Innocent Love | イノセント・ラヴ

Des fois, ce n’est ni le synopsis, ni la distribution ou ni l’équipe créative qui donnent envie de s’intéresser à une série. La raison peut être bien plus triviale et liée à une banale photo ou, dans ce cas précis, à l’affiche promotionnelle. C’est en tout cas pour ce motif que j’ai voulu regarder Innocent Love car je trouve le poster tout particulièrement joli, quand bien même il n’annonce pas de moments très joyeux. Composé de dix épisodes, ce j-drama fut diffusé entre octobre et décembre 2008 sur Fuji TV, le lundi à 21h ; il s’agit donc du getsuku de l’automne 2008. Tandis que le premier épisode dure une heure, les autres disposent des quarante-cinq minutes habituelles. Le scénario a été écrit par Asano Taeko, à qui l’ont doit déjà Kamisama Mô Sukoshi Dake mais aussi plus récemment Last Friends. D’ailleurs, l’affiche d’Innocent Love ressemble quelque peu à celle-ci avec ces liens en tissu suggérant de nombreuses métaphores. Aucun spoiler.

Il y a sept ans, les parents d’Akiyama Kanon ont été tués dans un incendie criminel alors qu’elle n’était encore qu’une enfant. Accusé de ce crime, son grand frère, Yôji, est depuis emprisonné bien que Kanon soit persuadée de son innocence et tente de tout faire pour qu’il sorte rapidement. Régulièrement rejetée par la société en raison de son lien avec un meurtrier, elle ne parvient pas à mener une vie stable. Pour autant, elle ne baisse pas les bras et décide d’aller vivre à Tôkyô. Elle est alors engagée comme femme de ménage chez Nagasaki Junya dont elle tombe immédiatement amoureuse. Contre toute attente, malgré son sourire et son entrain perpétuels, lui aussi cache un lourd secret…

   

Cela faisait un petit moment que je voulais visionner une autre série où Horikita Maki avait le rôle principal. Ne l’ayant pour l’instant vue que dans Nobuta wo Produce, j’étais curieuse de savoir de quelle manière elle était capable de se débrouiller. Le moins que l’on puisse dire est que j’ai probablement très mal choisi parce que dans Innocent Love, elle est incroyablement mauvaise. Pour inspirer de la candeur elle est tout à fait correcte mais à vrai dire, elle s’approche surtout de la niaiserie mielleuse. Son principal problème est de garder la même expression faciale très neutre tout au long des épisodes, à savoir un regard dans le vide et les yeux quelque peu humides. Point. S’il lui arrive de sourire, le résultat sonne tellement faux que l’on ne peut que soit en rire, soit en pleurer. Est-ce de la faute de l’actrice ou de l’écriture de son personnage ? Difficile de trancher si ce n’est qu’il paraît très probable que le problème vienne au final des deux. L’héroïne, Akiyama Kanon, est par conséquent une bien gentille jeune femme. Affable, altruiste, à l’écoute des autres, ne se plaignant jamais, acceptant tout de de tout le monde, elle n’est en plus pas jalouse et encore moins égoïste. Comme si elle n’était pas déjà suffisamment insipide, il a fallu lui faire porter le poids du monde sur ses épaules et lui offrir un sens du sacrifice à faire pleurer dans les chaumières. En d’autres termes, cette caractérisation est totalement irréaliste et surtout, éminemment pénible lorsqu’on l’associe à l’interprétation de Horikita Maki. De toute manière, un des nombreux problèmes d’Innocent Love est de ne pas impliquer émotionnellement le téléspectateur car il se dégage une vraie froideur des personnages. De plus, la dramatisation fait tellement preuve de pathos et de surenchère qu’au bout d’un moment, on ne se sent aucunement impliqué dans ce que l’on voit à l’écran.

Personne n’a de chance, chacun a sa croix à porter et comme par hasard, tous les malheurs du monde s’abattent sur ce microcosme en un temps record. Crédibilité ? Aucune, surtout que tout y est prévisible. La série s’amuse effectivement à compliquer son intrigue en multipliant les rebondissements abracadabrants, en accentuant la tragédie et en injectant un climat supposé mystérieux et riche en tension. Le summum revient au dernier épisode et sa fin grand-guignolesque, n’hésitant pas à se montrer très exagéré et digne d’un soap opera. Malgré tout ça et cette exaspérante volonté de se donner des grands airs avec une ambition démesurée, les pièces du puzzle sont toutes réunies dès le premier épisode et il est facile de comprendre les tenants et les aboutissants. Une grande partie de l’histoire du j-drama s’attarde en effet sur le passé de Kanon et sur ce qu’il s’est véritablement passé dans sa maison, sept ans auparavant. Pourquoi y a-t-il eu un incendie ? Est-ce que c’est vraiment son frère qui a assassiné de sang froid ses propres parents ? Kanon à l’époque était assez jeune et devrait se souvenir mais elle souffre d’amnésie depuis ce jour. À chaque fois qu’elle essaye de se remémorer ce tragique accident, elle se sent mal et est victime de céphalées ainsi que de malaises. Innocent Love cherche donc à brouiller les pistes et intriguer son public mais son écriture n’est pas une seule seconde convaincante et totalement convenue. Forcément, quand on fait reposer son scénario sur une vérité trouble normalement découverte progressivement, il convient de se révéler un minimum habile et de ne pas tomber dans les rebondissements éculés devinables dès le départ. Rassurons-nous, les personnages sont également écrits avec aussi peu de finesse.

Kanon décide un jour de quitter sa campagne pour trouver un travail plus ou moins stable. N’ayant pas de réelles compétences, elle devient femme de ménage – ce qui lui convient parfaitement. C’est là qu’elle rencontre Nagasaki Junya (Kitagawa Yûjin) et son immense sourire mettant du baume au cœur. Travaillant dans sa maison, elle tombe rapidement sous son charme car elle aime voir des gens heureux. Son très curieux passe-temps est de collectionner les photos de personnes souriantes puisqu’elle, elle ne connaît pas vraiment le bonheur. Ce qu’elle finit par découvrir est que Junya, sous son apparente bonhommie, souffre en silence et s’occupe de sa petite-amie, Tôno Kiyoka (Uchida Yuki – Big Wing, Don Quixote) dans un état végétatif depuis un certain temps. Faisant preuve d’abnégation, il la lave, lui parle et ne la laisse jamais seule d’autant plus qu’elle loge dans une des pièces de la maison. Quand Kanon découvre son secret, elle décide de l’aider dans sa dure tâche et de le soutenir – en plus de devoir gérer un frère psychologiquement instable et possible criminel (Fukushi Seiji – Nodame Cantabile, Long Love Letter) ainsi qu’un journaliste pugnace et sans scrupules cherchant à faire la lumière sur les évènements passés (Toyohara Kôsuke – Densha Otoko, Sweet Room, Jotei, Nodame Cantabile). Il ne faudrait pas non plus oublier le grand ami de Junya, Segawa Subaru, incarné par Narimiya Hiroki (Orange Days, Stand Up!!, Gokusen 1, Sweet Room, Bloody Monday, Hachimitsu to Clover, Karei Naru Ichizoku, Kôkô Kyôshi 2003) et celle tournant autour de l’élu du cœur de Kanon, la perfide et jalouse Sakurai Mizuki (Meitantei no Okite, My Boss, My Hero). Le point positif est d’avoir quelque peu distillé un soupçon d’ambiguïté entre Subaru et Junya bien que cette dynamique soit en réalité peu exploitée. Le principal problème de ces protagonistes est qu’ils changent de personnalité régulièrement, comme si cela était possible. Par conséquent, combiné à tout le reste, il est difficile de ne pas être circonspect face à cette instabilité ne servant que les propos ineptes du j-drama.

Tout n’est clairement pas à jeter dans Innocent Love étant donné que les premiers épisodes ne sont pas fondamentalement mauvais. Les soucis commencent à arriver dès le milieu pour s’installer définitivement jusqu’à écœurer par cette surenchère de drames. En dépit de son rythme assez lent, la série aurait facilement pu s’avérer relativement agréable par sa douceur, son superbe générique symbolique aux tons très froids et la belle musique de Kanno Yûgo (Fumô Chitai, Woman’s Island, Last Christmas, Umareru.) installant une atmosphère mélancolique et nostalgique. À noter que l’on y entend assez régulièrement Eternally-Drama Mix d’Utada Hikaru qui s’avère excellente pour le j-drama. La photographie est elle aussi plutôt réussie avec un jeu de lumières intéressant. Un amour innocent a de quoi être tendre et joliment simple, sauf évidemment lorsque ladite innocence ne l’est pas du tout puisque tout tourne autour de tentatives de meurtre, de séquestrations, de coma, de harcèlements ou encore de violence physique. Pureté des sentiments ? Là non plus, ce n’est vraiment pas le cas quand bien même l’accent soit mis sur les dynamiques entre les personnages. Sur une note plus triviale, il est très rare de voir une série japonaise mettant autant en avant la religion chrétienne. Kanon est ainsi une grande croyante et porte une croix autour du cou. De même, Junya joue du piano dans une église où il se rend très régulièrement en compagnie de Mizuki. La plupart des personnages prient, croient en Dieu et espèrent des miracles. Ces thématiques ne sont ainsi pas très communes et amènent sans grande surprise de nombreux bons sentiments associés à une morale bien pensante débordant d’amour et de guimauve.

Finalement, en dépit d’une intrigue cherchant par tous les moyens à embrouiller son public, Innocent Love est d’une grande prévisibilité irritante. Avec cette histoire d’une jeune femme insipide souhaitant lever le voile sur son passé, la série sombre dans tous les clichés et défauts du mélodrame pour ne plus jamais réussir à s’en sortir. C’est dommage car le début, sans être dénué de faiblesses, n’est pas foncièrement désagréable – notamment grâce à une réalisation solide et une belle musique – mais l’écriture finit par décrédibiliser totalement l’ensemble. Dans cette production irréaliste, chaque individu cohabite avec le désespoir et se retrouve affublé d’une tragédie plus ou moins latente. En définitive, impossible de se sentir concerné face à tant de pathos plus que consternant. À réserver peut-être à ceux adorant regarder les séries où les personnages ont tout pour s’ouvrir les veines toutes les dix secondes.

Par |2018-07-06T18:12:05+02:00avril 14th, 2009|Innocent Love, Séries japonaises|6 Commentaires

Stand Up!! | スタンドアップ

Après avoir regardé un j-drama plutôt morose, à savoir Kamisama Mô Sukoshi Dake, il était peut-être préférable de retourner du côté des comédies délurées avec Stand Up!!. Composé de onze épisodes, ce renzoku fut diffusé sur TBS entre juillet et septembre 2003. Seul le premier comporte un quart d’heure de plus que les quarante-cinq minutes habituelles. Aucun spoiler.

Quatre lycéens amis depuis l’enfance réalisent avec effarement qu’ils sont les derniers vierges de l’établissement. Moqués par leurs camarades, ils cherchent par tous les moyens à régler ce qu’ils considèrent être comme une abominable tare. Les vacances d’été arrivant, ils vont peut-être parvenir à atteindre leur but !

     

La lecture du synopsis peut donner, à juste titre, des sueurs froides car on imagine qu’il s’agit là d’un American Pie à la sauce japonaise. Ce n’est d’ailleurs pas l’histoire qui m’a donné envie de m’y intéresser mais sa distribution. Cependant, contre toute attente, la série traite certes de thématiques susceptibles de se rapprocher de la fameuse franchise américaine lourde et poussive, mais elle ne possède en aucun cas ses défauts. En fait, Stand Up!! m’a beaucoup fait penser à la sympathique Life As We Know It qui parlait du sexe sans tomber dans la surenchère. Les adolescents de ce j-drama sont des jeunes comme on en croise tous les jours dans la rue, que l’on habite en France, aux États-Unis ou au Japon. Ils ne pensent qu’au sexe, ce qui est tout à fait normal et réaliste puisqu’à cette période, les hormones sont en ébullition. Par chance, les épisodes ne sont en aucun cas graveleux et ne font pas non plus preuve d’un humour gras et très lourd. La comédie est en fait ici totalement décomplexée, surjouée, et il existe un effet idiot prépondérant typique de l’humour nippon. C’est d’ailleurs pour cette raison que ceux ayant des difficultés avec ce pan des fictions japonaises doivent absolument passer leur tour sous peine d’avoir des envies de casser sa télévision. Malgré la légèreté ambiante se fondant parfaitement dans ces vacances estivales où la chaleur finit par faire tourner les têtes, les thématiques sont parfois abordées avec une certaine finesse. Les situations se veulent effectivement fédératrices et plutôt réfléchies en parvenant toujours à viser juste le cœur des adolescents. Bien que le but recherché soit sans conteste le divertissement, l’écriture n’est pas aussi superficielle qu’elle ne le laisse penser au premier abord. Des sujets tels que l’amitié, la famille, la solidarité, le regard des autres ou encore l’acceptation de sa propre personne sont dès lors abordés. Ne le nions pas, le sentimentalisme et la morale sont inévitablement présents mais demeurent on ne peut plus tolérables.

Dans ce genre de séries, ce qui prime est sans grande surprise la galerie de personnages. Ce qu’il y a d’assez fou est que celle-ci fait la part belle à une incroyable distribution. Si la plupart des acteurs principaux n’étaient qu’au début de leur carrière en 2003, ils sont désormais bien plus connus. Les voir tous ensemble a donc quelque chose d’assez hallucinant et fort plaisant. Les quatre lycéens désirant à tout prix découvrir le sexe sont incarnés par les Johnny’s Ninomiya Kazunari et Yamashita Tomohisa (Nobuta wo Produce, Buzzer Beat, Byakkotai, Kurosagi, Ikebukuro West Gate Park), Oguri Shun et Narimiya Hiroki (Bloody Monday, Orange Days, Stand Up!!, Hachimitsu to Clover, Gokusen, Kôkô Kyôshi 2003, Innocent Love). Rien que ça ! Entre le tout fluet, le passionné de train vivant dans un love hotel, le sportif essayant de se donner de grands airs et le très pervers attiré par les sous-vêtements, ils ne sont clairement pas sortis d’affaire. Dans le renzoku, ces compères sont copains depuis toujours et il en ressort beaucoup d’alchimie, de peps et de bonne humeur. Vivant dans des quartiers où tout le monde se connaît, ils sont régulièrement surveillés par leurs parents respectifs et les commerçants. Parce qu’évidemment, les bêtises sont légion surtout qu’ils sont un brin stupides par moments. Chacun d’entre eux est correctement développé et leurs personnalités se complètent à merveille. C’est surtout Asai Shôhei, le personnage joué par Ninomiya Kazunari, qui est le plus en avant surtout qu’il fait office de narrateur assez imaginatif. De son côté, il craque sérieusement pour sa prof haute en couleur incarnée par Shaku Yumiko (Bara no nai Hanaya) mais est très perturbé par le retour d’une amie d’enfance, Ôwada Chie (Suzuki An), semblant avoir un gros faible pour lui. D’ailleurs, Chie est très sympathique par son optimisme et sa sensibilité. Lorsque les vacances d’été arrivent, ils partent ainsi tous à la conquête de filles qui, elles, n’en ratent pas une pour se moquer d’eux et les humilier gentiment. D’abord, ils sont tellement vexés qu’ils décident de créer un club de pureté et de préservation de leur virginité ! Il va de soi qu’ils sont perpétuellement en lutte intérieure entre le pacte qu’ils ont fait entre eux pour rester innocent, et leur envie impérieuse de passer à l’acte. Mine de rien, leur approche les amène à réfléchir sur l’impact et le sens de la sexualité. Il faut dire que les filles n’hésitent pas à les titiller de toutes les manières possibles et inimaginables. De leurs bords, on peut par exemple y voir Ashina Sei (Bloody Monday, Saru Lock), Becky (Nodame Cantabile, Taiyô no Uta) et dans un rôle plus secondaire, Mizukawa Asami (Yume wo Kanaeru Zô, Inu wo Kau to Iu Koto, Last Friends, Fûrin Kazan, Nodame Cantabile, Onnatachi wa Nido Asobu). À vrai dire, la série utilise de nombreuses figures pour accentuer son comique de situation et beaucoup ne semblent pas avoir peur du ridicule. Des personnages, comme le tombeur de ces dames aidant les puceaux dans leur quête ultime et portant les traits de Tsukamoto Takashi (TEIÔ, Kisarazu Cat’s Eye, Magerarenai Onna, Kekkon Dekinai Otoko…), sont délicieux à souhait. L’entourage proche a le droit à ses propres intrigues et là aussi, la série surprend par l’intérêt de son contenu. Sinon, la réalisation est très dynamique et participe vraiment bien à cette ambiance plus que sympathique. La chanson du générique, Kotoba Yori Taisetsu na Mono d’Arashi – le groupe de Nino – est également plus que réussie.

Au final, il n’y a pas grand-chose à dire sur Stand Up!! étant donné qu’elle fait partie de ces séries légères à regarder pour s’amuser et qui ne rentreront certainement pas dans les annales. En mettant en avant un quatuor d’adolescents perturbés par leurs hormones, elle se révèle très rafraîchissante, drôle, plutôt décomplexée, attachante, et même, parfois touchante vers la fin. Grâce à ses personnages truculents, son côté survolté tout en restant contrôlé et ses thématiques fédératrices ne se révélant ni poussives ou graveleuses, le visionnage s’apparente à une petite bulle mignonne comme tout, divertissant juste ce qu’il faut. En outre, la distribution est telle que l’ensemble mérite plus que le coup d’œil si l’on souhaite voir des acteurs désormais populaires alors qu’ils n’étaient encore que des petits jeunes !

Par |2018-07-06T17:47:58+02:00février 19th, 2009|Séries japonaises, Stand Up!!|9 Commentaires