The Tudors (saison 1)

Tout d’abord, je tiens à m’excuser du peu de mises à jour, c’est encore pire que d’habitude. Je suis débordée de boulot (ceux qui sont passés par la case mémoire de recherche comprendront ^^;;) et j’ai la première partie de mes partiels qui arrive sous peu. Bref, je ne chôme pas entre deux séries télévisées. J’ai quand même trouvé le temps de visionner ces dernières semaines la première année de The Tudors, une production créée et entièrement scénarisée par Michael Hirst. Elle n’est constituée que de dix épisodes de cinquante minutes environ diffusés entre avril et juin 2007. La suite débute sur Showtime au mois de mars 2008. Aucun spoiler.

Angleterre, XVIè siècle. Henry VIII règne désormais depuis quelques années et tente d’être un roi composé, mais il est régulièrement partagé entre sa conscience morale, son devoir et ses amours contrariées, sièges de multiples passions.

Les fictions historiques représentent un genre qui m’intéresse grandement. Par exemple, Rome fut pour moi deux saisons de pur bonheur. De plus, étant donné que le thème de The Tudors est justement le passé de cette dynastie me fascinant, je n’étais absolument pas objective lors du visionnage. Tout du moins, au début. J’ai en effet rapidement compris que la série de Showtime n’offrait pas vraiment la même chose que celle de HBO.

Du point de vue de la réalisation, des décors et des costumes, c’est tout simplement merveilleux. La chaîne a mis les moyens et ça se sent. C’est extrêmement agréable puisque l’on se croit à la cour d’Henry VIII. Toutefois, ça ne s’arrête pas là, il y a aussi de nombreuses scènes dans la campagne anglaise, dans des grandes villes comme Londres, en France ou encore au Portugal. La caméra ne s’y déplace pas très souvent concernant les deux derniers, mais pour ce qui se déroule en Angleterre, les reconstitutions sont très soignées et paraissent crédibles pour un œil inculte, en l’occurrence le mien. Au niveau de la distribution, le moins que l’on puisse affirmer, c’est qu’il y a du lourd. Du très lourd même. Henry VIII est interprété par Jonathan Rhys-Meyer. Il parvient à incarner l’ambivalence du roi, et ce, royalement. Henry VIII peut d’une seconde à l’autre passer de la colère intense aux accolades et inversement. Rhys-Meyer excelle dans ce registre. Autre nom très connu, celui de Sam Neill qui nous offre un cardinal Wolsey très… retors dirons-nous. Les amateurs de Dead Like Me seront aussi ravis de revoir Callum Blue (ce cher Mason ♥). Je ne tiens pas à écrire un pavé sur les acteurs de The Tudors donc je m’arrêterai pour l’heure, mais il y a plusieurs belles pointures.

Si toute l’esthétique de la fiction est léchée et attractive, le fond est moins travaillé. Le reproche ne se situe pas dans le sens où les scénarios sont niais et stupides, mais dans celui où sachant qu’il s’agit là d’une série historique, il convient de suivre la réalité… Sauf que The Tudors s’accommode de ce qui l’arrange. Il paraît évident qu’il s’avère nécessaire de romancer le tout, d’autant plus qu’on ne pourra jamais démêler le vrai du faux. On ne peut que spéculer, sans être pour autant au courant de ces secrets d’alcôves. Néanmoins, The Tudors aurait pu respecter un petit peu plus la chronologie. On passe d’une année à plusieurs années plus loin pour revenir à l’année précédente, etc. Sur le coup, ça ne m’a pas trop choquée parce que je dois avouer que c’est une période que je ne maîtrise que moyennement, mais en lisant des informations par la suite, j’ai pu remarquer de nombreuses incohérences. Du coup, je crois qu’il faut regarder The Tudors comme une série, historique certes, mais qui ne respecte pas tant que ça ce qui s’est réellement déroulé. Il s’agit là, je pense, du défaut majeur de la production. Il n’est pas gênant si l’on ne prête guère attention à l’Histoire, la vraie, ou si l’on n’y connaît rien.

Les thèmes abordés sont bien évidemment la religion et notamment la montée en puissance de Luther en Europe, les alliances entre les pays, les maladies telles que la suette qui en quelques jours décima une importante partie de l’Angleterre (40 000 morts ou davantage si mes souvenirs sont bons), les luttes d’influences et manipulations toujours d’actualité quel que soit l’époque dans laquelle on vit, la vie à la cour, les combats de joute, etc. The Tudors accorde aussi une très grande dimension aux relations amoureuses. Je n’irai pas écrire que c’est un soap, mais presque. Pour certains, la série est plus osée côté scène de sexe que Rome ; or, je ne suis pas franchement d’accord. Je dirais que c’est à peu près identique.

J’ai eu un vrai coup de cœur pour le personnage de Catherine d’Aragon qui, malgré ce qu’il se passe, reste digne et ne sombre jamais quoi qu’il arrive. Une femme forte, tout en retenue, comme on en fait peu. À côté d’elle, la perfide Anne Boleyn peut aller se rhabiller. Thomas More, nonobstant son extrémisme religieux qui se voit nettement en fin de saison, est juste et droit. Bien qu’évidemment on ne puisse que critiquer ses actes, on l’apprécie. Du moins, ce fut mon cas. Étant personnellement attirée par les héros offrant une caractérisation travaillée et non manichéenne, j’ai été ravie par The Tudors. Détester viscéralement un protagoniste fut impossible pour ma part.

En conclusion, je ne peux que conseiller The Tudors aux amateurs de séries historiques, de luttes de pouvoirs et de figures fortes. Même si le côté authentique pêche justement un peu sur la véracité des faits, il n’empêche pas moins que les scénarios sont plaisants et bien mis en scène. En outre, voir les Français se faire traiter de tous les noms a quelque chose de très comique. À ce propos, plusieurs passages dans notre très chère langue sont visibles, ce qui se révèle agréable. Lorsque l’on pense Henry VIII, on imagine souvent le roi fou d’Angleterre qui tua la majorité de ses femmes. Cette impression est trompeuse parce qu’il dégage naturellement bien plus que ça. À noter que la musique est magnifique et le générique, sublime. Une chose est sûre c’est que je serai au rendez-vous pour la saison deux. En attendant je compte bien me régaler au cinéma avec le film de Shekhar Kapur, Elizabeth: The Golden Age, qui n’est autre qu’une des filles d’Henry VIII dont je suis totalement sous le charme.