Yeonae Sidae | 연애시대 (Alone in Love)

Qui dit premier jour de la semaine spéciale Noël, dit premier article-cadeau ^^ Par conséquent, place à la demande d’Éclair, à savoir le k-drama Yeonae Sidae.

Après avoir testé différents genres chers au k-dramas, dont notamment les comédies romantiques, il est temps de passer à quelque chose de plus sérieux et adulte. Yeonae Sidae (Alone in Love) remplit ainsi parfaitement ce rôle. Il s’agit d’une adaptation d’un roman de Nozawa Hisashi. Composée de seize épisodes d’une soixantaine de minutes, la série fut diffusée entre avril et mai 2006 sur SBS, en Corée du Sud. Éclair s’est un petit peu inquiété en raison du caractère lent du k-drama, ai-je donc eu envie de le martyriser des années suite au visionnage ? La réponse ci-dessous ! Aucun spoiler.

Yoo Eun Ho Eun Ho, une instructrice de club de fitness a divorcé de son mari Lee Dong Jin après une tragédie, elle lui a reproché de ne pas avoir été là pour elle. Ils sont tout de même restés amis après le divorce et se sont rencontrés régulièrement. Même si tous deux commencent à voir d’autres personnes, ils ont encore beaucoup de sentiments l’un pour l’autre.
Source : Nautiljon

Yeonae Sidae est apparemment souvent considéré comme étant à part dans le monde des séries coréennes. Malheureusement pour vous, je serais incapable à l’heure actuelle de dire si c’est véridique ou non. Je n’ai que trop peu de recul puisque, pour le moment, je n’ai regardé que sept productions télévisuelles du pays. Toutefois, la série dégage une unicité et une authenticité particulières. Parmi la multitude de comédies romantiques codifiées et normées diffusées en Corée du Sud, il paraît indubitable qu’Yeonae Sidae doit quelque peu faire figure d’OVNI. Les épisodes suivent effectivement leur cours, tranquillement, tout comme le rythme de la vie. Il n’est nul besoin d’insérer maints rebondissements abracadabrants et éculés. Ici, point de carrés amoureux, de rivaux manipulateurs et agaçants ou encore de prévisibilités. Il semblerait que le scénariste ait mis de côté le cahier des charges des k-dramas et c’est une bonne chose. Il n’est pas du tout nécessaire d’avoir vu un grand nombre de séries pour s’en rendre compte tant il est clair qu’Yeonae Sidae respire la vie réelle à grande échelle. Si ces lignes ne sont pas suffisamment claires, oui, ce naturel offre à la série de bien beaux moments et en fait une série à voir et à revoir. En demandant cette série pour la semaine spéciale Noël, Éclair s’inquiétait de son rythme lent. Avant de la débuter, j’avoue que j’étais assez soucieuse. S’il est véridique qu’il ne se passe au final que peu de choses, Yeonae Sidae n’est en aucun cas ennuyant ou monotone. Plutôt que de parler d’une certaine lenteur, il est peut-être préférable de définir le drama comme une série paisible. On suit les épisodes avec un immense plaisir car ils sonnent réalistes et sans clichés ni fioritures. Au final, c’est une vraie bouffée d’air frais car la série prouve qu’il n’y a guère besoin d’en faire des tonnes pour offrir quelque chose d’unique et de simple. Ce qui marque en premier lieu est sans aucun doute son aspect profondément humain et qui ne peut que toucher ses téléspectateurs.

Si l’aspect épuré et l’absence de réels rebondissement peuvent rebuter certains, il est important de savoir qu’Yeonae Sidae est drôle. Certes, ce n’est pas délirant mais subtil. Il ne se passe pas un épisode sans un véritable éclat de rire, le genre qui vous met du baume au cœur. Certains personnages font ainsi preuve d’humour pince-sans-rire et sont caustiques. Ils pratiquent de plus régulièrement l’auto-dérision. Par conséquent, la série est résolument fraîche, même si les évènements dépeints sont sérieux. En fait, Yeonae Sidae trouve un juste milieu bien dosé entre le drame et l’humour. Les deux se chevauchent perpétuellement et se complètement de manière plutôt admirable. De plus, les deux personnages principaux partagent souvent avec nous leurs pensées. Alors que cela arrive régulièrement dans les séries, avec les protagonistes qui parlent tout seul dans leur coin, ici ce n’est pas le cas. Ce sont leur vraies pensées qu’ils gardent au fond d’eux. C’est ainsi qu’en plein dialogue, ils peuvent dire une chose et l’on entend le contraire dans leur tête, le tout sans aucune confusion, rassurez-vous.

Yeonae Sidae repose totalement sur ses personnages, ciselés et évolutifs. Le risque était par conséquent que les acteurs n’aient pas les épaules suffisantes pour assurer leur rôle. Ce n’est pas le cas, bien au contraire. Yoo Eun Ho et Lee Dong Jin étaient autrefois mariés et heureux. Un évènement tragique est survenu et leur couple n’a pas survécu, comme cela arrive malheureusement fréquemment dans ce genre de situation. Cet évènement en question n’est pas un mystère, on le devine dès le premier épisode. Pour ne pas vous gâcher quoique ce soit, il n’y sera pas fait référence dans cet article. Il se passe un très grand nombre d’épisodes avant que les personnages n’en parlent concrètement. Ce fut un traumatisme et il est certainement pour eux difficile de s’y confronter encore une fois. De nombreux flashbacks sont disséminés au cours des épisodes et sont toujours bien intégrés, d’autant plus qu’ils servent l’histoire. Ils montrent la plupart du temps des moments triviaux du quotidien mais qui mettent en exergue la tristesse dans laquelle se trouve l’ex-couple. Leur histoire d’amour est dès lors retracée du début à la fin… enfin, il n’y a pas de réelle fin malgré le divorce. Eun Ho et Dong Jin, en dépit de leur séparation, s’aiment toujours. Ils le savent pertinemment mais ne peuvent plus vivre en couple. Ils se voient quasiment tous les jours, sortent ensemble avec leurs amis, mangent dans le même café, chacun sur sa table mais en se parlant, etc. Comment peuvent-ils recommencer une vie s’ils se voient toujours ? Ils en profitent en plus à chaque fois pour se chamailler et se lancer des piques. Ce n’est jamais cruel mais ils se blessent souvent, notamment car ils sont tous deux à fleur de peau. Leur relation est complexe et tout à fait crédible. Yeonae Sidae débute quelques années après l’évènement déclencheur et ils n’ont toujours pas fait le point. Ils décident toutefois, chacun de leur côté, de chercher un nouveau partenaire. Cela ne va-t-il pas bouleverser leur train-train quotidien ? Voir leur ex-mari/ex-femme avec une autre personne ne va-t-il pas les toucher plus que de raison ? Vont-ils parvenir à passer outre leur difficulté pour se retrouver ? Le téléspectateur (moi en tout cas ^^) veut certainement que cet ancien couple se remette ensemble car il est évident qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Quand bien même on sait que l’amour ne suffit pas toujours, on espère qu’ils se réconcilieront. Néanmoins, au fil des épisodes on réalise que finalement, ce que l’on souhaite c’est que ces personnages soient heureux. Tout simplement. Si Eun Ho et Dong Jin restent dans leur coin, ce n’est pas nécessairement une fatalité, tant qu’ils réussissent à trouver le bonheur ailleurs. On aime ces personnages car ils sont touchants. Leur grande force réside assurément dans leur écriture mais aussi dans l’interprétation. Eun Ho, incarnée par Son Ye Jin, est une femme forte mais qui n’a pas réussi à surmonter ce qui a brisé sa vie de couple. Fraîchement divorcée, son nouveau statut est vecteur de difficultés dans un pays qui ne le tolère guère. Quant à Dong Jin, il est incarné par Kam Woo Sung que j’avais déjà eu l’occasion de voir dans l’excellent film Le Roi et le Clown (Wang-ui namja – à voir si ce n’est pas fait !). Dong Jin ne montre pas ses sentiments et est désinvolte, quand même bien il se retrouve dès lors dans des situations qui le font souffrir. Si ce duo brisé est à l’honneur, il est toutefois concurrencé par un autre, plus léger mais tout aussi attachant.

Eun Ho a une petite sœur, Ji Ho, avec qui elle vit. Peu féminine, elle mange comme douze, ne fait pas d’efforts vestimentaires et dit souvent tout haut ce qu’elle pense. C’est bien simple, elle est adorable. Elle est jouée par la très jolie Lee Ha Na. Elle n’en rate pas une pour se moquer du meilleur ami de Dong Jin, le docteur en gynécologie Gong Joon Pyo, interprété par Gong Hyung Jin. Les deux sont constamment ensemble et souhaitent la plupart du temps que Eun Ho et Dong Jin se retrouvent pour de bon. Ils n’hésitent pas pour cela à user de quelques petits stratagèmes pour raviver la flamme. Ils sont très drôles et attendrissants. Le couple prend de l’importance au cours de la série pour notre plus grand plaisir. Leur dernière scène dans l’ultime épisode est à leur image, soit drôle et touchante.
Si ces quatre personnages sont le cœur même d’Yeonae Sidae, d’autres sont aussi présents mais demeurent plus en retrait. Aucun n’est détestable et tous s’intègrent de manière tout à fait correcte au scénario. Ce qu’il y a de réellement agréable est qu’il n’y a jamais de volonté d’exagération. Ces personnages secondaires sont eux aussi naturels et n’en font pas des tonnes. Certains marquent plus que d’autres, pour des raisons probablement différentes selon le spectateur. Pour ma part, ma préférence va à la petite Jo Eun Sol, jouée par Jin Ji Hee plutôt incroyable vu son âge, qui est profondément blessée par la méchanceté bête et gratuite de son père. Jung Yoon Soo, portant les traits de Suh Tae Hwa, est lui aussi touchant par sa volonté de passer à autre chose et d’essayer de construire un avenir avec Eun Ho. Mais n’oublions pas non plus la dynamique catcheuse Na Yoo Ri, jouée par Ha Jae Sook, qui veut juste gagner un match et qui souffre en raison de son physique. Yeonae Sidae met ainsi en avant plusieurs personnages sympathiques et que l’on se plaît à suivre et à voir interagir.

La série, en plus de parler d’un couple meurtri, se permet une certaine réflexion sur la société coréenne et sur plusieurs thèmes fédérateurs. Comme écrit plus haut, il est question du statut de femme divorcée mais cela ne s’arrête pas là. Les femmes seules ayant un enfant sont aussi évitées en Corée et Yeonae Sidae le pointe du doigt. Par ailleurs, subrepticement, le thème de homosexualité est soulevé et cela d’une très jolie manière. De nombreux sujets sont développés comme la perte d’un être cher, les séparations amoureuses, la violence conjugale ou encore la solitude, comme le laisse d’ailleurs supposer le titre de la série. A chaque fois les épisodes font mouche et trouvent assurément résonance en vous. Il n’est pas nécessaire d’être marié ou divorcé pour que cela vous marque, loin de là.
La fin est superbe et conclut à merveille les seize épisodes. Elle est tout simplement pleine de vie, dans ses mauvais comme dans ses bons moments.

Yeonae Sidae est une petit pépite comme on aimerait en voir davantage. Si sa simplicité peut décourager certains, il serait réducteur de ne garder que cela en mémoire. Cette série coréenne est adulte, naturelle, sereine et reposante. On rit, on pleure et on se sent ainsi vivre, ce qui est toujours agréable. Les personnages sont comme vous et moi, ils tentent de ne pas couler, se battent et parfois ils flanchent. Yeonae Sidae n’use et n’abuse pas de tous les ressorts scénaristiques habituels mais dépeint le quotidien de plusieurs individus, parfaitement interprétés. Cela ne signifie pas que les épisodes manquent d’originalité et sont monotones, bien au contraire. Ils se regardent facilement et sont tous plutôt doux-amers car ils procurent à la fois du plaisir et de l’humour mais aussi de la peine. Yeonae Sidae est au final une parfaite association entre le drame et et la gaieté. Il s’agit là d’un vrai cocktail d’émotions qui nous touchent au plus profond.

Par |2017-05-01T14:01:27+02:00décembre 19th, 2010|Semaine spéciale Noël, Séries sud-coréennes, Yeonae Sidae|12 Commentaires

Minami Sineyo | 미남이시네요 (You’re Beautiful)

Oyez oyez, place au hit sud-coréen de la fin 2009 ! Comment ça, vous n’avez pas entendu parler de lui ? En êtes-vous bien sûr ? Quiconque s’intéressant au minimum aux k-dramas a forcément déjà croisé le chemin du mastodonte Minami Sineyo, Minami Shineyo de son titre original. Non, il n’est pas du tout question de l’insipide chanson de James Blunt, fort heureusement pour nos oreilles déjà trop abîmées à force d’écouter de la k-pop niaise. Ce n’est pas se fourvoyer que de dire que Minami Sineyo fut le succès de l’année en Corée du Sud. Composée de seize épisodes d’approximativement 70 minutes, la série fut diffusée entre octobre et novembre 2009 sur SBS. Elle a raflé un nombre assez incroyable de prix mais nous savons tous que cela ne veut pas forcément dire grand chose, surtout en Asie. Aucun spoiler.

Go Mi Nyu est orpheline et a toujours vécu au couvent. Elle se destine à être bonne sœur. Son frère jumeau, lui, veut devenir chanteur professionnel et réussi à se faire intégrer au groupe A.N.JELL. Mais suite à un problème de chirurgie esthétique, il doit rester en Amérique quelques temps et demande à sa jumelle de le remplacer au sein du groupe jusqu’à son retour. Go Mi Nyu pour aider son frère mais aussi dans l’espoir de retrouver sa mère, se fait donc passer pour Go Mi Nam et sort de son couvent pour intégrer un groupe de garçons…
Source : Mangas Arigatou

Encore une série sur le travestissement. A l’instar des Japonais (Hanazakari no Kimitachi e, pour n’en citer qu’un), les Coréens ont l’air d’apprécier ce genre. Minami Sineyo met en avant un boys band, A.N.JELL. Comme tout groupe qui se respecte, ses membres sont beaux, jeunes et ont une cohorte de fans en délire. Bien que certains d’entre vous écoutent peut-être les musiques à la mode de là-bas, le drama pourrait vous rebuter. Je parle en connaissance de cause puisque je fais partie de cette catégorie. Malgré les critiques globalement positives, on ne peut pas dire que je fus vraiment intéressée. Encore une série avec des bishônen bien sous tous rapports, une romance à deux francs six sous et des mélodies sirupeuses ? Baaaah. My Girl a changé tout cela. Rappelez-vous, il s’agit d’une comédie romantique, mignonne comme tout, et extrêmement fraîche. Il se trouve qu’elle a au moins un point commun avec Minami Sineyo. Effectivement, ces deux séries ont été écrites par les soeurs Hong. Il n’a pas fallu davantage pour que je me penche sur la question tant My Girl est maîtrisée de ce point de vue là. Allons bon, j’arrête de tourner autour du pot pour le dire haut et fort : oui, j’ai adoré Minami Sineyo. C’est même plus que ça, je me suis laissée totalement envahir par la série. Mon degré d’affection est tel qu’une fois le seizième épisode terminé, j’ai failli recommencer à zéro. Je me souviens même pas d’avoir eu cette idée pour une quelconque série cette année.

Sur le papier, Minami Sineyo n’a rien d’original. L’histoire est déjà vue, le thème du travestissement étant par ailleurs un peu trop utilisé depuis quelques années. Il est vrai qu’oser mettre en avant une future bonne sœur est assez novateur de ce côté-là mais rien de suffisant pour crier au génie. Les personnages ne sortent pas non plus des terrains battus. Mettez un leader soupe au lait, ajoutez-y un soupçon de tendresse avec un membre aux yeux de cocker et terminez par une pile électrique au sourire permanent et voilà, vous avez la recette d’A.N.JELL. N’oublions pas le nouvel arrivant, efféminé (mais ne le sont-ils pas tous ? ^^) et assez niais. Le scénario des épisodes est lui aussi prévisible puisque tout ce à quoi l’on pense arrive. Les triangles (voire plus) amoureux, les revirements de situation, les quiproquos, les annonces grandiloquentes, bref, tout ce qui fait le sel d’une comédie romantique est de la partie. De quoi faire peur puisqu’il n’y a que des clichés et tous les poncifs du genre. Mais comment cette série peut-elle être regardable ? C’est bien simple, le talent des sœurs Hong y est pour beaucoup. Il y a des stéréotypes ? Jouons donc avec ! Amusons la galerie en parodiant à tour de bras, tout en proposant des personnages adorables et truculents. Est-ce que cela veut dire que c’est superficiel ? D’un certain point de vue oui, mais de l’autre, la série ne se prend jamais au sérieux. C’est un pur divertissement et on sent que les scénaristes savent où ils vont. Ils maîtrisent à merveille les codes du genre et en jouent .
Les références à la pop culture fourmillent de partout. Le drama se déroulant dans l’univers de la k-pop, il est évident que nombre de groupes se voient ainsi cités, explicitement ou non. Il n’est nullement nécessaire de les connaître pour s’en amuser. Personnellement, à part quelques groupes je suis une quiche et j’ai quand même adoré. A l’instar de My Girl, les personnages se font aussi des films dans leur tête et on a le droit de les voir. Evidemment, c’est à chaque fois tourné avec humour et certains sont drôles voire hilarants. A force de parodier, l’histoire pourrait s’alourdir mais ce n’est pas du tout le cas. C’est au contraire, un atout non négligeable. L’atmosphère est ainsi détendue et bon enfant. En un mot, c’est fun. Cet aspect purement divertissant est par la même occasion un défaut puisque le drama n’est pas très profond mais on s’en fiche assez sur le moment présent. Minami Sineyo joue beaucoup avec l’absurde, ce qui peut rebuter certains. Les acteurs surjouent assez ce qui rend l’ensemble plutôt excessif, presque théâtral. Si l’esprit de la série est clairement délirant, ce n’est ni stupide, ni lourd. Bien au contraire, le mélange des genres est savamment dosé et on navigue entre auto-dérision et moments riches en émotions. Il est clair que le public visé est féminin, comme la quasi totalité des comédies romantiques, mais les hommes peuvent très bien y trouver pour leur compte.

Au-delà de l’écriture des scenarii et des dialogues parfaitement maîtrisée, les personnages tiennent aussi la barre haute. S’il est indubitable que les clichés et stéréotypes sont de la partie, c’est encore une fois pour mieux en jouer. L’héroïne de l’histoire, Go Mi Nyu est interprétée par Park Shin Hye (Bicheonmu). Afin d’aider son frère qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, elle se fait passer pour lui et intègre, non sans fracas, le boys band. Naïve, elle est douce et laisse un peu trop passer les choses. Elle n’en demeure pas moins mignonne comme tout, même si on a souvent envie de la secouer un petit peu et lui dire d’ouvrir grand les yeux. Son travestissement n’est pas du tout crédible mais c’est souvent le cas dans les films/séries de ce type. Le groupe cohabitant dans une vaste maison, elle se retrouve entourée de trois jeunes hommes et s’en suivent les nombreux rebondissements que l’on peut attendre. Sauf que deux d’entre eux découvrent très rapidement que Go Mi Nam n’est pas Go Mi Nam mais une fille. Pour une raison qui les regarde, ils se taisent et en profitent… ou pas ! Les trois membres ont leurs propres qualités et défauts ce qui fait que chaque téléspectateur y trouve pour son compte. Le leader, Hwang Tae Kyung, est autoritaire, froid, arrogant, distant, sombre et ne sourit jamais. En plus d’arborer une vilaine mèche cachant un oeil au début de la série, il n’en rate pas une pour embêter notre gentille héroïne. Tout ceci n’est en réalité qu’apparence puisqu’il est maniaque, psychorigide et marqué par l’abandon de sa mère. Ce que ces mots ne laissent pas transparaître c’est qu’il est exceptionnel. Oui oui. Il est difficile d’expliquer à quel point il est fantastique car sur le papier, ce n’est pas vraiment ça. Il faut le voir pour le croire. L’interprétation, le charme et la voix grave de son interprète, Jang Geun Suk, y jouent, impossible de le nier. Tae Kyung laisse parfois tomber son masque et on le découvre sous un nouveau jour. Il garde au fond de lui une grande innocence et en devient encore plus attachant. Il peut en plus être très drôle mais il ne fait rien pour, bien au contraire ! Evidemment, il se déride au contact de Go Mi Nam / Go Mi Nyu et s’en suit une découverte de certains sentiments.
Tae Kyung est toutefois concurrencé par le doux et calme Kang Shin Woo, joué par Jung Yong Hwa. Posé, il ne brusque jamais personne et prend toujours en compte les sentiments de ses comparses. Il est le fameux rival cher aux Coréens. La comédie romantique étant ce qu’elle est, on sait qu’il a fort peu de chance de finir avec l’héroïne mais on espère quand même et son sort nous brise le coeur à de nombreuses reprises. Comment ne pas fondre face à des scènes comme celle où il est dans la rue, attendant un simple regard ? Malheureusement, il est assez fade et ne se bouge pas assez. Allons, c’est pas comme ça qu’on se fait remarquer !
Jeremy est le troisième membre du groupe et est tout aussi génial que les deux premiers. Vraiment chou et sincère, il a toujours la pêche et ses mimiques sont collector. Lee Hong Ki porte ses traits à merveille et le rend encore plus attachant. Jeremy est tout simplement lumineux. Partout ou il passe, il égaye la pièce. Il est certes un des ressorts comiques du drama mais il risque aussi de vous filer le bourdon vers la fin… Quoiqu’il en soit, il n’en demeure pas moins adorable. Dommage qu’il soit aussi peu mis en valeur.

N’ayant regardé que My Girl des sœurs Hong, je ne peux toutefois pas m’empêcher de la comparer avec Minami Sineyo qui repose exactement sur les mêmes ficelles. Il y a des chances pour que leurs autres séries soient dans la même veine. Après tout, on s’en fiche un peu lorsque c’est aussi bien mené. Par conséquent, ce n’est pas étonnant si les personnages secondaires sont aussi travaillés. Ils ont tous leur minute de gloire et sont souvent délicieux car décalés. Impossible de tous les citer sans rendre cet article encore plus indigeste mais pensons rapidement au manager Ma, tellement maladroit et à côté de la plaque, à la styliste frivole, au groupe de fangirls, au producteur, etc. Certains auront peut-être reconnus Choi Ran (My Girl) dans le rôle de la tante de Go Mi Nam et Mi Nyu. Chacun apporte sa pierre à l’édifice et amuse la galerie. Les méchants sont aussi de la partie et ne sortent pas des sentiers battus, par exemple la mère de Tae Kyung manque de saveur. Toutefois, la fameuse rivale qui n’hésite pas à ramper plus bas que terre pour arriver à ses besoins finit par se révéler assez agréable. Minami Sineyo brosse dès lors un sympathique portrait de nombreux personnages, même s’il n’y a rien de bien original.

La série se déroulant dans l’univers de la k-pop, on rentre dans le monde des idols. Elle met probablement en avant un certain reflet de ce qu’il s’y déroule en Corée du Sud mais ce n’est pas non plus extrêmement recherché. Là n’est pas le but. En plus de multiplier les références aux boys et girls band, deux des acteurs principaux sont aussi issus de ce système puisque Lee Hong Ki est un membre de F.T. Island et Jung Yong Ha de C.N. Blue. La bande son du drama dévoile quelques jolies chansons créées pour l’occasion et chantées par les acteurs/artistes. Elles sont parfois assez répétitives mais ne sont, fort heureusement, pas désagréables à l’oreille.

En dépit d’un manque d’originalité évident ou encore de l’utilisation de nombreuses ficelles scénaristiques connues, Minami Sineyo se révèle être une série addictive au plus haut point. Une fois commencée, il est difficile de s’arrêter tellement on s’attache aux personnages hauts en couleurs et vivifiants. Les moments drôles ne manquent pas tant le drama est baigné dans le burlesque. Ce manque de réalisme n’est en aucun cas préjudiciable et apporte au contraire un grand vent de fraîcheur. Les parodies et références à la culture populaire ne font qu’ajouter de l’humour et de la bonne humeur. Minami Sineyo est dès lors une série de pur divertissement totalement assumé et qui met du baume au coeur. Tout n’est évidemment pas parfait mais ses défauts sont tellement noyés dans cet immense océan d’auto-dérision, de références, de délires en tous genres (ah le fameux coup de la fanfiction !), et de scènes émouvantes que l’on est emporté instantanément dans le tourbillon d’A.N.JELL. Dès lors, le mal est fait, on ne veut plus jamais en sortir !
Tout ça pour dire que si vous voulez m’offrir un cadeau à Noël, j’aimerais bien le lapin-cochon :D

Par |2020-04-03T18:46:13+02:00décembre 16th, 2010|Minami Sineyo, Séries sud-coréennes|13 Commentaires