Last Christmas | ラストクリスマス

Pour la deuxième journée de la semaine dédiée à Noël sur ce blog, c’est Ageha qui s’est chargée de choisir le sujet. Parlons donc du j-drama Last Christmas.

S’il existe assez peu de séries japonaises possédant un épisode se déroulant à Noël, il est toutefois bon de noter que plusieurs renzoku mettent la fête à l’honneur et ce, tout au long des épisodes le constituant. Quoi de mieux que de regarder des séries de Noël durant l’époque des fêtes ? Le titre de Last Christmas ne fait en tout cas aucun doute quant à son contenu. Diffusée en décembre 2004 sur Fuji TV en tant que getsuku, elle est composée de onze épisodes ; le premier et le dernier épisode sont plus longs que les autres car ils durent respectivement soixante et soixante-dix minutes au lieu des quarante-cinq habituelles. Le scénario a été écrit par Sakamoto Yûji, également à l’origine de Soredemo, Ikite Yuku, Mother, Chase ou encore Makete, Katsu. À noter que la série a eu des audiences assez exceptionnelles puisqu’elles dépassaient presque à chaque fois les 20% ! Aucun spoiler.

Haruki Kenji est le manager du département des sports d’hiver d’une grande compagnie. Lors d’un voyage en Nouvelle-Zélande, il tombe sur Shintani Gorô, son supérieur hiérarchique – et meilleur ami – ainsi que sur sa secrétaire, Aoi Yuki. Celle-ci semble très appréciée puisque les hommes défilent devant la porte de son appartement à toute heure du jour ou de la nuit. C’est donc avec stupeur que Kenji découvre qu’elle est sa nouvelle voisine et qu’ils ont chacun la possibilité d’aller chez l’autre via une porte commune ! Alors qu’il ne voit en elle qu’une femme vénale et cachant sa véritable nature, il réalise grâce à une vidéo qu’elle est peut-être plus que ça… Et pendant ce temps, Sally, son amie d’enfance, lui propose de faire un pari : celui qui tombera amoureux en premier et qui aura une vraie relation stable devra offrir à l’autre un billet d’avion pour Yellow Knife, au Canada, un site réputé pour ses aurores boréales.

   

Les anglophobes ne savent peut-être pas que last Christmas signifie le dernier Noël, ce qui laisse supposer des moments a priori peu réjouissants ou tout du moins, assez amers. Lorsque l’on commence le renzoku, le titre semble alors relativement étrange car le ton est plutôt enlevé et enjoué. Du dernier Noël de qui parle-t-on ? Pourquoi cette personne n’aurait plus qu’un seul Noël ? Heureusement, les réponses à nos questions arrivent très rapidement ce qui permet justement de lancer la série. Sans trop en révéler, un des protagonistes principaux souffre d’une maladie quelconque. Si celle-ci est pour le moment en sommeil en dépit d’une poussée cinq ans plus tôt, il est fort possible qu’elle se manifeste à un moment donné. Le malade en question est par conséquent tout à fait conscient de vivre en sursis. Puisqu’il s’agit d’une série sur Noël, période normalement propice à la joie, mais aussi parce que le scénariste évite généralement habilement les écueils du genre, le j-drama ne sombre pas dans le pathos et le mélodrame facile. S’il est bien évidemment question de maladie et inévitablement de mort, l’ensemble n’est jamais larmoyant. C’est même tout le contraire tant la série peut faire rire jusqu’au éclats alors que les personnages se trouvent à l’hôpital ! Sur certains points on peut ainsi penser à Kisarazu Cat’s Eye qui part également d’une pathologie, en l’occurrence un cancer, mais qui prend toujours le parti de montrer de la bonne humeur. Certes, Last Christmas n’est pas autant déluré si ce n’est qu’il est clair que le but est surtout d’attendrir le téléspectateur, pas de le rendre dépressif. Cela fait du bien, surtout lorsque l’on apprécie peu la surenchère d’émotions faciles, mais aussi parce que si l’on regarde les épisodes durant Noël, on a surtout envie d’avoir le cœur réchauffé, pas brisé en mille morceaux. Un autre point intéressant est de rendre les personnages forts sans qu’il ne leur arrive pas parfois de craquer. Quand bien même leur vie soit loin d’être rose, ils demeurent solides tout en restant humains et résolument authentiques. Si le traitement de la maladie contournant ainsi les défauts habituels du genre fait plaisir, il aurait peut-être appréciable de savoir de quoi il était question. Pas une seule fois le nom de la pathologie est cité et même les symptômes ne donnent pas un semblant de réponse. On ne peut nier que ce soit assez frustrant et que de cette manière, la série facilite sa tâche puisqu’elle n’a pas à essayer d’être crédible à ce niveau. Néanmoins, Last Christmas souhaite peut-être montrer que ce n’est pas la maladie en tant que telle qui importe, ce sont en revanche les personnages et leurs réactions qui comptent. De toute manière, le renzoku ne fait pas du tout partie de ces dramas tire-larmes car il s’agit avant toute chose d’une série romantique. Plusieurs histoires d’amour s’y entrecroisent et si toutes ne sont pas menées avec autant de succès, la principale est plus que bien construite.

Haruki Kenji, incarné par Oda Yûji que je ne connaissais pas du tout, est un homme charmant, amical et assez attentionné. Il est encore marqué par le départ de sa future femme quelque temps avant leur mariage. Passionné de snowboard, il travaille dans leur conception et leur vente. Lorsqu’il rencontre sa nouvelle voisine, Aoi Yuki, il ne peut s’empêcher de voir en elle une femme frivole, cupide et superficielle. Celle-ci est jouée par Yada Akiko (Voice, Aishiteiru to Itte Kure) qui lui insuffle toute son énergie et son côté pétillant. Yuki utilise à première vue les hommes afin d’obtenir tout ce qu’elle désire. Ceux-ci, attirés par elle, n’hésitent pas à la couvrir de cadeaux même si elle ne leur rend jamais la pareille. Naturellement, son attitude assez détestable s’explique par un bagage personnel lourd à porter. En réalité, elle est drôle, amusante, relativement réfléchie, courageuse et extrêmement attachante. Lorsque Yuki et Kenji découvrent qu’ils vivent côte à côte en plus de passer leur temps ensemble au travail, la bonne humeur n’est pas immédiatement au rendez-vous. Le fait que leurs appartements se rejoignent par une porte commune n’est pas non plus là pour leur faire plaisir. Or, nous savons tous que la romance peut se révéler n’importe où et c’est sans surprise que les deux commencent à s’apprécier. Tous les codes de l’histoire romantique se mettent rapidement en place et plutôt que de laisser traîner la relation, le scénario préfère avancer de manière assez rapide ce qui est extrêmement agréable. Si l’on pouvait craindre un triangle amoureux, il n’y en a pas vraiment non plus. Ce duo fonctionne à merveille car leur alchimie est plus que palpable. Bien qu’ils passent beaucoup de temps à se chamailler et se lancer des piques, c’est toujours pour s’embêter gentiment car il s’agit de leur manière de se comporter et c’est ainsi que l’on se retrouve avec des étoiles plein les yeux. Leur bonne humeur est clairement communicative et plus que source de divertissement. Si par la suite le scénario injecte des thématiques dramatiques, le couple garde son entrain et permet de surmonter les épreuves avec beaucoup de tendresse. Sans aucun doute, les sympathiques Kenji et Yuki sont le véritable moteur de Last Christmas

Le couple phare est loin d’être le seul à avoir des papillons dans le ventre puisque la série fait la part belle à tous les autres protagonistes. Il en faut toujours une, la moins intéressante est celle entre Higaki Naoya joué par le toujours très charmant Tamaki Hiroshi (Nodame Cantabile, Guilty, Love Shuffle), et Fujisawa Ritsuko qui porte les traits de la jolie Katase Nana (Yamikin Ushijima-kun, Arakawa Under the Bridge, Bloody Monday). Tous deux artistes, ils manquent légèrement de charisme et à l’exception de quelques scènes avec Yuki par exemple, peinent à véritablement marquer ou impliquer émotionnellement. C’est un petit peu dommage car ils sont vraiment en retrait par rapport aux autres. Le constat est bien moins tranché pour le triangle amoureux que forment le directeur de l’entreprise, Shintani Gorô, interprété par le génial Ihara Tsuyoshi (Jotei, Good Life) et deux de ses employés, Hayama Tappei et Takase Ayaka, respectivement incarnés par le chouette Moriyama Mirai (Water Boys) et Megumi (Pride). Gorô est, en dépit de son statut, le trublion de la série par son côté loufoque et totalement décalé. Souvent ridicule, il ne s’en formalise pas trop parce qu’il ne s’en rend que rarement compte et cherche une femme prête à se marier avec lui. Tappei croit être amoureux d’une hôtesse d’accueil de la compagnie mais a beaucoup de mal à se débarrasser d’Ayaka, bien décidée à profiter du salaire des employés. Le trio n’est pas forcément toujours trépidant mais n’est absolument pas déplaisant en raison du caractère plus que truculent de ses protagonistes. Cependant, ceux essayant d’éviter le surjeu japonais auront peut-être du mal avec Last Christmas… Les autres ne seront pas gênés le moins du monde et apprécieront ces touches d’humour accentuées. Il est vrai que toute cette romance n’évite pas les bons sentiments et les clichés mais la distribution permet de passer outre ces difficultés.
À côté de ça, si le cadre reste généralement limité à la société d’équipements sportifs, il arrive de voir quelques visages différents comme Sally, l’amie d’enfance de Kenji (Ryô – Zeni Geba), un homme bien décidé à demeurer dans la vie de celle-ci (Katsumura Masanobu – Asukô March!, Madonna Verde), la mère de Kenji (Kaga Mariko, la méchante mère de Dômyôji dans Hana Yori Dango) ou encore la femme qu’il souhaitait épouser. Mine de rien, le j-drama possède une sacrée distribution plus que convaincante.
Last Christmas se passant dans une entreprise, ce n’est donc pas étonnant que les relations entre les différents employés soient la figure de proue de la série. Si cela n’est jamais réellement étudié en profondeur, que le tout n’évite pas quelques facilités, il est clair que là n’est pas le but. Pour autant, le drama traite avec légèreté de ces fameuses femmes vénales pompant tout l’argent de leurs collègues et n’hésitant pas à user de leurs charmes pour parvenir à leur besoins. Le point intéressant est qu’il n’y a pas de parti pris et que ces femmes ne sont aucunement jugées.

En dehors de cet aspect romantique, puisque la série se déroule à la période de Noël, elle met la fête plus qu’en avant. Entre les nombreuses décorations parfois presque ostentatoires, les illuminations, les musiques connues, la neige, les déguisements, etc., il y en a pour tous les goûts. La chanson phare, Last Christmas, de Wham! a de grandes chances de vous rester dans la tête de longues heures après avoir regardé les épisodes et il faut dire qu’elle est franchement sympathique malgré sa guimauve débordante. Elle en en plus chantée pour l’occasion par Oda Yûji lors du générique de début ; attention, ça vaut son pesant de cacahuètes grâce à l’accent. D’ailleurs, la bande-son dans son ensemble, composée en grande partie par Kanno Yûgo (Umareru., Innocent Love, Woman’s Island, Engine) outre les nombreuses chansons des années 1980, est plus que réussie. Pour la petite anecdote, il s’agirait du premier travail de l’artiste pour un renzoku. Avec tout ça, si on ne se sent pas dans l’ambiance, c’est que l’on est probablement difficile. Concernant l’esprit de Noël stricto sensu, c’est un petit peu plus compliqué car on ne le retrouve pas vraiment. Cela se comprend quelque peu puisque l’on est au Japon qui n’a pas du tout la même approche qu’en Occident. Toutefois, la fin peut être plus ou moins interprétée comme le miracle de Noël grâce à son positivisme et son ton presque gentiment niais. Il est vrai que l’on ne veut pas regarder une série de Noël pessimiste mais parfois, il faut faire attention à ne pas trop être mignonnet. Enfin bon, ne soyons pas trop blasé, voir des personnages nager dans le bonheur peut faire du bien, surtout lors de cette période.

Last Christmas est en définitive un renzoku à voir pour qui apprécie les jolies histoires romantiques et il est d’autant plus conseillé lors des fêtes de Noël. S’il n’est clairement pas exceptionnel car il utilise légèrement trop de raccourcis, de facilités et que quelques intrigues sont faiblardes en plus d’être clichées, il ne peut que laisser une impression de fraîcheur. Malgré une thématique difficile, à savoir la maladie, il n’est jamais question de drame à outrance mais plutôt d’optimisme. L’humour est en effet présent sans pour autant phagocyter les évènements plus émouvants ce qui fait que l’ensemble réussit à trouver une juste-mesure appréciable. En outre, les personnages, assez âgés et matures pour une fois, sont hauts en couleur et n’en ratent pas une pour amuser, communiquant instantanément leur bonne humeur et leur dynamisme. Et ne le nions pas, l’histoire d’amour entre les héros, Kenji et Yuki, étincelle et illumine les épisodes. L’ensemble est alors divertissant, attendrissant comme il faut et globalement réussi pour se détendre en bonne compagnie.

Par |2018-07-05T22:25:09+02:00décembre 20th, 2010|Last Christmas, Semaine spéciale Noël, Séries japonaises|5 Commentaires

Tôkyô DOGS | 東京DOGS

Même si je prends tout mon temps, ayant tellement de j-dramas plus ou moins anciens me tendant les bras, j’essaye de regarder assez régulièrement ceux dont il est question dans la catégorie Bientôt sur mon écran ; autrement dit, je ne laisse pas tomber les nouveautés des dernières saisons. Après avoir parlé de son générique il y a… pfiou, trop longtemps, place à la série télévisée à proprement parler. Discutons donc de policiers avec Tôkyô DOGS si vous le voulez bien. Diffusée entre octobre et décembre 2009 sur Fuji TV, elle est composée de dix épisodes. Le premier d’entre eux dure une heure, le dernier soixante-cinq minutes et tous les autres quarante-six minutes. Puisqu’elle est passée dans le créneau de la chaîne du lundi à 21h, il s’agit d’un getsuku, celui de la saison passée n’étant autre que Buzzer Beat. D’ailleurs, c’est la première fois qu’un getsuku met à l’honneur le monde de la police. Aucun spoiler.

Le policier d’élite Takakura Sô revient au Japon après avoir passé de nombreuses années aux États-Unis afin de retrouver le  grand ponte de la drogue Jinno Kyôsuke, qui est aussi le meurtrier de son père. Faisant désormais équipe avec Kudô Maruo, un ancien délinquant au sang chaud, Sô continue ses recherches et compte sur l’aide de Matsunaga Yuki, une jeune femme ayant perdu la mémoire après avoir été témoin d’un crime commis par Jinno.

   

Ce n’est un secret pour personne, j’ai un faible pour Oguri Shun. L’année 2010 aura toutefois été très raisonnable puisque je n’avais rien regardé avec lui depuis Hanazakari no Kimitachi e en décembre 2009. Il a suffit de quelques secondes pour que je me souvienne pourquoi j’aimais beaucoup cet acteur. Dans Tôkyô DOGS, il montre encore une fois à quel point il peut déborder de charisme et de classe. Il incarne ici Takakura Sô, un flic psychorigide ne vivant que pour venger son père, assassiné sous ses yeux alors qu’il n’était qu’un enfant. Traumatisé, il a gardé des séquelles et s’est construit une personnalité peu affable et très sérieuse. En-dehors de son travail, il n’a absolument rien si ce n’est qu’il est aux petits soins avec sa mère (Tanaka Yoshiko – Churasan) et sa petite sœur (Kawaguchi Haruna – Ôran Kôkô Host Club, Nagareboshi). S’il semble incapable de ressentir de réelles émotions comme il fait preuve de distance et de froideur, ce n’est évidemment pas le cas car il s’est surtout entouré d’une carapace de plus en plus épaisse au fil des années. Au contact de sa nouvelle équipe et plus particulièrement de Maruo et de Yuki, il apprend à se dérider. Les épisodes mettent ainsi en avant son évolution et celle-ci suit une certaine logique. Quoi qu’il se passe, Sô restera probablement toujours quelque peu coincé mais c’est en partie ce qui fait son charme. En retournant au Japon, il intègre les rangs de la police nippone et doit dès lors fonctionner avec Kudô Maruo, un jeune chien fou joué par Mizushima Hiro. Dynamique, blagueur et dragueur, il a débuté comme délinquant pour finir par se ressaisir. Policier réputé malgré des méthodes aypiques, il est évident que son tandem avec Sô ne peut qu’apporter des étincelles tant ils sont opposés. On sent une certaine alchimie dans ce duo bien que cette dynamique et leur caractérisation soient vraiment stéréotypées et convenues. Cela dit, les voir se chamailler a quelque chose d’amusant parce que l’on sent bien que derrière ces critiques et boutades, ils s’adorent, même s’ils ne le diront jamais. Lors de leur premier enquête de terrain, ils font la connaissance de Matsunaga Yuki, une jeune femme incarnée par la toujours aussi jolie Yoshitaka Yuriko (Love Shuffle, Ashita no Kita Yoshio, Shiroi Haru). Elle a perdu la mémoire après avoir assisté à un évènement probablement traumatique en lien avec l’assassin du père de Sô. Compte tenu de ce qu’elle aurait vu, elle est perpétuellement en danger et est donc protégée par la fine équipe. C’est pourquoi le trio cohabite, pour le pire comme pour le meilleur. Inévitablement, lorsqu’il y a deux hommes et une femme, on sent poindre le triangle amoureux. C’est plus ou moins le cas dans Tôkyô DOGS. Néanmoins, s’il existe une romance en filigrane, elle n’est en aucun cas prépondérante et ne verse pas dans le sentimentalisme ou la guimauve. C’est au contraire l’amitié qui pose ses briques au fil des épisodes.  

Le fil rouge de la série est la recherche active de Jinno (Nakamura Tôru – Soratobu Tire, Karei Naru Ichizoku), celui ayant détruit la famille de Sô et qui se place à la tête d’une grande organisation de drogues. Véritable fantôme, personne ne semble savoir où il se trouve et les fausses pistes sont monnaie courante. Si l’intrigue n’est pas fondamentalement passionnante, elle aurait pu se montrer un minimum divertissante en y insufflant une bonne dose de tension et de mystères. Or, ce n’est malheureusement guère le cas ; les épisodes ne font pas vraiment avancer cette course-poursuite puisqu’ils préfèrent se consacrer à d’autres enquêtes parallèles. D’un côté, il est évident que les dix épisodes ne pouvaient être exclusivement dédiés à Jinno mais il aurait fallu que l’ensemble soit davantage homogène. Et quand on réussit enfin à mettre la main sur lui, le soufflet tombe de haut tant le Némésis de Sô n’a pas réellement de charisme. Le principal problème de l’ensemble de la série est qu’elle repose mécaniquement sur le même schéma et que ses épisodes peuvent être presque regardés indépendamment. À chaque fois, on a le droit au coup de téléphone sonnant au mauvais moment où la mère de Sô lui demande des choses incongrues, au copain de la sœur envahissant, etc. Au final, tout cela est très lourd et plus que poussif. Disons que l’on peut supporter des gimmicks de ce genre quelques fois mais pas durant chaque épisode et de manière aussi importante. Au bout d’un moment, la recette ne prend plus et pire, irrite. En outre, toutes les thématiques si chères aux fictions japonaises sont amenées avec peu de subtilité et sont omniprésentes ; on y retrouve sans surprise le fait de protéger les autres, l’esprit d’équipe, le dépassement de soi, etc. L’autre point bancal est le ton de Tôkyô DOGS. L’ambiance est normalement dramatique puisqu’il y a des morts, de la drogue, une amnésie, etc., si ce n’est que le j-drama est résolument comique. Le but premier n’est pas d’impliquer le téléspectateur mais de le faire rire par ce comique de répétition et cette ambivalence entre Sô et Maruo. Certes, cela peut fonctionner dans certaines productions mais pas ici. Si la série ne réussit pas à se créer une atmosphère digne de ce nom, il est alors normal que le suspense qu’elle essaye d’injecter ne prenne pas et que pas une seule fois, on ne sente les personnages en réel danger.

En dépit de ces nombreux défauts, Tôkyô DOGS n’est pas dénuée de bons points. L’écriture de ses dialogues est effectivement de qualité car ils sont drôles, piquants et donnent un coup de frais bienvenu aux intrigues stéréotypées et faciles. En revanche, la galerie de personnages secondaires n’est pas davantage nuancée que le trio de base et n’a guère le droit d’être exploitée mais elle propose quelques sympathiques visages. Ainsi, le jeune policier froussard joué par Katsuji Ryô (Cat Street, Rebound, Bunshin) que j’apprécie décidément beaucoup est attachant, et la psychologue (Tomosaka Rie – Kimi ga Oshiete Kureta Koto, Oh! My Girl!!) en charge d’aider Yuki n’est pas non plus en reste. Il est possible sinon de noter la présence de nombreux visages connus comme, dans l’équipe de Sô, Ôtsuka Nene (Yasha, Tumbling), Azuma Mikihisa (Gokusen, Regatta), Shiga Kôtarô (Clone Baby) mais aussi le mentor du jeune homme et ancien ami de son père qui porte les traits de Miura Tomokazu (Bara no nai Hanaya, Sekai no Chûshin de, Ai wo Sakebu). Mikami Kensei (Guilty, Muscle Girl!) incarne le rôle d’un homme très trouble de son côté. Ajoutons autrement les très nombreux invités dans des rôles tertiaires comme Narimiya Hiroki (Orange Days, Stand Up!!, Bloody Monday, Sweet Room, Hachimitsu to Clover, Kôkô Kyôshi 2003, Innocent Love, Karei Naru Ichizoku, Gokusen), Tsukamoto Takashi (Kisarazu Cat’s Eye, TEIÔ, Tempest, Magerarenai Onna, Onnatachi wa Nido Asobu, Kekkon Dekinai Otoko, Tiger & Dragon, Ganges Gawa de Butterfly, 6-jikan Go ni Kimi wa Shinu), Sugimoto Tetta (Inu wo Kau to Iu Koto, Shôta no Sushi), Aoki Shinsuke (Itazura na Kiss), Endô Kaname (Dragon Seinendan), Yamazaki Shigenori (Last Friends, Woman’s Island) et plein, plein d’autres. Fuji TV a clairement mis les petits plats dans les grands en faisant venir autant de monde. N’oublions pas la sacrée référence au fameux Bae Yong Jun (The Legend) pour son rôle dans Winter Sonata, la série sud-coréenne qui a notamment fait rêver de nombreuses Japonaises.

En conclusion, Tôkyô DOGS peine à divertir convenablement durant ses dix épisodes. Si le trio fonctionne comme il faut en dépit de stéréotypes en vigueur, le reste ne suit pas du tout. Les personnages secondaires sont bien trop en arrière-plan et ne servent presque à rien si ce n’est à répéter inlassablement une attitude identique. Il en est exactement de même pour tous les ressorts comiques malvenus comme la famille de Sô, ce qui a pour principal effet d’alourdir considérablement l’ensemble et de le rendre indigeste. Quand bien même l’histoire de ce petit garçon devenu policier d’élite voulant à tout prix venger son père aurait pu être enthousiasmante, ce n’est pas le cas car le ton est bancal, poussif et que pour un supposé polar, on ne sente jamais un soupçon de tension. Tout n’est pas à jeter car il demeure une certaine alchimie dans le duo principal ou des répliques assez ciselées mais l’ensemble n’est absolument pas convaincant. Dommage pour une distribution pareille.

Par |2018-07-06T18:00:16+02:00décembre 2nd, 2010|Séries japonaises, Tôkyô DOGS|8 Commentaires