Smallville (saison 10)

Et voilà, après dix ans sur les écrans américains, Smallville a tiré sa révérence cette année. Certains diront que ce n’est pas trop tôt, d’autres auraient probablement apprécié quelques saisons supplémentaires. Pour ma part, malgré la sympathie que je peux porter à cette série je me range clairement dans la première catégorie. Cette saison dix est ainsi composée de 21 épisodes dont le dernier qui est double. Elle fut diffusée sur The CW entre septembre 2010 et mai 2011. Aucun spoiler.

La saison neuf était assez correcte mais elle n’égalait en rien la huitième. Malheureusement, cette dixième et dernière souffre des mêmes défauts que la précédente. Certains épisodes sont effectivement médiocres et à l’intérieur-même d’autres plus réussis, il y a des longueurs et un léger manque de rythme. Chaque saison amène sa grande menace et celle-ci est consacrée à Darkseid. Que dire si ce n’est que ce supposé méchant manque d’envergure ? Il est horrible, ça on le comprend puisque tout le monde ne fait que le répéter, mais on ne le voit jamais à l’écran ce qui n’aide pas vraiment à le craindre. A noter que c’est Christopher Judges (Stargate SG-1) qui lui prête sa voix. On est loin du Doomsday de la saison huit. Toute la petite armée de Darkseid ne motive pas plus que ça et le combat final est d’ailleurs à l’image de cet arc : un pétard mouillé. Le series finale ne propose en effet pas de bataille titanesque, ce qui est un poil décevant, il faut bien l’admettre. En définitive, toute la mythologie concernant cet arc est brouillonne et manque cruellement de relief. Les propos des scénaristes sont assez confus et il est difficile de voir où ils souhaitent réellement venir. Heureusement, il y a tout le reste qui compense.

Le ninth season finale se terminait sur l’affrontement entre Clark et Zod. Ce dernier est rapidement expédié là où il mérite de se trouver. C’est avec soulagement qu’on le quitte car le jeu presque outrancier de Callum Blue était devenu insupportable. Bien qu’on le revoie vers la fin de la saison, il est largement plus supportable. Lois de son côté découvrait qui se cache derrière les traits du Blur. Durant la première partie de cette dixième saison, elle tente de composer avec ce secret. Elle ne souhaite aucunement faire comprendre à Clark qu’elle connaît sa double identité, elle désire qu’il fasse le premier pas. Et lorsque l’on connaît le personnage, on se doute que cela peut prendre un sacré moment. Ce que l’on attendait tous depuis plusieurs saisons arrive enfin et le couple en devient réellement un. Si Tom Welling n’a pas suffisamment de charisme pour que l’on puisse franchement parler d’alchimie, le duo fonctionne quand même relativement bien. Il y d’ailleurs plusieurs références sympathiques au mythe de Superman mais également à la série Lois & Clark : The New Adventures of Superman. Teri Hatcher vient effectivement interpréter le rôle de la défunte mère de Lois, ce qui est toujours sympathique. Michael Ironside (V) reprend les traits de son père sinon. Les shippers ont dès lors de quoi être ravis car les épisodes regorgent de moments mignons et tendres concernant le couple phare.

Cette nouvelle saison est celle de maturité concernant le héros. Si cela avait déjà été amorcé, il part tellement de loin qu’il lui faut plusieurs années pour réaliser qu’il est nécessaire de se bouger un tant soit peu afin de grandir et de s’accomplir. Peu à peu, il prend des décisions importantes, il fait des choix et change plus ou moins de perspective. Cela est d’autant plus visible du côté de sa destinée de super-héros. La saison y est d’ailleurs fortement dédiée, traitant parfois correctement, d’autres fois plus superficiellement, de la notion de super-pouvoirs. Metropolis se rend compte qu’il y a de plus en plus de personnes dotées de dons extraordinaires et en a peur. Le gouvernement, manipulé par certaines instances, s’en mêle et la situation s’annonce tendue pour la Justice Society of America et leurs collègues tels que Clark ou Oliver. C’est en partie grâce à tout cela que Clark commence à s’assumer. Dans le rôle d’un militaire acariâtre, les amateurs de Battlestar Galactica auront reconnus sans aucune difficulté Michael Hogan qui se rapproche ici sur certains points de ce bon vieux Saul.
La dernière saison aidant et la série ayant toujours apprécié effectuer quelques clins d’œil aux comics, plusieurs personnages connus viennent le temps d’un épisode ou plus. En plus de retrouver la Justice Society of America, bien qu’elle soit trop peut utilisée à mon goût, on peut noter le retour de Kara/Supergirl, d’Aquaman ou encore de Black Canary mais également l’arrivée de Booster Gold.

La saison dix est la dernière et elle nous le fait bien ressentir. Elle met les petits plats dans les grands, ne lésinant par sur les retours quitte à égratigner un tant soit peu la crédibilité de la série. Mais si voyons, elle en a encore quand même un minimum. Honnêtement, difficile de cacher sa joie en revoyant certains visages connus dont nous tairons le nom pour réserver la surprise. Les scénaristes se font plaisir et nous le rendent bien. Cependant, la frontière entre la saison fourre-tout, entièrement dédiée à un hommage de Smallville, et et une vraie saison construite comme il faut est parfois bien ténue…

Au-delà de Clark, de Lois et des vilains qui veulent ruiner leur petite vie tranquille parmi les vaches du Kansas, les autres personnages sont assez bien travaillés pour certains. Du fait du souhait d’Allison Mack de s’évader de la série, on voit moins Chloe. Si son retour est limite ridicule dans le 10×12, Collateral, elle rappelle qu’elle nous avait manqué. Sa relation avec Oliver prend une nouvelle dimension et les deux se sont définitivement bien trouvés. Du côté de celui-ci, il passe par de sombres moments, ce qui n’est pas nouveau vu ses actes passés, et tente de remonter la pente. Pour cela il peut compter sur ses fidèles amis. En dépit du charme de Justin Hartley, cette intrigue est plus que moyenne. Supposée remplacer Lex, Tess a immédiatement su s’intégrer à la distribution de la série et ce n’est pas encore cette saison qui fera dire le contraire. Elle possède plusieurs intrigues de choix, notamment avec les clones de Lex, dont un est joué par le sympathique Lucas Grabeel. Il avait d’ailleurs interprété Lex jeune quelques saisons auparavant. Emil prend un peu d’ampleur, ce qui ne fait jamais de mal car il a réussi à prendre ses marques sans que l’on ne s’en rende compte et il sera l’instigateur de plusieurs scènes agréables voire même très drôles.

Enfin, concernant les épisodes il est difficile de ne pas parler du 200ème, le 10×04, Homecoming, qui est probablement le plus réussi de la saison. Faisant revenir un personnage peu amène mais interprété par un acteur assez extra dans son genre, il montre un Clark retournant sur ses pas de lycéen. Le 10×15, Fortune, est drôle et présente les personnages sous un nouveau jour pour certains et se révèle assez original avec cette histoire de perte de souvenirs sous fond d’alcool. Le 10×10, Luthor, sans être extraordinaire n’est pas désagréable et permet de retourner dans une dimension parallèle. Quant au series finale, s’il manque de souffle épique, il est quand même plutôt bien fichu et comporte de nombreux éléments faisant plaisir. La dernière scène est par exemple plutôt géniale, surtout lorsque l’on sait que cela fait environ dix ans qu’on l’attend. Quoiqu’il en soit, l’esprit de la série est bel et bien là et l’équipe créative en profite à fond et c’est plus qu’appréciable.

Si la saison dix est très loin d’être une merveille, elle possède quelques épisodes intéressants et se révèle globalement sympathique. Son principal défaut est peut-être de reposer en très grande partie sur un hommage à Smallville. On se doute bien qu’au bout de dix ans, les spectateurs qui restent devant leur écran ont un minimum de courage et doivent apprécier la série, mais il aurait été judicieux de densifier l’arc principal et de donner l’impression que la menace Darkseid est réelle. Il fait plus bouche-trou qu’autre chose ici. Mais ne boudons pas notre plaisir car la saison multiplie les références, les clins d’œil, s’amuse et rien que pour ça, elle permet de passer du bon temps. Au final, si Smallville a été décriée, elle restera une série qui aura marqué une génération (en bien comme en mal, à chacun de voir ce qu’il veut) et malgré ce que les mauvaises langues diront, elle possède d’excellents moments et des personnages attachants. Ça va faire bizarre de ne plus la retrouver à la rentrée, elle qui permettait d’avoir sa dose de ridiculement marrant et de pur divertissement fun et léger.

By |2017-05-01T14:00:42+01:00octobre 2nd, 2011|Séries étasuniennes, Smallville|0 Comments

Smallville (saison 9) – Destined

Après une saison huit au-delà de toutes espérances, Smallville fut de retour cette année pour la neuvième année consécutive. Si jusqu’à peu il était possible de se demander quand est-ce que la série allait s’arrêter, la réponse est tombée il y a quelques temps : la saison dix sera la dernière. Diffusée de septembre 2009 à mai 2010 sur The CW, la saison comporte 21 épisodes dont un double. Concernant la France, M6 semble avoir définitivement rangé au placard la série. Aucun spoiler.

Comme j’ai déjà pu le dire, malgré tous ses défauts, j’aime bien suivre Smallville. La série semble d’ailleurs avoir repris un peu de galon sur la toile grâce à la saison huit qui il faut le dire, était bien fichue malgré un season finale assez désastreux. Tant mieux. Si la série est assurément repartie sur de bonnes bases, la saison neuf est un cran en-dessous de la précédente. Elle n’est pas mauvaise mais sachant qu’on a eu précédemment du bon, on s’attend désormais à en avoir encore, voire même du mieux. Il y a de bonnes idées, or elles sont parfois phagocytées par certaines intrigues moyennes et surtout, mal mises en place. Un gros problème de la saison est de prendre son temps. Si ça peut être bien, ici ce n’est pas le cas. Les enjeux principaux se font lentement connaître et même une fois qu’ils sont supposés être clairs, ils ne le sont pas vraiment. La saison souffre assez de ce manque de rythme et si l’ennui n’est pas forcément des plus présents, on n’en est pas loin. Un peu dommage. Ceci dit, il est toujours agréable de voir autant de héros à l’antenne. En effet, au-delà de la présence du Blur et de Green Arrow, la saison se targue de la présence de la Justice Society of America, des anciens justiciers avec des pouvoirs particuliers, mis au placard plusieurs années auparavant. Le double épisode qui leur est consacré n’est pas parfait mais demeure plutôt intéressant. A noter qu’un des membres de la JSA n’est autre que Michael Shanks (Stargate SG-1). Les fans du comics seront donc aux anges… ou pas, mais il y a un réel effort derrière cet arc. Il y a fort à parier qu’on les verra davantage en saison dix ce qui n’est pas une mauvaise idée. Autre nouveau personnage avec des habiletés bien surhumaines : Metallo, interprété par le toujours très charmant Brian Austin Green (Terminator : The Sarah Connor Chronicles). On ne le voit finalement que peu mais il est le responsable de quelques jolies scènes avec notamment Lois. La saison est résolument axée super-héros et pouvoirs en tous genres, ce qui est un atout indéniable.

Autre arc qui occupera le téléspectateur durant un certain temps : l’opération Checkmate. Elle permet de revoir un personnage plus ou moins oublié et de découvrir Pam Grier (The L Word) en agent prêt à tout pour parvenir à ses fins. Cette intrigue est assez ratée et ce n’est que la révélation, plutôt facilement détectable, qui lui donnera un tant soit peu de piment mais on ne se sent que peu investi.
Même gros problème pour le supposé clou de la saison qui n’est autre que Zod, découvert en fin de saison huit. Prenant place après le très bon méchant qu’était Doomsday, il fait bien pâle figure. Quelle déception. Incarné par Callum Blue (Dead Like Me), il est insupportable en grande partie à cause de l’acteur. Surjouant à chaque fois, il ne peut s’empêcher de prendre un accent désagréable et d’ar-ti-cu-ler plus que de raison. Il n’a pas une once de charisme et passe complètement à côté de son rôle. Pourtant, j’aime bien l’acteur en règle générale mais là rien n’y a fait. Zod étant un Kandorian, tout comme Clark, son arrivée permet au Terrien adoptif de remettre ses valeurs à plat, de faire la part entre sa planète d’origine et celle sur laquelle il a vécu toute sa vie. Clark est souvent en posture assez délicate durant la saison. Il est divisé et doit prendre des décisions importantes. Pour une fois, il commence à s’assumer et à enlever ses œillères. Après autant d’années, il était temps de mûrir et le virage est bien amorcé. Il est certainement annonciateur de bonnes choses pour la rentrée prochaine.

Les autres personnages sont globalement bien développés et offrent eux aussi des perspectives intéressantes. Par exemple, Tess prouve qu’elle n’a rien d’un Lex-bis. Même si ses motivations sont loin d’être claires, on sent qu’elle veut au final ne faire que ce qui est juste. Son souci est qu’elle choisit toujours la mauvaise manière pour le réaliser. Un bon point de la saison est de la faire régulièrement interagir avec Chloe. Les deux se ressemblent finalement assez et ensemble, elles font facilement avant les choses. Justement, la fidèle amie de Clark continue son chemin qui est parsemé de zones d’ombre. La fin de la saison huit avait été cruelle pour elle, la nouvelle ne l’épargne pas non plus. Elle devient le point de ralliement des héros et du haut de sa Watchtower se coupe du monde. Néanmoins, ce n’est que pour mieux retomber sur ses jambes, un personnage aidant. Sans Chloe, Smallville n’aurait assurément pas la même saveur. Elle est un des personnages qui a le plus évolué. Nuancé et souvent sur la corde raide, il est en plus parfaitement interprété par Allison Mack.
La saison est aussi l’occasion de continuer le développement de la romance entre Lois et Clark. Ils sont toujours mignons, bien qu’il serait bon de faire attention à ne pas tomber dans la répétition ou dans le copier-coller avec la série éponyme.

Au final, la saison neuf est dans son ensemble correcte. Elle divertit suffisamment et donne l’occasion de passer des moments agréables. Malheureusement, elle manque d’homogénéité, certains épisodes étant clairement en-dessous des autres. De même, les intrigues des Kandorians ou celle de Checkmate ne sont pas des meilleures, la faute à quelques éléments qui empêchent d’être entièrement satisfait. Ceci étant dit, les personnages et les relations qui les unissent sont toujours fort appréciables et bien mis en avant. Il ne reste plus qu’à espérer que la saison dix marquera enfin l’envol de Superman, qu’on aura le droit au retour d’un personnage n’ayant plus de cheveux et que la série se terminera en beauté. Le début des réponses prochainement !

By |2018-07-06T17:47:51+01:00juillet 29th, 2010|Séries étasuniennes, Smallville|5 Comments