Jue Dui Darling | 絕對達令 (Absolute Boyfriend)

Avant de définitivement refermer la porte de Jue Dui Darling dont nous avons déjà parlé en long, en large et en travers, revenons donc sur la série dans son intégralité. Comme cela a été évoqué, derrière cette fiction taïwanaise se cache à l’origine Zettai Kareshi, le shôjo manga de Watase Yû, constitué de six volumes sortis entre 2003 et 2005 ; précisons qu’il est disponible en France, chez Kana, sous le titre idiot Lui ou rien !. Les amateurs de j-dramas savent probablement que cette histoire a été adaptée au Japon en 2008 sur Fuji TV, avec notamment Aibu Saki, Hayami Mokomichi et Mizushima Hiro dans les rôles principaux. Taïwan ayant prouvé par le passé son appétence pour les mangas, ce n’est guère étonnant que ces aventures à succès aient voyagé jusqu’à l’île. Jue Dui Darling, également connu sous son intitulé international Absolute Boyfriend, comporte de son côté treize épisodes d’approximativement 70 minutes et fut diffusé sur FTV entre avril et juillet 2012. Aucun spoiler.

Guan Xiao Fei est malheureuse en amour depuis toujours. Alors qu’elle vient encore une fois de se faire éconduire, qui plus est de manière extrêmement humiliante, elle accepte la proposition d’un individu excentrique lui assurant qu’il est capable de lui délivrer l’homme de ses rêves. Pour cela, elle n’a juste qu’à passer commande sur internet, de spécifier les caractéristiques qu’elle attend d’un compagnon, et son vœu sera exaucé. Contre toute attente, elle reçoit dès le lendemain son parfait petit-ami, à l’exception près qu’il s’avère être un robot !

Comme d’habitude, à partir du moment où l’on connaît bien le matériel original, il est tout naturel de demeurer sur la réserve en se lançant dans une adaptation. Sans être forcément très réussi, le manga a le mérite de se laisser agréablement lire et de garder jusqu’à sa toute fin une grande once de surprise ; effectivement, le dénouement est, pour une fois, difficilement devinable à l’avance. L’humour y côtoie le drame et la recette fonctionne dans l’ensemble relativement bien en dépit de quelques lacunes inhérentes au travail de la mangaka – comme cette propension à ne pas suffisamment développer ses personnages secondaires. Fait suffisamment rare pour être noté, la version télévisée japonaise lui est largement supérieure. Le j-drama se détache de façon assez importante de son homologue papier et se veut émotionnellement riche. Si lui non plus n’est pas exempt de défauts, il figure sans conteste parmi le haut du panier de ces comédies romantiques. Avec Jue Dui Darling, les scénaristes ont pris le parti de revenir aux fondamentaux et de suivre le manga de façon parfois extrêmement scrupuleuse. Étrangement, ce sont seulement les derniers épisodes qui sont les plus éloignés de ce que l’on connaît, alors que tout le reste est très fidèle. Contrairement aux idées reçues, une adaptation ne se doit pas d’être un copier-coller. L’idéal est plutôt de retirer l’essence-même de l’œuvre originale tout en y ajoutant sa propre touche, dans le but de posséder sa propre identité. Après un début laissant craindre que le tw-drama ne parvienne justement pas à se détacher des planches de Watase Yû, il coupe heureusement le cordon et injecte, entre autres, des idées personnelles. Assez rapidement, le visionnage ne se révèle donc pas trop répétitif et rébarbatif sur ce point, quand bien même on soit au courant de la suite des aventures de l’héroïne. Les billets récapitulatifs des épisodes s’étant suffisamment attardés sur la comparaison avec Zettai Kareshi, ce ne sera pas le cas de celui-ci. Précisons juste que l’arrivée à Taïwan a conduit à des prénoms chinois ; Riiko est Xiao Fei, Sôshi se mute en Zong Shi, etc. Sinon, sur la forme, la fiction est entachée d’erreurs typiques des productions taïwanaises. Il est indubitable qu’il faille être un minimum tolérant compte tenu du budget souvent famélique de leurs séries. Toutefois, les chansons moyennement engageantes extrêmement intrusives, la réalisation très passable, les flashbacks à répétition, les scènes bien trop longues accentuant par la même occasion leur ridicule et les effets parfois foncièrement risibles ne sont pas excusables par l’absence d’argent. La superbe chanson du générique de fin, Jia Zhuang We Men Mei Ai Guo de Jiro Wang, mélancolique à souhait, n’est pas utilisée au cours des épisodes, ce qui est une faute impardonnable.

La vingtaine, Xiao Fei est une jeune femme assez réservée travaillant comme simple employée dans une entreprise. Fleur bleue, elle est en plus dotée d’un cœur d’artichaut et n’a jamais eu de véritable relation avec qui que ce soit. Pour des raisons qu’elle n’arrive pas à s’expliquer, personne ne veut d’elle. Cependant, elle n’est ni vilaine, ni stupide, juste malchanceuse. Quand, suite à certaines circonstances, elle reçoit un être synthétique conçu sur mesure pour satisfaire ses moindres besoins, elle est partagée entre la joie de côtoyer un homme prenant soin d’elle, le questionnement de ce qui entoure cet androïde, et la timidité induite par le côté très entreprenant de sa récente acquisition. Ce dernier ne vit que pour Xiao Fei et la suit à la trace afin de la combler du mieux qu’il peut car, après tout, il est son parfait petit-ami. Après l’avoir prénommé Night, elle décide de le garder et de tenter de poursuivre son existence. Or, sans grande surprise rien ne se passe comme prévu. Entre ses proches tombant des nues en apprenant qu’elle aurait déniché un compagnon en une nuit, l’attitude collante de celui-ci et ses réactions au pied de la lettre tant il lui manque de nombreuses connaissances humaines, elle a toutes les raisons de ne plus savoir où donner de la tête. À cela s’ajoute son voisin et ami d’enfance, Yan Zong Shi, qui cache derrière ses moqueries habituelles de tendres sentiments pour elle. Progressivement, Xiao Fei ouvre les yeux sur ce qui l’entoure et s’attache à cette sorte de poupée réelle. Pourtant, compte tenu de sa véritable nature, Night est condamné à ne pas évoluer. Théoriquement, du moins… Les histoires mettant en avant des robots finissent généralement par toutes illustrer une humanisation et cette sensation que pour être davantage complet, un androïde se doit d’approcher au maximum l’être humain. Dans le cas de Night, s’il est programmé à aimer celle qu’il chérit, n’est-il pas en mesure d’émettre ses propres choix et de transcender sa condition ? Jue Dui Darling essaye de développer quelques idées à ce sujet mais reste très superficielle, à l’instar de toutes ses autres thématiques, de toute manière.

Jue Dui Darling est avant toute une histoire d’amour assez complexe et originale. D’un côté se trouve un robot, et de l’autre, une femme. Mener une relation est déjà suffisamment compliqué en temps normal, il est logique que corser l’équation apporte de nombreux soucis en perspective. Ce qu’il y a de rédhibitoire est que l’héroïne, Xiao Fei, est fade, stupide, couarde et profondément niaise. Elle est irritante pour son indécision et son inconstance. Il est tout de même consternant de regarder une production où une femme de cet âge est aussi timorée. Un simple baiser paraît être une affaire insurmontable ! Cela n’étonnera donc personne de lire que Jue Dui Darling est extrêmement avare sur l’expression physique de sentiments, et se limite à quelques contacts isolés rarement chargés en électricité dans l’air. Pour une comédie romantique devant fonctionner un minimum sur les papillons dans le ventre, cela s’annonce mal. L’alchimie entre Xiao Fei et Night étant quasi inexistante, leur relation supposée cheminer au long cours sonne faux et n’implique pas le téléspectateur. D’ailleurs, le développement de leurs sentiments est extrêmement abrupt et quasi incompréhensible à l’écran. Du coup, leurs aléas et l’avancée du scénario de plus en plus tragique ne touchent aucunement. C’est en partie là que le tw-drama perd grandement de sa force et ne donne pas envie de le continuer. Il faut avouer que l’interprétation est tellement fluctuante qu’elle n’aide en rien. Pire, l’héroïne portée par Gu Hye Seon (Kkotboda Namja) est… sud-coréenne ! À la rigueur, cela pourrait ne pas être foncièrement dérangeant si ce n’est que celle-ci ne parle pas un mot de mandarin et a été doublée. Quel est l’intérêt du procédé ? À part essayer de profiter de la renommée de cette star, il n’y en a clairement pas. Il faut effectivement supporter un doublage mal effectué et très visible, en plus des mimiques perpétuelles et de la moue boudeuse de l’interprète peu naturelle. Si l’on finit par tolérer cette abomination, il n’empêche que ce traitement est catastrophique et parasite d’autant plus la dynamique avec Night. Celui-ci s’offre les traits de Jiro Wang qui a beau s’être acharné pour obtenir un corps exceptionnel, il ne dégage pas grand-chose d’autre. Sa naïveté et son innocence plaisent seulement un certain temps avant de finir par simplement ennuyer.

Parmi ses multiples défauts, cette série taïwanaise a la désagréable manie de ne pas parvenir à trouver un ton et de s’y tenir. L’humour est la plupart du temps poussif et mal intégré à des passages théoriquement éprouvants. Le résultat en devient dès lors bancal et approximatif parce que les épisodes soufflent le chaud et le froid, n’approfondissant absolument rien et s’apparentant presque à des sortes de vignettes décousues. Ne le nions pas, le rythme de l’ensemble est assez enlevé ce qui permet de ne pas trop s’ennuyer en dépit d’une durée assez conséquente. Les rebondissements sont présents en nombre, les personnages n’ont guère le temps de souffler et pour peu que l’on ne soit pas intéressé par une intrigue, elle se termine tellement rapidement que l’on ne ronchonne pas dans son coin. Ce dynamisme est à la fois une bonne comme une mauvaise chose puisque si, justement, les éléments moins positifs sont rapidement balayés, rien n’est jamais densifié, provoquant de ce fait une sensation de vide assez irritante. De même, les personnages ne disposent pas suffisamment de rayonnement et se bornent à posséder quelques brefs moments schématiques et opportuns susceptibles de densifier leur caractérisation très sommaire. Quelques uns comme le sympathique bien que caricatural Sky (Lin Jun Yong) changent de personnalité du jour au lendemain, sans que cela ne dérange visiblement grand monde. Dans l’ensemble, les protagonistes secondaires sont de toute façon peu explorés et servent de faire-valoir, bien que plusieurs soient assez attachants. Du côté des employés de l’entreprise, Fang Zhi Xi (Cai Zhi Yun), qui prend les traits de Miyabe dans le manga, se détache positivement des autres par son côté terre-à-terre.

Outre les rebondissements habituels dans une série de ce genre tels que l’horripilant amoureux de jeunesse sortant de nulle part, le trio infernal de rivales ou encore la méchante amie jalouse, la société ayant créé l’être synthétique, Kronos Heaven, apporte avec elle plusieurs obstacles. Là aussi, toute la partie liée à la mécanique derrière Night est surfaite et inintéressante. La série aurait pu chercher à approfondir ce contexte particulier et/ou dépeindre l’intelligence artificielle avec adresse et finesse. Seul Lei Wu Wu réussit à tirer son épingle du jeu en dépit d’un cabotinage permanent de la part de son interprète, Na Wei Xun. Commercial officiant comme lien entre Xiao Fei et ses employeurs, il veille consciencieusement sur son produit et n’hésite pas à lui délivrer des conseils pour améliorer sa relation avec la jeune femme. Ce sont son excentricité et ses vêtements qui valent réellement le détour. Plus classique, Jue Dui Darling instaure le fameux triangle amoureux qui, honnêtement, n’est pas crédible ou envisageable une seule seconde. Pourquoi diable le voisin s’est-il amouraché de Xiao Fei ? Aucune idée ! Quoi qu’il en soit, cette cinquième roue du carrosse, le très charmant voisin Zong Shi (Xie Kun Da) est adorable par sa prévenance, son humanité et son implication si ce n’est qu’il est évident dès le départ qu’il n’a aucune chance. C’est lui l’élément lumineux de la série et le voir se démener et faire de son mieux peine presque car le reste ne suit vraiment pas.

Au final, Jue Dui Darling adapte sagement le manga Zettai Kareshi et son histoire d’amour entre une femme et un robot qu’elle a commandé en ligne. Tristement, l’absence d’une véritable atmosphère et de panache l’empêche de se montrer convaincante. À la place, outre une réalisation à la limite du kitsch, elle demeure creuse, approximative et bien trop mal jouée. En raison d’une alchimie inexistante au sein du couple de héros, d’un doublage malvenu et d’une relation mettant mal à l’aise, il est difficile de ressentir une quelconque empathie pour Xiao Fei et Night. Il ne suffit pas de dire que les deux s’aiment pour que cela soit crédible, les sentiments doivent auparavant grandir et impliquer émotionnellement les spectateurs. Entre des rebondissements s’abattant sur eux sans leur laisser une seule seconde de répit, des incohérences et autres facilités, une évolution rapide et bancale ainsi que des réactions bien trop idiotes pour être crédibles, il manque une grande logique à l’ensemble. De surcroît, l’association entre l’humour et la légèreté avec le drame ambiant allant crescendo s’effectue dans la douleur et se veut surtout mal maîtrisée, rendant des scènes inconfortables. Certes, le tw-drama se regarde assez aisément mais il s’avère principalement sans saveur et médiocre.

By |2018-07-03T22:10:04+01:00septembre 27th, 2013|Jue Dui Darling, Séries taïwanaises|0 Comments

Huan Huan Ai | 換換愛 (Why Why Love)

Comme on dit toujours jamais deux sans trois, il était évident qu’une troisième série taiwanaise viendrait faire un petit tour sur Luminophore, non ? ^^ Histoire de ne pas varier le genre, on continue avec le sosie de la comédie romantique Devil Beside You, à savoir Why Why Love (Huan Huan Ai en VO). Diffusée au cours de l’été 2007 sur CTS, la série est composée de quinze épisodes. Leur durée est assez variable puisqu’au minimum ils durent 70 minutes et au maximum 90. L’équipe créative (réalisateur, productrice et scénaristes) est quasi identique à celle de Devil Beside You. Aucun spoiler.

Huo Yan et Huo Da sont deux demi-frères extrêmement différents dont le père dirige un grand empire financier. Le premier est l’ainé mais également le fils illégitime de leur père. Il a à peu près toutes les qualités et est vu comme le digne successeur de l’empire des Huo. Le second est égocentrique, obstiné, préfère faire des courses de moto plutôt que suivre ses études. Il est également secrètement amoureux de son amie d’enfance Yan Shu qui elle, n’a d’yeux que pour Huo Yan. La vie de ces deux frères va changer avec l’apparition de Jia Di, une jeune fille ne pensant qu’à gagner de l’argent afin de rembourser ses dettes, cumulant ainsi plusieurs boulots.
Source : Nautiljon

Ayant envie de regarder une comédie romantique et de retourner à Taïwan, j’ai décidé de donner sa chance à la copie conforme sur papier de Devil Beside You. Cliché, kitsch, surjoué et mal réalisé, ce tw-drama n’est pas une franche réussite mais il m’avait fait passer un moment plutôt divertissant et non prise de tête. En dépit de ce que l’on pourrait penser, Why Why Love n’a rien à voir avec lui. Si l’équipe est donc analogue, ce qui marque avant toute chose est sa distribution. Le trio de tête est effectivement exactement le même et la mère de l’héroïne est aussi interprétée par la même actrice que celle de Devil Beside You. Difficile de faire plus similaire d’autant plus que les scenarii reposent plus ou moins sur le même système, à la différence que celui-ci est original et non pas issu d’un manga. Fort heureusement, cette fois, la réalisation est bien plus soignée. Les mouvements de caméra sont plus fluides et donnent moins l’impression d’amateurisme. Il faut aussi dire que l’on ne voit plus les perches, ce qui est déjà un grand avancement ! Par contre, on sent toujours la touche très kitsch avec les petits ajouts comme le rose sur les joues, les petits cœurs, les éclairs qui sortent des yeux, etc. ce procédé vraiment particulier peut rebuter de nombreux téléspectateurs, à juste titre. Néanmoins, pour ma part, ce ne fut pas dérangeant, c’est ce qui fait en partie l’identité de cette série. Toujours du côté technique, la qualité des vidéos que l’on peut récupérer est assez médiocre mais demeure potable. Le son est parfois couvert par une sorte de chuintement un brin embêtant. Ce n’est toutefois pas si grave que cela, on s’y fait vite. Comme il n’y a pas de version dvd qui circule sur le net, les épisodes sont longs puisqu’ils ne sont pas divisés. C’est assez difficile de se mettre devant un épisode de presque 90 minutes surtout que le rythme n’est pas toujours soutenu. Ce souci doit être facilement enrayé avec la version dvd qui coupe, si j’ai bien compris, toujours les épisodes télévisés en deux. A noter qu’il y a aussi souvent un bêtisier après l’épisode, d’une durée approximative de dix minutes. C’est toujours amusant de voir les acteurs sur le tournage, surtout lorsqu’ils ont l’air aussi sympathique que Kingone.

Why Why Love débute comme une comédie romantique classique, tout en insérant quelques éléments plus dramatiques. L’héroïne, Tong Jia Di, incarnée par la pétillante Rainie Yang qui a su s’occuper de sa moustache depuis Devil Beside You, est obsédée par l’argent. Un sou est un sou et elle ne supporte pas le gaspillage. Son père étant décédé, elle vit avec sa mère et son frère. Leur famille est criblée de dettes et Jia Di, tout en étudiant, a plusieurs petits boulots. Elle a la tête sur les épaules et ne pense qu’à faire survivre sa famille. Cela ne l’empêche tout de même pas d’être fleur bleue et de rêver du prince charmant. Elle a du caractère et se révèle vraiment attachante. Sa mère, jouée par Ge Wei Ru, pense avant tout à ses enfants mais n’a guère la possibilité de toujours le leur montrer. Quant au frère, Jia Hui, il est juste insupportable. En plus d’être égoïste, menteur et toujours collé à son lecteur mp3, il est extrêmement mal interprété. Autour de Jia Di, on retrouve sinon un entourage très pauvre mais aussi une grande amie parfois un peu trop excitée, Xiao Nan.
Lorsque Jia Di rencontre Huo Yan, un riche héritier, le coup de foudre est quasi immédiat. Le jeune homme est ici joué par Kingone. Doux, calme, il est intelligent et posé. Son personnage est bien moins fade que dans Devil Beside You, même si l’on sait de suite qu’il sera l’éternel perdant dans le cœur de l’héroïne. A contrario, la rencontre entre cette dernière et le demi-frère de Huo Yan, Huo Da, interprété par Mike He, est explosive. Les deux ne font que se chamailler, se détestent cordialement et n’ont aucune envie de se revoir. Cependant, les choses sont ce qu’elles sont et des sentiments différents finissent par poindre leur nez. Huo Da est toujours en train de râler, ne veut faire que ce qui l’arrange et adore aller à l’encontre de ce qu’attendent son père et de son frère qu’il dit détester. Passionné de moto, il passe son temps à déambuler dans les rues de Taipei. Tout comme dans Devil Beside You, les deux jeunes gens vont évoluer en se fréquentant et quelque peu murir.

En substance, tous les éléments de la comédie romantique sont donc présents puisqu’il y a de l’humour, de la romance et de multiples rebondissements typiques du genre. Plutôt que de proposer un triangle amoureux, la série adopte le credo des Coréens car nous avons le droit à un carré amoureux. Si le trio de tête est somme toute sympathique, la quatrième personne, Yan Shu, ne l’est pas. Son actrice n’est pas fabuleuse et le personnage est mou, inintéressant et bien trop manipulateur pour devenir attachant, même lorsqu’il se retrouve au pied du mur.
Jusqu’au trois-quart de Why Why Love, la série se déroule convenablement. Sans sortir des sentiers battues, elle se laisse regarder, amuse et divertit. Bref, elle remplit parfaitement le cahier des charges. Si les personnages sont bien trop caricaturaux, les relations qui s’installent entre eux sont bien plus nuancées que dans Devil Beside You. On voit le cheminement des sentiments amoureux par exemple. Quelques protagonistes sont par ailleurs rigolos car frais et assez déjantés comme Bo Zi, le meilleur ami de Huo Da. Bref, l’ensemble convainc globalement car la série parvient à trouver un juste-milieu entre la comédie et la romance, sans tomber dans les excès de niaiserie et le manque de finesse de Devil Beside You. Elle développe par ailleurs quelques sujets difficiles comme le manque d’argent, la reconnaissance d’un père, la confrontation entre deux mondes opposés… Honnêtement, ce n’est rien de transcendant et le traitement est parfois mal amené mais on sent une volonté d’en montrer un peu plus.

Malheureusement, l’ultime rebondissement rompt cet équilibre. Il plombe beaucoup trop l’ambiance. Si la série n’a jamais été jusque là purement déjantée, étant au final assez sérieuse en raison des difficultés financières de Jia Di ou de la haine entre les deux frères, on tombe trop facilement dans le gros n’importe quoi. Un des personnages tombe effectivement gravement malade et de là, il agit comme un idiot irréfléchi, allant jusqu’à manipuler tout le monde. Si en théorie, cela peut se comprendre, le drama est extrêmement maladroit et caricatural. Les deux derniers épisodes sont mauvais et difficilement regardables tellement ils sont poussifs. L’humour a alors totalement disparu et il y a des larmes, des méchancetés et des scènes abominables. C’est vraiment dommage car sans cela, la série était correcte, même si parfois exagérée.

Il est fort difficile de ne pas comparer Why Why Love à Devil Beside You en raison de leurs nombreuses similarités comme le thème et la distribution. Ceux qui ont apprécié cette dernière devraient trouver leur compte avec celle-ci car même si plusieurs éléments sont identiques, le tw-drama est bien plus réfléchi et mieux écrit, sans être toutefois d’un niveau extraordinaire. Il y a toujours cette ambiance très taiwanaise avec cette réalisation particulière, cet humour pas toujours des plus subtils et ces personnages assez stéréotypés mais il en ressort une bonne dose de bonne humeur et d’amusement, en dépit d’un manque de rythme et d’un scénario répétitif. Le trio de tête est sympathique, même si Mike He n’est pas toujours très performant. Si le ton change nettement en cours de route, le début est axé comédie, malgré quelques éléments plus difficiles, et est léger et divertissant. Déplorablement, la fin est vraiment plombée par la volonté de faire pleurer et trembler dans les chaumières. On s’en serait bien passé et si ce n’était pas déjà le cas, on commence à trouver le temps plus que long. Au final, le résultat n’est pas foncièrement mauvais mais la série aurait pu être davantage réussie si elle s’était abstenue de parler de maladie. Why Why Love est ainsi un tw-drama manquant d’originalité et abusant bien trop de certains codes scénaristes mais possède toutefois plusieurs moments sympathiques et assez rafraîchissants.

By |2017-05-01T14:01:10+01:00mars 3rd, 2011|Huan Huan Ai, Séries taïwanaises|7 Comments