie Aibu Saki, est la jeune femme typique de ce genre d’histoires. Connaissant Kenji et Makoto depuis toujours, elle est proche d’eux d’autant plus qu’elle s’occupe d’aviron en tant que manager et a été profondément marquée par la mort du premier. Le scénario est quelque peu tragique car les trois s’étaient alors promis de se rendre aux Jeux olympiques mais ont été freinés dans leur élan. Il est donc supposé en ressort des moments touchants mais ce n’est pas réellement le cas car l’écriture est bien trop superficielle et convenue pour impliquer émotionnellement. Makoto et Misao se tournent autour depuis des années mais aucun n’a jamais osé faire le premier pas et naturellement, le téléspectateur sait ce qu’il va finir par se passer. Avant, il sera nécessaire de subir un double triangle amoureux. Pour cela, la petite-amie de Makoto, Tajima Chikako (Wakatsuki Chinatsu), et le rameur Yagi Seiya (Matsuda Shôta) sont de bons éléments. Heureusement pour eux, leur personnalité est globalement agréable surtout que Chikako apporte un minimum d’humour et Yagi le mangeur de bananes permet de remettre parfois à sa place Makoto qui fait souvent preuve d’égoïsme. Restent sinon d’autres figures parfois truculentes telles que le frère de Chikako (Azuma Mikihisa – Gokusen, Tôkyô DOGS) ou des visages connus comme la journaliste (Itô Yûko – Keitai Sôsakan 7).

Au final, Regatta n’est qu’une énième série associant la romance au monde sportif sans réussir à tirer parti de l’un ou de l’autre. Il est possible que si l’on est attiré par l’aviron, le j-drama se montre pertinent et intéressant d’autant plus que l’on y voit beaucoup de courses, mais il faut tout de même préciser que la tension et le côté trépidant du sport sont absents. Fondamentalement, le renzoku n’est pas mauvais étant donné que certains de ses personnages sont attachants ; il est juste prévisible, répétitif, très conventionnel voire convenu et se permet en plus d’accumuler tous les poncifs du genre sportif et sentimental sans y insuffler de l’émotion et du suspense. Bref, il y a de la matière pour captiver si ce n’est que la série ne réussit pas à l’exploiter. En revanche, Pride