Watashitachi no Kyôkasho | わたしたちの教科書

Si je continue toujours de vider les stocks de séries attendant patiemment sur mes étagères depuis parfois longtemps, je m’amuse de remarquer que sans m’en rendre compte, j’ai récupéré à l’époque beaucoup d’histoires scénarisées par Sakamoto Yûji (Soredemo, Ikite Yuku, Mother). Sachant que ses travaux m’intéressent, il y aurait de quoi croire que je l’ai fait exprès, mais pas du tout. Il ne s’agit que d’une coïncidence tombant à pic. C’est ainsi que j’ai regardé récemment Watashitachi no Kyôkasho dont le titre peut être approximativement traduit par notre cahier de classe. Cette production nippone se constitue de douze épisodes diffusés sur Fuji TV entre avril et juin 2007 ; seul le premier dispose de quinze minutes supplémentaires aux quarante-cinq habituelles. Aucun spoiler.

Une jeune fille est retrouvée morte au pied de son collège. S’est-elle réellement jetée elle-même de sa salle de cours ? L’a-t-on poussée ? Est-ce un accident ? Et si elle s’est suicidée, pourquoi ? Des évènements n’ont-ils pas provoqué sa chute ? Comme par hasard, personne, que ce soit les élèves ou le corps enseignant, ne paraît pouvoir apporter la moindre réponse. Bien que tous l’exhortent à classer l’affaire et à ne pas s’en mêler, une avocate décide de tenter de lever le voile sur ce tragique décès. Cependant, sa démarche n’est en réalité pas si désintéressée que ça…

Watashitachi no Kyôkasho se déroule dans le milieu scolaire, mais se détache totalement de ces séries ayant le même cadre. Pour une fois, l’idée n’est pas de se focaliser sur les amourettes des protagonistes ou de dépeindre les aventures des multiples clubs de l’établissement. Non, le propre de cette production se veut plus sombre et quelque peu atypique, car il est avant tout question du phénomène d’ijime, ces brimades autant physiques que psychologiques excluant volontairement une personne du groupe. Il semble amusant de remarquer que LIFE explore aussi cette thématique et fut justement diffusé quelques semaines après ; les deux diffèrent toutefois grandement, ne serait-ce qu’au niveau du rythme et de l’ambiance. Effectivement, Watashitachi no Kyôkasho progresse lentement, oublie d’injecter un minimum d’énergie, se perd dans d’interminables monologues assez plats, étire son intrigue et, finalement, a de quoi ennuyer son public. Pourtant, cette série ne manque pas d’atouts, possède une musique solide et réussit à brosser divers sujets sociétaux, sans trop s’avérer moralisatrice ou manichéenne. Elle dresse simplement un constat d’une situation somme toute plausible, en montrant que la réalité est toujours plus compliquée qu’à première vue. Outre les persécutions dépeintes a posteriori via des flashbacks, l’écriture s’attarde sur ce qui fait se sentir mère, le suicide, la négligence familiale et éducative, l’envie légitime de conserver des œillères pour ne pas souffrir, la prostitution des adolescentes, etc. Un excellent point est de ne pas opter pour le point de vue des élèves, mais de celui des adultes qui, habituellement, est nettement moins usité. La fiction continue de prouver son originalité en multipliant les genres, car elle se transforme en longue enquête mêlant à la fois l’univers scolaire, le tribunal, le harcèlement et les mystères.

L’idéaliste professeur Kaji Kôhei est arrivé depuis peu dans un nouveau collège. Sa profession s’apparente à un vrai sacerdoce et il tient à cultiver ses étudiants et les aider à grandir du mieux qu’il peut. Quand il voit l’une d’entre eux, Aizawa Asuka (Shida Mirai – Shôkôjo Seira), régulièrement sur la touche, il ne réfléchit pas et cherche à comprendre pourquoi elle sèche aussi souvent les cours. Il découvre une adolescente en proie à de nombreux questionnements existentiels et tombe à sa manière sous son charme. Or, cette jeune fille est victime d’une tragique chute et décède dans la foulée. Cet accident est pour lui étrange et suite à certaines circonstances, il en discute avec l’avocate Tsumiki Tamako qui, sur le coup, ne veut pas en entendre parler. Mais l’idée fait son chemin et celle-ci commence à réaliser que les persécutions auraient pu pousser Asuka au suicide et, pour des raisons qui lui sont propres, elle ne peut l’accepter. Tamako choisit donc d’investiguer sur ce dossier, quitte à se mettre en porte à faux avec son compagnon et collègue, Seri Naoyuki (Tanihara Shôsuke – Tsugunai, Mop Girl), tolérant jusqu’à un certain point. Tout au long de la série, l’héroïne interroge sans relâche les enseignants, la directrice du collège (Fubuki Jun), les élèves – dont trois interprétés par Tanimura Mitsuki, Tomiura Satoshi et Ikeda Junya –, tente de déplacer des montagnes et d’éclaircir cette affaire bien plus compliquée qu’elle le paraît et où les acteurs se révèlent volontairement ou non ambigus. Qui dissimule quoi ? Les secrets de famille, les retournements de situation et le mutisme des individus alimentent et manipulent le scénario aux riches éléments parfois maladroitement illustrés.

Le climat de Watashitachi no Kyôkasho est parfaitement entretenu pour provoquer du suspense et faire douter sur l’intégralité des personnages. Beaucoup cachent leur jeu et, au sein du corps professoral, plusieurs laissent même une impression dérangeante. D’ailleurs, la normalité semble absente parmi ces éducateurs, ce qui est un peu dommage et assez caricatural. Au bout du compte, ils ne servent surtout qu’à créer facticement de la nervosité paranoïaque et, en dehors de quelques traits de caractère, manquent singulièrement d’épaisseur. Les relations les unissant se veulent tout aussi peu travaillées et évoluent de façon brutale, comme le prouve la dynamique entre Kôhei et sa froide collègue psychologiquement instable campée par Maki Yôko que l’on a connue plus concernée. Il est alors compliqué de s’attacher à ces figures assez binaires malgré des visages plutôt familiers dans le monde du petit écran japonais : Mizushima Hiro, Sakai Wakana, Satô Jirô. Seul l’individu joué par Ôkura Kôji réussit à sortir du lot, sûrement parce que son développement chemine progressivement et qu’il ne se borne pas à une succession de clichés. Dommage, car le potentiel répond à l’appel avec cette critique en filigrane des difficultés d’éduquer les élèves, de ne pas avoir à se contenter de pallier les lacunes familiales et de satisfaire simultanément ses propres besoins. Pour en revenir au professeur davantage mis en avant, l’influençable Kôhei, il agace plus que d’inspirer de la sympathie par sa naïveté permanente, sa couardise et l’interprétation exagérée d’Itô Atsushi (Densha Otoko) qui, malheureusement, tend à démontrer qu’il n’est pas un acteur très convaincant. Plusieurs de ses réactions devant sa classe se veulent théâtrales et, espérons-le, non réalistes. Heureusement, l’héroïne et moteur de la série permet de contrebalancer certains écueils.

Tsumiki Tamako travaille comme avocate et mène une existence tranquille avec son compagnon qu’elle doit bientôt épouser. Néanmoins, elle cache un passé assez complexe qu’elle a volontairement refoulé tant il lui est douloureux. Le décès d’Asuka ramène ses souvenirs à la surface et la force à les affronter pour définitivement les enrayer. Kanno Miho (Magerarenai Onna, Guilty) offrant ses traits à cette femme propose un portrait sobre, assez abrasif et de prime abord peu amène. La protagoniste s’attaque effectivement à cette affaire de façon plutôt détachée et indifférente, mais le téléspectateur comprend qu’il s’agit d’une manière de se préserver, émotionnellement parlant. Le fait qu’elle communique aussi peu ses sentiments continue toutefois de freiner l’attachement et la série demeure alors presque impersonnelle. Quoi qu’il en soit, l’avocate doute, trébuche et surmonte les obstacles, quitte à mettre en péril son couple, son emploi et son propre équilibre. Encore une fois, la production veille à dépeindre la notion de bien et de mal. Dans un premier temps, Tamako recueille les informations qu’elle réussit bon gré mal gré à obtenir de ces personnages peu loquaces, voit son cœur brisé en entendant les témoignages d’élèves acceptant d’expliquer leur désarroi, et finit par lancer ce cas de suicide présumé au tribunal. Les épisodes s’y déroulant se veulent un peu trop didactiques et redondants pour divertir convenablement, mais en dépit d’une chute brutale, l’évolution de l’intrigue est assez maîtrisée, avec suffisamment d’atermoiements adolescents et de crédibles rebondissements humains pour ne pas rendre le visionnage foncièrement désagréable, à défaut d’être exaltant.

Pour terminer, à travers l’enquête d’une avocate pugnace, Watashitachi no Kyôkasho cherche à aborder différents thèmes de société et injecter une ambiance mystérieuse propice à la paranoïa. Au lieu de présenter les faits de manière plus traditionnelle avec cette histoire de persécutions, la série tente de brouiller les pistes et faire douter de tous, ce qui symbolise les frontières toujours troubles, notamment celles entre les victimes et leurs supposés bourreaux. Elle lance des questions adéquates et n’apporte pas de réponse préétablie, puisqu’il n’en existe pas. Cependant, si elle ne manque pas de fond et d’ambition, elle peine à pleinement satisfaire en raison d’un rythme très laborieux, de répétitions, d’un récit se perdant inutilement dans des détails, de dialogues parfois trop prolixes et de personnages quelque peu instrumentalisés, voire caricaturaux et stupides pour les professeurs. Après un début pertinent et intelligent favorisant le point de vue adulte, cette production finit donc par quelque peu décevoir et laisse sur un ennuyant sentiment de gâchis, majoré par une absence de réelle empathie.

Par |2018-07-06T17:48:24+02:00mai 11th, 2016|Séries japonaises, Watashitachi no Kyôkasho|0 commentaire

Itoshi Kimi e | 愛し君へ

Si beaucoup d’entre nous ont découvert le scénariste Sakamoto Yûji (Soredemo, Ikite Yuku, Mother, Saikô no Rikon) assez récemment, il est pourtant très loin d’être un novice. D’ailleurs, quelques-uns de ses travaux côtoyaient déjà le succès dans les années 1990. Aujourd’hui, avec Itoshi Kimi e, nous n’allons pas remonter aussi loin dans le temps. Ce getsuku dont le titre peut être approximativement traduit par à celui que j’aime fut diffusé sur Fuji TV entre avril et juin 2004. Il comporte onze épisodes et, comme régulièrement, le premier et le dernier disposent de quinze minutes additionnelles. À noter que, outre de solides audiences, la série a vraisemblablement marqué son public. Aucun spoiler.

Quand la jeune interne en médecine Tomokawa Shiki rencontre pour la première fois Azumi Shunsuke, le grand frère d’un ami décédé depuis peu, le contact reste froid. Contre toute attente, une fois de retour à Tôkyô, elle tombe de nouveau sur lui et réalise que derrière ce photographe se cache un être moins superficiel qu’au premier abord. Ce que personne ne sait encore, c’est que cet homme est voué à perdre la vue d’ici trois mois.

La lecture du synopsis ne laisse aucun doute sur le sujet : il s’agit d’une énième fiction s’attardant sur une pathologie incurable, en l’occurrence, la maladie de Behçet. Certes, la mort n’est pas en ligne de mire, mais la cécité n’est pas une conséquence des plus réjouissantes, surtout quand en plus, on travaille dans le domaine visuel. Les récits ayant de forts risques de favoriser la surenchère de pathos entraînant régulièrement chez moi une réaction épidermique, Itoshi Kimi e ne m’intéressait pas particulièrement. Pourquoi l’avoir regardée, alors ? En dehors de son scénariste pour qui j’ai beaucoup de respect depuis Soredemo, Ikite Yuku, c’est également sa distribution qui m’a donné envie de m’y pencher. Après tout, les écueils inhérents à ce type de séries peuvent très bien être habilement écartés et la surprise d’autant plus agréable. D’ailleurs, c’est le cas, car le misérabilisme n’est pas prépondérant et demeure ténu en dépit de quelques passages trop chargés en bons sentiments et valeurs nippones amenées sans subtilité. Contre toute attente, ce n’est pas tant l’aspect de la maladie qui rend Itoshi Kimi e moyennement convaincant, mais plus tout ce qui l’entoure en raison d’un classicisme et d’une prévisibilité ennuyante. La narration de l’héroïne devient vite redondante et non naturelle. Sans étonnement, la réalisation, la musique plate composée par Fujiwara Ikurô et les deux chansons tout aussi peu inspirées de Moriyama Naotarô ne changent pas la donne et accentuent cette sensation de banalité insipide.

Azumi Toshiya (Okada Yoshinori – Kisarazu Cat’s Eye, Ekiben Hitoritabi) est décédé seul, sans prévenir qui que ce soit qu’il était mourant, probablement parce qu’il ne souhaitait pas inquiéter ses proches. Ses amis se déplacent à Nagasaki afin de lui payer ses respects, quelque peu meurtris de découvrir bien trop tard ce qui est arrivé. Tomokawa Shiki le vit peut-être plus mal que les autres, car elle se souvient avoir aperçu Toshiya quelques mois auparavant sans avoir pris le temps de venir discuter. Quoi qu’il en soit, dans la maison familiale du défunt, l’ambiance est à la nostalgie, même s’il manque quelqu’un : le grand frère, Shunsuke. Autant Toshiya était calmé et pondéré, autant Shunsuke est son contraire. Photographe de renom, il passerait ses journées à côtoyer des femmes dénudées et se jouer d’elles. En réalité, il est bel et bien présent, sauf qu’il préfère rester en retrait, le visage impassible. Quand Shiki le rencontre, elle ne l’apprécie aucunement d’autant plus qu’il se permet de la draguer ouvertement et plutôt lourdement, comme si de rien n’était. La cérémonie d’enterrement terminée, chacun retourne à sa vie et l’héroïne repart en direction de Tôkyô. Elle poursuit son internat de médecine et intègre le service de pédiatrie dirigé par Furuya Keisuke (Tokitô Saburô – Hanayome to Papa), un homme en apparence sévère. Or, elle revoit par hasard Shunsuke et, sans savoir pourquoi, elle ne peut s’empêcher d’être attirée par lui. Avant toute chose, Itoshi Kimi e est une romance traditionnelle où tous les éléments sont réunis pour remplir le parfait cahier des charges. Entre l’opposition des familles, les compagnons mettant des bâtons dans les roues, un rebondissement ridicule en fin de parcours et les amoureux transis depuis l’adolescence, il y a de quoi faire.

De prime abord, Shiki et Shunsuke n’ont rien en commun. La première est honnête, intègre et travailleuse tandis que le second garde une attitude souvent frivole et n’hésite pas à se moquer des autres. Le scénario part de clichés éculés et tente, tout aussi caricaturalement, de montrer que la réalité est différente ; derrière leurs masques, les protagonistes possèdent des fêlures et se révèlent moins unidimensionnels. Malheureusement, le développement limité du duo phare se veut bien trop traditionnel pour marquer, d’autant plus que l’alchimie entre les deux héros est presque nulle. En vérité, même séparément, ils ne dégagent pas un charisme suffisant. Shiki a la vingtaine bien tassée et passe ses journées à l’hôpital, cherchant à ce que ses patients soient soignés comme il le faut. Dévouée, elle fait de son mieux et ses défauts sont illustrés de manière à la rendre encore plus admirable. L’interprétation timorée de Kanno Miho (Magerarenai Onna, Guilty) n’arrange rien à la situation et maximise la platitude de l’interne. Effectivement, Shiki manque cruellement de vigueur et la voir douter personnellement comme professionnellement ne touche pas. De l’autre côté, Shunsuke est, évidemment, moins imbu de lui-même que ce qu’il laisse croire et veille à ce que sa mère (Yachigusa Kaoru), éprouvée par le décès de son plus jeune fils, ne souffre pas plus. Passionné par la photographie, il navigue pour l’instant à vue, jusqu’à ce qu’une annonce diagnostique pulvérise sa zone de confort. Fujiki Naohito (Hotaru no Hikari, Around 40) le campant a auparavant eu l’occasion de se montrer plus impliqué. Shiki et Shunsuke apprennent à se connaître, s’apprivoisent, se déchirent, se retrouvent, se séparent de nouveau et vivent donc toutes les étapes propres à la romance générique des séries japonaises. La maladie n’est qu’un élément factice, une sorte de plus-value pour rythmer un minimum un scénario déjà anémique et progressant brutalement.

Itoshi Kimi e a beau emprunter la corde médicale, elle n’emploie finalement que peu tout ce qui gravite autour. En effet, les épisodes répètent maintes fois que Shunsuke sera aveugle dans trois mois, comme si cela était indiscutable et préétabli dès le départ, et n’approfondissent jamais l’affection en tant que telle. Arrivé en fin de parcours, que sait-on de ce Behçet ? Rien du tout. Cela aurait pu être n’importe quoi d’autre que ça ne changerait rien. Et puis, de toute façon, pourquoi toujours utiliser des pathologies quasi inconnues et extrêmement rares ?! La disparition de la vue n’est pas non plus réellement explorée. En somme, la production évite la complaisance et cette désagréable tendance à appuyer la misère d’autrui, mais une empathie digne de ce nom lui fait défaut, sûrement parce que les personnages s’avèrent factices. Les séquences à l’hôpital, avec les jeunes patients de Shiki, usant de métaphores et de parallèles avec la condition de Shunsuke démontrent la maladresse de l’écriture où tout est amené poussivement et artificiellement. D’ailleurs, le secret médical ne semble clairement pas exister au Japon ! Prouver que la perte d’un sens ou d’anciennes habiletés ne ruine pas son parcours est une bonne chose, mais il importe de s’y adonner avec émotions et chaleur humaine. De toute manière, le j-drama paraît accumuler ses ingrédients les uns à côté des autres et ne jamais réussir à les associer pour concocter une recette pertinente.

L’histoire romantique ponctuée de nombreuses embûches, la maladie agissant telle une épée de Damoclès et la dimension professionnelle employant les difficultés d’être médecin ne sont pas les seules sphères que tente de toucher Itoshi Kimi e. La série s’attarde aussi sur son contexte sociofamilial, voire amical. Shiki vit encore chez son père, avec son petit frère, Mitsuo (Moriyama Mirai – Moteki, Water Boys). Leur mère est décédée alors qu’ils étaient très jeunes, mais elle perdure dans les souvenirs. Le patriarche, Tetsuo, apprécie un peu trop boire de l’alcool, parle fort et est plutôt fruste sur les bords. Aimant ses enfants et les chérissant, il peine parfois à le leur montrer, mais ses sentiments sont indiscutables. Tout ce qu’il désire, c’est leur bonheur. La relation entre Shiki et son père est joliment retranscrite à l’écran malgré, encore une fois, un classicisme sous-jacent. C’est sûrement d’ailleurs la plus grande réussite de la fiction bien que le jeu d’Izumiya Shigeru (Sanbiki no Ossan) soit par moments beaucoup trop cabotin. En revanche, les amis de l’héroïne incarnés par Tamaki Hiroshi (Nodame Cantabile, Guilty) – avec une horrible coupe de cheveux – et Itô Misaki (Densha Otoko) ne disposent d’aucune substance propre et ne servent strictement à rien, si ce n’est amplifier la dilution d’une intrigue limitée. Le père richissime de la fillette disparaissant aussi vite qu’arrivé en est un exemple concret. Pour l’anecdote, il est toutefois amusant de noter la présence d’une jeune Kaho (Otomen) en enfant malade ainsi que d’Aibu Saki en infirmière.

En définitive, Itoshi Kimi e s’apparente à un récit générique et incolore favorisant trois thématiques appréciées du public japonais : romance, maladie et famille. Les épisodes se regardent assez convenablement à condition de suffisamment les espacer, mais tout y est tellement classique, peu original et consensuel qu’il y a de quoi s’endormir. Il ne suffit pas d’assembler maints éléments ayant déjà fait leurs preuves pour réaliser une histoire convaincante ; il faut choyer tact, naturel et chaleur, cela dans l’espoir d’impliquer les téléspectateurs qui ne demandent que ça. À moins d’être un grand amateur de quelques-uns des acteurs de la distribution, le visionnage est donc plus que dispensable.

Par |2018-07-06T17:48:12+02:00mai 15th, 2015|Itoshi Kimi e, Séries japonaises|0 commentaire