Taewang Sasingi | 태왕사신기 (The Legend)

Comme j’ai pu l’annoncer en début d’année, Luminophore ira faire un tour un peu plus régulier du côté des séries de Corée du Sud. Si certes, nous sommes déjà fin juillet, j’ai déjà eu l’occasion de terminer d’autres k-drama dernièrement ce qui fait que quelques articles devraient arriver assez rapidement. Après avoir adoré Iljimae et Story of a Man, je ne me voyais pas bouder le pays du matin calme. Ayant envie de regarder quelque chose d’historique, je me suis laissée tenter par Taewang Sasingi. Diffusée entre septembre et décembre 2007 sur MBC, la série est composée de 24 épisodes plus deux spéciaux. L’un d’entre eux est passé avant le début de la série alors que le second, après. Ils sont des sortes de documentaires donc sont dispensables pour comprendre l’histoire. Ils seront traités un jour sur Luminophore. A noter que Taewang Sasingi est une des productions télévisuelles qui a couté le plus d’argent au pays (environ 45 milliards de won soit presque 30 millions d’euros). Le tournage a duré presque deux ans. Heureusement pour eux, les audiences furent plus qu’au rendez-vous. Une des scénaristes n’est autre que Song Ji Na qui a déjà travaillé sur Story of a Man. Il existe une adaptation japonaise réalisée par la Takarazuka Revue, une troupe de spectacle uniquement composée de femmes non mariées. Taewang Sasingi a raflé beaucoup de prix en Corée du Sud en 2007. Mérités ou pas ? C’est ce que nous allons voir. Aucun spoiler.

Jadis, le Roi des Cieux Hwanwoong était descendu sur Terre, dans l’espoir d’y améliorer la vie des humains. Le royaume de Jooshin, qu’il devait créer, avait pour ambition de leur apporter stabilité et protection, bref, leur apporter un monde meilleur. Hélas, même les dieux succombent parfois aux passions : Hwanwoong tombe amoureux de Saeoh, provoquant ainsi la jalousie de la prêtresse Kajin. Les pouvoirs de feu de celle-ci sont si dévastateurs que Hwanwoong les lui retire, et les enferme dans une amulette, qu’il offre à sa compagne Saeoh. Quelque temps plus tard, ils ont un fils, mais Kajin dont la colère ne s’est pas apaisée, le kidnappe, poussant ainsi Saeoh a utiliser le pouvoir de feu contenue dans l’amulette. Hwanwoong n’a alors d’autre choix que de tuer celle qu’il aime mais, dépité, il retourne dans les cieux et laisse le royaume de Jooshin à son sort. Il laisse toutefois un message à son peuple : dans 2000 ans, un roi naitra et rebâtira Jooshin, avec l’aide de quatre divinités.
Et 2000 ans plus tard, c’est effectivement ce qui se produit : les 4 divinités se réveillent alors que naît un prince. Sauf qu’il en naît en fait deux… lequel restaurera le royaume de Jooshin dans toute sa grandeur ?
Source : SériesLive

Le fait que je sois friande de fictions historiques n’est pas un secret. Les Coréens semblent eux aussi apprécier le genre ce qui n’est clairement pas pour me déplaire. Si Taewang Sasingi appartient donc à cette catégorie, il n’est toutefois pas possible de la ranger de suite dans une case bien établie. Effectivement, la série lorgne beaucoup sur la fantasy, un autre de mes genres favoris d’ailleurs. Par conséquent, difficile de ne pas avoir envie de visionner ce k-drama. C’est avec une grande surprise que la découverte de la mythologie s’est faite. Comme son nom l’indique, il est question d’une légende, en l’occurrence celle du royaume de Jooshin et de ses quatre divinités, représentées par des animaux divins. Si cela parle sûrement à peu d’entre vous, ceux qui connaissent un petit peu la mythologie asiatique, notamment celle des quatre dieux divins, auront forcément un sentiment de déjà vu. Pour ceux qui ne le savent pas, je suis une grande férue du manga Fushigi Yugi, et de sa préquelle Fushigi Yugi Genbu Kaiden, de Yuu Watase. Tous deux traitent justement de ces fameux dieux, chacun représentant un territoire bien précis. Il y a Suzaku, le phénix ; Seiryû, le dragon bleu ; Genbu, la tortue emmêlée au serpent ; Byakko, le tigre. Autrement dit, les mêmes dieux que dans Taewang Sasingi. Imaginez donc mon étonnement en découvrant le k-drama. Si dans le manga, les dieux sont finalement peu visibles, représentés par des étoiles humaines aux pouvoirs spéciaux, il n’en demeure pas moins qu’il existe entre les deux oeuvres une analogie fort présente. Cette légende des quatre dieux n’est ni coréenne, ni japonaise mais il me semble qu’elle est chinoise. Evidemment, chaque pays a dû l’interpréter à sa manière. Elle a souvent été transposée, que ce soit dans des romans, mangas, etc. Tout ça pour dire qu’en débutant Taewang Sasingi, j’ai eu comme une drôle d’impression, me demandant pourquoi je voulais une adaptation télé de Fushigi Yugi puisque j’avais une version, différente certes, mais qui me donnait quand même un peu pour mon compte ^^ Si jamais il y a des amateurs du manga de Yuu Watase, je conseille très fortement Taewang Sasingi, ne serait-ce que pour voir les dieux en action.

La légende est justement le moteur de la série. Les 24 épisodes sont construits autour d’elle, le but étant que le roi de Jooshin se fasse connaître, qu’il instaure notamment la paix grâce aux quatre dieux divins. Chacun de ces dieux est représenté par un symbole bien particulier, activé par une personne elle aussi bien spécifique. Si certaines d’entre eux savent qu’elles ont une destinée particulière, d’autres non et la souffrance n’est jamais très loin. C’est en cela que la série est résolument baignée dans une atmosphère de fantasy. Les personnages ont par ailleurs pour certains des pouvoirs surnaturels et le manuel d’utilisation ne vient pas toujours avec. De ce fait, leur maîtrise est loin d’être de mise, provoquant comme cela est tout à fait imaginable, des tragédies. Si un des représentants des dieux est très vite connu, l’identité des trois autres s’étale sur les épisodes et amène le téléspectateur à émettre forcément quelques spéculations. J’étais sûre que le gardien du dragon était *bip* et j’espérais très fort que celui du tigre soit *bip* :D Le phénix a un statut particulier car il est inexorablement lié aux sentiments humains, dans leurs bons comme dans leurs mauvais côtés.

Cependant, la légende n’est pas que liée aux quatre dieux divins, il y a aussi leur dirigeant, le fameux roi de Jooshin. Sa découverte se fera elle aussi dans la souffrance, brisant des familles et détruisant des personnes n’ayant à la base aucune once de méchanceté en elles. Deux hommes seront sur les rangs. En y réfléchissant, on se rend compte que finalement, aucun des deux n’aurait voulu de ce rôle à la base. Si les deux princes se mèneront la guerre, ne se faisant plus aucun cadeau, il existait au départ une belle amitié mêlée de respect et d’admiration que la lutte de pouvoir entre les différentes familles aura détruite. La série est résolument tragique. Les personnages ont pour la plupart un destin assez horrible. Ils ont beau se battre contre l’inévitable, rien n’y change. Les morts tombent depuis des millénaires, des liens sont brisés et le calme ne semble jamais pouvoir arriver.
En raison de sa mythologie, Taewang Sasingi est assurément une série riche et dense, ne laissant pas insensible. Le premier épisode, plus long que la moyenne, sert de présentation et expose les tenants et aboutissants. Il faut attendre quelques épisodes pour que la série soit véritablement lancée.

Au delà de l’aspect très magique et merveilleux de la série, Taewang Sasingi ne se départ pas de son côté historique. Ainsi, d’un point de vue esthétique, les costumes, décors et reconstitutions d’époque sont de la partie, pour notre plus grand plaisir. Mention toute particulière aux vêtements de la prêtresse Kiha qui sont souvent très beaux et raffinés. Forcément, la série est aussi l’occasion d’en apprendre un peu plus sur le passé de la Corée. Si ce n’est pas toujours évident de comprendre les subtilités des différentes régions ou de ses peuples, l’histoire est suffisamment bien écrite pour ne pas plonger le téléspectateur dans la confusion, même lorsqu’il est inculte comme moi. La multiplicité des personnages est elle aussi assez difficile au départ, surtout lorsqu’on s’emmêle dans les noms, mais petit à petit les rouages se mettent en place.
Qui dit nombreuses familles, royauté, politique, dit forcément complots, trahisons, luttes intestines, manipulations ou encore stratégies. De nombreuses alliances se créent, rarement désintéressées d’ailleurs. En cela, Taewang Sasingi pourrait presque finir par être redondante car cette quête du pouvoir dure sur la totalité des épisodes mais ce n’est pas le cas, notamment grâce à une ambiance particulière et des rebondissements crédibles et variés.

Le k-drama est résolument humain dans le sens où en plus d’une mythologie fouillée, les personnages ont assurément la part belle. Quasiment tous tributaire d’un destin tragique, ils tentent de se construire un futur voire tout simplement de s’offrir un présent pour certains. Si Taewang Sasingi a un véritable héros, Dam Deok, la série ne s’axe pas uniquement sur lui, n’hésitant pas à développer ses autres personnages. Leur rendre hommage n’allongerait que de trop cet article déjà bien trop long mais il faut savoir qu’à une exception près, ils sont tous ciselés et non manichéens. Interprété par Bae Yong Jun, Dam Deok est au départ un jeune homme qui n’a aucune envie de devenir roi. Insouciant, il veut juste passer du bon temps. Au fil des épisodes il s’affirme et s’il est loin d’être parfait, tente de composer au mieux. Deux femmes gravitent autour de lui, deux femmes aux passés intimement liés. La première n’est autre que Kiha, jouée par Moon So Ri. Froide et distante, elle fut marquée par un évènement tragique qui lui ravit toute son existence. Ce fut assez difficile de réellement l’apprécier malgré la tristesse qui l’entoure et dont elle n’est qu’une simple victime. Par contre, le rayon de lumière n’est autre que Sujini (Lee Ji Ah), véritable bout-en-train. Aimant un peu trop la bouteille, elle est l’opposée de Kiha. Ce qu’elle est chouette. Si elle est joviale, ayant toujours le mot ou le geste pour rire et faire des bêtises, elle n’en est que plus touchante lorsqu’elle enlève ce masque de jeune femme futile. Ce fut mon vrai coup de coeur. Autre membre du carré important de personnages, Yeon Ho Gae (Yoon Tae Young), le concurrent de Dam Deok au trône de Jooshin. Encore un de ces héros qui, à l’instar de Kiha, est marqué par les actes de son entourage, n’ayant aucune possibilité de s’en sortir. Si ces quatre-là sont le principal moteur de Taewang Sasingi, d’autres se partagent l’affiche. Retenons surtout le génial et extraordinaire Jumuchi, portant les traits de Park Sung Woong. Le résumer à un simple mercenaire hurlant et râlant serait bien trop réducteur. Bravache et aimant une bonne bataille, il se transforme en petit garçon lorsqu’il se retrouve face à une femme qu’il aime en secret. Cheoro représenté par le charmant Lee Philip (Story of a Man), ne dit pas grand chose mais il n’en dégage pas moins beaucoup de charisme. Il en est de même pour Saryang (Park Sung Min), sous l’égide du peu intéressant méchant de service Daejangro (Choi Min Soo) mais dont la fidélité fluctuera au cours des épisodes, préférant plutôt l’accorder à la femme qu’il suit depuis toujours, Kiha. Mais il y a aussi le maître du village de Sujini (Oh Kwang Rok, Old Boy) la forgeronne (Kim Mi Kyung, Story of a Man), le chef de Julno et son fils (qui dans la vraie vie est aussi son fils ^^) et tous les autres dont on ne se souvient pas forcément du nom mais qui apportent leur pierre à l’édifice faisant de Taewang Sasingi une série avec des personnages creusés, évolutifs, intéressants et souvent attachants.

Si la série possède un ton résolument sérieux, l’humour est plus que présent grâce à des dialogues parfois enlevés et des protagonistes plutôt drôles. Certaines situations prêtent aussi à la joie et la bonne humeur, ce qui fait du bien dans le sens où les évènements relatés ne sont que trop tragiques. Les amateurs de batailles seront ravis car il y a beaucoup d’action, de belles scènes de guerre et elles sont généralement bien filmées. La sublime bande-son de Hisaishi Joe, oui celui-même à l’origine de la plupart des films d’animation de Miyazaki Hayao, accompagne à merveille les paysages et les aventures. Elle ne laisse assurément pas de marbre. Les connaisseurs de musique coréenne reconnaîtront aussi les compositions de Dong Bang Shin Ki.

Taewang Sasingi est ainsi un k-drama historique riche et dynamique, où se mêlent des destinées tragiques, une atmosphère épique, une belle galerie de personnages réalistes, ambigus, forts et creusés. La mythologie offre par ailleurs une ambiance résolument axée fantasy. Il est question de pouvoir, de magie, de religion, de croyance, de romance ou encore de réincarnation, le tout sous fond de batailles héroïques. Le mélange des genres est pertinent et procure une dimension particulière et plutôt unique. Si la série met un petit peu de temps à démarrer, une fois lancé il est difficile de s’arrêter. La fin est assez frustrante car elle trop précipitée mais elle s’explique apparemment en grande partie par les nombreuses blessures de Bae Yong Jun. Cela n’empêche aucunement Taewang Sasingi d’être une grande épopée intense, souvent déchirante et touchante. Bien écrite et plus que correctement interprétée, elle ne laisse pas indifférent et fait voyager dans le temps et dans l’espace.
Un très grand merci à Livia pour ce conseil :)

Par |2018-07-06T17:48:25+02:00juillet 27th, 2010|Séries sud-coréennes, Taewang Sasingi|5 Commentaires

Namja Iyagi | 남자이야기 (Story of a Man – A Man’s Story – The Slingshot)

Voici le premier “article-cadeau” de la semaine spéciale Noël. Comme Carole l’a demandé, c’est le k-drama Namja Iyagi qui est à l’honneur.

Cette fin d’année 2009 aura été résolument coréenne puisque j’aurai regardé deux k-dramas. Rappelez-vous, j’ai débuté par Iljimae en novembre que j’ai adoré. Story of Man est ma seconde série du pays du matin calme. Diffusée entre avril et juin 2009 sur KBS2, elle dure 20 épisodes de 70 minutes environ. Elle a reçu le prix du meilleur drama au 2009 Seoul International Drama Awards. A noter que je vais parler tout du long de l’article de Namja Iyagi mais on retrouve ce k-drama sous diverses appellations comme A Man’s Story ou encore The Slingshot. Aucun spoiler.

Kim Shin menait sa vie sans se soucier du lendemain aux côtés de sa petite amie Kyung Ah, mais tout change lorsque son grand frère se suicide suite à la faillite de son entreprise. Il laisse derrière lui d’importantes dettes que Kim Shin doit rembourser au plus vite. Afin de venger la mémoire de son frère, Kim Shin commet un geste irréparable qui va l’envoyer en prison. Il y apprend qu’un homme, Do Woo, était la personne responsable de la faillite de l’entreprise de son frère, grâce à une mystérieuse jeune fille, Eun Soo, qui s’avère être la petite sœur de Do Woo, lorsque celle-ci vient lui présenter ses excuses au parloir. Kim Shin décide alors de profiter de son incarcération pour mettre en œuvre sa vengeance. Se joindront à lui Kyung Tae, un génie autiste, Jae Myung, qui veut également se venger de Do Woo, et Moon Ho, l’oncle bienveillant de Kyung Tae. Entre temps, Kyung Ah, qui mène maintenant une toute autre vie, a ainsi eu l’occasion de rencontrer Do Woo, un homme froid et calculateur.
Source : NewsAsia

Lorsque Carole a demandé de traiter Namja Iyagi pour la semaine spéciale Noël, j’ai vite lu le synopsis et ça m’a plutôt intéressée. J’ai toujours eu un faible pour les histoires de vengeance. Pour ne rien gâcher, l’acteur Lee Moon Shik interprète un homme voulant aider Kim Shin dans sa tâche. Je l’avais adoré dans Iljimae, c’est lui qui incarnait le père adoptif de Ryung et il est franchement fantastique. Ici c’est un peu pareil. Dès que je l’ai vu, j’étais toute contente ^^ N’y connaissant rien -ou si peu- en acteurs coréens, je suis incapable de dire s’il y en a des connus. Ceci dit, on retrouve Kim Roe Ha, jouant aussi dans Iljimae, qui incarne un bien pleutre directeur financier (ou quelque chose dans le genre), aidant Chae Do Woo. En d’autres termes, il n’a rien mais rien à avoir avec l’assassin glacial de Iljimae.

Namja Iyagi repose principalement sur le thème de la vengeance. Kim Shin, le héros, va tout faire pour réparer l’injustice qu’a subie son grand frère. Celui qui est à l’origine de la plupart de ses malheurs n’est autre que le froid Chae Do Woo. Au fur et à mesure, il se rendra compte que sa famille n’est pas la seule à avoir été victime de cet homme. Bien au contraire. Chae Do Woo se fiche totalement des autres et n’a que pour but de réaliser son rêve, quitte à faire souffrir 95% de la Corée. Le k-drama oppose ainsi ces deux hommes, ayant un caractère, un style et une conception de vie radicalement différents. Alors que Kim Shin est au début quelqu’un d’insouciant et naïf, il prend peu à peu du poil de la bête jusqu’à pouvoir jouer dans la cour du manipulateur Do Woo. A vrai dire, Shin est loin d’être parfait, il est clairement un anti-héros. Il est parfois assez agaçant mais il fallait bien qu’il évolue s’il souhaitait faire un minimum de tort à son ennemi. Justement, parlons de ce dernier. J’avoue avoir vraiment adoré Chae Do Woo. Glacial et complexe, n’hésitant pas à manipuler, mentir, corrompre, faire assassiner et agir en conséquence de ce qu’il veut voir réaliser, il semble n’avoir aucun état d’âme. Il donne l’impression de ne jamais faillir et de toujours contrôler ses émotions. Il est à la fois fascinant, charismatique et effrayant. Toutefois, Kim Shin va tenter de faire craqueler cette carapace et cette belle couche de vernis. Réussira, réussira pas ? Et à quel prix ?

Cette bataille entre les deux se réalise sur plusieurs terrains. Tour à tour on est entraîné dans le monde de la finance et des actions, dans celui de la construction ou encore sur le terrain en que tel avec quelques oppositions bien physiques. A propos de tout ce qui est lié à la bourse, j’avoue avoir ça en horreur (et surtout rien n’y comprendre) mais ça passe ici très bien. Il y a un renouveau perpétuel et on n’a jamais l’impression que l’histoire s’enlise ou se répète. Le scénario est maîtrisé et on suit les épisodes sans crainte tant il dégage une impression de contrôle dans ce que l’on veut nous montrer. Et bon sang, ce que c’est agréable !

Même si la série a donc pour toile de fond la vengeance, il n’est pas possible de la résumer à uniquement cela. Effectivement, Namja Iyagi se permet de développer ses personnages ainsi que les liens qui se tissent entre eux. D’autres enjeux se mettent en place et les protagonistes ne sont pas motivés que par cette bataille entre les deux héros. A ce propos, si les deux opposants sont la figure maîtresse du drama, d’autres personnages tirent leur épingle du jeu. Du côté de Kim Shin on retrouve ainsi une petite équipe composée de Kyung Tae ‘Mazinger’, un génie de la finance mais qui est autiste. Dire qu’il est adorable serait un euphémisme. Mal à l’aise avec les gens, malgré ses difficultés il tente aussi d’aider (et il le fait à merveille !) et prend peu à peu de l’assurance. L’acteur, Park Ki Woong, est épatant. Son oncle, joué par Lee Moon Shik, un brin bohème sur les bords, tient une sorte de café-musique classique où il semble bon y faire un tour. Autre membre important de l’équipe : Jae Myung, un avocat américain mais ayant quitté la Corée plus jeune. Incarnée par Lee Philip, il est incroyablement charismatique et parle souvent un anglais qui sonne… anglais (ouaw, miracle ^^). Ces quatre-là forment un chouette groupe. Même s’ils ne sont pas toujours d’accord, que ce soit dans les méthodes ou dans la façon de voir les choses, ils ont une certaine cohésion et on sent les liens forts qui existent entre eux.
Du côté de Do Woo, on ne retrouve pas grand monde, ce qui s’explique par sa personnalité. Si de nombreuses personnes comptent sur lui et gravitent autour, ce n’est pas pour cela que l’on puisse dire qu’il y ait quelqu’un de vraiment proche, si ce n’est sa soeur. Ceci dit, son garde du corps, semble prêt à tout pour lui. En plus d’être totalement flippant, il ne paraît penser qu’à son employeur. Il lui est dévoué corps et âme. On n’en sait finalement que très peu sur lui mais c’est suffisant.

Restent les femmes de la série. Il y en a quelques unes mais seules deux sont vraiment mises en avant. Il y a tout d’abord Kyung Ah, la petite-amie de Shin au début de la série. Ayant du caractère, elle désire argent, pouvoir et statut social, quitte à tout faire passer après. Si au départ, je la trouvais particulièrement intéressante car différente des autres femmes, au bout d’un moment elle a fini par m’agacer puis par me lasser. Elle est en fait totalement effacée par la petite soeur de Do Woo, Eun Soo. Douce, gentille et agréable, elle s’écrase toujours et s’excuse en permanence des mauvaises actions de son père et de son frère. Toutefois, elle ne fera que prouver qu’elle n’est pas une jeune femme soumise. Loin de là. Au fil du temps et de ses relations, elle prend enfin le temps de vivre sa propre vie. A l’inverse de Kyung Ah, je n’étais pas spécialement convaincue par son personnage au début mais dès le milieu de la série elle m’était extrêmement agréable. Sa relation particulière avec Do Woo est intrigante et se révèle forte intéressante. Au départ j’avais un peu un peur que ça tourne comme dans Old Boy (j’ai regardé le film pour la première fois très récemment, ceci explique cela), mais non, rien de super bizarre ou malsain. Ouf. La seule personne qui a de l’intérêt aux yeux de Do Woo est sa soeur, elle seule semble le comprendre d’ailleurs. Si Namja Iyagi met en fait en avant deux hommes que tout oppose et qui tentent de faire sombrer l’autre, la série dresse aussi le portait de deux femmes essayant de se faire une place, chacune à sa manière.

Au final, Namja Iyagi est un k-drama brillant. Riche, intelligent et intense, il utilise à merveille les vingt épisodes et la musique pour offrir un spectacle passionnant et stimulant. C’est une vraie partie d’échecs à laquelle on est convié. Les personnages sont fouillés et sont caractérisés par une personnalité réaliste et non manichéenne. Ils sont incarnés par des acteurs qui sont bons, voire très bons. A noter qu’il n’y a pas de surjeu donc ça ravira ceux qui ont du mal avec cet aspect souvent présent dans les séries asiatiques. Si l’ambiance de la série est sombre, quelques touches d’humour bienvenues sont disséminées ça et là. L’intrigue est quant à elle suffisamment complexe pour tenir en haleine et le suspense et l’action sont là pour ne plus donner envie de s’arrêter. En somme, une bien belle découverte pour un second k-drama ^.^

Par |2017-05-01T14:02:05+02:00décembre 19th, 2009|Namja Iyagi, Semaine spéciale Noël, Séries sud-coréennes|7 Commentaires