Namja Iyagi | 남자이야기 (Story of a Man – A Man’s Story – The Slingshot)

Voici le premier « article-cadeau » de la semaine spéciale Noël. Comme Carole l’a demandé, c’est le k-drama Namja Iyagi qui est à l’honneur.

Cette fin d’année 2009 aura été résolument coréenne puisque j’aurai regardé deux k-dramas. Rappelez-vous, j’ai débuté par Iljimae en novembre que j’ai adoré. Story of Man est ma seconde série du pays du matin calme. Diffusée entre avril et juin 2009 sur KBS2, elle dure 20 épisodes de 70 minutes environ. Elle a reçu le prix du meilleur drama au 2009 Seoul International Drama Awards. A noter que je vais parler tout du long de l’article de Namja Iyagi mais on retrouve ce k-drama sous diverses appellations comme A Man’s Story ou encore The Slingshot. Aucun spoiler.

Kim Shin menait sa vie sans se soucier du lendemain aux côtés de sa petite amie Kyung Ah, mais tout change lorsque son grand frère se suicide suite à la faillite de son entreprise. Il laisse derrière lui d’importantes dettes que Kim Shin doit rembourser au plus vite. Afin de venger la mémoire de son frère, Kim Shin commet un geste irréparable qui va l’envoyer en prison. Il y apprend qu’un homme, Do Woo, était la personne responsable de la faillite de l’entreprise de son frère, grâce à une mystérieuse jeune fille, Eun Soo, qui s’avère être la petite sœur de Do Woo, lorsque celle-ci vient lui présenter ses excuses au parloir. Kim Shin décide alors de profiter de son incarcération pour mettre en œuvre sa vengeance. Se joindront à lui Kyung Tae, un génie autiste, Jae Myung, qui veut également se venger de Do Woo, et Moon Ho, l’oncle bienveillant de Kyung Tae. Entre temps, Kyung Ah, qui mène maintenant une toute autre vie, a ainsi eu l’occasion de rencontrer Do Woo, un homme froid et calculateur.
Source : NewsAsia

Lorsque Carole a demandé de traiter Namja Iyagi pour la semaine spéciale Noël, j’ai vite lu le synopsis et ça m’a plutôt intéressée. J’ai toujours eu un faible pour les histoires de vengeance. Pour ne rien gâcher, l’acteur Lee Moon Shik interprète un homme voulant aider Kim Shin dans sa tâche. Je l’avais adoré dans Iljimae, c’est lui qui incarnait le père adoptif de Ryung et il est franchement fantastique. Ici c’est un peu pareil. Dès que je l’ai vu, j’étais toute contente ^^ N’y connaissant rien -ou si peu- en acteurs coréens, je suis incapable de dire s’il y en a des connus. Ceci dit, on retrouve Kim Roe Ha, jouant aussi dans Iljimae, qui incarne un bien pleutre directeur financier (ou quelque chose dans le genre), aidant Chae Do Woo. En d’autres termes, il n’a rien mais rien à avoir avec l’assassin glacial de Iljimae.

Namja Iyagi repose principalement sur le thème de la vengeance. Kim Shin, le héros, va tout faire pour réparer l’injustice qu’a subie son grand frère. Celui qui est à l’origine de la plupart de ses malheurs n’est autre que le froid Chae Do Woo. Au fur et à mesure, il se rendra compte que sa famille n’est pas la seule à avoir été victime de cet homme. Bien au contraire. Chae Do Woo se fiche totalement des autres et n’a que pour but de réaliser son rêve, quitte à faire souffrir 95% de la Corée. Le k-drama oppose ainsi ces deux hommes, ayant un caractère, un style et une conception de vie radicalement différents. Alors que Kim Shin est au début quelqu’un d’insouciant et naïf, il prend peu à peu du poil de la bête jusqu’à pouvoir jouer dans la cour du manipulateur Do Woo. A vrai dire, Shin est loin d’être parfait, il est clairement un anti-héros. Il est parfois assez agaçant mais il fallait bien qu’il évolue s’il souhaitait faire un minimum de tort à son ennemi. Justement, parlons de ce dernier. J’avoue avoir vraiment adoré Chae Do Woo. Glacial et complexe, n’hésitant pas à manipuler, mentir, corrompre, faire assassiner et agir en conséquence de ce qu’il veut voir réaliser, il semble n’avoir aucun état d’âme. Il donne l’impression de ne jamais faillir et de toujours contrôler ses émotions. Il est à la fois fascinant, charismatique et effrayant. Toutefois, Kim Shin va tenter de faire craqueler cette carapace et cette belle couche de vernis. Réussira, réussira pas ? Et à quel prix ?

Cette bataille entre les deux se réalise sur plusieurs terrains. Tour à tour on est entraîné dans le monde de la finance et des actions, dans celui de la construction ou encore sur le terrain en que tel avec quelques oppositions bien physiques. A propos de tout ce qui est lié à la bourse, j’avoue avoir ça en horreur (et surtout rien n’y comprendre) mais ça passe ici très bien. Il y a un renouveau perpétuel et on n’a jamais l’impression que l’histoire s’enlise ou se répète. Le scénario est maîtrisé et on suit les épisodes sans crainte tant il dégage une impression de contrôle dans ce que l’on veut nous montrer. Et bon sang, ce que c’est agréable !

Même si la série a donc pour toile de fond la vengeance, il n’est pas possible de la résumer à uniquement cela. Effectivement, Namja Iyagi se permet de développer ses personnages ainsi que les liens qui se tissent entre eux. D’autres enjeux se mettent en place et les protagonistes ne sont pas motivés que par cette bataille entre les deux héros. A ce propos, si les deux opposants sont la figure maîtresse du drama, d’autres personnages tirent leur épingle du jeu. Du côté de Kim Shin on retrouve ainsi une petite équipe composée de Kyung Tae ‘Mazinger’, un génie de la finance mais qui est autiste. Dire qu’il est adorable serait un euphémisme. Mal à l’aise avec les gens, malgré ses difficultés il tente aussi d’aider (et il le fait à merveille !) et prend peu à peu de l’assurance. L’acteur, Park Ki Woong, est épatant. Son oncle, joué par Lee Moon Shik, un brin bohème sur les bords, tient une sorte de café-musique classique où il semble bon y faire un tour. Autre membre important de l’équipe : Jae Myung, un avocat américain mais ayant quitté la Corée plus jeune. Incarnée par Lee Philip, il est incroyablement charismatique et parle souvent un anglais qui sonne… anglais (ouaw, miracle ^^). Ces quatre-là forment un chouette groupe. Même s’ils ne sont pas toujours d’accord, que ce soit dans les méthodes ou dans la façon de voir les choses, ils ont une certaine cohésion et on sent les liens forts qui existent entre eux.
Du côté de Do Woo, on ne retrouve pas grand monde, ce qui s’explique par sa personnalité. Si de nombreuses personnes comptent sur lui et gravitent autour, ce n’est pas pour cela que l’on puisse dire qu’il y ait quelqu’un de vraiment proche, si ce n’est sa soeur. Ceci dit, son garde du corps, semble prêt à tout pour lui. En plus d’être totalement flippant, il ne paraît penser qu’à son employeur. Il lui est dévoué corps et âme. On n’en sait finalement que très peu sur lui mais c’est suffisant.

Restent les femmes de la série. Il y en a quelques unes mais seules deux sont vraiment mises en avant. Il y a tout d’abord Kyung Ah, la petite-amie de Shin au début de la série. Ayant du caractère, elle désire argent, pouvoir et statut social, quitte à tout faire passer après. Si au départ, je la trouvais particulièrement intéressante car différente des autres femmes, au bout d’un moment elle a fini par m’agacer puis par me lasser. Elle est en fait totalement effacée par la petite soeur de Do Woo, Eun Soo. Douce, gentille et agréable, elle s’écrase toujours et s’excuse en permanence des mauvaises actions de son père et de son frère. Toutefois, elle ne fera que prouver qu’elle n’est pas une jeune femme soumise. Loin de là. Au fil du temps et de ses relations, elle prend enfin le temps de vivre sa propre vie. A l’inverse de Kyung Ah, je n’étais pas spécialement convaincue par son personnage au début mais dès le milieu de la série elle m’était extrêmement agréable. Sa relation particulière avec Do Woo est intrigante et se révèle forte intéressante. Au départ j’avais un peu un peur que ça tourne comme dans Old Boy (j’ai regardé le film pour la première fois très récemment, ceci explique cela), mais non, rien de super bizarre ou malsain. Ouf. La seule personne qui a de l’intérêt aux yeux de Do Woo est sa soeur, elle seule semble le comprendre d’ailleurs. Si Namja Iyagi met en fait en avant deux hommes que tout oppose et qui tentent de faire sombrer l’autre, la série dresse aussi le portait de deux femmes essayant de se faire une place, chacune à sa manière.

Au final, Namja Iyagi est un k-drama brillant. Riche, intelligent et intense, il utilise à merveille les vingt épisodes et la musique pour offrir un spectacle passionnant et stimulant. C’est une vraie partie d’échecs à laquelle on est convié. Les personnages sont fouillés et sont caractérisés par une personnalité réaliste et non manichéenne. Ils sont incarnés par des acteurs qui sont bons, voire très bons. A noter qu’il n’y a pas de surjeu donc ça ravira ceux qui ont du mal avec cet aspect souvent présent dans les séries asiatiques. Si l’ambiance de la série est sombre, quelques touches d’humour bienvenues sont disséminées ça et là. L’intrigue est quant à elle suffisamment complexe pour tenir en haleine et le suspense et l’action sont là pour ne plus donner envie de s’arrêter. En somme, une bien belle découverte pour un second k-drama ^.^