Footballers’ Wive$ | Femme$ de footballeurs (saisons 2 à 5)

Aussi incroyable que cela puisse paraître, j’ai décidé en 2011 de reprendre Footballers’ Wive$ là où je m’étais arrêtée en 2008, soit après la fin de la première saison. Ce n’est pas tant que j’avais vraiment envie de voir la suite, mais je me suis dit que pour quelques épisodes, autant aller jusqu’au bout. Rappelons un petit peu le contexte si vous le voulez bien. Footballers’ Wive$, Femme$ de footballeurs chez nous, est une série anglaise diffusée sur ITV entre 2002 et 2006. Elle fut annulée au terme de sa cinquième année en raison d’audiences peu satisfaisantes, et ne dispose pas de réelle fin. Il existe un mini-épisode d’un peu moins de dix minutes passé lors du Sport Relief – un téléthon anglais se basant sur le sport, – et qui conclut plus ou moins l’ensemble de manière explosive. Les saisons sont composées de huit-neuf épisodes d’une quarantaine de minutes en règle générale. Comme le titre du billet le laisse comprendre, il sera ici question du reste de la série, les débuts ayant déjà le leur. Aucun spoiler.

Footballers’ Wive$ est un pur soap opera avec tous les rebondissements de circonstance. La fiction est à regarder au minimum au second degré au risque de frôler l’apoplexie. Il y a des morts dans tous les sens, des revenants, de (faux) suicides, de la drogue, un hermaphrodite, des échanges d’enfants (pas un, des !), des viols sur des personnes dans le coma, un chien qui tue un bébé en l’étouffant, un protagoniste faisant exploser son appartement à cause d’un surplus en laque, de la magie noire, une cougar avant-gardiste et tant d’autres évènements incroyables et totalement sortis de nulle part. Tous les épisodes sont d’une stupidité affligeante mais, à l’exception de la dernière saison, demeurent visionnables en raison d’un manque total de sérieux de la part des Anglais. En plus, les saisons étant courtes, le rythme est effréné et ne laisse aucun répit. Les héros sont tellement caricaturaux que l’on ne peut que se moquer d’eux et en rire. Certes, j’ai regardé la série en accéléré parce qu’il ne faut quand même pas exagérer, mais ceux qui sont amateurs du genre devraient probablement y trouver leur compte. Il est uniquement dommage que la saison cinq soit aussi mauvaise.

Durant la fiction, seuls deux individus sont présents au long cours. Le symbole de Footballers’ Wive$ n’est autre que la vénéneuse Tanya qui, avec ses ongles de vingt centimètres de long, passe son temps à manigancer dans son coin afin d’avoir l’argent, le pouvoir et du sexe. Elle est horrible, sauf qu’en même temps, c’est elle le moteur des intrigues les plus décalées et les plus jouissives. C’est typiquement le genre de personnage méritant une bonne correction, mais qui se révèle le plus fascinant. Son interprète, Zöe Lucker, y est pour beaucoup, d’ailleurs, car elle dégage une certaine classe tout en réussissant à être kitsch. De toute manière, tous les individus sont superficiels et de vraies caricatures ambulantes. La série s’inspire du monde du foot anglais et sans y connaître quoi que ce soit à part les Beckham, on n’a aucun de mal à le croire. Cela dit, même si les paillettes, les histoires romantiques ou savoir qui mettra la nouvelle star du foot dans son lit s’avèrent nombreuses, la production ose aborder quelques thématiques et le fait avec pas mal de tact. On peut penser par exemple à l’homosexualité, tellement taboue dans le microcosme sportif et qui n’est ici pas que suggérée. Côté acteurs connus, il est facile d’y reconnaître dans des rôles importants Jamie Davis (Hex) ou encore Laila Rouass (Primeval).

En conclusion, Footballers’ Wive$ est une série totalement assumée n’hésitant pas une seule seconde à employer toutes les ficelles scénaristiques possibles et inimaginables afin de tenir en haleine le téléspectateur. Elle n’est jamais tendre avec ses personnages qu’elle utilise et jette comme de vulgaires chaussettes, en profitant pour les égratigner au passage. Il paraît assez évident qu’une telle liberté de ton n’aurait jamais été envisageable aux États-Unis. L’intrigue est inexistante, l’interprétation est extrêmement fluctuante, la musique insupportable, les vêtements atroces et tout cela sonne creux et ridicule. Mais bizarrement, la série possède un côté décalé ainsi qu’un aspect irrévérencieux qui font que l’on peut regarder quelques épisodes sans trop en souffrir. Par contre, de là à tout voir, c’est autre chose…

Par |2017-05-01T14:00:23+02:00janvier 27th, 2012|Footballers' Wive$, Séries britanniques|6 Commentaires

Primeval | Nick Cutter et les Portes du Temps (saison 5)

Comme si l’on n’avait pas déjà suffisamment souffert avec les sept épisodes de sa pathétique saison quatre, Primeval (Nick Cutter et les Portes du Temps) nous a fait bénéficier d’une cinquième au cours de la même année. Comportant six parties, elle est passée entre mai et juin 2011 sur ITV. A priori, comme cela était prévu, la fiction anglaise s’arrête désormais là, mais elle se laisse tout de même une porte ouverte. Aucun spoiler.

C’est à reculons que j’ai commencé cette nouvelle saison de Primeval. Pour une fois, j’ai décidé d’attendre qu’elle soit entièrement diffusée avant de me lancer, histoire de ne pas prolonger le calvaire à l’infini. La précédente fut extrêmement médiocre, car si elle tentait de proposer des idées, elle n’était jamais parvenue à les concrétiser. Ne parlons surtout pas des épisodes indépendants qui furent idiots et mal écrits. Eh bien, contre toute attente, cette dernière se révèle sympathique. Allez, j’ose admettre que je ne crois pas avoir autant apprécié la série que pendant cette ultime salve d’aventures. Cela ne veut aucunement signifier que l’on a de la qualité, mais l’on s’approche d’un divertissement honnête et pas désagréable.

La saison quatre s’était terminée sur la découverte des mystères entourant Matt. Cette nouvelle reprend plus ou moins là où les choses sont restées. Connor travaille désormais pour Philip et construit une machine augurant de très mauvais évènements selon le supposé homme de la situation. Venant du futur, Matt sait que la planète est invivable et qu’elle n’héberge presque plus d’êtres humains. Son but est donc de stopper l’invention de Connor afin de préserver la vie. Le fil rouge des épisodes est ainsi simple, il faut placer Philip hors course. Connor est aveuglé par l’intérêt et l’estime que semble lui porter son nouveau patron et est persuadé que sa création sera une grande avancée scientifique. Toujours aussi adorable et attachant, il ne voit pas vers quoi l’on se dirige et ne comprend pas pourquoi Matt et Abby lui mettent des bâtons dans les roues. Cette intrigue progresse assez vite, n’est pas trop parasitée par des arcs secondaires et va directement à l’essentiel. La saison se termine avec sa conclusion bien qu’une sorte de cliffhanger soit proposée. Honnêtement, la résolution est un poil trop facile et naïve, mais le rythme et l’ambiance sont là donc on peut passer aisément outre. Ce qu’il y a de plaisant, c’est que les épisodes laissent planer le doute quant à savoir si ce n’est pas Matt qui, en voulant sauver l’univers, finit par justement le faire sombrer. Qui est dans le vrai ? Philip ou Matt ? L’unique gros point noir est l’irruption de l’assistante de Philip, très mal interprétée et insipide.

À côté de cette histoire de machine infernale, la saison ne s’encombre pas avec des développements. Connor, Abby et Matt ont un peu plus de temps d’antenne que les autres, mais cela ne va pas très loin. Lester est encore de la partie pour se comporter en dandy cool et donc très british, Becker montre ses muscles et Jess reste derrière ses ordinateurs. Un protagoniste marque son retour, mais là aussi, il ne sert au final pas à grand-chose. Bref, tout cela manque cruellement de consistance si ce n’est qu’il paraissait évident que ce n’était pas arrivé à six épisodes de la fin que Primeval commencerait à densifier ses personnages. Certains scénarios sont plus indépendants que d’autres, bien que l’arc principal soit toujours plus ou moins mentionné. Celui se déroulant dans le sous-marin est sympathique. Le souci, c’est que l’absence de budget se fait cruellement ressentir, les effets spéciaux étant moyens et le nombre de figurants proche du néant.

En conclusion, cette saison cinq de Primeval ne représente pas l’atrocité attendue. La quatrième l’avait convenablement amorcée et elle peut de ce fait aller directement à l’essentiel. Les six semaines proposent par conséquent un divertissement honnête avec pas mal de rythme, un fil rouge correctement mené, des héros que l’on apprécie assez bien, un petit peu d’humour anglais et maintes anomalies débouchant sur de moches créatures préhistoriques ou futuristes. Il faut espérer que l’on s’arrête vraiment là – en dépit d’une volonté évidente des scénaristes de continuer l’aventure –, afin de laisser une curieuse bonne impression.

Par |2017-05-01T14:00:27+02:00janvier 3rd, 2012|Primeval, Séries britanniques|4 Commentaires