Tut | Toutânkhamon : Le Pharaon maudit (mini-série)

Qui dit production se déroulant dans l’Antiquité signifie que je vais m’y intéresser à un moment donné. Alors si en plus elle pose ses décors en Égypte, je ne cours pas, je vole. C’est donc sans aucune surprise que j’ai regardé la mini-série canadienne Tut, plus connue en France sous l’appellation Toutânkhamon : Le Pharaon mauditTut comme Tutankhamun en anglais. Constituée de trois épisodes d’une heure et demie chacun, elle fut diffusée sur Spike TV les 19, 20 et 21 juillet 2015. Aucun spoiler.

Thèbes, 1332 avant J.-C. Le pharaon Akhenaton se meurt, empoisonné par l’un de ses plus fidèles serviteurs. Avant de décéder, il s’accorde le temps d’assurer sa succession en plaçant sur le trône son fils, Toutânkhamon, alors seulement âgé de neuf ans. Tout en composant avec les complots et autres luttes de pouvoir nourrissant le palais dont il ne sort guère, le petit garçon doit ainsi apprendre à rapidement grandir afin de mener l’Égypte vers la gloire et la prospérité.

Sûrement échaudée par la médiocre Cleopatra et l’horrible The Cleopatras, je ne partais pas du tout en terrain conquis, m’attendant à soupirer devant un probable ramassis de bêtises et maintes prises de liberté. Rien que le postulat de base tendrait à me hérisser les poils. Entre l’écorchement du nom de naissance du protagoniste qui, rappelons-le, est Toutânkhaton, ou les erreurs concernant la capitale d’Akhenaton et son véritable héritier, les passionnés d’Histoire ont déjà des raisons de s’irriter. Par un miracle totalement invraisemblable, j’ai réussi dès le début à me détacher de mes connaissances, ce qui m’a permis de regarder Tut comme s’il s’agissait d’une banale fiction s’inspirant très vaguement de l’Égypte antique. Autrement, je pense que la télécommande aurait fini encastrée dans ma télévision. Après ce paragraphe, ce billet se bornera à discuter des qualités intrinsèques de la mini-série, en occultant totalement sa supposée véracité factuelle et ethnique. Bien sûr, que l’intrigue gagne en simplicité se comprend aisément surtout que l’arbre généalogique égyptien laisse souvent perplexe et que le temps imparti est restreint. Dans l’ensemble, les très grosses lignes du parcours du pharaon conservant encore beaucoup de ses mystères sont esquissées. Dommage toutefois que ces trois parties préfèrent favoriser un aspect mélodramatique au lieu d’évoquer les bouleversements internes de cette période fort troublée. Akhenaton, le surnommé hérétique, a beau laisser à son enfant un riche territoire, celui-ci souffre d’un grand morcellement qu’il a lui-même induit avec sa volonté de profonds changements. Tout ce pan pourtant prépondérant et susceptible de façonner le tempérament de Toutânkhamon se limite à quelques répliques lancées à la sauvette dans le premier épisode. Le retour du culte d’Amon et des fêtes traditionnelles, le déplacement de la capitale à Thèbes, tout est oublié. Malgré une ambition affichée d’emblée, le fond se veut presque superficiel, à l’instar de la sphère politique se contentant de jeux de dupe dérisoires ou du registre culturel ouvertement absent. Tut choie plutôt une approche émotionnelle à souhait, quitte à verser dans une emphase sentimentaliste. Forcément, la reconstitution de l’époque n’est pas non plus dépourvue de défauts et le budget peu extensible ne vient qu’accentuer les écueils. En sus du manque flagrant de figurants, les décors peinent à créer une vraie ambiance bien qu’ils se montrent, finalement, assez honorables compte tenu du contexte. La photographie reste également soignée. Par facilité, cette production préfère opter pour des séquences en intérieur ou en pleine nature, au milieu de nulle part. À condition de ne pas être trop impitoyable, les costumes et autres bijoux demeurent jolis à admirer. Si le résultat global n’irrite donc pas la cornée, la platitude de la mise en scène dessert cette mini-série ne détenant aucun souffle alors que, dans les faits, elle devrait provoquer un grand enthousiasme. Même la musique peu inspirée de Jeff Russo (Fargo) ne véhicule pas des sentiments suffisamment puissants pour émouvoir le public. Et les scènes de sexe racoleuses affreusement filmées ne changent clairement pas la donne ! Des batailles dignes de ce nom auraient pu, par contre, injecter un minimum de rythme à des épisodes falots.

Avant de mourir, le père de Toutânkhamon, Akhenaton, lui impose de se marier avec Ânkhésenamon, l’une de ses filles qu’il a eues avec Néfertiti. Le frère, accompagné de sa sœur, commence dès lors son règne sur la Haute et Basse-Égypte. Son jeune âge et sa faible condition l’empêchent de gouverner comme il se doit, mais il peut compter sur le soutien intéressé de plusieurs conseillers, dont l’illustre Aÿ et le général Horemheb. La première partie de Tut dépeint sommairement l’accession sur le trône de son héros et de comment il réussit à s’affranchir de ses deux mentors désirant préserver une grande assise sur leur protégé. La production évacue immédiatement l’enfance et l’adolescence du pharaon pour se focaliser sur le début de sa vie d’adulte. S’il n’a pas été épargné par des malheurs, Toutânkhamon s’avère au départ plutôt candide. Enfermé dans la prison dorée que représente son palais, il n’a aucune véritable idée de ce qui se trame dehors. Il passe ses journées à étudier, se divertir et apprendre à manier l’épée avec le fils de l’empoisonneur de son propre père, Ka (Peter Gadiot), qu’il a sauvé d’une mort certaine dix ans auparavant. Blessé dans son orgueil et voulant prendre son envol, le jeune homme décide de se rebeller et de recouvrer le pouvoir administratif et militaire. Ses proches le laissent croire qu’il dirige, mais n’écoutent jamais ses suggestions et requêtes. La situation géopolitique pose problème depuis une décennie et les relations diplomatiques avec les royaumes environnants en pâtissent. Pour l’heure, tous les regards sont tournés vers le Mitanni, territoire symbolisant ici curieusement l’ennemi le plus frontal, alors qu’en réalité, les menaces viennent de l’intérieur. Tut tente effectivement d’instaurer un climat paranoïaque et une tension létale, car la majorité arbore un masque et ourdit des complots dans l’ombre. À l’écran, Toutânkhamon est régulièrement représenté tel un individu affable, généreux, intelligent et n’aspirant qu’au bien-être des autres. Malheureusement pour lui, son entourage ne pense qu’à ses propres intérêts. L’interprétation du superbe Avan Jogia (Twisted) se révèle honorable et permet au pharaon de se montrer assez sympathique malgré un portrait bien trop idéalisé. En effet, le protagoniste a clairement tout pour plaire et, probablement pour offrir une tonalité moderne à l’ensemble, le script le dote d’une grande tolérance et d’un goût pour l’égalité. Les caractérisations souffrent d’une dimension manichéenne irritante même si de rares personnages réussissent à tirer leur épingle du jeu. L’idée de la série semble être d’illustrer les tristes tragédies du pauvre gentil Toutânkhamon et de quelle manière il est tombé dans l’oubli, se rappelant au monde sous des montagnes de richesse des millénaires après sa mort.

Le fil conducteur de Tut est symbolisé par la lutte contre le Mitanni, un royaume gouverné par des arrogants souhaitant envahir et piller l’Égypte. Le général Horemheb (Nonso Anozie – Dracula) les méprise ouvertement et désire guerroyer. Jusqu’alors, il était en mesure de s’y adonner, mais le réveil du pharaon lui lie désormais les mains. N’ayant aucune envie d’être commandé par un garçonnet, il décide de comploter, avec l’aide de la quasi-intégralité du palais. Tut se contente de répéter à l’infini les manipulations, manigances et traîtrises. Les enjeux répondent aux abonnés absents. En dehors du charmant fidèle soldat Lagus (Iddo Goldberg – Salem), Toutânkhamon est bien le seul à ne jamais dévier du droit chemin. Quoi qu’il en soit, Horemheb fomente dans son coin et compte sur le soutien du grandiloquent prêtre Amun (Alexander Siddig – Star Trek: Deep Space Nine) et d’Aÿ ne supportant plus de devoir se cantonner au costume de sous-fifre, lui qui rêve de s’approcher du divin et d’offrir à son fils adoptif un bel héritage. Ben Kingsley campant le haut fonctionnaire effectue un travail correct au vu du matériel lui étant proposé, car les dialogues presque indigents ne lui permettent pas de déplacer des montagnes. Ce trio symbolise l’antagoniste le plus coriace du pharaon, mais du fait d’un approfondissement mis au placard, la menace paraît bien risible. Les personnages se contentent de parader, tels de véritables clichés. Cela étant, ils ne sont pas les plus mal lotis puisque la représentation de la femme se révèle encore plus caricaturale, voire limite misogyne. Toutânkhamon est mariée à sa demi-sœur, Ânkhésenamon, envers qui il ressent un amour purement platonique. Pour assurer sa descendance, il doit toutefois produire un héritier, mais le couple peine à la tâche pour diverses raisons. La reine, en plus d’une interprétation en roue libre de Sibylla Deen (Tyrant), cumule les tares. Jalouse, cupide et vindicative, elle ne cesse d’agir selon son propre agenda. L’irruption de Suhad (Kylie Bunbury) au sang en partie mitanni provoque l’ire de l’épouse du souverain et la pousse dans ses retranchements. Entre crêpages de chignon, fausses couches, incendie et coups de couteau, les rebondissements ne manquent pas à l’appel. Malheureusement, ces drames préfabriqués faussent l’ensemble s’apparentant à une succession de moments disparates où s’agitent dans tous les sens des personnages souvent peu compréhensibles. De toute manière, le script ne cherche pas à densifier ses héros ou à développer ses histoires secondaires, voire le contexte général.

Pour conclure, à travers Tut, la courte existence du pharaon Toutânkhamon aurait pu être joliment retranscrite à l’écran en mêlant une tonalité factuelle à une plus intime et fédératrice. Or, cette mini-série délivre un récit prévisible et ouvertement mélodramatique en se limitant à des intrigues de palais éculées perpétrées par des individus insipides et unidimensionnels. Que ceux souhaitant en savoir plus sur l’Égypte antique ou sur ce protagoniste changent de route puisque, outre les maintes prises de liberté, la superficialité excessive y rayonne. Le visionnage laisse un sentiment de gâchis tant cette production disposait sur le papier d’un incroyable potentiel. À la rigueur, qu’elle ne veuille pas favoriser son registre historique ou le simplifie reste encore tolérable, mais il importe alors de soigner l’écriture afin de se montrer crédible et divertissant. Sauf que ce n’est pas le cas en raison d’un scénario poussif, d’une atmosphère inexistante, de répliques ineptes et d’un manque total de rythme ou de bouleversement émotionnel. Ce mélange de diverses idées lancées abstraitement se regarde sans trop de peine et ne s’avère pas aussi infâme que ça, mais donne surtout l’impression de passer totalement à côté de son sujet initial.

Par |2017-05-01T13:58:02+02:00août 24th, 2016|Mini-séries, Séries canadiennes, Tut|0 commentaire

Vikings (saison 3)

Alors que la première moitié de la quatrième saison de Vikings se termine aux États-Unis et qu’une cinquième a déjà été annoncée, il est l’heure de discuter de la troisième. Celle-ci se compose de dix épisodes diffusés sur History entre février et avril 2015. Aucun spoiler.

Maintenant que Horik a été violemment déchu de son trône, Ragnar est devenu le nouveau roi. Il ne lui reste donc plus qu’à gouverner comme il se doit, ce qui ne l’enchante en réalité guère parce qu’il admet préférer s’occuper de sa ferme et des siens. Il n’a plus le choix, de toute manière, et pour ses premiers pas dans ce costume de souverain, l’idée est de retourner en Angleterre chercher les terres promises par son confrère, Ecbert. Après une première saison un peu trop didactique et une deuxième plus fluide et grandement épique, cette suite s’avère différente sur plusieurs registres. Elle laisse d’ailleurs assez perplexe, car si elle ne manque pas d’atouts, elle s’empêtre dans des intrigues secondaires à l’intérêt discutable ne menant pas à grand-chose de concret. De même, plusieurs personnages se placent en retrait et ne disposent que peu d’occasions de rayonner. Le constat se veut d’autant plus étonnant que le héros de la série, le fascinant Ragnar Lothbrok, ne détient pas beaucoup plus l’opportunité que d’autres d’être mis en avant. Si les premières années illustraient son ascension, celle-ci s’attarde surtout sur ses échecs autant intimes que sur un niveau plus global. La seconde moitié de la saison l’oublie totalement, l’isole de tous et laisse une étrange impression tant l’absence d’un vrai liant entre les évènements se fait sentir. Malgré ces inconstances narratives, un dénominateur commun prévaut toutefois au sein de ces épisodes : la religion.

Curieux de nature, intéressé par les différences culturelles et ce qui l’entoure, Ragnar ne répond clairement pas aux clichés de la brute sanguinaire viking. Il croit en ses dieux, mais apprécie discuter avec Athelstan du sien, de ses propres convictions. Le lien unissant les deux compagnons est encore une fois superbement retranscrit à l’écran, avec beaucoup de finesse, d’humanité et d’émotions. S’ils ne proviennent pas d’un même monde, ils n’en demeurent pas moins connectés et cette relation quasi fusionnelle provoque maintes incompréhensions parmi leur peuple respectif. Les congénères de Ragnar voient pour la plupart d’un mauvais œil que celui-ci accueille toujours à bras ouverts son camarade, lui laisse passer plusieurs particularités, voire affronts à leurs mythes, et va jusqu’à prendre quelques engagements inattendus. Les interrogations de ces amis sont pertinentes et reflètent des doutes plutôt fédérateurs transcendant les époques. En revanche, la saison se fourvoie en se contentant d’utiliser Floki comme un unique élément perturbateur et obsessionnel de cette dynamique. Il hait du plus profond de son être l’ancien moine, le juge coupable de tous les malheurs s’abattant sur les siens et ne fait que majorer le dilemme de son roi. Qui plus est, le revirement d’opinion d’Athelstan en bout de course s’avère très mal amené et brutal. Au bout du compte, Ragnar se demande quels seront les dieux à l’emporter dans le futur. Les siens ? Celui supposément tout puissant des chrétiens ? Tous ne peuvent-ils cohabiter en paix ? Cette opposition entre les deux camps n’est pas nouvelle et délivre une certaine ambiance mélancolique. Avec cet arc, ces épisodes ne manquent donc pas d’intérêt ou de richesse, mais la dimension plus mystique du début de parcours, à Kattegat, a de quoi surprendre.

Vikings a, depuis le départ, cultivé son ésotérisme, ses mystères brumeux et l’illustration des cultes païens. C’est justement ce qui fait en partie son charme surtout que la série n’hésite jamais à employer son esthétique envoûtante pour parfaire son fond. Sur ce point, la saison ne déçoit pas tant elle continue d’émerveiller, visuellement comme musicalement parlant. La scénographie n’est pas laissée au hasard et détient de sérieux atouts pour satisfaire les amateurs d’univers poétiques où le brouillard colle à la peau. Par conséquent, retrouver les personnages sacrifier des animaux ne choque pas particulièrement et participe à cette envie de dépeindre davantage les différences culturelles entre les Vikings et les Anglais, tout en complexifiant les relations connectant ces deux peuples. Tout ça n’est donc pas nouveau. En revanche, ce qui se déroule à Kattegat, une fois que la majorité des hommes est partie avec Ragnar et les autres, pose question. Un vagabond campé par Kevin Durand (Dark Angel) arrive, trouble plus que de raison Aslaug pour ses supposés pouvoirs divins et provoque un évènement fort malheureux, bien que superbement réalisé. Ces moments paraissent oniriques tant ils se détachent du reste et ne disposent d’aucune explication rationnelle. Le résultat à l’écran n’est pas désagréable, mais oui, subsiste de nouveau une impression d’étrangeté, à l’instar des phénomènes en cours où Odin semble prendre ses quartiers. Les visions et stigmates de certains personnages se rangent aussi dans ces éléments hallucinés ayant de quoi égarer plusieurs téléspectateurs. Heureusement, le reste demeure bien accroché sur terre.

Bien sûr, l’insondable Ragnar ne fait pas que réfléchir dans son coin sur la religion tout au long de la saison. Puisque la situation politique est désormais équilibrée chez lui, il décide d’aller récupérer les territoires promis par le roi Ecbert. Avec ses compatriotes, ils partent donc tous sur leurs bateaux et rejoignent Wessex. C’est encore une fois l’occasion de retrouver ce souverain anglais très ambigu et fort charismatique. Dommage que cette intrigue ne se développe pas plus dans la durée, car elle représente l’un des points culminants de l’année. S’y entremêlent des dissensions avec les multiples chefs de la région et le retour de la calculatrice princesse Kwenthrith. Avec Ecbert la courtisant outrageusement, Lagertha s’y montre aussi plus à son avantage parce que les luttes intestines pour lui dérober son siège de jarl ne provoquent pas un franc enthousiasme. Le reste du temps, elle doit se contenter d’une place assez accessoire, quelque peu instrumentalisée, ce qui est fort malheureux et contrecarre son évolution. Cela ne l’empêche pas de s’avérer encore une fois majestueuse, implacable et définitivement indépendante dans ce monde brutal dominé par des hommes. Si les caméras quittent donc un peu trop rapidement l’Angleterre, c’est pour se diriger vers un endroit plus familier pour nous, public français. Les Vikings s’attaquent effectivement à Paris !

La saison n’hésite pas à diversifier ses points de vue personnels comme géographiques, ce qui est un atout comme un écueil. L’ambition de la série se ressent, mais il faut pour cela que l’écriture se montre plus consistante et ne se résume pas à une succession d’idées et de péripéties, oubliant au passage de raconter l’instant présent. Car c’est un peu ce qui se passe ici. Les épisodes introduisent des concepts, en jettent quelques autres sur la route et ne voient que le futur des protagonistes. Même des scènes d’action pourtant normalement propices à un souffle épique ne parviennent pas totalement à atténuer ces difficultés narratives. Ne boudons tout de même pas notre plaisir parce que ce serait mensonger de dire que l’assaut parisien est raté. Bien au contraire. Ragnar arrive donc en France et, pour la première fois, se trouve bien en peine. Qu’il trébuche divertit, illustre ses fêlures et l’humanise. Cet arc insère par la même occasion de nouvelles figures et des enjeux inédits malgré un cheminement légèrement prévisible. Rollo est celui s’en sortant le mieux et finit enfin par embrasser ses envies longtemps tues. Mais là aussi, le plus captivant, autrement dit sa confrontation avec son frère, sera sûrement à venir puisque tout reste ici encore à l’état d’ébauche émotionnelle. En tout cas, la reconstitution des Carolingiens convainc et démontre le soin que la production apporte aux détails.

En définitive, la troisième saison donne de Vikings s’apparente presque à une période de transition et montre quelques signes de faiblesse malgré une atmosphère toujours hypnotique. Au lieu de faire preuve d’homogénéité et de développer à bon escient ses héros, elle préfère proposer maintes intrigues secondaires à l’intérêt parfois limité et instrumentaliser ses personnages. L’orientation religieuse prédominante ne symbolise pas forcément son principal défaut, mais son angle mystique et allégorique se veut, lui, plutôt ambivalent. La série a su par le passé se révéler plus adroite et si le visionnage demeure agréable, ne serait-ce que parce que les figures majeures sont devenues attachantes, il importe que l’écriture retrouve sa finesse et sa régularité qualitative. Mais tout de même, Vikings représente pour moi l’une de mes favorites, l’une des valeurs sûres actuelles du petit écran, et c’est peut-être pour cela que je ne peux m’empêcher d’en attendre beaucoup. En tout cas, le terrain est désormais préparé pour délivrer une épopée flamboyante.
Bonus : la bande-annonce

Par |2017-05-01T13:58:10+02:00avril 20th, 2016|Séries canadiennes, Séries irlandaises, Vikings|0 commentaire