Hex | Hex, la Malédiction (série complète)

Normalement, aujourd’hui aurait dû être le dernier jour de la semaine spéciale Noël mais finalement la semaine est vraiment spéciale car elle contient neuf jours. Bref, suite à la demande de Gaëlle, ce sera de Hex dont il sera question en ce dimanche.

Contrairement à la plupart des demandes pour cette semaine spéciale, je n’ai pas eu besoin de regarder quoique ce soit pour aujourd’hui. Eh oui, Hex, je connais. J’ai vu la saison une deux fois et la saison deux, une unique fois. J’avoue que ce n’est pas forcément ultra frais dans ma mémoire mais je me rappelle tout de même de ce qu’il faut retenir à son propos.
Derrière ce titre, Hex, se cache une série anglaise de deux saisons, diffusée sur Sky One entre 2004 et 2005. La première saison contient six épisodes et la seconde treize. Elle a été annulée pour faute d’audience, alors que les critiques étaient meilleures lors de la deuxième année. En France, elle est passée sur M6, puis W9 et de retour M6. Aucun spoiler.

Dans une superbe école privée anglaise, les enfants de parents riches suivent les cours offerts par les meilleurs professeurs. Mais ce n’est pas parce qu’on est « riche » qu’on est logé à la même enseigne. Comme dans tout microcosme, les groupes se font des lycéens populaires aux parias. Cassie n’est ni populaire ni paria mais elle détonne par son non conformisme. Alors qu’elle s’est réfugiée dans une étable abandonnée, elle découvre une amphore, elle se blesse au passage et des gouttes de sang tombe dedans. Cassie commence à ressentir et faire des choses qu’elle aurait bien été incapable d’accomplir juste une semaine avant. La vie de Cassie va devenir très très intéressante.
Source : AnnuSéries

Bien qu’il existe une certaine continuité entre les deux saisons qui composent la série, elles ne se ressemblent pas vraiment. L’ambiance est certes la même, à savoir ésotérique, mystérieuse et plutôt gothique, mais le résultat est assez différent. Cela s’explique en partie par les personnages. Sans spoiler, il est assez difficile de dire ce qu’il en est vraiment mais il faut savoir qu’un membre très important de la distribution de la saison une disparaît dans la seconde. De même, un autre protagoniste, toujours aussi important, se fait de plus en plus rare dans cette seconde saison. Cela fait un peu bizarre dans le sens où Hex reposait à presque 100% sur eux mais finalement, la sauce prend mieux dans les dix derniers épisodes. La première saison traite justement de la relation entre Cassie et Rachel McBain, une femme morte depuis des siècles et qui serait en lien avec les nouveaux pouvoirs de la jeune fille. Toute cette « mythologie » est laissée de côté par la suite. Du coup, on ne peut pas dire qu’Hex soit toujours championne dans la continuité ou dans la cohérence. Néanmoins, la série met en avant les Anges, les Néphélims et les Démons tout au long des épisodes. Étant personnellement très friande de ce genre d’histoire, je n’ai pas trop eu à me forcer lors de mon visionnage. D’autant plus que les anges déchus sont souvent très agréables à regarder. Non non, je ne pense pas du tout à Azazeal (Michael Fassbender) ou encore Malachi (Joseph Beattie).
Qui dit êtres angéliques ou démoniaques, dit forcément utilisation d’effet spéciaux ou maquillage en tous genres. Bon, il ne faut pas se leurrer, de ce côté-là, c’est très mauvais. Lorsque j’ai regardé le pilote, je n’ai pas pu m’empêcher d’éclater de rire en voyant la transformation d’Azazeal. En un mot je dirai que c’est immonde. Fort heureusement pour nous, il n’y en a pas tant que ça. La seule autre chose choquante qui me vient en tête c’est dans la saison deux, lorsqu’une fille se fait renverser par une voiture. Du point de vue de la réalisation c’était mauvais. Il y a pire certes mais il y a largement mieux. Le résultat est qu’au bout du compte, on n’est pas si dérangé que ça, on finit vite par s’y habituer.

Hex repose beaucoup sur son ambiance. Comme dit plus haut, elle est teintée d’ésotérisme donc pour peu que l’on apprécie le genre, on part forcément sur de bonnes bases. La série ne déçoit pas là-dessus. Les décors aident beaucoup car le lycée se trouve dans un château. Il y a tout ce qu’il faut car en plus des anges et démons on retrouve aussi les sorcières, la magie… Vu sa nationalité, il est clair que l’on est loin de la pudeur américaine qui a tendance à mettre des barrières un peu partout. C’est très sensuel, ça parle beaucoup de sexe, sans tomber dans du vulgaire. C’est limite bouillant en fait. De plus, les relations hétérosexuelles sont loin d’être prédominantes puisqu’elles se partagent équitablement l’affiche avec les homosexuelles. Le traitement offert à la sexualité est plutôt réaliste d’ailleurs.

La série a souvent été comparée par la presse à une mouture anglaise de Buffy the Vampire Slayer. C’est totalement faux. Oui l’héroïne est blonde mais à part cela il n’y a pas grand-chose de commun. Cassie se retrouve affublée de pouvoirs qu’elle ne désire et ne contrôle pas et en plus un être bizarre lui tourne autour et tue un peu trop vite. Au niveau des personnages, la galerie proposée est intéressante et pas trop clichée. En plus de Cassie, on retrouve ainsi sa meilleure amie, Thelma. Passant son temps à manger ou à rêver d’une scène au lit avec son amie, elle est certainement la plus adorable de la série. Et probablement la plus emblématique. Ella, que l’on voit dans la saison deux dégage énormément de charisme, en plus d’être ultra classe. Son statut est particulier car elle est bien plus âgée que ce que l’on pourrait croire et a un lien particulier avec Azazeal. Froide aux premiers abords, sa coquille se casse peu à peu grâce à Leon. Ce dernier n’est pas si important que ça dans la première saison mais prend tout son envol dans la deuxième. Il est l’adolescent type, n’évite pas les bourdes, est complètement maladroit mais il n’en demeure justement que plus humain. A vrai dire, les filles sont prépondérantes dans la série. Le girl power est quand même présent à assez forte échelle. Effectivement, ce sont toujours les femmes qui font bouger les choses. Pas toujours positivement mais globalement ce sont-elles qui ont le pouvoir. Il reste tout de même le mystérieux Azazeal qui, s’il est montré comme étant méchant au départ, devient bien plus complexe que ce à quoi on aurait pu s’attendre.

Hex a assez mauvaise réputation, beaucoup la jugent mauvaise. Il est clair qu’elle a des défauts comme un manque de cohérence, des situations parfois un peu parachutées et confuses ou une certaine facilité scénaristique mais elle n’en demeure pas moins extrêmement sympathique. Il n’est pas toujours obligé d’être en face d’une série parfaite ou s’en approchant pour passer du bon temps. L’ambiance, le générique, les musiques, les personnages plutôt ciselés, des dialogues souvent enlevés, l’humour omniprésent grâce à Thelma, le charme émanant de certains personnages et le côté sensuel font que j’ai succombé à la malédiction. La seconde saison est meilleure que la précédente et met en place le combat du bien contre le mal. Bien qu’elle n’ait pas de fin à proprement parler, le series finale passe plutôt bien et ne laisse pas trop frustré. Quoique si, un peu, parce que cela aurait été tellement sympa qu’il y ait une saison trois…

Par |2018-07-06T17:57:09+02:00décembre 28th, 2008|Hex, Semaine spéciale Noël, Séries britanniques|5 Commentaires

Dinotopia (mini-série)

Bien que Noël soit passé, on continue quand même la semaine lui étant dédiée quelques jours. Sweetpasta le voulait, Sweetpasta l’a donc, son article sur Dinotopia.

Retour sur une mini-série que je suivais avant de me considérer comme sériephile. Cette époque remonte à un petit moment, mais finalement, pas tant que ça. Dinotopia est comme vous l’avez deviné une mini-série. Néanmoins, fort du succès de celle-ci, une série hebdomadaire rapidement annulée a aussi vu le jour. L’ayant dans mes cartons, elle sera certainement traitée en 2009 puisque je me suis replongée dans l’univers pour ce billet. Plusieurs autres adaptations sous divers formats ont également été réalisées. Aujourd’hui, il ne sera question que de la courte production télévisée. À l’origine figurent les livres d’illustrations de James Gurney, les romans pour enfants étant apparus plus tard. Vous pouvez admirer sur le site de l’auteur de nombreuses images très réussies concernant Dinotopia. La mini-série, reprenant le microcosme dépeint par l’artiste, fut diffusée aux États-Unis en mai 2002 sur ABC et a reçu un Emmy Award pour les effets spéciaux. Elle comporte trois épisodes d’une heure et demie chacun. En France, elle est arrivée pour la première fois sur M6 fin décembre 2002 et la chaîne la repasse justement demain, dimanche 28 décembre 2008, dès 15 heures : cet article tombe à pic ! Aucun spoiler.

Karl et David Scott accompagnent leur père au cours d’un voyage en avion. Pendant qu’ils survolent l’océan, une étrange tempête s’abat sur eux et ils s’écrasent en pleine mer. Tandis que l’épave de leur engin coule, les deux frères réussissent à en sortir, mais leur père y demeure prisonnier. Une fois remontés à la surface, le temps s’est calmé. Épuisés et désespérés, ils aperçoivent des côtes au loin et parviennent à les rejoindre. Perdus au milieu de nulle part, ils vont alors de surprise en surprise, car ils découvrent qu’ils viennent de mettre les pieds sur une terre inconnue où les dinosaures vivent encore, peuvent parler et cohabitent pour certains avec la population locale. Les voilà arrivés à Dinotopia.

Lorsque Dinotopia démarre, le soin apporté aux effets spéciaux saute aux yeux. Il y en a beaucoup puisque 75 % de la production en comporterait, et ils sont parfaitement intégrés. Pourtant, il ne s’agit ici que d’une mini-série, pas d’un film à budget illimité. Quand bien même les années ont passé depuis et malgré les contraintes du format, ils demeurent d’une qualité plus que supérieure pour de la télévision. Le nombre de ces mythiques animaux aperçus tout au long de ces quatre heures s’avère également assez incroyable. Rares sont les scènes à ne pas en posséder et ils semblent vraiment réels. Impossible de ne pas évoquer l’un de ces héros, l’adorable Zippo, qui ressemble à une attachante créature plus vraie que nature. Ce dernier parle l’anglais et le français. Tout ce qui est robotisé est géré par The Jim Henson’s Creature Shop, une compagnie que les amateurs de Farscape connaissent forcément. Ainsi, 26, le petit dinosaure extrêmement mignon, est entièrement en animatronique. En résumé, d’un côté purement technique, la mini-série n’a pas lésiné sur les moyens et le résultat s’apparente sans aucun doute à une franche réussite. Si les animaux désormais disparus paraissent crédibles, les décors et maints paysages ne sont pas non plus oubliés. Par exemple, la capitale de Dinotopia, Waterfall City, est à couper le souffle avec ses cascades dévalant les différents monuments tous plus beaux les uns que les autres surtout que s’y ajoute une photographie légèrement fantasmagorique grâce à une image comme floutée. Outre une esthétique potentiellement artificielle, l’utilisation de maints effets spéciaux impose un sérieux handicap aux acteurs. Effectivement, parler à un reptile qui se borne en réalité à un écran vert ne doit pas être évident, mais dans l’ensemble, l’interprétation reste satisfaisante. Énième preuve que Dinotopia a décidément mis les petits plats dans les grands, elle s’offre le compositeur de musique Trevor Jones (Merlin) qui propose en l’occurrence une bande originale exaltante, presque épique, et délivrant un souffle aventureux plus qu’agréable.

Le visuel ne fait pas tout comme nous le savons que trop bien, le scénario a toujours son importance. Dans la mini-série, les deux se complètent à merveille. L’histoire de James Gurney est passionnante et l’adaptation, si elle a apparemment pris des libertés, est cohérente et vivifiante. Créer un monde où les dinosaures et les humains cohabitent est une idée intéressante. Dinotopia est en réalité une utopie comme son appellation l’indique clairement. Là-bas, la vie suit tranquillement son cours, il n’y a pas de guerre, le partage existe, une vraie harmonie est en place. Si, certes, les bons sentiments de la fiction sont inévitables, ils demeurent assez discrets et tolérables. De même, bien que les lois régissant la cité paraissent parfois naïves pour les êtres cyniques que nous sommes, on se plaît à penser que si elles étaient en application chez nous, une telle harmonie serait relaxante. En outre, le fait que les animaux soient intelligents et puissent parler est novateur et très sympathique. L’explication de leur présence à Dinotopia est tout à fait pertinente et l’on se met à rêver que quelque chose du même acabit se soit déroulé dans la réalité. On imagine alors ce que serait le monde si les dinosaures vivaient parmi nous. Enfin, pour ma part je n’ai pas attendu Dinotopia pour le faire ! La mini-série offre une vision optimiste et plutôt crédible. Puisque les humains ont évolué au fil des siècles, ces fascinantes créatures auraient aussi suivi leur propre cheminement.

Au début, Karl et David veulent repartir à tout prix chez eux. Encore marqués par la perte de leur père et n’ayant aucunement fait le deuil de leur vie d’avant, ils sont à fleur de peau et ne désirent pas s’immerger dans cette civilisation étrangère. Néanmoins, au fil du temps, leur point de vue change. Les deux frères ne réagissent toutefois pas de la même manière et leurs divergences s’accentuent considérablement tant ils se retrouvent déboussolés. L’un d’eux a beaucoup de mal à trouver de l’intérêt à ce monde peu moderne malgré l’attirance qu’il éprouve pour Marion, la fille du maire, tandis que l’autre finit par se découvrir et se laisser pousser des ailes. Loin de pouvoir se reposer sur leurs lauriers, ils doivent de toute manière aider la population menacée par quelques êtres sournois. Dans le rôle de David, Wentworth Miller (Prison Break) est certainement l’acteur s’en tirant le moins bien et il prouve qu’il s’est nettement amélioré depuis. Tyron Leitso (Being Erica) porte les traits de son frère Karl et Katie Carr (Heroes) celui de la douce et dynamique Marion. David Thewlis, quant à lui, incarne un homme nageant en eaux troubles et est, comme souvent, excellent. À mon grand étonnement, car je ne m’en souvenais pas du tout, on retrouve également Colin Salmon (Hex) en tant que chef de patrouille aérien. Eh oui, il y a aussi des dinosaures volants dans Dinotopia !

Pour conclure, la mini-série Dinotopia sonne presque comme magique aux yeux et aux oreilles. Le téléspectateur se laisse subjuguer par ce système utopique et il devient légitime de rêver s’y plonger un jour. Ne le nions pas, les mondes imaginaires et idéaux sont utilisés dans des livres ou dans d’autres supports depuis la nuit des temps, mais y inclure les dinosaures offre un certain renouveau agréable. Par conséquent, les trois épisodes se détachent de la masse alimentant la télévision. S’il est vrai que cette production ne se montre en rien parfaite, les quelques défauts tels qu’une morale bienveillante se tolèrent aisément au regard de l’aventure et du délice exotique qu’elle procure. Grâce à son rythme assez enlevé, son esthétique extrêmement soignée, son humour et les jolis sentiments qu’elle inspire, la mini-série est un excellent moyen de s’évader et de s’envoler dans un univers au final pas si étranger que le nôtre, et susceptible de parler aux enfants comme aux plus grands.

Par |2017-05-01T14:02:42+02:00décembre 27th, 2008|Dinotopia, Mini-séries, Semaine spéciale Noël, Séries étasuniennes|2 Commentaires