Supernatural (saison 8)

Alors que Supernatural était supposée se terminer au terme de sa cinquième saison, il semblerait presque qu’elle se dirige vers une dixième bougie. En tout cas, dès la rentrée prochaine, elle débutera sa neuvième année consécutive à l’antenne. Déjà ! En attendant, discutons quelque peu de la huitième, composée de vingt-trois épisodes diffusés sur The CW entre octobre 2012 et mai 2013. Sera Gamble ayant quitté son poste de showrunner, c’est Jeremy Carver qui s’est chargé de porter cette casquette difficile. A-t-il réussi à reconquérir le public vraisemblablement peu satisfaisait du travail antérieur ? Aucun spoiler.

En dépit de critiques assez négatives à l’encontre de la septième saison, celle-ci ne fut pas une catastrophe. Certes, ne nions pas qu’elle souffrait de son côté très rodé et ronronnant, mais elle avait au moins le mérite de se regarder aisément. Cela étant, elle se terminait sur une note assez mitigée et ne donnait pas furieusement envie de lancer les épisodes inédits. Précédemment, les léviathans étaient vaincus si ce n’est que cette lutte assez terrible avait une conséquence fort fâcheuse pour Dean. Il se voyait effectivement catapulté au Purgatoire. D’aucuns pourraient dire qu’après avoir été en Enfer, il ne devrait pas trop se plaindre. Sauf que cet endroit est loin de s’apparenter à une partie de plaisir. Au début de la saison huit, un an s’est écoulé et l’aîné des frères Winchester vient enfin de s’extirper de ce monde hostile aux humains. Profondément blessé et traumatisé, souffrant d’avoir en plus perdu Castiel au passage, il cherche tout naturellement Sam. Quand Dean était sorti d’Enfer, la saison quatre avait traité les répercussions de ce voyage funeste de manière superficielle et rapide. Cette fois-ci, ce n’est pas le cas et le scénario montre qu’il apprend de ses erreurs en explorant la psychologie finalement assez complexe dudit personnage. Dean évolue grandement au fil des épisodes et son détour par ce lieu dangereux au cours de cette ellipse temporelle n’y est clairement pas étranger. Plus ou moins forcé de collaborer avec un attachant vampire, Benny (Ty Olsson), il voit sa grille de valeurs cheminer et présente alors une vision moins manichéenne. Quoi qu’il en soit, dès son arrivée dans le monde moderne, il contacte Sam qui, contre toute attente, n’a pas fait grand-chose durant ces douze longs mois. Ou plutôt, il s’est bel et bien occupé, mais en aucun cas comme on serait susceptible de l’imaginer. Au lieu de remuer ciel et terre pour retrouver son aîné, essayer de venir en aide au prophète Kevin sacrément malmené par Crowley et combattre les créatures fantastiques, il a décidé de passer de bons moments avec une femme et un chien. Sans grande surprise, la réunion des deux frères est par conséquent assez froide et la rancœur continue progressivement de s’installer entre eux. Les Winchester n’ont dans tous les cas pas l’opportunité de s’appesantir étant donné qu’ils constatent l’existence d’une tablette sur les démons, du même acabit que celle sur les léviathans. Quand Kevin parvient à la déchiffrer, ils tombent des nues en réalisant qu’il se trouve une possibilité de fermer à tout jamais les portes de l’Enfer. L’arc majeur de la saison s’attarde ainsi sur cette quête qui, naturellement, ne sera pas de tout repos.

Si le fil rouge est dès lors consacré à cette histoire de tablette à décoder, elle occupe finalement assez peu les personnages tout au long de l’année. Étrangement, uniquement quelques épisodes s’y focalisent réellement. Malgré tout, l’intrigue générale est globalement assez bien menée et fait preuve d’une tonalité dramatique appréciable, en étant évidemment toujours contrebalancée par l’humour latent. La fatalité s’abattant sur eux, les héros sont obligés de participer à des travaux titanesques et à des épreuves a priori improbables afin de rompre le contact avec les sphères sataniques. Le sympathique Kevin les aide du mieux qu’il peut en dépit de très lourds sacrifices. Le concernant, sa mère est une vraie pépite illuminant rien que par sa présence, son peps et ses répliques des scènes pourtant presque banales. Les démons ne sont pas les seuls à vivre des chamboulements puisque les anges sont rudement bousculés. C’est l’occasion de s’appuyer sur les êtres supérieurs et de comprendre qu’ils ont beau jouer le rôle de gentils, ils sont parfois peut-être encore pires que ceux qu’ils méprisent… Le plus important d’entre eux, Castiel, garde sa place de figure plaisante, souvent déconnectée, et plus qu’attachante. Après sa progression peu positive des saisons passées, cela fait du bien de le découvrir se recolorer, même s’il perd plusieurs plumes au passage. Les épisodes continuent également d’affiner sa relation avec Dean, les deux étant inextricablement liés par un sincère amour susceptible de toucher aisément les spectateurs. Les histoires célestes permettent de côtoyer Amanda Tapping (Stargate SG-1) en tant que Naomi, un ange moyennement amène qui peine quelque peu à convaincre. Bien sûr, le versant démoniaque voit Mark Sheppard reprendre son costume du roi infernal et l’acteur s’amuse visiblement comme un petit fou en tant que créature sadique, incisive et férocement jouissive. À ce sujet, les rebondissements le concernant en fin de parcours suggèrent une transformation radicale qui devrait être extrêmement réjouissante. Des protagonistes tels que l’ambivalent Metatron (Curtis Armstrong) ou la sexy et piquante Abbadon (Alaina Kalanj) possèdent aussi une chance de rayonner. En définitive, l’arc principal ne l’est finalement pas tant que ça et s’entoure surtout d’autres éléments plus secondaires à la qualité parfois inégale.

La première partie de cette huitième année est particulièrement poussive à cause de la très mauvaise intégration de flashbacks dépeignant ce que Sam et Dean ont vécu lors de leur séparation. Si les pérégrinations du second au Purgatoire disposent d’un matériel assez intéressant, bien qu’au final vite prévisible, les atermoiements sentimentaux du cadet Winchester sont extrêmement pénibles à suivre, et cassent le rythme que la série tente de mettre en place. Voir Sam avec sa petite amie vétérinaire n’a franchement rien de trépidant. En plus, en raison de l’ennui, cela laisse du temps pour se focaliser sur l’horrible coupe de cheveux de Jared Padalecki pour laquelle il faut vraiment qu’il s’en occupe. D’ailleurs, les scénarises paraissent penser la même chose compte tenu du nombre de blagues à ce sujet, celles-ci s’apparentant presque à ce stade à un running gag. Il convient de patienter plusieurs épisodes pour que la parenthèse amoureuse de Sam soit refermée, et espérons que l’on n’y revienne pas. À la rigueur, que ces vignettes dans le passé soient moyennement engageantes pourrait ne pas être trop dérangeant si elles induisaient de la nouveauté par-derrière. Or, ce n’est pas le cas comme elles ne font que dessiner les divergences redondantes dans la fratrie. Voir les frères se disputer, ne pas se faire confiance et s’éloigner brise toujours le cœur, mais perd en impact tant la situation n’est pas inédite. Heureusement, la seconde partie de la saison amorce des modifications et inverse la tendance. Le season finale prouve justement qu’une métamorphose est désormais bel et bien en route et que les deux commencent à développer une dynamique évoluant sous un jour original. Avec les dernières minutes de cet épisode, tragiquement belles, les pions sont définitivement tous en place pour une solide suite.

Un changement inespéré s’opère dès le 8×12, As Time Goes By. Il apporte à Supernatural un second souffle susceptible de relancer la série pour des aventures somme toute enthousiasmantes. Effectivement, cet épisode croque l’existence d’un groupe mystérieux – et quelque peu sexiste comme le mentionnera à juste titre la charmante Charlie –, ayant disparu malgré de grandes connaissances sur l’univers surnaturel. Il s’agit des Hommes de Lettres. Cette société secrète était caractérisée par d’impressionnants moyens et des membres cultivés, dont un certain Henry (Gil McKinney – ER). Une chose est sûre, c’est qu’elle lègue à Sam et Dean une maison, un vrai arsenal et toute une mythologie à reconstruire et à explorer. En d’autres termes, la fiction a toutes les cartes en main pour durer un petit moment, et offrir du matériel pertinent à travers cet héritage inattendu. Il faut avouer que se remettre au goût du jour de cette façon au bout de huit ans relève presque du miracle, surtout lorsque l’on se souvient de l’aspect finalement très routinier des années passées. Certes, tout n’est pas parfait et subsistent de nombreuses imperfections, mais les ingrédients sont là, il ne reste désormais plus qu’à les exploiter. Plus que le fil conducteur en lien avec les portes de l’Enfer, c’est plutôt cet apport mythologique – tombant presque comme un cheveu sur la soupe, mais que l’on accepte pour son capital probable – qui demeure en mémoire concernant cette saison. Sinon, outre le côté feuilletonnant, plusieurs épisodes indépendants parsèment le tout. Certains sont franchement anecdotiques et s’oublient rapidement une fois la télévision éteinte. A contrario, d’autres sont plus que divertissants et confirment que la série détient encore suffisamment de ressource pour capter l’intérêt du public. Par exemple, le 8×08, Hunteri Heroici, figure parmi les succès avec cette enquête baignant dans les cartoons ; ajoutons le 8×11, LARP and the Real Girl, où Felicia Day rendosse le personnage de Charlie et entraîne les frères dans le monde du jeu de rôle. Quant à Garth, il est de retour et trouve définitivement sa place. Supernatural sait pratiquer le second degré et se moquer d’elle-même. De toute manière, pour peu que l’on soit toujours friand de la recette de la production, ces aventures arrivent à plaire un minimum grâce à ces monstres à pourchasser, l’humour, l’énorme sympathie que l’on peut avoir pour l’univers et ses héros, et ses thématiques multiples. Pour ne rien gâcher, Jeremy Carver reprend le flambeau d’Eric Kripke comme il se doit en réinjectant une bande-son hard rock appréciable. Les références à la culture populaire foisonnent plus que de raison et se succèdent des invités de la trempe de Tiffany Dupont (GRΣΣK), Adam Rose (Veronica Mars), Donnelly Rhodes (Battlestar Galactica), Serge Houde (Largo Winch) et Katie Stuart (The Crow: Stairway to Heaven).

Pour conclure, la huitième année de Supernatural est relativement correcte dans son ensemble. S’il est indiscutable que sa première moitié est très approximative et ennuie la majeure partie de son temps compte tenu de flashbacks peu pertinents, elle se rattrape dans une seconde période. Pour cela, elle peut remercier un rafraîchissement de ses fondements et l’ouverture d’une porte capable de rajeunir une fiction possédant un bel âge. Dans le même registre, la dynamique liant les frères débute très mal avec leurs états d’âme déjà vus et assez laborieux, pour finir par avancer vers un chemin différent, plus apaisé et moins répétitif. En d’autres termes, la saison évolue constamment tout au long de ses épisodes et bien qu’elle commette quelques erreurs de parcours, elle réussit à s’améliorer et rendre son public confiant pour la suite. Rien que pour ça, l’ensemble demeure satisfaisant et plutôt enthousiasmant. Espérons que les ambitieuses promesses seront tenues. La réponse dès octobre !

Par |2017-10-22T10:57:03+02:00juillet 14th, 2013|Séries étasuniennes, Supernatural|4 Commentaires

Supernatural (saison 7)

En dépit de la volonté d’Eric Kripke de développer sa série, Supernatural, sur cinq ans, celle-ci dure, dure, dure et dure encore. La septième, composée de vingt-trois épisodes – soit un de plus que d’habitude –, fut diffusée sur The CW entre septembre 2011 et mai 2012. La fiction revient dès la saison prochaine ; Sera Gamble quitte son poste de co-showrunner pour être remplacée par Jeremy Carver, Robert Singer complétant toujours le duo. Aucun spoiler.

Malheureusement, la saison six fut franchement ratée. Tout n’y était pas mauvais, mais en plus d’accumuler un scénario sporadiquement poussif, elle réussissait à ne plus nous faire croire aux frères Winchester, les rendant parfois presque antipathiques. La fin était d’ailleurs assez mal gérée, car Castiel, après être passé par une multitude de changements, devenait… Dieu. Face à tout ça, il était assez difficile d’être pleinement emballé par le retour de Supernatural, surtout lorsqu’on se répétait que la série aurait définitivement dû s’arrêter au moment décidé par Kripke. Et c’est souvent quand on part à reculons que l’on est agréablement surpris. Contre toute attente, cette saison inédite retrouve donc une partie non négligeable de sa verve d’antan et cela plaît. La première bonne nouvelle est que la nouvelle fonction de Castiel, supposé prendre le costume de Dieu, est expédiée dès le season premiere. Ce choix est plus que judicieux et permet de lancer les grands ennemis à abattre qui feront office de fil rouge : les léviathans. Supernatural continue ainsi l’exploration de la religion chrétienne ; après les anges et le Purgatoire, elle s’attaque à ces monstres plus à l’aise dans l’eau que sur terre qui seraient annonciateurs de l’Apocalypse. Histoire de leur offrir une consistance, les épisodes les présentent comme des entités multiples en mesure de se loger dans le corps d’un humain, tout en ayant la capacité de se métamorphoser en n’importe qui, à condition de l’avoir touché. Forcément, ces dons laissent supposer une multitude de retournements de situation, surtout que ces léviathans semblent impossibles à tuer. On a beau leur infliger toutes les tortures inimaginables ou les découper en tranches qu’ils parviennent à retrouver un réceptacle digne de ce nom. N’importe qui peut être un léviathan, même Gwyneth Paltrow ! Ces créatures n’ont en aucun cas peur de Sam et Dean et décident de régner sur le monde, à leur manière, tout en profitant de la superbe nourriture que sont les humains. Comme ils se trouvent en haut de la chaîne alimentaire, ils se fichent royalement des démons, des vampires et autres êtres apparentés. De cette manière, ces monstres sont sans aucun doute le nouveau chemin de croix des Winchester. Un des points forts de la saison, c’est qu’elle réussit à régulièrement intégrer quelques éléments faisant avancer la mythologie dans des épisodes qui donnent parfois l’impression de n’être que des loners. Les léviathans sont organisés, méthodiques et dirigés par Dick, aussi charismatique qu’effrayant à force de sembler tellement parfait avec son côté piranha des affaires. La tension tente d’atteindre progressivement son but, bien que l’on ne la ressente malheureusement pas toujours, la faute à un second degré devenant trop présent. En tout cas, l’issue ne paraît pas si évidente que ce que l’on pourrait imaginer ; ou tout du moins, elle risque de ne pas se conclure en merveille pour tous les personnages… Il s’avère également amusant de constater une certaine critique satirique de la population étasunienne, et plus particulièrement de cette fameuse société de consommation. Si l’ensemble demeure globalement maîtrisé et plus que sympathique à suivre, il est en revanche dommage que le season finale soit si peu dynamique et presque banal alors que la thématique léviathan aurait dû se terminer en apothéose. Quoi qu’il en soit, après l’année précédente où une véritable menace manquait, cette année enraye cet écueil en y intégrant de nouveaux protagonistes supposés dangereux et intelligents. Il faudra que les frères se serrent les coudes et qu’ils comptent sur la totalité des forces de ceux voulant terrasser les léviathans.

La saison six avait déjà en très grande partie amorcé le cas Sam et continue sans surprise sur sa lancée. Le cadet des Winchester a certes récupéré son âme, mais Castiel a détruit les murs mis en place par Death censés contenir ses réminiscences de l’Enfer. De manière on ne peut plus logique, le benjamin est perturbé et ne sait plus distinguer ce qui est faux de ce qui est vrai. Histoire de symboliser ses craintes et parce qu’il est le principal acteur de ses tourments, Sam voit Lucifer (Mark Pellegrino) et doit constamment vivre avec sa présence qu’il tente de nier. Cela en tout cas jusqu’à un certain point. Depuis la création de la série, Sam a systématiquement été montré comme le petit frère plus faible, celui à problèmes et qui est différent d’un humain supposément normal. Au fil des années, les scénaristes l’ont fait passer par une multitude d’états, le rendant généralement moins attachant que Dean. Cette année, cette impression se tasse – et heureusement. L’évolution du protagoniste est plutôt réussie et malgré ses propres démons, il prend sur lui et chemine progressivement vers un parfait équilibre. En revanche, Dean finit quelque peu par agacer au fil de ces épisodes. Déprimé et ne désirant pas le reconnaître, il tourne en rond et se révèle légèrement ennuyant. Ses blagues sont régulièrement présentes, mais frisent parfois la lourdeur avec tous ces jeux de mots en lien avec Dick, le léviathan. Tout cela se veut relatif puisqu’il reste encore à Dean moult moments et une personnalité plus qu’agréable. Toutefois, il semblerait judicieux de faire attention à ne pas diminuer l’amour que l’on peut ressentir pour l’individu. À vrai dire, le principal souci est de ne pas suffisamment exploiter la relation entre les frères, ou plutôt d’en revenir sempiternellement à la même chose. Elle mériterait que l’on s’y attarde de manière plus fréquente et que l’on change de la routine d’autant plus que les nombreuses figures secondaires peinent à s’imposer.

Misha Collins n’apparaissant plus qu’en tant qu’invité dans le rôle de Castiel, il devient nécessaire d’ajouter d’autres visages, ou d’en ramener afin de ne pas toujours tout faire tourner autour des Winchester. Évidemment, Bobby est de la partie et égal à lui-même. Supernatural a vraiment eu la bonne idée de développer ce vieux de la vieille assez bourru, mais diablement attachant. Le 7×10, Death’s Door, nous brise alors le cœur en mille morceaux et n’hésite pas en plus à piétiner ces morceaux par la suite. Cela dit, la saison ne va pas encore une fois au bout de ses enjeux, ou tout du moins, ne tire pas correctement bénéfice de la situation, car le dénouement de l’intrigue liée à Bobby est assez décevant. Il aurait été préférable de partir en beauté comme ce que l’on pouvait imaginer au début. Au vu du cliffhanger de Dean dans le season finale, on peut néanmoins se douter que cet arc n’est pas terminé et qu’il devrait profiter d’un nouveau rebondissement dans le futur. La dynamique entre Bobby et ceux qu’il considère comme ses fils est très joliment mise en scène, sinon. Pour en revenir à Castiel, il n’y a pas grand-chose à dire si ce n’est que placer en retrait le personnage est une approche pertinente étant donné que l’on commençait à friser le ridicule. De cette manière, son rôle est réactualisé et assez novateur par rapport à ce que l’on avait déjà vu de lui. À part ces protagonistes, le chapitre illustre le retour de Crowley, toujours aussi retors et diabolique, de Meg ne sachant plus que faire pour sauver sa peau de démone, du shérif Jody Mills, ou encore de Rufus le chasseur et ancien grand ami de Bobby. Elle en profite pour ajouter donc beaucoup d’autres visages. Si l’idée est bonne, elle en devient presque superficielle parce que les aventures ne prennent pas le temps de les développer comme il faut ; ou plutôt, les personnages n’ont pas réellement la possibilité de marquer plus que ça. Il y a pourtant des éléments intéressants comme avec Garth, le chasseur un peu simplet et drôlement sympathique joué par DJ Qualls, ou avec le paranoïaque Frank Deveraux incarné par Kevin MacNally (Pirates of the Caribbean), mais tout cela manque vraiment d’ampleur.

Dans l’ensemble, la saison se regarde par conséquent sans déplaisir parce qu’elle parvient à multiplier les histoires indépendantes au demeurant non désagréables, tout en n’oubliant jamais l’arc principal. Certains épisodes sont moins solides que d’autres et l’ambiance est peut-être moins horrifique qu’auparavant, bien que l’atmosphère assez cool permette toujours à la série de garder son identité. Parmi les réussites assez légères, on peut penser au 7×05, Shut Up, Dr. Phil, qui devrait sans aucun doute amuser les amateurs de Buffy The Vampire Slayer/Angel puisqu’il réunit James Marsters et Charisma Carpenter, tous deux faisant preuve d’une alchimie plus que palpable. Le 7×08, Season Seven, Time for a Wedding!, avec la fan numéro 1 de Supernatural, Becky, est plutôt pas mal dans le genre non plus. Tout comme le 7×20, The Girl With The Dungeons and Dragons Tattoo, avec Felicia Day dans le rôle de Charlie, une geek douée en informatique passionnée d’imaginaire, même si les scénaristes ont légèrement trop poussé les références à la pop culture. En y réfléchissant, on réalise assez rapidement que si les épisodes se laissent facilement regarder, ils ne sont pas marquants, et c’est peut-être le point le plus triste, car on se sent moyennement concerné par ce que l’on voit. Supernatural a certes sept années au compteur, mais on ressent parfois de plein fouet son côté mécanique bien huilé et il semble important de donner un grand coup de frais avant de finir par ennuyer. Ce constat est autant valable pour les loners que pour les pérégrinations plus ancrées dans l’arc principal. La bande-son tend aussi à être en retrait et les chansons hard rock habituelles sont trop rares. Comme souvent, la saison accumule les invités. Outre ceux déjà cités on peut y reconnaître Michael Hogan (Battlestar Galactica), Jewel Staite (Firefly, Stargate Atlantis) en Amy Pond (et une référence à Doctor Who !), Dmitry Chepovetsky (ReGenesis), Gary Jones (Stargate SG-1), l’habitué des seconds rôles Ian Tracey, Jason Dohring (Veronica Mars, Moonlight), Nicholas Lea (The X-Files, Whistler), le maire de Sunnydale (Buffy the Vampire Slayer) Harry Groener, Brendan Penny (Whistler) ou encore Sara Canning (The Vampire Diaries).

Au final, la septième année se veut rassurante après les déboires de l’année passée. Si elle manque de consistance et qu’elle ne convainc pas systématiquement comme elle le devrait, elle a au moins le mérite de développer la mythologie sur le long cours de manière relativement satisfaisante et de la relancer sur de nouvelles thématiques. Malgré une bonne volonté, un duo toujours aussi efficace bien que moyennement densifié et une ambiance sympathique, les épisodes souffrent d’une absence de prise de risque et d’une certaine répétition du côté de la psychologie des frères. De même, l’atmosphère fantastico-horrifique est moins prégnante qu’auparavant et ne répond pas suffisamment à l’appel. Il est vraiment nécessaire que la fiction retourne à ses anciennes valeurs tout en réussissant justement à approfondir des intrigues sur la durée. Que l’on ne se trompe pas, cette saison sept est donc décente, car plutôt solide, mais on ne peut s’empêcher d’en vouloir un peu plus quand on sait que la série a tout pour être davantage ambitieuse.

Par |2018-07-06T17:46:39+02:00août 24th, 2012|Séries étasuniennes, Supernatural|5 Commentaires