Suna no Utsuwa | 砂の器

L’article d’aujourd’hui fait suite à la demande d’Asa dans le cadre de l’animation de Noël.

Ce qu’il y a bien de avec cette animation, c’est que presque chaque année, je teste une série que je connaissais très peu à l’origine. Suna no Utsuwa en fait partie, ayant vaguement lu certaines choses à son sujet de-ci de-là. Ceux détenant un minimum de culture cinématographique japonaise doivent probablement avoir un sentiment de familiarité, car il existe également un film du même nom, datant de 1974 et réalisé par Nomura Yoshitarô. Il est considéré comme étant un chef-d’œuvre et fut un succès au box-office. N’oublions pas non plus le tanpatsu de 2011 avec notamment Tamaki Hiroshi et Nakatani Miki. Tous les trois sont adaptés du livre de Matsumoto Seichô. Je n’ai ni vu le long-métrage ni lu le roman, donc je ne pourrai comparer quoi que ce soit. Le titre se traduit par le vase de sable. La série comporte onze épisodes diffusés entre janvier et mars 2004 sur TBS. Le premier, le pénultième et le dernier durent une heure, soit quinze minutes de plus que les autres. Aucun spoiler.

L’idéal est de ne connaître absolument aucune information concernant cette fiction afin de parfaitement s’en imprégner. Écoutez-moi, récupérez-la, regardez-la et après vous pouvez découvrir ce qui se trouve ci-dessous. Bon, je sais que vous ne souhaitez pas vouloir me suivre aveuglément, dommage (:P). Si vous êtes têtus ou que la curiosité vous titille, continuez votre lecture, je vais tout de même tâcher de ne pas trop révéler, quitte à rester volontairement floue. Avant de parler de Suna no Utsuwa, faisons un petit point technique. La série est actuellement disponible en qualité assez médiocre ; pour tout vous dire, la résolution de la vidéo est de 464 x 320 pixels. Si cela ne choque pas trop pour une production des années 1990, pour 2004, c’est assez perturbant. Il s’agit d’un rip de la télé japonaise et les publicités ne sont pas tronquées. Par conséquent, le visionnage est parasité par toutes ces coupures. On s’y fait vite puisqu’il est possible de les passer en accéléré, mais je tenais à vous prévenir. C’est l’occasion de voir des annonces japonaises avec de nombreux acteurs réputés (Takeuchi Yûko, Matsuda Ryûhei, Kashiwabara Takashi ou encore Iseya Yûsuke sont très présents). Espérons que la série soit un jour trouvable en bonne qualité, car visuellement, elle le mérite vraiment.

Waga Eiryô est un illustre pianiste talentueux. Fiancé à la fille du ministre de l’Agriculture et possédant un immense appartement luxueux, il aurait tout pour être heureux. Un soir, après un concert, il tombe sur Miki Kenichi, un homme assez âgé disant l’avoir connu quand il était enfant. Toutefois, il s’appelait à l’époque Hideo. Eiryô, en état de choc, fait mine de ne pas le reconnaître, mais il se ravise bien que cette situation semble lui être inconfortable. En dînant, ils discutent alors de la région où ils s’étaient rencontrés et abordent plus ou moins le sujet apparemment délicat qu’est le père d’Eiryô. Plus tard dans la soirée, tandis qu’ils se promènent le long de voies ferrées, les deux se disputent ; le musicien pousse Miki qui tombe à terre. Plutôt que d’appeler les secours afin de le sauver, il lui fracasse la tête et efface ses empreintes digitales. Son crime perpétré, il rentre chez lui après avoir été bousculé par une femme troublée par ses propres problèmes. Pourquoi Eiryô a-t-il tué Miki ? Pourquoi ne souhaite-t-il pas que celui-ci soit identifié par la police ? Son passé est-il si dangereux ou si honteux que ça ? Quelques heures plus tard, le corps est découvert et l’enquête débute, menée par un inspecteur et son jeune collègue.

Suna no Utsuwa est en premier lieu un polar bien qu’il se veuille essentiellement psychologique. Le meurtrier est connu dès le départ, ce qui n’est absolument pas une gêne quant au déroulement de l’intrigue. Le but est de suivre le cheminement des détectives et de comprendre cet horrible acte d’Eiryô. Le personnage principal de la série est très ambigu. Ne parlant peu, vivant dans son monde constitué de musique, il passe des journées à composer au piano et ne fait aucun effort de socialisation. Sa fiancée n’a même pas le droit à une attention particulière. Au départ, il est extrêmement difficile de ressentir de la sympathie en raison de sa froideur et de son attitude hautaine. S’il n’avait pas quelques réactions montrant sa crainte, il semblerait presque inhumain tant il s’avère parfois détaché de tout. Tout ceci n’est pourtant que façade. Parti de rien, il s’est construit une nouvelle identité et est devenu un pianiste reconnu par ses pairs. Au fil des épisodes, on découvre son passé chaotique et tragique. C’est le Johnny’s Nakai Masahiro – que je n’avais jamais vu jouer jusqu’à maintenant – qui l’incarne à l’écran. Il parvient de manière habile à transmettre la dualité présente dans ce personnage, s’exprimant essentiellement par les yeux et l’attitude. Si, extérieurement, il donne toujours l’impression d’être impassible, il est habité par une grande violence qu’il ne peut que difficilement maîtriser. Il est d’ailleurs assez amusant de noter que l’acteur fait partie du même groupe que Kimura Takuya, SMAP, et que ce dernier a le rôle principal dans Sora Kara Furu Ichioku no Hoshi. Effectivement, ces deux séries se ressemblent étrangement sur de nombreux points tels que l’ambiguïté du héros, le poids de son passé, mais aussi à travers l’ambiance lourde et pesante.

Eiryô, en fuyant de la scène de crime, percute une femme, Naruse Asami, interprétée par Matsuyuki Yasuko (Mother). Travaillant dans un théâtre géré par Asô, un homme presque cruel joué par Ichimura Masachika (My Boss, My Hero), elle attend le rôle de sa vie en tant qu’actrice. Un de ses collègues est incarné par Okada Yoshinori (Kisarazu Cat’s Eye, Oh! My Girl!!, Waraeru Koi wa Shitakunai, Atashinchi no Danshi). Étant assez faible de caractère, Asami se laisse facilement marcher sur les pieds, quitte à être humiliée. Bien qu’elle ne supporte plus son existence, elle ne fait rien pour la changer. Sa rencontre avec Eiryô va la bouleverser et elle n’en sortira pas indemne. Les deux partagent une relation faite de non-dits, la communication passant essentiellement par le regard. Il s’en dégage beaucoup de magnétisme et d’alchimie. Asami est liée à Eiryô pour une raison qu’elle ne peut expliquer. Elle sait juste qu’elle se sent attirée par lui, comme un aimant, quitte à y brûler ses ailes. Suna no Utsuwa narre une très légère romance fondée sur le désarroi et la tristesse de deux personnes ayant besoin de renaître.

Simple de prime abord, l’enquête se complexifie au fil de son investigation. Le passé d’Eiryô apparaît progressivement, expliquant ainsi la raison de ce meurtre violent. La résolution est presque sordide même si elle est contrebalancée par la bienveillance de la victime, la tragédie ambiante et, surtout, par le contexte d’exposition. Les deux derniers épisodes sont en effet totalement dédiés à la conclusion de l’intrigue. On assiste littéralement à une orchestration réalisée avec virtuosité. Après avoir élaboré avec obsession sa pièce maîtresse, Shukumei (destin), Eiryô donne un concert. Le concert le plus éprouvant de sa vie. Tandis qu’il joue du piano devant une salle comble, il a des réminiscences d’une ancienne expérience. Littéralement plongé dans ses propres souvenirs, ceux-ci sont illustrés aux téléspectateurs à travers diverses images souvent grandioses. La fiction débute sur un personnage lisse ; elle se conclut avec le même homme, en nage, libéré et ayant totalement vécu sa composition et les sentiments qu’elle fait naître. Cette musique a un effet cathartique chez lui, lui qui a besoin de s’affranchir de ses douloureuses mémoires pour avancer. De l’autre côté de la baguette du chef d’orchestre, les enquêteurs exposent à leurs collègues leurs découvertes. Ces ultimes épisodes s’apparentent ainsi à un véritable exercice de style s’exprimant à travers un long flashback presque muet et entièrement mélodique. Sans pouvoir dévoiler grand-chose, il faut juste savoir que ce passé aborde la thématique du lien père/fils avec pudeur et beaucoup de justesse.

Deux policiers tenaces s’occupent plus spécifiquement de l’affaire de l’homme massacré. En dépit du travail de fourmi qu’ils doivent opérer, du peu d’éléments concrets ainsi que des difficultés géographiques et temporelles, ils ne lâchent jamais le morceau, quitte à y laisser leur santé. L’un d’entre eux, le plus âgé, Imanishi Shûichirô, est interprété par le toujours aussi impeccable Watanabe Ken (Ikebukuro West Gate Park). Alors qu’il suit à la trace un meurtrier ayant fait preuve de peu d’humanité en écrabouillant de la sorte sa victime, ce policier réalise petit à petit toute l’amertume, la peur et la douleur se dégageant de cet acte déraisonné. Son collègue n’est pas en reste et porte ici le visage de Nagai Masaru (Yankee Bokô ni Kaeru, Buzzer Beat). Au fil de leurs recherches, il rencontrent des personnages campés par Satô Jirô (JIN, Densha Otoko, Gokusen 3) et Ishimaru Kenjirô (Kamen Rider Den-Ô).

La série est presque contemplative et multiplie les plans d’ensemble. Les paysages sont tout simplement magnifiques et baignent dans une lumière presque onirique. Associés à l’incroyable musique symphonique composée par Senju Akira, le tableau en devient extraordinaire, poétique et bouleversant. Les épisodes sont parsemés de flashbacks montrant Eiryô lorsqu’il était plus petit, accompagné de son père, joué par le charismatique Harada Yoshio (Kôkôsei Restaurant, Yankee Bokô ni Kaeru, Engine). Tous deux traversent le Japon, longent la mer, grimpent des montagnes, se promènent sur la plage. Pendant ce temps, le soleil se couche, la neige tombe, les arbres fleurissent. Suna no Utsuwa fait preuve d’une cinématographie à couper le souffle laissant parfois pantois. Pour en revenir à la bande-son, c’est elle qui habille la série et non l’inverse. Véritable personnage à part entière, elle est l’âme d’Eiryô et se montre comme une métaphore de son conflit intérieur. Shukumei est certes une excellente composition, mais les autres comme l’opéra que l’on entend régulièrement sont tout aussi superbes.

Au final, Suna no Utsuwa dépasse clairement le simple cadre d’un banal polar. Possédant une esthétique fascinante, une atmosphère lancinante et une musicalité stupéfiante faisant corps avec le scénario, elle tranche totalement avec les productions habituelles du petit écran japonais. Sombre et tragique, elle ne fait pourtant pas preuve de pessimisme, mais d’une grande puissance émotionnelle. Si l’acte de son personnage principal est évidemment condamnable, la découverte de son passé et de son conflit intérieur va jusqu’à nous le faire comprendre, voire à presque l’innocenter. L’élégance des derniers épisodes vaut à elle seule l’intérêt tant la réalisation s’illustre par sa maîtrise et une prise de risques. S’il paraît clair que la lenteur et l’absence de dialogues ont de quoi rebuter un grand nombre de téléspectateurs, que ceux qui apprécient les productions différentes, contemplatives et psychologiques n’hésitent pas à participer à cette symphonie. Ils devraient y être rapidement happés et ressortir hypnotisés par ce lyrisme et ce douloureux secret.

Par |2017-05-01T14:00:32+02:00décembre 17th, 2011|Semaine spéciale Noël, Séries japonaises, Suna no Utsuwa|14 Commentaires

Bloody Monday | ブラッディ・マンデイ (saison 1)

Régulièrement cité parmi les thrillers japonais réussis, il n’en fallait pas beaucoup plus pour me donner envie de tester Bloody Monday. Il s’agit, comme souvent, d’une adaptation du manga d’un même nom. Scénarisé par Tadashi Agi et dessiné par Megumi Kôji, le shônen dispose de trois parties distinctes. Le manga a commencé à sortir au Japon en 2007 et est toujours en cours. Il capitalise, à l’heure où ces mots sont écrits, dix-neuf tomes, et est édité en France chez Pika. La série télévisée comporte, quant à elle, deux saisons ; seule la première sera traitée aujourd’hui. Il est légitime d’imaginer qu’une saison trois ou un film voient à un moment donné le jour en raison de la construction narrative du matériel originel. La saison une se compose de onze épisodes et elle fut diffusée entre octobre et décembre 2008 sur TBS. Le premier d’entre eux dure une heure et demie et les suivants, cinquante minutes. Aucun spoiler.

Dans le rayon série aux incohérences plus grosses qu’une maison, à l’interprétation peu convaincante et aux trous béants dans le scénario, je demande Bloody Monday. Les nombreuses critiques sur le Net et le synopsis donnaient pourtant sérieusement envie. Quelle déception ! Les fictions à suspense ne courent pas les rues au Japon et c’est un genre qui me plaît assez. Le principal problème de Bloody Monday, c’est qu’elle se prend trop au sérieux, use de rebondissements éventés et ne tient jamais la route. La faute à qui, à quoi ? Au manga peut-être ? Ne l’ayant pas lu, je ne pourrai pas comparer. Quoi qu’il en soit, la série ne décolle pas une seule seconde et, à l’exception de quelques passages et d’une poignée d’acteurs, se révèle à deux doigts de se montrer extrêmement pitoyable. Le manque de rythme n’aide en rien, car si l’on se croit se trouver en face d’un j-drama d’action, ce n’est pas du tout le cas. L’unique point positif n’est autre que la bande-son composée par Izutsu Akio (Last Friends, Love Shuffle, Atashinchi no Danshi) qui s’avère plutôt bien maîtrisée. La chanson de fin, Over the rain ~Hikari no Hashi~ de flumpool, n’est pas non plus désagréable.

Takagi Fujimaru, incarné par un très passable Miura Haruma (Gokusen 3, Binbô Danshi), est un jeune génie en informatique. Il est si talentueux que personne au Japon ne semble avoir ses compétences. En fait, on dirait qu’il n’existe aucun autre informaticien digne de ce nom dans Bloody Monday. Il est tellement fort qu’il n’a jamais de problème de batterie avec son super portable HP qu’il utilise durant 98 % de son temps assis, allongé, debout, qu’il pleuve ou qu’il vente. Sous le pseudonyme de Falcon (faucon en anglais), il pirate n’importe quel système comme s’il mettait son doigt dans du beurre. Bref, c’est l’as des as. Le méchant Blue Bird, terroriste de son état, ne l’aime pas parce que lui, il se fait toujours avoir. Bon, je n’y connais rien en hacking, mais cela n’empêche pas de réaliser que certaines scènes sont risibles du côté informatique – comme le fait d’agrandir de manière très nette une photo toute pixelisée et de taille 100×100 pixels à l’origine. Le point assez sympathique est que les séances de piratage sont montrées avec un moche oiseau en synthèse passant des tunnels et les rendant ainsi plus vivantes.

Fujimaru n’a pas de chance. Sa petite sœur, Haruka, jouée par la toujours aussi mauvaise Kawashima Umika (Kaibutsu-kun, Kôkôsei Restaurant), a une maladie des reins et leur mère est décédée depuis plusieurs années. Leur père, travaillant pour THIRD-i, l’agence gouvernementale d’investigation de la sécurité publique, n’est jamais là. Bref, les deux enfants se serrent quand même les coudes. Un jour, ce dernier se fait accuser du meurtre en pleine rue d’un dirigeant de THIRD-i et doit donc fuir, laissant ses proches livrés à eux-mêmes. Or, entre-temps, cette même agence demande à Fujimaru d’effectuer quelques recherches sur des terroristes cruels et méchants. Afin de sauver son géniteur et comprendre ce qu’il se passe, le jeune homme décide de continuer ses investigations, envers et contre tout. C’est surtout à ce moment-là que le festival du délire débute. Comment peut-on prendre au sérieux des agents supposés compétents qui se font avoir toutes les cinq minutes ? Des agents qui se pointent à deux pour déjouer un gang armé ? Des agents qui demandent à un lycéen de bosser tout seul ? Des agents qui laissent ce lycéen et ses amis investir les lieux et discuter avec eux ? Des scientifiques qui, en une seconde, affirment que, oui, oui, c’est le virus – ou peut-être du sirop à la grenadine. Des gens qui reçoivent un colis qui les enfume, mais qui continuent de chauffer leur eau pour se servir un thé bien brûlant ? Franchement !? Bien que l’on puisse accepter des incohérences ou des passages à vide, le souci, c’est qu’ici, tout ne repose que sur du vent. Il ne se déroule pas un seul épisode sans que les personnages n’agissent pas comme des idiots ou qu’une scène supposée intense ne soit gâchée par une bourde ridicule. En cela, Bloody Monday est usante et décevante.

La série veut jouer avec nos nerfs, distiller une sorte de paranoïa ambiante et donner l’impression que personne n’est fiable. C’est ainsi que le grand méchant, celui à l’origine de toute cette machination sort de derrière les fagots. Ah c’est sûr, personne ne l’aurait deviné parce que c’est stupide. La caméra pousse à penser, très peu subtilement, qu’un autre est de mèche. Sauf que non, non ; c’est uniquement pour nous mettre sur une fausse piste et nous faire croire que l’on est intelligent. Quant aux multiples rebondissements, ils sont prévisibles ou alors ressemblent à du n’importe quoi. Les protagonistes se manipulent tous, il y a des retournements de situation dans tous les sens et, résultat, c’est jeter de la poudre aux yeux. L’action est presque inexistante, les quelques scènes de combat sont mal filmées et cette volonté d’éblouir le téléspectateur rend le scénario ennuyant et confus. L’émotion ne parvient même pas à toucher puisque les personnages ne sont pas attachants pour un sou, leur personnalité n’étant que très partiellement effleurée. La série passe vraiment à côté de tous les points qu’elle aurait pu justement approfondir.

Fondamentalement, l’histoire détient malgré tout de solides atouts pour alimenter l’intérêt. Le bioterrorisme est un sujet assez passionnant, pour peu qu’il soit traité de manière satisfaisante. Ici, le but des criminels est de rayer de la carte Tôkyô au moyen d’un virus, le Bloody-X. Déjà utilisé en Russie, il a montré ses fruits. La scène où les habitants de la ville se meurent en début de série est plutôt intense et met dans l’ambiance, mais cela ne suffit pas. Derrière ce groupe que l’on découvre peu à peu, le j-drama prouve encore une fois qu’il ne peut tenir ses promesses. Quelles sont leurs motivations ? Au départ assez floues, elles finissent par transparaître et sous couvert d’une secte, se transforment en délire de puissance et de suprématie divine. C’est du déjà-vu et, surtout, extrêmement mal mis en place. À l’exception d’un de ces terroristes, J, incarné par Narimiya Hiroki (Orange Days, Gokusen 1, Hachimitsu to Clover, Kisarazu Cat’s Eye) toutefois en petite forme, les autres sont tous de véritables caricatures. On peut ainsi citer l’homme au papillon ou celui qui passe son temps à rire comme un demeuré. La déception la plus amère est probablement l’interprétation outrancière de Kichise Michiko (LIAR GAME, BOSS, Nodame Cantabile) qui nous a pourtant habitués à mieux. Pour sa défense, elle n’est pas avantagée par le scénario.

C’est ainsi que Falcon embarque, l’air de rien, ses comparses lycéens dans ce combat contre les terroristes sans âme. L’un d’entre eux porte les traits de Satô Takeru (Kamen Rider Den-Ô) qui n’est pas gâté par ce qu’on lui donne, mais qui s’en sort relativement bien. L’amitié est belle quand même. Tout le monde meurt, mais ils restent tous soudés. Même s’il n’y a presque que des incompétents, THIRD-i est également de la partie et la plupart de ses membres sauvent l’honneur. C’est principalement le cas des personnages joués par le génial Matsushige Yutaka (Hachimitsu to Clover), Yoshizawa Hisashi et Katase Nana (Yamikin Ushijima-kun) qui sont ici trois agents bien placés. Ils ont la chance d’obtenir des rôles assez bien mis en valeur qu’ils interprètent correctement. Ouf.

Au final, cette première saison de Bloody Monday est médiocre, notamment car elle s’avère truffée d’incohérences. Ne tenant pas la route une seule seconde, elle veut donner l’impression d’être une série intense, multipliant les rebondissements et les retournements de situation, mais cela n’est que du brouillard pour cacher le manque de substance du scénario. Si certains acteurs ne sont pas mauvais, ils sont tout de même entourés d’autres bien moins convaincants. Au bout du compte, ces onze épisodes sont décevants et si la qualité ne va pas crescendo, les suivants risquent d’être bien fatigants à regarder…

Par |2017-05-01T14:00:37+02:00novembre 16th, 2011|Bloody Monday, Séries japonaises|16 Commentaires