Hotaru no Hikari | ホタルノヒカリ (saison 1)

Après toutes ces reliques du petit écran japonais nous ayant occupés récemment, il est l’heure de revenir à une fiction plus jeune ; bien qu’en y réfléchissant, elle commence aussi à dater. Toutefois, elle est probablement plus connue et affectionnée parmi les amateurs, sûrement parce que la comédie romantique a toujours la cote. Discutons donc de Hotaru no Hikari si vous le voulez bien, et plus particulièrement de sa première saison constituée de dix épisodes diffusés sur NTV entre juillet et septembre 2007 ; le premier et le dernier sont rallongés d’une dizaine de minutes. Il s’agit d’une adaptation du josei manga en quinze tomes du même nom de Hiura Satoru, publié entre 2004 et 2009 au Japon, et disponible en France sous le titre Hotaru. Fort du succès de ce passage à la télévision, la série a repris l’antenne en 2010 avant de se conclure en 2012 avec un film ; les deux seront traités plus tard sur Luminophore. Aucun spoiler.

Amemiya Hotaru mène une existence paisible lui convenant parfaitement. Le jour, elle travaille dans une entreprise de design intérieur, collabore gaiement avec ses collègues et s’apparente à l’archétype de la jeune femme peaufinant son apparence. La réalité est tout autre puisque dès qu’elle met les pieds dans sa maison, elle endosse un survêtement, se coiffe n’importe comment, s’affale par terre et boit de la bière. Ce qu’elle aime, elle, c’est de rester seule, tranquille, sans personne à l’embêter. L’amour ? Elle s’en fiche royalement. Mais lorsqu’un nouvel employé arrive, les choses semblent progressivement changer.

N’ayant pas lu la version à bulles et ne m’étant pas des plus renseignée sur l’histoire en tant que telle, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Je serai par conséquent incapable de préciser si cette transposition à l’écran est fidèle. Il n’empêche qu’il paraît assez évident que le style et l’ambiance sont calqués sur le manga tant les réactions y sont amplifiées, surjouées et, donc, pas toujours des plus crédibles. Hotaru no Hikari n’est pas une comédie romantique habituelle au sens où l’on entend en dehors du Japon. Effectivement, le cabotinage des acteurs est quasi perpétuel et les marques d’affection sont presque inexistantes. En cela, si l’on souhaite de grandes effusions ou une certaine finesse, ce n’est pas du tout vers cette série qu’il faut se diriger, au risque de subir une sacrée douche froide. D’ailleurs, les débuts sont assez poussifs puisque l’héroïne en fait beaucoup et a de quoi irriter à gesticuler et à se montrer aussi excessivement idiote et peu futée dès qu’il est question de ses interactions avec autrui. C’est à croire qu’elle n’a jamais vécu avant que sa trombine ne s’affiche à l’écran. À condition d’accepter ce parti pris et un registre humoristique finalement assez japonais, le visionnage ne devient pas du tout déplaisant malgré une approche classique, voire convenue. En tout cas, ce n’est pas du côté de la réalisation qu’il importe de chercher de l’originalité, car elle se veut basique, et la musique composée par Kanno Yûgo (Last Christmas, Innocent Love) est jolie, à défaut de se révéler inoubliable. De toute manière, l’alchimie et les caractérisations des protagonistes sont plutôt ce qui est nécessaire dans une histoire de cette trempe.

Hotaru no Hikari illustre deux fils rouges assez distincts, mais gouvernés tous deux par une même dominante qui, évidemment, est celle de l’amour. Hotaru est en apparence une héroïne bien sous tous rapports, prenant soin de sa petite personne et ne sortant pas des sentiers battus. En vérité, elle est ce que l’on appelle une himono onna, soit littéralement une femme-poisson séchée. Au lieu de courir les rendez-vous et de mener une vie sociale digne de ce nom en dehors de ses heures de travail, elle choisit de rester entre les quatre murs de son domicile, de paresser et de se détendre comme elle le souhaite. Son look est plus que négligé entre ses vêtements troués, son palmier sur la tête et le fait qu’elle dorme sous des journaux ! Elle n’a aucune envie d’entretenir une quelconque relation, notamment parce qu’elle trouve ça fatigant et susceptible de lui procurer plus de désagrément qu’autre chose. Son célibat, elle le cultive. Au sein d’une population veillant à ce que tous soient performants et où les femmes se montrent irréprochables, cette série apporte un vent d’air frais plus que réjouissant. Si Hotaru finit par changer d’avis sur les liens amoureux, cela ne signifie absolument pas qu’elle se force à devenir ce qu’elle n’est pas. Derrière l’humour, l’écriture délivre en filigrane une critique ironique des attentes de cette société conformiste. L’idée est de faire comprendre au public que personne n’est parfait et qu’à partir de l’instant où ce que l’on fait plaît, où est le problème ? Rien que pour ça, le j-drama satisfait et rend cette héroïne plutôt attachante en dépit de son idiotie parfois prédominante et de sa candeur digne d’une enfant. Elle doit être poussée, bousculée dans ses fondements et, au départ, ne parvient pas à avancer d’elle-même. C’est au contact de son patron, le buchô, Takano Seiichi, qu’elle amorce tout doucement sa prise en main, en conservant tous ses défauts.

Suite à certaines circonstances, Hotaru n’a pas d’autres choix que de cohabiter avec son supérieur hiérarchique momentanément séparé de son épouse. Quand celui-ci découvre le pot aux roses, autrement dit que son employée n’est pas du tout la femme posée qu’il croit être et qu’elle se métamorphose tous les soirs, il tombe des nues. Elle est aussi dispersée et laxiste qu’il est maniaque et strict. Évidemment, les disputes s’enchaînent à vitesse supersonique, mais l’audience voit bien que derrière se cache une évolution des sentiments et que Seiichi se laisse attendrir. En vivant ensemble, les deux progressent, apprennent de leurs erreurs et réfléchissent sur leur futur. Le rayon de lumière de la série est ce manager incarné par un Fujiki Naohito (Itoshi Kimi e, Kôkô Kyôshi 2003) enthousiaste. Cet homme donne l’impression d’être froid, sérieux et imperturbable, mais il semble surtout seul et apprécie le contact de cette femme survoltée. Il n’hésite pas à la critiquer et la moquer si ce n’est que ses attaques caustiques sont généralement justes et ressemblent plus à des piqûres de rappel pour qu’elle ne subisse pas sa vie et en devienne spectatrice. L’alchimie entre ces deux protagonistes illumine et pimente les épisodes ponctués de dialogues savoureux. Ils interagissent sans fard et charment par leur complicité et un naturel plus que réjouissant. Bien que le personnage inexpérimenté de Hotaru ne soit pas dénué de défauts et souffre d’une maladresse exagérée, l’interprétation d’Ayase Haruka demeure tout à fait satisfaisante et prouve que l’actrice sait sortir de son registre habituel bien plus dramatique. Contre toute attente, alors que l’on se doute tous que Hotaru et son manager sont faits l’un pour l’autre, le scénario mène l’héroïne vers une direction opposée, celle de son collègue pour qui elle s’imagine avoir le béguin.

Quand Teshima Makoto revient dans l’entreprise après quelques années d’absence, la timide jeune femme a le coup de foudre. Pour la toute première fois de sa vie, elle est amoureuse ! Sans aucune surprise, elle est totalement incapable de tenter de faire le premier pas, voire de répondre aux avances étranges de ce dernier qui, étonnamment, semble envoûté par sa consœur. Grâce au soutien indéfectible de son supérieur, elle ose et s’arme d’un minimum de courage. Autant la relation maîtresse de la série est pétillante, drôle et attendrissante, autant la connexion reliant Hotaru à Makoto est d’une incroyable platitude. Le jeu raide et figé de Katô Kazuki n’arrange clairement pas, mais le personnage est ennuyant, gauche et bizarrement écrit. Supposément, les deux s’aiment si ce n’est que rien n’est fait pour donner envie d’adhérer à cette dynamique insipide, surtout quand on la compare à celle survitaminée avec le manager. Certes, le saisissant contraste de ce triangle amoureux illustre bien ce qui convient à l’héroïne ; toutefois, un peu plus d’homogénéité n’aurait pas été de refus. Autour de ce trio gravitent des figures secondaires, toutes employées dans l’entreprise, car la fiction utilise régulièrement le monde professionnel pour asseoir ses intrigues. La rivale ne sombrant pas dans la caricature habituelle campée par la sympathique Kuninaka Ryôko (Churasan, Madonna Verde), l’experte en relations romantiques (Itaya Yuka – Dôsôsei), l’adorable comptable et unique ami de Seiichi (Yasuda Ken) ou encore l’éternel éconduit (Takeda Shinji – Renai Kentei) apportent ce qu’il faut pour alimenter convenablement la production en rythme, rebondissements et diverses émotions.

En conclusion, la première saison de Hotaru no Hikari dépeint la cohabitation forcée et cocasse d’une femme nonchalante prônant l’aisance plutôt que le glamour avec son manager sérieux et propre sur lui. Même si la série ne parvient pas à s’affranchir de quelques défauts dispensables comme un prétendant incolore, un surjeu sensiblement excessif ou une héroïne parfois trop naïvement simplette, grâce aux étincelles fusant de partout, un duo phare en très grande forme et des séquences riches en humour, le divertissement répond à l’appel. Les épisodes collent alors le sourire sur les lèvres et mettent de bonne humeur, car avouons que tout est rondement calibré pour amuser et passer d’agréables moments. En plus, sous le couvert d’un scénario conventionnel, cette comédie romantique se permet de joliment remémorer que ce qui importe, c’est de s’accepter soi-même, de ne pas hésiter à se laisser aller et de trouver quelqu’un de tout aussi tolérant. Avec un peu de chance, la suite garde de cette fraîcheur délirante.

By |2018-07-06T17:57:21+01:00septembre 4th, 2015|Hotaru no Hikari, Séries japonaises|8 Comments

Galileo | ガリレオ (saison 1)

Après avoir regardé maintes adaptations d’œuvres du romancier Higashino Keigo, il fallait bien que je me penche sur l’un de ses succès les plus notables, surtout que sa version télévisée dormait dans mes archives depuis plusieurs années. Outre Byakuyakô, Meitantei no Okite, Shukumei et beaucoup d’autres, l’écrivain est surtout connu pour les aventures de Yukawa Manabu narrées dans Galileo. À l’origine se trouve d’abord un livre, Tantei Galileo, publié au Japon en 1998, et il comporte de nombreuses suites et dérivés. D’ailleurs, la fiction dont nous allons discuter aujourd’hui se base justement sur Tantei Galileo, mais également sur Yochimu datant de 2000. Pour l’heure, ne sera traitée que la première saison du j-drama, car évidemment, fort de sa réussite, la chaîne en a profité pour poursuivre les transpositions à l’écran, le petit comme le grand. Le renzoku en question possède dix épisodes diffusés sur Fuji TV entre octobre et décembre 2007 ; le premier et le dernier disposent de quinze minutes additionnelles aux quarante habituelles. Aucun spoiler.

Une jeune inspectrice de police encore plutôt naïve et un brillant physicien excentrique s’associent pour résoudre des affaires criminelles régulièrement fort curieuses.

Pour peu que vous connaissiez Luminophore depuis un moment, vous savez à la découverte de ce synopsis que la série ne part pas vainqueur. Effectivement, je ne suis déjà pas la plus friande qui soit des fictions policières, mais en plus, j’abhorre le format schématique d’un cas par épisode. Or, Galileo c’est tout ça. Pourquoi l’avoir tentée, alors ? Tout d’abord, je tiens à préciser que comme écrit plus haut, je l’ai récupérée il y a longtemps, sûrement presque dès que je me suis penchée sur le monde des j-dramas. À l’époque, je ne faisais pas trop la fine bouche et je tâchais de suivre les recommandations lues de-ci de-là. Lors de son passage, Galileo a explosé les audiences et sur Internet, les critiques s’avèrent généralement très positives. Qui plus est, j’ai beau ne pas être une amatrice d’investigations en tous genres, j’aime beaucoup les thrillers, les mystères, la tension et la science, thématiques chères aux travaux de Higashino Keigo. Certes, je n’ai jamais parcouru une quelconque ligne de ses romans, mais à travers les adaptations déjà vues, je pense connaître un minimum son style et l’ambiance qu’il affectionne. Ceci pour placer le contexte et expliquer mon ressenti global concernant cette série qui, probablement, n’est pas taillée pour me satisfaire de bout en bout. Compte tenu de ce paragraphe de mise en garde, cela n’étonnera pas si je le termine en ajoutant qu’en effet, Galileo ne demeurera pas du tout gravée dans ma mémoire. Pourtant, la production en elle-même n’est pas dénuée d’intérêt, mais elle souffre d’une formule éprouvée rapidement redondante malgré une courte durée de vie. Sa réalisation se veut tout autant basique nonobstant une bande originale de Kanno Yûgo (Fumô Chitai, Innocent Love) relativement correcte et rythmée.

Utsumi Kaoru quitte enfin l’ombre de son mentor, Kusanagi Shunpei (Kitamura Kazuki – Tenchijin, Warui Yatsura), et s’apprête à mener presque seule ses enquêtes. Elle espère être au moins aussi efficace que celui qu’elle remplace, mais elle se doute que la tâche s’annonce ardue. Par chance, ce dernier ne la quitte pas sans lui laisser un cadeau au passage, car il lui divulgue qu’il disposait jusqu’alors d’une botte secrète : le professeur Yukawa Manabu. Grâce à ce génie des sciences, Kusanagi est parvenu à résoudre maintes investigations, sans avertir qui que ce soit qu’il était aidé par un banal quidam. En bref, libre à Kaoru de poursuivre ce chemin, tout du moins si le virtuose en question l’accepte parce qu’il n’est pas des plus commodes. Le concept de Galileo se révèle extrêmement simple et classique. À chaque fois, Kaoru est confrontée à une enquête au demeurant mystérieuse, voire supposément envahie par des éléments fantastiques ou ésotériques. L’inspectrice se sent dépassée par la situation, part toquer à la porte de Yukawa qui refuse d’emblée avant que des détails croustillants titillent furieusement sa curiosité. Il ne faut jamais lui dire que c’est impossible. De là, le professeur se lance avec pugnacité dans ce qui s’apparente à un crime surnaturel et, bien sûr, à l’aide de formules mathématiques, il finit par démontrer que tout n’est que poudre aux yeux et que se cache une explication rationnelle. Entre-temps, Kaoru remarque à quel point Yukawa entretient sa musculature et sa virilité à travers maints sports et loisirs, bave presque au passage, s’arrête chez sa collègue médecin légiste amatrice de nourriture (Maya Miki – Zenryoku Rikon Sôdan) et se dispute gentiment avec son binôme pas très futé (le réalisateur Shinagawa Hiroshi). Du côté de Yukawa, son assistant (Watanabe Ikkei) désormais âgé s’irrite de le voir si concerné par ses activités policières aux dépens de son travail universitaire, et les étudiants sous ses ordres lui obéissent au doigt et à l’œil. Le canevas narratif est répété à l’extrême et rien ne vient densifier les personnages ou le scénario à proprement parler.

Après tout, la première saison de Galileo peut souhaiter approfondir ses enquêtes mêlant mystères et science et proposer par la même occasion des récits enlevés riches en suspense. Malheureusement, ce n’est pas réellement le cas. Les intrigues se limitent à un sujet par épisode et se révèlent surtout convenues, parfois moralisatrices et peu enthousiasmantes. Il est compliqué de se sentir impliqué par ce qui s’y déroule et les explications de Yukawa, aussi sympathiques qu’elles puissent être, sont régulièrement tirées par les cheveux et amenées très artificiellement. Il se lance dans des tirades scientifiques, écrit des formules en l’air, sort ses lunettes, fait son petit gimmick avec les doigts et trouve la solution, car il est un génie, rappelons-le. La série ressemble dans une certaine mesure à la passable Numb3rs – que j’ai d’ailleurs très rapidement arrêtée à l’époque. Par chance, l’approche surnaturelle use d’une créativité plutôt appréciable et transpire sous diverses formes. Sans surprise compte tenu de son format et de sa case horaire, Galileo s’offre plusieurs invités de choix comme Karasawa Toshiaki, Hirosue Ryôko, Katori Shingo, Mizuno Miki, Arai Hirofumi, Horikita Maki, Fukada Kyôko… L’écueil inhérent à cette pratique est que l’on se doute systématiquement que ces acteurs plus ou moins réputés sont sûrement les supposés grands méchants devant être emprisonnés. Heureusement, découvrir qui est le coupable n’est pas toujours ce qui importe, mais plus la manière dont ce dernier a œuvré, Yukawa cherchant à prouver que tout peut être expliqué et se fichant royalement de l’être humain. Outre son approche quelque peu laxiste à cause d’une atmosphère peu riche en intensité, Galileo souffre en fait de son registre bancal. Il est très compliqué de prendre au sérieux ce que l’on regarde tant la tonalité alterne entre le drame des crimes et le côté blagueur, presque cocasse, ainsi qu’en raison du personnage de Yukawa et de la dynamique qu’il entretient avec autrui. Le voir débiter des solutions sorties tout droit de son chapeau ruine toute crédibilité et use sensiblement, lui qui semble infaillible. Au bout du compte, le décalage n’est pas assez saisissant pour délivrer un spectacle franchement amusant.

Comme le titre de la série l’indique, le héros hautain n’est autre que Yukawa Manabu, surnommé Galileo par ses anciens confrères de fac plusieurs années auparavant. Acariâtre, asocial, ne supportant pas les enfants, rationnel et condescendant, il ne fait preuve d’aucune fantaisie et prend presque tout au pied de la lettre. Sa rigidité le rend fort particulier et il ne se soucie guère d’être mis de côté. Génie des sciences, il brille par sa culture et son intelligence. Fukuyama Masaharu (Ryôma-den) offre ses traits à ce personnage croqué selon les préceptes du cahier des charges des figures principales des années 2000. Très peu de choses sont révélées sur lui et son caractère reste aussi lisse que possible. Avec sa froideur imperturbable et sa quête de la logique, il finit par agacer à répéter inlassablement le même comportement et ce n’est pas sa camarade de jeu qui permet d’outrepasser cette monotonie rébarbative. En effet, l’inspectrice Utsumi Kaoru est proprement insupportable, notamment parce que Shibasaki Kô (Orange Days, Andô Lloyd) l’incarnant surjoue régulièrement. La jeune femme est impulsive, fait preuve d’un fort sens de la justice et paraît incapable de s’en sortir seule. Au lieu de tenter de mener elle-même ses enquêtes, elle préfère supplier Yukawa afin qu’il lui donne la solution, car il sait tout. À elle de coller les pièces du puzzle. Finalement, elle représente une sorte de faire-valoir humoristique, la série cherchant à s’amuser du contraste entre ses deux protagonistes aux tempéraments radicalement opposés. Qui plus est, sans plonger à l’extrême dans la carte du romantisme, quelques notes apparentées s’immiscent dans les épisodes et accentuent davantage la maladresse de l’ensemble ne parvenant pas à se borner à un unique genre. Dans tous les cas, les rares personnages ne dépassent jamais leur rôle préétabli et déçoivent pour tant de classicisme, bien qu’il s’en dégage une alchimie suffisante.

En définitive, cette première saison de Galileo fait partie de ces fictions mêlant histoires policières basiques et thématiques scientifiques en se contentant d’utiliser une méthode certes didactique, mais profondément redondante. Son duo de héros se veut tout aussi peu original avec cette confrontation entre un individu cartésien et une femme intuitive. Malgré une certaine inventivité dans ses enquêtes criminelles, l’écriture se montre surtout paresseuse et ne cherche jamais à stimuler l’esprit du téléspectateur qui s’ennuie face à ces affaires invraisemblables où les velléités d’humour amplifient les lacunes. De surcroît, les protagonistes non évolutifs et binaires ne font qu’étayer l’idée que la série s’enfonce progressivement dans un carcan étriqué immuable. Ce serait mentir de dire que cette production s’avère mauvaise, mais elle sonne tellement générique et consensuelle qu’elle ne peut que décevoir ceux demandant plus qu’un banal divertissement routinier dès ses débuts.

By |2018-07-06T17:47:43+01:00mai 1st, 2015|Galileo, Séries japonaises|2 Comments