Borgia (saison 1)

Simple coïncidence ou non, les Borgia ont récemment bénéficié d’un traitement plus que privilégié au sein du petit écran. Effectivement, outre The Borgias dont nous avons déjà discuté par ici, une seconde série a tenté d’illustrer le destin de cette famille continuant de fasciner les foules : Borgia. Cette fois, il s’agit d’une production franco-allemande créée par Tom Fontana à qui l’on doit Oz. Bien qu’elle soit terminée et constituée de trois saisons, c’est la première qui nous intéresse aujourd’hui. Ses douze épisodes de cinquante-deux minutes furent diffusés sur Canal+ en octobre et novembre 2011 ; à noter que le dernier dispose d’un quart d’heure additionnel. Aucun spoiler.

Italie, années 1490. Au Vatican, le pape Innocent III est assez âgé et montre des signes de faiblesse. Les cardinaux savent que son heure est proche et plusieurs s’affairent dans l’idée d’obtenir la tiare pontificale. L’un d’entre eux, l’Espagnol Rodrigo Borgia, ne recule devant rien pour arriver à ses fins, déjoue des complots, en manigance d’autres et, progressivement, gagne en pouvoir. Même s’il se dit homme de foi, il ne parvient jamais à taire son goût immodéré pour les plaisirs charnels et est déjà père de plusieurs enfants. Il veille d’ailleurs à ce que chacun d’entre eux continue d’asseoir la réputation et la toute-puissance de sa famille.

Ce serait mensonger que d’affirmer que la comparaison entre les deux fictions télévisées est aisément évitable. Il paraît en effet très compliqué de ne pas s’attarder sur leurs différences et d’avoir, de la sorte, une préférence pour l’une ou pour l’autre. Toutefois, en dehors d’un sujet strictement identique, elles choisissent un angle d’approche opposé. The Borgias offre une vision presque fantasmée de son héroïne, une esthétique lumineuse, voire clinquante, et n’hésite pas à romancer pour mieux appuyer sa tension dramatique ; tandis que Borgia, elle, opte pour un registre plus descriptif et authentique, sans forcément s’avérer historiquement plus fiable. À condition d’apprécier le genre, chacun peut alors trouver chaussure à son pied. Je ne m’appesantirai pas davantage à ce sujet, car l’idée de ce billet n’est pas de mettre ces deux œuvres en parallèle, bien que cet exercice se révèle instructif. Dans ce cas présent, les stupéfiants décors et costumes sont soignés, ce qui, compte tenu du contexte, donne immédiatement le sentiment de se trouver dans cette péninsule italienne habitée par la foi, les luttes intestines et secrets d’alcôves. En dehors de magnifiques plans en plongée de la ville de Rome, les épisodes se dotent d’un cadre souvent fermé, au sein d’édifices religieux, là où la musique se veut moyennement remarquée, mais où la photographie reste sombre, presque lugubre. Ce visuel finalement assez dépouillé d’artifices symbolise à juste titre l’ambiance délétère et pessimiste où le sang coule à flots. En revanche, cette surenchère de sexe et de violence psychologique comme physique n’est clairement pas indispensable, et paraît parfois susceptible de nuire à la qualité de la série. Que l’époque soit décadente et brutale certes, mais il n’est pas essentiel de mettre en scène des moments aussi crus et racoleurs pour le refléter ; la suggestion est d’ailleurs généralement plus efficace. Cela étant, avouons que cette présentation excessive traduit à merveille les péchés habitant plus que de raison les protagonistes.

À la fin du XIVè siècle, l’Italie n’existe pas à proprement parler et est morcelée en plusieurs états, chacun étant gouverné par des ambitieux aux dents souvent très longues. Les guerres sont fréquentes et elles sont d’autant plus complexes que les alliances sont éphémères et que les pays voisins comme la France ou l’Espagne veulent, bien sûr, se développer envers et contre tout. Au centre se trouve le Saint-Siège qui, logiquement, devrait tempérer les ardeurs des uns et des autres. Or, là aussi, les luttes ne sont que plus vivaces. Les grandes familles romaines tentent de conserver la mainmise sur ce qu’elles estiment être leur dû et n’hésitent jamais à manœuvrer et à assassiner. Le cardinal Borgia dont les origines sont espagnoles navigue dans ce climat létal et, en fin stratège qu’il est, dissémine ses pions pour conforter sa place, puis gravir les échelons un à un. Devenir pape est son souhait le plus cher, mais il désire également que le nom des Borgia perdure et pour cela, il instrumentalise sans état d’âme ses enfants. C’est dans cette conjoncture que démarre la série, alors que Rodrigo s’apprête à obtenir ce qui l’anime depuis des décennies. Il dirige l’un de ses aînés, Juan, vers une carrière militaire ; Cesare est forcé d’entrer dans les ordres et d’emprunter le chemin de son père ; quant à son unique fille, Lucrezia, il espère la marier au parti à même de servir au mieux ses intérêts. Malgré un contexte religieux évident, Borgia s’en détache de manière assez notable et délivre plutôt une vision corrompue où chacun ne retient du supposé Dieu que ce qui l’arrange. Les épisodes s’attachent surtout à reconstituer les problématiques géopolitiques de l’époque, au risque d’oublier une dimension humaine.

Les jeux de pouvoir figurent au programme de cette saison et dressent un portrait peu reluisant de cette Renaissance comportant de nombreux points communs avec la société actuelle. La narration demeure relativement fluide et assez aisée à suivre malgré une impressionnante liste de personnages secondaires et de noms pas toujours facile à mémoriser. Pour l’anecdote, notons la présence de John Bradley-West (Game of Thrones) et de Scott William Winters (Oz) en cardinaux. Connaître quelques clés de décryptage doit toutefois sûrement aider à la bonne compréhension des forces en place. Que ce soit au sein du clergé ou ailleurs, chacun cherche à se tailler la part du lion pour diverses raisons, les péchés se révélant définitivement intemporels. La série illustre à merveille ces guerres d’ego surdimensionné. Jalousie, colère, rivalités et vengeances sont régulièrement au menu des réjouissances de cette époque assez fidèlement croquée. Pour autant, Borgia a la fâcheuse manie d’empiler les faits historiques, respectant très scolairement la chronologie et les dates, sans forcément honorer la réalité. Le rythme est parfois branlant, l’écriture se perd sensiblement dans des intrigues tellement étirées qu’elles endorment. Reprocher à une production de vouloir trop bien faire serait malvenu sauf qu’ici, elle oublie de lier les séquences entre elles, de prendre le temps d’installer ses arcs, d’offrir un vrai fil conducteur et de créer par la même occasion une trame scénaristique enthousiasmante à visionner. Les protagonistes se succèdent, se montrent constamment méprisables, sont assassinés ou écartés, et ainsi de suite. Que retenir de ces épisodes ? Qu’il se passe beaucoup d’évènements, c’est évident, mais, outre les scènes volontairement choquantes, peu demeurent réellement en mémoire surtout que les individus se résument souvent à des éléments narratifs et non pas à des personnes à part entière. Et, tristement, la tentative de Borgia de dépeindre la nature humaine à travers sa famille déliquescente ne contrebalance pas suffisamment cette approche mécanique.

L’orgueil et l’égoïsme sont certainement deux caractéristiques des Borgia dont Rodrigo (John Doman – Gotham) en est le patriarche. Cet homme calculateur et pétri d’ambitions qu’il ne cache pas est capable de patienter maintes années pour obtenir ce qu’il attend. Familier du népotisme, il sait également manipuler ses enfants, les mettre en compétition et se montre lui-même peu enclin aux remords. Bien que le personnage soit intéressant pour son ambivalence, il est compliqué de l’apprécier, notamment en raison d’un charisme insuffisant. Ce constat est d’ailleurs similaire pour la quasi-intégralité de la galerie des personnages en dépit d’une fin amorçant quelques changements. La progéniture du cardinal s’apprêtant à devenir pape est tout aussi peu attachante. Juan (Stanley Weber) n’est que bestialité, couardise et stupidité. Lucrezia est immature, capricieuse et la moue perpétuelle d’Isolda Dychauk, son interprète, n’aide pas ; pour sa défense, elle n’est qu’une adolescente et avec un peu de chance, sa caractérisation s’affinera en grandissant. Malgré son impulsivité et ses actes excessifs, le torturé Cesare s’en sort mieux que ses proches grâce à ses paradoxes, sa sauvagerie contrôlée et ses contradictions ; Mark Ryder lui offrant ses traits effectue un travail tout à fait honorable. La rivalité des frères Borgia est régulièrement au centre des propos tant ils se détestent, mais il manque encore une fois une vraie intensité pour marquer. Les interactions entre tous restent par ailleurs trop superficielles la majeure partie du temps et ne densifient pas suffisamment leurs relations. Au bout du compte, l’absence d’empathie ne permet pas de s’impliquer pour ces figures en proie à leurs propres démons toutes plus atroces les unes que les autres. Très peu sont ceux à se montrer sympathiques en dehors du grand ami de Cesare et frère de la perfide Giulia Farnese (Marta Gastini), la maîtresse de Rodrigo. À ce sujet, la dynamique solide et naturelle unissant ces deux camarades est l’un des atouts dominants de ces épisodes.

En définitive, cette première saison de Borgia a le mérite d’exposer avec minutie le contexte politico-historique de l’époque et, de la sorte, d’illustrer avec talent les motivations de ces individus paraissant tous plus retors et monstrueux. Malheureusement, relater des faits les uns à la suite des autres ne suffit pas à construire une série réellement divertissante, surtout quand le traitement se révèle aussi déséquilibré et peu fluide. Grâce à une ambiance lourde de sens, une esthétique dépouillée, des décors soignés et une interprétation globalement satisfaisante, cet académisme descriptif pourrait presque être tolérable, mais la complaisance de certains passages très glauques ainsi que l’absence d’émotions et d’humanité empêchent d’en ressortir proprement charmé. Pour l’instant, il manque du cœur à cette production au potentiel évident, même si la conclusion pousse à penser qu’elle semble se diriger vers un chemin moins désincarné.

Par |2017-05-01T13:58:19+02:00novembre 3rd, 2015|Borgia, Séries allemandes, Séries françaises|0 commentaire

Cleopatra | Cléopâtre (mini-série)

Après Le Destin de Rome et Empire, il est temps d’aller voir ce qui se déroulait en Égypte aux alentours de 44 av. J.-C. Pour cela, direction le règne de Cléopâtre VII avec Cleopatra, la mini-série germano-américaine. Composée de deux épisodes d’une heure et demie chacun, elle fut diffusée en mai 1999 aux États-Unis. En France, elle est passée le 28 décembre 1999, sur France 2 si mes souvenirs sont bons. À noter qu’il existe un DVD regroupant la totalité de cette production Hallmark Entertainment, devenue depuis Sonar Entertainment. Cette compagnie est aussi à l’origine d’autres mini-séries comme Dinotopia, The 10th Kingdom, Tin Man, Merlin, ou encore plus récemment, Neverland. Cleopatra est une adaptation assez libre du roman The Memoirs of Cleopatra (Les Mémoires de Cléopâtre) de Margaret George. Spoilers inévitables.

Cléopâtre VII, reine légitime d’Égypte, est en exil tandis que son frère Ptolémée XIV et sa sœur, Arsinoé IV, s’approprient le trône. Elle tente par conséquent le tout pour le tout en cherchant l’appui de Jules César présent à ce moment sur le continent africain. En s’alliant à Rome, elle dirige alors son propre pays et sa vie vers leur fin.

Comme j’ai déjà eu l’occasion de le répéter, je suis une grande passionnée d’Histoire depuis que je suis en âge de réfléchir, mais plus particulièrement d’Antiquité. L’Égypte fut très longtemps mon terrain de jeu privilégié, donc je peux dire que je m’y connais assez. Je ne porte pas un amour fou à la dynastie lagide toutefois ; je préfère très nettement le Nouvel Empire, par exemple. Néanmoins, la période trouble entre Rome et Cléopâtre VII a toujours eu mes faveurs, probablement parce je suis tout autant férue de la Rome antique. Ceci pour poser le contexte comme quoi je regarde forcément ce genre de productions d’un œil très critique, et que j’attends une véracité historique assez précise ou, dans le pire des cas, des libertés peu dérangeantes. J’avais déjà visionné Cleopatra au cours de sa diffusion en France. Je n’étais qu’une adolescente et je me souvenais avoir trouvé ça vraiment très agréable. Je souhaitais depuis quelques années la revoir et ce n’est que dernièrement que je m’y suis plongée, alors que je possède le DVD depuis 2005 ou 2006.

Ce qui marque en premier lieu dans Cleopatra, c’est sa réalisation. La mini-série fait preuve d’un véritable sens de la mise en scène avec une magnifique photographie, de superbes plans sur des endroits paradisiaques et des vêtements à couper le souffle. Les couleurs sont extrêmement chatoyantes et le cadre baigne souvent dans des levers et des couchers de soleil envoûtants. La grandeur de l’Égypte pharaonique et de Rome est parfaitement retranscrite à l’écran grâce à des décors, des bijoux, des parures et autres objets inspirant l’opulence. De ce côté-là, les épisodes démontrent un budget assez conséquent et très appréciable. En revanche, les effets spéciaux sont risibles au possible et tendent généralement à décrédibiliser ce que l’on y voit. Il est légitime que la série ait eu besoin d’y avoir recours, mais parfois, il vaut mieux ne rien montrer plutôt que de tenter quelque chose de bancal. La musique composée par Trevor Jones (Dinotopia, Merlin), bien qu’un tant soit peu imposante, participe à l’ambiance majestueuse et offre à la production une véritable identité. Du point de vue de la reconstitution de l’époque, les anachronismes sont présents et souvent inévitables. En définitive, la forme est dans l’ensemble relativement correcte malgré plusieurs maladresses.

Cleopatra commence par la rencontre entre Cléopâtre VII et Jules César en 48 av. J.-C. pour se terminer par le suicide de cette dernière, en 30 av. J.-C. Étant donné que la fiction n’est qu’une adaptation d’un roman, on peut craindre les erreurs factuelles. Malheureusement, cette frilosité se vérifie tout au long de ces épisodes. La mini-série réécrit effectivement l’Histoire à sa manière. À la rigueur, qu’elle ne détaille pas la généalogie égyptienne assez complexe ou qu’elle ne fasse pas référence au premier mari de Cléopâtre et frère, Ptolémée XIII, peut être plus ou moins tolérable. A contrario, transformer Cléopâtre en une capricieuse femme enfant ne possédant que son physique ne passe pas du tout. C’est bien simple, le portrait de cette fascinante reine n’a ici rien de fascinant. C’est même tout le contraire parce qu’elle se veut détestable. Il est vrai qu’il s’avère difficile de savoir quelle fut sa personnalité tant les écrits se contredisent et que, de toute manière, Auguste s’assura par la suite de propager sa bonne parole. Cependant, tout le monde s’accorde avec l’idée qu’elle était brillante, réfléchie, courageuse et éminemment puissante, à tel point qu’elle était crainte dans le bassin Méditerranéen. La mini-série ne s’embarrasse pas de nuances en mettant en avant une reine insatiable aveuglée par ses sentiments. Cléopâtre n’était pas forcément belle, mais elle séduisait par son charme, sa voix ensorcelante et son intelligence. Elle ne donne pas du tout ici cette impression, car elle est uniquement hystérique. Son interprète, Leonor Varela, est magnifique, mais extrêmement mauvaise. En fait, elle n’inspire rien si ce n’est de l’agacement face à un jeu aussi théâtral. Cleopatra n’est pas une série désirant éclairer sur la situation géopolitique de l’époque ou dépeindre une période historique au final assez connue. Non, son but est simple, c’est d’utiliser tous les codes du soap opera afin de raconter deux romances tragiques. En d’autres termes, la tension dramatique est plus que préfabriquée, les scènes de je t’aime, moi non plus se révèlent omniprésentes, les dialogues sont niais et creux, et l’alchimie absente. Compte tenu des multiples répétitions et du rythme parfois bien trop lent, la mini-série aurait facilement pu être raccourcie. Le résultat s’avère donc excessivement ridicule tant en plus tout y est très sérieux.

Le premier épisode est consacré à la rencontre entre Cléopâtre et César. Puis, il s’attarde sur leur idylle qui dure quelques années, sur la naissance de Césarion – leur supposé fils – et sur le voyage de la reine à Rome, pour se terminer sans surprise sur l’assassinat de César par les sénateurs, en 44 av. J.-C. Le dictateur est incarné par un Timothy Dalton (James Bond) plutôt convaincant et réussissant à insuffler de la prestance et une grande dignité à son personnage. Cet acte représente l’occasion d’expliquer grossièrement les instances romaines en place malgré de nombreux oublis et erreurs. Il y en a tellement qu’il serait fastidieux et inutile de les répertorier. Quoi qu’il en soit, puisque le thème de la mini-série est l’Égypte, la caméra reste la majeure partie du temps dans cette région et tend à dépeindre une Cléopâtre perdue lorsque son amant n’est pas présent et voulant à tout prix le retrouver, quitte à ruiner son pays. Encore une fois, la reine n’inspire que du mépris tant elle ne semble raisonner que comme une adolescente futile. Il n’empêche que cet épisode est probablement le plus plaisant des deux, car il réussit encore plus ou moins à demeurer crédible en raison de César et de son imposante personnalité.

Le second fait suite aux Ides de Mars avec l’installation des guerres civiles romaines. La bataille de Philippes est réduite à peau de chagrin et se montre tellement navrante et faussée que l’on se demande s’il s’agit bien de celle-là. Cléopâtre retourne rapidement en Égypte et cherche par conséquent un nouvel allié : Marc-Antoine. La recette est la même que lors des quatre-vingt-dix minutes précédentes. En résumé, pas une seule fois le scénario n’essaye d’expliquer l’importance pour Cléopâtre de soutenir son pays ou ne densifie son personnage afin de le rendre plus pondéré. C’est tout le contraire. De l’autre côté de la Méditerranée, c’est peut-être pire étant donné que la rivalité entre Marc-Antoine et Octavien ne rime strictement à rien. De toute manière, Octavien est assimilable à un affreux individu couard en quête d’on ne sait quoi et préférant critiquer à tour de bras au lieu d’aider ceux qu’il doit admirer et respecter. Sans faire référence aux erreurs factuelles, il aurait été judicieux de le faire jouer par un acteur bien plus jeune plutôt que par Rupert Graves (Sherlock) ou d’offrir au futur Auguste une personnalité plus proche de ce qu’on lui connaît. Marc-Antoine n’est guère mieux loti et ce n’est pas l’interprétation désastreuse de Billy Zane (Titanic) qui le sauve de la catastrophe. Bref, durant l’épisode, Cléopâtre et Marc-Antoine s’aiment, se déchirent, pleurnichent et finissent par mourir. D’ailleurs, Marc-Antoine n’est en aucun cas décédé de cette manière, mais la vérité étant bien moins héroïque, elle devait probablement faire tache dans le décor. Leurs enfants ne naissent ici jamais et il n’y en a que pour Césarion. Pour l’anecdote, c’est avec surprise que j’ai cru entrapercevoir Richard Armitage dans les dernières minutes et j’ai bien eu la confirmation quelques instants plus tard comme quoi il incarnait effectivement l’un des soldats d’Octavien, avant que Cléopâtre ne se suicide. On peut sinon remarquer Oded Fehr dans un tout aussi petit rôle proche de la reine.

Au final, Cleopatra est une mini-série plus que moyennement engageante, car ne cherchant aucunement à tirer parti de l’Histoire ou du personnage dont elle s’inspire. Si privilégier l’intimité n’est en soi pas une tare, il convient alors de le faire avec émotions, alchimie et crédibilité, voire, si possible, en y injectant un souffle épique. Or, les deux épisodes préfèrent accumuler tous les poncifs de la romance tragique et finissent surtout par irriter par leur aspect mélodramatique sirupeux et leurs nombreuses libertés historiques. Pour autant, malgré un scénario inepte, tout n’est pas mauvais puisque les décors et la mise en scène permettent de sauver la production du naufrage total. Celle-ci laisse tout de même un goût très amer et la reine que fut Cléopâtre méritait bien plus que d’être assimilée à une gamine capricieuse incontrôlable.

Par |2018-07-06T18:03:40+02:00novembre 4th, 2012|Cleopatra, Mini-séries, Séries allemandes, Séries étasuniennes|0 commentaire