Samurai Sentai Shinkenger | 侍戦隊シンケンジャー

Chan-Chan-Bara Chanbara !Chan-Bara-Bara Chanbara !Samurai Sentai Shinkenger Appare !
Si j’avais la possibilité de parler à mon moi d’il y a une bonne dizaine d’années, il se moquerait très certainement de mon moi actuel ; ou bien il croirait que je suis en train de raconter des mensonges. Aussi fou que ça puisse paraître, j’ai terminé dernièrement un Super Sentai. Après avoir commencé les tokusatsu par GARO, être passée par la franchise Kamen Rider avec Kamen Rider Den-Ô, puis avoir fait un petit détour du côté de l’excellent Keitai Sôsakan 7 et de ses portables anthropomorphes, il fallait bien que je continue mon exploration, n’est-ce pas ? Direction une autre franchise, celle des Super Sentai ! Rappelons très brièvement que les tokusatsu regroupent au Japon les séries utilisant de nombreux effets spéciaux, elles-mêmes subdivisées en plusieurs sous-genres, dont le genre sentai – du moins, si je ne me trompe pas. La majorité connaît forcément les Super Sentai et cela, sans même avoir déjà regardé une production de ce type. Chôdenshi Bioman (Bioman en VF) sonne familier à vos oreilles ? C’est le huitième Super Sentai. Ou alors, Power Rangers vous dit quelque chose ? Pour ces derniers, il s’agit d’une franchise adaptant les Super Sentai japonais en les américanisant – les combats sont gardés et les scènes où l’on voit le visage des acteurs retournées. Quoi qu’il en soit, le principe est systématiquement le même : des jeunes élus bataillent – dans leur combinaison de couleur moulante – contre des êtres maléfiques. Le terme super fait référence aux armures robotisées (mecha) tandis que sentai a pour signification escadron de combat. Tôei et Bandai sont à chaque fois aux commandes et en profitent pour sortir une multitude de produits dérivés. Évidemment, je n’ai pas essayé de m’infliger de version occidentale et j’ai testé directement à la source. En ayant lu du bien et connaissant une partie de la distribution, j’ai décidé de donner sa chance à Samurai Sentai Shinkenger. La fiction fut diffusée au Japon entre février 2009 et février 2010 sur TV Asahi. Cette production est la 33è série Super Sentai, ce qui est assez fou quand on y pense, car il n’y en a qu’une seule par an. Elle comporte 49 épisodes d’une petite vingtaine de minutes, mais possède également des épisodes spéciaux et plusieurs films. Ces derniers seront traités par la suite sur Luminophore, aujourd’hui il n’est question que du renzoku. Son titre signifie Shinkenger, l’escadron des samouraïs ; shinkenger est un mot-valise associant ranger et shinken qui, lui, est le terme japonais pour sérieux, sincère, mais aussi pour vrai sabre. La principale scénariste est Kobayashi Yasuko, à l’origine de la majorité des histoires de Kamen Rider Den-Ô et de bien d’autres tokusatsu. À noter qu’il existe une adaptation américaine, connue sous l’appellation Power Rangers Samurai, composée à l’heure à laquelle ce billet est posté de deux saisons. Aucun spoiler.

Quatre jeunes descendants d’anciennes familles de samouraïs se rallient au clan Shiba afin de combattre les Gedôshu, des créatures malveillantes menaçant d’inonder le monde entier et d’y faire régner la terreur.

Étant curieuse de nature et appréciant tester tous les genres, j’ai tenté de donner sa chance à un Super Sentai cette année. Comme le suggère le premier paragraphe de ce billet, il ne s’agit clairement pas de ce que je regarde en temps normal. À l’instar de la plupart des gens, j’avais de gros a priori en commençant Samurai Sentai Shinkenger et le début ne m’a pas du tout rassurée. J’ai eu énormément de mal à entrer dans l’histoire et digérer tout ce kitsch très répétitif. Les Super Sentai sont codifiés à l’extrême, peuvent devenir extrêmement redondants et, par conséquent, ennuyants, voire irritants. Cela dit, à la longue j’ai fini par m’attacher aux personnages et malgré tous les défauts, l’univers de cette série est soigné et plutôt intéressant. C’est pourquoi je ne regrette pas de m’être jetée à l’eau, mais je comprendrais amplement que certains ne veuillent pas du tout essayer ou n’arrivent tout bonnement pas à y adhérer. Il faut savoir que les Super Sentai sont à destination d’un jeune public, ce qui favorise les bons sentiments ou les intrigues moyennement noires. Naturellement, cela ne signifie en aucun cas que les histoires doivent être simplistes et manichéennes, écueils qu’évite assez habilement Samurai Sentai Shinkenger.

Comme tout Super Sentai qui se respecte, le synopsis de départ n’a rien d’original. Des adolescents portent en effet le poids du monde sur leurs épaules et tentent de sauver la planète à grand renfort de combats, grâce à leurs armes et un gigantesque robot. Point. Après avoir été vaincus et quasi annihilés il y a plusieurs années, les Gedôshu sont de retour et sont bien décidés à détruire la Terre. Ces monstres habitent dans une petite zone se situant entre notre monde et l’autre monde ; là où coule la rivière Sanzu, qui, dans la tradition bouddhiste et les croyances religieuses japonaises, est semblable au fleuve Styx. Ceux-ci réussissent à rejoindre les humains grâce à des failles entre des immeubles et structures apparentées. Depuis dix-huit générations, le clan Shiba se charge de supprimer ces viles créatures. Les Gedôshu retrouvant une grande activité en raison de leur dangereux chef, Dôkoku, Shiba Takeru, le suzerain à la tête du clan Shiba actuel, appelle ses quatre vassaux à s’allier à lui. Ces derniers doivent tout quitter et se lancer dans une lutte pour laquelle ils se préparent depuis leur enfance. La spécificité de ce Super Sentai est d’assimiler ses héros, ces Shinkengers, à des samouraïs. Descendant d’ailleurs d’anciennes familles de cette classe guerrière, ils suivent des lois fondamentales et sont soumis au principe de dépendance envers leur supposé maître. Effectivement, compte tenu de leur statut de samouraïs modernes, ils sont tenus d’observer le bushidô, le code des valeurs morales de ces hommes d’armes japonais. En clair, les grandes vertus telles que loyauté, honneur, honnêteté, politesse, bienveillance, courage ou encore droiture sont exigées jusqu’à leur mort. Astreints à un entraînement rigoureux, devant sacrifier leur vie d’autrefois et se consacrer totalement à cette lutte contre les Gedôshu, ils ont pour obligation morale de se donner corps et âme à leur destin tout tracé depuis des siècles et des siècles. La solitude est requise afin de ne mettre ni famille ou entourage proche en danger. L’individu n’a ici plus de libre arbitre et doit suivre ce que l’on a choisi pour lui. Ce dévouement désintéressé est d’autant plus complexe au XXIè siècle, et les épisodes tentent dès lors d’approfondir la psychologie des personnages en illustrant leurs multiples doutes et les difficultés de demeurer à cette place définitivement ingrate. De même, l’allégeance au chef de leur clan est très spéciale ; nous ne sommes définitivement plus au temps de la vassalité. La série s’en amuse beaucoup, car si certains protagonistes tels que Chiaki ne se voient clairement pas devoir s’aplatir devant Takeru, d’autres comme Ryûnosuke vont appeler ce dernier Tono-sama et pousser leur fidélité jusqu’à d’incroyables extrêmes ; tono signifie seigneur et sama est un suffixe très solennel. En réalité, Samurai Sentai Shinkenger fait preuve d’une authentique identité utilisant à bon escient l’héritage culturel japonais. Cela est visible grâce au bushidô mais également en raison de la mythologie des Gedôshu, des décors, costumes et moult détails insufflant à l’ensemble une véritable ambiance nippone très appréciable.

Chacun des Shinkengers possède une combinaison moulante de couleur différente (rouge, bleu, vert, jaune, rose) et un casque changeant quelque peu les uns des autres. Ils détiennent aussi un katana, le Shinkenmaru, et un téléphone, le Shodo Phone. Quand ils veulent revêtir leur uniforme de combat, ils lancent à chaque fois la phrase Ippitsu Sôjo, utilisent la fonction pinceau de leur Shodo Phone et matérialisent le kanji qu’ils viennent de calligraphier dans le vide. Ce kanji se rapporte alors à l’élément naturel les représentant, mais ils peuvent employer un autre kanji pour faire apparaître ce qu’ils ont symbolisé à l’instant. Par exemple, le Shinken Red, Shiba Takeru, va écrire le kanji hi (火) – signifiant le feu – de manière à arborer son costume rouge. En Asie, les éléments naturels étant au nombre de cinq – à savoir l’eau, la terre, le feu, le bois et le vent –, ce n’est pas étonnant qu’il y ait cinq combattants puisque chacun dispose de sa propre caractéristique. Sinon, le Shodo Phone détient d’autres spécificités outre l’appel de kanjis et la transformation vestimentaire. Il a en effet la possibilité d’invoquer les Origami, les robots miniaturisés dans une sorte de petite boîte pouvant être agrandis, utilisés et associés sous leur forme animale comme robots géants, à partir du moment où les Shinkengers appliquent le kanji dai (grand) sur eux. Tout cela paraît probablement très confus expliqué de cette manière, mais en vérité, ce n’est pas du tout le cas. Les cinq compagnons tirent leur force du Mojikara, un pouvoir mystique quelque peu semblable à la Force dans Star Wars. En bref : plus on en a, plus on arrive à se concentrer et plus on sera puissant. Le Shinkenmaru se change en arme personnelle souvent en lien avec leur habileté spécifique (un zanbatô pour Takeru, un gunsen pour Mako, un yari pour Chiaki, etc.), mais il accueille aussi des disques hébergeant le pouvoir de ses propriétaires, le tout saupoudré de nombreuses phrases assimilables à des sortes de gimmicks. En fait, les compères ont tout un arsenal varié inévitablement propice aux produits dérivés. Progressivement, ils récupèrent de-ci de-là de nouvelles acquisitions afin de devenir de plus en plus redoutables.

Visages de la série, les Shinkengers ne se connaissaient pas du tout avant leur rencontre. Ils savaient qu’ils avaient de futurs compagnons de lutte quelque part, au Japon, mais continuaient plus ou moins tranquillement leur vie en attendant le signal signifiant le retour en force des Gedôshu. Héritier de la famille Shiba, Takeru a été élevé dès son enfance par Kusakabe Hikoma afin de prendre la succession du clan. De prime abord froid, arrogant et sans pitié, il s’est en réalité forgé une épaisse carapace de manière à n’impliquer personne dans ce qu’il considère comme son propre combat. Ne souhaitant en aucun cas avoir des vassaux, il leur laisse le choix de l’aider dans sa quête, à la condition qu’ils s’y adonnent alors totalement. C’est Matsuzaka Tôri (Asukô March!, Clone Baby, Death Game Park) qui incarne ce jeune homme grave ayant vu son père (Tsuda Kanji – Keitai Sôsakan 7, Kaibutsu-kun) mourir devant ses yeux, et n’ayant encore jamais vécu en raison de son acharnement à la maîtrise des arts martiaux et de ses pouvoirs. En côtoyant ses camarades, il finit par se laisser aller et prend un minimum le temps de respirer. Toutefois, il souffre d’un véritable complexe d’imposture dû à une situation particulière à l’origine d’un rebondissement inattendu en fin de parcours – énième argument que l’ensemble exploite totalement son esprit samouraï. Takeru n’est pas forcément le personnage le plus intéressant de la série, mais son existence presque tragique insuffle un certain aspect mélancolique tant il peut faire preuve d’abnégation. Généralement, les meneurs des Super Sentai arborent la couleur rouge et c’est sans surprise que Takeru n’est autre que le Shinken Red. Son plus fidèle lieutenant, Ikenami Ryûnosuke (Aiba Hiroki), le Shinken Blue dédié à l’eau, est sans aucun doute le plus enthousiaste quant à sa nouvelle condition de samouraï. En dépit de sa grande passion pour le kabuki et sa prometteuse carrière, il ne réfléchit aucunement et embrasse immédiatement ce qu’il considère comme un véritable sacerdoce. Travailleur, mesuré, psychorigide, il se prend régulièrement au sérieux et est à l’origine de nombreux moments humoristiques grâce à son comportement souvent théâtral. Shinken Green, Tani Chiaki (Suzuki Shôgo), complète le rang des garçons et est associé à l’élément du bois. Fanfaron, nonchalant et ne supportant pas l’autorité, il s’est jusque-là peu entraîné et est clairement le Shinkenger le plus faible des cinq au départ, ce qui finit par grandement le complexer. Chez les filles, Shiraishi Mako (Takanashi Rin) est Shinken Pink. Posée et ayant du caractère, elle calme les ardeurs et angoisses de certains. Enfin, la douce et gentille Hanaori Kotoha (Morita Suzuka) est la petite dernière et la plus jeune de tous. À l’origine, sa grande sœur devait revêtir le costume de Shinken Yellow, mais quand celle-ci tomba malade, Kotoha prit sa place. Ces cinq combattants vivent ensemble dans les quartiers très traditionnels de Takeru et sont secondés dans leurs tâches par plusieurs autres protagonistes.

Très rapidement, les Shinkengers sont rejoints par un sixième larron, l’imperturbable Umemori Genta (Sôma Keisuke), s’arrogeant le titre de Shinken Gold. Oui, rien que ça. Ami d’enfance de Takeru, n’appartenant à aucune famille de noble samouraï et perpétuellement optimiste, il se promène à travers Tôkyô avec son commerce ambulant de sushis. Génie du Mojikara, il parvient à le manipuler pour fabriquer lui-même des Origami et en profite pour créer des alliés éminemment sympathiques comme le truculent DaiGoyô, une lanterne-robot parlante. Tout ce petit monde passe par conséquent ses journées ensemble et s’en suivent les problèmes habituels comme les disputes, les réconciliations, les scènes d’entraide, les séances de motivation… La série prend vraiment le temps de développer la personnalité de ses héros, mais aussi des dynamiques se tissant entre eux. Si ce travail manque parfois de finesse et est assez caricatural par moments, le résultat se révèle plus que sincère et positif d’autant plus que l’humour est présent. Contre toute attente, ces jeunes adultes souffrent à leur façon et le j-drama n’essaye pas toujours de régler leurs problèmes en un épisode. Quand bien même Takeru est le chef des Shinkengers, il suit les directives de Kusakabe Hikoma (Ibuki Gorô), celui l’ayant élevé et qui gère tous les détails de cette lutte contre les Gedôshu. Appelé (vieil homme) par les samouraïs novices, il fait figure de mentor, voire de père de substitution pour certains. C’est lui qui s’occupe des kuroko, les serviteurs mutiques habillés tout de noir dont on ne voit pas le visage et qui travaillent dans l’ombre afin de pallier les besoins des Shinkengers. Après tout, il faut bien quelqu’un pour préparer à manger, mais aussi pour maintenir les drapeaux annonçant l’arrivée des Shinkengers sur les lieux des combats ! La galerie de personnages est définitivement étendue dans Samurai Sentai Shinkenger surtout qu’en plus des samouraïs et de leurs alliés, il convient de ne surtout pas oublier leurs très nombreux ennemis. Dans son ensemble, l’interprétation est fluctuante et marquée par un surjeu quasi constant.

Les Gedôshu sont les principaux antagonistes des héros. Vivant autour de la rivière Sanzu où les teintes sont très rouges, ils se rapprochent des yôkai de la mythologie japonaise ; autrement dit, ce sont des créatures surnaturelles monstrueuses aux pouvoirs divers. Ils sont modelés à partir des Shichi Fukujin, les Sept Divinités du Bonheur. Condamnés à demeurer dans un état intermédiaire entre la vie et la mort du fait de leurs pêchés, les Gedôshu s’apparentent à des esprits se nourrissant de l’eau de la rivière, alimentée par les émotions humaines négatives. Plus les humains sont malheureux et plus le niveau de la rivière monte. Ils cherchent ainsi à la faire déborder de son lit afin qu’elle se déverse dans notre monde. Ce sera à ce moment-là le chaos dont ils rêvent. Au départ, la plupart d’entre eux restent sur la jonque les abritant et passent leur temps à se disputer et fomenter des plans diaboliques. En attendant de les mettre définitivement à exécution, ils chargent les Ayakashi, des monstres vivant dans la rivière, de semer le trouble sur Terre. Ces derniers sont fondamentalement idiots, même si certains sont plus intelligents que d’autres, et les Shinkengers en viennent assez facilement à bout lorsqu’ils ne retournent pas dans leur monde. Ils ne peuvent effectivement rester trop longtemps parmi les humains, car ils ont besoin de l’eau de la rivière pour survivre. Chaque Ayaskashi a deux vies, celle à taille humaine et l’autre, celle à taille géante quand ils ont été tués dans leur première vie. Les Nanashi les accompagnent régulièrement et ne sont que de la chair à canon. A contrario, les Gedôshu sont bien plus impressionnants et finissent par être progressivement exploités au cours de la série. Si Dôkoku, leur chef enragé haïssant le clan Shiba, méritait d’être plus développé, d’autres tirent leur épingle du jeu. Dayû est sans conteste la plus intéressante et en devient presque attachante tant son passé est humainement tragique. Ne se séparant jamais de son shamisen qui est bien plus qu’un simple instrument, elle suit fidèlement les ordres de Dôkoku. Enfin, au début tout du moins… L’autre Gedôshu important est le solitaire Jûzô (Karahashi Mitsuru) ayant la possibilité de prendre son apparence humaine. Obsédé par le combat, il cherche des adversaires à sa taille capables de le battre. Lié à son katana, Uramasa, il traque Takeru qu’il voit comme un rival digne de ce nom. N’oublions pas non plus Shitari, le stratège poltron de Dôkoku ou, bien évidemment, l’ambitieux Akumaro et son rictus déstabilisant. Sinon, les petites boules de fourrure, surgissant dès que Dôkoku est furieux et s’amusant à répéter des bruits ou des mots, sont les Susukodama.

Le principal écueil de Samurai Sentai Shinkenger, et vraisemblablement des Super Sentai en règle générale, est son mode de fonctionnement très mécanique. Si les dix derniers épisodes changent quelque peu la donne étant donné qu’ils sont principalement dédiés au fil rouge, tous les autres disposent d’un schéma strictement identique. La majorité des histoires commence par la confrontation d’un protagoniste à un problème particulier le tiraillant ; comme par hasard, un méchant apparaît et personnifie plutôt bien les doutes du Shinkenger ; grâce à sa force de caractère et l’aide de ses amis, il réussit à se surpasser et l’escadron tue la première vie du monstre ; celui-ci grandit et les Shinkengers utilisent alors leur robot géant pour en venir définitivement à bout. L’épisode se conclut par le message à retenir de cette leçon que fut cette épreuve pour le ou les héros, déclamé par un narrateur. La construction s’approche quelque peu d’un théâtre d’autant plus que les épisodes sont appelés des actes. Ce qui est le plus pénible et qui m’a vraiment ennuyée est la dernière partie, quand les mecha entrent en ligne. Déjà, impossible de le nier, c’est très moche, mais surtout, la répétition use rapidement et on ne sent pas de réelle tension. Ce n’est heureusement pas le cas avec les scènes de combats où les Shinkengers sont au sol. Évidemment, ajoutons aussi les séquences de transformation des héros, tournées une seule fois et réitérées à l’extrême. Le résultat est donc schématique et manque par instants de fluidité tant les intrigues donnent l’impression de suivre un véritable cahier des charges de manière scolaire. L’attachement pour les personnages et l’ambiance permettent à la longue de passer outre, mais c’est clairement ce qui empêche la série de sortir de son carcan. Cette écriture n’est pas le seul élément représentatif des Super Sentai, car il va de soi que la forme est probablement la caractéristique la plus connue de cette franchise. Pour l’anecdote, il existe plusieurs incursions avec Kamen Rider Decade.

Amis du kitsch et des petits budgets, Samurai Sentai Shinkenger a de quoi vous ravir. Il faut savoir que les Gedôshu étant des créatures surnaturelles, elles ne ressemblent bien évidemment pas à des humains. Donnant l’impression de sortir tout droit du bestiaire de jeux vidéo tels que Final Fantasy, leur apparence est particulière et les designers semblent se faire plaisir avec autant de diversité. Ils sont doublés par des comédiens de doublage, des seiyû, dont le travail est souvent enthousiasmant et très vivant. Quand bien même le tout fait carton-pâte et que l’on voie que tout ça est faux, on y sent une grande créativité assez stimulante. Les séquences avec le robot géant et la version gigantesque des Gedôshu ne sont pas une seule seconde crédibles. Est-ce dérangeant ? Non. La raison est toute simple, c’est parce que la production ne se prend pas au sérieux. En faisant preuve d’autodérision, en se moquant elle-même de ses limites financières ou encore en allant jusqu’à critiquer gentiment ses propres codes, elle assume totalement son ridicule et s’en amuse. Cette humilité est par conséquent très appréciable et empêche d’être trop désapprobateur puisqu’avant tout, le but est de divertir les plus jeunes en leur offrant ce qu’ils aiment : de chouettes personnages se battant avec classe pour sauver la planète. Le fond est préformaté, l’emballage largement perfectible, mais la recette fonctionne à condition de savoir ce que l’on regarde. Justement, quid des combats ? Il faut préciser que ce ne sont pas les acteurs qui jouent les scènes sous costumes, mais de vrais professionnels du genre. La réalisation est suffisamment solide pour que l’on suive clairement les chorégraphies et l’on n’a aucun doute quant à leur crédibilité. De toute façon, ce n’est pas parce que le budget est anémique que cela signifie obligatoirement que tout y sonne désolant. La série prouve qu’avec deux trois bouts de ficelle, il est on ne peut plus possible de s’en sortir sans trop de mal. Autrement, profitant de son cadre très japonais, Samurai Sentai Shinkenger se déroule majoritairement dans la maison traditionnelle de Takeru et emploie une bande-son de circonstance. Composée par Takaki Hiroshi, elle est très réussie et habille parfaitement les images. Avec des bruitages comme ceux provenant de kokiriko et des tonalités typiquement nippones, elle plonge rapidement dans une ambiance sachant tirer parti de son héritage culturel sans ne jamais oublier d’y insuffler de la modernité. La chanson du générique de début, Samurai Sentai Shinkenger de Psychic Lover (Project.R) est agréable comme tout et il ne serait pas étonnant que beaucoup se mettent à la fredonner, voire à hurler dessus, tant elle s’incruste dans la tête.

En conclusion, Samurai Sentai Shinkenger est un Super Sentai comme les Japonais en font depuis plus de trente ans suivant les lignes directrices très banalisées de la franchise. Avec ses héros aux combinaisons de diverses couleurs, ses antagonistes méchants plus subtils qu’au premier abord, ses sympathiques scènes d’arts martiaux et la psychologie évolutive de son escadron, elle n’apporte peut-être rien de neuf au genre. Pour autant, en reposant sa mythologie sur le folklore religieux et ancestral japonais ainsi que sur le code moral des samouraïs, tout en jouant sur ses nombreux défauts et en développant un univers bigarré particulièrement dense, elle a toutes les clés en main pour s’apparenter à un divertissement décomplexé. Il va de soi que la profondeur des intrigues n’est pas son point fort si ce n’est que la série est un petit condensé d’aventures de héros attachants alternant avec facilité entre humour, drames et émotions dans un cadre faisant honneur au bushidô et à ses thématiques assimilées. Ce renzoku est donc uniquement conseillé à ceux n’ayant pas du tout peur du kitsch et appréciant découvrir un pan des productions nippones pour enfants, plébiscitées – et moquées par certains – depuis des années. Pour ma part, je doute me lancer un jour dans un autre Super Sentai puisque je préfère des sujets adultes et que le côté répétitif m’a parfois ennuyée, mais je ne dis pas non à la parodie Hikônin Sentai Akibaranger
Bonus : pour en savoir – beaucoup – plus, la page Wikipédia anglaise est une source inénarrable, mais il y a aussi la section dédiée sur Super Sentai ou encore la page wiki sur The Morphin Grid.

Par |2017-05-01T13:59:40+02:00décembre 7th, 2012|Samurai Sentai Shinkenger, Séries japonaises|12 Commentaires

Madonna Verde | マドンナ・ヴェルデ

Au printemps 2011, la médiocre Umareru. ne fut pas la seule nouvelle série japonaise à traiter de la grossesse des cinquantenaires. Il fallait aussi effectivement compter sur Madonna Verde. Composée de six épisodes de quarante-sept minutes, elle fut diffusée entre avril et mai 2011 sur NHK. La série est une adaptation du roman homonyme de Kaidô Takeru. À noter qu’il s’agit de la suite de Gene Waltz, du même auteur, également transposé au cinéma avec Kanno Miho dans le rôle de l’héroïne. Il n’est en aucun cas nécessaire d’avoir lu ou visionné ce dernier pour regarder Madonna Verde ; je ne l’ai personnellement pas fait. Kaidô Takeru, en plus d’être romancier, est médecin et à l’origine d’autres œuvres comme Team Batista no Eikô, multi-adapté en films et séries (tanpatsu et renzoku). Pour la petite anecdote, on l’aperçoit au cours d’une séance de haïku dans un des épisodes. Aucun spoiler.

Alors qu’elle est enceinte de quelques mois, Sonezaki Rie, la trentaine, découvre qu’elle souffre d’un cancer utérin. Elle n’a pas d’autre choix que d’avorter et de subir une hystérectomie. Désirant avoir un enfant plus que tout, elle demande alors à sa mère de porter son bébé pour elle. Or, cette pratique est totalement illégale au Japon et Rie ne le sait que trop bien puisqu’elle est gynécologue-obstétricienne…

 

C’est son synopsis qui m’a donné envie de m’intéresser à Madonna Verde. Il laisse supposer une certaine critique non consensuelle du milieu médical nippon manquant par exemple grandement d’obstétriciens, différents points de vue sur les mères porteuses, sur la grossesse des femmes âgées ou sur la maternité au sens général, etc. En d’autres termes, avec un tel sujet pareil le potentiel est très important et donc inévitablement source de curiosité pour qui apprécie ces thématiques propices à en dire long sur la société. Au final, je dois vous avouer que je ne sais vraiment pas ce que j’ai pensé de cette série. Je me suis ennuyée, ça c’est certain, mais je ne peux pas dire si j’ai trouvé ça foncièrement médiocre. Le principal problème est peut-être lié aux sous-titres anglais qui sont extrêmement mauvais. C’est la même personne s’étant occupée de Kôkôsei Restaurant qui s’est aussi chargée de ce j-drama. Sans surprise, nous retrouvons encore une fois de très nombreuses coquilles, des fautes d’orthographe, un style très bancal, des phrases incompréhensibles, de véritables fautes de transcription (sensei qui devient sensai à je ne sais combien de reprises), des pans entiers de dialogues non traduits et j’en passe. Au vu de tout ça, on peut se poser la question de la qualité de la traduction en tant que telle. Ne parlant pas japonais, je suis incapable de dire si elle est erronée ou pas mais en tout cas, elle n’est pas du tout claire. Nous sommes tous d’accord, le travail de sous-titrage est bénévole, souvent ingrat et fastidieux. Pour autant, si l’on a du mal, de faibles compétences ou pas le temps / l’envie de le faire, on ne le fait pas. Cela ne sert à rien de produire des torchons pareils car ça ruine la possible crédibilité d’une série. Tous les sous-titres ne se valent clairement pas mais c’est bien la seule fois où j’ai autant tiqué alors que l’anglais n’est évidemment pas ma langue maternelle. Bref, loin de moi l’idée de m’acharner sur cette personne. Je tenais juste à préciser que l’on passe probablement en partie à côté du message de Madonna Verde et quand bien même l’ensemble ne soit clairement pas dénué de défauts, il n’est pas aisé de différencier ce qui est de la faute du scénario de ce que l’on peut comprendre à travers la traduction.

Sonezaki Rie partage son travail de gynécologue-obstétricienne entre l’université et une petite clinique privée. Passionnée par sa profession, elle se donne corps et âme à ses patientes et s’emploie à contrer du mieux qu’elle peut l’infertilité. Alors qu’elle rêve depuis des années de tomber enceinte, elle découvre au cours de sa première grossesse qu’elle est atteinte d’un cancer utérin. Si elle veut survivre, elle est obligée d’être opérée afin qu’on lui retire son utérus et que, par voie de conséquence, on mette fin à la vie de son fœtus. Tandis que de nombreuses femmes chercheraient une autre solution comme l’adoption ou feraient leur deuil d’un enfant, Rie met au point un plan tout à fait différent. Ayant en effet cryogénisé ses ovules et les spermatozoïdes de son mari, elle demande à sa mère de bien vouloir porter son bébé. Rie profite donc de ses compétences et du cadre de la petite clinique au bord de la fermeture dans laquelle elle exerce pour réaliser son souhait. Comme les mères porteuses ne sont pas tolérées au Japon, elle demande à sa mère de garder le secret et de ne jamais révéler leur filiation ou même de dire à qui que ce soit – en dehors du personnel de la clinique – qu’elle est enceinte. C’est ainsi qu’après un certain temps de réflexion, sa mère, Yamazaki Midori, tombe enceinte de son petit-enfant. Rie est une femme très froide et extrêmement antipathique. Quasi obsessionnelle, elle agit en plus telle une petite fille gâtée voulant à tout prix son jouet pour des raisons au final très troubles. Effectivement, bien que l’on puisse comprendre qu’une femme désire un enfant, le cas de Rie est ambivalent car elle milite plus ou moins activement pour que la gestation par autrui soit autorisée au Japon. Elle souhaite également réveiller l’obstétrique japonaise qui se sclérose, mission d’autant plus importante que le taux de natalité est en chute libre depuis quelques années. En d’autres termes, a-t-elle un désir sincère d’avoir un enfant ou veut-elle tout simplement montrer que l’on peut avoir recours à cette méthode sans qu’il n’y ait de risques ? La personnalité de la jeune femme n’est pas réellement creusée et elle demeure très plate. La moindre des choses serait d’avoir de l’empathie pour elle, ce qui n’est pas du tout le cas. Son actrice, la pourtant d’habitude agréable Kuninaka Ryôko (Churasan, Kekkon Dekinai Otoko, Tumbling, Shiawase ni Narô yo), n’aide en rien et prouve qu’elle n’est certainement réellement compétente que dans un registre plus léger. Ce n’est pas tant le fait que Rie soit détachée qui soit agaçant mais plus le fait que l’on nous explique rien. Comme on pouvait l’attendre, la grossesse ne se passe pas exactement de la manière telle que Rie l’espérait…

Midori, la mère de la femme médecin, a 55 ans et est veuve depuis de très nombreuses années. Elle vit une retraite épanouie et sort régulièrement avec ses amis pour notamment se rendre à une activité de haïku où l’animateur, Maruyama, semble avoir un petit faible pour elle. Bien qu’elle ne soit pas d’accord dans un premier temps, elle finit par accepter de porter l’enfant de sa fille. Si elle se résigne, c’est parce qu’elle aime Rie et qu’elle pense voir que c’est ce qui lui manque pour que son bonheur soit parfait. C’est Matsuzaka Keiko (Natsu no Koi wa Nijiiro ni Kagayaku) qui offre ses traits à cette grand-mère en devenir et le moins que l’on puisse dire est qu’elle participe à l’agacement que procure ce personnage. Midori est tout simplement la femme japonaise parfaite en tous points. Douce, altruiste, compréhensive, excellente cuisinière, mère aimante, amie fidèle, veuve émérite, belle-mère bienveillante, elle donne des frisons d’horreur en raison de sa retenue et de son rôle très lisse. Et comme elle n’a pas de vie sexuelle, elle devient la madonna verde, madonna comme la Madone – la Sainte Vierge – et verde comme vert (midori en japonais)… Heureusement, la jolie relation d’amour chaste qu’elle entretient avec Maruyama, parfaitement incarné par Nagatsuka Kyôzô que je ne connaissais pas du tout, lui donne un tant soit peu de densité et d’intérêt. Elle s’embarque ainsi dans cette grossesse très particulière et naturellement, au bout d’un moment elle finit par entrer en froid avec sa fille. Le lien entre les deux aurait gagné à être davantage développé car si elles s’affrontent sur certains points liés au bébé, il n’y a par la suite aucune répercussion sur l’histoire ou sur leurs propres conceptions. La faute en partie à Rie qui garde tout au fond d’elle et qui n’explicite jamais clairement sa pensée. En fait, à l’exception de la dynamique entre Midori et Maruyama, toutes les autres ne sont que plus que superficielles et sans aucun intérêt.

Afin d’être suivie dans sa grossesse, Midori se rend donc dans la petite clinique privée où Rie travaille seule en compagnie d’une sage-femme à l’allure très sévère. L’établissement doit prochainement fermer en raison de difficultés liées à la mort d’un patient du fils de la directrice, gravement malade. Rie s’occupe dès lors des quatre dernières patientes, dont sa mère. Les autres femmes sont de vrais clichés comme la jeune malpolie plus occupée par sa manucure voulant à tout prix avorter et qui, naturellement, finira par devenir agréable. Madonna Verde ne sort pas du tout des sentiers battus de ce côté-là et n’évite pas les écueils habituels comme du sentimentalisme à outrance et un aspect caricatural. Quoi qu’il en soit, la grossesse de Midori aurait pu se passer de manière plus ou moins tranquille si une lettre anonyme n’était pas parvenue au chef de Rie à l’université, l’avertissant qu’il se pourrait bien que celle-ci ait eu recours à une mère porteuse. Cette ficelle scénaristique est grosse et franchement facile. Et c’est donc ainsi que Rie se retrouve surveillée par son mentor incarné par Katsumura Masanobu (Asukô March!, Taiyô no Uta). Les protagonistes sont loin d’avoir des réactions crédibles ou un minimum réalistes ce qui participe au climat plus que particulier qu’entretient Madonna Verde.
Et d’en tout ça, quid de Shinichirô (Katagiri Jin – The Quiz Show), l’époux excentrique de Rie ? Il est quasi absent et vit à l’étranger. Véritable génie, il se plonge dans le travail et entretient une relation particulièrement étrange avec sa femme. En revanche, il communique de manière plus que fréquente avec Midori par lettres. D’ailleurs, cette dernière lit régulièrement ses courriers et le résultat n’est pas particulièrement heureux tant il semble déjà plus que curieux mais aussi presque pompeux.

Il faut savoir qu’au Japon, la gestation pour autrui n’est techniquement pas autorisée. Ou tout du moins, sans qu’il existe de loi l’interdisant, elle n’est normalement pas réalisée par qui que ce soit. Admettons donc que quelqu’un la fasse, il ne sera pas condamné par un tribunal. Ce pays considère que la mère est celle qui porte l’enfant, quand bien même génétiquement parlant, elle n’ait aucun lien avec le bébé si ce n’est celui de lui offrir son utérus pour qu’il puisse se développer. Madonna Verde traite ainsi d’un sujet assez épineux, très controversé que ce soit au Japon mais aussi dans tous les pays, et qui n’a certainement pas fini de faire la une des journaux. Rie elle, est totalement pour la maternité de substitution, ne serait-ce que parce que c’est désormais le seul moyen pour elle d’avoir son vrai bébé ; mais sa conviction est inébranlable car c’est aussi parce qu’elle voit de nombreuses femmes sur son lieu de travail souffrant de stérilité et qui auraient ainsi une chance de tenir un jour leur propre enfant. La série essaye très vaguement de montrer différents cas de figure en mettant en avant les points positifs et les négatifs concernant cette pratique. Bien que le renzoku soulève de nombreux questionnements, ne serait-ce que par les détournements dont on entend assez régulièrement parler, mais aussi sur tout ce qui entre en compte concernant la gestatrice, ils ne sont que du ressort du téléspectateur car le scénario n’en parle pas. Dans ce j-drama, l’éthique est grandement malmenée et bien trop absente des propos des personnages. Rie utilise sa mère en guise de mère porteuse ! Qui plus est, elle est médecin donc elle sait très bien ce qu’elle fait et n’hésite pas à transgresser la déontologie médicale. La future jeune mère est déjà peu agréable mais si en plus ses pensées ne sont en aucun cas explicitées et qu’elle n’hésite pas à détourner sa profession et mettre la vie de sa mère en danger, elle n’a vraiment plus aucun moyen d’être appréciable. Bien évidemment, avoir un enfant à 55 ans est extrêmement risqué et Rie en est tout à fait consciente. De même, si l’on peut concevoir l’envie de Midori de redonner le sourire à sa fille, on ne comprend pas vraiment pourquoi elle accepte cette situation dangereuse pour sa santé mais aussi illégale. Même la grossesse d’une femme âgée n’est pas une seule seconde exposée dans ces épisodes. Au lieu de faire réfléchir sur ces thèmes, la série préfère s’attarder sur des éléments triviaux comme les autres femmes de la clinique ou les séquences de haïku plus que laborieuses. Madonna Verde n’exploite en aucun cas le matériel à sa portée et n’insuffle aucune émotion dans la maternité, moment qui pourtant doit être plus que riche. De même, la dimension financière n’entre pas une seule fois en compte. Le point de vue masculin est en plus totalement écarté à l’exception du personnage joué par Miyake Hiroki (Don Quixote, Kaibutsu-kun) vu uniquement quelques minutes. Une grande partie du scénario donne par conséquent surtout l’impression d’être hors propos puisque l’on nous montre que le Japon est un pays monstrueux refusant aux femmes stériles la fantastique chance de procréer en ne tolérant pas la maternité par substitution envers et contre tout.

En dépit d’un scénario a priori dense et de six épisodes supposés être consistants, la série manque de rythme et se déroule extrêmement lentement. Pire, dans le premier épisode la réalisation est mauvaise avec une caméra tremblotante donnant l’impression d’avoir mis un amateur aux commandes. Heureusement, ce défaut se tasse par la suite. La photographie n’est pas non plus faramineuse car très sombre. Sinon, la musique de Muramatsu Takatsugu (Shôkôjo Seira) n’est pas mauvaise à écouter seule mais elle se montre bien trop souvent intrusive et donc, pénible. En revanche, la chanson du générique de fin, Madonna Verde, interprétée par le chœur anglais Libera est tout simplement magnifique.

Compte tenu du contexte de visionnage avec des sous-titres de mauvaise qualité, il est assez complexe d’être affirmatif concernant Madonna Verde. Néanmoins, il est évident que le j-drama passe totalement à côté de son sujet controversé qui est celui d’une cinquantenaire acceptant d’officier en tant que mère porteuse de sa propre fille. L’idée aurait été d’exploiter la grossesse à cet âge, de dresser un certain état des lieux de la gestation pour autrui ou encore de parler de l’éthique médicale et de l’obstétrique nipponne. En définitive, il n’y a presque rien de tout ça car on se focalise sur la mère par substitution afin de montrer à quel point la maternité lui sied. L’ensemble sonne alors plus que désincarné car il ne parvient même pas à insuffler un tant soit peu d’émotions et de sentiments. En manquant en plus grandement de nerf et en n’étant que moyennement crédible, la série se révèle donc plus que décevante et peu recommandable.

Par |2017-05-01T13:59:42+02:00novembre 1st, 2012|Madonna Verde, Séries japonaises|7 Commentaires