Stand Up!! | スタンドアップ

Après avoir regardé un j-drama plutôt morose, à savoir Kamisama Mô Sukoshi Dake, il était peut-être préférable de retourner du côté des comédies délurées avec Stand Up!!. Composé de onze épisodes, ce renzoku fut diffusé sur TBS entre juillet et septembre 2003. Seul le premier comporte un quart d’heure de plus que les quarante-cinq minutes habituelles. Aucun spoiler.

Quatre lycéens amis depuis l’enfance réalisent avec effarement qu’ils sont les derniers vierges de l’établissement. Moqués par leurs camarades, ils cherchent par tous les moyens à régler ce qu’ils considèrent être comme une abominable tare. Les vacances d’été arrivant, ils vont peut-être parvenir à atteindre leur but !

     

La lecture du synopsis peut donner, à juste titre, des sueurs froides car on imagine qu’il s’agit là d’un American Pie à la sauce japonaise. Ce n’est d’ailleurs pas l’histoire qui m’a donné envie de m’y intéresser mais sa distribution. Cependant, contre toute attente, la série traite certes de thématiques susceptibles de se rapprocher de la fameuse franchise américaine lourde et poussive, mais elle ne possède en aucun cas ses défauts. En fait, Stand Up!! m’a beaucoup fait penser à la sympathique Life As We Know It qui parlait du sexe sans tomber dans la surenchère. Les adolescents de ce j-drama sont des jeunes comme on en croise tous les jours dans la rue, que l’on habite en France, aux États-Unis ou au Japon. Ils ne pensent qu’au sexe, ce qui est tout à fait normal et réaliste puisqu’à cette période, les hormones sont en ébullition. Par chance, les épisodes ne sont en aucun cas graveleux et ne font pas non plus preuve d’un humour gras et très lourd. La comédie est en fait ici totalement décomplexée, surjouée, et il existe un effet idiot prépondérant typique de l’humour nippon. C’est d’ailleurs pour cette raison que ceux ayant des difficultés avec ce pan des fictions japonaises doivent absolument passer leur tour sous peine d’avoir des envies de casser sa télévision. Malgré la légèreté ambiante se fondant parfaitement dans ces vacances estivales où la chaleur finit par faire tourner les têtes, les thématiques sont parfois abordées avec une certaine finesse. Les situations se veulent effectivement fédératrices et plutôt réfléchies en parvenant toujours à viser juste le cœur des adolescents. Bien que le but recherché soit sans conteste le divertissement, l’écriture n’est pas aussi superficielle qu’elle ne le laisse penser au premier abord. Des sujets tels que l’amitié, la famille, la solidarité, le regard des autres ou encore l’acceptation de sa propre personne sont dès lors abordés. Ne le nions pas, le sentimentalisme et la morale sont inévitablement présents mais demeurent on ne peut plus tolérables.

Dans ce genre de séries, ce qui prime est sans grande surprise la galerie de personnages. Ce qu’il y a d’assez fou est que celle-ci fait la part belle à une incroyable distribution. Si la plupart des acteurs principaux n’étaient qu’au début de leur carrière en 2003, ils sont désormais bien plus connus. Les voir tous ensemble a donc quelque chose d’assez hallucinant et fort plaisant. Les quatre lycéens désirant à tout prix découvrir le sexe sont incarnés par les Johnny’s Ninomiya Kazunari et Yamashita Tomohisa (Nobuta wo Produce, Buzzer Beat, Byakkotai, Kurosagi, Ikebukuro West Gate Park), Oguri Shun et Narimiya Hiroki (Bloody Monday, Orange Days, Stand Up!!, Hachimitsu to Clover, Gokusen, Kôkô Kyôshi 2003, Innocent Love). Rien que ça ! Entre le tout fluet, le passionné de train vivant dans un love hotel, le sportif essayant de se donner de grands airs et le très pervers attiré par les sous-vêtements, ils ne sont clairement pas sortis d’affaire. Dans le renzoku, ces compères sont copains depuis toujours et il en ressort beaucoup d’alchimie, de peps et de bonne humeur. Vivant dans des quartiers où tout le monde se connaît, ils sont régulièrement surveillés par leurs parents respectifs et les commerçants. Parce qu’évidemment, les bêtises sont légion surtout qu’ils sont un brin stupides par moments. Chacun d’entre eux est correctement développé et leurs personnalités se complètent à merveille. C’est surtout Asai Shôhei, le personnage joué par Ninomiya Kazunari, qui est le plus en avant surtout qu’il fait office de narrateur assez imaginatif. De son côté, il craque sérieusement pour sa prof haute en couleur incarnée par Shaku Yumiko (Bara no nai Hanaya) mais est très perturbé par le retour d’une amie d’enfance, Ôwada Chie (Suzuki An), semblant avoir un gros faible pour lui. D’ailleurs, Chie est très sympathique par son optimisme et sa sensibilité. Lorsque les vacances d’été arrivent, ils partent ainsi tous à la conquête de filles qui, elles, n’en ratent pas une pour se moquer d’eux et les humilier gentiment. D’abord, ils sont tellement vexés qu’ils décident de créer un club de pureté et de préservation de leur virginité ! Il va de soi qu’ils sont perpétuellement en lutte intérieure entre le pacte qu’ils ont fait entre eux pour rester innocent, et leur envie impérieuse de passer à l’acte. Mine de rien, leur approche les amène à réfléchir sur l’impact et le sens de la sexualité. Il faut dire que les filles n’hésitent pas à les titiller de toutes les manières possibles et inimaginables. De leurs bords, on peut par exemple y voir Ashina Sei (Bloody Monday, Saru Lock), Becky (Nodame Cantabile, Taiyô no Uta) et dans un rôle plus secondaire, Mizukawa Asami (Yume wo Kanaeru Zô, Inu wo Kau to Iu Koto, Last Friends, Fûrin Kazan, Nodame Cantabile, Onnatachi wa Nido Asobu). À vrai dire, la série utilise de nombreuses figures pour accentuer son comique de situation et beaucoup ne semblent pas avoir peur du ridicule. Des personnages, comme le tombeur de ces dames aidant les puceaux dans leur quête ultime et portant les traits de Tsukamoto Takashi (TEIÔ, Kisarazu Cat’s Eye, Magerarenai Onna, Kekkon Dekinai Otoko…), sont délicieux à souhait. L’entourage proche a le droit à ses propres intrigues et là aussi, la série surprend par l’intérêt de son contenu. Sinon, la réalisation est très dynamique et participe vraiment bien à cette ambiance plus que sympathique. La chanson du générique, Kotoba Yori Taisetsu na Mono d’Arashi – le groupe de Nino – est également plus que réussie.

Au final, il n’y a pas grand-chose à dire sur Stand Up!! étant donné qu’elle fait partie de ces séries légères à regarder pour s’amuser et qui ne rentreront certainement pas dans les annales. En mettant en avant un quatuor d’adolescents perturbés par leurs hormones, elle se révèle très rafraîchissante, drôle, plutôt décomplexée, attachante, et même, parfois touchante vers la fin. Grâce à ses personnages truculents, son côté survolté tout en restant contrôlé et ses thématiques fédératrices ne se révélant ni poussives ou graveleuses, le visionnage s’apparente à une petite bulle mignonne comme tout, divertissant juste ce qu’il faut. En outre, la distribution est telle que l’ensemble mérite plus que le coup d’œil si l’on souhaite voir des acteurs désormais populaires alors qu’ils n’étaient encore que des petits jeunes !