Doctor Who – The Doctor, the Widow and the Wardrobe (Christmas Special 2011)

Histoire de se rafraîchir quelque peu, quoi de mieux que de prendre sa machine spatiotemporelle ? Direction la période de Noël avec l’épisode spécial de 2011 de Doctor Who, The Doctor, the Widow and the Wardrobe. Écrit par le showrunner Steven Moffat, il fut diffusé durant une heure le 25 décembre 2011 sur BBC One. Auparavant, afin de faire le lien avec l’actualité, je tiens à profiter de ce billet pour exprimer ma joie quant à l’arrivée de Peter Capaldi en tant que nouveau Docteur ; cela me redonnerait presque confiance en la série ! Aucun spoiler.

Le Docteur choisit de se faire passer pour l’intendant d’un vieux manoir dans lequel se rendent une mère et ses deux enfants. Outre la fuite de Londres vers la campagne en raison des bombardements dus à la Seconde Guerre mondiale, le climat est d’autant plus morose que l’époux de cette femme est récemment décédé au combat. Afin de ne pas gâcher pour toujours la magie de Noël à sa fille et à son fils, celle-ci décide de ne rien leur révéler encore. Or, suite à un cadeau assez particulier, ce petit monde se voit propulsé dans un endroit fort étrange susceptible de bouleverser leur existence…

Chaque année, Doctor Who revient en décembre pour offrir au cours d’un instant privilégié sa propre version de Noël. 2010 était marquée par une transposition réussie du fameux conte des fantômes de Charles Dickens. Avec The Doctor, the Widow and the Wardrobe, la fiction ne laisse aucun doute sur le fait qu’elle s’inspire là aussi d’un autre auteur britannique, C. S. Lewis. Effectivement, il s’agit d’une sorte de réécriture de The Lion, the Witch and the Wardrobe, le premier volet du cycle littéraire The Chronicles of Narnia (Le Monde de Narnia). Le Docteur étant mort aux yeux de tous depuis la fin de la saison six, il tente de passer inaperçu bien qu’il se heurte systématiquement à des problèmes inhérents à ses activités. En décembre 1938, il a la chance de tomber sur la brave Madge (Claire Skinner) lorsqu’il s’écrase de manière totalement improbable sur Terre. À peine en mesure de se mouvoir en raison de son intrication dans une combinaison d’astronaute enfilée à l’envers, Madge propose de le ramener jusqu’à son TARDIS. Une fois la chose accomplie, pour la remercier de sa gentillesse, il lui assure de lui rendre un jour la monnaie de sa pièce si elle nécessite son aide. Leur chemin se rencontre justement à nouveau, trois ans plus tard, sous fond d’une ambiance bien plus sombre. Le monde est dorénavant plongé en pleine guerre, et surtout, Madge a perdu son mari. Plus ou moins obligée de se réfugier dans une vaste propriété familiale du Dorset, elle découvre que l’ancien intendant n’est plus et a été remplacé par un être fantasque : le Docteur. Notons qu’elle ne le reconnaît pas puisqu’à l’époque, elle n’avait pas eu l’opportunité de voir son visage. Quoi qu’il en soit, Eleven s’amuse énormément et avant l’arrivée de ces compagnons temporaires, il met dans le manoir les petits plats dans les grands. S’apparentant à un véritable magicien, ou à un père Noël atypique, il concocte toutes sortes de décors et autres surprises dans le but de réjouir les enfants, Lily et Cyril. Madge tente tant bien que mal de raisonner cet homme, car elle ne souhaite pas que sa progéniture soit trop gâtée, mais aussi parce qu’elle sait que leur bonheur sera de courte durée ; si ce n’est que, naturellement, le Docteur ne peut pas s’empêcher de s’en donner à cœur joie. Faisant encore plus preuve d’excentricité et de loufoquerie que d’habitude, le Seigneur du Temps essaye plausiblement de combler le vide qui l’anime par cette surenchère de grandiloquence. Dans tous les cas, personne n’a le temps de souffler étant donné que dès la première nuit, Cyril ne résiste pas à l’appel des cadeaux et décide d’en déballer un. Sa surprise est de taille en y voyant un passage temporel vers une forêt enneigée où les minutes ne semblent pas s’écouler comme ailleurs. La tentation se voulant trop grande, il y pénètre et disparaît de la surface de la Terre. Forcément, les autres découvrent assez rapidement qu’il n’est plus présent dans le manoir et se lancent à sa poursuite. Le Docteur fait équipe avec sa sœur, Lily, tandis que Madge part seule en quête de son chérubin. Cet univers supposé émerveiller la famille est en réalité en pleine mutation et sa végétation paraît être animée de véritables intentions.

Contre toute attente, après l’esbroufe et les intrigues volontairement confuses et presque imbuvables de la sixième saison, cet épisode dispose d’une structure simple, voire carrément simpliste. The Doctor, the Widow and the Wardrobe est effectivement d’une paresse assez incroyable et se montre vide de toute créativité, tout en accumulant les incohérences. Plutôt que d’employer l’œuvre originale de C.S. Lewis et d’y apporter sa propre touche, l’écriture se limite à un mélange approximatif entre la réunion d’une famille amputée d’un des leurs, une fable écologique au demeurant assez naïve, et le contexte de la Seconde Guerre mondiale. Qui plus est, le rythme est maladroit et les quelques rares enjeux perceptibles sont installés de façon très laborieuse. Certes, Moffat a le mérite d’essayer d’y insuffler un vrai esprit de Noël ; or, excepté la séquence finale définitivement poignante grâce à l’interprétation alors plus posée de Matt Smith, l’atmosphère ne convainc pas. Où ont disparu l’excitation, l’émerveillement et la magie attendus dans un récit de cette trempe ? Pas là, c’est certain. Pourtant, le scénario tente vainement de favoriser l’émotion avec cette veuve ne sachant pas comment annoncer à ses enfants que leur père est mort, et de quelle manière reprendre le cours de sa vie. Le cadre a également beau être plongé dans de la neige, avec des boules disposées de-ci de-là, il ne ressort pas grand-chose de féérique ou d’envoûtant dans ce que l’on voit. Visuellement, cette sorte de conte est par conséquent plutôt décevante et à elle seule, la musique toujours magnifique de Murray Gold ne suffit pas à combler les lacunes d’une mise en scène moyennement engageante. Il faut avouer qu’outre l’histoire dramatique de Madge dépeinte sans subtilité, les arbres extraterrestres apparaissant méchants – mais en fait non – n’ont aucun charisme et ne semblent juste servir que d’éléments triviaux présents pour patienter, en attendant la fin. Cette absence de véritable antagoniste nuit et accentue le vide laissé par l’épisode. Il s’avère d’ailleurs dommage que le scénario ne tire pas profit du sujet environnemental pour dresser un parallèle amusant et satirique entre la déforestation obligatoire vécue par ces êtres et les sapins trônant dans le salon de milliards d’individus à cette période de l’année. Les créatures humanoïdes des bois ne sont donc pas suffisamment explorées et ne possèdent pas l’impact suffisant pour intéresser et fournir une intrigue solide. De plus, sans grande surprise, la conclusion est prévisible et sentimentale. Néanmoins, ce n’est pas tant le fait qu’elle soit devinable qui soit dérangeant – même si elle déçoit pour sa facilité et sa bienveillance –, mais davantage le fait qu’avant d’y arriver, tout y résonne creux et dispensable. Le résultat est par conséquent sans appel puisque l’on s’ennuie grandement. Somme toute, la tonalité est peut-être le véritable point noir de cette aventure assez poussive. À mi-chemin entre le burlesque avec les facéties et le cabotinage d’Eleven, et le pathos sentimental induit par la famille brisée, la recette apparaît surtout bancale et presque malvenue. Le public est alors confus face à cette association sans queue ni tête.

En définitive, à travers cet épisode de Noël, Doctor Who continue d’explorer les classiques littéraires britanniques. À l’instar du précédent, son objectif n’est clairement pas d’en mettre plein la vue, mais de favoriser l’émotion et les sentiments dans un cadre festif. Malheureusement, le cocktail ne fonctionne guère et l’ampleur affective est bien moindre que ce que l’on pouvait espérer. Le registre alternant entre l’excentricité ridicule, la fable écologique mièvre et la mélancolie familiale se révèle tristement approximatif et même ennuyant. Cette aventure illustrée sans réelle imagination n’est pas foncièrement mauvaise si ce n’est qu’elle est très consensuelle et s’emmêle dans des incohérences et facilités fastidieuses. De surcroît, l’indolence et la superficialité dont elle s’embarrasse font qu’elle ne mérite pas de s’y attarder. Un soupçon de magie, un véritable liant et un grain de folie piquant n’auraient pas été superflus afin de s’approcher d’un divertissement inspiré.

Par |2017-07-27T22:08:04+02:00août 7th, 2013|Doctor Who, Séries britanniques|1 Comment

Elizabeth I (mini-série)

Lorsque l’on est fasciné depuis presque toujours par la reine Elizabeth, la fille de Henry VIII et Anne Boleyn, il y a de quoi être frustré par le fait qu’en dépit de son titre, The Tudors se soit limitée au souverain aux multiples épouses. Heureusement, cette femme a inspiré et inspirera encore diverses fictions. Si Cate Blanchett est peut-être actuellement l’actrice à qui l’on associe la reine spontanément, d’autres ont eu le privilège d’endosser ce rôle. D’ici quelques mois nous devrions parler de The Virgin Queen, mais au préalable, attardons-nous sur la mini-série américano-britannique sobrement intitulée Elizabeth I. Composée de deux épisodes de 110 minutes chacun, elle fut d’abord diffusée sur Channel 4 le 29 septembre et le 6 octobre 2005 avant d’arriver courant 2006 sur HBO. Cette coproduction réalisée par Tom Hooper (John Adams, The King’s Speech, Les Misérables) fut un véritable succès et reçut de nombreuses récompenses, dont plusieurs Emmys et Golden Globes. Aucun spoiler.

XVIè siècle, Angleterre. La reine Elizabeth est montée sur le trône voilà plusieurs années. Ne souhaitant pas se marier, contestée par les catholiques, perpétuellement tiraillée par les difficultés de succession et devant diriger un pays dans une période trouble, elle est obligée de demeurer déterminée et implacable. Si elle est réputée pour sa virginité, cela ne l’empêche malgré tout pas d’avoir des sentiments et d’espérer pouvoir en tenir compte.

     

À partir du moment où l’on focalise une production sur un personnage de la trempe d’Elizabeth I, il est vital que l’interprétation de cette figure soit à la hauteur de l’ambition affichée. Cette femme charismatique au fort tempérament ne peut clairement être incarnée par n’importe qui. Cate Blanchett a justement déjà démontré qu’elle avait les épaules pour s’y adonner avec grand succès, et c’est sans surprise que Dame Helen Mirren suit ici son chemin en proposant un portrait différent, mais tout autant magnétique. Pour l’anecdote, il est amusant de signaler que la comédienne s’est glissée l’année suivante avec le film The Queen dans le costume d’une autre reine, Elizabeth II. Un des points intéressants de cette mini-série est de dresser un constat moins positif du caractère de ce monarque et de ne pas chercher à excuser certaines de ses actions et décisions. Profondément jalouse, vindicative, froide, presque cruelle et sujette à de fréquentes sautes d’humeur, Elizabeth n’hésite pas à faire torturer et tuer, tout en fermant les yeux si sa conscience la travaille trop. Ce profil moyennement flatteur étonne quelque peu bien qu’il soit vraisemblablement plutôt fidèle à ce que les historiens contemporains tendent à décrire. Si à travers toutes ses faiblesses, elle gagne en humanité, elle perd toutefois en sympathie et il est assez compliqué de ressentir une quelconque empathie pour cette femme gouvernée par ses sentiments, impulsive et irréfléchie. Effectivement, Elizabeth I a le principal défaut d’axer sa narration sur les amourettes de son héroïne, et non pas sur le contexte sociopolitique pourtant bien plus riche et susceptible d’apporter une densité indiscutable à l’ensemble. Cela permet tout de même d’aborder des thématiques pertinentes telles que le rôle d’une femme dans un monde masculin et misogyne, le dilemme entre ce que dicte son cœur et ses devoirs, et la disposition de sa propre personne à une nation tout entière. Somme toute, cet angle d’approche est tout à fait légitime si ce n’est que l’écriture manque de finesse, d’équilibre et de liant pour réussir à convaincre. Qui plus est, autant Helen Mirren est formidable, autant voir Elizabeth aussi âgée est perturbant lorsque l’on débute la mini-série.

Au cours du premier épisode, Elizabeth est constamment pressée par ses conseillers pour se marier. Par dépit, mais également parce qu’elle a totalement conscience qu’un héritier renforcerait son assise future, elle finit par accepter d’être courtisée par le duc d’Anjou (Jérémie Covillault), un Français de 22 ans son cadet. Pendant ce temps, la guerre anglo-espagnole bat son plein, les batailles se suivent, le vent tourne régulièrement et chaque pays se trouve dans une situation compliquée où une franche issue ne paraît guère possible. Alors que l’on pouvait espérer de cette production un éclairage pertinent, la caméra l’évite soigneusement et se borne à illustrer très superficiellement les tenants et les aboutissants. Pour peu que l’on ne connaisse pas auparavant un minimum le cadre de l’époque, ce n’est pas avec ce que à quoi l’on assiste que l’on apprendra quoi que ce soit de probant ; au contraire, tout y est surtout confus. Il en va donc ainsi des inimitiés avec Philippe II d’Espagne, mais également du côté de l’Écosse avec Mary Stuart, la cousine d’Elizabeth prête à tout pour lui ravir son trône. L’écriture de l’Histoire est tristement approximative, voire simpliste, bien que techniquement correcte. Subsistent heureusement quelques passages plus inspirés, notamment grâce à l’interprétation enlevée de Helen Mirren ; le discours de la reine aux troupes, à Tilbury, résonne encore une fois la télévision éteinte. Plutôt que de se focaliser sur la vérité factuelle, le scénario préfère donner une dimension plus intime à l’ensemble en dépeignant les secrets d’alcôves, les joies et les peines de la souveraine. C’est par conséquent sans surprise que Robert Dudley, le premier comte de Leicester, entre en scène. Amoureux de la flamboyante rousse depuis qu’ils sont jeunes, il ne la quitte pas et entretient avec elle une relation ambiguë. Tout autant équivoque, il semble attiré par elle bien que d’une certaine manière, son envie de pouvoir et de puissance est probablement le véritable moteur de cet attachement. C’est avec un talent évident que Jeremy Irons (The Borgias) offre ses traits à cet individu assez détestable, manipulateur et bien moins intelligent que ce qu’il croit. L’alchimie entre les deux acteurs est tout simplement parfaite et magnifie plusieurs scènes classiques.

La seconde partie reprend un schéma singulièrement identique. Dudley ayant été écarté, Elizabeth choisit un autre favori duquel elle s’amourache rapidement. Il s’agit de Robert Devereux, par la suite connu sous le titre de deuxième comte d’Essex. Joué par le charmant Hugh Dancy (Hannibal), ce jeune homme fougueux partage de nombreux points communs avec son prédécesseur. Lui aussi dit aimer profondément la reine et être prêt à tout pour elle. Or, en réalité, il est capable du pire, voire de comploter et fomenter des rébellions dans le but de servir ses intérêts. Pour cela, il compte sur des comparses de sa trempe, dont Southampton, incarné par Eddie Redmayne (Birdsong, The Pillars of the Earth). Le rythme se traîne dans ce deuxième épisode et le visionnage perd par conséquent de sa saveur, surtout qu’un sentiment de lassitude s’installe. Entre le début et la fin, vingt-cinq années s’écoulent et le temps qui passe n’est pas du tout perceptible, ce qui accentue grandement l’aspect inégal de la fiction. Là aussi, Elizabeth n’est clairement pas attachante et ne parvient pas à insuffler cette aura qu’elle devait vraisemblablement détenir comme le suggère l’empreinte qu’elle a laissée sur le monde. Par ailleurs, en cherchant à mettre en avant les difficultés sentimentales et la solitude de sa vie en tant que reine intouchable et préservée, la mini-série oublie l’entourage de son héroïne psychologiquement instable. Certes, l’influence de Robert Cecil (Toby Jones), un proche conseiller d’Elizabeth, est palpable et leur lien est également joliment retranscrit. Cependant, il est bien le seul à disposer une opportunité – au demeurant relative – de rayonner. Son père, lord Burghley, est interprété par Ian McDiarmid (Star Wars) et passe quasiment inaperçu. Après, il est fort possible que les films de Shekhar Kapur induisent cette sensation d’injustice que de ne pas voir davantage les nombreux talents du supposément fascinant Walsingham (Patrick Malahide – Game of Thrones), ou de l’explorateur Walter Raleigh. Comparer ces deux œuvres est au demeurant assez idiot, mais, malheureusement, il est régulièrement difficile de se détacher de ce que l’on a déjà regardé – et grandement apprécié, en plus. Néanmoins, il est indubitable qu’Elizabeth I demeure bancale et ne trouve que trop rarement le juste-milieu entre la vie privée et la grande Histoire.

Enfin, qui dit série historique signifie généralement nécessité d’une reconstitution. Un détail tout particulier est mis sur les costumes qui sont on ne peut plus satisfaisants. En revanche, les moyens limités de la production sont visibles à travers des figurants très discrets, ou encore des décors fermés et souvent redondants. Écrire que cela entache le tout serait mensonger ; toutefois, cette contrainte budgétaire n’aide pas à contrebalancer les lacunes du fond. De même, la bande originale composée par Rob Lane (Merlin -BBC-, Ben Hur) manque de souffle et ne permet pas de sublimer des passages pour lesquels les émotions font justement défaut. Elle aurait vraiment mérité une ampleur épique ou, puisque les scènes romantiques se multiplient, des mélodies dramatiques afin d’accentuer la tragédie et la mélancolie traversant à de nombreuses reprises le parcours d’Elizabeth. Pour terminer sur la forme, il convient de mentionner que des évènements sont franchement en mesure de heurter la sensibilité du public. Plusieurs séquences de torture et de condamnation à mort sont montrées crûment et ne nécessitaient probablement pas d’être autant appuyées.

En définitive, Elizabeth I s’avère être une mini-série assez décevante lorsqu’en la lançant, on s’imagine une fiction plus précise et cherchant avant tout la fidélité historique. Effectivement, son angle d’approche se limite aux bouleversements sentimentaux et à la vie personnelle d’une reine apparaissant presque comme une adolescente futile. Cette vision hystérique de la souveraine est inédite et parfois irritante en dépit de sa probable authenticité. Quoi qu’il en soit, le résultat final est loin d’être mauvais, notamment en raison d’une interprétation solide des principales figures, bien que l’on ne puisse s’empêcher de garder un petit soupçon d’amertume. Effectivement, l’équilibre précaire entre les histoires de cœur et les évènements factuels dépeints avec légèreté, la fadeur de la majorité de la galerie de personnages, l’absence d’attachement pour l’héroïne, et le rythme vacillant gâchent l’enthousiasme. Malgré leurs prises de libertés et autres défauts évidents, les films avec Cate Blanchett ont au moins le mérite de divertir, voire de fasciner ; dans ce cas, autant préférer les regarder si cela n’a pas déjà été fait.