Dead Like Me (série complète)

Ayant décidé de consacrer 2011 au rattrapage de toutes les séries que j’avais en cours, j’ai ainsi terminé assez récemment la série canado-américaine Dead Like Me. Il me semble l’avoir débutée vers 2005. Créée par Bryan Fuller (Pushing Daisies, Wonderfalls), elle est composée de deux saisons, la première comportant quatorze épisodes et la seconde quinze. Elle fut diffusée entre 2003 et 2004 sur Showtime. Ayant été annulée plusieurs mois après l’écriture du season series finale, elle n’a pas de fin réelle. Toutefois, un film est sorti directement en DVD en 2007 et sera traité sur Luminophore en 2012. Fuller a quitté la série au cours de la première saison. Aucun spoiler.

Comme je l’ai écrit dans le premier paragraphe, je pense avoir commencé Dead Like Me aux alentours de 2005. Possédant le coffret DVD, je sais avoir regardé la saison une au moins à deux reprises. Si j’ai attendu environ six ans pour terminer la série cela n’est absolument pas lié à l’appréciation que j’en avais / j’en ai. Je gardais en mémoire des épisodes sympathiques mais je n’étais pas si pressée que ça d’en venir à bout. J’aurais pu regarder à nouveau cette saison histoire de rafraîchir mes idées mais je ne l’ai pas fait. Par conséquent, je serai réellement incapable de parler d’elle et de ce qu’elle vaut. Tout ce que je peux dire, c’est qu’en débutant cette année la saison deux, je me suis immédiatement rappelée pourquoi j’avais autant apprécié l’univers de Dead Like Me jusque-là. Il paraît que la qualité de cette ultime saison est inférieure à la précédente, c’est bien possible mais cela ne l’empêche nullement d’être une petite pépite.

Dead Like Me débute par la mort tragique et en même temps comique de Georgia ‘George’ Lass. Venant d’avoir 18 ans, elle décide de plaquer ses études et met ainsi les pieds dans le monde du travail. Pas motivée pour un sou, sarcastique et insolente, elle n’est pas facile et le sait. Cela ne l’empêche pas de faire peu d’effort pour tenter de s’intégrer dans la société. Un jour, elle est percutée par une lunette de toilette de la station Mir et elle meurt. Généralement, lorsque le héros d’une série décède, on arrive à la fin, ici c’est justement le début de l’histoire. Si aux yeux de tous Georgia Lass est enterrée et commence une lente putréfaction, elle se balade toutefois toujours dans les rues de Seattle. Elle est juste devenue une de nombreuses faucheuses que comporte la planète. La chose étant bien faite, son visage a totalement changé. George est donc là sans être vraiment là. Elle découvre dès lors en même temps que nous le monde des faucheurs et plus particulièrement celui d’un petit groupe dirigé par Rube. Il paraît cependant évident que lorsque l’on vient de trépasser, on n’a pas spécialement envie de se réjouir et de passer à autre chose. George doit composer avec sa nouvelle situation et tout laisser en arrière. En théorie. Si Dead Like Me narre les aventures de George la faucheuse, elle n’oublie jamais la famille de l’héroïne. Si un des leurs les a quittés, leur vie ne s’est pas arrêtée et la série montre de quelle manière ils tentent de s’en sortir, chacun réagissant à sa propre façon.

Dans la série, les faucheurs ne tuent qui que ce soit, ils récoltent tout simplement l’âme de certaines personnes avant qu’elles ne meurent. Les faucheurs sont tous des personnes déjà mortes et qui naviguent donc entre les deux mondes, celui des vivants et celui des décédés. Ils n’appartiennent par conséquent à aucun d’entre eux et ne peuvent vivre une vie normale. Tous les matins, Rube distribue ainsi à sa petite équipe des post-it avec le nom du futur décédé, l’adresse où le trouver et l’heure fatidique. Le faucheur doit donc être présent à ce moment précis et le toucher afin de récupérer son âme. De cette manière, il pourra ensuite partir on ne sait où faire on ne sait quoi. Les petites saletés qui tuent indirectement, en enlevant une bouche d’égout par exemple, en déplaçant de quelques millimètres une planche, etc., sont les Gravelings, des espèces de bestioles bêtes et méchantes. Les faucheurs n’ont aucun contrôle sur eux et n’ont pas à se poser de questions. Qui dirige tout ça ? Comment Rube écrit-il ses post-it ? Malheureusement, la série demeure assez vague là-dessus. C’est comme ça, c’est tout. Cependant, notamment dans la saison deux, on découvre d’autres types de faucheurs comme un enfant interprété par Spencer Achtymichuk (The Dead Zone) qui se consacre aux animaux. Alors que beaucoup auraient intégré une certaine dose religieuse / métaphysique, la série ne le fait pas du tout et cela est franchement agréable de ce point de vue. Évidement, les croyances sont de temps en temps de la partie, ce qui est normal, mais elles ne sont jamais le principal moteur.

Un des points forts de Dead Like Me est sa galerie de personnages hauts en couleur et très attachants. Du fait de leur nature de faucheurs, ils ne peuvent réellement frayer avec les autres et sont donc unis, qu’ils le veuillent ou non. Au final, on se retrouve face à une petite famille atypique et sacrément dysfonctionnelle. La plus jeune en âge mais aussi la dernière à être morte, George, incarnée par l’excellente Ellen Muth -que l’on ne voit malheureusement plus-, est caustique, insolente et bornée. Elle officie en tant que narrateur mais ses discours ne sont jamais ennuyants ou faciles. Elle fait preuve de pas mal d’auto-dérision et en dépit de la situation, ne se laisse pas abattre. Si faucheur pourrait être associé à un métier, il ne paye toutefois pas. George doit donc trouver un boulot et retrouve son poste très fraichement acquis dans une société portant le doux nom de Happy Time. Elle s’y présente sous un faux nom, évidemment. Elle est ainsi devenue Millie. À Happy Time, George suit les ordres de la géniale Delores Herbig jouée par la toute aussi géniale Christine Willes (Smallville). Delores est pointilleuse, inflexible mais a un cœur gros comme ça. Elle se prend assez rapidement d’affection pour Millie et en fait sa confidente. Elle est aussi convaincue que son employée est une ex-alcoolique, ex-droguée et tout ce qui va avec. Eh oui, George doit bien inventer des excuses pour partir n’importe quand récolter des âmes ! Happy Time comporte quelques autres figures truculentes comme Crystal, la réceptionniste qui ne parle pas mais qui ne rate jamais rien.

Du côté des faucheurs, George rencontre d’abord Rube qui fait clairement office de père au fil des épisodes. Tout le monde se repose sur lui et suit ses ordres même s’il faut d’abord ronchonner avant. Interprété par Mandy Patinkin (Criminal Minds), toujours aussi excellent, Rube paraît presque acariâtre et ne sourit jamais. Cela n’est qu’une façade car s’il peut être méchant et froid par moment, il aime sa petite famille de plus vraiment morts et apprécie le travail bien fait. La moins intéressante est peut-être Roxy, cynique et autoritaire. Très proche de la loi, elle fait tout pour l’appliquer comme il faut. Avec Rube, elle est celle qui est la plus fiable du groupe. Elle est très sympathique elle aussi mais elle est moins développée que les autres. Toujours chez les femmes, Betty, jouée par Rebecca Gayheart n’est présente que lors de la première saison et j’avoue ne plus très bien me souvenir de son passé et de sa personnalité. La sylphide Daisy Adair, incarnée par Laura Harris (The Dead Zone), prend sa place et semble sûre d’elle, de sa beauté et de son charme mais montre à plusieurs reprises de nombreuses cassures. Et n’oublions évidemment pas l’incroyable et le charismatique Mason joué par Callum Blue (Smallville). Né avec un poil dans la main, drogué depuis toujours et peut-être encore plus depuis sa mort, amateur de rock, vulgaire et Anglais, Mason est le mouton noir du groupe. Jamais fichu de faire correctement ce qu’on lui demande, il se met souvent Rube à dos. Ils se détestent cordialement. Semblant presque amoral car volant les morts, Mason est drôle et adorable. Oui, c’est mon personnage favori. Bref, tout ce petit monde se marche parfois sur les pieds, se dispute souvent mais entre certains se développe une réelle amitié voire même davantage. Ils se retrouvent à chaque fois à Der Waffle Haus où Kiffany leur sert toujours à manger tout en écoutant de manière stoïque leurs discussions et les remarques souvent sorties de nulle part de Mason.

Comme écrit plus haut, la série s’attarde sur les morts, sur ceux qui le sont mais plus trop mais aussi sur les vivants. Elle montre effectivement la famille de George, composée de la mère psychorigide et névrosée, Joy, incarnée par Cynthia Stevenson, du père, Clancy, qui trompe sa femme avec une de ses étudiantes, de Reggie, la petite sœur et de JD, le golden retriever. Clancy est un peu moins visible que les deux femmes de la maison. La relation entre Joy et Reggie est tout particulièrement mise en valeur et est vraiment belle. Reggie est une jeune fille qui entre dans l’adolescence. Toujours ignorée par George de son vivant, elle vit mal la perte de sa sœur et tente de calquer ses habitudes sur les siennes. Persuadée qu’elle n’est pas réellement morte, Reggie se met à tenir des propos délirants pour ses parents. Assez renfermée, elle parle peu et laisse sa mère gigoter dans tous les sens. Si George est supposée aller de l’avant, elle ne peut toutefois s’empêcher de veiller sur eux à sa manière.
La série parvient à chaque fois à trouver le bon ton et un rythme convaincant entre la nouvelle vie de George et ce qu’il se passe dorénavant chez les Lass.

Comme souvent avec certaines séries qui commencent à dater, on peut reconnaître plusieurs acteurs dans des rôles plus ou moins conséquents. Notons par exemple la présence de Teryl Rothery (Stargate SG-1, Kyle XY), Eric McCormack (Will & Grace), Nicki Clyne (Battlestar Galactica), Tom McBeath (Stargate SG-1), Samantha Smith (Supernatural), Katie Stuart (The Crow: Stairway to Heaven) et de plein d’habitués des séries tournées à Vancouver.

Bien que le sujet principal de Dead Like Me soit la mort, la série n’est absolument pas morbide ou déprimante. Au contraire, elle est pleine de vie, d’entrain et d’une certaine malice. L’humour est décapant, parfois féroce et s’insère à merveille parmi des thématiques variées. La musique assez atypique réussit à amplifier le côté parfois presque burlesque de certaines situations. Cet aspect humoristique est sublimé par des répliques ciselées. Si la comédie est plus que présente, les épisodes ne sont jamais dénués d’émotion et de compassion. Ils trouvent généralement le bon angle d’approche, sont plus profonds qu’ils n’en ont l’air et ne manquent pas d’intérêt. Les deux saisons s’attardent essentiellement sur ses protagonistes et les développent à bon escient. Quelques épisodes sont moins réussis que d’autres, il est parfois dommage que des questions restent en suspens mais c’est bien peu de choses face au bonheur et au divertissement procurés. La série célèbre la vie et fait réfléchir sur la mort. En dépit d’un sujet incroyable, on peut se dire que pourquoi pas… ces faucheurs pourraient bien exister, non ?

Dead Like Me est l’histoire d’un groupe d’individus comme il en existe des milliers sur la planète. Ils se lèvent comme tout le monde, travaillent, composent avec leurs connaissances et rentrent chez eux. La seule différence est qu’ici, ils ont une occupation étrange : ils sont des faucheurs. Bien que tout ceci paraisse irréaliste et que les histoires soient résolument décalées, la série a tout de même sacrément les pieds sur terre et met en avant une mini société avec ses mœurs, ses habitudes et ses méthodes. Elle en devient presque perturbante. C’est ainsi leur quotidien que l’on suit au cours de ces deux petites saisons, accompagné d’une jeune femme qui vient de mourir. La série est brillamment écrite, interprétée par des acteurs investissant leurs rôles comme il faut et possédant une grande alchimie entre eux. Alors qu’elle parle de la mort, elle fait tout simplement honneur à la vie. Si le series finale n’en est pas vraiment un, il se termine correctement et le film doit sûrement apporter du neuf. Les personnages sont attachants, majoritairement blasés et possèdent un petit grain de folie très appréciable cachant une tristesse parfois profonde. Au final, Dead Like Me est une série cynique, caustique, satirique, à l’humour noir provocateur, souvent débridée et non dénuée de sentiments. Elle se place dès lors comme un petit délice à consommer sans modération.

Par |2020-04-03T18:38:46+02:00décembre 4th, 2011|Dead Like Me, Séries canadiennes, Séries étasuniennes|4 Commentaires

Tower Prep (série complète)

Quand bien même 2011 est supposé être chez moi synonyme d’achèvement de toutes les séries commencées plusieurs mois/années auparavant, cela ne m’empêche pas d’en débuter des nouvelles. La boucle n’est jamais bouclée, n’est-ce pas ? Il y a quelque temps, alors que je regardais par pure curiosité si la chaîne Cartoon Network – celle diffusant actuellement Star Wars: The Clone Wars – proposait autre chose que des dessins animés, je suis tombée sur un synopsis me semblant intéressant. Il s’agit de celui de Tower Prep, une coproduction canado-américaine. Bien qu’elle passe donc sur Cartoon Network, c’est une série avec de vrais acteurs. Elle a été créée par Paul Dini, scénariste et producteur de nombreuses œuvres animées du DCVerse comme Batman: The Animated Series et Batman Beyond ; il a aussi travaillé sur Lost. La première saison, composée de treize épisodes d’une quarantaine de minutes, fut diffusée entre octobre et décembre 2010. Pour le moment, le statut de cette fiction est en suspens puisque l’on ne sait pas si elle est reconduite pour une seconde année ou si elle est annulée. Aucun spoiler.

Un matin, Ian Archer se réveille dans une école privée, Tower Prep, perdue au milieu de nulle part. Comment est-il arrivé là ? Aucune idée. Tout ce qu’il constate, c’est qu’il y est enfermé avec d’autres élèves et qu’il ne doit pas faire d’écart au risque d’être envoyé dans un bâtiment où se livreraient d’étranges expériences. Accompagné de ses nouveaux amis, il cherche à quitter cette prison dorée. Coûte que coûte.

En premier lieu, outre un budget limité, il est important de savoir que Tower Prep est une série pour et avec des adolescents. C’est pourquoi ne vous attendez pas à y voir des effets spéciaux extraordinaires, des évènements très sombres ou du sexe. Cela ne signifie tout de même pas automatiquement qu’elle est stupide ou nulle. En fait, Tower Prep donne l’impression d’être un mélange intéressant entre Harry Potter et X-Men. Le héros de l’histoire, Ian Archer (Drew Van Acker), est un adolescent plus ou moins comme les autres. Un soir, alors qu’il s’amuse à un jeu en ligne, il entend un grésillement dans ses écouteurs et, ensuite, trou blanc. Il se réveille le lendemain matin dans le dortoir d’un établissement étranger, avec des personnes inconnues qui lui disent d’aller à l’orientation et de porter l’uniforme. Forcément, tout individu normal ne fait pas ce qu’on lui demande et après avoir hurlé dans tous les sens, il se retrouve dans le bureau du Headmaster, le directeur de l’école, Tower Prep. Ian se rend vite compte qu’il a intérêt de faire profil bas, de donner l’impression de s’intégrer et de ne pas sortir du rang. En secret, il pense évasion. Malheureusement pour lui, rien ne se passe comme prévu. Le campus est entouré d’un bois interdit, infesté de gnomes, sortes d’êtres étranges avec des yeux verts émettant des bruits stridents et faisant visiblement disparaître les étudiants. Les employés de l’école nient totalement leur existence. Afin d’appuyer davantage la claustrophobie, les lieux sont encadrés par un immense mur infranchissable. Les dés paraissent pipés d’entrée de jeu et l’espoir d’une fuite ne tient qu’à un fil. Par chance, Ian rencontre rapidement d’autres élèves tout aussi avides de s’échapper, et se développe alors entre eux une alliance. Bien décidés à quitter Tower Prep, ils passent les épisodes à manigancer et œuvrer dans leur coin pour que la vérité éclate au grand jour. Que cache donc Tower Prep ? Pourquoi sont-ils enfermés ? Que veut-on d’eux ? Et leurs parents, sont-ils véritablement au courant ? Qui sont ces gnomes ? Pourquoi ont-ils été enlevés ? Tant d’énigmes et tellement peu de réponses. Toutefois, dès leur arrivée, les élèves comprennent pourquoi ils sont là. Ils possèdent en effet tous un talent assez hors normes et l’école souhaite qu’ils le développent. Pour quoi faire ? Voilà une autre question…

 

Tower Prep raconte ainsi les aventures d’Ian qui a le don de préflexe. Il peut effectivement pressentir ce qui va se passer quelques nanosecondes avant que cela ne se déroule. Cette compétence pratique lui permet d’anticiper ses mouvements et d’agir en conséquence. Ce n’est donc pas étonnant qu’il soit un excellent combattant. La série montre régulièrement des bagarres et si la réalisation fait parfois un peu fouillis, elle reste correcte. Ian représente l’archétype du héros, mais il demeure tout à fait supportable en dépit de sa propension à toujours être courageux comme il faut. Il devient de suite ami avec Gabe (Ryan Pinkston), un garçon à première vue assez pleutre, de petite taille et préférant parler plutôt que d’agir. Découvrir que son talent est de pouvoir obliger n’importe qui à faire n’importe quoi grâce à son discours n’étonne pas. Il est le fidèle faire-valoir drôle, enjoué et sympathique. Deux filles complètent le quatuor, à savoir Suki (Dyana Liu), génie des hautes technologies détenant la possibilité de prendre n’importe quelle voix, et C.J. (Elise Gatien) qui, elle, est en mesure de déceler les émotions en regardant le visage d’autrui. Les trois premiers sont plutôt attachants, car frais et bien interprétés, mais C.J. est franchement insipide. Ce personnage est important et la révélation croustillante de la fin de saison le prouve sans conteste, mais il aurait gagné à être moins creux. Les quatre passent leur temps ensemble et se serrent les coudes. Inévitablement, en plus de sentiments d’amitié, le registre romantique est présent, sauf que, heureusement, il ne se veut guère prépondérant. Tower Prep n’est pas une série sur les émois amoureux des adolescents, mais sur les aventures sortant de l’ordinaire d’une école étrange. Des élèves plus anodins tirent leur épingle du jeu comme Ray, incarné par Richard Harmon (Caprica), Cal ou Fenton. Certains ont des inimitiés avec les protagonistes – quelques-uns pour des raisons compréhensibles, d’ailleurs –, tandis que d’autres, non. Ces figures tertiaires ne sont pas des plus développées pour le moment, ce qui pourrait changer puisque les derniers épisodes laissent augurer une exploration plus conséquente. Sinon, côté visages connus, outre Michael Shanks, Hiro Kanagawa (Caprica) se trouve également dans les parages.

Ce qu’il y a d’intéressant, c’est le fait qu’en dépit de leurs talents spéciaux, les élèves n’y font jamais guère cas. Certains comme Ian ne savaient pas même qu’ils en avaient un jusqu’à ce qu’on le leur révèle. Ils ne sentent pas comme des héros prêts à sauver l’Univers ; là n’est pas du tout l’idée. Il faut de toute façon avouer que certains pouvoirs ne servent pas à grand-chose et ne devraient pas révolutionner quoi que ce soit. Tous les étudiants en possèdent donc un et ils sont découverts au fil des épisodes, parfois d’une manière totalement anodine. Au-delà des élèves, Tower Prep emploie évidemment du personnel. Étonnamment, leur patronyme est inconnu puisque les membres de l’équipe sont nommés selon leur fonction principale. Par exemple, le professeur de littérature est appelé Litterature et est campé par Michael Shanks (Stargate SG-1) ; celui de sport est Coach, le directeur Headmaster, l’infirmière Nurse, etc. L’établissement joue totalement la carte du mystère et trouble d’autant plus l’ambiance. Le règlement est ferme : il est interdit d’aller dans le bois sans permission, aucun écart de conduite n’est toléré, le bâtiment est entouré la nuit de détecteurs de mouvements sophistiqués… Si jamais l’élève ne parvient pas à s’adapter ou n’agit pas tel qu’il est supposé le faire, il est exilé dans le fameux West Campus duquel on ne revient jamais comme avant. Mine de rien, la série progresse très rapidement. En treize épisodes il n’existe pas de temps mort et, à chaque fois, de nouveaux pions densifiant la mythologie apparaissent. Si à la fin de la saison plusieurs questions n’ont pas trouvé leur réponse, une avancée significative s’avère palpable et Tower Prep se révèle définitivement plus que bien introduite. Les mystères sont nombreux sans pour autant sombrer dans la surenchère, il y a pléthore de caractéristiques sympathiques comme des sociétés secrètes, des quêtes héroïques, des manigances et des manipulations, etc.

Si la série arrive à surprendre par l’intelligence de son fil rouge, en raison de son public elle ne peut toutefois pas se départir de certains éléments spécifiques au genre. Se déroulant dans une école, il est dès lors question d’évènements plus banals tels que l’élection de président, le bal ou encore la rivalité sportive. À ce sujet, l’établissement possède sa propre discipline, le buffer, ressemblant à un mélange entre le roller et le hockey. Néanmoins, tout cela se veut largement tolérable et ne plombe absolument pas le reste. D’un côté, il est aussi nécessaire de ne pas tout axer sur de la pure mythologie afin de laisser un peu souffler le téléspectateur et ne pas griller tout de suite ses cartouches. Tower Prep fait sinon référence à la culture générale avec la mise en avant durant tout un épisode de l’Odyssée d’Homère, l’histoire des ordinateurs, la biochimie, l’intelligence artificielle, etc. Il est finalement grandement question de sciences et de technologies, la série étant assez branchée science-fiction.

 

En définitive, la première saison de Tower Prep est une honnête surprise, car elle se montre ambitieuse, bien écrite, assez réfléchie et proposant un univers fouillé et intéressant. Les mystères sont denses, mais une réelle progression dans l’intrigue est effectuée. À une exception près, les personnages se veulent plutôt fins et sympathiques et l’on sent une véritable cohésion entre eux. Bien que des éléments fassent penser à d’autres œuvres d’un genre apparenté – comme l’école perdue au milieu de nulle part composée d’élèves ayant des dons innés –, la série n’en demeure pas moins globalement originale, surtout lorsque l’on sait qu’elle est à destination d’un public d’adolescents. De même, si l’ensemble manque parfois un peu de profondeur et que le traitement sonne trop jeune avec des musiques calibrées, le dynamisme, l’action, les nombreux combats, le mélange science-fiction/fantastique, les révélations et l’enthousiasme procuré permettent de passer outre pour grandement s’amuser. Espérons maintenant qu’en dépit des audiences faméliques, une seconde saison tout aussi énergique sera commandée.

Mise à jour de décembre 2011 : Finalement, comme l’a annoncé Paul Dini sur Twitter, Tower Prep est définitivement annulée. Super (-____-).

Par |2017-05-01T14:01:09+02:00mars 7th, 2011|Séries canadiennes, Séries étasuniennes, Tower Prep|2 Commentaires