RH Plus | RHプラス

Des fois, on se doute que l’on va finir par s’en mordre les doigts mais rien à faire, on décide de tester une série qui n’a pas l’air extraordinaire. Ceci étant évidemment un euphémisme. Les raisons de ce craquage peuvent être variées et dans ce cas précis, c’est l’appel du vampire qui fut le plus fort. On ne peut pas dire qu’au Japon les créatures aux dents pointues foisonnent dans le paysage télévisuel (et même cinématographique) mais il existe quelques séries les mettant à l’honneur. RH Plus est l’une d’entre elles. Son titre n’est normalement pas à expliciter car tout le monde sait à quoi fait référence le groupe rhésus. Derrière cette appellation se cache encore une fois à l’origine un manga. Constitué de quatre tomes et écrit par Suwa Ayako, il fut publié au Japon entre 2006 et 2009. Il est entièrement disponible en France chez Soleil Manga. La série comporte quant à elle treize épisodes de 25 minutes et fut diffusée sur Tôkyô MX entre janvier et mars 2008. Aucun spoiler.

Nogami Makoto et Seto Ageha sont en apparence deux lycéens ordinaires. La seule différence est qu’en réalité, ils sont des vampires. Ils habitent avec deux autres de leurs congénères dans le manoir de la Lune Éternelle, une vieille bâtisse de type occidental. Kiyoi, le plus âgé d’entre eux, prend soin de ce petit monde et tente de construire une famille digne de ce nom. Les quatre créatures de la nuit vivent ainsi comme des êtres normaux si ce n’est qu’ils prêtent mains fortes à la police en s’occupant de cas difficiles voire surnaturels.

Non mais vraiment… Nakayomi nous avait tous prévenus en 2008 mais il a fallu que je regarde de moi-même. Une fois le premier épisode terminé, j’ai failli m’arrêter là et ne pas tenter d’aller jusqu’au bout. Pour que ça m’arrive, qui plus est avec une série courte, c’est qu’il y a un gros souci. En effet, c’est peu de le dire.
À l’origine, RH Plus est un shônen-ai, enfin nous dirons plutôt maintenant un boy’s love. Pour autant, cela ne se ressent pas du tout dans la série. Les relations entre les personnages sont loin d’être ambiguës et il n’y aucune tension sexuelle dans l’air. Si l’on n’avait pas eu vente de la classification du manga, on pourrait passer totalement à côté. Il est donc évident que si ce sont des relations tendancieuses entre hommes que l’on souhaite voir, ce n’est pas avec cette série que l’on sera satisfait. Son principal problème est justement de rester en surface et de ne jamais tirer parti du potentiel probable de la version papier.

Makoto, Ageha, Kiyoi et Masakazu sont quatre vampires vivant ensemble. Du fait de leur condition, ils sont tous plus ou moins mis à l’écart de la société et ont un bagage assez important à traîner. Ils aiment boire du jus de tomate à leur petit-déjeuner en s’exclament d’un bloody, ils n’ont pas peur du soleil, dorment dans des cercueils et doivent se taper dessus s’ils ne sont pas suffisamment attentifs afin que leur reflet apparaisse dans un miroir. Ce sont des créatures aux dents pointues mais encore une fois, RH Plus n’essaye pas du tout d’approfondir leur condition ou leurs pouvoirs. Un autre vampire, Konoe Haruka joué par Fujita Ray (GARO) vient également de temps en temps leur rendre visite et est surtout connu pour être le roi du gôkon (les rendez-vous en groupe plus ou moins en aveugle). On y entend d’ailleurs l’acteur parler notre langue à merveille, chose normale puisqu’il est franco-japonais. Autrement, le quatuor est supposé s’occuper d’enquêtes particulières si ce n’est qu’on les voit rarement en mission ou alors, ces investigations ne riment presque à rien. On a surtout l’impression que la série noie le poisson et ne raconte que de du vide. Ses personnages principaux ne sont en plus pas réellement développés. Il est vrai que le format est court et ne se prête guère à une caractérisation poussée mais un minimum ne tue pas.

Makoto (Miura Yû) est un jeune homme troublé par son passé. Il nous est pourtant montré de manière tellement détachée et rapide que l’on se fiche royalement de lui. Ageha (Tochihara Rakuto), son probable meilleur ami, n’est pas creusé une seule seconde et il est difficile de lui ajouter ne serait-ce qu’un épithète pour le qualifier. Masakazu (Ojima Naoya) est quant à lui assimilable au vampire rigolo ne vivant que pour les rendez-vous amoureux alors qu’au final, il est plus lourd qu’autre chose. Et enfin, Kiyoi, incarné par Takano Hassei (Keitai Sôsakan 7) est le papa poule, celui qui veille sur ses protégés et tente de leur construire une vraie maison et leur offrir un sentiment de sécurité. Ces quatre personnages sont d’une transparence et d’une platitude assez incroyables. D’autres plus tertiaires gravitent autour d’eux et subissent le même traitement. On pourrait ainsi citer l’informateur qui retourne son manteau dans chaque épisode, le fameux Mister aussi intrigant qu’une huître ou la fille semblable à une tête de linotte.

Histoire d’être simple et logique, la totalité de la distribution joue mal. Cependant, ce n’est pas forcément ce point qui est le plus désagréable. Le souci vient très certainement du montage, de la direction des acteurs ou encore de la mise en scène. En débutant la série, on a du mal à croire qu’elle date de 2008 tant elle fait vieille. Ce n’est pas réellement l’aspect kitsch qui soit à remettre en cause mais davantage la réalisation et la qualité de l’image. Sinon, la musique n’est pas foncièrement désagréable si ce n’est qu’elle ne correspond pas toujours à l’atmosphère voulue. Ne parlons pas non plus de l’écriture pénible et presque douloureuse. Il arrive un miracle relatif puisque les épisodes 10 et 11 ne sont pas aussi abominables que les autres.

Sans conteste, RH Plus est par conséquent une série insipide au scénario languissant, à l’interprétation désastreuse et ne tirant pas une seule seconde parti de son potentiel vampiresque. Les épisodes se suivent, sont aussi kitsch les uns que les autres, n’évoluent pas d’un iota et reposent à chaque fois sur un élément idiot et ennuyant au possible. Elle est donc à oublier très vite et à éviter comme la peste. Et cela, que l’on soit amateur de canines acérées ou non.