[Anime] Ôran Kôkô Host Club | 桜蘭高校ホスト部 (Ôran High School Host Club)

Incroyable mais vrai, c’est bien un anime à l’honneur aujourd’hui et non pas une série avec des acteurs en chair et en os. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, j’ai toujours eu du mal avec les séries d’animation. Ce n’est pas tant qu’elles ne m’intéressent pas mais plus que je n’ai pas forcément le réflexe d’y aller. Je pars toujours quelque peu à reculons alors qu’à chaque fois que je me retrouve devant l’une d’entre elles qui me plaît, je me dis que je suis bien bête parce que les spécificités et le format ne me dérangent aucunement. Quoi qu’il en soit, j’ai dans l’idée en 2012 d’en regarder de temps en temps donc vous devriez en voir d’autres sur Luminophore. J’espère que ça intéressera plusieurs d’entre vous.

Puisque je suis à l’écoute des visiteurs de ce blog, j’essaye parfois de suivre leurs conseils avisés. Ayant prévu de visionner Ôran Kôkô Host Club, le j-drama, assez prochainement, je me demandais s’il ne valait pas mieux lire le manga avant comme je pense également le tester. makichan5 ayant indiqué dans un commentaire qu’il était préférable de lancer l’anime en premier lieu, je me suis donc résolue à faire ce que l’on me suggérait. D’ici quelques mois nous parlerons ici du renzoku avec Yamamoto Yûsuke et les autres mais en ce lundi, ce sera l’anime à l’honneur. Comme cela vient d’être écrit, Ôran Kôkô Host Club est à l’origine un shôjo manga écrit par Hatori Bisco. Composé de 18 tomes publiés entre 2002 et 2010, il est disponible en France chez l’abominable éditeur Panini sous le titre Host Club, le lycée de la séduction. L’univers est davantage connu sous son appellation anglaise Ôran High School Host Club. Outre la série live, un anime vit le jour auparavant et fut diffusé sur Fuji TV entre avril et septembre 2006. Il comporte 26 épisodes de 22 minutes et fut réalisé par le studio Bones (Hagane no Renkinjutsushi, Urufuzu Rein…). En France, l’anime est licencié et disponible en DVD chez Kazé. À ce sujet, le coffret est plutôt sympathique mais les sous-titres possèdent quelques coquilles, ce qui est, avouons-le, un peu honteux. Aucun spoiler.

   

Fujioka Haruhi est une jeune fille venant d’intégrer le prestigieux lycée Ôran Gakuen. Bien que tous les élèves soient des héritiers de riches familles japonaises, Haruhi doit son entrée à une bourse de réussite. Un jour, tandis qu’elle cherche un endroit pour étudier au calme, elle pénètre dans une salle de musique bien particulière qu’elle croit vide. Elle y fait pourtant la rencontre des membres d’un club de hosts désireux d’apporter du rêve et des paillettes aux adolescentes en fleurs tout en les délestant de leur argent. Comprenant qu’elle n’a rien à faire là, elle tente de retourner sur ses pas mais elle a le malheur de briser un vase d’une valeur inestimable. Haruhi n’a alors guère d’autre choix que d’intégrer les rangs de ce club et de travailler comme host si elle veut voir sa dette remboursée. Petit détail, tout le monde croit qu’elle est un garçon car elle porte l’uniforme masculin et a les cheveux très courts…

À première vue, Ôran Kôkô Host Club est encore une de ces productions sur le travestissement d’une fille en garçon qui se retrouve entourée d’éphèbes. Oui, si l’on ne jette qu’un regard superficiel sur cet anime on pourrait croire que l’on se trouve devant une énième comédie romantique niaise, indigeste, clichée et totalement convenue. Bref, rien de bien extraordinaire ou d’original. En réalité, cette production est tout l’inverse car si elle utilise tous les codes propices au shôjo manga, c’est pour mieux les arranger à sa manière, les transformer et les rendre irrésistibles. Ôran Kôkô Host Club est une véritable parodie du genre et se révèle un petit délice à consommer sans modération.
L’héroïne, Haruhi, doublée par la chanteuse / seiyû Sakamoto Mâya, est habillée en garçon non pas parce qu’elle veut rencontrer celui qu’elle aime, devenir amie avec celui qu’elle aime, manger avec celui qu’elle aime, se regarder dans les yeux de celui qu’elle aime, se promener parmi une multitude de bishônen qu’elle aime, etc. Non, elle s’est coupée les cheveux pour une raison triviale et porte l’uniforme masculin pour une autre raison tout aussi triviale. Loin d’être niaise et romantique, elle est terre-à-terre et stoïque. Cela fait par conséquent beaucoup de bien de suivre une jeune fille avec un caractère affirmé sans tomber non plus dans des excès inverses. Toute la fantaisie et la truculence proviennent des personnages masculins.
Créateur du club, Tamaki (Miyano Mamoru), dit le Prince, est le leader du petit groupe et surprend par son extravagance, sa grandiloquence, sa capacité à broyer du noir tout seul dans son coin, à se prendre des râteaux monumentaux ou encore à multiplier les gaffes. S’il donne l’impression d’être un idiot fini, ce n’est encore une fois pas le cas car il sait appuyer sur le bouton pause et se montrer calme et réfléchi. Il profite de son charme et de ses discours enflammés pour conquérir le cœur de toutes les femmes. Ayant du sang français dans les veines, il est normal qu’il soit aussi latin et séducteur ! Kyôya, lui, est le yin de Tamaki tant il est froid, distant, manipulateur et passe son temps dans sa calculatrice à tout évaluer afin de voir ce qui est le plus rentable. Les deux forment une paire diaboliquement efficace et sont de très grands amis en dépit de leurs différences phénoménales. Dans un club de hosts, il faut aussi quelques autres personnalités pour attirer le chaland. Comme nous venons de voir il y a le dragueur flamboyant et le glaçon réservé à lunettes mais on y retrouve également Hikaru et Kaoru, les jumeaux facétieux n’hésitant pas à donner de leurs personnes pour faire fondre les amatrices de yaoi et d’inceste en multipliant les scènes ambiguës, Mitsukuni le petit être kawaii que tout le monde a envie de protéger mais qui pourtant n’a pas besoin de l’être tant il est un as de judo ou encore Takashi, le beau brun ténébreux mystérieux qui impose par son charisme et sa propension à veiller sur sa peluche, Mitsukuni. Vous secouez tout ça et vous avez un condensé de tous les clichés lus dans les shôjo et/ou vus dans les anime du même genre. Ôran Kôkô Host Club le sait et s’en amuse en en parlant directement dans ses dialogues mais également via sa mise en scène.

Très rapidement, le cadre est posé avec ces protagonistes hauts en couleur et cette multiplication de clins d’œil et références à la culture otaku. L’anime ne s’arrête pourtant pas là car il développe également une esthétique soignée et tape-à-l’œil. À grand renfort d’étoiles dans les yeux, de couleurs douces, chatoyantes et très roses, de pétales de fleurs virevoltant partout même lorsque cela défie la logique ou de larmes dans les yeux, les épisodes auraient de quoi donner envie de vomir face à cette avalanche de mignon. En fait, il ne manque plus que les licornes et les arcs-en-ciel. Le charadesign s’y met aussi car il est tout en rondeur, avec de grands yeux, de très longues jambes pour les garçons ou des passages en chibi. Les décors sont soignés et d’architecture essentiellement néogothique afin de faire rêver. Histoire d’enfoncer le clou, la musique de Hirano Yoshihisa va dans ce sens avec des compositions parfois simplettes mais souvent plus qu’efficaces et très agréables. En revanche, la chansons de début (Sakura Kiss de Kawabe Chieko) et surtout celle de fin (Shissô de Last Alliance) ne sont vraiment pas mémorables. Il en va de même pour les génériques. Ce qui sauve Ôran Kôkô Host Club de sa surabondance de sirupeux est que tout est assumé et intentionnel. Le but est de détourner des éléments éculés et de proposer des épisodes à regarder au second degré. Les thématiques sont également tournées en dérision puisqu’outre la caractérisation des protagonistes, l’anime n’hésite pas à employer des clichés scénaristiques comme le harem de bishônen, la vie oisive des riches, le père travesti, le choc entre les riches et les prolétaires, etc. Bien que l’on se trouve face à une incroyable surenchère de convenu et de surfait, le visionnage est tout sauf désagréable car le propos est toujours ironique, assez caustique sans être non plus pédant ou méchant. Ôran Kôkô Host Club paraît surtout être une série à destination d’un public connaissant les codes et sachant s’en amuser. Malgré la banalité et la simplicité de son histoire, l’anime plaît grâce à la légèreté, la folie douce, l’humour et la certaine sensibilité dont il peut faire preuve au fil des épisodes. Effectivement, les personnages ont beau être toujours de véritables piles électriques et de bonne humeur, ils gardent quelques zones d’ombre et être riche ne signifie pas ne pas se sentir seul ou savoir quoi faire de sa vie. Grâce à Haruhi, leur carapace se fendille et montre des êtres assez blessés et certainement pas aussi superficiels que ce qu’ils laissent croire. Mine de rien, l’anime réussit à mettre en avant ces héros et à les rendre attachants à travers une avalanche de blagues. L’humour permet justement d’apprécier d’ailleurs que davantage les moments plus calmes et quelque peu dramatiques. Il est vrai que certains garçons auraient mérité plus de temps d’antenne et de développement mais ce n’est pas fondamentalement dérangeant. Le manga pallie peut-être cette lacune d’ailleurs. En tout cas, il est difficile de ne pas s’attacher à ces protagonistes expressifs et plus particulièrement à certains comme Tamaki, Hikaru et Kyôya. N’oublions pas non plus qu’il existe plusieurs figures secondaires et aussi extravagantes que leurs congénères comme les lesbiennes lycéennes, le blondinet ne se séparant jamais de sa cape ou encore Renge, la folle furieuse qui veut toujours plus de surenchère.

L’humour est donc le maître-mot de l’anime. Il ne se passe probablement pas un épisode sans que l’on ne soit en train de sourire voire de rire. Ôran Kôkô Host Club utilise la comédie de situation et n’hésite pas à répéter à outrance certaines situations sans jamais ennuyer. On pense par exemple aux délires incestueux des jumeaux qui sont tellement exagérés qu’ils font à chaque fois mouche. Et que l’on ne soit pas effrayé car cet humour n’est en aucun cas lourd, poussif ou graveleux. Il est tout le contraire, autrement dit léger et délicieux. Les blagues vont en plus dans tous les domaines possibles et inimaginables.
Et sinon, quid de l’amour dans tout ça ? Certes, les épisodes ont toujours le romantisme en toile de fond, ce qui est normal puisque l’action se déroule en majorité dans un club de séduction, mais il n’est pas du tout prépondérant. La question n’est pas de savoir si Haruhi tombera amoureuse ou que certains des garçons succomberont à son charme mais plutôt de distiller une ambiance romantique tout en mettant en avant un groupe d’amis atypique bien que tout particulièrement chaleureux. Il ne se passe certes pas grand-chose au fil des épisodes car les personnages passent leur temps à dépouiller les jeunes filles en les faisant rêver mais on ne s’ennuie pas une seule seconde tant le rythme est mené tambour battant et que les situations farfelues s’enchaînent à la vitesse de l’éclair. Étant donné que les personnages prennent très à cœur leur statut de hosts, ils n’hésitent pas non plus à multiplier les soirées à thème et les fêtes déguisées afin d’en mettre plein la vue ce qui injecte une certaine créativité aux épisodes.

Au final, Ôran Kôkô Host Club semble être un anime kitsch à souhait et superficiel à faire peur. Par exemple, le rose est la couleur principale, il y a des fleurs partout et tout y respire le mignon. Cependant, les épisodes prennent à contrepied le téléspectateur en exploitant tous les codes et clichés de la comédie romantique pour s’en amuser et proposer un contenu assez riche, drôle, extrêmement frais et généralement totalement déjanté. L’ensemble profite des contrastes de manière à mieux interpeller et surtout, amuser en très bonne compagnie. Quand bien même le comique de situation soit plus que présent et que l’on rit à s’en décrocher la mâchoire face à des situations ubuesques, l’anime n’hésite pas non plus à jouer avec notre corde sensible et à proposer quelques moments plus tendres et réfléchis. Bien que l’on puisse y voir une comédie romantique comme on en trouve à foison, Ôran Kôkô Host Club est avant toute chose une comédie sur une bande d’amis où la romance n’est au final qu’un élément parmi tant d’autres. Ce n’est pas le scénario classique qui importe mais ses personnages attendrissants et tout particulièrement adorables. Tout n’y est certes pas parfait car davantage de développement aurait été apprécié ou encore que quelques épisodes sont de moins bonne qualité, mais cela ne nuit aucunement à l’ensemble décalé, vivifiant et en fait donc un anime incontournable pour qui apprécie les parodies loufoques n’ayant pas peur de faire preuve d’auto-dérision. Le manga semble désormais un passage obligatoire !

Bonus :

Bla-bla sur mes attentes concernant le j-drama ▼

By |2017-05-01T13:59:57+02:00juillet 16th, 2012|Ôran Kôkô Host Club, Séries d'animation, Séries japonaises|10 Comments

[Anime] Hachimitsu to Clover | ハチミツとクローバー (Honey and Clover)

Petit OVNI parmi les demandes concernant cette animation spéciale Noël puisque Katzina a demandé un anime.

Vous avez comme une impression de déjà-vu en voyant le titre de ce billet ? C’est normal, il est presque identique à celui-ci publié en juillet dernier. Mais attention, il y a un mot en plus. Eh oui, pour la toute première fois, nous allons parler ici d’une série d’animation japonaise. Comme cela a déjà été écrit, Hachimitsu to Clover, disponible également sous le titre de Honey and Clover (miel et trèfle) est à l’origine un josei manga d’Umino Chika. Son succès est tel qu’il a eu le droit à plusieurs adaptations dont une série télévisée japonaise avec de véritables acteurs en 2008, une autre à Taïwan, un film et, pour ce qui nous concerne aujourd’hui, un anime. Celui-ci est constitué de deux saisons toutes deux diffusées sur Fuji TV. La première comporte 24 épisodes passés entre avril et septembre 2005 et la seconde, intitulée Hachimitsu to Clover II, 12 épisodes à l’antenne entre juin et septembre 2006. Il existe aussi deux épisodes spéciaux indépendants disponibles sur les DVD. Ils durent tous une petite vingtaine de minutes. L’anime n’a jamais été diffusé en France et n’est pas non plus disponible dans le commerce malgré une certaine demande. Aucun spoiler.

La série live m’avait plutôt plu malgré ses défauts. N’ayant pas encore lu le manga, bien que ce soit au programme, je n’avais pu dire si l’adaptation était de qualité ou non. Inversement, en débutant l’anime, je n’ai pas pu m’empêcher de comparer avec le renzoku. En premier lieu, je pense qu’il convient de dire que je ne suis pas une grande amatrice de séries ou de films d’animation. J’aime, là n’est pas du tout la question. Pourtant, j’arrive très difficilement à faire l’effort d’aller tester quelque chose du genre. J’ai une liste assez longue d’incontournables que j’aimerais visionner mais le déclic vient difficilement. Ce n’est que lorsque je suis devant que je me dis que franchement, pourquoi est-ce que je traîne autant les pattes ? Ceux qui me connaissent un tant soit peu savent que ce souci ne date pas d’hier. Je vais bien plus facilement vers des productions avec de vrais acteurs. Ceci explique le fait que très peu d’anime aient été traités sur Luminophore.

En ayant regardé la série live puis l’anime, je peux parfaitement comprendre pourquoi ceux ayant majoritairement fait l’inverse soient déçus. Sans avoir lu le manga, il paraît assez clair que l’adaptation est ici bien plus réussie et certainement bien plus proche de la version papier. Le développement des personnages ainsi que la mise à nue des émotions sont tout particulièrement exploités. Si cela est le cas dans le j-drama, la dimension n’est assurément pas la même. Rassurez-vous, nous allons nous arrêter là pour le point de comparaison.

Takemoto Yûta, Mayama Takumi et Morita Shinobu sont trois amis vivant en colocation et allant dans une école d’art à Tôkyô. Chacun d’entre eux tente de tracer son chemin tout en essayant de concilier sa vie personnelle avec ses amis et ses amours ainsi que sa vie de presque professionnel se cherchant encore. Leur existence est quelque peu bouleversée par l’arrivée de Hanamoto Hagumi, plus connue sous le surnom Hagu, une jeune artiste extrêmement douée mais ayant encore gardé son âme d’enfant.

Hachimitsu to Clover s’attarde principalement sur un groupe de cinq individus étudiant dans une école d’art. Plus adolescents mais pas encore vraiment adultes, ils sont dans une période où les questionnements et les hésitations sont monnaie courante. Si certains d’entre eux, comme le sérieux Mayama, semblent plus sûr d’eux que les autres, ils sont toutefois tous emmêlés dans leurs émotions.
Takemoto est celui officiant comme narrateur. Cette place ne fait pas de lui le héros puisqu’il n’y en a pas ici. La voix de son seiyû, Kamiya Hiroshi, est au départ assez énervante car particulière mais on s’y fait assez rapidement. Perdu et ne sachant pas trop pourquoi il est là et ce qu’il va advenir de lui, Takemoto se laisse vivoter tout en étant lucide. Il comprend que des décisions sont à prendre assez rapidement. En utilisant son voyage initiatique, l’anime traite de la solitude et de tous les moments plus heureux qui peuvent en découler mais aussi et surtout de l’apprentissage que l’on fait de soi-même. C’est lorsqu’il rencontre la toute nouvelle étudiante, Hagu, qu’il réalise qu’il doit oser et tenter d’aller de l’avant.

Hagu a 18 ans au début mais en fait dix de moins. Cela est d’ailleurs assez gênant, même si son physique et son attitude évoluent dès la saison deux. Si seule son apparence était enfantine, le problème aurait été moins visible mais là, tout chez elle est conforme à une fillette et non pas à une jeune femme. Elle vit certes dans son monde rempli de dessins et de créations bien que cela n’explique pas tout. Dans le même registre, difficile au départ de comprendre pourquoi quelques personnages tombent amoureux d’elle. S’il n’y avait qu’un seul point à déplorer dans l’anime, ce serait probablement celui concernant Hagu. Peu mûre et sensible, elle est tel un enfant à qui il faut tout expliquer et apprendre.
Véritable électron libre, génie créatif à l’état brut, aveuglé par l’argent et disparaissant parfois pendant des mois sans avertir qui que ce soit, Morita est une pile électrique bizarre qui cache bien son jeu. Sous ses airs délurés et ses petites piques sorties l’air de rien, il veille toujours sur ses amis tout en leur donnant l’impression de ne pas être surprotecteur. C’est principalement lui l’élément comique de la série. Hachimitsu to Clover étant effectivement un anime calme et doux, il n’en demeure pas moins qu’il possède une sacré couche de blagues et de délires contrôlés plus que sympathiques.
Les deux autres membres composant ce groupe d’amis soudés sont Mayama et Ayumi. Le premier sait être aimé de la seconde mais en aime une autre laissant sa vie défiler devant ses yeux depuis le décès de son compagnon. Ayumi a réalisé depuis un moment qu’elle n’avait aucune chance avec celui qui fait battre son cœur plus vite. Cela ne l’empêche évidemment pas de ressentir ce qui lui fait du mal. On sait tous que les sentiments ne se contrôlent pas sur simple commande. Mayama, de son côté, s’en veut de faire de la peine à son amie qui lui est chère. Il finit par ailleurs par se rendre compte que son attitude est au final peu exemplaire car au fond de lui, n’apprécie-t-il pas d’être aimé ? Ne souhaite-il pas garder cet amour rien que pour lui ? Il a besoin de pousser Ayumi à aller de l’avant, lui qui essaye justement de construire une histoire avec Rika, celle qu’il aime. Il est amusant de constater que dans la série live, je n’étais pas du tout convaincue par le couple Mayama / Rika et les personnages en individuel alors qu’ici, ce fut probablement Mayama mon personnage masculin favori.

L’amitié est le liant des personnages et s’il leur arrive de se disputer ou d’être séparés pendant de longs mois, c’est toujours pour mieux se retrouver par la suite. Tous évoluent, chacun à leur rythme et si certains sont à la fin plus avancés que d’autres, ceux qui sont un peu à la traîne n’ont tout de même pas chômé. De toute manière, la vie n’est pas une course et il n’y a pas de perdant ou de gagnant. Le traitement fait à chaque fois preuve de maturité et de sensibilité.
D’autres personnages gravitent autour d’eux. À l’exception des frères Mario et Luigi qui ne sont pas drôles, tous les autres sont intéressants. Pensons par exemple à Hanamoto, le mentor des principaux protagonistes qui couve plus particulièrement Hagu, ou encore à Nomiya qui aidera Ayumi à débuter une nouvelle vie.

Hachimitsu to Clover est un anime utilisant des tranches de vie en toile de fond. Celles-ci sont donc simples, banales, tout comme celles qui composent notre propre existence. Cela ne veut pour autant pas signifier qu’elles sont sans saveur ou superficielles. Il paraît certain que ce genre est particulier, assez lent et ne devrait par conséquent pas plaire à tout le monde. Le terme tranches de vie est tout particulièrement bien trouvé car les épisodes se déroulent sur plusieurs années et mettent l’accent sur certaines périodes plutôt que sur d’autres. Il peut ainsi y avoir des coupures de plusieurs semaines ou mois entre deux d’entre eux. La série ne donne pas furieusement envie de se jeter sur les épisodes parce que l’on veut absolument savoir ce qu’il va se passer. Non, c’est bien plus subtil. On souhaite prendre son temps, savourer et découvrir le quotidien de ces personnages qui deviennent progressivement des connaissances voire des amis virtuels. Les rebondissements sont quasi-inexistants et les situations se suivent, sans que l’on puisse réellement en détacher une du lot. Les changements sont progressifs et la conclusion s’amorce avec douceur et sûreté. À vrai dire, Hachimitsu to Clover forme un tout travaillé et maîtrisé. Le but de la série n’est pas de faire croire que l’impossible est possible mais de montrer que l’on arrive toujours à retirer des instants de bonheur dans de nombreuses situations. Ces moments restent alors gravés dans notre cœur et nous permettent d’aller de l’avant. Cette normalité est presque troublante d’autant plus qu’aucun artifice n’est utilisé afin d’offrir une histoire sortant de l’ordinaire. Malgré cette volonté de coller au mieux à la banalité de la vie, Hachimitsu to Clover ne se révèle pas plate ou insipide. Le banal est ici au contraire rassurant et réconfortant. Voir ces jeunes adultes tenter de se faire une place dans le monde, se poser une multitude de questions triviales mais tellement angoissantes sur le moment, essayer de se construire tout en gardant une partie de ses rêves d’enfants, etc., a quelque chose d’extrêmement rafraîchissant et de reposant. Les thématiques abordées telles que la réflexion sur la valeur de la vie, sur la famille et ses liens, sur l’importance de ses rêves ou encore sur le pourquoi du don de certains pour un art sont universelles. L’anime repose surtout sur sa faculté à faire écho avec ses propres expériences personnelles. C’est là où il prend toute sa dimension émotionnelle car il ne s’explique pas par des mots, il se vit jusqu’à l’extrémité de ses poils. Le ressenti sera différent selon sa propre existence et ce que l’on a vécu. D’ailleurs, étant encore jeune et ayant encore beaucoup à découvrir, je reste persuadée que les épisodes seront d’autant plus appréciables d’ici une dizaine ou une vingtaine d’années, quand j’aurai accumulé encore plus d’expérience. C’est peut-être pour cela que les plus jeunes auront davantage de mal à apprécier Hachimitsu to Clover. Il est nécessaire de connaître un peu la vie mais aussi soi-même pour en retirer une bonne partie de l’essence de l’anime. L’histoire n’est évidemment pas originale. Ce qui fait la force de l’ensemble est son traitement et son ambiance.

Par de multiples couleurs aux tons pastels, de superbes plans sur des paysages et un chara-design des personnages tout en rondeur, Hachimitsu to Clover instaure un climat chaleureux et de plénitude. L’anime utilise en outre quelques symboles comme les multiples roues évoquant le temps qui passe et le fait qu’il n’y a jamais de début ou de fin, juste un éternel renouveau. La bande-son est également tout particulièrement soignée et participe à ce bien-être. Presque uniquement composée de mélodies planantes et traînantes, elle accentue le côté nostalgique qui ressort des expériences des personnages et des sentiments qu’ils éprouvent. Les chansons de SPITZ et Suga Shikao collent parfaitement à cette atmosphère. À l’exact opposé, les chansons des génériques sont bien plus vives. Si celles de fin par SuneoHair sont très bonnes, celles de ceux du début de YUKI sont irritantes en raison de sa voix haut perchée.
Le ton mêle la comédie au drame et vice-versa. Il ne serait pas possible de simplifier Hachimitsu to Clover à une banale comédie romantique tant elle dépasse ce cadre. L’aspect humoristique est surtout là pour alléger l’ensemble, le rendre un peu plus divertissant mais si l’on creuse un minimum, on se rend rapidement compte que le propos est tout autre. La saison deux en est d’ailleurs un parfait exemple. C’est véritablement l’émotion qui est recherchée. Les dialogues réalistes et donnant l’impression de résonner au creux de ses propres oreilles sont écrits avec beaucoup de pudeur et de simplicité. En quelques mots ou quelques expressions, la série réussit à exprimer des sentiments comme peu de médias parviennent à le faire.

Il y a toujours un moment où l’on se demande où notre vie nous mène. Hachimitsu to Clover, par ses ses deux saisons, réussit à mettre des mots sur ces pensées parfois abstraites qui nous semblent personnelles mais qui finalement, touchent d’autres milliards de personnes sur cette Terre. Les protagonistes s’apparentent à de véritables personnes et tentent de passer à l’age adulte de la meilleure manière, cela en y laissant le moins de plumes possible. Qui plus est, leurs rapports entre eux sont toujours narrés avec justesse. L’anime se montre ainsi mélancolique, doux, nostalgique tout en étant drôle et un petit peu amer. Tout en faisant preuve de retenue, de simplicité et de pudeur, les épisodes se veulent touchants et tout simplement chaleureux. En d’autres termes, Hachimitsu to Clover est assurément à tester pour peu que l’on apprécie la poésie, la tendresse et la résonance avec ses propres expériences personnelles. Les riches productions du genre sachant allier la forme et le fond sont trop rares pour ne pas être partagées.