Galileo | ガリレオ (saison 2)

Sans aucune surprise, le succès de la première saison de Galileo adaptant les histoires du brillant physicien inventé par le romancier Higashino Keigo a donné suite à une seconde. Celle-ci se compose de onze épisodes qui furent diffusés sur Fuji TV entre avril et juin 2013 ; le premier et le dernier durent trente minutes de plus que la quarantaine habituelle ; le septième et le huitième disposent aussi de vingts minutes additionnelles. À noter l’existence d’un tanpatsu intitulé Galileo XX et d’un deuxième long-métrage, Manatsu no Hôteishiki, qui seront traités sur Luminophore dans les semaines à venir. Pour vous repérer dans cette sorte de franchise, n’hésitez pas à consulter ce billet récapitulatif. Aucun spoiler.

Utsumi Kaoru se prépare à déménager pour un an aux États-Unis dans le but de parfaire ses compétences d’inspectrice de police. Avant de quitter le sol nippon, elle prend le temps de présenter sa remplaçante au fameux Yukawa Manabu. C’est maintenant au tour de Kishitani Misa de composer avec les manies du cartésien scientifique adorant avoir raison et démontrer que toute situation extravagante détient une explication rationnelle.

Les débuts de Galileo souffraient de leur aspect schématique malgré une certaine inventivité du côté des crimes. Derrière ces développements convenus, l’atmosphère un brin mystérieuse apportait d’ailleurs un soupçon bienvenu d’originalité. Malheureusement, ces épisodes inédits ne sortent pas de ce carcan déjà étriqué et ne font que répéter à l’infini une formule ayant auparavant montré ses faiblesses. L’inspectrice doit élucider un meurtre, elle demande l’aide du héros qui refuse de prime abord, elle se moque gentiment de l’éternel assistant et le prof se lance dans l’affaire en la résolvant en deux coups de cuillère à pot. Bref, il n’y a rien de neuf à ce niveau. Sauf que même en connaissant les limites de cette série, cette saison réussit à décevoir. Et pour cause, elle amplifie ses lacunes initiales et fait preuve d’une telle paresse scénaristique qu’elle a de quoi agacer. La science se réduit comme une peau de chagrin, la dimension plus ou moins ésotérique et mystique se voyant remplacée par un registre humoristique bancal et poussif. Plus que jamais, les enquêtes manquent de crédibilité, souffrent d’une grande prévisibilité et n’ont parfois ni queue ni tête. La police répond aux abonnées absentes et Yukawa se contente de parader avant de sortir une solution inepte de son chapeau, avec des déductions farfelues plutôt que des théories savantes. Le professeur organise lui-même du début à la fin les investigations et se révèle davantage infaillible que dans le temps. Il paraît en outre avoir changé quelque peu de tempérament au passage, accentuant une fois de plus les maladresses de la production. Certes, ces aventures ont la bonne idée de limiter les scènes de pur fantasme sur les supposées qualités viriles de cet homme moyennement attachant, mais cela n’atténue guère ces écueils dispensables. Ajoutons-y un fort sentiment de redite avec des récits déjà vus dans d’autres fictions apparentées ainsi que dans les affaires diffusées courant 2007. En somme, Galileo sonne encore plus classique que jadis et ce n’est pas l’arrivée de Kishitani Misa qui favorise l’appréciation générale.

Pour une obscure raison, Utsumi Kaoru est poussée sur le côté, mais elle a au moins l’occasion de s’en aller la tête haute et de passer le flambeau à une nouvelle recrue. Cette dernière, campée par la jolie Yoshitaka Yuriko (Love Shuffle), est jeune, pimpante, instinctive et fraîchement sortie de l’université Teitô où exerce justement Yukawa. En dépit de son absence totale d’expérience en la matière, l’inspectrice se révèle hautement arrogante, malpolie, prête à tout pour faire justice et n’hésite jamais à asséner le fond de sa pensée. Le personnage en lui-même ne dégage pas grand-chose d’attachant et se veut surtout énervant. En plus des carences de sa caractérisation, Misa n’a jamais l’opportunité de montrer l’étendue de ses apparents talents et se contente de perpétuellement quérir l’aide du scientifique, tout en se limitant à alimenter à foison de supposés ressorts humoristiques. Pour résumer, elle ne sert à rien sur le terrain comme dans la série en tant que telle. L’alchimie du nouveau duo phare n’est également qu’une donnée fort abstraite. Les principales figures ne paraissent de toute manière détenir aucune vie en dehors de l’écran et se bornent à des stéréotypes caricaturaux. Encore une fois, seul Kuribayashi, l’assistant, pimente les épisodes par ses jérémiades amusantes. Sinon, reconnaître et découvrir autant de visages familiers se révèle toujours aussi plaisant même si, avouons-le, ce procédé accentue la prévisibilité des intrigues. Privilégier les mystères aurait induit un minimum de suspense, car là, les coupables sont connus dès le départ et le déroulement de l’enquête manque de substance. Notons par exemple la présence d’Ôsawa Takao, Tanabe Seiichi, Kiritani Kenta, Kiritani Mirei, Kashii Yû, Aoi Yû, Namase Katsuhisa, Amami Yûki et beaucoup d’autres. Au programme des réjouissances : gourou poussant au suicide l’un de ses adeptes, meurtre en chambre close, empoisonnement, télépathie entre des jumelles, comédienne profitant de ses propres talents, etc.

Finalement, si la deuxième saison de Galileo poursuit la route amorcée par la première avec des histoires policières redondantes et très classiques, elle laisse sur le côté le seul élément encore relativement original. Effectivement, l’ambiance énigmatique nourrissant les théories scientifiques a quasiment disparu. Uniquement son protagoniste phare, véritable et exclusif héros, détient l’opportunité de rayonner et plutôt que de choyer ses capacités intellectuelles, il joue régulièrement la carte de la banale déduction. Un comble quand on y pense ! Le visionnage demeure assez tolérable à dose très homéopathique du fait de l’impressionnante galerie d’invités, mais l’ensemble ne possède aucun argument satisfaisant pour être recommandé, quand bien même on serait amateur du genre. Entre les incohérences scénaristiques, le laxisme honteux de l’écriture et l’interprétation tantôt excessive, les défauts sautent aux yeux.

Par |2017-05-01T13:57:56+02:00janvier 4th, 2017|Galileo, Séries japonaises|0 commentaire

Kochira Katsushika-ku Kameari Kôen-mae Hashutsujo: The Movie | こちら葛飾区亀有公園前派出所 (film)

Malgré le succès très limité de l’adaptation télévisée du manga Kochira Katsushika-ku Kameari Kôen-mae Hashutsujo, le cupide policier paresseux est revenu sur le devant de la scène deux ans plus tard. Cette fois, il s’attaque au grand écran à travers un film sorti dans les salles nippones le 6 août 2011. D’une durée de cent douze minutes, ce long-métrage comporte le sous-titre Kachidoki Bashi wo Fûsase yo! pouvant être très approximativement traduit par sauvons le pont Kachidoki ! Aucun spoiler.

Alors qu’il vaque à ses occupations habituelles, Ryôtsu Kankichi tombe sur Sawamura Momoko, une de ses anciennes camarades de classe pour qui il avait jadis le béguin. Mère célibataire, elle ne baisse pas les bras et élève sa fille du mieux qu’elle peut. En la retrouvant, le trentenaire toujours aussi manipulateur et intéressé se plaît à penser qu’il pourrait l’épouser. Sauf qu’avant de mettre ses plans à exécution, il doit composer avec un individu s’apprêtant à kidnapper la petite-fille d’un de ses supérieurs.

Sans surprise majeure, le film de Kochikame se dote d’un récit indépendant et ne s’apparente pas à une vraie suite du j-drama. De toute manière, l’intégralité de cet univers n’est que très rarement feuilletonnant et permet donc de s’y immerger à tout moment. C’est d’ailleurs pourquoi il n’est pas nécessaire d’avoir regardé auparavant la fort passable transposition de 2009. Il n’empêche qu’ici, le ton change quelque peu et l’atmosphère surexcitée s’atténue sensiblement. Par exemple, les grimaces de Kankichi sont bien plus en retrait et pour peu que l’on ait souffert avec les épisodes précédents, cette approche différente fait du bien. Certes, l’antihéros continue toujours de cabotiner, de gesticuler et de hurler dans tous les sens, mais il se montre étonnamment plus posé. Est-ce l’effet de l’amour ? Car, oui, il en pince pour une trentenaire et rêve de réussir à décrocher son cœur. Naturellement, le public se doute qu’il risque de ne pas atteindre son but surtout que le scénario prouve que les deux amis d’enfance n’ont pas grand-chose en commun, mais aussi parce que la jeune femme n’a pas fait le deuil du départ de son ex-compagnon. Fukada Kyôko (Kamisama Mô Sukoshi Dake) incarne Momoko et son alchimie avec Katori Shingo ne saute pas aux yeux ; les acteurs des flashbacks vingt ans plus tôt sont bien plus convaincants ensemble. Sur la forme, il semble dommage qu’en obtenant un budget plus important, la fiction oublie ses décors miniaturisés et représente le quartier de la manière la plus traditionnelle qui soit. Ce côté carton-pâte offrait à l’univers une touche amusante et décalée, second degré qui fait défaut à ce film se prenant un peu trop au sérieux. Qui plus est, la durée rallongée accentue les maladresses de l’écriture tant le rythme se veut branlant.

Au moment même où Kankichi rencontre Momoko, il sait qu’elle est celle qui lui plaisait tant quand ils étaient hauts comme trois pommes. Elle avait malheureusement dû quitter les environs et ce n’est que depuis peu qu’elle est de retour. Elle a remis au goût du jour le théâtre de ses parents et le gère d’une main de maître. Probablement en partie pour faire bonne figure, Kankichi décide de lui donner un coup de main et se lance comme acteur, maquilleur et boute-en-train de service. Il apprivoise dans la seconde la fille de Momoko (Kawashima Ririka) qui a beaucoup de difficulté à se faire des amis à l’école malgré les tentatives d’approche d’une élève dont le grand-père n’est autre que l’un des grands pontes de la police. Le récit se corse avec l’ombre d’un homme semblant surveiller de loin tout le monde et ayant vraisemblablement des ambitions maléfiques. Dans un premier temps, la production joue la carte du mystère avec l’identité de cet antagoniste campé par Tanihara Shôsuke (Tsugunai, Love Shuffle), mais il est très facile de savoir de quoi il en retourne. Ensuite, il est l’heure de se focaliser sur une course contre la montre dans le but de sauver la fillette disparue, enlevée par un individu dont l’attitude peut, comme par hasard, presque s’excuser. Le film ne souhaite jamais choquer la morale et se révèle très vertueux en lissant de la sorte la caractérisation et les motivations de ses principales figures. La prévisibilité phagocyte de trop cette histoire très poussive où l’emphase sentimentale est reine. Est-ce que cela signifie que le long-métrage devient douloureux à regarder ? Non, pas forcément, mais il ne divertit que peu avec son registre bancal associant moments supposément riches en émotions et humour tombant souvent à plat. D’ailleurs, les seuls passages les plus comiques sont uniquement dus à Kankichi, les autres personnages récurrents demeurant tous en retrait. Ses collègues, toujours incarnés par Hayami Mokomichi et Karina, sont totalement transparents. Quelques invités sont de la partie comme Sawamura Ikki (Doctors, Hataraki Man) et Hirata Mitsuru.

Pour résumer, Kochikame: The Movie raconte une nouvelle aventure de son policier aux moult défauts alors qu’il cherche à faire la cour à une amie d’enfance. Théâtre traditionnel, kidnapping et retrouvailles sont au programme de ce qui ressemble à un récit très convenu, artificiel et plutôt moralisateur. Le résultat final n’en devient pas foncièrement mauvais, mais il peine à convaincre en s’avérant aussi peu original d’autant plus que les protagonistes sont peu développés et que l’humour ne réussit que rarement à faire mouche. Ce long-métrage est donc dispensable et peut même attrister les amateurs de la série télévisée, car l’esprit déjanté se révèle plus ténu, au bénéfice d’une tonalité familiale sentimentale omniprésente.

Par |2018-07-06T17:48:20+02:00décembre 25th, 2015|Films, Kochira Katsushika-ku Kameari Kôen-mae Hashutsujo|0 commentaire